Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 74 - 17 juin 2012

Discussion sur la crise en Europe

Annexion des États-nations à
une Union des monopoles européens

La politisation d'intérêts monopolistes privés en Europe avec
l'expansion du pouvoir exécutif continental


Manifestation à Madrid le 29 avril 2012. Partout en Europe les peuples disent NON! aux mesures d’austérité
.

L'Europe est en proie à des crises économiques successives depuis 2008. Toutes les solutions appliquées par l'oligarchie dominante n'ont fait qu'aggraver la situation. L'objectif des monopoles dominants, qui contrôlent des composantes rivales de l'économie, de protéger et étendre leurs empires privés, est en contradiction avec le caractère socialisé de l'économie moderne. Les monopoles privés se servent de ces débâcles en cascade pour avancer leur ambition d'une Europe sous leur domination. L'atteinte de leur objectif passe par l'abolition des États-nations européens, qu'ils considèrent comme appartenant à une autre époque, avant l'émergence des monopoles mondialisés et le besoin d'un pouvoir exécutif direct entre leurs mains.


Le 30 novembre
à Newcastle en Angleterre

Pour les Canadiens, les difficultés que vivent les peuples de Grèce, d'Irlande, du Portugal, d'Espagne et d'ailleurs en Europe ramènent encore une fois la nécessité que la classe ouvrière prenne les devants. Les représentants des propriétaires du capital monopoliste sont réduits à l'incohérence face aux problèmes de leur économie respective. Même avec une énorme capacité de production moderne, l'élite dominante ne peut garantir un moyen de subsistance, la sécurité et les droits qui appartiennent à chacun du fait qu'il est un être humain. L'économie moderne possède un potentiel plus que suffisant pour satisfaire les besoins des populations mais ce potentiel est gaspillé sous la dictature des monopoles. Les propriétaires et administrateurs des monopoles sont incapables d'utiliser l'énorme capacité de l'économie socialisée. Leurs objectifs étroits et leur propriété et contrôle privés de composantes rivales de l'économie sont en contradiction avec la réalité socialisée de la production et de la distribution modernes et avec la nécessité que l'économie soit sous le contrôle des véritables producteurs.

L'assaut du capital monopoliste en Europe se frappe à la volonté de la classe ouvrière et des peuples à résoudre la crise en leur faveur. Ils cherchent à avoir un impact mais sont confrontés au problème que les travailleurs sont privés de leurs propres pensée, points de vue, conception du monde et politique et programme indépendants pour s'attaquer aux problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels de l'ère moderne. Les travailleurs canadiens et ceux de tous les pays d'Europe font face à la nécessité historique d'intervenir dans la vie telle qu'elle se présente avec leurs propres pensée, points de vue, conception du monde et politique et programme indépendants. C'est la plus grande leçon à tirer de l'évolution dramatique des événements en Europe, car les Canadiens souhaitent que les peuples d'Europe parviennent à tracer leur voie vers une situation nouvelle.


«Ils ne passeront pas!», disent des manifestants à Athènes le 22 mai 2012. Le slogan est en espagnol et était celui des combattants antifascistes pendant la Guerre civile d’Espagne.

La zone euro


Le premier mai 2012 à Lisbonne au Portugal: «Non à l’exploitation et à l’appauvrissement!»

La classe ouvrière de chaque nation refuse d'être reléguée au statut de spectateur sans ses propres objectifs et la force de défendre ses intérêts et ceux de sa société. Les oligarques dominants, de concert avec les médias sous contrôle monopoliste, présentent le débat comme opposant une Union des monopoles européens aux États-nations gouvernés par des partis politiques coupés du peuple, dans lesquels et entre lesquels sont attisées les tensions raciales, ethniques, religieuses, nationalistes et autres. L'oligarchie dominante de l'Europe joue les deux parties pour priver la classe ouvrière de la possibilité de trouver son orientation et de s'unir derrière son propre programme pour devenir elle-même la nation, investir le peuple du pouvoir souverain et défendre les droits de tous.

Les crises ont frappé les différents États-nations d'Europe à des degrés différents, un peu comme au Canada et dans les autres grands pays capitalistes où le développement économique régional inégal et les récessions sont des phénomènes permanents.

L'Union européenne de 27 pays fut établie formellement avec l'adoption du Traité de Maastricht de 1993. La zone euro est une union économique et monétaire de 17 pays de l'Union européenne.[1]


À Dublin en Irlande le 26 novembre 2011

Le contrôle centralisé de l'économie des pays membres de la zone euro est déjà très prononcé. Le pouvoir exécutif est la norme. Les décisions ne sont pas discutées dans des institutions où le corps politique des pays membres n'a autre chose qu'une représentation nominale. Voici quelques-unes de ces institutions :

La zone euro : La zone euro est une union économique et monétaire de 17 pays membres de l'Union européenne ayant adopté l'euro comme monnaie commune et seule ayant cours légal.

La Banque centrale européenne : La politique monétaire de la zone euro est la responsabilité de la Banque centrale européenne (BCE) et celle-ci est gouvernée par un président et un conseil des gouverneurs réunissant les gouverneurs des banques centrales des pays membres.

Il n'y a pas de représentation commune ou de gouvernance commune des pays membres pour établir la politique fiscale. La politique monétaire de tous les pays de la zone euro est administrée par la BCE et l'Eurosystème, qui est constitué de la BCE et des banques centrales des pays qui font partie de la zone euro. Les pays qui restent à l'extérieur de la zone euro ne sont pas représentés dans ces institutions. Par contre, tous les pays de l'Union européenne, comme le Royaume-Uni par exemple, font partie du Système européen de banques centrales (SEBC).

La BCE est autorisée à imprimer et à émettre des billets d'euro et à établir leur volume. Son président actuel est Mario Draghi.[2]

La zone euro a établi des dispositions lui permettant de procurer des prêts d'urgence aux pays membres en échange de l'application de réformes économiques antisociales semblables à celles du Fonds monétaire international. Elle a également établi certains éléments de l'intégration fiscale, comme le contrôle par les pairs des budgets nationaux, comme préparation matérielle à la formation d'une Union des monopoles européens.

La zone euro est représentée par ses ministres des finances, qui forment l'Eurogroupe, et est supervisée par un président, actuellement Jean-Claude Juncker, le premier ministre du Luxembourg et ancien gouverneur de la Banque mondiale.


