Le Marxiste-Léniniste

Numéro 47 - 23 avril 2012

Jour de la terre 2012

Un quart de million de personnes dans les rues de Montréal: Voilà à quoi ressemble la démocratie!

Jour de la terre 2012
Un quart de million de personnes dans les rues de Montréal: Voilà à quoi ressemble la démocratie!

Mouvement contre la hausse des frais de scolarité
Le peuple condamne l'anarchie et la violence sanctionnée par l'État et les étudiants gagnent de nouveaux alliés
Conséquences de la violence policière sanctionnée: Voici à quoi ressemble la démocratie de Charest - Un lecteur de Québec


Jour de la terre 2012

Un quart de million de personnes dans les rues de Montréal: Voilà à quoi ressemble la démocratie!


Un quart de million de personnes ont marché dans les rues de Montréal le 22 avril, Jour de la terre 2012. Les marcheurs ont élevé la voix à la défense de la Terre Mère et spécifiquement contre le gouvernement Charest et la braderie des ressources, ses attaques contre les étudiants, son appui aux monopoles et la destruction de l'environnement. Ils ont également dénoncé la dictature Harper et ses politiques antisociales.

Il régnait un haut niveau de conscience sociale qui affirme le facteur humain/conscience sociale et conteste l'approche du marché, l'approche néolibérale, qui détruit la vie elle-même. Sur les nombreuses pancartes, on réclamait une nouvelle direction pour le Québec. Les ressources appartiennent au peuple et doivent servir le peuple ! Défendons le bien public ! Charest doit démissionner !

Il y avait des gens de tous les milieux : travailleurs, aînés, étudiants, jeunes, femmes, familles, membres des Premières Nations, artistes, environnementalistes, tous avec leurs demandes pour le renouveau, pour l'affirmation de leur volonté souveraine, contre la soumission au diktat des riches, pour une société humaine qui reconnaît les droits de tous et toutes. Rassemblés par dizaine de milliers près de la Place des Festivals au centre-ville, les participants ont réservé un accueil particulièrement chaleureux aux contingents des lockoutés de Rio Tinto à Alma. Ces derniers sont venus en grand nombre pour dénoncer le monopole mondial de l'aluminium, le pillage de nos ressources et l'entente secrète entre Rio Tinto, le gouvernement Charest et Hydro-Québec. La délégation des femmes innues de Maliotenam, qui avait marché de Sept-Iles jusqu'à Montréal pour venir faire connaître leur opposition au Plan Nord du gouvernement Charest, a elle aussi eu droit à un accueil très chaleureux des marcheurs, comme beaucoup d'autres venus de tous les coins du Québec affirmer leur volonté d'exercer un contrôle sur les ressources naturelles dans leurs régions. Contre l'exploitation des gaz de schiste, la destruction des forêts, l'utilisation de l'uranium et l'exportation de l'amiante : Non, c'est non !

Des milliers d'étudiants ont déclaré « Présents ! », salués et appuyés par tous. La jeunesse du Québec est notre richesse la plus précieuse, lisait-on sur une pancarte. Le gouvernement Charest a été vertement dénoncé pour la violence contre les étudiants.

Les artistes les plus admirés du Québec étaient au centre de l'événement, représentant les fières aspirations du peuple québécois. Ils ont joué un rôle central dans la mobilisation, l'animation et l'organisation des événements du Jour de la terre.

C'est ainsi que la marée humaine s'est mise en marche à la défense de la Terre Mère. La plupart des participants portaient le carré rouge, signe d'appui à la lutte des étudiants contre la hausse des frais de scolarité. Non au Plan Nord de Charest ! Plan Nord plan mort ! Non à la corruption (du gouvernement) ! Beaucoup ont réagi avec dégoût à la blague déplacée du premier ministre qui déclarait deux jours auparavant, au Salon du Plan Nord à Montréal, que les étudiants qui réclament leurs droits devraient être envoyés travailler dans le grand nord. C'est le tsar Nicolas qui envoie ses adversaires en Sibérie, a fait remarquer un participant.

Les marcheurs se sont rendus au parc Jeanne-Mance pour entendre les orateurs exprimer les revendications chères au coeur des Québécois et Québécoises.


