Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 82 - 6 juillet 2012

Opposition à la hausse des frais de scolarité

Les étudiants poursuivent leurs
manifestations et leur mobilisation


Opposition à la hausse des frais de scolarité
Les étudiants poursuivent leurs manifestations et leur mobilisation

Requête en sursis de la Loi spéciale (loi 78)
Le juge reprend les arguments du gouvernement Charest

Élections mexicaines
Chronique d'une fraude annoncée - Pablo Moctezuma Barragán


Opposition à la hausse des frais de scolarité

Les étudiants poursuivent leurs
manifestations et leur mobilisation

Les étudiants poursuivent leurs actions contre la hausse de 75 % des frais de scolarité et contre la loi spéciale, entre autres en maintenant la tradition des manifestations nocturnes. Le jeudi 5 juillet avait lieu la 73e manifestation nocturne dans les rues de Montréal. Depuis une semaine, ces actions se terminent sur le site du Festival de jazz où les étudiants ont des discussions avec les festivaliers et recueillent des appuis.

Dans des quartiers, les gens se rassemblent pour voir comment inviter les résidants à chasser les libéraux du pouvoir lors de la prochaine élection. Le 2 juillet il y a eu une assemblée sur le Plateau Mont-Royal où un groupe a été formé ironiquement nommé « Les bébés gâtés » pour sillonner les rues du quartier.



À Montréal les 2, 3 et 4 juillet 2012

Appel aux témoignages sur l'intimidation et le profilage politique

La Ligue des droits et libertés, le Comité légal de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et l'Association des juristes progressistes ont annoncé qu'ils récoltaient d'ici le 13 août les témoignages de personnes qui, depuis le début de la grève étudiante, ont fait l'objet d'intimidation ou de brutalité policière, d'arrestation, de détention, d'accusation quelconque ou encore de représailles et refus d'accès à des lieux publics ou des services parce qu'ils ou elles portaient un carré rouge.

La coalition demande à ceux qui ont « été victime ou témoin d'une intervention policière quelconque, violence verbale ou physique, arrestation, encerclement, fouille corporelle, fouille d'effets personnels, mise de menottes, prise de photos, interrogatoire sur votre statut ou vos opinions politiques, détention dans un autobus ou ailleurs, remise d'un constant d'infraction, application de l'article 31 du Code criminel, accusation au criminel ou autre » de rédiger leur témoignage et de le faire parvenir à l'adresse suivante : temoignage@liguedesdroits.ca

La CLASSE entreprend une tournée en Ontario

Des représentants de la CLASSE prendront part à une tournée de mobilisation en Ontario du 12 et le 20 juillet. L'objectif est de rencontrer les associations étudiantes et les syndicats pour discuter de la grève étudiante au Québec et d'élaborer des perspectives de lutte en Ontario. La porte-parole de l'organisation Camille Robert espère que son regroupement pourra tisser des liens avec les comités exécutifs des associations étudiantes de la province voisine. Elle soutient que les étudiants québécois gagnent à échanger sur ses « moyens de mobilisation » et ses « stratégies de lutte » avec leurs homologues ontariens. « Un soutien provenant de l'extérieur du Québec ne peut être que bénéfique à notre cause », assure-t-elle. Elle ajoute que le mouvement de contestation demeure fort et refuse de croire en un « essoufflement de la mobilisation » malgré la saison estivale. « Les appuis demeurent très forts, mais la CLASSE doit garder contact avec la population pour arriver avec un maximum d'appuis au mois d'août », dit-elle.

Manifestation du « deuil de la démocratie » contre la loi spéciale

Le 30 juin, plus de 200 personnes ont répondu à l'appel des organisations Mères en colère et solidaires, Parents contre la hausse, Parents d'enfant blessé dans une manif, Profs contre la hausse, Profs féministes solidaires et en colère et Têtes blanches carré rouge, pour « porter le deuil de la démocratie avec l'adoption de la loi 78, du droit à l'éducation pour tous, de nos droits fondamentaux, du droit de manifester ' en toute sécurité ' et de tous ceux que vous souhaiterez souligner. »