Le 22 mars 2012 à Strasbourg en France

Depuis le début de la présente succession de crises économiques mondiales, en 2008, l'Eurogroupe s'est réuni de façon irrégulière mais avec la participation des chefs d'État et de gouvernements plutôt que les seuls ministres des finances. C'est dans ce forum, le Sommet euro, qu'ont été adoptées bon nombre de réformes de la zone euro.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a proposé que la zone euro constitue un bloc au sein du système impérialiste d'États et de ses organisations comme le Fonds monétaire international, plutôt que de laisser chaque pays membre se représenter individuellement. Juncker a dit publiquement : « Il est absurde que ces pays [de la zone euro] ne s'entendent pas pour avoir une représentation unique au FMI. Cela nous rend absolument ridicules. On nous voit comme des bouffons sur la scène internationale. »*

Joaquin Almunia d'Espagne a déclaré que pour qu'il y ait représentation commune de la zone euro, les pays membres doivent s'entendre sur des objectifs politiques communs. M. Almunia est commissaire à la Concurrence. Le poste comporte une responsabilité sur des questions comme la concurrence commerciale, les fusions, les cartels, l'aide gouvernementale et les lois antitrust. Le poste est devenu la seule autorité en matière de fusion pour l'Espace économique européen en septembre 1990. Le commissaire à la Concurrence est un des postes les plus influents de l'Union européenne et a une influence notable sur les entreprises mondialisées.[3]

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) : Le FESF est un instrument financé par les pays membres de la zone euro pour s'attaquer spécifiquement à la crise de la dette. Il procure une aide financière aux pays de la zone euro aux prises avec des difficultés économiques. Le FESF est autorisé à emprunter jusqu'à 400 milliards d'euros et, suite au sauvetage de l'Irlande et du Portugal, il lui reste 250 milliards à emprunter. Un mécanisme temporaire du FESF a été créé en 2010 comme entité séparée pouvant emprunter jusqu'à 60 milliards d'euros.

Les euro-obligations (ou obligations de stabilité) : Ces obligations qui font présentement l'objet de discussions intenses au sein de l'oligarchie dominante sont pour elle un moyen d'accroître le contrôle des finances des pays souverains membres de la zone euro. Avec les euro-obligations, un investisseur prête une certaine somme d'argent pour une certaine période de temps à un certain taux d'intérêt au bloc de la zone euro pris comme un tout qui, lui, retransmet l'argent aux gouvernements des pays membres.

Parlant des « obligations de stabilité », le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a insisté pour dire que tout programme de cette nature devra s'accompagner d'une surveillance suivie de la politique fiscale et d'une nécessaire coordination des politiques économiques « pour éviter un déboire moral et assurer la viabilité des finances publiques ». Avec ce projet, qui semble maintenant avoir l'approbation de la chancelière allemande Angela Merkel, si cela accompagne le mouvement vers l'intégration européenne, les gouvernements de la zone euro devront soumettre les ébauches de budgets nationaux pour l'année suivante à la Commission européenne. La Commission serait alors en mesure de demander au gouvernement de réviser son budget si elle croit qu'il n'atteindra pas ses objectifs de réduction de dette et de déficit suivant les critères de convergence euro.


Les Londoniens manifestent le 30 novembre 2011 contre les mises à pied dans le  secteur public,
les coupures de services publics et les attaques contre les salaires et avantages sociaux.

Les points de vue opposés de l'oligarchie
dominante dans ses propres mots

L'oligarchie dominante est déterminée à empêcher la classe ouvrière de chaque État-nation de développer sa pensée, ses opinions, sa politique et son ordre du jour. C'est dans ce sens que l'élite dirigeante a créé un point de vue pour et un point de vue contre en ce qui concerne l'Europe des monopoles et toutes les questions qui s'y rattachent. La classe ouvrière subit une grande pression pour qu'elle s'aligne soit derrière Frau « Austérité » la chancelière allemande, soit derrière Monsieur « Croissance », le président de la France ; elle est censée adopter ou bien une position en appui à l'intégration sous la dictature des monopoles les plus puissants, ou bien une position opposée basée sur la division de la classe ouvrière d'Europe en entités hostiles sous le contrôle du capital monopoliste, lequel utilise le chauvinisme national et les différences raciales, religieuses, culturelles, linguistiques, ethniques et toute autre différence qu'il peut inventer, y compris les événements sportifs comme la coupe européenne de soccer où le hooliganisme instigué par l'État reçoit pleine publicité.

La classe ouvrière doit s'opposer à l'oligarchie dominante avec le courage de ses convictions et de sa pensée et formuler ses propres opinions, sa propre politique et son propre du jour pour ouvrir la voie au progrès et résoudre les problèmes qui assaillent l'État-nation dans chaque pays et les problèmes auxquels l'Europe et l'humanité entière font face.

La position du journal allemand Suddeutsche Zeitung sur
la crise économique et la souveraineté : « Le prix de l'Euro :
l'argent de l'Allemagne et l'indépendance de la France », le 6 juin 2012


Le 29 février 2012 en Allemagne. «De bons
emplois pour l’Europe! Solidarité contre la crise!»

« Pour rescaper l'euro et l'initiative historique d'unité européenne, il faut que les deux États les plus puissants du continent mettent en jeu leurs deux plus grands atouts : l'Allemagne doit partager son argent et la France sa souveraineté. Si l'Europe doit émettre des obligations fédérales comme le font les États-Unis, elle devra devenir une vraie fédération. Pour que cela se produise, il faudra que la France accepte de sacrifier sa souveraineté beaucoup plus qu'elle ne l'a fait. Dans le monde de demain, la quête de grandeur ne peut pas se faire dans les confins d'un État nation mais ne peut se réaliser qu'à l'échelle de l'Europe, on ne peut pas y échapper. » (Le Suddeutsche Zeitung est le plus grand quotidien national allemand par abonnement.)

Le débat sur l'euro et la création formelle d'une Union des monopoles européens est dominé par des fascistes qui se disent pour ou contre et ceux qui se disent essentiellement indifférents. Ce qui manque, c'est l'opinion alternative de la classe ouvrière luttant pour une solution prosociale aux problèmes économiques et politiques de l'Europe et de ses États-Nations.

« Sarrazin lance une croisade contre l'euro », le 23 mai 2012

Le Frankfurter Rundschau tel que cité par Presseurop :

« Une fois de plus, Thilo Sarrazin, l'auteur d'un livre à grand tirage et hautement controversé sur l'immigration en Allemagne, a choqué les lecteurs par le ton "nationaliste hideux" de son nouveau livre Europa braucht den Euro nicht ("L'Europe n'a pas besoin de l'euro").

« "Ce livre est une litanie de faux arguments", écrit le Frankfurther Rundschau. Le quotidien allemand note que Sarrazin, qui a travaillé au FMI, au ministère des Finances de l'Allemagne et à la Bundesbank, devrait pourtant connaître son sujet mais il "n'en traite pas " — Sarrasin invente une opposition entre une Europe du Nord qui fonctionne réellement et une Europe du Sud chaotique, une opposition entre les travailleurs et les fainéants, entre les blancs et les gens à peau foncée. Il appelle les pays qu'il dit agir de façon irresponsable des États "Club Med". Où place-t-il la France dans tout ça ? Parmi les Club Meds ! [..] En tant qu'adversaire de l'euro, il met de l'avant une théorie qui explique pourquoi l'Allemagne a été pro-Europe jusqu'à maintenant : l'enthousiasme persistant des Allemands pour l'Europe serait le legs "de la culpabilité morale provenant de l'ère nazie". Ce livre n'est qu'un tissu de mensonges. [...] C'est à souhaiter qu'il va rester sur les étagères des libraires !

