Le Marxiste-Léniniste

Numéro 50 - 30 avril 2012

Mouvement d'opposition à la hausse des frais de scolarité

Rejet catégorique de l'offre arrogante
du premier ministre


Près de 20 000 étudiants ont réagi à l'«offre globale» de Jean Charest dans les rues de Montréal,
le vendredi 27 avril. (Photo: McGill Daily)

Mouvement d'opposition à la hausse des frais de scolarité
Manifestations massives
Rejet catégorique de l'offre arrogante du premier ministre

Opinions des lecteurs
Ce qui irrite tant Jean Charest et cie
La désinformation à propos de la CLASSE
Qui fait preuve d'immaturité?
Les étudiants ont la conscience claire
La tactique du Service de police de la Ville de Montréal
 
Le droit à l'éducation est une cause sociale
Les étudiants du Québec luttent pour leurs droits et les droits de tous

Premier Mai 2012 - Journée internationale de la classe ouvrière
Calendrier d'activités


Mouvement d'opposition à la hausse des frais de scolarité

Manifestations massives

« Charest, dehors! On va t'trouver une job dans le Nord! » Voilà l'esprit des manifestations qui se tiennent tous les soirs à Montréal ainsi qu'à Québec, Sherbrooke, en Outaouais et ailleurs depuis le 25 avril. Elles ont d'abord commencé pour dénoncer l'exclusion de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) des négociations par la ministre de l'Éducation Line Beauchamp et ensuite, elles se sont poursuivies en réaction à la prétendue offre du premier ministre Jean Charest le vendredi 27 avril.

Des milliers de personnes, étudiants, travailleurs, familles, aînés, personnes de tous les milieux, se rassemblent tous les soirs au parc Émilie-Gamelin à Montréal pour protester contre le gouvernement Charest et son refus de défendre le bien public. Dimanche soir, 29 avril, pour une sixième soirée consécutive, des milliers d’étudiants et alliés ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal et du Plateau-Mont-Royal, pour condamner le nouvel affront du gouvernement Charest avec son « offre », qui est ni plus ni moins qu'un refus de reconnaître la crise dans laquelle se trouve son gouvernement.

Malgré la forte présence policière, à chevaux, à bicyclettes, en rangs sur les bords de rue et en voitures, les marcheurs font entendre leur message clairement. La police tente sans cesse de déclarer les manifestations illégales pour ensuite arrêter des dizaines ou même des centaines de jeunes et autres personnes présentes, mais ça ne marche pas. À ce jour, les autorités policières n’ont pas réussi à intimider les jeunes, ni à arrêter les manifestations, ni à persuader le public que les jeunes ne sont que des voyous ou des irresponsables. Les manifestants continuent de marcher par milliers dans les rues de Montréal soir après soir, applaudis et klaxonnés par les résidents et les automobilistes, jusque tard dans la nuit.

Il y a des manifestations ailleurs également. Dimanche à Québec, des milliers d’étudiants ont marché du parc Saint-Roch jusqu’à l’Assemblée nationale. On rapporte des manifestations importantes en Outaouais et à Sherbrooke toute la semaine.

Dimanche, désespéré par l’échec à casser le mouvement, le Parti libéral du Québec a annoncé qu’il déplace son conseil général qui doit avoir lieu les 4, 5 et 6 mai prochains de Montréal à Victoriaville.  Les explications sont pour le moins révélatrices : « Logistiquement, l’emplacement du Centre Mont-Royal à Montréal aurait pu devenir difficile d’accès si jamais une manifestation devait avoir lieu », a déclaré le directeur des communications du PLQ, Michel Rochette.

La CLASSE, la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale (FECQ) ont aussitôt annoncé qu’elles seront présentes à Victoriaville. Des autobus sont nolisés et on prévoit un déplacement massif. « Que ce soit aux Îles de la Madeleine, en Abitibi ou à Victoriaville, les étudiants vont être présents pour montrer leur mécontentement», a dit le président de la FECQ Léo Bureau-Blouin. « Et si Charest le déplace dans le Grand Nord, la CLASSE sera présente », a annoncé la CLASSE.