Le rassemblement a eu lieu à la Place Jean-Paul Riopelle dans le Vieux-Montréal. Les manifestants, habillés de noir, ont marché silencieusement dans les rues du vieux quartier. Le texte suivant, d'une « grand-mère en colère et solidaire », a été lu aux manifestants :

« Un repos de bruits ou seules les banderoles, les pancartes, portées par la brise venant de notre fleuve, feraient entendre leur claquement. Une marche lente et silencieuse composée de vieux et de vieilles, de jeunes, de handicapés, de déprimés, de fragiles... Puis tout à coup, on s'assoit, sur une petite chaise, un coussin, une couverture, jambes croisées, bras croisés. On aura prévu un châle ou un foulard, n'importe quoi de noir à poser sur la tête. Ce sera alors le sit-in. La rue sera ainsi bloquée et le silence plus éloquent, plus dévastateur pour ceux qui l'entendent. Ce sera une barricade vivante et sans bruit. Le bouclier contre les chevaux du roi, le vrombissement des moteurs des Hell's Angels policiers. Ce sera le signe muet de notre désapprobation. Une menace sourde et muette. Et le monde entier regardera comment le Québec traite ses enfants et ses âgés. Si on nous prend par les épaules et par les jambes pour nous conduire, menottées dans des autobus, on n'aura pas de peur. Ce silence criera au-delà de la peur. »




(Photos: LML, Facebook, S. Adam, LS Houle)

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Requête en sursis de la Loi spéciale (loi 78)

Le juge reprend les arguments
du gouvernement Charest

Le 28 juin dernier, François Rolland, juge en chef de la Cour supérieure du Québec, a rejeté la demande en sursis des articles 16 à 21 de la Loi 12 (projet de Loi spéciale 78). Cette requête a été déposée le 25 mai par les associations étudiantes, des syndicats, des organismes communautaires et environnementaux. Les audiences pour cette demande ont eu lieu les 12 et 13 juin.

Dans son jugement, le juge Rolland cite les critères définis par la Cour suprême du Canada pour suspendre une loi : il doit y avoir démonstration par les demandeurs : a) d'une question sérieuse ou d'une apparence de droit suffisante et non frivole ; b) d'un préjudice irréparable et c) de la prépondérance des inconvénients favorisant les demandeurs, en tenant compte de l'intérêt public.

Le juge a estimé que seul le premier critère a été rempli. Pour le juge Rolland, « la loi 12 a été adoptée par l'Assemblée nationale du Québec dont les membres ont été élus démocratiquement ». La loi 12 protège l'intérêt public puisque « Si la nature et l'objet affirmé de la loi sont de promouvoir l'intérêt public, le tribunal des requêtes ne devrait pas se demander si la loi a réellement cet effet. Il faut supposer que tel est le cas. »

Sur les mesures 16 et 17 de la loi « visant à préserver la paix, l'ordre et la sécurité », le juge estime que s'il y a préjudice « la prépondérance des inconvénients favorise nettement l'intérêt public compte tenu des objectifs visés par la Loi et des faits constatés lors des événements des derniers mois (violence, méfaits et dommages) », reprenant les arguments du Procureur général du Québec qui dit que « la liberté d'expression n'est pas un droit absolu et les dispositions en cause ne font que baliser le droit des citoyens à la réunion pacifique et à protéger le public des dérapages hélas trop fréquents ».

Le juge n'a de plus pas protégé le droit d'association des étudiants. Alors que les articles 18 à 21 de la Loi 12 accordent le pouvoir à la ministre de l'Éducation d'exiger d'un établissement scolaire qu'il cesse de percevoir la cotisation fixée par une association étudiante, et celui d'ordonner à toute association étudiante de cesser de verser des cotisations à une fédération d'associations, le juge Rolland dit que c'est « essentiellement hypothétique, les cours étant suspendus à la mi-

août et les associations étudiantes visées...[ont] déjà reçu leurs cotisations pour les sessions suspendues. ». Par cette décision, il rejoint encore une fois la position du Procureur général du Québec qui marginalise les étudiants en déclarant qu'« il existe un vide factuel quant aux associations étudiantes. La liberté d'association reconnue par les Chartes concerne plutôt les associations de salariés telles que définies par le Code du travail. »

Ce jugement reprend les arguments du gouvernement de Jean Charest à l'effet de justifier des décisions antidémocratiques par les actions que prennent les étudiants et leurs organisations à la défense de leur droit de s'organiser pour défendre le droit à l'éducation. On peut se rappeler que le 1er mai dernier, François Rolland avait appelé à ce que le Procureur général du Québec intervienne dans le cas des étudiants ayant déposé des injonctions pour pouvoir reprendre leurs cours. Il avait alors dit : « « On est à la douzième heure, pas à la onzième... Il y a péril. Il faut que quelqu'un intervienne. Je le déclare encore, le procureur doit intervenir ».