« Les plaintes des social-démocrates secouent
l'Allemagne ? », Presseurop, le 27 août 2010

« "Pour que l'Allemagne ne s'enfonce pas encore plus dans la stupidité", écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Le journal s'est joint à la controverse autour d'un livre de l'ex-chef des finances de la ville de Berlin, le social-démocrate Thilo Sarrazin, 'Deutschland schafft sich ab'("l'Allemagne est en train de s'auto-détruire"). Sarrazin, qui est présentement directeur à la Banque fédérale d'Allemagne, y accuse entre autres les immigrants musulmans qui ne manifestent pas "de désir de s'intégrer à la société" alors qu'ils "coûtent trop cher à l'État", écrit le FAZ. Le journal s'en prend aux réactions indignées anti-Sarrazin de plusieurs dirigeants politiques — dont la chancelière Angela Merkel — et dénonce l'hypocrisie de ceux qui ne veulent pas voir "les problèmes que cause l'immigration". Le quotidien de Francfort rappelle à ses lecteurs que "la majorité des Allemands partagent ces opinions". »


À Charleroi en France le 29 février 2012

« En route vers les États-Unis d'Europe », The Guardian, le 5 juin 2012

« Si l'Allemagne doit payer pour la crise de la zone euro, le prix à payer doit être l'union fiscale et politique. Les plans de cette union sont déjà en train d'être tracés à l'aube de ce qui va être un important sommet de l'UE les 28- 29 juin.

« On voit là la vitesse avec laquelle la politique de la crise de l'euro est en train de changer. Jusqu'à il y a à peine quelques jours, toute l'attention était concentrée sur le nouveau président de la France, François Hollande, qui, à peine intronisé à Paris en tant que Monsieur Croissance, est allé rencontrer la Frau l'Austérité européenne, la chancelière Angela Merkel.

« "Nous avons besoin de solutions nouvelles. Nous devons tout réexaminer", a dit Hollande, laissant entendre qu'il va forcer Merkel à mettre son pince-nez et considérer des choses dont l'odeur déplait à Berlin, en premier lieu les obligations euro, ce qui veut dire que l'Allemagne serait appelée à résoudre la crise d'un trait de plume en prenant sur elle la responsabilité de la dette de l'Espagne, de la Grèce, de l'Italie et de tous les autres. Difficile à imaginer !

« Dès samedi, le match croissance versus austérité perdait des plumes alors que Merkel mettait Hollande sur la sellette.

« C'était à elle de déclarer qu'il ne doit y avoir aucun tabou dans la façon de s'attaquer aux choix difficiles auxquels les dirigeants européens font face alors qu'ils attendent de voir ce qui va se passer en Grèce et en Espagne et préparent leurs prochaines actions au sommet de la fin du mois qui promet d'être très important.

« Merkel a paru vouloir le prendre à son jeu, non seulement Hollande mais de la France elle-même. En disant qu'il ne devrait y avoir aucune censure des options qui existent pour aborder les problèmes de la zone euro, elle voulait dire que des mesures radicales devraient être mises en oeuvre, des gestes fédéralistes qui engagent une perte graduelle de souveraineté nationale en matière de politique budgétaire, fiscale, sociale et en matière de pensions et de marché du travail et qui visent à forger une nouvelle union politique européenne d'ici 5 ou 10 ans.

« Les EUE (les États-Unis de l'Europe), font leur retour. À tout le moins dans la zone euro. Cette "union politique" qui abandonne des pouvoirs fondamentaux aux quartiers généraux de l'UE à Bruxelles, au Luxembourg et à Strasbourg, a toujours été jugée excessive par la France. Cependant, en cette troisième année de chaos, les choix qui s'offrent aux dirigeants européens deviennent de plus en plus dramatiques — la mort de l'euro ou la naissance d'une nouvelle fédération européenne. »

« Le plan secret pour une Europe nouvelle »

Presseurop résume ainsi un article du numéro du 10 juin de Die Welt:

« Die Welt en révèle plus long sur le programme que les institutions européennes sont en train de préparer. Selon les sources du quotidien berlinois, le président du Conseil européen Herman van Rompuy, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président du Groupe Euro Jean-Claude Juncker travaillent à une proposition qui pourrait être soumise à la discussion à la réunion du Conseil européen les 28 et 29 juin. Le plan aura quatre thèmes principaux — les réformes structurelles, l'union bancaire, l'union fiscale et l'union politique.[...] Si les 27 dirigeants réussissent à en arriver à un accord, il en sortira une Europe entièrement nouvelle. »

Les crises économiques s'intensifient en Europe


Manifestation au Carré Syntagma à Athènes près du Parlement grec le 12 février. Le Carré a été le centre des manifestations du peuple grec contre les mesures d’austérité depuis plus de deux ans et demi.

Plusieurs des pays membres de la zone euro vivent un effondrement qui ne s'est pas vu depuis les années 1930. Les peuples de Grèce, d'Espagne, du Portugal, d'Irlande et d'Italie font face à des taux de chômage extrêmement élevés, à l'insécurité, à des attaques racistes et fascistes et à d'énormes coupures dans les programmes sociaux et les services publics. Même la classe ouvrière allemande, qui pendant plusieurs années a été la plus forte dans la résistance aux attaques à son bien-être, a connu d'année en année la détérioration de ses salaires, avantages sociaux et pensions et conditions de travail. D'ailleurs les crises actuelles sont présentées par les médias et l'oligarchie dominante comme « une occasion de briser la classe ouvrière d'Allemagne, d'Italie et de France » et d'abaisser ses niveaux de salaires, d'avantages sociaux, de pensions et de conditions de travail à celui des plus petits États, surtout ceux du sud.

Pour vaincre le prolétariat industriel européen, les monopoles les plus puissants cherchent à établir leur dictature suprême dans une Europe où ils auront un pouvoir sans restriction, nationale ou autre. Selon l'élite dirigeante, les crises économiques sont devenues une occasion d'accélérer la réorganisation antisociale de l'Europe en une Union des monopoles européens reposant sur le droit de monopole absolu et la violation des droits du peuple. « Les pays membres, a déclaré Angela Merkel, doivent graduellement confier le pouvoir aux quartiers généraux de l'UE dans un effort pour prévenir de telles crises dans l'avenir. »


Des actions antifascistes ont été organisées dans toute
la Grèce le 8 juin 2012 contre le parti politique d’extrême
droite Aube dorée après qu’un des représentants
ait assailli une adversaire politique lors
d’une émission de télévision

Merkel demande aux États-nations d'Europe de donner plus de pouvoir aux autorités centrales et de s'engager « étape par étape » dans une « union politique ». Le premier ministre du Canada Stephen Harper, qui préside à l'annexion du Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, s'est dit en accord avec Merkel lors d'une entrevue à la CBC : « Je pense qu'un examen sérieux des faiblesses de la structure euro s'impose. Les institutions centrales de l'euro, que ce soit en matière de politique fiscale, monétaire ou de réglementation financière, ne sont pas aussi fortes que le sont celles où la monnaie est appuyée par un gouvernement national. Il n'a pas été jugé nécessaire pour diverses raisons d'assurer cet appui lorsque l'euro a été introduit. Dans cette situation de crise cependant, ils doivent faire un plus grand travail d'intégration qu'ils ne l'ont fait précédemment pour soutenir l'euro. »

La crise est attribuée à un manque d'autorité exécutive centrale qui peut prendre les décisions qui s'imposent pour redresser la barre du navire européen et aux États-nations qui, en tant qu'États échoués, sont incapables de réformer leurs économies pour satisfaire les monopoles européens. On présente la crise économique sous un angle qui est censé justifier la conclusion non fondée qu'on doit établir une dictature des monopoles à l'échelle de l'Europe, que les États-nations actuels doivent être détruits et intégrés économiquement et politiquement à une union européenne contrôlée par les monopoles les plus puissants.