« On veut un Québec au profit de tout le monde, dans l'intérêt des générations à venir. On déclare qu'il est possible de développer le Québec pour qu'il soit une source d'enrichissement réel, de progrès, de fierté et une source d'inspiration pour le monde entier. Nous refusons d'être dépossédés de nos richesses. Nous demandons que le gouvernement du Canada participe pleinement au protocole de Kyoto. Nous affirmons qu'il est capital d'orienter nos efforts pour les générations à venir. »

Le gouvernement Harper a été dénoncé lui aussi : « On ne veut pas de vos F-35, de vos avions de guerre. Nous disons non au ciblage contre nos scientifiques. Non à l'intimidation des groupes écologiques. »

« Citoyens et citoyennes du grand territoire québécois : notre eau, l'air qu'on respire, nos terres agricoles, nos forêts, nos ressources minières, sont aujourd'hui menacés par des intérêts puissants, sans scrupule, qui sont prêts à tout sacrifier au nom du profit. Les hommes d'affaires sont puissants, mais nous pouvons imposer le respect. Il faut un gouvernement qui va se tenir debout devant ces multinationales. Nos richesses naturelles nous appartiennent et doivent servir à tout le monde. Nous sommes contre la vision à court terme au détriment des travailleurs, des communautés, des femmes, de nos étudiants, de l'humanité. Un autre monde est possible. Un autre monde que celui de l'exploitation éhontée des êtres humains et de nos ressources collectives. Nous voulons le respect de l'environnement, de nos étudiants, de nos richesses collectives. Cet avenir, nous le construirons ensemble. Aujourd'hui, c'est le triomphe du collectif. Notre message aujourd'hui est un message pour que nos gouvernements travaillent pour tout le monde et pas pour une petite poignée de possédants. »

Des activistes du Parti marxiste-léniniste ont vendu et distribué beaucoup d'exemplaires du numéro du Forum ouvrier consacré à la lutte des travailleurs d'Alma. Il a reçu un très bon accueil et le slogan de la page couverture « À qui les ressources ? À nous les ressources ! » était repris par tout le monde. La nécessité de contrôler nos ressources était au coeur des préoccupations des milliers de personnes venues marquer le Jour de la Terre, comme l'était aussi l'avenir des jeunes et des générations futures que défendent les travailleurs d'Alma et de partout au Québec.

Cette manifestation a encore une fois illustré la contradiction entre la démocratie défendue par Charest, qui est celle des monopoles et de leurs intérêts étroits, et la démocratie à laquelle le peuple aspire, une démocratie où les arrangements politiques permettent au peuple d'exercer un contrôle sur les décisions qui affectent son existence.

Voilà à quoi ressemble la démocratie au Québec aujourd'hui. Il y a la démocratie du premier ministre Jean Charest, isolé dans les forteresses des conseils d'administration avec les représentants d'intérêts privés. C'est la démocratie de l'anarchie et de la violence sanctionnées par l'État, avec des hélicoptères dans le ciel, des matraques et du poivre de Cayenne, pendant que le premier ministre menace d'envoyer les jeunes dans les camps de travaux forcés qu'il est en train d'aménager dans le nord du Québec. Puis de l'autre côté des barricades, il y a la démocratie du peuple : les travailleurs, les femmes et les jeunes, leurs artistes, les professionnels et les familles, criant leurs revendications par centaines de milliers mais d'une seule voix, très conscients de ce qu'il faut pour représenter les intérêts du Québec.


Tous ont applaudi les discours très émouvants et militants à la défense du droit public, autant de déclarations claires de ce que le peuple veut. Ils ont dénoncé Charest, ils ont dénoncé le Plan Nord, ils ont dénoncé le pillage des ressources et ils ont dénoncé son État policier. Ils ont également dénoncé la dictature Harper, la trahison des intérêts du peuple que représentent l'abandon du traité sur le changement climatique et l'offensive antisociale. Une mer de monde. Des milliers de pancartes aux slogans qui vont droit au but.

La manifestation du Jour de la terre a représenté le meilleur de la nation québécoise, ce que le peuple veut, les valeurs qui lui tiennent le plus à coeur. Voilà à quoi ressemble la démocratie. Elle n'accepte pas les arrestations arbitraires dont continuent d'être victimes les étudiants qui défendent leurs droits.
















