Le Marxiste-Léniniste

Numéro 78 - 25 juin 2012

Anniversaire de la défaite de l'accord du Lac Meech

La crise politique continue de s'approfondir

Anniversaire de la défaite de l'accord du Lac Meech
La crise politique continue de s'approfondir

Ne touchez pas à la Syrie!
La Turquie pêche en eaux troubles - Enver Villamizar

62e anniversaire de la guerre de Corée
Les exercices militaires américains en Corée sont un crime contre la paix

Paraguay
La destitution du président est un coup d'État

Mexique
Élections 2012: le peuple veut le changement - Claude Brunelle


Anniversaire de la défaite de l'accord du Lac Meech

La crise politique continue de s'approfondir

Le 23 juin 1990 échouait l'ignominieux Accord du lac Meech, un ensemble d'amendements à la Constitution du Canada négocié trois ans plus tôt derrière des portes closes par le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, et les premiers ministres des provinces. La défaite de l'Accord du lac Meech signalait un nouvel approfondissement de la crise constitutionnelle et politique et celle-ci n'a fait que s'empirer depuis.

Les problèmes laissés sans solution à la défaite de Meech sont aujourd'hui plus significatifs que jamais. L'existence du Québec en tant que nation ayant le droit à l'autodétermination et des droits ancestraux des Premières Nations continue d'être attaquée, pendant que la dictature Harper impose des mesures qui concentrent tout le pouvoir entre les mains de l'exécutif fédéral pour annexer le Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, attaquant et compromettant l'existence même du Canada en tant que nation également.

L'Accord de Meech avait été conclu dans le contexte de l'après-référendum de 1980 au Québec et du rapatriement de la Constitution par le gouvernement Trudeau en 1982 sans la participation du Québec. Trudeau avait promis de rédiger une nouvelle entente constitutionnelle après le référendum du Québec et cette promesse s'est soldée deux ans plus tard par l'ajout de la Charte des droits et libertés et d'une formule d'amendement à l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, que le Québec a refusé de signer. Le parlement britannique a adopté l'Acte du Canada le 29 mars 1982, mettant fin formellement à la dépendance britannique, bien que la reine d'Angleterre demeure le chef d'État du Canada et conserve les pouvoirs de prérogative.

La nouvelle loi constitutionnelle de Trudeau était l'« équivalent canadien » de l'Acte du Canada du parlement britannique et elle était incluse dans celui-ci. La Constitution était ainsi « rapatriée » dans la forme de La Loi constitutionnelle de 1982 que le Québec, qui fut considéré comme un des fondateurs de la Confédération de 1867, a refusé de signer. C'est pour tenter à nouveau de résoudre cette crise que le gouvernement de Brian Mulroney entama en 1985 des négociations constitutionnelles qui allaient conduire à l'Accord du lac Meech deux ans plus tard, le 30 avril 1987.

L'Accord proposait cinq principales modifications à la Constitution. Il s'agissait des revendications pour un fédéralisme renouvelé formulées par le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, qui, selon ce dernier, étaient essentielles à l'adhésion du Québec à la Constitution. Au lieu de s'attaquer à la cause fondamentale de la crise constitutionnelle, au besoin d'affirmer le droit du peuple québécois à l'autodétermination, y compris le droit à la sécession, et au besoin de s'assurer que la fédération soit une union volontaire de toutes ses composantes, l'accord établissait que le Québec est une « société distincte ». Il accordait au Québec un veto constitutionnel, augmentait ses pouvoirs en matière d'immigration, étendait le droit à une compensation financière raisonnable à toute province optant de ne pas participer aux programmes fédéraux dans des domaines de juridiction provinciale exclusive et donnait voix au chapitre aux provinces sur la nomination des sénateurs et des juges de la Cour suprême.

Puisque Meech aurait changé la formule d'amendement de la Constitution et modifié le processus de la Cour suprême, il fallait obtenir le consentement de toutes les législatures provinciales et du parlement canadien dans un délai de trois ans. Les dix premiers ministres provinciaux s'étaient mis d'accord mais le consensus ne dura pas les trois ans requis pour obtenir le consentement des assemblées législatives.


Le député de l'assemblée législative
du Manitoba Elija Harper

Une Conférence des premiers ministres fut convoquée vingt jours avant l'échéance pour essayer de sauver l'accord et il fut convenu que Meech devait être suivi d'une autre ronde de négociations constitutionnelles. Le premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, refusa le secret du processus décisionnel. Le 23 juin 1990, date limite, Elijah Harper, député de l'assemblée législative du Manitoba et issu des Premières Nations, signala son refus de consentement en brandissant une plume d'aigle, rendant ainsi impossible l'unanimité requise de l'assemblée. Clyde Wells annula sa proposition de tenir un vote à l'assemblée de Terre-Neuve et l'Accord du lac Meech était officiellement mort.

Une des principales caractéristiques de l'Accord de Meech est qu'il embrouillait le statut du Québec. Il affirmait que le Québec était une « société distincte » et que « la législature et le gouvernement du Québec ont le rôle de protéger et de promouvoir la société distincte ». En proposant que ce qui distingue le Québec est sa langue (français versus anglais) plutôt que le fait qu'elle est une nation avec toutes les caractéristiques d'une nation, on cherchait à reléguer aux oubliettes le droit du Québec à l'autodétermination.

