Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 39 - 6 avril 2012

Opposition à la hausse des frais de scolarité

Non à la judiciarisation de la lutte des étudiants
à la défense du droit à l'éducation pour tous!

Opposition à la hausse des frais de scolarité
Non à la judiciarisation de la lutte des étudiants à la défense du droit à l'éducation pour tous! - PMLQ
Les étudiants dénoncent le recours aux tribunaux: un problème politique exige une solution politique!
Les étudiants poursuivent leur mouvement de grève et leurs actions


Non à la hausse des frais de scolarité

Non à la judiciarisation de la lutte des étudiants
à la défense du droit à l'éducation pour tous!

Le PMLQ dénonce les récentes manoeuvres du gouvernement Charest, par le biais d'instances judiciaires, de directions d'institutions de l'enseignement et des forces policières, pour judiciariser et criminaliser la lutte que mènent les étudiants du Québec pour le droit à l'éducation pour tous. Des étudiants d'Alma se sont faits menacer par l'administration, appuyée par la police et les gardiens de sécurité sur place, de perdre leur session s'ils refusaient d'aller à leur cours et de se soumettre à l'injonction forçant le retour en classe. Des injonctions ont été accordées par la Cour supérieure du Québec pour briser la grève étudiante à Montréal et Québec sous prétexte que le code du travail ne s'applique pas quand les étudiants font la grève. Honte au gouvernement Charest qui est entièrement responsable de la crise actuelle par son obstination à vouloir hausser les frais de scolarité.

Le PMLQ dénonce l'arrogance des récentes déclarations de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp. Elles témoignent du désespoir du gouvernement Charest face à la détermination des étudiants. La ministre cherche à diviser les étudiants avec des élucubrations à l'effet que les étudiants qui sont contre la hausse défendent une «cause sociale» alors que ceux qui demandent des injonctions contre la grève défendent leur «droit individuel». C'est une pitoyable tentative d'opposer les droits individuels aux droits collectifs tout en faisant abstraction de l'intérêt général de la société. En réalité, il s'agit d'un prétexte pour justifier le recours à la loi et l'ordre en faveur de ce qu'elle appelle les droits individuels. C'est pure hypocrisie, car l'harmonisation des droits individuels et collectifs avec l'intérêt général de la société est une affaire qui appartient à l'ensemble du corps politique et ne se réalise pas par décret gouvernemental ni par l'intervention des tribunaux. Le recours aux tribunaux, à la désinformation, à la violence policière et au diktat gouvernemental expose le refus du gouvernement de rendre des comptes sur la place publique. C'est pour cacher l'offensive généralisée qui se mène au Québec contre le bien public, et aussi contre les droits individuels et collectifs des étudiants, pour servir les intérêts privés de ceux qui veulent accaparer nos ressources pour l'enrichissement privé. Les étudiants qui s'opposent massivement à la hausse des frais de scolarité défendent le bien public contre l'imposition généralisée du droit de monopole au Québec aujourd'hui.

Le fondement antisocial de la demande
que les étudiants « fassent leur part »

Charest soutient que les étudiants doivent faire leur part, qu'ils vont à l'école pour s'enrichir plus tard dans la vie alors c'est naturel qu'on leur demande de payer. Pour lui, les étudiants représentent des intérêts spéciaux, ils sont à l'extérieur de la société, ils n'en font pas partie. Il y a ceux qui contribuent déjà (les « contribuables » - cette abstraction invoquée par Charest pour marginaliser les étudiants) et les étudiants qui doivent contribuer et faire leur part. Leurs demandes ne feraient pas partie des réclamations que tous sont en droit de faire à la société du fait qu'ils naissent en société et dépendent de la société pour leur existence. Cela comprend le droit de la jeunesse de s'éduquer pour servir la société, et la responsabilité du gouvernement est de garantir ce droit en pratique.

Pour Jean Charest et consorts, les revendications des étudiants sont un caprice qui ne sert pas l'intérêt général de la société et qui sera un fardeau de plus pour les contribuables, la «classe moyenne», que le gouvernement ne peut se permettre car il «n'a pas d'argent». La plus grande responsabilité du gouvernement en tant que garant du bien-être de la population et de la nation ne serait pas de voir d'abord et avant tout à la réalisation des droits de chacun mais bien d' « atteindre le déficit zéro » et de payer la dette, d'où sa logique tronquée que les étudiants doivent faire leur part. Dans la logique néolibérale du gouvernement Charest, les étudiants sont consommateurs-payeurs, les citoyens qui ont besoin de soins de santé sont des « utilisateurs » qui doivent payer des « frais d'utilisateurs » et il en est de même pour ceux qui ont recours aux programmes sociaux et aux services publics. Par contre, ceux qui accaparent les richesses naturelles, financières et humaines du Québec pour l'enrichissement privé le feraient «dans l'intérêt du développement économique du Québec». Cette conception du monde centrée sur le capital ne passe pas!