Les associations étudiantes ont également annoncé une grande manifestation nationale à Montréal, le samedi 5 mai.

Montréal




À Montréal, du 25 au 28 avril 2012

Outaouais



Haut: Assemblée générale à l'extérieur du Cégep de l'Outaouais à Hull le 30 mars 2012. Bas gauche: Manifestation à l'Université du Québec en Outaouais le 18 avril 2012. Droite: Rassemblement à Gatineau le 28 avril 2012.

Sherbrooke





Marche en direction du Palais de Justice à Sherbrooke le 27 avril 2012 pour dénoncer la fausse «offre» et les injonctions.

Québec


À Québec, le mercredi 25 avril 2012, après l'annonce de l'exclusion de la CLASSE des négociations.

(Photos: LML, McGill Daily)

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Rejet catégorique de l'offre
arrogante du premier ministre

Le samedi 28 avril, les délégués de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont rejeté à l’unanimité l’arrogante offre que le gouvernement avait présentée la veille dans une conférence de presse. Ils se sont prononcés dans le cadre de leur congrès à Québec. Les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont fait savoir pour leur part que l'«offre» était inacceptable et prédit qu'elle sera rejetée massivement par les associations membres cette semaine. Cela fait encore une fois échec à toutes les tentatives désespérées du gouvernement et consorts de diviser les étudiants et de leur faire abandonner leurs demandes.

Dans un point de presse tenu à l'Assemblée nationale le vendredi 27 avril, et qui se voulait une adresse à la population, le premier ministre Jean Charest accompagné de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a présenté une « offre » aux étudiants qui représente en fait une augmentation de la hausse. Les porte-parole des trois principales associations étudiantes ont tout de suite fait connaître leur rejet catégorique de ce qu’ils qualifient d’insulte et de déclaration de refus de négocier de bonne foi.

Cette nouvelle « offre » comprend un étalement de la hausse de 1625 $ sur sept ans au lieu de cinq. L'augmentation étant indexée, on parle donc de 1785 $, selon les calculs du gouvernement. L'offre porte également sur une bonification de l'aide financière qui consiste à majorer de 35 000 $ à 45 000 $ le seuil de revenu familial en deçà duquel un étudiant reçoit le montant maximum en bourse.

Le premier ministre a profité du point de presse pour lancer ces banalités et lieux communs habituels qui ont été rejetés par les étudiants et la population depuis longtemps. « Quand on a tout le portrait, on en arrive à une conclusion : le moment est venu de réintégrer les cours et de permettre aux étudiants de terminer leur session », a dit Jean Charest. Pour donner l'impression que cette nouvelle offre est un cadeau inattendu pour les étudiants, il a ajouté : « Je veux que les Québécois sachent qu'on a toujours été ouverts. Parce qu'on a voulu justement respecter la confidentialité, ça donnait l'impression que le gouvernement était obtus, têtu, n'écoutait pas. »

« Notons-le : la majorité des étudiants suivent leurs cours. La majorité des étudiants vont finir leur session dans les délais prescrits. Le mouvement étudiant n'est pas monolithique », a-t-il ajouté pour poursuivre l'effort pour diviser les étudiants. Charest refuse d’admettre que les étudiants sont en grève et qu’ils refusent de reculer.