(Photos:LML, Avril 22, S. Deschenes, M. Leclerc)


Mouvement contre la hausse des frais de scolarité

Le peuple condamne l'anarchie et la violence
sanctionnée par l'État et les étudiants
gagnent de nouveaux alliés



Des milliers d'étudiants étaient au nombre des 250 000 personnes qui ont marché dans les rues de Montréal le 22
avril 2012, Jour de la Terre. La vaste majorité des participants portaient le carré rouge en signe d'appui à la lutte
des étudiants contre la hausse des frais de scolarité que le gouvernement Charest veut imposer envers et contre
tous. Le mouvement étudiant est maintenant devenu un mouvement national contre l'anarchie et la violence
sanctionnées par l'État contre les jeunes.

Le premier ministre Jean Charest avait donné aux étudiants jusqu'à lundi pour condamner la violence « sinon... ». Mais la violence est le fait de l'État, pas des jeunes, et c'est le gouvernement Charest qui est isolé sur cette question. C'est ce qu'on a vu par exemple les 20 et 21 avril, lorsque près d'un millier de personnes ont manifesté devant le Palais des congrès à Montréal pour dénoncer la vente à rabais des ressources naturelles du Québec. Au Palais des Congrès se tenait le Salon du Plan Nord, une exposition d'entreprises cherchant des employés pour le plan de braderie et d'esclavage du gouvernement Charest. Parmi les manifestants, des étudiants, des autochtones regroupés dans Innu Power, de nombreux travailleurs de la CSN et activistes des groupes sociaux


Montréal le 20 avril 2012

Plus de 1000 personnes issues du milieu des affaires et triées sur le volet sont venues entendre le premier ministre vanter ce qu'il appelle le « chantier d'une génération ».

Avec leur bannière « Non à la gratuité minière ! Oui à la gratuité scolaire ! », les étudiants et leurs alliés ont été brutalement attaqués par la police armée de matraques, de poivre de cayenne et de gaz lacrymogènes. Les gens ont eu un clair exemple du caractère pacifique des protestations étudiantes et de la brutalité de l'intervention policière.

Comme si ce n'était pas assez, le premier ministre Jean Charest s'est permis un blague de mauvais goût en disant : « À ceux qui frappaient à notre porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi, et dans le Nord autant que possible, ce qui va tous nous permettre de continuer à travailler fort. »

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FECQ) s'est dite « sidérée par l'arrogance » du premier ministre. « En dénigrant la plus vaste et importante mobilisation étudiante de l'histoire du Québec, Jean Charest, qui est aussi ministre de la Jeunesse, a dévoilé tout le mépris que ce gouvernement a envers la jeunesse québécoise. Avons-nous affaire à un clown ou à un premier ministre à l'écoute de la jeunesse ? C'est indigne d'un chef d'État et il doit s'excuser pour ses propos », a fait valoir sa présidente, Martine Desjardins.

« Alors que le gouvernement Charest démontre quotidiennement son incapacité à régler le conflit qui l'oppose aux étudiants sur la question des droits de scolarité, le premier ministre, à l'occasion du Salon Plan Nord, a jugé bon de s'improviser humoriste et de railler les étudiants qui manifestent et qui font face à une répression policière de plus en plus brutale. Il doit cesser de s'amuser aux dépens des étudiants, reprendre ses esprits et régler le dossier », a-t-elle ajouté.

Mis sur la défensive, le premier ministre a poursuivi sur la voie des provocations en se disant cité hors contexte: « Le gouvernement prend au sérieux la question de l'intimidation et de la violence très au sérieux. D'autant plus que la manifestation d'aujourd'hui a sans doute été l'une des plus dures depuis le début du conflit. » Il a oublié de dire que c'est la police qui a attaqué les jeunes. Les jeunes n'ont pas attaqué la police.

Il a répété que « l'avenir du Québec n'est pas dans les moratoires et les gels » et que la grève étudiante est en fait un boycott. « L'État québécois n'est pas l'employeur des étudiants et les étudiants ne sont pas nos employés. »

Pour tous ceux et celles qui étaient présents les deux jours à la manifestation contre le Plan Nord, il était clair que l'attaque policière était préméditée.

