Le Marxiste-Léniniste

Numéro 38 - 4 avril 2012

Rassemblement à Alma, Québec

Grande journée pour l'affirmation d'un monde nouveau et l'appropriation de notre avenir


Grande journée pour l'affirmation d'un monde nouveau et l'appropriation de notre avenir
L'esprit de la manifestation d'Alma vivra - Pierre Soublière
On s’en souviendra! - Normand Chouinard

À titre d'information
Des syndicats nationaux et internationaux réaffirment leur opposition à la destruction causée par Rio Tinto

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Rassemblement à Alma, Québec

Grande journée pour l'affirmation d'un monde nouveau et l'appropriation de notre avenir

Le 31 mars, quelque 8000 travailleurs et gens de tous les milieux ont répondu à l'appel des travailleurs de Rio Tinto en lockout et se sont joints à eux dans une grande manifestation à Alma pour défendre leurs droits et les droits de tous. En lockout depuis trois mois, les travailleurs de Rio Tinto d'Alma rejettent catégoriquement le diktat de Rio Tinto qui veut remplacer des travailleurs syndiqués par des travailleurs à contrat, établir un système à deux niveaux de salaires et éliminer le syndicat à l'usine.

Reconnaissant que cette lutte est la leur, les travailleurs sont venus de tous les coins du Québec et d'aussi loin que Toronto, Hamilton et Kitimat, Colombie-Britannique. Ils se sont joints aux familles des travailleurs et aux gens d'Alma dont l'avenir est menacé par le diktat de Rio Tinto qui veut se servir des ressources locales sans aucune obligation envers la communauté ou la région. Beaucoup de travailleurs d'Alma et de la région sont venus en famille, pour montrer que leur lutte est pour bâtir un avenir pour les prochaines générations. Des étudiants en grève pour le droit à l'éducation pour tous sont également venus de tous les coins du Québec.

Il y avait également des contingents représentant des fédérations internationales de travailleurs du secteur des mines et de la métallurgie, des représentants de syndicats des États-Unis, du Mexique, de France, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d'Australie, de Nouvelle-Zélande et d'Afrique du Sud. Du 30 mars au 1er avril s'est tenue à Alma une réunion conjointe de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM). La réunion qui devait se tenir ailleurs a été déplacée à Alma en signe d'appui aux métallos de Rio Tinto.

Dans cette mer de monde, il y avait de nombreuses pancartes dénonçant l'entente secrète signée en 2007 entre le gouvernement Charest, Hydro-Québec et Rio Tinto qui déclare entre autres le lockout un cas de force majeure, ce qui permet à RTA de tourner le dos à ses obligations contractuelles, et stipule qu'Hydro-Québec doit acheter de RTA toute électricité qui n'est pas utilisée durant le lockout. De cette façon, le gouvernement du Québec finance directement le lockout de Rio Tinto. Il y avait aussi de nombreuses pancartes condamnant la trahison des intérêts du Québec par le gouvernement Charest qui facilite la braderie de nos ressources aux monopoles. Les manifestants ont exigé que le gouvernement rende des comptes.

Les gens se sont rassemblés pour les discours aux galeries Lac-Saint-Jean et ont ensuite marché dans les rues d'Alma en direction de la Place Festivalma, pour un parcours d'environ un kilomètre. L'appui de la population était palpable tout au long de la marche : les automobilistes klaxonnaient pour montrer leur appui et les gens saluaient et applaudissaient, souhaitant aux métallos de remporter leur important combat. Arrivés à destination, les participants ont entendu la suite des discours : les représentants des travailleurs du Québec, du Canada et du monde étaient venus dire que la lutte des travailleurs d'Alma contre l'offensive de Rio Tinto pour abaisser les conditions de vie et de travail, éliminer le syndicat et abuser des ressources de la région et du Québec est leur lutte à tous. Ils ont exposé la longue histoire d'attaques de Rio Tinto contre les travailleurs et les syndicats partout dans le monde.