La « société distincte » reste indéterminée dans les documents, les aspects « distincts » du Québec ne sont pas énumérés et il n'y a pas de critères par lesquels les préserver et les promouvoir. Le terme « société distincte » a été le sujet de nombreuses interprétations mais, comme par le passé, celle qui a dominé les cercles politiques officiels était que le Québec est distinct en raison de la langue française. En faisant de la langue la question centrale, la formule de Meech niait l'existence du Québec en tant que nation souveraine ayant évolué au fil de l'histoire avec une communauté d'économie et de territoire et une culture portant l'empreinte de cette histoire. Qui plus est, elle niait au peuple québécois le droit à l'autodétermination.

Un autre aspect important de l'Accord de Meech est la promotion qu'il faisait de la désunion et de l'inégalité. Le fait de définir une nation uniquement par sa langue mène à la théorie que le Canada est divisé en deux langues officielles et deux cultures officielles qui sont supérieures et que toutes les autres doivent l'accepter pour être «canadiennes». La dimension multiculturelle est une ramification qui permet de reconnaître les autres langues et cultures en autant que ce qu'on prétend défenir comme «canadien» reste intact.

Meech encourageait la désunion également en dévoluant certains pouvoirs fédéraux aux provinces comme s'il s'agissait de dix petites nations (les provinces) regroupées dans une grande nation (le gouvernement fédéral). Les deux territoires (le Nunavut n'existait pas encore) ne furent pas invités au lac Meech (ils ont assisté aux discussions par vidéoconférence) parce que le premier ministre considérait que leur pouvoir était insuffisant, établissant ainsi la possibilité de différents statuts selon la région. D'autre part, Meech accordait à chaque province un pouvoir de veto en matière législative et il était clair que chaque province s'en servirait pour avancer les intérêts étroits des regroupements économiques et politiques régionaux qui finançaient les gouvernements.

Le troisième aspect de Meech était son refus d'affirmer ou même d'aborder le sujet des droits ancestraux des peuples autochtones, ce qui revenait à supprimer ces droits. Les droits ancestraux ne sont pas un élément périphérique, ils doivent être enchâssés dans la Constitution. Les autochtones ont le droit légitime de revendiquer les terres de leurs ancêtres et d'en disposer comme ils l'entendent. En tant que peuples souverains, ils ont le droit de décider de leurs affaires mais aussi des affaires du Canada dans son ensemble. Aucune des modifications proposées par l'Accord de Meech n'abordait ces sujets. Les chefs autochtones présentèrent deux objections. La première concernait leur exclusion de l'ensemble des travaux de Meech. L'autre concernait le transfert possible de services fédéraux aux provinces prévu dans la clause sur le droit de retrait avec compensation, ce qui risquait d'entraîner le démantèlement de programmes essentiels pour les peuples autochtones.

Le quatrième aspect principal de Meech concerne le caractère antidémocratique des procédures. Toutes les consultations eurent lieu derrière des portes closes. Les gens disaient que c'était une rencontre de onze hommes blancs à cravate pour décider du sort du pays entre eux.

Une fois l'accord conclu dans le secret, les onze premiers ministres tentèrent de l'imposer au peuple sans autre discussion ou délibération. Il n'y eut pas de consultation populaire, l'ordre du jour n'était pas établi suivant les désirs du peuple et les points discutés et inclus dans l'accord étaient ceux que les premiers ministres voulaient discuter et inclure. L'extrême mécontentement de la population face aux procédés de Meech fut capté par le Forum des citoyens sur l'unité nationale de 1990, appelé Commission Spicer, que Mulroney fut forcé d'établir après la défaite de Meech, disant que son gouvernement voulait entendre les opinions des Canadiens. Le rapport de la Commission Spicer publié en 1991 permet de constater que les Canadiens étaient très conscients que quelque chose manquait dans le processus politique canadien, qu'on ne pouvait pas faire confiance aux hommes et aux femmes politiques et qu'il manquait les mécanismes nécessaires pour habiliter le peuple. Beaucoup ont réclamé la convocation d'une assemblée constituante qui permettrait au peuple de délibérer et de décider de la constitution qu'il veut.

Aujourd'hui la signification de Meech est qu'à l'époque actuelle les peuples veulent être les arbitres et les décideurs de leur destin. Le PCC(M-L) a fait remarquer lors des audiences de la Commission Spicer que dans la forme de pouvoir politique héritée par le Canada, le pouvoir absolu réside dans les oligarques financiers et leurs représentants politiques. Meech se proposait de maintenir cet aspect inchangé en disant que seuls les premiers ministres seraient habilités à proposer des amendements à la Constitution et que le peuple reste exclu du processus. Cette contradiction est devenue beaucoup plus aiguë avec le temps.

Les Canadiens ont rejeté Meech parce qu'aujourd'hui l'histoire exige que le pouvoir soit transféré au peuple qui agit de son propre chef et dans son propre intérêt. Il veut retirer la politique des mains des intérêts en place et la mettre entre les mains de ceux qui s'attaqueront aux problèmes qu'il souhaite régler, comme l'insécurité économique qui est devenue la plus grande priorité à l'heure actuelle. L'échec de Meech a également mené à la déconfiguration du parlement jadis fondé sur l'existence d'un « parti au pouvoir » (libéraux ou conservateurs) et d'un « parti de l'opposition ». Le Parti conservateur subit une raclée à l'élection de 1993, avec seulement deux élus, et le déséquilibre s'est établi. Le déséquilibre a continué d'exacerber la crise politique due au caractère non représentatif du processus électoral. Depuis Meech, comme l'avait prédit le PCC(M-L), le Parti libéral s'est à son tour enfoncé dans le discrédit, surtout avec le scandale des commandites de 2006, duquel il ne s'est jamais remis. Aujourd'hui, l'arrogance, le secret et la corruption des conservateurs menés par Stephen Harper ont surpassé ceux du Parti progressiste conservateur qui a été détruit à l'élection de 1993. La corruption du système de parti est encore plus prononcée. Depuis que le scandale des commandites a secoué le fondement le système de parti en 2006, les conservateurs menés par Harper ont surpassé les libéraux pour ce qui est de la corruption électorale, du favoritisme politique, de la restriction du débat au parlement et des mesures anti-peuple.