Non à la politisation des intérêts privés
et la dépolitisation de l'intérêt public

Dans le budget 2012 du ministre Bachand, d'énormes fonds du trésor public sont détournés pour payer les riches : crédits d'impôt pour la formation, pour la recherche, des milliards pour le Plan Nord, pour payer les infrastructures et payer directement les monopoles miniers, etc. Ces mesures pour payer les riches dans le budget et la politique néolibérale qui mène le Plan Nord ont comme base la logique qu'en mettant toutes nos ressources à la disposition de monopoles mondiaux, il y aura des « retombées » et c'est ainsi qu'on défend les intérêts du Québec. Ce discours est ce que nous appelons la politisation d'intérêts privés. Cela s'accompagne de la dépolitisation de l'intérêt public, comme le droit à l'éducation pour tous qui devient tout à coup une affaire privée. Ceux qui veulent étudier doivent « faire leur part » parce que l'obtention d'un diplôme n'est qu'un moyen d'enrichissement personnel, selon Charest.

Ce que veut dire être politique

Le recours aux tribunaux, à la désinformation et aux forces de l'ordre contre les étudiants montrent que le gouvernement Charest refuse de rendre des comptes sur la place publique pour ses politiques antisociales et les étudiants ont entièrement raison de le forcer à s'expliquer politiquement. Être politique, c'est défendre les droits individuels et les droits collectifs et harmoniser ces droits individuels et collectifs avec l'intérêt général de la société. Être politique aujourd'hui, c'est défendre le bien public contre la braderie des ressources du pays au service d'intérêts privés, c'est défendre les programmes sociaux et les services publics contre leur privatisation au service d'intérêts privés. Aujourd'hui être politique, c'est empêcher le recul de la société vers le Moyen-Âge où chaque personne était forcée de pourvoir à ses besoins avec ses propres moyens. Être politique, c'est plutôt faire avancer la société passé l'État providence en crise, vers une société moderne qui reconnaît que tous ont des droits du fait qu'ils naissent en société et que la responsabilité de l'État est de garantir ces droits en pratique.

Le PMLQ condamne le gouvernement du Québec et le tient responsable de la situation actuelle en éducation. Il doit maintenir le gel des frais de scolarité tant que la question du financement de l'éducation post-secondaire et de la garantie du droit à l'éducation pour tous n'aura pas été soumise à la discussion pour que le peuple puisse exprimer sa volonté claire et cohérente sur le sujet. Le PMLQ salue les étudiants du Québec qui, dans des conditions difficiles que leur impose le gouvernement, continuent de réclamer leur droit. Il lance l'appel au peuple du Québec de continuer d'appuyer ses fils et filles qui résistent et persévèrent, confiants dans la justesse de leur cause. En défendant leurs intérêts, ils défendent les intérêts de toute la société, en faveur d'un avenir meilleur pour toutes et tous.

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Les étudiants dénoncent le recours aux tribunaux:
un problème politique exige une solution politique!

Le recours aux tribunaux et à la violence policière pour saboter le mouvement des étudiants contre la hausse des frais de scolarité a été dénoncé par les trois associations étudiantes et leurs alliés. Ils ont souligné qu'il faut une solution politique au problème politique que sont la hausse des frais de scolarité et le droit à l'éducation pour tous.

Le 29 mars, le juge Jean Lemelin de la Cour supérieure du Québec a ordonné la levée des lignes de piquetage étudiant au collège d'Alma, disant que « la légalité de cette grève est douteuse » et qu'un tel moyen de pression relève des « lois du travail ». Une étudiante du cégep avait demandé une injonction. Le juge a ajouté « qu'il y a lieu de s'interroger sérieusement sur les droits des étudiants (...) qui souhaitent poursuivre leurs études et terminer leur année scolaire en toute liberté ».

Les étudiants d'Alma ont tenu à dénoncer ce recours aux tribunaux. « Les étudiants et étudiantes du cégep d'Alma ont démocratiquement et majoritairement choisi la grève, et il est totalement inacceptable qu'un tribunal se permette d'annuler ce choix. Nous sommes en colère et nous allons le faire savoir ! », a déclaré Émile Duchesne, président de l'Association étudiante du Collège d'Alma (AÉCA).