L'exaltante journée d'action s'est terminée avec l'interprétation de la chanson « Debout sur les lignes » du chanteur-compositeur et lockouté Guy Laroche. La chanson, qui exprime la dignité qu'on gagne quand les travailleurs luttent pour défendre leurs droits, est devenue très populaire dans la région. Au son de la musique, les gens rassemblés ont mangé ensemble et échangé leurs points de vue sur les événements de la journée. Ils se sont engagés à poursuivre la lutte jusqu'à satisifaction de leurs revendications.





































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L'esprit de la manifestation d'Alma vivra

Samedi matin, aux petites heures, nous sommes partis de l'Outaouais — l'un du secteur public, l'autre du secteur forestier — pour se joindre aux 8 000 autres participants au rassemblement historique à Alma. Huit milles debout avec les 785. Pourquoi ?

Comme pour nous rappeler à l'ordre, les monopoles comme Rio Tinto se déchaînent contre nous. Chaque jour amène son lot de fermetures, de mises à pied, de lockouts. Les monopoles rejettent toute responsabilité sociale et révèlent leur vraie nature en se ruant sur nos ressources humaines et naturelles et en se servant de tout comme si tout leur appartenait, et comme si les travailleurs, les peuples et les nations n'y étaient pour rien. Ce ne sont plus des jours « comme les autres » : l'ennemi de classe a jeté les gants et nous n'avons d'autre choix que de jeter les nôtres et de crier haut et fort, comme nous l'avons fait à Alma, « Assez, c'est assez ! ». Une nouvelle étape s'amorce où tout est à recommencer, où nous mettons nos différences syndicales et autres de côté pour confronter ces monopoles sans scrupules.

Face à cette manifestation de solidarité - les travailleurs étaient accompagnés de leur famille, de leur conjointe et enfants, d'amis, des membres de la communauté et de travailleurs et d'étudiants, non seulement à travers le pays mais à travers le monde - la porte-parole de Rio Tinto, Claudine Gagnon, déclare : « Ce n'est pas de nature à favoriser des rapprochements. » Dans un langage de bois similaire à celui du site de Rio Tinto, elle poursuit : « Le conflit, c'est à Alma [en voulant dire que les travailleurs qui dénoncent la rapacité de Rio Tinto à travers le monde n'ont pas d'affaire à se mêler de ça.]. Nous, ce que nous voulons, c'est opérer une usine et avoir une convention. » La madame est déconnectée, d'autant plus que les mêmes hélicoptères qui ont assuré les allées et venues des cadres et des scabs dans l'usine ont survolé la manifestation tout l'après-midi. Ce que vous « voulez », madame, c'est un travail esclavagiste, sans convention ni syndicat, et aucun engagement envers les gouvernements et les communautés. Vous n'avez que faire des « indigènes » que nous sommes. Ce à quoi le chantre des Métallos répond :

« Je préfère être debout sur la ligne
Qu'être à genou dans l'usine.
Je me sens moins seul même s'il fait frette
Quand j'ai l'appui de la planète. »

La question de s'approprier notre économie, nos ressources et notre destin est à l'ordre du jour. La dimension internationale du rassemblement d'Alma a fait ressortir que la classe ouvrière est une et qu'elle doit s'organiser pour bloquer les Rio Tinto de ce monde, et du même coup, bloquer les tentatives de division qui visent à déchaîner les travailleurs les uns contre les autres dans les efforts des monopoles de domination et de guerres impérialistes.

C'est ce qui nous a inspiré le 31 mars 2012 à Alma.

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On s’en souviendra!

L'esprit des travailleurs de l'aluminerie d'Alma, mis en lockout le 31 décembre dernier par RTA, est très apprécié. Ils étaient plus de 8000 travailleurs à sillonner les artères de cette ville de 15 000 habitants. En comparaison, c'est presque comme s'il y avait une manifestation d'un million de personnes à Montréal. La grande majorité provenait de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais il y avait également des autobus de plusieurs villes du Québec, certains de la région de Toronto et d'Hamilton et plusieurs délégations internationales. Huit milles personnes qui sont venues affirmer leur rejet de la dictature d'une compagnie étrangère sur la vie des communautés comme celle de la petite ville d'Alma. La marche du 31 mars restera gravée dans la mémoire collective de la classe ouvrière du Saguenay-Lac-Saint-Jean et figurera comme un événement historique dans l'histoire du mouvement ouvrier de la région. La signification de cette marche peut se résumer en trois mots : Dignité, défiance et organisation.