Le contenu de la société actuelle a dépassé les formes existantes, à commencer par les formes politiques et les arrangements constitutionnels qui leur correspondent. Le déséquilibre qui menaçait le bien-être du peuple, qui menaçait les droits et libertés de tous, est devenu le nouveau régime et la concentration du pouvoir entre les mains des intérêts financiers les plus puissants se poursuit et atteint des niveaux inégalés. Cela a créé une situation où des intérêts privés ont le statut de positions politiques, les ressources et le pouvoir de l'État servent ouvertement à les soutenir et ils mènent impunément leur offensive à l'encontre des intérêts de l'ensemble de la société. Aujourd'hui le gouvernement Harper attaque de façon routinière le droit public avec des arguments irrationnels et contournés par lesquels il fait croire que les activités les plus réprouvables que puisse mener un gouvernement font partie des «valeurs canadiennes» et que quiconque n'épouse pas cette façon de faire est un ennemi de l'État.

Le renouveau démocratique est à l'ordre du jour. Le Canada a besoin d'une nouvelle constitution mais cette constitution doit être écrite par le peuple. La Confédération de 1867 et tout ce qui a suivi, y compris Meech, fait partie du vieux projet. Le nouveau projet est que le peuple prenne le contrôle de sa destinée. Les Canadiens sont des gens instruits, industrieux et capables de gouverner une société moderne. Le pouvoir politique doit représenter non pas la minorité privilégiée mais l'ensemble des membres de la société. À tout le moins, une nouvelle constitution doit reconnaître la nation du Québec et son droit à l'autodétermination, reconnaître les droits ancestraux des peuples autochtones et enchâsser les droits et devoirs de tous.

Haut de page


Ne touchez pas à la Syrie!

La Turquie pêche en eaux troubles


Le 22 juin dernier la Syrie a abattu un avion de combat turc qui avait pénétré son espace aérien sur sa côte méditerranéenne.

On a essayé de créer la diversion par un débat à savoir si l'avion turc avait pénétré l'espace aérien de la Syrie ou était resté dans l'espace international. Cela détourne l'attention du fait que les États-Unis et l'OTAN travaillent activement à un changement de régime en Syrie par une agression camouflée et ouverte. La Turquie est un membre de l'OTAN et elle pêche en eaux troubles.

La Turquie est membre de l'OTAN. Elle abrite une grande base des États-Unis et de l'OTAN à Incirlik, au nord-ouest de la région où l'avion a été abattu. Cette base est une rampe de lancement pour des attaques à l'étranger ; elle a été utilisée contre l'Afghanistan, l'Irak et la Libye et vraisemblablement pour des opérations ailleurs dans la région.

Le New York Times écrivait le 21 juin que la CIA est active en Turquie. La CIA y recueillerait de l'information sur l'opposition syrienne qui agit à partir de la Turquie. C'est probablement plus juste de dire que la CIA et l'armée américaine organisent cette opposition en sol turc de plusieurs façons, notamment par des armes et le recrutement d'agents américains pour opérer en Turquie, en Syrie et ailleurs.

Il faut dénoncer les efforts continuels de l'OTAN et des États-Unis pour fomenter une guerre civile en Syrie et une guerre régionale avec les États voisins parce cela met en danger la paix et la sécurité internationales. Ce sont les États-Unis et l'OTAN qu'il faut blâmer pour cet état de choses. Il est possible que l'OTAN essaie d'utiliser cet incident de l'avion turc comme prétexte pour invoquer ses mécanismes de défense collective et déclarer que la Syrie vient de s'attaquer à tous les États membres de l'OTAN, y compris le Canada. Cela pourrait servir de prétexte à une intervention armée de l'OTAN en Syrie.

On doit se rappeler qu'en novembre 2011, suite au changement de régime organisé par l'OTAN en Libye, le Canada avait annoncé qu'il maintiendrait sa présence navale en Méditerranée. Le ministre de la Défense Peter MacKay avait alors déclaré : « C'est certain que d'avoir un navire dans la région nous permet d'aider ou d'évacuer les Canadiens [de Syrie], cela nous donne la capacité de répondre à la situation si certaines choses devaient se produire. »

Ne touchez pas à la Syrie !
Canada, hors de l'OTAN !

(Traduction : LML)

Haut de page


62e anniversaire de la guerre de Corée

Les exercices militaires américains en Corée
sont un crime contre la paix


Exercices États-Unis-Corée du Sud le 19 juin 2012

Le 22 juin, les États-Unis et la Corée du Sud ont tenu de vastes exercices de guerre à tirs réels juste 15 milles au sud de la frontière avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Selon des sources militaires, ces exercices sont les plus grands à se tenir depuis la Guerre de Corée. Ils ont engagé plus de 2000 soldats, des avions de combat A-10 Thunderbolt (l'un des avions de combat américains les plus meurtriers, munis de fusils anti-chars d'assaut utilisés massivement en Irak), des hélicoptères d'attaque américains Apache, des tanks et des missiles. Les exercices ont comporté de grandes explosions et les avions et hélicoptères ont constamment sillonné la zone, choisie délibérément et dangereusement proche de la frontière de la RPDC.