Les monopoles ne remettent jamais en question et ne considèrent même pas le fait que les monopoles privés et leurs propriétaires sont prisonniers de leurs propres conceptions étroites, sinon la question de la « dette » ne deviendrait jamais l'enjeu principal au point d'en devenir une obsession ridicule et totalement incohérente. La dette n'est pas un problème, la dette c'est seulement le mouvement de l'argent au service des intérêts privés. La dette n'a jamais rien construit ou produit, seule la classe ouvrière peut produire les biens ou dispenser les services en transformant les richesses de la Terre Mère. La dette peut être éliminée par une simple décision et un règlement de ceux qui sont en position d'autorité. Le problème auquel on doit s'attaquer est celui de l'organisation de la production et de la distribution, sous le contrôle des producteurs véritables, pour satisfaire les besoins de la population et l'intérêt général de la société au sein d'une économie qui subvient à ses besoins et pratique le commerce sur la base de l'avantage réciproque. Le problème posé et à résoudre est de défendre les droits qui sont constamment menacés par le système mondial impérialiste d'États. C'est la classe ouvrière que l'histoire a chargée de résoudre ces problèmes.

L'objectif des monopoles de servir leurs intérêts privés est en contradiction avec l'intérêt public et empêche les autorités publiques de prendre quelque décision qui restreigne le droit de monopole afin de servir le droit et l'intérêt publics et le bien commun. L'objectif étroit des monopoles est en contradiction avec les demandes d'une économie moderne et d'un système politique moderne. L'économie de tous les États-nations est socialisée, mais la propriété et le contrôle en demeurent privés et sont de plus dans les mains des oligopoles industriels/financiers/commerciaux. C'est cela la contradiction, et la classe ouvrière doit la résoudre conformément aux conditions matérielles existantes, en mettant à contribution le facteur humain/conscience sociale.

Les propriétaires du capital monopoliste veulent étendre leur autorité politique pour mieux servir leurs intérêts privés, dépolitiser l'intérêt public et maintenir leur poigne de fer sur le pouvoir politique et sur l'économie socialisée qui est divisée en composantes privées, en concurrence entre elles. Avec leur pouvoir exécutif sur l'Europe (la situation est différente au Royaume-Uni et dans certains autres pays qui demeurent sous le contrôle de l'empire impérialiste américain), les monopoles les plus puissants s'apprêtent à affronter les travailleurs dans une bataille où ils cherchent à effacer complètement le contrat social de l'après-Deuxième Guerre mondiale et à affaiblir la résistance de la classe ouvrière afin de rivaliser avec les monopoles des États-Unis/Royaume-Uni et écraser et prendre le contrôle de la Russie, de la Chine, de l'Inde, du Brésil et de tous les pays et peuples d'Asie, d'Afrique et des Amériques, par tous les moyens, y compris la guerre.

À la classe ouvrière européenne revient la lourde responsabilité de combattre ce projet réactionnaire qui représente le droit de monopole. Elle ne doit pas hésiter à s'unir et à défendre ses intérêts et les droits de tous et à bloquer les monopoles sur la voie du fascisme qui mène à l'union européenne des monopoles. Elle doit développer son propre ordre du jour conformément aux conditions matérielles et ouvrir une voie vers l'avant pour l'humanité.

L'Espagne


Les Espagnols manifestent à Madrid le 13 mai 2011 pour marquer un an d’actions contre les mesures d’austérité. Près de 100 000 personnes ont manifesté dans toute l’Espagne dont 70 000 à Madrid.

Les statistiques du 1er juin sur l'Espagne montrent que le taux de chômage au pays est passé de 22,9 % au dernier trimestre de l'an dernier à 24,4 % au premier trimestre de cette année et s'approche du taux record de l'histoire du pays.

Plus de la moitié des travailleurs âgés de moins de 25 ans (52 %) n'ont pu trouver d'emploi pour se soutenir et soutenir leur famille.

« Ces statistiques sont terribles pour tout le monde, y compris le gouvernement », a dit le ministre des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo lors d'une entrevue téléphonique. « L'Espagne a été et est aux prises avec une crise aux vastes proportions. »

La classe ouvrière d'Espagne, les jeunes et les petites et moyennes entreprises ont été frappés très sévèrement par la crise économique et les coupures dans les programmes sociaux et services publics. Les propriétaires du capital ont retiré des milliards d'euros de l'économie par toutes sortes de subterfuges. Les lois du travail facilitent les mises à pied sans restriction, ce qui force les travailleurs à subvenir à leurs besoins dans les conditions où il n'y a pas d'autorité économique et politique qui assume sa responsabilité de fournir des emplois ou de garantir un moyen de subsistance aux chômeurs. Officiellement, le nombre des chômeurs au pays s'élève à près de 5,6 millions. Le taux de chômage en Espagne est plus que le double du taux moyen de 10,7 % dans la zone euro.


Le 29 février 2012 à Rioja en Espagne. «Non à la réforme du travail, à l’abaissement des salaires
et au nouveau traité de l’UE!»

Les statistiques économiques pour l'Espagne

PIB :
- 1,41 trillion $ (2010) (Le PIB du Canada en 2011 était de 1,758 trillion ).

PIB par secteur
- services (66,6 %)
- industrie (11,7 %)
- construction (10,0 %)
- agriculture (2,3 %)
- énergie (2,3 %)

Nombre de travailleurs ayant ou cherchant un emploi (2011) — 23,1 millions de travailleurs

Nombre des chômeurs : 5 636 400

Travailleurs par secteurs :
- services (70,7 %)
- industrie (14,1 %)
- construction (9,9 %)
- agriculture et pêcheries (4,5 %) énergie (0,7 %)[4]


À Madrid le 28 juillet 2011

Les agences de crédit contrôlées par les États-Unis ont lancé une attaque tout azimut contre l'Espagne et d'autres pays européens. Elles ont donné à la dette gouvernementale le statut de « dette pourrie », ce qui fait qu'il en coûte encore plus cher d'emprunter de l'argent.

Depuis qu'il est devenu premier ministre en décembre dernier, Mariano Rajoy a fait des coupures de budget drastiques et une réforme de marché du travail pour attaquer la classe ouvrière et mis en place un plan de sauvetage des banques privées. Le 8 juin, la zone euro a annoncé des mesures pour sauver les banques privées du pays par une injection de capital de 125 milliards $.

Les analystes disent avec cynisme que plus les entreprises espagnoles réduisent leur personnel et réussissent à négocier des conditions de salaire avantageuses pour elles avec les syndicats, plus elles deviennent concurrentielles. Cela convient parfaitement à la rhétorique de l'oligarchie dominante selon laquelle il faut tout faire pour rendre les monopoles plus concurrentiels en attaquant la classe ouvrière et que la croissance économique européenne « va reposer essentiellement sur les exportations car la demande intérieure continue d'être déprimée et que les ménages cherchent à payer les dettes qu'ils ont accumulées pendant l'éclosion du marché de logement qui a duré 10 ans ».