Dignité, parce que les travailleurs de l'aluminium la défendent non seulement pour eux-mêmes, mais pour les générations de travailleurs qui suivront. Dignité parce qu'ils refusent de se soumettre aux pires conditions, refusent de se transformer en esclaves des temps modernes. Ils refusent de se faire sortir de leur usine par des mercenaires à la solde du monopole sans broncher, en pliant l'échine. Les travailleurs d'Alma connaissent très bien les agissements criminels de Rio Tinto dans le monde. Ils le savent lorsque des travailleurs d'autres continents racontent les atrocités commises par Rio Tinto, son activité antiouvrière et antisyndicale dans ses mines et usines en Australie, aux États-Unis et en Angleterre, entre autres. Ils connaissent également par l’expérience de leurs camarades de travail envoyés dans les installations de Rio Tinto au Moyen-Orient ou en Afrique. Certains travailleurs ont décrit durant la marche ce qu'ils ont vu de leurs yeux sur ces deux derniers continents. Ils ont vu le sort que réserve Rio Tinto aux travailleurs philippins, turcs, arabes, africains. Des conditions d'esclave indignes d’un être humain. Mais ils savent surtout ce que fait subir et veut d'avantage faire subir Rio Tinto au Québec et dans ses régions, où elle détient plusieurs installations. La marche du 31 mars était une marche pour la dignité du travail et de la classe ouvrière.

Défiance, parce que le courage des travailleurs d'Alma résonne comme un défi lancé aux monopoles que non seulement ils n'acceptent pas la terreur comme voie vers l'avant, mais défendent ardemment le droit des travailleurs de l'aluminium de décider quoi faire avec les richesses créées par leur travail et les ressources naturelles qui y sont reliées. Peu importe, pour l'instant, où et comment investir les richesses naturelles comme l'électricité produite par les barrages de Rio Tinto, ça ne doit pas finir dans les mains du monopole. Toutes les propositions peuvent être discutées et développées, sauf celles de remettre encore plus nos ressources et notre travail dans les coffres de Rio Tinto. Défiance, parce que les travailleurs d'Alma réclament des comptes du gouvernement du Québec qui, comme l'a dit le président du syndicat, Marc Maltais, lors de son allocution, permet à une compagnie étrangère de s'attaquer à une communauté et ses travailleurs sans rien faire. La marche du 31 mars reflète en pratique la lutte des travailleurs d'Alma pour limiter le droit de monopole et ses représentants politiques.

Organisation, non seulement parce que la marche a été un succès sur toute la ligne, mais qu'elle est le résultat d'un travail collectif dans lequel chaque personne avait sa place et sa responsabilité. Les questions de la mobilisation, de la sécurité, des infrastructures, du trajet, du nettoyage, de la logistique, des discours, des coûts, du spectacle, etc., ont été pris en main dans tous les détails en impliquant le plus grand nombre de personnes possible. Même la perspective d'affronter des agents provocateurs de Rio Tinto a été considérée avec le plus grand sérieux et la plus grande préparation. La marche du 31 mars à Alma a été celle de la discipline et de l'organisation que peut se donner la classe ouvrière pour affronter la nouvelle situation calmement et en toute confiance. Cette marche est une expérience inestimable dans la lutte des travailleurs d'Alma contre le frauduleux lockout de Rio Tinto et la reconnaissance de leurs droits.

Bravo aux travailleurs d'Alma ! Non au lockout frauduleux de Rio Tinto ! Tous unis contre Rio Tinto à Alma !