Cette manoeuvre d'un jour a été accompagnée d'une manoeuvre navale de deux jours à laquelle ont participé la Corée du Sud et le Japon. Celle-ci s'est tenue près de l'île sud -coréenne de Jeju, où les États-Unis poussent la Corée du Sud à bâtir une gigantesque nouvelle base navale malgré l'opposition massive de la population de l'île. L'île a une position militaire stratégique, située entre la Corée et le Japon et près de la Chine. Selon les États-Unis, c'est la première fois que le Japon participe à des manoeuvres militaires trilatérales près de la côte coréenne.

L'exercice de guerre est une tentative d'amener les Coréens à accepter la participation du Japon, un pays connu pour le crime d'avoir occupé la Corée et sa longue histoire d'agressions dans la région. C'est un effort également pour engager les forces militaires japonaises dans des actions militaires plus agressives, ce qui viole la constitution japonaise adoptée après la Deuxième Guerre mondiale, qui interdit le déploiement des troupes japonaises à l'étranger.

Des manifestations dénonçant les exercices de guerre et demandant le retrait des troupes américaines ont eu lieu en Corée et au Japon. Les manifestations se poursuivent également sur l'île de Jeju pour empêcher la construction de cette nouvelle base militaire en Corée appuyée par les États-Unis.


Manifestation contre le déploiement précédent de navires de
guerre américains près de la Corée, novembre 2010

Trois autres journées de manoeuvres navales des États-Unis et de la Corée du Sud se tiennent du 23 au 25 juin avec le super porte-avion USS George Washington qui porte près de 90 avions et hélicoptères et 3000 soldats. Le porte-avion est l'un des 10 navires et sous-marins américains à participer à ces exercices de guerre en mer Jaune, entre la Chine et la Corée. La Chine considère que la mer Jaune fait partie des ses eaux côtières et elle a expressément demandé aux États-Unis de ne pas y tenir d'exercices de guerre.

Les États-Unis n'ont pas caché le caractère criminel et provocateur de ces manoeuvres qui constituent une préparation pour une guerre d'agression et en tant que tel un crime contre la paix. Mis à part le fait que les exercices de guerre se tiennent près de la frontière de la RPDC et en mer Jaune près de la Chine, les exercices au sol ont pris pour cible de bombardements un drapeau de la RPDC. La date choisie pour les manoeuvres est l'anniversaire du début de la guerre d'agression des États-Unis contre la Corée le 25 juin 2012. De plus, le ministère sud-coréen de la défense, suivant la logique de « la loi du plus fort » des États-Unis, a écrit dans un communiqué que les manoeuvres constituaient un « avertissement sans équivoque » à la RPDC. « La guerre n'est pas finie, dit le porte-parole du ministère. Nous devons nous préparer à l'éventualité du déclenchement d'une guerre à tout moment. » « Nous estimons, a-t-il ajouté, que cet exercice conjoint va être le plus vaste jamais tenu. La Corée du Nord dit que c'est une provocation, mais un militaire ne peut pas être compétent s'il ne s'exerce pas. »

Les États-Unis occupent la Corée du Sud y maintenant 28 500 soldats, des bases et tout un arsenal militaire, dont des armes nucléaires sur les sous-marins et porte-avions géants. Ce sont les États-Unis qui équipent la Corée du Sud en armes et avions et entraînent ses forces militaires. L'armée américaine commande les forces militaires sud-coréennes et elle utilise également ces exercices pour intégrer l'armée japonaise à cette structure unifiée. Les États-Unis occupent également le Japon, y maintenant 38 000 soldats et des bases.

Ce sont les États-Unis qui ont refusé de signer un traité de paix avec la Corée. C'est eux aussi qui organisent ces exercices de guerre provocateurs qui sont une expression de puissance militaire dans la région. Ces exercices visent la Corée et la Chine et ils représentent un grand danger pour tous les peuples de la région et les peuples du monde.

Toute préparation à une guerre d'agression, y compris par la propagande, est un crime. C'est en fait considéré comme l'un des pires crimes qui soient. Dans le cadre de la lutte pour protéger la paix mondiale, on doit bannir ces exercices parce que sans eux on ne peut pas mener de guerre. Comme l'a dit le porte-parole sud-coréen, « un militaire ne peut pas être compétent s'il ne s'exerce pas ». Ces exercices de guerre n'avaient rien à voir avec de l'entraînement pour défendre la Corée et la Japon et certainement pas les États-Unis qui sont à des milliers de milles de là. Leur but était l'entraînement pour l'agression, pour l'élévation des tensions entre les Coréens, sinon pourquoi un drapeau de la RPDC comme cible ? Pourquoi impliquer le Japon ?

« L'avertissement » qui est servi à la RPDC et à la Chine est que les États-Unis sont sur un pied de guerre et entraînent le Japon dans ces préparatifs. Ces exercices de guerre sont dangereux et criminels et les peuples de la région et le peuple américain s'y opposent. Les peuples mettent de l'avant leurs demandes : Mettez fin à ces exercices de guerre ! Fermez les bases américaines et ramenez les troupes américaines aux États-Unis! C'est ce qu'il faut faire afin d'assurer la paix et la sécurité des peuples de la région et du monde.


Manifestation contre la guerre à Séoul le 27 février 2012, lors des manoeures militaires annuelles
des États-Unis et de la Corée du Sud.

Haut de page


Paraguay

La destitution du président est un coup d'État


Des manifestants dénoncent l'opportunisme politique de ceux qui ont destitué le président paraguayen,
Fernando Lugo, le 22 juin 2012.