Le gouvernement Rajoy a annoncé qu'il va augmenter les taxes indirectes l'an prochain, ce qui va enlever un autre 8 milliards d'euros (10,6 $ milliards) aux individus en taxation régressive. La taxation individuelle régressive rend la vie des travailleurs plus difficile, surtout pour ceux qui n'ont pas d'emplois ou vivent d'un revenu fixe. Les taxes individuelles sont une façon pour les gouvernements de ne pas faire leurs réclamations auprès des entreprises privées et publiques à l'intérieur de l'économie socialisée. Les deniers publics amassés ne vont pas aux programmes et services sociaux, qui sont ravagés par les coupures, mais sont privatisés par des stratagèmes pour payer les riches. Sous le capitalisme moderne, la classe ouvrière paie pour maintenir le système qui l'exploite et l'opprime, un système qui ne peut jamais surmonter ses propres contradictions à moins d'une réforme radicale qui établit l'harmonie entre la propriété et le contrôle et le caractère socialisé de l'économie.

Les conditions des travailleurs espagnols en bref :

Près d'un Espagnol sur 4 est en chômage.

Un ministre du gouvernement parle d'une crise « aux vastes proportions ».

Selon l'Institut national de la statistique, 367 000 personnes ont perdu leur emploi dans les 3 premiers mois de l'année.

Cela signifie que plus de 5.6 millions d'Espagnols, soit 24,4 % de la main-d'oeuvre disponible, sont en chômage, ce qui s'approche du record de 1994.

Le ministre des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo a comparé l'Union européenne au Titanic et dit que la seule façon que les passagers peuvent être sauvés c'est de tous travailler ensemble à trouver une solution. Une affirmation assez étonnante quand on sait que les monopoles n'en ont que pour eux et exigent des conditions qui leur permettent de mieux concurrencer les autres monopoles. Comment une motivation aussi étroite que l'empire et la concurrence peut-elle permettre que tous travaillent ensemble. La rhétorique au sujet du Titanic permet à Garcia-Margallo de dire que pour résoudre la crise, l'Europe doit travailler unie au sein d'une union des monopoles où le pouvoir politique exécutif appartient à leurs représentants et où le peuple est privé de pouvoir et de droits, et sa lutte pour le pouvoir économique et politique est écrasée au lieu d'être encouragée matériellement et subjectivement pour qu'elle gagne en force.

Comment on présente la crise en Grèce
comme une crise d'endettement


Au Carré Syntagma devant l’édifice du Parlement à Athènes le 19 février 2012

En Grèce, l'oligarchie financière internationale endette les débiteurs pour repayer les créanciers tout en aggravant les crises économiques et les conditions de vie et de travail du peuple. La dette serait à la fois le problème et la solution du problème. L'incohérence économique et politique va si loin que sans une rupture radicale avec l'ancien et une nouvelle direction et un nouvel objectif pour l'économie, aucune solution n'est possible.

Avec l'introduction de l'euro en janvier 2001 et l'annexion de la Banque de Grèce par la Banque centrale européenne et l'Eurosystème, le peuple grec a perdu tout contrôle souverain de sa masse monétaire et de sa politique monétaire. L'Eurosystème est devenu l'autorité monétaire en Grèce et dans les autres pays de la zone euro. L'Eurosystème, qui est dominé et contrôlé par les monopoles privés européens les plus puissants, décide la politique monétaire des États membres. En perdant son contrôle souverain, la Grèce n'a plus voix au chapitre sur les prix des biens et plus aucun contrôle sur le secteur financier, notamment les banques, les sociétés d'assurance et les autres entreprises financières. L'intégration financière des États membres et de leurs institutions est l'objectif avoué de l'Eurosystème. Celui-ci définit et applique la politique monétaire de la zone euro, effectue les opérations de change avec l'étranger et détient et gère les réserves officielles de devises étrangères des États membres.

La Grèce a perdu le contrôle souverain de ses entreprises et de son système financier, de sa masse monétaire, de sa politique monétaire et de ses institutions financières qui sont tous passés sous le diktat légal direct du capital financier européen par le biais de l'Eurosystème. Il en a résulté des crises économiques en cascade et de plus en plus graves et aucun des problèmes du peuple n'a été résolu.

Ironiquement, l'un des seuls outils financiers qui demeurent dans les mains du gouvernement est l'émission d'obligations et c'est le peuple qui a le fardeau de les rembourser. C'est le capital financier qui a acheté ces obligations dès le début. Selon Wikipedia : « Au début de 2010, on a découvert que la Grèce avait payé à Goldman Sachs et à d'autres banques des centaines de millions de dollars de frais depuis 2001 pour la conclusion de transactions qui cachaient le niveau réel de l'emprunt. En dépit de la crise, l'adjudication des obligations du gouvernement grec en janvier 2010 offrait 8 milliards en obligations sur cinq ans mais le gouvernement s'en est fait commander quatre fois autant. Lors de l'adjudication suivante en mars dernier, le Financial Times écrivait : "Athènes a vendu pour 5 milliards d'obligations sur 10 ans, mais a reçu des commandes qui en représentent trois fois autant".. »


Le 5 juin 2011 à Athènes

Les obligations grecques qu'on considérait nécessaires pour payer la dette qui arrivait à échéance étaient en grande demande parce qu'elles offraient des taux d'intérêts supérieurs au moment où les occasions d'investissements en Europe étaient déprimées.

À la fin avril 2010, les agences américaines d'évaluation des obligations ont dévalué les obligations grecques au rang d'obligations pourries, ce qui selon Wikipedia « a entraîné le gel du marché en capital privé de sorte que les besoins financiers de la Grèce ont dû par la suite être couverts par des prêts de sauvetage internationaux afin d'éviter l'épuisement des entrées de fonds. En avril 2010, on estimait que près de 70 % des obligations émises par le gouvernement grec étaient tenues par des investisseurs étrangers (des banques). Les prêts de sauvetage qui ont été consentis par la suite ont essentiellement servi à rembourser les obligations arrivant à maturité. »

La cause de cette dette est relativement obscure. Lorsqu'on daigne une explication, on dit que la dette est apparue juste comme ça suite à de mauvaises politiques ou de la manipulation de la part de forces sur lesquelles le peuple grec n'a aucun contrôle. Voici un exemple de tentative d'explication qui se résume à peu près à dire qu'il « n'y a rien à expliquer ».

Le député grec Dimitris Papadimoulis :

« S'il y a un pays qui a profité des grandes dépenses que la Grèce fait dans le secteur de la défense c'est l'Allemagne. L'Allemagne exporte vers la Grèce près de 15 % de toutes ses exportations d'armes, c'est son plus gros marché en Europe. La Grèce a payé plus de 2 milliards pour des sous-marins qui avaient des défauts de fabrication et dont elle n'a même pas besoin. Elle doit encore 1 milliard sur cette transaction. C'est trois fois le montant des nouvelles coupures dans les pensions que la Grèce a dû faire pour recevoir le dernier montant d'aide de l'UE. »

Pendant ce temps, l'économie et le peuple grecs ont fait les frais d'un sérieux effondrement économique. Le PIB a baissé de 6,9 % l'an dernier. Sa production industrielle en termes désaisonnalisés de 2011 était inférieure de 28,4 % à celle de 2005. Plus de 111 000 compagnies grecques ont fait faillite uniquement en 2011, un nombre de 27 % supérieur à celui déjà catastrophique de 2010. En novembre 2011, le taux de chômage a atteint 19,9 % et a continué de grimper, atteignant 21,7 % en mars dernier et près de 50 % en ce qui concerne le chômage des jeunes.

