Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 45 - 19 avril 2012

Mouvement contre la hausse des frais de scolarité

Blâmons le gouvernement, pas les jeunes,
pour l'anarchie et la violence!


Mouvement contre la hausse des frais de scolarité
Blâmons le gouvernement, pas les jeunes, pour l'anarchie et la violence!
Les étudiants dénoncent la judiciarisation et la violence de l'État et poursuivent leurs actions
Militante résistance à la campagne d'arrestations - Un correspondant de l'Outaouais
Ne touchez pas à nos jeunes! - Pierre Soublière


Mouvement contre la hausse des frais de scolarité

Blâmons le gouvernement, pas les jeunes,
pour l'anarchie et la violence!

LML condamne avec véhémence les attaques contre les étudiants et les enseignants à l'incitation du gouvernement Charest, comme on l'a vu hier à l'Université du Québec en Outaouais, à Sherbrooke et dans les rues de Montréal. Nous dénonçons les tactiques d'intimidation utilisées par l'Université de Montréal qui emploie des agents de sécurité avec des gilets pare-balles qui filment les étudiants et les professeurs. Nous nous joignons à la population qui demande qui va payer pour les injonctions contre la grève étudiante qui, comme on le sait, ont déjà coûté 25 000 $ ne serait-ce qu'à l'Université du Québec en Outaouais.

Pour écraser le mouvement d'opposition à la hausse des frais de scolarité et la demande d'un climat politique où les choses peuvent être débattues et des conclusions tirées qui soient justifiées, le gouvernement déclenche la violence et criminalise la résistance. Il déclare ensuite que la violence est maintenant l'enjeu principal, et il fait référence non pas à la violence du gouvernement et des forces policières mais à certains actes qu'il veut attribuer à la CLASSE, malgré toutes les preuves du contraire. Il a déclaré qu'il ne négociera pas avec la CLASSE car, dit-il, elle représente des positions extrémistes et n'a pas de position politique sur la hausse des frais de scolarité, ce qui est faux.

Il faut rappeler à Jean Charest que la CLASSE représente 86 000 des 172 000 étudiants en grève, soit 47 %, et que ce n'est pas à lui de choisir leurs représentants ! Quand il déclare qu'il peut choisir avec qui il va négocier, il oublie que ce sont les étudiants qui choisissent leurs représentants et qu'ils ont choisi la CLASSE. Ce n'est pas à lui de choisir qui représentera les étudiants dans les négociations. C'est absurde.

Pour ce qui est de sa prétention de vouloir négocier seulement avec ceux qui dénoncent la violence, il devrait commencer par demander à sa ministre de l'Éducation et au ministre de la Jeunesse, c'est-à-dire lui-même, d'arrêter de proclamer des décisions qui sont responsables de l'état d'anarchie et de violence qui existe. Ce qui contrarie le premier ministre à ce point, c'est que le peuple québécois refuse d'accepter ses politiques antisociales. S'il n'était pas si extrémiste dans son insistance à lever le gel des frais de scolarité à l'encontre des intérêts du corps politique du Québec, il n'y aurait pas de grève étudiante. Il ne fait pas que décréter la levée du gel, il augmente les frais de 75 % en trois ans, et après il dit que les étudiants sont extrémistes !

LML appelle tous et chacun à dénoncer la violence du gouvernement et de ses agences qui ont créé le climat d'anarchie et de violence actuel. Ce gouvernement est extrêmement cynique. C'est lui qui se retrouve aujourd'hui accusé de corruption et qui est exposé pour ses manoeuvres pour payer les riches mais il blâme ceux qui sont victimes de cette corruption et de ce cynisme, il les criminalise et adopte des lois contre eux. C'est ce qu'il a fait contre les travailleurs de la construction et leurs syndicats et maintenant les étudiants et les organisations qui les représentent subissent le même sort.

Le peuple doit tracer une ligne dans le sable : refusons le modus operandi de ce gouvernement qui consiste à constamment détourner l'attention de ses propres agissements en exigeant que les autres prennent position contre la violence et l'intimidation. Il espère semer la confusion en faisant de la violence la question centrale, plutôt que ses propres politiques et agissements. C'est aux associations étudiantes, professeurs et enseignants et à l'ensemble des Québécois que revient le mérite de n'avoir pas permis au gouvernement d'utiliser la tactique de diviser pour régner et d'avoir dit non à la criminalisation de la résistance ou aux tentatives de la rendre illégitime.