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À titre d'information

Des syndicats nationaux et internationaux réaffirment leur opposition à la destruction causée par Rio Tinto


Guy Farrell, Marc Maltais

Des représentants de plusieurs syndicats nationaux et internationaux et des élus ont pris la parole lors du rassemblement et de la manifestation en appui aux travailleurs en lockout de Rio Tinto à Alma. Il y a eu une première série de discours avant le début de la marche. Le maître de cérémonie, Guy Farrell, l'adjoint au directeur québécois du Syndicat des Métallos, a souhaité la bienvenue à tout le monde et passé la parole à Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma. « Je vous remercie beaucoup d'être là en très grand nombre, d'avoir répondu à l'appel de solidarité, a-t-il dit. C'est un honneur pour nous autres, les gens d'Alma, de vous accueillir dans notre très belle ville et notre très belle région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. » Après le rassemblement d'ouverture, les travailleurs ont marché dans les rues d'Alma jusqu'à l'amphithéâtre Festivalma où s'est tenu le rassemblement de clôture. Nous reproduisons ci-contre des extraits des discours qui ont été prononcés.

Jyrki Rayna, secrétaire général de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM)) : C'est un très grand honneur et plaisir pour moi de vous saluer et vous apporter un message de solidarité de la part des métallos du monde entier. Nos salutations de la part de notre nouvelle organisation mondiale industrielle, qui sera créée en juin pour représenter 50 millions de travailleurs dans 140 pays du monde. Nous sommes ici pour exprimer notre plein soutien à votre lutte justifiée et aux demandes des métallos parce qu'elles sont équitables, raisonnables et elles sont justes. Rio Tinto est une multinationale cynique dont la philosophie est de maximiser les profits et les dividendes et minimiser les coûts de travail. Rio Tinto se doit de se rappeler que ses profits sont faits grâce à la performance des travailleurs et grâce aux communautés dans lesquelles elle opère. L'année dernière, cette entreprise a réalisé un profit net de 6 milliards $. Ils n'ont aucune justification dans cette situation de remplacer les bons emplois permanents par la sous-traitance avec une baisse de salaire de 50 %, une perte d'avantages sociaux et des pertes pour la communauté. Nous avons besoin de bons emplois permanents. Nous admirons votre mobilisation magnifique et votre courage. Maintenant nous sommes ici pour convertir votre lutte locale en une lutte mondiale. Ensemble nous sommes forts, ensemble nous allons lancer cette campagne mondiale pour que Rio Tinto respecte ses travailleurs et travailleuses partout dans le monde. Vous n'êtes pas seuls. Nous sommes avec vous. Nous les travailleurs du monde, nous allons nous battre à vos côtés jusqu'à la victoire, jusqu'à un accord équitable.

Manfred Warda, secrétaire général de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) : Au nom des 20 millions de travailleurs qui sont affiliés à l'ICEM, je suis venu vous dire que nous appuyons votre lutte. L'ICEM dit Non ! à cette attaque de Rio Tinto contre le niveau de vie des travailleurs canadiens. Honte à Rio Tinto qui a fait 15 milliards $ de profits en 2011, mais essaie de réduire ce qui vous revient, ce qui veut dire moins de sécurité d'emploi, moins de protection syndicale, moins de revenus et moins d'avantages sociaux. Honte au PDG de Rio Tinto, Tom Albanese, qui a empoché [brut] des millions de dollars, mais n'a aucun respect pour vos familles, vos communautés et votre histoire. Honte au gouvernement Harper qui a passé l'année dernière à abandonner le contrôle des ressources naturelles et à permettre aux multinationales [...] d'attaquer les industries. Nous sommes prêts à donner tout l'appui possible aux métallos dans le cadre de ce conflit. Plusieurs de nos travailleurs ont été impliqués dans des conflits avec cette compagnie. Si Rio Tinto est capable de vous imposer ce qu'il veut, alors il y a moins d'espoir pour les autres travailleurs quand viendra leur tour d'être attaqués. Votre lutte fait partie de la lutte mondiale contre Rio Tinto. Nous avons besoin de la solidarité mondiale de tous les syndicats partout dans le monde. Nous sommes impressionnés par votre détermination et nous voulons vous assurer que nous serons ensemble dans une action commune contre Rio Tinto. Partout dans le monde, nous allons jeter la disgrâce sur cette compagnie jusqu'à ce qu'elle accepte d'arrêter ses attaques contre les travailleurs, leurs communautés et leurs syndicats.

Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean, Parti québécois : Je suis ici aujourd'hui avec d'autres membres de la députation de la région. Nous sommes venus vous exprimer notre solidarité envers vous, les travailleurs, mais aussi envers la communauté parce que vous vous êtes déplacés nombreux aujourd'hui et vous avez répondu présents à l'invitation des travailleurs. On est venu vous dire qu'on est fier de vous, on est fier de toi Marc on est fier du débat et des enjeux que vous avez soulevés et que vous avez défendus dans votre communauté. On est fier de vous voir debout et on est fier de vous voir la tête haute. Depuis 1925, on fait de l'aluminium ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Nous sommes le principal pôle de fabrication de l'aluminium en Amérique du Nord. Nos grands-parents, nos parents ont fait de l'aluminium, aujourd'hui, nos amis font de l'aluminium et ce que nous voulons c'est que nos enfants fassent de l'aluminium avec de bonnes conditions de travail bien rémunéré. Si on accepte que Rio Tinto contrôle le niveau du Lac-Saint-Jean comme il le fait présentement, si on accepte que Rio Tinto produise de l'électricité avec nos plus belles rivières et si on continue d'accepter que Rio Tinto possède le Saguenay sur plus de 30 km, c'est parce qu'il y a eu par le passé des emplois de qualité. Mais le problème aujourd'hui c'est qu'il y a déjà eu 12 000 emplois dans la région, puis on est tombé à 10, 8, 7 et 6000 et maintenant on est moins de 5000. À un moment donné, il faut mettre son pied à terre et dire que ça suffit. Le problème aujourd'hui avec les multinationales c'est qu'elles ne reconnaissent que leurs profits à outrance. Il faut tenir compte des conditions sociales, des travailleurs, de leurs communautés, et le gouvernement sur cette question a un rôle important à jouer. Dans vos négociations, qui vont relativement bien, souvenez-vous de tous ceux et celles qui étaient là aujourd'hui et souvenez-vous toujours que nous sommes là à vos côtés.

Claude Patry, député de Jonquière-Alma, NPD : C'est un jour mémorable aujourd'hui, il y a beaucoup de centrales syndicales, mais il n'y a pas de couleurs, on est tous pour une chose, la solidarité avec les travailleurs d'Alma. J'admire votre président. Il a fait une belle tournée. Il y en a qui ont contesté, mais quand tu te bats contre une multinationale il faut aller chercher l'appui international et il l'a compris. Vous les travailleurs par votre discipline vous avez gardé le respect des gens, les gens vous respectent. Vous avez fait ça correctement je vous appuie, le NPD vous appuie. On est avec vous. On demande au gouvernement qui est en place présentement de revenir s'asseoir avec RTA et leur dire que les avantages qu'ils ont c'est illégal parce que nous les travailleurs, nous sommes comme David contre Goliath.

Ce revenu-là doit revenir à la région, nous sommes tous des travailleurs d'Alcan, un jour nous allons tous prendre notre retraite alors cet argent-là servira dans notre fonds de retraite. Nous ne sommes pas ici aujourd'hui avec différentes couleurs syndicales. Je me souviens quand on est allé à Québec pour faire encadrer la vente d'Alcan à RTA, on est allé au fédéral également, et au provincial comme au fédéral ça a été refusé. J'espère que les choses vont changer. Nous avons des députés ici, nous en avons assez. Nous l'avons dit au référendum de 2005 que nous voulons ravoir nos richesses naturelles et nous voulons les gérer nous-mêmes.