Référence

Jugement sur la requête en sursis. Pour lire le jugement complet, cliquer ici.

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Élections mexicaines

Chronique d'une fraude annoncée


5 juillet à Mexico: Manifestation contre l'imposition de Enrique Peña Nieto par la fraude électorale.

Les médias ridiculisent ceux qui parlent de fraude électorale, mais le fait est qu'avant même les élections du 1er juillet dernier, 71 % de la population du Mexique considérait que cela pouvait être le cas.

Les élections de 2012 ont été planifiées par les pouvoirs factices du gouvernement étasunien dans le but de promouvoir Enrique Peña Nieto et freiner les avancées d'Andrés Manuel Lopez Obrador. Ainsi, toutes les institutions du gouvernement fédéral, la majorité du Congrès et les médias de communications ont été mis au service du candidat de l'oligarchie proyankee. La manière dont la télévision, les stations de radio, les journaux — à l'exception de quelques courageux — sont intervenus dans ces élections démontrent que dès le début il y a eu absence d'impartialité et d'équité dans le processus.

Le fait qui suit, révélé par le journal The Guardian, est scandaleux et inacceptable. Des contrats ont été signés par Peña Nieto, avec la chaîne de télévision Televisa et d'autres médias de communication afin de favoriser la campagne de celui qui fut le gouverneur de l'État de Mexico et ignorer et abaisser Andrés Manuel Lopez Obrador.

Les réformes à la loi électorale en 2007 ont empêché la création de tout nouveau parti politique jusqu'en 2013 et ont réduit la période électorale, imposant la précampagne pour février et mars 2012. De plus, elles ont accordé une distribution des ressources financières et de propagande de manière à avantager fortement le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et le Parti action nationale (PAN).

La manière dont ont été manipulés les sondages afin de créer la perception d'un grand triomphe de Peña est une grossièreté. L'article 41 de la Constitution dit que l'Institut fédéral électoral (IFE) a comme fonction de donner assurance, légalité, indépendance, impartialité et objectivité à l'élection. Rien de tout cela n'est arrivé dans les élections de 2012. Le fait est qu'en réalité l'IFE est l'instrument de contrôle pour garantir que le PRIAN (PRI et PAN) se maintienne au pouvoir. L'IFE, à travers des conseillers élus par la Chambre des députés dominés par le PRI et le PAN, a agi à tout moment comme complice de l'imposition de Peña Nieto et de l'affaiblissement de López Obrador, à force de sondage présentant Enrique Peña Nieto, outrageusement en avance dans la campagne sans que l'IFE ne lève le petit doigt.

Les délits commis par le PRI sont multiples et tous furent révélés : cartes de dépenses de 1000 pesos chacune du magasin de libre service Soriana, distribuées dans l'État de Mexico ; cartes d'appel téléphonique avec un solde de 100 pesos, valide à partir du 28 juin et d'où s'écoutait un message du candidat Peña Nieto ; cartes Monex, de monnaies électroniques de différent montant fournies par le PRI aux différents représentants du Parti ; cartes échangeables pour du matériel de construction ou la distribution directe de ciment, pavés, effets domestiques et produits d'épicerie.