D'abord le gouvernement impose des hausses draconiennes des frais de scolarité et maintenant il lance des ultimatums exigeant que tout le monde accepte ces mesures comme légitimes et la résistance des étudiants comme illégitime ! C'est la vérité à l'envers !

Les étudiants et professeurs ne sont pas des criminels ! Blâmons le gouvernement, pas les étudiants, pour l'anarchie et la violence ! Opposons-nous aux tentatives de créer la division parmi les associations étudiantes pour ensuite prétendre que seules deux d'entre elles sont légitimes. Les étudiants ont choisi les trois ! Ce sont eux, pas le gouvernement, qui choisissent leurs représentants !

Allons dénoncer le gouvernement Charest à la marche de dimanche quand les Québécois et les Québécoises le tiendront responsable de l'abandon des intérêts du Québec le Jour de la Terre !

Blâmons le gouvernement pour l'anarchie et la violence, pas les jeunes !
Non à la criminalisation de la résistance !
Exigeons le maintien du gel des frais de scolarité !

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Les étudiants dénoncent la judiciarisation et la violence de l'État et poursuivent leurs actions

Au moment où les étudiants entament leur 66e journée de grève et que les libéraux s'enlisent dans la crise, la FECQ, la FEUQ, la CLASSE ainsi que leurs alliés, notamment chez les enseignants, dénoncent la poursuite de la judiciarisation et de la violence de l'État et poursuivent leurs actions.

Plus de 171 000 étudiants répartis dans 184 associations étudiantes sont actuellement en grève au Québec.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont réitéré leur position qu'il n'y aura pas de négociations avec la ministre de l'Éducation si la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) n'est pas invitée.

« J'ai un mandat très clair d'exiger que la CLASSE soit présente. La ministre doit s'asseoir avec tout le monde », a déclaré la présidente de la FEUQ Martine Desjardins. Elle demande à la ministre de mettre de côté ses « enjeux électoraux immédiats » et d'attendre que la CLASSE tienne son assemblée samedi.

« On a réévalué un peu, précisé en fait, notre position sur le sujet », a dit le président de la FECQ Léo Bureau-Blouin. Comme la FEUQ exige la présence de la CLASSE, « on n'ira pas tout seul à une rencontre ».

« Il y a deux semaines, Madame Beauchamp ordonnait au mouvement étudiant de reprendre des votes de grève suite à sa bonification des prêts étudiants. Aujourd'hui, elle demande aux porte-paroles étudiants de prendre position en 24 heures, alors que nous sommes en grève depuis neuf semaines, et sans consulter les dizaines de milliers de personnes en grève. La ministre est inconséquente et manque de respect pour les grévistes et la démocratie étudiante», déclare Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE.

La CLASSE dénonce également ce qu'elle considère comme un dérapage du débat. « Le débat sur la hausse des frais de scolarité est un débat de société fondamental et il est en train de déraper vers un débat sémantique et superficiel. Au lieu de faire diversion en montant en épingle quelques actions individuelles, pourquoi madame Beauchamp ne prend-t-elle pas ses responsabilités en ouvrant un dialogue honnête et constructif avec le mouvement étudiant ? », poursuit-il.

« Lorsqu'un manifestant a perdu un oeil au mois de mars, a-t-on entendu la ministre dénoncer la violence policière ? Lorsque deux journalistes ont été arrêtés arbitrairement, a-t-on entendu le premier ministre le dénoncer ? Alors qu'en ce moment même les étudiants et les étudiantes de l'Université du Québec en Outaouais et de l'Université de Montréal sont intimidés et violentés, entend-t-on la ministre dénoncer ces actes ? Absolument pas. Pourquoi alors s'acharner sur les associations étudiantes pour qu'elles dénoncent symboliquement des actions avec lesquelles elles n'ont rien à voir ? », conclut Jeanne Reynolds, aussi coporte-parole de la CLASSE.