Louis Roy, président de la Confédération des Syndicats nationaux (CSN) : Les multinationales ont pris notre santé, elles ont pris nos vies et maintenant elles voudraient prendre nos emplois ! C'est NON ! Depuis 200 ans, les organisations sont celles qui s'occupent de leurs membres. Nous prenons soin de notre monde. Nous prenons soin de nos camarades de travail, de nos familles, de nos régions. Nous sommes la solidarité. Les grands patrons voudraient qu'on s'entre-déchire entre nous, que nous soyons chacun de notre côté en train de travailler chacun pour soi. Aujourd'hui, nous leur démontrons que quand ils touchent à des points sensibles pour la classe ouvrière, toutes les organisations syndicales répondent « Présent ! ». Partout sur la planète les gens seront derrière le syndicat d'Alma. Pourquoi ? Parce que ce que les grandes compagnies veulent, c'est briser l'unité syndicale dans chacune des usines, elles veulent diviser les syndicats en donnant à des sous-traitants les emplois que nous sommes allés chercher de peine et de misère avec des grèves et des batailles depuis plusieurs années. Ils veulent nous voir à terre. Et bien, ils ne réussiront pas ! Il faut que partout sur la planète, à chaque fois que nous avons une lutte qui touche les droits de base des organisations syndicales, nous ayons tous la même réaction. Aujourd'hui à Alma, demain partout sur la planète. Solidarité !

Ed Abreu, président de la section locale 2301 des TCA, aluminerie Rio Tinto, Kitimat, Colombie-Britannique: En solidarité avec nos confrères et consoeurs d'Alma, nos membres donnent deux heures de salaire par mois jusqu'en juillet. Je suis ici pour vous présenter le premier chèque qui est de 68 000 $.

Ken Lewenza, président des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) : Je veux tout d'abord saluer, au nom du mouvement syndical, les étudiants du Québec qui se battent pour une éducation abordable et accessible au Québec qui mène à de bons emplois, des emplois décents bien rémunérés, avec de bons avantages sociaux et une bonne sécurité d'emploi. Puis nous avons ici 780 familles qui se battent pour fournir à la prochaine génération de bons salaires, de bonnes pensions et de bonnes conditions de travail. Nous combattons ensemble, les étudiants revendiquant de l'éducation, les aînés des pensions et les travailleurs des emplois décents avec des salaires et des avantages sociaux décents. J'ai un message pour Rio Tinto. Nous manifestons aujourd'hui pour de bons emplois et un avenir digne de ce nom. Bien qu'il fasse des milliards de dollars de profits, Rio Tinto dit à la prochaine génération que ses salaires devront baisser : c'est illégal et c'est immoral au Canada. La lutte d'aujourd'hui n'est pas pour le Syndicat des Métallos ou pour les étudiants, la lutte est pour décider quelle sorte de nation nous voulons avoir pour le Québec et quelle sorte de nation nous voulons avoir pour le Canada. Face aux multinationales qui aujourd'hui exploitent les travailleurs, nous allons résister d'une seule voix collective, nous allons combattre pour notre pays et pour de bons emplois décents au Québec. En plus du montant versé par la section 2301, voici un chèque de 25 000 $ de la part des TCA.

Hassan Yussuff, secrétaire-trésorier du Congrès du travail du Canada : Comment est-ce possible que des entreprises qui font des milliards de profits continuent de demander aux travailleurs de réduire leurs salaires, leurs avantages sociaux et leurs pensions. C'est injustifiable et nous n'allons pas laisser passer ça nulle part au pays et nous allons être à vos côtés en solidarité avec vous.

Où est le gouvernement fédéral, où est notre premier ministre ? Ils ne ratent pas une chance de passer des lois contre les travailleurs chaque fois que ceux-ci exercent leur droit de grève, mais où sont-ils aujourd'hui quand c'est le temps d'appuyer les travailleurs d'Alma ? Où est Stephen Harper ? Aujourd'hui, alors que la rivière amène à Rio Tinto l'énergie hydro-électrique qu'il utilise pour mettre les travailleurs en lockout, le temps est venu pour nous de nous réapproprier notre énergie hydro-électrique. Les travailleurs partout au Canada, que ce soit à Sudbury, Hamilton ou à Caterpillar à London, mènent la même bataille. Nous allons combattre côte à côte parce cette lutte va décider de l'avenir du pays. Nous devons vaincre afin que la génération qui vient ait l'espoir d'un avenir meilleur.