« La manifestation a été pacifique jusqu'à ce qu'un policier, sans raison, décide d'asperger un jeune avec des gaz lacrymogènes. Du coup, ils ont sorti l'artillerie lourde et s'en sont pris violemment aux manifestants pour les faire reculer, les tabassant à coût de matraque même s'ils reculaient sans résistance. Le comportement des forces policières n'a été que provocation », a condamné Jean Trudelle, président de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ).

« Pendant la manifestation, alors que le président du Syndicat des chargés de cours de l'Université du Québec à Montréal tentait d'aider un étudiant qui gisait sur le sol à se relever, un policier l'a empoigné et projeté violemment sur une voiture. Plusieurs autres manifestants ont été poivrés même s'ils ne faisaient que manifester dans le calme », de souligner Gaétan Châteauneuf, président du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN.

Lorsque la police a chargé pour évacuer les manifestants de la place Jean-Paul Riopelle, des manifestants ont reçu en plein visage du gaz poivre de Cayenne comme Patrick Beaumont, président de la CSN-construction, région de Montréal, venu soutenir les étudiants.

« Alors que le gouvernement aurait dû s'asseoir avec toutes les associations étudiantes depuis le début de la semaine et résoudre le conflit, il a plutôt décidé de créer de toute pièce une crise encore plus importante en faisant dévier le débat sur la violence. Son comportement des derniers jours est non seulement irresponsable, mais scandaleux. Nous sommes loin de penser qu'il oeuvre à apaiser les tensions. Au contraire, il les attise. Sa blague totalement déplacée envers les manifestants démontre un mépris indigne d'un chef d'État. Personne d'autre que le premier ministre ne peut rétablir le dialogue, il a le devoir de s'en rappeler », de dire le président de la CSN, Louis Roy.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé à 18 arrestations.


Violence policière contre les étudiants, les travailleurs et les Premières Nations, Montréal le 20 avril 2012.

Le lendemain, samedi le 21 avril, le Réseau de résistance des Québécois (RRQ) ainsi que des autochtones du groupe Innu Power ont manifesté à leur tour.


La manifestation contre le salon du Plan Nord du
gouvernement Charest est attendue par l'escouade
anti-émeute. Parmi les manifestants, il y avait
des Innus de la Côte Nord.

Le RRQ avait dressé des tentes pour accueillir des femmes innues qui ont marché depuis Maliotenam, sur la Côte-Nord, pour venir dénoncer le Plan Nord et ses impacts éventuels sur les territoires traditionnels des autochtones. Des étudiants participaient aussi à la manifestation.

Les militants du RRQ ont lancé des centaines d'arachides devant une entrée du Palais des Congrès, en référence aux « pinottes » que versent selon eux les minières au trésor public.

Moins de quarante minutes après leur arrivée, les manifestants ont été attaqués par l'escouade anti-émeute. Pour échapper à cette brutalité, ils s'étaient engagés sur un balcon de l'édifice de la Caisse de dépôt, croyant pouvoir redescendre un peu plus loin. Mais la seule issue se trouvait derrière eux et a été rapidement bloquée par les policiers. Ils ont été arrêtés un à un et placés à bord de deux autobus de la STM loués pour l'occasion. Ils ont tous été arrêtés pour attroupement illégal.

On a procédé à plus de 90 arrestations.

On estime à plus de 600 le nombre d'arrestations lors des derniers quatre jours.


Montréal le 20 avril 2012

Tout le monde dit que Charest doit négocier

Toute la semaine, les dénonciations de la violence de l'État et les appels à négocier avec toutes les associations étudiantes se sont multipliés.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité le 19 avril 2012, le conseil d'administration du collège Édouard-Montpetit « invite le gouvernement du Québec à ouvrir le plus rapidement possible le dialogue avec les représentants du mouvement étudiant pour dénouer la crise actuelle et favoriser le retour en classe des étudiants dans les plus brefs délais, et ce, dans les meilleures conditions ». En effet, la situation devenant de plus en plus préoccupante, le collège considère qu'il est de son devoir de demander au gouvernement de faire preuve d'ouverture et d'enclencher la discussion avec les représentants du mouvement étudiant dans le but de trouver une solution négociée qui conviendrait à toutes les parties en cause.