Les données de l'Eurostat montrent que le pourcentage des Grecs qui vivent ce que l'agence statistique appelle « le risque de pauvreté ou d'exclusion sociale » a atteint le tiers de la population en 2011 et il grimpe rapidement.

Une pression énorme est exercée sur le peuple grec pour lui faire accepter le statu quo et le faire paniquer à l'effet que si jamais il affirme son droit souverain de contrôler son destin et ses affaires économiques et donne une nouvelle direction au pays, cela causera un « désastre » et une situation « intolérable » pour l'élite dirigeante européenne. Des membres de l'oligarchie financière font constamment des déclarations hystériques menaçant le peuple grec des pires conséquences s'il affirme son contrôle souverain de ses affaires.

Selon l'entreprise financière japonaise Nomura, la sortie de la Grèce de la zone euro causerait une dévaluation de 60 % de la nouvelle drachme. L'entreprise financière suisse UBS a averti que tout pays qui sort de la zone euro pourrait connaître « l'hyperinflation, les coups militaires et même la guerre civile ». Une « note confidentielle » écrite en février 2012 par l'Institut international de la finance et coulée subrepticement disait que l'Institut « favorise un défaut de paiement ordonné avec maintien de la Grèce dans la zone euro parce que le scénario opposé créerait des pertes de l'ordre d'au moins 1 trillion ». Évidemment, les « pertes » qui préoccupent les oligarques financiers sont celles qui affectent leurs intérêts privés. Cela ne les préoccupe pas qu'il faille résoudre les problèmes auxquels le peuple grec, sa société et ses institutions économiques et politiques font face et sortir des sentiers battus en ouvrant une voie prosociale qui ferait entrer la Grèce dans le XXIe siècle.


La police anti-émeute en action contre le peuple grec
pendant la grève générale contre les mesures
d’austérité le 28 juin 2011 à Athènes

La « solution » des oligarques est de continuer à contracter des dettes pour payer les dettes, de jouer avec l'argent pour payer les riches et protéger leurs empires de richesse et de privilèges de classe.

En octobre 2011, l'Eurogroupe dirigé par Jean-Claude Juncker a offert « un défaut de paiement ordonné combiné à 130 milliards en prêts de sauvetage, ce qui permettra à la Grèce de continuer d'être membre à part entière de l'Euro. L'offre d'un défaut de paiement ordonné et d'un prêt de sauvetage était cependant conditionnelle à ce que la Grèce approuve de nouvelles mesures d'austérité ».

Wikipedia écrit : « Le 9 mars 2012, on a annoncé que 85,8 % des détenteurs privés des obligations du gouvernement grec réglementés par la loi grecque (environ 152 milliards), ont accepté l'accord de réorganisation de la dette. Le montant total de la dette à être réorganisé était donc maintenant ... égal à 196,7 milliards sur une dette totale de 205,5 milliards. »

Durant la période précédant l'élection du 6 mai et celle du 17 juin, les médias monopolisés européens et des porte-parole influents de l'Union européenne ont menacé les Grecs des pires conséquences s'ils n'acceptent pas le plan de dette et d'austérité de l'Eurogroupe et décident plutôt de prendre une voie indépendante et de rejeter le cycle ininterrompu d'endettement des impérialistes qui ne résout aucun de leurs problèmes économiques et politiques. Les conséquences politiques de ce qui est appelé « faire le mauvais choix » n'ont pas été précisées, mais compte tenu de l'histoire récente du démembrement de la Yougoslavie par l'OTAN, des invasions de l'Afghanistan, du Pakistan et de la Libye et les menaces contre la Syrie et l'Iran, il est assuré qu'une action militaire est considérée dans les hauts lieux de l'Europe impérialiste.


Manifestation devant le ministère des Finances à Athènes le 14 juin  2012

Commentaires sur la crise en Grèce

En 2009, le montant des prêts des banques étrangères aux entités grecques — à la fois publiques et privées — dépassait largement les 200 milliards d'euros.

Après les opérations de sauvetage financier, le montant des prêts des banques étrangères a chuté de façon dramatique pour atteindre environ 80 milliards d'euros à la mi-février 2012.

« Le revirement des obligations des banques européennes vers les contribuables européens a été tout à fait massif : la dette publique de la Grèce envers les gouvernements étrangers, y compris la dette aux institutions financières de l'Union européenne/Fonds monétaire international ainsi que la dette encourue par le biais de l'eurosystème, a augmenté de 130 milliards, passant de 47,8 milliards à 180,5 milliards, entre janvier 2010 et septembre 2011. » (« Eurosystem debts, Greece, and the role of banknotes », Institut de gestion de l'Université de Lancaster, mars 2012)

« Le directeur de la London School of Economics et son observatoire hellénique font cette réflexion : "Les opérations de sauvetage de la crise d'endettement européenne viennent au secours de qui ? La question reste entière... Les banques grecques, essentielles pour la provision de nouveaux investissements nécessaires à une économie aux prises depuis six ans avec une récession continue, n'ont certes pas été "secourues"...et risquent une nationalisation à grande échelle... Les Athéniens pourraient très bien faire leur l'aphorisme "Méfiez-vous des Européens portant des cadeaux" en guise d'avertissement à leurs homologues à Lisbonne. » (Kevin Featherstone, le 23 mars 2012, "Are the European banks saving Greece or saving themselves ?")

« Bien que ce soit principalement des banques étrangères, représentées dans les divers pourparlers tenus par l'Institut de financement international, qui détenaient des obligations gouvernementales grecques qu'elles avaient achetées de façon irresponsable, au moment des négociations de février 2012, elles avaient vendu près de la moitié de leurs titres, en particulier à des fonds d'investissement spéculatif et autres investisseurs...

« En février, les fonds spéculatifs contrôlaient de 25 à 30 % des obligations grecques, et semblent ne pas vouloir participer à une réduction volontaire de l'endettement, ce qui rend toute entente difficile.

« Une coupe de 110 milliards sur des obligations privées est accompagnée d'une augmentation de 130 milliards de la dette de la Grèce envers des créanciers officiels. Une grande part de cette augmentation de la dette officielle de la Grèce sert à dépanner des créanciers privés : le refinancement de banques par le biais d'une manoeuvre qui maintient ces banques entre des mains privées et permet aux actionnaires de racheter toute injection de capital public avec des garanties substantielles...

« Les nouvelles obligations seront aussi sujettes aux lois britanniques, alors que les anciennes obligations relevaient de juridiction grecque. Ainsi, si la Grèce devait abandonner la zone euro, elle ne pourrait plus adopter des lois pour convertir la dette dominée par l'euro en une nouvelle dette basée sur la drachme. C'est un grand cadeau aux créanciers. » (« Greece's Private Creditors Are the Lucky Ones », Nouriel Rubini, le 7 mars 2012 )

« On estime que la Grèce a contracté pour 156 milliards de nouvelle dette pour effacer sa vieille dette de 206 milliards...Les contribuables sont maintenant responsables de plus de 80 % de la dette de la Grèce. » (« The Mystery Tour of Restructuring Greek Sovereign Debt. »

« C'est l'ombre de Wall Street qui se profile derrière les sauvetages et la réorganisation de la dette de la Grèce. Même si la Grèce ne doit qu'environ 5 milliards aux banques américaines, celles-ci sont exposées à travers les banques allemandes et françaises qui elles sont très exposées à la dette de la Grèce. En réduisant la responsabilité de la dette grecque des banques allemandes et françaises, on protège également les banques américaines. » (« Follow the Money : Behind Europe's Debt Crisis Lurks Another Giant Bailout of Wall Street. », Robert Reich, le 10 mai 2011.)