Suite à un vote de 39 contre 4 et deux abstentions, le Sénat du Paraguay a destitué le président Fernando Lugo. Le peuple s'oppose de façon massive à cette destitution qu'il considère comme un abus illégal du pouvoir et les manifestations se poursuivent devant le palais national. L'Union des nations sud-américaines (UNASUR)[1] et d'autres organisations internationales ont déclaré qu'elles n'appuyaient pas cette destitution et qu'elles ne reconnaîtraient pas un autre président. Le pays pourrait subir des sanctions pour violations au processus démocratique, disent-elles.

En conséquence de la décision du Sénat, le vice-président Federico Franco du parti libéral radical authentique a accédé au pouvoir. Son parti n'a pas été au pouvoir au Paraguay depuis les dernières 74 années. Le 22 juin, Franco a prêté serment après approbation de la destitution par le Congrès le 21 juin. Au moment même où ces événements se déroulaient, près de 50 000 personnes continuaient de manifester à l'extérieur de l'édifice où siège le Congrès.

Des slogans tels que « La dictature, jamais ! »ont retenti tandis que d'autres demandaient à la police de ne pas agir avec impunité.

La presse paraguayenne a laissé savoir que le document qui a servi à la destitution du président Lugo était disponible depuis un bon moment mais n'a été présenté au président qu'à la dernière minute donnant aux avocats de la défense à peine 2 heures pour préparer leur riposte plutôt que les 24 heures stipulées par la loi.

Cinq accusations ont été portées contre Lugo 1) Il aurait illégalement permis à des partis politiques de gauche de tenir une assemblée politique sur une base militaire du Paraguay en 2009 ; 2) le cas Nacunday où il a présumément permis à 3000 paysans sans terre (squatters) de s'emparer illégalement d'une grande ferme de graines de soyas de propriété brésilienne ; 3) il aurait signé le Protocole II d'Ushuaia dans le cadre de l'UNASUR sans soumettre le projet à l'approbation du Congrès ; 4) son gouvernement a échoué à capturer le groupe de guérilla [gauchiste] l'Armée du peuple paraguayen ; 5) et le cas des récents meurtres de paysans à Curuguaty. Les arguments mis de l'avant par la poursuite reposent uniquement sur des articles publiés dans les quotidiens locaux.

Pour chacun des cas ci-haut mentionnés, le document officiel du ministère public déclare que « toutes les causes sont de notoriété publique et qu'aucune preuve supplémentaire n'est nécessaire ».

Dans la condamnation du président par les députés, le ton était imprégné de haine de classe, selon certaines sources. Des déclarations irresponsables ont lié le président Lugo au massacre de paysans à Curuguaty perpétré le 15 juin. Onze paysans et sept policiers sont décédés dans un conflit dans une zone rurale alors que 100 familles cherchaient à occuper une terre appartenant à un grand propriétaire, Blas Riqueline, un ancien sénateur du parti de Colorado.

L'incident de Curuguaty n'a pas été pleinement élucidé, « mais des dirigeants de mouvements sociaux ont dénoncé le rôle joué par des tireurs d'élite qui ont fait feu sur les paysans et les policiers. Tout indique qu'il s'agit d'une opération faux pavillon, tactique fréquemment adoptée pour justifier les ingérences et les coups d'État ».

Les secteurs privilégiés seraient au coeur du coup selon le président

Avant la tenue du vote au Congrès le 21 juin, Lugo a dit que les secteurs les plus privilégiés et les plus conservateurs du pays étaient au coeur de la tentative de coup.

Lors d'une émission de radio latino-américaine, le président a insisté pour dire que ces groupes avaient agi de concert pour tenter d'éliminer le processus démocratique en vigueur au Paraguay.

La popularité de ce gouvernement n'a pas chuté en dépit de toutes les choses que nous avons encore à faire pour la population et pour ces forces privilégiées, la seule façon qui s'offre à eux de nuire au processus démocratique est de destituer le président, a-t-il dit.

Lugo a mis en lumière le rejet populaire de ce qu'il a qualifié de coup « express » en invoquant les milliers de personnes manifestant devant le Congrès national et à d'autres endroits au Paraguay.

Il a expliqué qu'il s'agit de membres de mouvements paysans, de travailleurs, d'étudiants et du peuple qui ont bénéficié du processus de changement continu et qui rejettent la destitution du dirigeant de l'État.

Le président a dit qu'il serait présent au parlement pour confronter les allégations des législateurs dans l'opposition, qui prônent que les choses dans le pays devraient rester telles qu'elles l'ont été depuis des décennies.

« Maintenant, avec l'UNASUR et [le Marché commun du Sud] (Mercosur)[2], nous sommes tous unis et croyons fermement aux changements démocratiques et à la solidarité internationale », a-t-il ajouté.

L'Organisation des États américains (OEA) a convoqué une réunion pour discuter des évènements au Paraguay. Selon le Conseil permanent, la session spéciale tenue au quartier général de Washington avait comme objectif de mettre les faits sur la table.

Le président Lugo doit interjeter appel auprès
de la Cour suprême de Justice


Le président Fernando Lugo

Les médias informent aussi que le président Lugo a interjeté appel concernant l'inconstitutionnalité de la destitution.

L'action en cour aura lieu à la Cour suprême et on y invoquera la violation des droits de Lugo du moment que les sénateurs ont imposé un délai d'exécution sur son droit de répondre aux accusations portées contre lui, ce qui n'a cependant pas empêché les sénateurs de s'empresser à procéder au vote menant à la destitution.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UNASUR
rencontrent le président paraguayen

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'UNASUR ainsi que le secrétaire général de cette organisation, Ali Rodriguez Araque, ont rencontré le président Lugo le 22 juin pour analyser la crise occasionnée par les efforts du Congrès visant à remplacer le dirigeant de l'État en le destituant.