Réunis en assemblée générale extraordinaire le 1er mars dernier, plus de 3000 étudiants du campus de Longueuil, membres de l'AGECEM, ont voté majoritairement pour le déclenchement d'une grève générale illimitée pour protester contre la hausse des droits de scolarité à l'université. De retour en assemblée générale, les étudiants ont reconduit le vote de grève à trois reprises (les 20 mars, 3 avril et 17 avril), toujours avec une majorité claire. Les étudiants du campus de Longueuil sont en grève depuis maintenant près de sept semaines (31 jours de classe au 23 avril 2012)

Devant l'incapacité de la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Mme Line Beauchamp, à dénouer la crise actuelle avec le mouvement étudiant, le Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Rimouski, celui de Bois-de-Boulogne et celui du campus de Gaspé demandent la démission immédiate de Mme Line Beauchamp.

Au cours des deux prochaines semaines, le Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep de Victoriaville et les syndicats de Matane, de l'Institut maritime du Québec, de Sorel-Tracy et de Rivière-du-Loup soumettront eux aussi cette demande à leurs membres en assemblée générale. Cette démarche fait suite à la réunion du Conseil fédéral de la FEC-CSQ qui s'est tenue le 13 avril dernier.

« Non seulement la ministre est incapable de dénouer la crise, explique Mario Beauchemin, président de la FEC, mais elle favorise, en outre, la judiciarisation du conflit en niant le droit d'association des étudiantes et des étudiants et en bafouant les décisions prises démocratiquement dans les assemblées générales. Pourtant, précise-t-il, la ministre a la responsabilité de faire appliquer la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves et d'étudiants (L.R.Q., A-3.01, section VI, article 64) ».

En regardant passer la parade et en niant ses responsabilités, la ministre place le personnel enseignant et les étudiantes et étudiants dans une position qui met en cause leurs obligations légales et leurs principes éthiques et démocratiques, et de surcroît, elle instaure un climat défavorable à l'apprentissage et aux activités pédagogiques.

Enfin, la FEC-CSQ dénonce les tentatives de la ministre de diviser le mouvement étudiant alors que celui-ci fait preuve d'une solidarité démocratique admirable, courageuse et exemplaire.

Université du Québec en Outaouais


Les étudiants de l'Université du Québec en Outaouais et leurs supporteurs manifestent à Gatineau le 20 avril 2012.

Le Syndicat des professeures et professeurs de l'Université du Québec en Outaouais (SPUQO) dénonce le climat de peur qui s'est installé aux deux principaux pavillons du campus de l'Université du Québec en Outaouais la semaine dernière à Gatineau.

Le SPUQO souligne que la centaine d'arrestations d'étudiants dans la cafétéria du pavillon Lucien-Brault lors d'une manifestation jeudi le 19 avril s'inscrit dans « une semaine où nos membres ont rapporté plusieurs arrestations et incidents qui portent atteinte aux libertés civiles, dont la liberté d'expression et la liberté académique ».

Selon le communiqué du SPUQO, le syndicat des professeurs s'inquiète :

« * de l'effet de la présence massive de forces policières armées sur le campus universitaire de Gatineau.

« * de la captivité de son personnel et de ses étudiants pendant plusieurs heures dans certains immeubles et stationnements de l'université.

« * des instructions contradictoires demandant par intercom au personnel de se barricader dans les bureaux, puis des sonneries continues d'alarme d'évacuation, qui ont causé un état de panique chez le personnel et les étudiants qui se sont heurtés à des portes verrouillées en tentant de sortir du pavillon Brault. »



Violente attaque policière contre les étudiants et supporteurs à Gatineau le 19 avril 2012

Université de Montréal

.

Les différents corps constituants de la communauté de l'Université de Montréal ont tenu quant à eux une manifestation conjointe le 19 avril devant la Faculté de musique. Cette manifestation a dénoncé les mesures judiciaires employées par la direction de l'établissement, la dérive sécuritaire et la présence policière sur le campus. Tous et toutes déplorent le recours par la direction de l'université à une injonction du tribunal afin de forcer la reprise des cours et la tension sur le campus causée par cette mesure.