Le 5 juin 2011 à Athènes

L'Allemagne


Manifestation anti-austérité à Francfort le 19 mai 2012

Le capital financier allemand était le plus grand titulaire de la dette grecque, publique et privée, au début de la crise de 2008.

Le PIB de l'Allemagne est le plus élevé en Europe et le quatrième plus élevé au monde (3,577 billions $, 2011).

Le secteur des services contribue environ 71 % du total du PIB, l'industrie 28,1 % et l'agriculture 0,8 % (2011).


En Allemagne le 29 février 2012.
«Le salaire minimum à au moins
8.5 euros»

Le taux national moyen de chômage officiel en mars 2012 était de 7,2 %. Les statistiques allemandes incluent dans ce taux tous les travailleurs qui cherchent un emploi à temps plein et qui n'ont pas de moyen de subsistance ou ont seulement un emploi à temps partiel. Le fait d'exclure les travailleurs à temps partiel baisse le taux de chômage à 5,4 %.

En 2009 la grandeur estimée de la classe ouvrière active au travail ou à la recherche de travail était de 43,59 millions de travailleurs.

Les chômeurs officiels et à la recherche d'emploi à temps plein : 3 168 000 travailleurs.

Les travailleurs sans emploi et à la recherche d'emploi : 2 464 000 travailleurs.

Selon les statistiques européennes, les monopoles basés en Allemagne ont le plus bénéficié de l'introduction de l'euro et de la formation d'une zone euro et ont accru leur domination de l'Europe. Le déséquilibre commercial en faveur des monopoles allemands explique en partie la croissance explosive de l'endettement dans certains pays bien que d'autres raisons ont aussi joué un rôle telles que la bulle domiciliaire en Espagne.

Le commerce impérialiste est toujours inégal et déstabilisateur puisqu'il n'est pas basé sur un objectif commun d'avantage réciproque. Aussi, le refus d'offrir des alternatives aux devises servant aux impérialistes et aux différences touchant à la productivité dans le commerce des produits, dont la valeur réelle est incorporée dans leur temps de travail, mène à la corruption, à l'exploitation et à un développement inégal.

En termes les plus simples, les monopoles allemands veulent exporter leurs biens aux peuples qui ne peuvent pas se les payer et supprimer toute tendance à l'auto-suffisance économique et au commerce à avantage réciproque. Cela ressemble à un concessionnaire d'autos (ou à un agent hypothécaire) qui prête à des acheteurs de l'argent pour se procurer une auto ou une maison qu'ils ne peuvent se payer (ou même dont ils n'ont pas besoin). Les monopoles allemands, par le biais d'institutions financières, prêtent aux peuples d'autres pays de l'argent pour acheter des produits allemands dans une spirale insoutenable de crise en chute libre.

« La valeur commerciale totale d'exportation de l'Allemagne a presque triplé entre 2000 et 2007. Bien qu'une part importante de celle-ci comprenne le commerce avec la Chine, son surplus commercial avec le reste de l'Union économique est passé de 46,4 milliards à 126,5 milliards au cours de ces sept dernières années.

« Les surplus provenant du commerce bilatéral de l'Allemagne avec les pays méditerranéens sont particulièrement révélateurs :

« Entre 2000 et 2007, le déficit commercial annuel de la Grèce envers l'Allemagne s'est accru de 3 milliards à 5,5 milliards ;

« Celui de l'Italie a doublé, de 9,6 milliards à 19,6 milliards ;

« Celui de l'Espagne a presque triplé, de 11 milliards à 27,2 milliards ;

« Celui du Portugal a quadruplé, passant de 1 milliard à 4,2 milliard (Affaires étrangères)

« L'Allemagne espère maintenir son immense surplus commercial avec ces pays, tout en insistant qu'ils assument leurs dettes. C'est comme si un propriétaire de boutique insistait pour que ses clients continuent d'acheter de lui tout en continuant de payer leurs dettes. » (Dean Baker, « Germany's "Success" and Southern Europe's "Failure' »)

En mars 2012, Bernhard Speyer de la Deutsche Bank a dit : « Si la zone euro doit s'ajuster, les pays du sud doivent pouvoir composer avec des surplus commerciaux, ce qui veut dire que quelqu'un d'autre doit composer avec des déficits. Une façon de le faire serait de permettre une plus grande inflation en Allemagne, mais je ne vois aucune volonté de la part du gouvernement allemand de tolérer une telle chose, ou d'accepter un déficit de son compte courant. » (Telegraph)

« L'Allemagne et d'autres institutions financières ont hérité d'une grande partie du plan de sauvetage [de la Grèce] : plus de 80 % du plan de sauvetage profite aux créanciers — c'est-à-dire à des banques à l'extérieur de la Grèce et à la Banque centrale européenne. Les milliards d'euros versés par les contribuables ne réussissent pas à sauver la Grèce. Ils sauvent les banques. » (« Greek aid will go to the banks », Pressurop, le 9 mars 2012)

Le capital financier allemand que représente la chancelière Angela Merkel s'est récemment engagé dans des coupures substantielles dans les programmes sociaux et les services publics. Les détenteurs du capital se sont servis de la crise économique pour mener une attaque en règle contre la classe ouvrière allemande, contre son niveau de vie et ses conditions de travail. Les travailleurs allemands sont exhortés à faire des sacrifices pour que leurs monopoles puissent concurrencer avec ceux d'autres pays où les travailleurs revendiquent des salaires, des avantages sociaux et des pensions inférieurs aux biens qu'ils produisent et aux services qu'ils donnent, en plus de travailler dans des conditions inférieures.

Les travailleurs sont constamment bombardés dans les médias contrôlés par les monopoles par des commentaires racistes et chauvins incités par l'État et s'attaquant aux travailleurs immigrants et aux peuples de pays méditerranéens. Ils sont bombardés de la sorte pour qu'ils pensent que le rabaissement de leurs propres réclamations et les attaques contre leur niveau de vie sont le résultat direct de moeurs « non allemandes » d'autres pays qui veulent que les travailleurs allemands subventionnent les sauvetages dus à leurs mauvaises habitudes de travail et à leurs attentes basées sur la prétention de droits acquis.

Les forces officielles favorables à l'Union européenne et celles qui s'y opposent sont dominées par les fascistes liés à l'une ou l'autre des sections du capital financier. La situation fait penser à la Guerre froide quand la pensée de la classe ouvrière, ses opinions, sa perspective, sa politique et son ordre du jour indépendants étaient supprimés au moyen d'un assaut idéologique, politique et culturel organisé par l'État.