Les réactions à l’offre n'ont pas tardé à venir. Dans le seul après-midi de vendredi, quelques heures après l’annonce de l’offre de Charest, 21 000 étudiants ont voté en faveur de la reconduction de la grève. Des manifestations se sont tenues à Québec devant l'Assemblée nationale et à Montréal. En soirée le vendredi 27 avril, près de 20 000 étudiants et alliés se sont rassemblés à la Place Émilie-Gamelin à 20 h 30 et les manifestations quotidiennes se poursuivent depuis. À Québec, la police a procédé à 80 arrestations simplement parce que les étudiants avaient dévié de leur itinéraire de marche. On leur a remis une contravention de 444 $ pour s'être trouvé sur la chaussée. À Montréal, on rapporte 85 arrestations le premier soir des marches. Mais ces arrestations de masse ont échoué à freiner l'ardeur des manifestants puisque les manifestations continuent d’être très nombreuses, bruyantes et militantes et se poursuivent tous les soirs.

Avant la tenue de son congrès, la CLASSE avait déclaré : « Les prochaines assemblées générales se pencheront sur cette offre, afin de permettre aux étudiants et aux étudiantes de prendre position sur le sujet, mais il ne faut pas se faire d'illusions : ce n'est pas avec des modifications cosmétiques du genre que l'on mettra fin à la crise actuelle. On peut sérieusement se demander si Jean Charest ne cherche pas des moyens d'envenimer encore plus la situation. »

« Les étudiants et les étudiantes savent compter. Ce qu'on nous offre, c'est une plus grosse hausse, répartie sur deux ans de plus. Le gouvernement ne fait absolument aucun compromis. C'est de la poudre aux yeux », a ajouté Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE, rappelant que la proposition de Jean Charest fera passer la hausse de 1 625 $ en 5 ans à 1 778 $ en 7 ans.

 « J'ai l'impression que le gouvernement ne cherchait pas à convaincre les étudiants aujourd'hui [27 avril], mais plutôt à marquer des points dans l'opinion publique », a affirmé Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

La Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ) rejette elle aussi la proposition du gouvernement Charest. Près de 1000 étudiants ont répondu à l'appel de la TaCEQ en manifestant à Québec contre l'offre du premier ministre qui ne présente aucune solution crédible à la crise sociale actuelle. Dans de telles conditions, une manifestation par jour sera organisée, dès la semaine prochaine, jusqu'au renouvellement d'un véritable dialogue avec le gouvernement, annonce l'organisation.

En réponse à l’offre du gouvernement d'abolir le crédit d'impôt, d'augmenter le taux d'indexation des frais de scolarité et d'étaler la hausse sur sept ans, Paul-Émile Auger, secrétaire général de la TaCEQ, a dit : « Les étudiant-e-s n'ont pas fait autant de sacrifices pour un simple étalement de la hausse. L'annonce d'une indexation additionnelle ajoute l'insulte à l'injure sur la question de la hausse des frais de scolarité ».

Les alliés dénoncent la nouvelle provocation

« L'annonce du gouvernement de ce matin est une véritable insulte à l'intelligence des Québécois et relève de la plus pure démagogie », a déclaré Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP).

« Le maintien de la hausse des frais est une position de fermeture complète. Ce gouvernement fait de la petite politique sur le dos des étudiants. Son arrogance et son refus de négocier avec les étudiants consistent en fait à un appel au trouble. »

« L'éducation postsecondaire est un bien social qui devrait être accessible à tous plutôt qu'une marchandise à acheter et à vendre », a-t-il ajouté.

« La détermination et la solidarité des étudiants sont une source d'inspiration pour le mouvement syndical, conclut Gaétan Ménard. Le SCEP félicite toutes les personnes qui militent pour l'éducation publique. Continuez votre lutte ! »

« Le premier ministre affirme qu'il est grotesque de penser que le gouvernement laisse pourrir la situation à des fins électoralistes. Nous lui indiquons qu'il est grotesque de vouloir court-circuiter les représentantes et les représentants des associations étudiantes et de négocier sur la place publique », affirme le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent.