Le 2 avril, les étudiants de l'Université Laval ont dû céder le passage à un étudiant qui désirait suivre son cours d'anthropologie, et ce, après que la Cour supérieure du Québec lui ait accordé une injonction interlocutoire provisoire.

La semaine précédente, un étudiant en droit de l'Université de Montréal a perdu une cause semblable.

Le 5 avril, l'Université du Québec à Montréal a obtenu une injonction pour empêcher tout piquetage devant ses portes.

Loin de condamner ce recours aux tribunaux, la ministre de l'Éducation a déclaré que ces recours représentent un moyen légitime pour les étudiants en faveur de la hausse d'assister à leurs cours et qui prédit des « semaines d'enfer » à ceux qui voudront sauver leur diplôme.

Ce qui est particulièrement scandaleux dans cette réaction du gouvernement est qu'il refuse toute discussion avec les étudiants du post-secondaire, dont près de la moitié sont toujours en grève générale. Le premier ministre se contente de répéter des platitudes par l'intermédiaire des médias et prétend effrontément être « ouvert à la discussion ».

Cette «ouverture à la discussion» se traduit en pratique par faire l'oreille sourde à 200 000 étudiants dans les rues de Montréal, le recours aux tribunaux pour faire des difficultés aux associations étudiantes et une propagande unilatérale qui répète sans relâche que «les étudiants doivent faire leur part» tandis que le gouvernement agit «au nom des contribuables». Il est particulièrement condamnable à cet égard, vient-on d'apprendre, que lors de la manifestation historique du 22 mars, le gouvernement Charest a eu recours à des firmes de relations publiques, expertes en manipulation médiatique pour contrer le message des étudiants à la population. Il est allé jusqu'à acheter les mots clés «grève 22 mars» et «manifestation 22 mars» pour que le site du ministre de l'Éducation sur les frais de scolarité soit en tête de tous les moteurs de recherche. Cela a coûté 50 000 $ aux contribuables québécois.


1er mars à Québec

Lorsqu'elle a été confrontée au fait que le gouvernement avait utilisé les fonds publics pour ces manoeuvres de relations publiques contre les étudiants au lieu de s'asseoir avec eux, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a répliqué : « Je vais profiter de la question du député pour lancer ce message à l'ensemble des étudiants du Québec. Ils doivent réaliser qu'ici, dans cette enceinte de l'Assemblée nationale, une enceinte démocratiquement élue. Et c'est important de respecter cette démocratie, à l'encontre de ce que dit un des leaders étudiants qui dit que le salut ne passe plus par les urnes. Dans l'enceinte de cette Assemblée nationale, il y a une majorité de députés qui sont pour une hausse de droits de scolarité : la coalition de M. Legault, le Parti libéral du Québec et le Parti Québécois. La chef de l'opposition l'a confirmé la semaine dernière. Voici ce que dit la démocratie au Québec : Une hausse de droits de scolarité, ça assure une juste part de contribution de la part de l'étudiant à son diplôme universitaire québécois. C'est dans un contexte où on doit assurer la qualité de ce diplôme. »

Le 4 avril, le Service de police de la Ville de Montréal a procédé à une autre arrestation de masse : 76 étudiants ont été arrêtés sans aucune raison légitime, et ce, sans que le gouvernement ne dise un mot.

« Une telle intervention du judiciaire dans le champ du politique est extrêmement inquiétante. Cela contribue à jeter de l'huile sur le feu », déclare Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE. « La décision de faire la grève doit être prise collectivement et démocratiquement. Il est regrettable que les tribunaux viennent trancher ce débat. Allons-nous assister à une recrudescence des recours légaux dans les campus en grève ? »

« Le grand responsable de cette situation, c'est le gouvernement libéral. Au lieu de laisser les étudiants et les étudiantes se déchirer devant les tribunaux, il devrait prendre ses responsabilités et ouvrir un véritable dialogue avec les organisations étudiantes », conclut le porte-parole de la CLASSE.

« La grève étudiante est un dossier politique; avec des injonctions, on ne fait qu'empirer la situation. Les grèves étudiantes des dernières années ont toujours été considérées comme un droit fondamental et ça doit continuer », souligne pour sa part Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Réagissant à l'injonction accordée à l'étudiant de l'Université Laval par le juge Bernard Godbout de la Cour supérieure du Québec, le président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ) dit s'inquiéter vivement des conséquences qu'aura ce jugement. « La bataille engagée par le mouvement étudiant pour contrer la hausse des droits de scolarité est sociale et hautement politique. Nous déplorons que le débat se transpose devant les tribunaux qui répondent à la pièce à des demandes individuelles, au détriment de décisions prises collectivement », affirme Jean Trudelle.