La police allemande attaque une manifestation anti-austérité à Francfort le 9 mai 2012

Statistiques économiques pour l'Italie

PIB :
- 2,055 billions $ (2010)
- le PIB a chuté de -0.8 % au cours du premier trimestre de 2012

PIB par secteur (estimés 2010)
- services : 73,3 %
- industrie : 24,9 %
- agriculture : 1,8 %

Classe ouvrière au travail ou à la recherche de travail (estimés 2010) :
- services : 65,1 %
- industrie : 30,7 %
- agriculture : 4,2 %

Chômage :
- 10,2 % (avril 2012)
- 2,5 millions de travailleurs (approximativement)

La spéculation bat son plein dans la presse impérialiste au sujet des perspectives d'un grave affaissement économique en Italie :

. Ce qui suit provient d'un récent article du New York Times.

« Monti lutte pour empêcher l'Italie d'être la prochaine
à tomber », New York Times, le 11 juin 2012

« Le premier ministre d'Italie, Mario Monti, a dit : "Consolider la zone euro est dans l'intérêt collectif..."

« M. Monti, un ancien commissaire européen à la Concurrence, est reconnu comme un dirigeant averti et bénéficiant de la confiance des dirigeants internationaux... Il est confronté à un ensemble de problèmes au pays qui pourraient ultimement mener les investisseurs à cibler cette économie trop grosse pour faire faillite de 2 billions.


Des manifestants essaient d’entrer dans les bureaux
d’Equitalia, l’agence d’État de collection des impôts, lors
d’une manifestation anti-austérité à Naples le 11 mai 2012.

« "Il ne reste aucun doute que la contagion atteindra l'Italie", a dit Daniele Sottile, associé directeur des conseillers financiers Vitale & Associati à Milan, lors d'une conférence organisée par le Conseil des États-Unis et de l'Italie sur une île près de Venise. "C'est une indication que les mécanismes européens conçus pour arrêter la crise ne fonctionnent pas."

« Un des facteurs qui pèse sur l'Italie est le fait que l'Espagne ait accepté un sauvetage financier plaçant Madrid dans une position précaire, ne pouvant plus être garante du pare-feu financier de l'Europe qu'est la Facilité européenne de stabilité financière, dont le rôle est de mettre la crise de l'endettement en quarantaine. Cela signifie que l'Italie, dont l'économie est la troisième en importance en Europe après celles de l'Allemagne et de la France [en dépit du fait que l'Italie a un rendement industriel et une classe ouvrière industrielle supérieurs à ceux de la France — ndlr], devra assumer une plus grande part de la facture, alors qu'elle est aux prises avec sa propre récession économique qui s'aggrave.

« Les banquiers disent que Rome devra maintenant garantir 22 % du financement plutôt que 18 % comme c'est le cas présentement. Mais l'Italie n'ayant pas une croissance économique suffisante pour générer l'argent elle-même, le gouvernement devra emprunter à des taux d'intérêts élevés, avec pour conséquence d'aggraver un fardeau d'endettement déjà imposant...

« Peu remette en question les compétences de M. Monti : dès les premières six semaines de son accession au pouvoir, il a augmenté l'âge de la retraite ainsi que les taxes foncières, il a simplifié le fonctionnement d'agences gouvernementales et a fait la vie dure aux fraudeurs fiscaux. Il lui reste à refaire les lois syndicales de l'Italie notoires pour leur inflexibilité...

« L'attention des marchés semble se tourner vers l'Italie, écrivaient lundi des analystes de Commerzbank dans une note aux clients. Avec en surcroît une faible croissance, ont-ils dit, "...ce n'est sans doute qu'une question de temps avant que l'Italie ne demande de l'aide".

« Depuis que Monti a accédé au pouvoir, l'économie italienne — comme celle de la plupart des pays européens — s'est affaiblie, atteignant à peine 1,5 % cette année et augmentant de 0,5 % en 2013. Les banques italiennes ont subitement cessé de prêter, poussant des milliers de petites et moyennes entreprises italiennes à la faillite.


Manifestation anti-austérité à Rome le 13 mai 2012

« Le taux de chômage du pays augmente rapidement atteignant bientôt 10 % [10,2 % (avril 2012) — ndlr]...

« Des investisseurs fébriles sur le marché des obligations ont par moment poussé les coûts d'emprunt de l'Italie au-delà de 6 % dans la crainte que l'économie italienne ne puisse croître assez rapidement pour faire baisser l'énorme dette nationale.

« L'Italie a la deuxième plus grande base manufacturière et industrielle de l'Europe, après l'Allemagne, et demeure l'une des économies de la zone européenne les plus axées sur l'exportation.

« Le pays a aussi une quantité d'avoirs qui sont propriété de l'État telle que les compagnies énergétiques et le service postal national qui pourraient se traduire en des milliards d'euros advenant que les gouvernements réussissent à les privatiser pour réunir des fonds... »

Ici, nous pouvons imaginer les détenteurs du capital monopoliste trépignant à la pensée de mettre la main sur les avoirs publics restants de l'Italie, et leur anticipation à penser aux coups d'argent faciles qui les attendent au sein d'une Europe des monopoles.


Les syndicats italiens participent à la journée d’actions européennes pour des emplois
et contre l’austérité le 29 février 2012.

Notes

1. Les membres de la zone euro : l'Autriche, la Belgique, Chypre, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne (tous les membres de la zone euro sont aussi membres de l'Union européenne)

Dix pays sont membres de l'Union européenne mais ne sont pas au sein de la zone euro : la Bulgarie, la République Tchèque, le Danemark, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni.

2. Mario Draghi : né en 1947, Draghi est un banquier et économiste italien ayant succédé à Trichet en tant que président de la Banque centrale européenne en 2011. Il avait été gouverneur de la Banque d'Italie de janvier 2006 à octobre 2011. De 1984 à 1990, il a été directeur administratif pour l'Italie de la Banque mondiale. En 1991, il est devenu le directeur général de la trésorerie italienne jusqu'en 2001. Au cours de cette période en tant que responsable de la trésorerie, il a présidé le comité responsable d'apporter des changements aux lois touchant aux entreprises et aux finances et a conçu la loi qui gouverne les marchés financiers italiens. Il a aussi été membre de plusieurs banques et corporations (Eni, Istituto per la Ricostruzione Industriale, Banca Nationale del Lavoro et IMI).

Draghi a aussi été vice-président et administrateur délégué de Goldman Sachs International (une banque d'investissement mondial étasunienne) et membre de comité de gestion de l'ensemble du cabinet (2002-2005).

En tant que gouverneur de la Banque d'Italie, il était membre du conseil général et de gestion de la Banque Centrale européenne et membre de Conseil d'administration de la Banque des règlements internationaux. Il est aussi gouverneur pour l'Italie au Conseil d'administration de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et la Banque asiatique de développement. En avril 2006, il a été élu président du Forum de stabilité financière, qui est devenu le Conseil de stabilité financière au printemps 2009. Il a été président du Conseil jusqu'en 2011, alors que son successeur, Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, l'a remplacé. À noter que Carney lui-même a été principal cadre supérieur de Goldman Sachs. (Wikipédia et diverses sources)

3. Wikipédia

4. Ibid

* Toutes les traductions de l'anglais sont du LML.

(Photos : CGTP, ETUC, Greek Coalition of Left Engineers, Unison, Xinhua, J.P. Anderson, N. Kaz)

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