Le voyage des ministres des Affaires étrangères de l'UNASUR au Paraguay est le résultat d'un accord d'urgence conclu au cours de la réunion sur l'environnement Rio+20 à Rio de Janeiro, au Brésil, accord selon lequel les ministres ont tenté de coopérer afin de trouver une solution permettant d'éviter l'effondrement du système démocratique paraguayen.

Les ministres des Affaires étrangères ont exprimé de façon catégorique lors de déclarations antérieures la nécessité de s'opposer à ce qu'on ait coupé court au mandat que le président Lugo avait obtenu par son élection et cela neuf mois avant la tenue des prochaines élections générales en avril 2013.


Les ministres des Affaires étrangères de l'UNASUR en rencontre avec le président Lugo, le 22 juin 2012

Le secrétaire général de l'UNASUR :
la situation au Paraguay affecte la démocratie

Suite à la rencontre de l'UNASUR avec le président Lugo, son secrétaire général, Rodriguez Araque, a dit que ce qui s'était produit au Paraguay affecte la démocratie au sein de l'UNASUR, puisque ce pays préside l'organisation sur une base pro tempore.

Il a dit que les présidents des pays membres de l'UNASUR, ayant pris connaissance de la situation au Paraguay, ont décidé d'y envoyer une mission de ministres des Affaires étrangères afin d'acquérir une connaissance directe de la situation.

Rodriguez Araque a indiqué que les participants à la réunion se sont entendus pour dire que l'un des principaux piliers de la démocratie est l'intégrité de l'administration de la justice et, sur la base de tels paramètres, le respect pour l'application régulière de la loi, assurant que les accusés puissent se défendre, d'autant plus que l'accusé est un président élu par vote populaire.

Le secrétaire général de l'UNASUR a ajouté que des réunions avec les partis politiques, le parlement et quiconque veut contribuer à trouver une solution pacifique à cette crise se poursuivraient le 22 juin.

L'Argentine rappelle son ambassadeur

En réponse à la destitution du président, l'Argentine a rappelé samedi son ambassadeur au Paraguay. La présidente de l'Argentine Cristina Fernandez a qualifié de coup la destitution du président. Suite au geste de l'Argentine, le Brésil a aussi rappelé son ambassadeur pour consultations.

Les gouvernements du Venezuela, de Bolivie, de l'Équateur et de Cuba ont dit le 23 juin qu'ils ne reconnaîtraient pas le nouveau gouvernement. Le gouvernement cubain a qualifié la destitution de Lugo de « coup parlementaire ».

Jose Miguel Insulza, le secrétaire-général de l'OEA, a dit que la destitution de Lugo constituait « une violation de l'application régulière de la loi » et le gouvernement chilien a dit que la destitution de Lugo « contrevenait aux normes minimales de l'application de la loi ».

La réponse de l'Allemagne et des États-Unis

L'ambassadeur de l'Allemagne au Paraguay Claude Robert Ellner a dit que la destitution de Lugo « était dans les limites de la loi et de la constitution ». L'Allemagne, a-t-il dit, « va maintenir ses accords de coopération avec le Paraguay ».

Le Département d'État américain a affirmé suivre les développements de près et appelé les Paraguayens à « agir de façon pacifique et dans le calme et en accord avec les principes démocratiques du Paraguay ».


Manifestation de masse devant le parlement paraguayen à Asuncion, le 22 juin 2012 (Cubadebate)

Notes

1. L'UNASUR a été fondée en 2008 et est composée de 12 pays de l'Amérique latine : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l'Uruguay et le Venezuela. Le Mexique et le Panama y détiennent un statut d'observateurs. L'UNASUR favorise le développement et l'intégration des secteurs politiques, sociaux, culturels, économiques, financiers, environnementaux et infrastructurels des pays membres.

2. MERCOSUR est composé de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay.

Haut de page


Mexique

Élections 2012: le peuple veut le changement


«La patrie ne se vend pas,
elle se défend.»

Le 1er juillet se tiendront des élections présidentielles et législatives au Mexique. À cette occasion le peuple mexicain devra élire un nouveau président, de même que 120 sénateurs et 500 députés. Au total quatre candidats se disputent la présidence. Il s'agit de Enrique Peña Nieto, représentant « Engagement pour le Mexique » qui regroupe le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et le Parti vert, Andrés Manuel López Obrador (AMLO) du Mouvement progressiste constitué de l'alliance du Parti de la révolution démocratique (PRD), du Parti du travail (PT) et du Mouvement des citoyens (MC), Josefina Vásquez Mota, du Parti action nationale (PAN), actuel Parti à la présidence, et Gabriel Quadri de la Torre, de Nouvelle alliance.

Dans ces élections, l'élite politique et économique tente de donner vie à son système de bipartisme en présentant comme un fait établi que son candidat vedette Enrique Peña Nieto, du PRI, sera le prochain président du Mexique. Rappelons que le PRI a gouverné seul ce pays pour le compte de l'oligarchie mexicaine pendant 71 ans. Il y a douze ans ce parti a dû abandonner le pouvoir au PAN, résultat des pressions des impérialistes étasuniens qui ont déclaré que la « démocratisation » du système politique mexicain était dorénavant incontournable. Le peuple mexicain l'a chassé du pouvoir en 2000, en raison de son accointance avec les impérialistes étasuniens visant entre autres l'intégration économique et politique avec ces derniers, sa répression brutale du mouvement ouvrier, paysan, social et étudiant pendant des décennies, pour avoir privatisé une grande partie de l'économie et paupérisé les travailleurs. C'est à ce moment là que la bourgeoisie a manoeuvré pour faire élire Vicente Fox du PAN, le présentant comme le changement et la garantie d'un non retour à l'autoritarisme du PRI. En fait ce que cherchaient à créer les impérialistes était l'établissement d'un système de bipartisme qui leur permettrait de favoriser le diktat les monopoles en utilisant une monnaie à deux faces style américain.