« Ce n'est pas la première fois dans l'histoire du Québec que les tribunaux tentent d'étouffer la mobilisation populaire, mais cela n'a jamais fonctionné. Que ce soit à Alma ou ailleurs, nous ne laisserons aucune cour brimer la volonté démocratique des étudiants et des étudiantes du Québec », affirme Gabriel Nadeau-Dubois, rappelant que la Coalition se battra contre toute requête juridique visant à empêcher la grève étudiante ou le piquetage.

« La judiciarisation et le recours à la force policière pour réprimer les droits des étudiantes et étudiants de s'exprimer et de manifester visent à discréditer les jeunes. Ces méthodes ne font que compliquer le dénouement du litige et sont préoccupantes dans une société démocratique », de dire Denise Boucher vice-présidente de la CSN.

Il est clair pour tout le monde que ce recours aux tribunaux et la violence policière visent à décourager les étudiants. L'intensification des actions démontrent que la manière forte, qui est devenue la marque de commerce des champions des politiques antisociales et antinationales que sont le gouvernement Charest et le gouvernement Harper au Canada, ne fait que porter sur la place publique la légitimité des politiques qu'ils appliquent envers et contre tous.

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Les étudiants poursuivent leur mouvement
de grève et leurs actions

Loin de se laisser abattre par la désinformation, les recours aux tribunaux et la violence policière, les étudiants et leurs alliés qui se font de plus en plus nombreux ont intensifiés leurs moyens d'action.

Le 4 avril, 10 000 personnes mobilisées par la FECQ et la FEUQ ont déferlé dans les rues de Sherbrooke, qui est la circonscription du premier ministre Jean Charest. Il y avait également des travailleurs, des familles, de nombreux étudiants du secondaire ainsi que de nombreux groupes communautaires.


10 000 étudiants ont manifesté à Sherbrooke le 4 avril.

« Les étudiants ne reculeront pas, ne céderont pas et continueront leur lutte tant et aussi longtemps que ce gouvernement s'entêtera à vouloir endetter les familles du Québec. La jeunesse du Québec s'est levée et elle va mettre tout en oeuvre pour faire entendre raison au gouvernement ! », a dit Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

« S'il pense pouvoir casser le mouvement de contestation étudiante à coup d'injonction, monsieur Charest, en tant que ministre de la Jeunesse, devrait savoir qu'on ne peut pas la bâillonner. Faites confiance au mouvement étudiant pour trouver de nouvelles façons de mettre ce gouvernement dans l'embarras », assure Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

« Ce printemps appartient aux étudiants et à tous ceux qui refusent les politiques décadentes du gouvernement libéral de Jean Charest qui croule sous l'usure et la corruption. En refusant de discuter avec les étudiants, c'est sa propre culpabilité qu'il avoue », de conclurent Mme Desjardins et M. Bureau-Blouin.

Le 2 avril, plus de 3 000 étudiants ont répondu à l'appel de la CLASSE et ont manifesté également à Sherbrooke.

« Après huit semaines de grève, il est temps que la colère des étudiants et des étudiantes soit entendue dans le comté de Jean Charest », a déclaré Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE.

La CLASSE annonce également que sur les 192 000 en grève, environ 77 300 sont maintenant officiellement en grève pour une durée indéterminée, et ne tiendront de vote de reconduction que si une offre formelle est faite par le gouvernement libéral. « Si la ministre de l'Éducation croyait que le mouvement étudiant s'essoufflerait après le grand rendez-vous du 22 mars, elle se trompait. Ce sont maintenant 77 300 personnes qui n'envisageront même pas de rentrer en classe tant et aussi longtemps que la ministre ne formulera pas une offre formelle au mouvement étudiant », poursuit Mme Reynolds.

« L'avenir du Québec n'est plus dans vos mains, il est dans les nôtres », a dit Olivier Mercier porte-parole de l'Association des étudiantes du cégep de Sherbrooke.

La CLASSE a profité de l'occasion pour annoncer une importante résolution adoptée lors de son congrès de fin de semaine, soit la mise sur pied d'un comité de négociation avec les autres organisations nationales étudiantes. Cela a mis un terme à la propagande des médias monopolisés qui tentent de créer une division entre la prétendue « frange radicale et modérée ».

« Nous soulignons la solidarité des fédérations étudiantes concernant les négociations avec le gouvernement. C'est l'ensemble du mouvement étudiant qui se rendra devant la ministre de l'Éducation afin de trouver des alternatives à toute hausse de frais de scolarité », enchaîne Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE, indiquant également que la CLASSE refusera de négocier en l'absence des autres organisations étudiantes.