Napoléon Gomez, secrétaire général du Syndicat mexicain Los Mineros : Cela fait maintenant trois mois que vous affrontez les difficultés, les menaces et la répression de Rio Tinto. J'ai vécu moi-même un conflit similaire au Mexique. Pendant six ans, nous avons combattu pour la justice et pour la dignité, la nôtre et celle des travailleurs du Mexique et du monde. [...] Nous avons besoin de solidarité internationale, nous travaillons ensemble, la solidarité n'a pas de frontières. Nous affrontons le capitalisme mondial barbare qui cherche à éliminer les droits des travailleurs. Mais jamais l'ambition et la cupidité ne pourront gagner cette guerre contre les travailleurs. Nous devons défendre nos droits, nos salaires, nos familles. Quand Rio Tinto crée un problème au syndicat local d'Alma, il crée un problème à tous les travailleurs dans le monde. Nous n'allons pas accepter les agressions et le terrorisme des entreprises contre les travailleurs.

Ken Neumann, directeur canadien du Syndicat des Métallos : Vous êtes aux premières lignes de la lutte contre la cupidité des entreprises, vous vous battez pour les travailleurs, pour les communautés et pour les générations à venir. Bravo pour votre solidarité, votre vision et je peux vous assurer, au nom du mouvement syndical, des métallos, de notre comité exécutif international et de notre président Léo Gerard, que nous serons à vos côtés à chaque jour jusqu'à ce que nous ramenions Rio Tinto à la table de négociations pour négocier une convention collective décente et équitable qui respecte le Québec et ses ressources naturelles. Solidarité pour nous tous.

Je veux aussi dire ceci. Lorsque les compagnies viennent ici et prennent le contrôle d'entreprises qui utilisent nos ressources naturelles et produisent de l'acier, de l'aluminium ou des produits provenant des mines, elles n'ont pas le droit de nous les enlever. Ces ressources et ces produits nous appartiennent. Le Canada doit en tirer un avantage net et le gouvernement canadien ne doit pas les laisser faire ce qu'elles veulent et fermer les yeux comme il le fait et ne pas garantir un avantage net pour le Canada. Où est l'avantage net quand on leur permet de faire ce qu'elles veulent et qu'elles essaient de couper les salaires des futurs travailleurs de 50 % ?

Mick Carr, secrétaire du Syndicat maritime d'Australie, Queensland: Vous n'êtes pas seuls. Les yeux du monde sont tournés vers Rio Tinto. La vraie nature de Rio Tinto a été exposée. Les travailleurs s'appuient entre eux partout à travers le monde. Nous sommes très impressionnés par la force de vos convictions. Votre récente tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande a été un franc succès. Notre syndicat a jusqu'à maintenant recueilli un appui financier de 25 000 $ en appui à votre lutte. [...] Rio Tinto a une longue histoire d'attaques contre les travailleurs dans le monde que ce soit en Australie, en Bolivie, en Namibie ou aux États-Unis. Sa performance en terme de respect des droits humains est extrêmement mauvaise même aujourd'hui. Rio Tinto utilise les magnifiques ressources naturelles de votre pays, mais ne donne rien en retour aux travailleurs et à la communauté d'Alma.

Liam O'Brien, vice-président du Syndicat des travailleurs australiens, Victoria : Nos travailleurs vous appuient entièrement. L'histoire de Rio Tinto est la même partout dans le monde. C'est une histoire d'exploitation des travailleurs et de dépouillement des communautés. Cette histoire, nous la connaissons trop bien. Il y a 15 ans de cela, Rio Tinto a désyndicalisé et brisé le syndicat en Tasmanie. Nous sommes en train aujourd'hui de resyndiquer cet endroit de travail. Nous faisons cela parce qu'après 15 ans, les travailleurs ont perdu jusqu'à 30 000 $ par année et c'est exactement pour cela que Rio Tinto vous attaque. Ils veulent éliminer votre solidarité et votre syndicat. Les yeux du monde doivent rester tournés vers Alma jusqu'à ce que Rio Tinto fasse ce qu'elle doit faire en vous redonnant vos emplois et en préservant de bons emplois décents pour tous dans l'avenir.