« Les propositions recyclées présentées aujourd'hui par le gouvernement ne régleront pas le problème de l'accessibilité aux études supérieures et de l'endettement étudiant. De véritables solutions incluraient un moratoire sur la hausse actuelle et l'organisation d'états généraux pour discuter du financement des universités. » « Il est déplorable que ces propositions ne s'attaquent pas aux vrais problèmes et ne prennent pas en considération les préoccupations évoquées depuis le début par les représentants étudiants », ajoute Réjean Parent.

Pour les groupes membres de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, « il devient urgent de ramener le débat à son enjeu principal, à savoir l'accessibilité aux études ». « En détournant l'attention vers le conflit et la gestion de celui-ci, le gouvernement occulte les réelles préoccupations que sont l'impact de la hausse sur l'accès aux études et sur le niveau d'endettement, la marchandisation du bien commun, les choix à faire en matière de finances publiques, etc. »

« Afin de dénouer l'impasse, il est grand temps que le gouvernement s'assoie avec l'ensemble des associations étudiantes, puisqu'elles détiennent toutes une légitimité démocratique sans équivoque. Un gouvernement élu par moins du quart des personnes inscrites sur les listes électorales et affichant un taux d'insatisfaction de 73 % est bien mal placé pour faire la leçon », explique Denis Letourneux, vice-président de la vie politique de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), a répondu à l'affirmation du premier ministre qu'il n'accepterait de négocier qu'avec ceux et celles qui partagent les mêmes valeurs que lui. « Le problème, c'est que les valeurs de ce gouvernement ne sont pas celles de la grande majorité de la population du Québec. Les libéraux ne logent pas à l'enseigne de la solidarité, de la justice, de l'équité et de la démocratie, les valeurs qui sont réellement défendues par les Québécoises et les Québécois, y compris les étudiantes et les étudiants présentement dans la rue. »

Conscients que leur lutte fait partie de la lutte du peuple avec les travailleurs au premier rang, les étudiants et leurs alliés se préparent également à participer à la marche du 1er mai.

L'éducation est un droit ! Appuyons la juste lutte des étudiants !

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Opinions des lecteurs

Ce qui irrite tant Charest et cie

Le dimanche matin, 29 avril, un site facebook qui défend la position du gouvernement pour la hausse des frais de scolarité a exigé la démission d'un des porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois. Rapidement, certains grands médias ont commencé à répéter à qui mieux mieux qu'il y avait dissension dans les rangs de la CLASSE. En plus, à l'Assemblée nationale la semaine dernière, le premier ministre Jean Charest, la ministre Line Beauchamp et le ministre de la Justice Robert Dutil ont tour à tour aussi essayé de personnaliser la lutte des étudiants en accusant Gabriel Nadeau-Dubois de ne pas être démocratique.

Cela fait clairement partie des tentatives du gouvernement de diviser les étudiants et de soulever le doute sur leurs représentants légitimes. En réalité ce qu'ils veulent, c'est détourner l'attention du rejet total de l'offre du gouvernement par les étudiants tel que décidé démocratiquement dans les assemblées générales où ils discutent, échangent, débattent, se font leurs idées pour ensuite prendre des décisions et les défendre. Ce sont des assemblées souveraines qui décident de la marche à suivre, des positions à adopter, de qui les défendra et comment. Et c'est cela qui irrite tant le gouvernement Charest et compagnie qui n'ont aucune leçon à leur donner.

[Signé]

La désinformation à propos de la CLASSE

La désinformation à propos de par qui et comment les décisions sont prises dans la CLASSE montre le désespoir du gouvernement. Premièrement, il appartient aux étudiants membres de la CLASSE de choisir leurs représentants dans leurs délibérations et assemblées générales. Et c'est ce qu'ils font. Il n'appartient à personne d'autre de leur dire où, quand et comment le faire.

La réponse du porte-parole de la CLASSE aux accusations de manque de démocratie a été on ne peut plus claire. Gabriel Nadeau-Dubois a expliqué simplement que « les comités de la CLASSE sont des comités ouverts, et il est possible pour tout membre de la CLASSE de se présenter sur tout comité, y compris le comité médias. Il est possible d'avoir des élections à tout moment, que çe soit au début ou à la fin de la grève. La CLASSE est une coalition large, il y a beaucoup d'associations, beaucoup de débats. »

[Signé]

Qui fait preuve d'immaturité?