« Nous trouvons regrettable que l'administration de l'université ait tenté de briser le mouvement de grève par la force des tribunaux. Ce recours témoigne du refus de la direction de reconnaître le caractère démocratique du mouvement étudiant », affirme Ludvic Moquin-Beaudry, étudiant en philosophie et coporte-parole de la Table de grève de l'Université de Montréal.

« Nous constatons que la direction de l'université alimente une dérive sécuritaire par le recours au service de deux compagnies de sécurité privées. Ceci crée une atmosphère de méfiance contraire à la sérénité qui devrait régner dans un établissement d'enseignement et de recherche », déplore Blandine Parchemal, étudiante en philosophie et coporte-parole de la Table de grève de l'Université de Montréal.

La fédération des journalistes

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec s'inquiète quant à elle des incidents qui se répètent où des policiers ne respectent pas le travail des journalistes qui couvrent les manifestations étudiantes.

Le 18 avril, la journaliste Justine Mercier, membre de la FPJQ au quotidien Le Droit d'Ottawa, a été brutalisée par un policier de Gatineau qui l'a projetée par terre.

La Ligue des droits et libertés

Le recours à la judiciarisation et la répression inquiète vivement la Ligue des droits et libertés qui écrit : « La stratégie gouvernementale encourage la judiciarisation du conflit et l'utilisation des tribunaux pour brimer le droit de grève des étudiants. En ayant recours aux injonctions, les autorités refusent de reconnaître les décisions prises démocratiquement par les instances des associations étudiantes et portent ainsi atteinte à la liberté d'association.

« Plutôt que d'être à l'écoute des étudiants et de favoriser la négociation de bonne foi, le gouvernement et les autorités des institutions d'enseignement optent pour la répression. Nous assistons à l'emploi, par les forces policières, de techniques de contrôle de foule condamnées par le Comité des droits de l'Homme : encerclement et arrestation massive (comme en Outaouais), utilisation d'armes chimiques tel le poivre de Cayenne et les gaz irritants. Même des professeurs se font intimider par des agents de sécurité, comme à l'Université de Montréal.

« De plus, la décision de recourir de plus en plus fréquemment au Code de la sécurité routière pour mettre fin à diverses manifestations porte atteinte au droit de manifester. Nous avons été informés que des policiers empêchent systématiquement l'accès à l'université à ceux qui portent un carré rouge : il s'agit là d'une pratique de profilage politique qui porte atteinte à la liberté d'expression et d'opinion.

« Pour Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés, la répression actuelle porte directement atteinte au droit d'association et à la liberté d'expression . La lutte étudiante rappelle le Québec à l'ordre face à ses obligations en matière de droit à l'éducation et nous rappelle que nous avons aussi, tous et toutes, l'obligation de défendre et de promouvoir ce droit dans l'espace public. »


Montréal le 14 avril 2012

Les syndicats

Les leaders de l'Alliance sociale (APTS, CSQ, CSN, FTQ, SFPQ, SPGQ, FECQ, FEUQ) pressent le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation Line Beauchamp de cesser dès maintenant de recourir à la répression policière contre les étudiants du Québec et d'assumer leurs devoirs en négociant avec les représentants de tous les mouvements étudiants, sans aucune exception, afin de dénouer la crise actuelle.

« Après s'être défilés de leurs responsabilités au profit d'une judiciarisation du conflit, Jean Charest et Line Beauchamp vont maintenant encore plus loin en cautionnant, par leur silence et leur inaction, un durcissement de la situation qui se traduit par des forces policières de plus en plus agressives, voire violentes, contre les étudiants. Cette violence policière, cautionnée par l'État, n'est pas plus acceptable que la violence que la ministre Beauchamp voudrait voir condamnée par les jeunes », dénoncent unanimement les membres de l'Alliance sociale.

« C'est la première fois dans l'histoire du Québec qu'un gouvernement est allé aussi loin que de nier et de refuser de reconnaître la démocratie étudiante, préférant privilégier le droit individuel plutôt que les droits collectifs. Il s'agit là d'un grave précédent qui aura des conséquences dans l'avenir et qui, à court terme, est en train de créer un véritable chaos sur les campus, lourd de tensions et de menaces entre groupes d'étudiants eux-mêmes. C'est totalement irresponsable de voir un gouvernement monter les étudiants les uns contre les autres dans le seul but d'arriver à ses fins politiques », déplorent les porte-parole de l'alliance.