«Dehors les paramilitaires!» Des résidents du Chiapas
opposés à la présence de  groupes paramilitaires amés par
les États-Unis, qui servent à la répression violente de l'État
contre le peuple prétendument pour la lutte contre
le trafic de la drogue.

C'est ainsi que le PAN, parti ultra conservateur, dont le fondateur était un fervent défenseur des thèses fascistes dans les années trente, a accédé au pouvoir en 2000 et s'y est maintenu par force de répression, de corruption et de fraude pour les douze dernières années. Mais après douze années de poursuite des mêmes politiques que le PRI, au cours desquelles le PAN a réalisé l'agenda des impérialistes étasuniens favorisant les grands monopoles, accentuant la privatisation et la libéralisation du commerce, comme avec l'Alliance pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord, après avoir créé un climat de violence, de peur et de répression avec sa guerre contre les narcotrafiquants, causant ainsi des dizaines de milliers de morts et d'assassinats dans tout le pays, son discrédit est tellement grand parmi le peuple mexicain que la bourgeoisie a décidé que le moment était venu d'effectuer un retour au pouvoir du PRI, présentant maintenant ce dernier comme le représentant du renouveau.

Pour les travailleurs, paysans, étudiants et toutes les sections du peuple mexicain, ces élections sont l'occasion de franchir une étape importante dans la lutte pour créer un changement qui ouvre la porte à l'établissement d'une société humaine. Le désir est donc très grand de ne pas permettre l'établissement d'un système de bipartisme en empêchant la prise du pouvoir par le PRI ou le PAN. Dans ce sens des millions de travailleurs, paysans, femmes et étudiants se sont joints à AMLO pour créer le Mouvement régénération national (MORENA). Ce mouvement présente un nouveau projet d'édification nationale reposant sur la souveraineté citoyenne, économique, énergétique et alimentaire. Un projet qui vise à mettre fin à la domination étrangère sur l'économie et la politique du pays et au vol des ressources énergétiques et qui rejette la collaboration militaire avec les impérialistes étasuniens. C'est ce mouvement, avec AMLO à sa tête, qui a été choisi par les partis de gauche pour être le candidat progressiste à la présidence du pays dans ces élections.


Une assembéle «Yo Soy 132»

En 2006, lors des dernières élections, AMLO, qui en pratique avait gagné l'élection à la présidence, fut empêché d'accéder au pouvoir en raison d'une fraude orchestrée par l'élite économique et politique de la bourgeoisie qui donna le pouvoir à Filipe Calderon du PAN. Suite à cela, AMLO a, pendant les six dernières années, parcouru toute la République mexicaine en visitant chacune des municipalités sans exception et s'attelant à y construire les bases du mouvement MORENA. Durant ces six années le candidat présidentiel López Obrador a défendu vigoureusement la souveraineté énergétique, s'est opposé vigoureusement à la privatisation de l'entreprise d'État pétrolière Pemex et à celle de la compagnie d'électricité fédéral, appuyant ainsi la production nationale de gazoline, des produits raffinés et encourageant la souveraineté alimentaire, d'un pays qui est passé d'exportateur dans le secteur agricole à importateur net de grains et de divers autres aliments. L'aspect le plus important est qu'AMLO a rejeté toute coopération militaire avec les États-Unis dans un moment où les interventions militaires étasuniennes atteignent des proportions alarmantes. C'est ainsi que malgré une persistante campagne de dénigrement contre AMLO, ce dernier participe à ces élections avec un impressionnant appui de plusieurs millions de Mexicains à travers tout le pays et a maintenant la possibilité de remporter les élections du 1er juillet.

En dépit de cela, l'oligarchie suit une tactique qui consiste à utiliser des sondages biaisés pour affirmer que le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto, est très en avance dans les préférences et qu'il faudrait un miracle pour qu'il ne soit pas élu, et cela tout en plaçant AMLO toujours en troisième place derrière la candidate du PAN. À ce stade de la campagne électorale, il apparaît très clairement que les deux grands finalistes sont AMLO et Peña Nieto malgré la complète iniquité dans le financement de l'Institut fédéral électoral qui a accordé beaucoup plus de ressources au Mouvement progressiste du PRI qu'à l'alliance du Parti de la révolution démocratique (PRD), du Parti du travail (PT) et du Mouvement citoyen (MC) que représente Lopez Obrador. Ainsi, des 44 millions de spots publicitaires officiels, la grande majorité ont été attribués au PRI et au PAN et cela est sans compter les analystes et annonceurs de nouvelles télévisées qui font activement champagne en faveur de Peña Nieto contre Lopez Obrador.

Malgré tout cela, Andrés Manuel López Obrador est tellement fort que depuis le début du mois de juin la bourgeoisie et ses alliés sont pris de panique à l'idée de perdre le pouvoir et ont commencé une intense guerre sale de dénigrement contre lui. Voyant que cela ne fonctionne pas, ils ont même fait entrer en scène l'ancien président Vicente Fox du PAN, pour qu'il appelle à voter pour le candidat du PRI ! Cela ne suffisant pas, alors le président actuel, Filipe Calderon du PAN, a enfreint la traditionnelle neutralité du président en fonction en période électorale et a fait deux sorties pour appeler à tout faire pour ne pas permettre que gagne López Obrador du mouvement progressiste.