« Nous tenons à rappeler aujourd'hui que tant les gestes de violence posés par les policiers que par les étudiants sont déplorables et injustifiables. Par contre, en ne faisant pas preuve d'ouverture à dénouer le conflit, le gouvernement ne fait que jeter de l'huile sur le feu », explique Léo Bureau-Blouin.

La FECQ en profite pour redemander à la ministre de l'Éducation de convier la CLASSE à la table de discussion.


Cégep de Saint-Hyacinthe le 18 avril face à l'injonction.

La FECQ souligne aux étudiants et aux administrations postsecondaires que la judiciarisation du conflit envenime la situation. La Fédération avance que les recours légaux des dernières semaines ont accentué les tensions sur les campus et ont placé le corps professoral dans une position délicate. « Nous invitons les étudiants à respecter le choix démocratique de leur assemblée et à cesser d'intenter des recours en justice. Nous l'avons vu à l'Université de Montréal, à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) et à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), les injonctions ne font qu'aggraver la situation », insiste le président de la FECQ.

La FEUQ tient tout d'abord à dénoncer l'intimidation et la violence dont sont victimes les étudiants et les professeurs qui défendent le droit fondamental de manifester et de faire la grève afin d'obliger le gouvernement libéral de Jean Charest à reculer sur la hausse de 1 625 $ des frais de scolarité, et elle exige de la ministre de l'Éducation qu'elle en fasse autant de son côté. « Le problème avec la ministre, c'est qu'elle, elle n'a jamais dénoncé les débordements des forces policières dans les manifestations comme il a été possible de le voir dans les universités du Québec en Outaouais (UQO) et à Chicoutimi (UQAC), à l'Université de Montréal et à l'Université Concordia. Elle n'a pas condamné les administrations universitaires qui emploient des services privés de sécurité qui intimident les professeurs et les étudiants à l'intérieur même des murs des universités, des agressions qui vont parfois jusqu'à la violence physique, ce que les étudiants n'ont jamais fait. Elle aussi doit être conséquente avec ses exigences », réclame Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.

Pour la FEUQ, la judiciarisation d'un conflit qui est à la base politique n'est surtout pas la voie à suivre. Il n'y a qu'une solution à ce conflit c'est que tous les représentants étudiants soient autour de cette table et qu'ils puissent discuter du noeud du problème : la hausse des droits de scolarité. « L'arrogance de ce gouvernement n'a plus de borne, il refuse même de discuter de l'enjeu et tente de diviser pour mieux régner. C'est irresponsable et inadmissible de la part de M. Charest qui dit représenter l'ensemble de la population. Avec l'attitude qu'il démontre, la FEUQ en doute fortement », poursuit Mme Desjardins.

« Maintenant que c'est fait, la ministre doit convoquer une table de discussion pour qu'on puisse finalement s'asseoir et parler de cette hausse injuste et inéquitable des frais de scolarité. Nous avons écouté ses exigences et nous avons été bons joueurs, maintenant c'est à eux d'être à l'écoute des demandes de la FEUQ et d'inviter tout le monde à une table qui traitera de la question des frais de scolarité. Nous avons des solutions pour le gouvernement, s'il veut réellement régler le conflit, il devra nous écouter et cesser de chercher des échappatoires », conclut la présidente de la FEUQ.

Réunis en Assemblée générale le 18 avril, les professeurs et professeures du Syndicat général des professeurs de l'Université de Montréal (SGPUM) ont adopté plusieurs résolutions.

Les professeurs et professeures du SGPUM :

* « Marquent leur entière solidarité à l'égard de la revendication des étudiants d'être entendus ;

* « Réaffirment l'importance de la prise des décisions démocratiques au sein de l'Université ;

* « Dénoncent le mépris manifesté par le gouvernement et par la direction de l'Université de Montréal à l'égard de nos étudiants, des professeurs et de l'ensemble des membres de la communauté ;

* « Dénoncent le recours à toute forme de violence et expriment leur profonde indignation face à l'embauche d'agents de sécurité armés et exigent le retrait immédiat de ces derniers ;

* « Dénoncent la judiciarisation, par la direction de l'Université de Montréal, du conflit qui oppose le gouvernement du Québec aux étudiants et l'instrumentalisation des professeurs dans ce conflit ;

* « Demandent à la direction de l'Université de renoncer à ses requêtes en injonction ;

* « Réaffirment le principe de la liberté académique des professeurs ;

* « Manifestent leur inquiétude face à la dégradation du climat à l'université ;

* « Insistent sur l'importance de trouver des solutions dans le respect des traditions collégiales et démocratiques de notre institution.

« Les professeurs et professeures du SGPUM :

* « Expriment leur appui et leur solidarité aux collègues et aux étudiants de l'UQO ;

* « Condamnent les menaces de sanction de la part de la direction de l'UQO ;

* « Condamnent le recours à l'injonction et aux méthodes policières brutales. »

Toutes ces résolutions ont été adoptées à l'unanimité.

À l'Université de Montréal, le climat est devenu si intenable que la porte-parole de l'université, Flavie Côté, vient d'annoncer l'annulation des cours.

Depuis lundi, l'administration avait fait appel à une vingtaine de nouveaux agents de sécurité armés de matraque des services spéciaux B.E.S.T.

Les enseignants ont souligné que la tension est devenue palpable lorsque plus d'une centaine d'étudiants ont occupé le hall de la Faculté d'aménagement. Malgré le fait que les conditions n'étaient pas propices pour donner les cours, ceux-ci ont été intimidés par les agents de sécurité.

Le directeur de l'Institut d'urbanisme, Franck Scherrer, a déploré cette altercation qui viole la liberté scolaire des professeurs. « Les agents de sécurité ont posé des gestes maladroits, au-delà de ce qui était envisageable dans leur rôle », a-t-il souligné au Devoir. Déjà dix associations exigent la démission du recteur Guy Breton, de même qu'une pétition signée jusqu'ici par 2300 personnes.

Le Syndicat des professeur-e-s du Collège de Rosemont (SPCR) « dénonce sans équivoque le recours aux injonctions et la judiciarisation sous toutes ses formes dans la lutte contre la hausse des frais de scolarité ». Réunis en assemblée générale, les membres du SPCR ont clairement réitéré leur appui sans réserve au mouvement étudiant. De plus, le SPCR a clairement exprimé sa volonté de défendre les principes, les valeurs et les droits de ses membres qui se fondent sur la démocratie et la liberté académique. « L'attitude inqualifiable du gouvernement Charest dans ce conflit ne fait qu'envenimer la crise sociale actuelle et est parfaitement indigne d'une société démocratique. Comme le gouvernement Charest ne veut que briser le mouvement de contestation par tous les moyens possibles, le règlement du conflit n'est pas un de ses objectifs. Le SPCR tient responsable le premier ministre et sa ministre de l'Éducation de la situation chaotique et parfois violente des derniers jours. »

La Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAÉCUM), les associations membres de la FECQ et de la FEUQ ont participé aujourd'hui 19 avril à une manifestation bâillon qui a débuté au bureau de Jean Charest pour se terminer devant le palais de justice de Montréal. Devant l'abondance d'injonctions déposées contre les associations étudiantes, les étudiants de la région métropolitaine ont placé un bâillon sur leur bouche pour manifester contre cette atteinte à leur liberté d'expression.

« Alors que nous avons vu apparaître des firmes de sécurité privées sur le campus de l'Université de Montréal, nous nous interrogeons afin de savoir combien de temps la ministre va laisser dégénérer la situation. Elle, qui affirmait vouloir rencontrer les organisations étudiantes, s'est lancée dans un débat sémantique par la suite. Pour une fois, pourrait-elle lier la parole aux actes ? », s'indigne Stéfanie Tougas, secrétaire générale de la FAÉCUM.

Des juristes et avocats ont tenu le 18 avril un point de presse aux côtés de la CLASSE pour dénoncer la répression judiciarisée de la grève étudiante. « Cette judiciarisation du mouvement de grève a pour effet de créer un climat de confrontation et s'inscrit en faux avec les votes démocratiques des associations étudiantes » ont-ils affirmé. Ils ont également tenu à souligner que la grève n'est pas un droit conféré aux seuls travailleurs et ne fut pas créée par le Code du travail.