(Photos: LML, F. Faddoul, B. Falardeau, M. Martel, Media Coop )

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Les conséquences de la violence policière sanctionnée

Voici à quoi ressemble la démocratie de Charest

Le jeudi 19 avril, la police de Québec a procédé à 49 arrestations d'étudiants de Limoilou et donné 51 constats d'infraction, 49 d'entraves à la circulation (494$) et 2 d'entraves au travail de la police, ce qui représente 24 206 $ d'amendes pour 49 personnes (plus 2 autres inconnues encore). Auparavant, 3 autres arrestations, sous le mot d'ordre « tolérance zéro » de la police, avaient eu lieu dans une précédente manifestation. Les étudiants ont dit qu'ils ne paieraient pas ces amendes. « Je préfère faire des mois de prison plutôt que de payer ça », a dit un étudiant.

Que s'est-il passé ? Afin de dénoncer les trois arrestations précédentes, jeudi après-midi (19 avril), une professeure a voulu donner son cours de philo (éthique et politique) à l'extérieur du cégep, les étudiants se tenant en toute légalité sur le terrain et elle sur la voie publique. La direction lui a retiré la permission de le faire et lui a demandé de donner son cours en classe, ce qu'elle a fait.

Pendant ce temps, des étudiants, profs et membres du personnel sont sortis pour voir ce qui se passait. Plus d'une centaine d'étudiants manifestaient pacifiquement dehors et c'est alors qu'il y a eu l'attaque massive de la police. Imaginez, les jeunes chez eux devant leur cégep sans qu'aucune voiture ne soit empêchée de passer. De toute façon sur ce petit bout rue, il n'y a que ceux qui ont affaire au cégep qui y circulent. Puis, des dizaines de voitures de police et un autobus qui arrivent et bloquent l'entrée du cégep du côté de la 12e rue, empêchant les étudiants de rentrer au cégep, pour ensuite refermer le piège ! Des policiers ont pénétré dans le cégep, sont allés au local où le prof donnait son cours et ont obligé les jeunes à s'identifier avec carte. Ils ont aussi bloqué l'accès du cégep. Dehors, d'autres policiers se sont mis à arrêter les étudiants, sous prétexte qu'ils bloquaient la circulation. Un étudiant, qui leur a dit qu'il n'avait pas droit d'arrêter les étudiants pour avoir bloqué la rue car c'étaient les voitures de police elles-mêmes qui la bloquaient, a été projeté violemment à terre et menotté. On apprend aussi que les étudiants arrêtés une fois sont menacés par la police que la prochaine fois, ils vont les amener au poste et les faire passer devant le juge.

Suite à cela, une trentaine d'étudiants ont tenu une veille avec des chandelles devant le cégep de Limoilou. Encore là, immédiatement, 10 voitures de police ont foncé sur place, sans prétexte, pour les arrêter. Une belle ambiance ...

Et depuis quelques temps, on remarque que tous les déplacements de personnes portant un petit carré rouge sont immédiatement ciblés par un déplacement massif de voitures de police. La police n'a que cela à faire: du profilage de carré rouge ! Il semble aussi qu'il y ait du profilage racial, puisque dans un groupe, c'est l'étudiant arabe qui est plaqué à terre. C'est ainsi que sont ressenties les valeurs profondes défendues par la police ! Les actions policières ont donné du courage à des lâches, certains en profitant pour augmenter les pressions, menaces, injures à l'encontre de ceux qui arborent le carré rouge.

La même journée, le maire Labeaume a fait une grande sortie contre les pompiers sans contrat de travail depuis six ans, les accusant de voler l'argent des taxes payées avec peine par les contribuables. Et la journée du vote de grève des cols bleus de la ville, la ville a envoyé 169 avis de mises à pied aux cols bleus occasionnels, trois jours après qu'ils aient reçu de la ville les tâches qu'ils devaient accomplir cet été.

Cela vous donne une idée du beau «climat» qui règne à la ville de Québec.

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