Le 11 mai dernier marque un moment très important dans la présente campagne électorale avec l'entrée en scène de la jeunesse mexicaine dans la campagne électorale. En effet cette journée là le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto, s'est vu fortement répudié par les étudiants de l'université Iberoaméricaine venus manifester contre les actes de répression criminelle du candidat du PRI envers la population de la ville de Atenco en 2006. Lors de cette répression, la police envoyée par Peña Nieto, alors gouverneur de l'État de Mexico, a assassiné deux jeunes, violé 26 femmes et emprisonné des centaines de personnes qui s'opposaient à la destruction de leur ville pour la construction d'un aéroport. À partir de ce jour de la campagne électorale, la jeunesse mexicaine est entrée en action formant son mouvement appelé Yo Soy 132 (je suis le 132)[1]. Dans une assemblée à laquelle ont participé des étudiants de 54 universités publiques et privées, ces derniers ont adopté des résolutions exigeant entre autres choses des procès politiques contre le président actuel, Filipe Calderón, contre Enrique Peña Nieto et contre la très corrompue leader du syndicat national de l'éducation, Elbe Esther Gordillo fondatrice du Parti Nouvelle Alliance.

Au cours des récentes semaines, la jeunesse a joué un rôle très positif à travers tout le pays en exigeant l'équité dans les médias de communication et opposant avec beaucoup d'énergie la désinformation de Televisa, principale chaîne mexicaine de télévision privée. Rejetant avec force le parti pris ouvert de Televisa pour le candidat du PRI, Peña Nieto, les jeunes ont organisé des marches dans plusieurs villes du pays et un débat indépendant des candidats, réunissant des centaines de milliers de jeunes. De plus ils se sont inscrits par milliers comme observateurs électoraux afin de contribuer à démasquer les fraudes que tous savent être déjà planifiées par les partis des riches.

Fort de l'expérience de 2006, les forces progressistes, aidées de la jeunesse, mettent à jour très rapidement les activités frauduleuses des partis de la bourgeoisie pour acheter les votes ou manipuler les listes électorales dans toutes les circonscriptions du Mexique. Ainsi alors qu'il ne reste que quelques jours avant le vote, une plainte a été déposée au bureau du procureur général de la République contre le candidat du PRI, Peña Nieto, pour utilisation illégale de fonds provenant de l'étranger dans sa campagne électorale. Le stratagème voudrait que son organisation ait déposé une somme de 54 millions de dollars dans une banque américaine et que les organisateurs de ce parti aient à leur disposition des cartes de crédits leur permettant de sortir l'argent nécessaire pour acheter les votes par milliers. Or, le chat est sorti du sac lorsqu'un propriétaire d'une entreprise de communication américaine est venu réclamer les millions promis par le PRI dans un contrat signé avec lui valant justement 54 millions de dollars. Dans le même temps plusieurs membres de la mafia, des narcotrafiquants et fraudeurs économiques amis proches du candidat du PRI, se retrouvent en ce moment devant la justice.

D'autre part apparaissent des indications très claires que de nouveau se prépare une fraude électorale. En effet, dans diverses régions du pays sont apparus des bulletins d'inscription en double dans les listes de l'Institut fédéral électoral (IFE), de sorte à faire croître la quantité d'électeurs de la campagne de sept fois celle des villes, alors que la migration de la population de la campagne vers les villes est exactement à l'inverse. Cela est sans compter l'achat éhonté des votes et la propagande mensongère et calomnieuse que ne freine pas l'IFE. D'ailleurs, ce dernier ne fait que jurer à qui mieux-mieux qu'il n'y aura pas de fraude cette fois-ci, s'entêtant à exiger des candidats l'acceptation, sans condition ni appel, des résultats tels que déterminés par l'IFE le jour des élections.

Malgré tout cela, le peuple mexicain et sa jeunesse en particulier ne se laisse pas décourager et accentue ses actions à travers le pays afin d'assurer la victoire des forces progressistes. De plus le mouvement de la jeunesse « Yo Soy 132 » a pris l'engagement que peu importe les résultats du 1er juillet, elle allait poursuivre son action politique intense pour que se réalisent les changements démocratiques à la faveur de tout le peuple mexicain.

Notons que pour cette élection du 1er juillet plus de 3 500 000 jeunes entre 18 et 19 ans voteront pour la première fois à une élection présidentielle. Plus de la moitié des citoyens ayant droit de vote le 1er juillet ont entre 18 et 39 ans, représentant plus de 43 millions de personnes sur un total de 79 500 000 d'électeurs inscrits, soit 55 % de la population votante.

Note

1. « Yo Soy 132 » est un mouvement de jeunes qui a été formé à la suite des accusations du candidat du PRI Enrique Peña Nieto qui affirmait que les étudiants venus l'accueillir à l'Université iberoamericaine qui critiquaient son parti au son de slogans comme « Hors d'ici ! » lors de son passage le 11 mai n'étaient pas de véritables étudiants de l'université mais des sympathisants du mouvement progressiste d'AMLO. Les étudiants ont rejeté cette basse accusation et 131 d'entre eux sont apparus sur une vidée montrant leur carte étudiante comme preuve d'inscription en comptant : « je suis le numéro 1 », « je suis le numéro 2 », « je suis le numéro 3 »... jusqu'à 131 pour ensuite demander qui est le 132. Le jour même des dizaines de milliers de jeunes se réclamaient le 132e sur twitter (« Yo soy 132 ») et le mouvement s'est développé jusqu'à inclure maintenant des centaines de milliers d'étudiants et de jeunes travailleurs.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca