Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 41 - 13 avril 2012

Opposition à la hausse des frais de scolarité

La judiciarisation de la grève: preuve de faillite de l'argument politique du gouvernement Charest

  
Manifestation populaire à Montréal

Samedi le 14 avril - 13 h
Parc Jeanne-Mance (coin Mont-Royal et Parc)

 

Pour plus d’informations : www.bloquonslahausse.com 

Opposition à la hausse des frais de scolarité
La judiciarisation de la grève: preuve de faillite de l'argument politique du gouvernement Charest

Gestes de plus en plus désespérés de Rio Tinto Alcan
Qui au juste fait du chantage? Un effort désespéré de RTA pour tourner la vérité sans dessus-dessous - Pierre Chénier
Accusations absurdes pour faire taire les travailleurs d'Énergie électrique

Cinquième sommet des peuples des Amériques
Les peuples des Amériques se font entendre à Cartagena, Colombie


Opposition à la hausse des frais de scolarité

La judiciarisation de la grève: preuve de faillite de l'argument politique du gouvernement Charest

Au moment où les étudiants entament leur huitième semaine de grève, le gouvernement Charest lance une provocation après l'autre, allant jusqu'à invoquer le « droit le plus stricte » d'aller à ses cours et la volonté de « la majorité silencieuse » pour justifier ses mesures antisociales. Malgré cela, les étudiants sont déterminés à défendre leurs droits et gagnent de nouveaux appuis.

Plus le gouvernement se discrédite en attaquant le droit à l'éducation, plus il devient irrationnel dans son argumentation.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a lancé le 11 avril un appel à la poursuite des cours. Elle a invoqué le Code du travail pour déclarer que le débrayage était illégal. Autrement dit, incapable de faire valoir politiquement que la hausse des frais de scolarité est dans l'intérêt général de la société, le gouvernement Charest choisit de criminaliser la résistance des étudiants.

La ministre a dit dans une entrevue à Radio-Canada qu'elle a elle-même sollicitée : « On est devant des gens dont certains décident de boycotter leurs cours, mais les autres, ils sont en plein droit de demander d'y avoir accès. C'est donc un rappel, et les injonctions gagnées par les étudiants le démontrent, en plus du possible recours collectif annoncé, on doit répondre en fonction de la loi. »

Depuis Sao Paulo, au Brésil, où il se trouve pour faire la promotion de son Plan nord, le premier ministre est venu à la rescousse de sa ministre. Incapable de faire valoir la hausse avec un argument politique, Charest a recouru à la même désinformation qu'il utilise contre les travailleurs, affirmant que les votes de grève qui se prennent dans les assemblées générales des étudiants ont lieu dans un « climat d'intimidation » comme celui qui règne dans l'industrie de la construction. C'est d'une effronterie sans pareil, surtout quand on sait que la corruption et collusion dans la construction ne sont pas le fait des travailleurs et des syndicats mais bien du gouvernement et des entreprises avec lesquelles il fait affaire.

À l'instar de la ministre de l'Éducation, il a ajouté qu'il faut parler de boycott et non de grève. Les leaders du mouvement étudiant devront donc accepter que les étudiants poursuivent leur session « sans qu'on cherche à les bloquer dans leur droit le plus strict d'obtenir une éducation », a-t-il ajouté.

Les tentatives de judiciariser le conflit se frappent
à la résistance des étudiants et des professeurs

L'administration du Collège Valleyfield a pris la balle au bond et annoncé, malgré le vote de grève pris démocratiquement, le retour en classe pour le 12 avril. Mal lui en pris, puisque plus de 500 étudiants accompagnés d'enseignants et de travailleurs viennent d'empêcher la reprise des cours.

« On dénonce l'irresponsabilité du collège qui met en danger la sécurité de nos étudiants, a dit Mélanie Dutemple, professeur au cégep. On est en furie, c'est la démocratie qui est bafouée. »

« Le message est clair : ce ne sont ni les injonctions ni les décrets unilatéraux des administrations qui mettront fin à cette grève. Le mouvement ne s'essouffle pas et il tiendra jusqu'au recul des libéraux, point à la ligne », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE. Il a ajouté que 14 associations étudiantes ont reconduit la grève mardi le 10 avril, y compris aux collèges Montmorency, Maisonneuve, André-Laurendeau et Sherbrooke ainsi que dans plusieurs départements et facultés des universités de Montréal et de Sherbrooke. À l'Université Laval, les étudiants de sociologie, de création et d'études littéraires, d'histoire, de géographie, de foresterie et de physique ont déjà voté pour la reconduction de la grève.

« Ça montre que l'offre bidon proposée par la ministre n'est pas cautionnée par les étudiants », lance le président de la Confédération des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Martin Bonneau.

« Cette tentative de briser la grève votée démocratiquement est absolument inacceptable. Si on veut mettre fin à la grève, il n'y a qu'une solution : annuler la hausse des frais de scolarité », déclare Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la Coalition, et étudiante au Collège de Valleyfield.

Pour la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), « les déclarations de la ministre démontrent l'incapacité du gouvernement à régler le conflit. En incitant à la judiciarisation du conflit plutôt qu'en ouvrant la porte à une vraie négociation, le gouvernement s'enfonce dans une impasse dont la société pourrait devoir payer le prix. Si l'établissement doit reconnaître l'association étudiante, comment la ministre Beauchamp peut-elle faire fi des décisions prises démocratiquement en assemblée générale ? », explique son président, Bernard Bérubé.

« Dans un tel contexte, un retour forcé le 12 avril place les profs entre l'arbre et l'écorce. S'ils respectent les directives de leur employeur et dispensent leur cours, ils font fi d'une décision prise de façon démocratique par leurs étudiants », dit Jean Trudelle, le président de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ). Avouons que cela est peu propice à la réalisation d'objectifs pédagogiques, précise dans le communiqué.

« L'attitude de la ministre nous apparaît hautement irresponsable et l'incitation à forcer un retour en classe ne fera que jeter de l'huile sur le feu. Cela risque de générer des affrontements et de radicaliser davantage les positions », poursuit-il.

« Le refus obstiné du gouvernement d'amorcer un dialogue ne mène à rien. Il importe de trouver une solution à la crise qui a cours, mais ce n'est certes pas en imposant un retour en classe par la voie de la judiciarisation que l'on y arrivera », conclut Jean Trudelle.

L'endettement des étudiants n'est pas une « solution »

Quant aux « propositions » de la ministre Beauchamp, elles ont été rejetées par les étudiants. « Les propositions faites hier [6 avril] par la ministre, c'était pour diviser le mouvement et discréditer les leaders étudiants. Alors aujourd'hui, on répond en force. On a consulté nos associations et tout le monde a répondu ‘présent‘ », a dit Martine Desjardins de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), ajoutant que « le petit jeu » de la ministre n'a pas fonctionné.

« C'est important de rencontrer la ministre pour lui expliquer à quel point l'annonce qu'elle a faite ne convient pas. L'endettement étudiant n'est pas une solution à l'accessibilité aux études et c'est avec un vrai dialogue qu'on va mettre fin au conflit », a dit Léo Bureau-Blouin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Garantir à la fois le droit à l'éducation et l'intérêt
général de la société québécoise

Le comité de condition féminine de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) vient de donner son appui aux étudiants. « Historiquement, l'éducation a joué un rôle important dans l'émancipation des femmes qui n'est plus à prouver », affirme Josée Marcotte, vice-présidente responsable du personnel de bureau, techniciens et professionnels de l'administration et responsable de la condition féminine à la FSSS. « L'accès à l'éducation a toujours été l'un des chevaux de bataille des mouvements féministes. En accédant à l'éducation, les femmes de tout temps et de tous lieux ont pu espérer de meilleures conditions de vie par l'accession à une égalité réelle. Elles ont aussi pu aspirer à la possibilité d'occuper un emploi et d'obtenir un revenu, gage d'indépendance. »

Le sociologue Guy Rocher, membre de la Commission Parent qui a mené à la création des cégeps et du ministre de l'Éducation dans les années soixante, a a rappelé que l'élimination des droits de scolarité était la position adoptée par la Commission Parent en 1965. « Pour des raisons conjoncturelles, étant donné les grandes dépenses du gouvernement, qui s'apprêtait à réformer tout le système, l'argent n'a pas été consacré à cette gratuité. Mais on espérait qu'à plus ou moins long terme, la gratuité soit appuyée. Sauf que tranquillement, le gouvernement a plutôt adopté la perspective néolibérale du consommateur-payeur », déplore le professeur de l'Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche en droit public.

La Coordination du Québec de la Marche Mondiale des femmes (CQMMF) s'est rassemblée le 12 avril devant les bureaux du ministère de l'Éducation à Montréal en signe de solidarité envers les étudiants en grève.

« On a qu'à penser à l'étudiante type, qui est en fait mère et travailleuse à temps partiel. On a qu'à penser aux femmes vivant avec un handicap qui souhaitent étudier pour agir comme citoyennes et travailleuses. On a qu'à penser aux femmes immigrantes qui pourraient avoir peur de contracter d'importants prêts pour étudier sans garantis d'emploi », s'exclame Éve-Marie Lacasse, porte-parole de la CQMMF.

La présidente du Conseil provincial du secteur universitaire (CPSU), Carole Neill, se dit renversée par l'arrogance du gouvernement Charest dans ce dossier. « C'est proprement scandaleux, lance la présidente du CPSU. Au lieu de rencontrer les étudiants, le gouvernement s'en remet aux dirigeants des universités et des collèges et leur refile l'odieux de la situation. La ministre Line Beauchamp devrait engager le dialogue avec les leaders étudiants et démontrer enfin sa bonne foi. C'est ce que la population québécoise attend de la ministre de l'Éducation. »

D'autre part, réunis en Conseil général la semaine dernière, les quelque 130 délégués du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS), parlant au nom des 20 000 membres du SCFP du secteur de la santé et des services sociaux, ont également souligné leur appui aux étudiants, tout en demandant au gouvernement de négocier avec les associations étudiantes.

Les étudiants poursuivent leurs actions


Les étudiants tentent de bloquer l'entrée du siège social de la Banque nationale à Montréal et sont pris entre
deux rangs de policiers et aspergés de poivre de Cayenne, le 11 avril 2012. (CUTV)

Pendant ce temps, plusieurs associations étudiantes ont voté pour une reconduction de la grève. Les étudiants et leurs alliés refusent de se laisser intimider et disent qu'ils vont continuer de s'appuyer sur la justesse de leur cause. Le 11 avril au matin, les étudiants ont fait des institutions qui profitent de leur endettement la cible de leur action. Ils ont tenté de bloquer l'entrée du siège social de la Banque nationale à Montréal mais leur action a été déclarée illégale et la police les a délogés de force. La brutalité envers les étudiants a choqué plusieurs travailleurs présents.

Durant la journée, une douzaine de marches d'étudiants ont eu lieu. En soirée, les étudiants se sont rencontrés au parc Émilie-Gamelin pour une marche nocturne.

À Québec, près d'une centaine d'étudiants ont brièvement occupé les locaux d'une succursale de la Banque CIBC et d'une succursale de la Banque nationale en matinée.

En fin d'après-midi, le 12 avril, environ 700 étudiants ont envahit le Hall d'honneur du Pavillon Roger-Gaudry de l'Université de Montréal où se trouve le bureau du recteur. Ils ont dénoncé l'administration qui vient d'obtenir une injonction interlocutoire provisoire jusqu'au 20 avril pour empêcher le blocage des accès de l'établissement.

Selon un sondage Léger Marketing effectué pour le compte de la FECQ, 47 % des Québécois se disent insatisfaits de la façon dont la ministre gère le dossier de la crise étudiante.

Soixante-cinq pour cent d'entre eux souhaitent que le gouvernement entame des discussions avec les étudiants. « La ligne dure de la ministre ne passe pas. Elle doit ouvrir son jeu et entamer un dialogue avec les étudiants », de conclure le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin.

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Gestes de plus en plus désespérés de Rio Tinto Alcan

Qui au juste fait du chantage? Un effort désespéré de RTA pour tourner la vérité sans dessus-dessous


Le 6 avril, après avoir rompu les négociations avec le syndicat suite à une rencontre d'à peine plus d'une heure, le chef négociateur de RTA a accusé en point de presse les travailleurs d'Alma de se livrer à du chantage et à de l'agression. Où Rio Tinto voit-il le chantage et l'agression ? Dans le fait que les travailleurs d'Alma persistent à s'opposer à la détérioration des conditions de travail et de vie dans la région et à demander le maintien d'une masse critique de travailleurs syndiqués STAA de façon à pouvoir mener une bataille efficace à la défense non seulement des droits des travailleurs de Rio Tinto mais des droits de tous. Le monopole international Rio Tinto Alcan, par contre, essaie d'abaisser toutes ces conditions en utilisant des travailleurs à contrat non syndiqués STAA, travaillant côte-à-côte avec les travailleurs syndiqués, mais à des conditions très inférieures. Le même monopole refuse de négocier de bonne foi et de discuter des demandes des travailleurs de façon rationnelle, mais il persiste quand même à se prétendre le champion de l'emploi régional peu importe les conditions inférieures et l'insécurité qu'il impose aux travailleurs. C'est ce même monopole qui a expulsé par la violence les travailleurs pendant leur quart de travail 24 heures avant l'expiration de la convention collective, et poursuit et menace les organisations et individus qui dénoncent son lockout. C'est aussi ce même monopole qui est soupçonné de collusion avec les autres monopoles de l'aluminium pour manipuler par le biais du lockout les prix de l'aluminium et qui en fait a planifié ce frauduleux lockout depuis 2007 par son entente secrète avec le gouvernement du Québec et Hydro-Québec. C'est en vertu de cette entente que RTA reçoit plus de 10 millions $ par mois pour l'hydro-électricité qu'il produit mais n'utilise pas, tandis que les travailleurs ont été jetés à la rue.


Plus Rio Tinto tourne la vérité sans dessus-dessous, plus il est discrédité. Ses attaques anti-ouvrières et son abus de sa position de pouvoir et de privilège ajoutent encore à son discrédit et à son isolement. Le monopole a échoué à imposer sa prétention à l'effet que la seule façon de développer le secteur de l'aluminium dans la région, c'est d'imposer des conditions qui sont totalement en deça de celles pour lesquelles les générations précédentes de travailleurs ont combattu. Il a échoué à dresser la population contre les travailleurs en les dépeignant comme étant hostiles à l'emploi régional et aux investissements, et comme étant des vandales qui sabotent les machines mettant en danger la sécurité des gens de la région. C'est le contraire qui s'est produit. Ce ne sont pas seulement les travailleurs, mais des gens de tous milieux qui en ont plus qu'assez de l'arrogance de Rio Tinto. L'appui à la lutte des travailleurs d'Alma grandit, nous l'avons tous vu le 31 mars avec cette vaste participation à la manifestation à Alma et l'enthousiasme qui s'est exprimé pour la position de principe des travailleurs d'Alma. Tout le monde reconnaît que ces travailleurs combattent pour des emplois décents et syndiqués qui bénéficient à la région et aux générations à venir et que ce combat maintient vivant le combat des générations antérieures qui ont consenti des sacrifices pour élever le niveau de vie de tous. Ce sont les travailleurs qui défendent les intérêts du Québec face à un gouvernement qui refuse de le faire.

Même après avoir été assaillis par des gardes de sécurité provenant de l'extérieur de la région et mis en lockout, les travailleurs ont maintenu le cap sur la présentation d'arguments faisant valoir la nécessité de préserver des emplois bien payés dans la région. Rio Tinto n'en est pas moins demeuré totalement arrogant, se réfugiant dans ses lubies comme quoi c'est seulement à Alma qu'il a connu des problèmes de travail depuis 15 ans dans le monde entier. C'est totalement faux évidemment, mais Rio Tinto n'en a que pour le dogme néolibéral selon lequel si les travailleurs veulent prospérer, ils doivent accepter d'être asservis et accepter que l'emploi à des conditions gagnées par des décennies de luttes soit transformé en emploi précaire qui ne reconnaît aucun standard.

Dans son isolement et son désespoir, Rio Tinto va maintenant jusqu'à accuser les travailleurs de le faire chanter pour lui extorquer des concessions ! On l'aurait agressé pour lui soutirer des concessions ! L'extorsion de concessions qui est à l'oeuvre ici, c'est celle de Rio Tinto Alcan exigeant des travailleurs qu'ils lui reconnaissent un droit absolu de faire de la sous-traitance.

En accusant de façon insensée les travailleurs de se livrer au chantage et à l'agression, Rio Tinto nous montre qu'il ne se reconnaît pas un devoir de négocier de bonne foi avec les travailleurs. Il semble penser pour le moment qu'il va être capable de continuer à utiliser son lockout pour faire monter les prix de l'aluminium pendant que le gouvernement du Québec continue de lui donner notre électricité, ce qui constitue le plus gros avantage concurrentiel dont jouit la compagnie dans le monde.

C'est là-dessus qu'il faut frapper pour empêcher Rio Tinto d'agir en toute impunité. Le gouvernement du Québec doit révoquer l'entente secrète et cesser d'intervenir dans le conflit d'une façon qui donne tout pouvoir à Rio Tinto d'agir en toute impunité.

Plus Rio Tinto devient hystérique, plus nous devons tous élever notre voix pour demander que Rio Tinto reconnaisse les justes demandes des travailleurs et leur syndicat.

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Accusations absurdes pour faire taire
les travailleurs d'Énergie électrique


Sur son site web, le Syndicat des employés d'énergie électrique révèle que Rio Tinto lui a demandé de cesser de nuire à ses intérêts pendant le lockout. Énergie électrique est la division de Rio Tinto qui opère les 6 barrages et les lignes de transmission de RTA sur les rivières Peribonka et Saguenay. Ces travailleurs sont membres de la section 1926 des Travailleurs canadiens de l'automobile et ils sont d'ardents supporteurs de la lutte des travailleurs d'Alma et des participants réguliers à leurs actions. RTA a servi une mise en demeure au syndicat et à son président Pierre Simard le 14 mars et les médias locaux en ont révélé le contenu depuis.

Selon les médias, la mise en demeure accuse le syndicat et son président d'une série d'activités qu'elle décrit comme nuisibles aux intérêts da la compagnie et contraire à ce qu'elle appelle le devoir de loyauté des travailleurs face à l'entreprise. La mise en demeure vise en particulier la divulgation d'informations dites confidentielles sur la production d'hydro-électricité par RTA et l'entente entre le gouvernement du Québec, Hydro-Québec et Rio Tinto sur les échanges d'énergie pendant le lockout. C'est vraiment frauduleux de prétendre que le syndicat brise le sceau de la confidentialité parce que l'entente secrète entre le gouvernement, Hydro-Québec et RTA qui force la société d'État à acheter toute l'hydro-électricité inutilisée de Rio Tinto pendant le lockout est maintenant connue de tous. Ce que fait le syndicat c'est de dire combien d'argent RTA touche de cette vente d'hydro-électricité à Hydro-Québec. C'est tellement confidentiel qu'on peut trouver les mêmes chiffres sur le site web de Radio-Canada. Les médias locaux rapportent aussi que RTA accuse le syndicat et son président de prendre des congés non autorisés pour aller appuyer les lockoutés, de mettre des auto-collants syndicaux en appui aux travailleurs d'Alma et de refuser de faire du temps supplémentaire. Les médias rapportent, et la représentante aux communications de RTA a confirmé, que la mise en demeure accuse le syndicat et son président de briser son devoir de loyauté envers l'entreprise et rappelle le président à ce soi-disant devoir.

Le maire de Saguenay Jean Tremblay a critiqué publiquement RTA pour cette mise en demeure et déclaré que les ententes qui gouvernent les ressources naturelles au Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent être publiques et non secrètes.

En début d'avril, les TCA ont déposé une requête à la Commission des relations du travail pour que soient levées les références au manque de loyauté de Pierre Simard, qui n'a jamais, selon eux, dérogé à son devoir d'employé et de président de syndicat. La requête est assortie d'une demande d'indemnité de 10 000 $ pour dommages exemplaires et de la possibilité d'ajouter à la plainte une demande d'ordonnance provisoire en cas de mesures disciplinaires contre Pierre Simard.

Au nom des travailleurs en lockout, le président du syndicat Marc Maltais a exprimé l'appui du syndicat à Pierre Simard et au Syndicat des employés d'énergie électrique. Il a dit que la mise en demeure et l'injonction obtenue par RTA dès le début du lockout pour limiter le piquetage font partie d'une campagne de peur menée par Rio Tinto pour forcer les travailleurs au silence. C'est un signe, a-t-il dit, que l'opinion publique n'est pas du côté de Rio Tinto et que la peur est tout ce qui lui reste.

Rio Tinto Alcan n'est pas capable d'attaquer la justesse de la cause des travailleurs et de leurs alliés et il en est réduit à la criminalisation et aux calomnies pour tenter de faire échec à ce combat.

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Cinquième sommet des peuples des Amériques

Les peuples des Amériques se font entendre à Cartagena, Colombie


Au sommet des peuples de Cartagena, Colombie, le 12 avril 2012. À gauche: un forum sur le libre-échange.
À droite: un forum sur les mines.

Le 12 avril, le 5e Sommet des peuples s’est ouvert à Cartagena, Colombie, parallèlement à la tenue du soi-disant Sommet des Amériques, qui se tient les 14 et 15 avril dans la même ville. Les chefs d'État de tous les pays des Amériques sont attendus au soi-disant Sommet des Amériques, à l'exception de Cuba qui est exclu en raison du veto du Canada et des États-Unis au sein de l'Organisation des États américains (OÉA), et de l'Équateur qui refuse d'y participer à cause de l'exclusion de Cuba.

Au Sommet des peuples, les représentants des peuples des Amériques se font entendre pour que les vraies préoccupations des peuples soient exprimées, selon Enrique Daza, le directeur national du Centre de recherche sur le travail, un membre de l'Alliance continentale et organisateur du forum des nations.

Daza a expliqué à Prensa Latina que le Sommet des Peuples a lieu en dehors de la rencontre officielle de l'OÉA afin que les propositions d'intégration et les demandes des mouvements sociaux soient prises en considération. Il a souligné que l'ordre du jour de l'OÉA pour le soi-disant Sommet des Amériques va débattre d'une série de questions prédéterminées et choisies pour le fait qu'elles ne portent pas à controverse, au lieu de s'adresser aux vrais problèmes qui préoccupent les peuples des Amériques.

Le Sommet des peuples est l'affirmation que les peuples ont le droit d'exprimer leurs opinions sur les questions les plus urgentes pour la région, a-t-il fait remarquer.

L'événement comprend trois sessions : la première sur l'intégration, la militarisation et les droits humains, sur les changements climatiques et une économie durable, et la souveraineté territoriale, alimentaire et agraire, ainsi que le libre-échange et la crise économique.

Le 13 avril, les collectifs de femmes et d'étudiants ainsi que des organisations religieuses, syndicales et des droits humains se sont rencontrés dans le cadre de diverses rencontres. Une assemblée approuvera la déclaration des Peuples des Amériques, qui sera acheminée au forum présidentiel du soi-disant Sommet des Amériques grâce à une mobilisation de la population dans les rues de Cartagena.

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