La détermination des étudiants et de leurs nombreux alliés ne laisse planer aucun doute.

À l'Université de Sherbrooke, étudiants et enseignants résistent également aux injonctions. Le 18 avril, 19 d'entre eux ont été arrêtés par le Service de police de Sherbrooke pour avoir bloqué l'accès des bureaux régionaux du ministère de l'Éducation.

Les étudiants qui ont refusé de quitter après avoir reçu un avis d'éviction ont été emmenés au Service de police de Sherbrooke où on leur a remis des constats d'infraction de 140 $.

Le responsable aux affaires externes de l'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke, Olivier Mercier, a fait valoir que ces billets seraient contestés en bloc. « On essaie de se faire entendre par les instances régulières, mais visiblement ça ne fonctionne pas. La démocratie, il faut la ramener dans la rue », a-t-il fait valoir.

À Montréal le 18 avril, les étudiants ont brièvement occupé une succursale de la banque CIBC avant d'être délogés par le SPVM qui a utilisé gaz irritants et un engin fumigène. On a procédé à deux arrestations.

Les nombreuses actions se poursuivent. Les étudiants participeront vendredi à une action conjointe avec les autochtones contre le Plan Nord. Ils seront également présents dimanche 22 avril à l'occasion de la Journée de la terre.

L'Éducation est un droit ! Appuyons la juste lutte des étudiants ! 

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Militante résistance à la campagne d'arrestations


Dans un champ près de l'Université du Québec en Outaouais où il y a eu 160 arrestations le 18 avril 2012. (Isabelle Thériaul

Le mercredi 18 avril, à partir de 8 heures, des étudiants, professeurs et syndicalistes de l'université et du cégep de l'Outaouais, avec leurs supporters, ont manifesté à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) dans le cadre des actions des étudiants contre la hausse des frais de scolarité. Parmi les syndicats présents il y avait le conseil central de la CSN, le Syndicat des travailleurs et travailleurs des postes de l'Outaouais, l'Alliance de la fonction publique, le syndicat des professeurs du cégep, des professeurs de l'UQO, des professeurs de ont appuyé les étudiants. Le plan de la police était tolérance zéro. L'anti-émeute a réussi à coincer la manifestation sur la promenade du Lac-des-Fées, ne laissant personne sortir. Cent soixante personnes ont été arrêtées.

Après avoir manifesté au Pavillon Taché contre l'injonction et l'occupation de l'université par la police, la manifestation, tout de suite encadrée par la police, s'est dirigée le pavillon Brault. Pour éviter l'escouade anti-émeute, elle s'est engagée sur la promenade du Lac-des-Fées et a été immobilisée par un cordon d'escouade anti-émeute devant elle, puis la police de Gatineau a fermé le quadrilatère en arrière et sur les côté, refusant de laisser partir qui que ce soit et se faisant vraiment menaçante. Les arrestations ont commencé vers 11 heures et se sont poursuivies jusqu'à 15 heures. Transportés aux postes de police de Hull et de Gatineau, tous ont été libérés en début de soirée. Un billet d'infraction d'entrave à la circulation va être envoyé d'ici un mois.

Cependant, aucune condition n’a été imposée, ce qui fait qu’à peu près tous ceux arrêtés  étaient de retour à la manifestation de ce matin, le jeudi 19 avril. La manifestation était plus importante. Plus de 600 étudiants et supporters. Quelques étudiants ont été attaqués au poivre de Cayenne par la police de Gatineau au pavillon Taché occupé par la police. Chaque fois que la manifestation s'approchait d'un pavillon de l'université, l'escouade anti-émeute de Gatineau et l'escouade anti-émeute de la SQ bloquaient la route. Lorsque la manifestation est allée au bureau de circonscription de la députée libérale de Hull, sur St-Joseph, même chose. Vers midi, la manifestation est retournée au pavillon Brault et deux étudiants ont été matraqués et blessés par l'anti-émeute de Gatineau. Environ 150 étudiants sont entrés par une porte de côté dans la cafétéria du pavillon. Les autres étaient bloqués par l'anti-émeute. Les professeurs ont obtenu la levée des cours par l'université. Là encore la police a refusé de laisser sortir les étudiants et fait environ 150 arrestations, mais cette fois c'est pour méfait, les comparutions devant un juge ont commencé en soirée.