La semaine dernière, certains médias ont soulevé que les étudiants font preuve de maturité. Personne sauf ces médias n'a de doute leur maturité. Les étudiants de cégeps et universités doivent étudier, travailler, certains supportent même leur famille, ils s'organisent pour se nourrir, se vêtir, étudier, réussir leurs études. Rien de plus mature ! Alors pourquoi cette insistance débile des médias ? Je pense que c'est pour justifier les attaques policières et la criminalisation de ceux qui ne suivent pas les règles que le gouvernement Charest et les services de police déclarent et changent comme bon leur semble.

Pourquoi ne pas parler plutôt de l'immaturité de Charest et sa ministre de l'Éducation qui tentent toujours de diviser les étudiants, de les provoquer, de se moquer d'eux, qui boudent quand tout ne va pas comme ils veulent et qui refusent de défendre le bien public ?

[Signé]

Les étudiantes ont la conscience claire

Les tentatives de diviser les étudiants ne passent pas. Les étudiants ont la conscience claire de la justesse de leur lutte pour le droit à l'éducation et la défense des intérêts de la société. Ils savent hors de tout doute que c'est ce qui est nécessaire et requis pour que le Québec puisse s'épanouir.

[Signé]

Les tactiques du Service de Police de la Ville de Montréal

Bien que ce soit le refus du gouvernement Charest qui est la cause des manifestations tous les jours, les médias persistent à faire des histoires à propos de « casseurs », du danger de violence et de la sécurité des manifestants. Le chef du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) propose même d'en faire une science avec sa notion que « 98 % des manifestants sont pacifiques et 2 % sont des casseurs ». C'est la thèse qui est répétée depuis mercredi.

Le fait est qu'il y a une quantité énorme, des centaines de policiers de la SQ et de la ville de Montréal qui sont là avec leur arsenal : matraques, casques, gaz lacrymogènes, bicyclettes, poivre de Cayenne, un hélicoptère qui survole bruyamment le ciel de Montréal tous les soirs jusque dans la nuit et des paniers à salade cachés dans les ruelles « au cas où ». C'est clair qui sont les « casseurs ».

Les reportages sont faits d'entrevues avec des spécialistes des mises en scène et de l'approche de la police qui sont répétées tout au long de la soirée, en attendant « LA » justification de l'intervention policière. Sous un prétexte ou un autre, la police déclare la manifestation illégale. Cela veut dire que tout le monde doit se disperser. Il est donc «légitime» après cela d'arrêter ceux qui refusent de se disperser. Radio-Canada passe ses soirées à attendre que la police trouve un prétexte pour déclarer la manifestation illégale. Cette tactique a mené à des centaines d'arrestations, mais a totalement échoué à faire cesser les manifestations des jeunes !

[Signé]

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Le droit à l'éducation est une cause sociale

Les étudiants du Québec luttent pour
leurs droits et les droits de tous

À l'ère moderne, tous naissent en société et ont des droits du fait qu'ils sont des êtres humains. L'éducation de la naissance à la mort est un de ces droits fondamentaux. Le gouvernement en tant que représentant du peuple et de la société doit agir pour garantir le droit à l'éducation.

L'augmentation des frais de scolarité au post-secondaire par le gouvernement Charest au Québec est une atteinte aux droits de tous et pour cette raison elle est vertement condamnée et combattue. Cette mesure rétrograde va à contre-courant de la tendance progressiste à garantir le droit à l'éducation qui a réussi à s'implanter dans les années soixante. Le flambeau du progrès a continué de brûler durant les décennies qui se sont écoulées depuis, et aujourd'hui ce sont les jeunes et leurs alliés qui le portent courageusement dans les rues de Montréal et du Québec en défendant leurs droits et les droits de tous.