Des dénonciations ont été faites dans l'État de Mexico, de Basse Californie Sud, de Oaxaca et Sonora pour la distribution d'épicerie et autres matériels avec l'intention d'influencer le vote. En Basse Californie, le Mouvement progressiste a découvert trois camions dont deux étaient remplis de sacs d'épicerie et un de vivres non empaquetés. À Lerma, État de Mexico, a été dénoncé devant les autorités un camion chargé de plus de 500 boîtes du programme de soutien en effets scolaires qui devaient être distribués par le PRI dans la municipalité de Chapultepec. À San Pedro Ixcatlán, Oaxaca, ont été interceptés des véhicules avec chacun de la propagande du PRI, des boîtes de sardines, d'huile comestible, de soupe et de lait, de même qu'une boîte contenant 200 bulletins électoraux. Également à Huautla de Jiménez, Oaxaca, des militants du PRI ont été arrêtés par les supporteurs du Mouvement progressiste à bord de trois camions chargés de bulletins électoraux, contenant également du matériel de construction et d'épicerie. L'achat et le vol massif de votes ont été observés dans tout le pays. Et tout cela n'est que la pointe de l'iceberg.

L'élection a été organisée par le PRI afin de garantir à tout prix le triomphe de Peña, sans se préoccuper de la violation des lois. Ils ont mené l'« Opération mallette », qui est une stratégie orchestrée par les gouvernements du PRI servant à l'achat des votes. Elle consiste en un travail de subordination de vote à travers des appels de promoteurs qui doivent chacun convaincre 10 personnes de voter pour le candidat du PRI moyennant le paiement d'épicerie ou de matériel de construction. Avec l'appui du syndicat national des enseignants d'Elba, Esther Gordillo, ils ont mené « l'Opération Agora » qui a permis de gagner cinq millions de votes au candidat du PRI, avec un budget de 12 millions $ pour payer des manipulateurs ou faux électeurs. L'opération Agora a été exécutée par plus de 28 milles personnes identifiées comme « opérateurs ».

De nombreuses anomalies ont également été rapportées concernant des bulletins dans la municipalité d'Emiliano Zapata, Tabasco. Une femme qui ne s'est pas identifiée a remis à l'animateur Pedro Sala, du programme de radio « Caminando por mi Pueblo », une série de bulletins électoraux pré-remplis. La femme a expliqué que ces bulletins devaient être utilisés par le PRI.

Le 8 juin, des bulletins en double sont apparus à OAX, Oaxaca, où des représentants du Parti du Travail ont constaté la duplication de folio dans la papeterie correspondant au conseil de District 8.

Le 9 juin, d'autres bulletins en double à Tlacolula de Matamores, Oaxaca. Des liasses de bulletins avec des folios répétitifs dans le district 4, et des bulletins manquants dans d'autres liasses du même district ont été rapportés.

Le 12 juin, des voisins de San Pedro Ixcatlán, Oaxaca, ont découvert dans les districts de la ville de Serdan et de Ajalpan 100 bulletins pré-remplis en faveur du candidat du PRI au Sénat, Fidel Fernández, dans l'auto de ce dernier.

Le 13 juin, des bulletins en double ont été trouvés dans l'État de Mexico, de même que dans le district 2 à Zacatecas et Sonora.

Le 15 juin, 5 000 folios répétitifs ont été trouvés dans le district 5 et 122 000 bulletins en plus à Tabasco.

Le17 juin, d'autres bulletins électoraux en double trouvés dans la municipalité de Jerez, Zacatecas, et à Querétaro.

Le18 juin, même chose dans la municipalité de Cadereyta.

Le 21 juin, 35 000 bulletins en plus à Oaxaca et bulletins en doubles à Puebla.

Le 27 juin, une camionnette du PRI, transportant des urnes et du matériel électoral de l'IFE à Arandas, Jalisco, a été dénoncée.

Le 30 juin, des bulletins remplis en faveur de Peña à Cancun.

De mémoire, l'imposition de Peña Nieto s'est faite dans une des élections les plus sales de l'histoire du pays et le PRI a été au sommet de son art de la manigance. L'ONG appelé « Dans la démocratie nous comptons tous » a documenté 180 délits électoraux et les a présentés comme plaintes aux autorités concernées. Il s'agit de preuves de l'achat et de la subordination du vote lié à l'accès à des programmes gouvernementaux et l'utilisation de fonds publics à des fins électorales.


À Tijuana le 5 juillet 2012.