Cela fait un total de plus de 300 arrestations en deux jours en Outaouais. Le plein poids de l'État est utilisé contre les étudiants et leurs alliés : les tribunaux pour les injonctions et les accusations, la police et l'escouade anti-émeute de Gatineau, l'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec, la direction de l'UQO qui ordonne aux professeurs d'enseigner sous occupation policière et laisse la police arrêter des professeurs, la mairie de Gatineau qui met au service de la police les autobus municipaux de la STO pour transporter l'escouade anti-émeute et aussi pour parquer les étudiants arrêtés et les transporter aux postes de police.

Les injonctions et autres tentatives d'intimidation ne briseront pas la détermination et la résistance des étudiants. Ils ont réussi à fermer l'université depuis le début de la semaine. En soirée, le recteur de l'université a annoncé la fermeture jusqu'à lundi matin. Autrement dit, les étuidants ont atteint leur objectif d'obliger le recteur à mettre fin à l'occupation policière de l'université et à cesser de forcer les professeurs à enseigner sous occupation policière.

(Photos: Andy Crosby/Media Coop)

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Ne touchez pas à nos jeunes!

Les propos tenus le 18 avril par la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, démontrent le mépris qu'a le Parti libéral pour les jeunes, pour la population en général et, surtout, pour toute notion de droits et de démocratie. Lors d'une entrevue télévisée à la suite d'une journée d'interventions policières et d'arrestations massives des étudiants, la députée libérale a joué le rôle typique des libéraux, celui de blâmer les étudiants eux-mêmes pour ce qu'elle a appelé tout bonnement des « débordements ».

D'abord elle s'est dit en état de « désarroi » et a dit que la population partageait ce désarroi, sans dire que celui-ci vient plutôt du fait de la violence et de la brutalité sauvage déchaînées contre les jeunes et les professeurs, comme s'ils n'étaient pas partie intégrante de la « population ». Quant à l'appui des syndicats des professeurs à la lutte des étudiants contre la hausse des frais de scolarité, elle a dit que les syndicats étaient un « modèle à ne pas suivre » et a fait appel au « sens du civisme » de tous les concernés — à l'exception, bien sûr, de l'escouade anti-émeute que les étudiants ont dénoncée pour avoir recours au profilage et au harcèlement des jeunes qui affichaient ouvertement le carré rouge.

La députée libérale a eu l'audace de dire « on ne sait pas ce que les étudiants veulent », alors que les étudiants et les professeurs déclarent sur tous les toits que cette lutte contre la hausse est surtout pour les générations futures. Des jeunes du secondaire à Montréal manifestaient récemment en déclarant que c'est au peuple de décider de son avenir, et n'importe quel enfant du primaire dont le frère ou la soeur — ou le parent — est touché par ces hausses sait de quoi il relève.

Le gouvernement Charest dont le premier ministre est aussi ministre de la Jeunesse ( !) doit être dénoncé sans réserve pour ces actions. La députée de Hull a dit que c'est une « décision de la Cour » et que ce n'est pas aux gens de remettre en question une telle décision même si, selon toutes les prédictions, cette décision allait envenimer la situation mais aussi donner un prétexte à la violence policière de se déchaîner contre les jeunes et contre tout le monde qui ose s'afficher en appui aux étudiants. Cette décision est condamnée par les étudiants qui ont très bien compris que c'est leur démarche démocratique qui a été lésée et qu'on tente d'étouffer en invoquant le « civisme » tandis qu'on les attaque en les arrêtant, en les menaçant et en leur imposant de lourdes amendes. Les travailleurs ont beaucoup d'expérience avec ces méthodes de fiers-à-bras qui se cachent derrière le « sens du civisme » du gouvernement libéral. C'est le sens de la corruption et d'être à genoux devant les Rio Tinto de ce monde pour jeter les travailleurs à la rue comme s'ils étaient des moins que rien comme ils l'ont fait à Alma au mois de décembre.

Voilà pour le « civisme » de Mme Gaudreault et de son Parti libéral !

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