Partout à travers le Canada les gens sympathisent avec les étudiants du Québec malgré les tentatives de les isoler en disant qu'ils sont des « enfants gâtés », les «plus chanceux du Canada », etc. L'héroïsme et l'esprit des étudiants du Québec inspirent les étudiants à travers le pays à exiger que les gouvernements garantissent le droit à l'éducation et cessent d'attaquer les étudiants, les enseignants et l'éducation publique, comme avec les mesures antisociales de la dictature Harper et des gouvernements néo-libéraux qui lui emboîtent le pas en Ontario, en Colombie-Britannique et ailleurs.

Éduquer l'individu, c'est élever et renforcer la société

Les gouvernements doivent garantir le droit à l'éducation pour tous et toutes. De cette façon, on renforce et on élève le niveau de la société. Quand le gouvernement du Québec augmente les frais de scolarité au post-secondaire et que les gouvernements de l'Ontario et de la Colombie-Britannique attaquent les enseignants et l'éducation publique, ils violent les droits des individus et affaiblissent la société. Le devoir du gouvernement est de servir la société et ses membres. Les gouvernements doivent politiser l'intérêt public ; ils ne doivent pas se soumettre au privilège de classe des riches et des puissants et politiser leurs intérêts privés comme ils le font en attaquant l'éducation publique.

Le droit fondamental à l'éducation ne peut être garanti de façon privée à l'ère où les humains naissent en société, vivent une existence socialisée et travaillent dans une économie dans laquelle ils dépendent les uns des autres. L'éducation doit être garantie collectivement par la société, par des gouvernements qui représentent et servent le peuple.

Le hasard de la naissance, la très grande variété des aptitudes et les différences de circonstances de chacun, à quoi s'ajoute l'effet pernicieux du privilège de classe, font que la garantie privée du droit à l'éducation est nécessairement laissée aux aléas du hasard et de la nature et à la position sociale. L'État doit garantir le droit à l'éducation et créer les conditions pour que l'éducation joue le rôle crucial qui lui revient dans la formation des individus et de la société en général. L'éducation doit être publique et accessible à tous sans frais, de la naissance à la mort. Pour garantir ce droit, une partie de la richesse collective que produit la classe ouvrière par son travail dans l'économie socialisée doit servir à financer l'éducation publique. L'éducation, en tant que programme social nécessaire, doit être financée à même les revenus accumulés dans l'économie socialisée, que les gouvernements doivent percevoir directement auprès des entreprises publiques et privées. Et surtout, les monopoles qui jouissent de la main-d'oeuvre spécialisée doivent payer les frais d'éducation et de formation de cette main-d'oeuvre, en plus de verser des salaires qui correspondent au standard de la société.

L'éducation des membres de la société de la naissance à la mort est une responsabilité sociale de l'autorité qui détient le pouvoir d'État. Pour garantir le droit à l'éducation, l'autorité qui détient le pouvoir d'État doit financer l'éducation socialement, à partir de la richesse collective que produit la classe ouvrière par son travail et en forçant les monopoles à payer pour l'éducation de leur main-d'oeuvre. Ceux et celles qui oeuvrent dans le secteur de l'éducation, des garderies jusqu'aux programmes pour les aînés, en passant par le primaire, le secondaire et le post-secondaire, peuvent calculer quelles sommes sont nécessaires pour pouvoir s'acquitter de leurs responsabilités sociales. Les gouvernements doivent percevoir directement auprès des entreprises actives dans l'économie socialisée les sommes considérées comme essentielles pour financer l'éducation publique et garantir le droit à l'éducation pour tous.