La guerre sale s'est déroulée sans que l'IFE n'y fasse quoi que ce soit. Pire encore, du 24 au 27 juin le canal 11 de télévision a retransmis un spot publicitaire, non signé, qui disait que six Mexicains sur dix ne voteraient pas pour López Obrador. Le directeur de communication de la chaîne télé a précisé que le spot en question avait été envoyé par l'IFE accompagné de la requête que cela soit retransmis du 24 au 27 juin. Dans plusieurs endroits fut empêchée la liberté d'opinion en utilisant des menaces. Des groupes de fier-à-bras ont été utilisés dans diverses régions du pays pour subordonner la population au PRI et mater les dissidents. Avant la tenue des élections, le mouvement Yo soy 132 a dénoncé 22 cas d'agression contre de ses membres.

Devant cette fraude l'IFE n'a rien vu, rien entendu. De plus, le 11 juin des formateurs de l'IFE ont été surpris à distribuer de la propagande du PRI et de son candidat Peña Nieto à l'intérieur de la salle du Conseil du district 14 de la ville de Mexico. Ils profitaient de la présence de plusieurs citoyens venus s'intégrer au personnel de bureau de votation.

Des cartes d'appels téléphoniques portant la photo de Peña Nieto ont également été distribuées. Dans plusieurs centres de travail il y a eu subordination des votes, comme par exemple à la Compagnie fédérale d'électricité dans Hidalgo, où l'on rapporte que des menaces de congédiement ont été proférées contre ceux qui ne voteraient pas pour le PRI. Violant impunément toutes les lois, le jour de l'élection des messages cellulaires ont été envoyés dans tout le pays invitant à voter pour Peña Nieto et pour les candidats du Parti vert. Certains messages mentionnaient le nom du parti et d'autres seulement des références à des promesses de campagne, comme des coupons médicaux, l'emprisonnement à perpétué pour les séquestreurs, etc.

Le jour de l'élection, l'installation de bureau de vote et par la suite le décompte des votes et l'envoi des urnes aux conseils de district ont été remplis d'irrégularités. Dans plusieurs cas les urnes arrivaient ouvertes et sans les scellés et avec des différences dans la comptabilisation des votes enregistrés par l'IFE. Cela fait en sorte que les résultats qui ont été rendus publics ne sont pas fiables.

Finalement, avec moins de 10 % des votes comptés par le programme préliminaire de résultat électoral, Leonardo Valdès Zurita, président de l'IFE, a annoncé avec fanfare et tambours sur la chaîne de télévision nationale le triomphe de Peña Nieto, basé sur des résultats d'un sondage rapide qui différait des chiffres du site officiel de l'IFE. Par la suite, le président sortant Calderón s'est empressé de féliciter Peña Nieto et il fut alors présenté par les médias comme le président élu sans l'être.

Avec 42,85 % des urnes comptabilisées, 36,74 % des votes ont été attribués à Peña Nieto, contre 33,19% pour López Obrador, montrant une différence de 3,55 % comparée à 7 % du comptage rapide rapporté par Valdés Zurita.

D'un autre côté, il n'y a aucun doute que López Obrador et le Mouvement progressiste sont arrivés en fin de campagne beaucoup plus forts et organisés qu'en 2006. La clôture de campagne du 27 juin a été spectaculaire, la jeunesse du mouvement Yo soy 132 est en action et sur un pied de lutte. Les jeunes se sont mobilisés le 30 juin et continuent depuis le 2 juillet. Toute la société exige une démocratisation des médias de communication et de la vie publique, de sorte qu'il se développe un grand mouvement, non seulement contre la fraude, mais pour un réel exercice de la souveraineté populaire. Pas à pas, nous avons avancé et ce ne sont pas les obstacles qui ont manqués. Nous vivons et vivrons une étape cruciale dans laquelle l'avenir du Mexique est en jeu, il est nécessaire de se mobiliser et de s'organiser davantage pour arriver à la transformation qu'a besoin le pays. C'est l'heure de redoubler d'efforts, pas de sombrer dans le pessimisme. En fait, le changement a commencé, le niveau de conscience et d'organisation et l'entrée en action de la jeunesse nous a rendus plus forts. La lutte continue !

* Pablo Moctezuma est éditeur de Mexteki et porte-parole du Congrès de la souveraineté.

(Traduction : LML)

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