La même journée, plus de 500 étudiants de l'Université McGill qui, tout comme leurs camarades de Concordia, doivent faire face aux menaces de l'administration, ont manifesté dans les rues du centre-ville à Montréal.


À Québec le 4 avril 2012 (photos: Hugo Laporte)

Le 31 mars, des milliers de défenseurs du gel des droits de scolarité ont pris part à une action dans les rues du centre de Montréal, en vélo et en patins afin de dénoncer l'inflexibilité de la ministre Beauchamp. La veille, la ministre avait déclaré qu'elle négocierait avec les étudiants en autant qu'ils abandonnent l'idée d'un gel des frais de scolarité. Inutile de dire que cette déclaration a soulevé la colère des associations étudiantes qui ont réitéré leur demande pour un gel des frais de scolarité.

La même journée, plus de 500 étudiants ont tenu une action lors d'une rencontre des militants du Parti libéral réunis à Laval. S'adressant aux militants libéraux, le chef du Parti libéral Jean Charest a de nouveau opté pour la provocation en disant qu'il était « toujours à l'écoute des étudiants ». « L'avenir du Québec, ce n'est pas dans les gels, dans les moratoires et dans les fermetures », a dit le premier ministre. « C'est les universités québécoises, c'est la société québécoise, c'est le choix que nous avons fait et que notre gouvernement va défendre, parce que c'est le seul choix possible pour l'avenir. »

Il semble qu'il n'était pas intéressé à défendre son point de vue avec les étudiants, se dérobant par la porte arrière avec son escorte.

L'ensemble des acteurs syndicaux et étudiants du milieu universitaire, réunis au sein de la Table des partenaires universitaires (TPU), a dénoncé le refus du gouvernement d'ouvrir le dialogue et de négocier avec les étudiants pour trouver un dénouement à la grève.

Les partenaires universitaires ont jugé nécessaire de rétablir les faits sur la Rencontre des partenaires du 6 décembre 2010. Cette rencontre, que nous rappelle sans cesse le gouvernement Charest pour expliquer son intransigeance, n'était qu'une mascarade, selon la TPU. Les étudiants n'ont pas été les seuls à claquer la porte. La Table des partenaires a d'ailleurs dénoncé l'orientation idéologique des sujets alors soumis à la discussion.

L'absence d'un véritable dialogue et l'imposition de la hausse des droits de scolarité comme prétendue « juste part » que doivent payer les étudiants indignent les membres de la TPU. Quant à l'attitude gouvernementale, elle a été clairement édictée par le ministre Bachand qui, au sortir de la rencontre de décembre 2010, affirmait : « Vous vouliez discuter d'autre chose, c'est votre droit, mais l'ordre du jour était clair. »

Loin de s'essouffler, le mouvement de contestation continue de prendre de l'ampleur dans la ville de Québec. Les étudiants de divers milieux organisent des activités partout dans la région pour s'opposer à la décision du gouvernement de hausser les frais de scolarité de 1625 $ et pour sensibiliser la population aux conséquences de cette mesure.

Les étudiants d'architecture maintiennent pour une deuxième semaine consécutive leur « Ligne Rouge » ; une initiative étudiante qui se déroule tous les matins de la semaine sur le boulevard Honoré-Mercier. Deux actions de sensibilisation se tiendront aussi ce matin : l'une se déroulera au Parc de l'Université du Québec, et l'autre au coin du boulevard Honoré-Mercier et de la rue St-Jean.

Jeudi le 12 avril, les étudiants en sciences de la santé se mobiliseront sur la rue St-Jean. Vêtus de sarraus, ils dénonceront la hausse des frais de scolarité aux feux de circulation sur le boulevard Laurier. Le même jour, l'association Artefact (histoire cycles supérieurs) invite les gens à une action devant la bibliothèque Gabrielle-Roy à 15 h. Les participants seront invités à partager des citations sur le thème de l'éducation et à les inscrire à l'aide de craies, de crayons et de cartons.

Les étudiants de l'Université du Québec en Outaouais ont voté lundi le 2 avril en faveur de la reconduction de la grève.

Les élèves de l'École secondaire Grande-Rivière, dans le secteur d'Aylmer qui ont voté en faveur d'une manifestation contre la hausse des frais de scolarité se sont vu imposer une retenue.

En guise de solidarité, les étudiants en grève du Cégep de l'Outaouais ont tenu une manifestation devant l'école.

Les actions qui se poursuivront tous les jours ne laissent planer aucun doute sur la détermination des étudiants, qui gagnent l'admiration de toute la population.

L'éducation est un droit !
Appuyons la juste lutte des étudiants !



À Rimouski le 19 mars (Photos: Stéphane Fournier)

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