L'éducation publique sert l'intérêt général de la société et le bien public

Cela sert l'intérêt général de la société et le bien public que les gouvernements garantissent le droit à l'éducation. La société peut progresser en activant et en élevant le facteur humain et en développant la conscience sociale. La conscience sociale peut s'épanouir quand la société joue un rôle positif dans l'éducation et est au service de son peuple. Mieux les individus sont éduqués individuellement et collectivement, plus ils sont en mesure de jouer un rôle positif individuellement et collectivement pour faire avancer la société et l'intérêt général ; plus les gens ont le pouvoir d'harmoniser l'autorité avec les conditions à tous les niveaux, d'harmoniser les rapports de production avec les forces productives et les conditions qui changent constamment, plus ils sont aptes à améliorer et développer les forces productives par la science et la lutte socialement consciente et responsable pour la production et pour humaniser l'environnement naturel et social.

Le pouvoir de priver

Le peuple organisé doit priver l'autorité du pouvoir de le priver de ses droits, dont le droit à l'éducation. Le peuple organisé doit priver les gouvernements du pouvoir de politiser des intérêts privés en opposition à la politisation de l'intérêt public. Le peuple organisé doit priver ces gouvernements du pouvoir de maintenir le statu quo et le privilège de classe, du pouvoir d'attaquer la jeunesse et la classe ouvrière et du pouvoir de bloquer la voie au progrès et à la résolution des problèmes économiques, politiques et sociaux dans lesquels la société s'enlise. Le peuple, dirigé par une classe ouvrière organisée, doit confronter les gouvernements qui, comme le gouvernement libéral de Jean Charest et le gouvernement conservateur de Stephen Harper, bloquent le progrès de la société et privent le peuple de ses droits. Le peuple organisé doit priver ces gouvernements de leur autorité et de leur pouvoir de le priver de ses droits et de bloquer la tendance progressiste de l'histoire.

Non à l'anarchie et la violence de Charest !

Victoire aux étudiants dans la défense du droit à l'éducation !

Non à l'offensive néolibérale de la dictature Harper contre les programmes sociaux, les services publics et la tendance progressiste de l'histoire !

Non aux attaques des gouvernements de l'Ontario et de la Colombie-Britannique contre les enseignants et l'éducation publique !

Tous d'une seule voix contre cette autorité qui prive le peuple de ses droits et bloque la tendance progressiste de l'histoire !

Vive les étudiants du Québec qui luttent pour leurs droits et les droits de tous !

L'éducation est un droit, les gouvernements doivent le garantir en pratique ! 

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Premier Mai 2012 - Journée internationale de la classe ouvrière

Calendrier d'activités


Montréal
  Rassemblement et Marche
18 h
Rendez-vous au parc Molson, angle des rues d'Iberville et Beaubien

Autre départ - 16 h 30
Marche anti-capitaliste
Champ-de-Mars, près de l'Hôtel de ville
 
Fête au Théatre Plaza
20 h
6505, rue Saint-Hubert


(Cliquer pour agrandir)

Gatineau
Rassemblement
12 h 15
Place du Centre, angle Hôtel-de-Ville et du Portage
Conseil central de la CSN

Montérégie
Rassemblement et marche
14 h
Parc Saint-Charles, Saint Charles & De Châteauguay
Marche vers le parc Le Moyne, rue Saint Charles & De Normandie, pour une fête familiale.
Cliquer ici pour l'affiche.

Alma
Rassemblement en appui aux travailleurs
de Rio Tinto en lockout

Midi
Ligne de piquetage devant l'aluminerie de Rio Tinto, 1682, avenue du Pont Nord
Information: Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, www.staalma.org

Québec
Manifestation: « Défendre nos droits, célébrer nos victoires »
11 h 45
Parc de l'Amérique française, René-Lévesque Est, à l'est du Grand Théâtre
Information: Coalition Québec de Chaudière-Appalaches opposée à la hausse des frais
et à la privatisation des services publics, www.repac.org/spip.php?rubrique27


(Cliquer sur l'image pour agrandir)

Rimouski
Rassemblement
17 h
Parc de la Gare

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