Ian Murray, vice-président du Syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l'énergie, le CFMEU, Australie : Tout d'abord, félicitations pour cette magnifique manifestation. Nous sommes heureux d'être ici en personne. En Australie aujourd'hui, à l'autre bout du monde, des actions ont été organisées en conjonction avec la manifestation ici à Alma. À l'autre bout du monde, on fait connaître ce qui se passe à Alma. Nous n'allons pas nous arrêter. Cela fait plus de 20 ans que nous demandons dans diverses régions que Rio Tinto respecte ses travailleurs, agisse comme un bon citoyen corporatif et change sa façon d'agir. Partout dans le monde, Rio Tinto a attaqué les travailleurs depuis ses tout débuts. À plusieurs reprises, la lutte unie des travailleurs du monde a forcé Rio Tinto à plier. Nous allons continuer le combat, nous nous y engageons honnêtement. Mon conseil exécutif s'est réuni avant le départ de la délégation et nous avons avec nous aujourd'hui un chèque de 50 000 $ pour appuyer votre campagne.

Véronique Roche, secrétaire du Comité d'entreprise européen de Rio Tinto : Il a fallu 6000 kilomètres pour que je vienne constater les bonnes informations. Tom Albanese m'a dit il y a un mois « madame vous n'avez pas les bonnes informations, on ne partage pas les mêmes informations ». J'ai pu voir que Rio Tinto avait jeté à la rue 778 travailleurs et travailleuses, tout ça parce qu'ils étaient syndiqués. C'est totalement discriminatoire. Honte à Rio Tinto. Honte aussi aux cadres non syndiqués qui ont pris leur travail. Qu'ils se réveillent ces cadres car aujourd'hui ils sont trop payés pour faire votre travail, demain ce sera leur tour. Honte à Rio Tinto. Je vais revenir le 4 avril à Paris pour faire un Comité d'entreprise européen pour céder encore 700 emplois que Rio Tinto ne veut pas. On va essayer de pérenniser les emplois, mais je veux dire à la direction de Rio Tinto que ce qu'il a gagné aujourd'hui, Tom Albanese, c'est un nouveau bonus et celui-là il va pouvoir le garder. Il a réveillé les syndicats, tous les syndicats du monde, tous les travailleurs et toutes les travailleuses et la lutte ne fait que commencer. C'est la lutte pour des emplois, pour de la formation et des rémunérations. Et plus jamais ça, des travailleurs jetés à la rue avec des gros bras, plus comme à Alma, en France et ailleurs, il faut arrêter ça. Ce mouvement que vous avez initié maintenant il est mondial. Solidarité !

Emmanuel Zakwe de l'Union nationale des mineurs, Afrique du Sud: Nous sommes ici aujourd'hui pour vous dire que votre lutte est une marche vers la libération. Nous voulons vous assurer que partout dans le monde Rio Tinto va sentir votre présence. [...] Notre message à Rio Tinto est que ce qu'il fait est une attaque directe contre la classe ouvrière du monde. Nous disons à Rio Tinto qu'assez c'est assez. Rio Tinto doit se résoudre à rappeler les travailleurs au travail et à leur assurer de bonnes conditions.

Willie Adams, secrétaire trésorier international du International Longshore and Warehouse Union (ILWU) : Vous représentez ce dont sont faits les héros de la classe ouvrière. Je vous félicite pour votre courage et votre droiture. Cette lutte en est une sur les principes. Ce sont les générations passées qui vous ont inculqué ces principes que vous appliquez dans la vie. Ce qui se passe ici à Alma, avec ces hommes et ces femmes qui tiennent tête à Rio Tinto, c'est que Rio Tinto a beaucoup d'argent mais nous avons quelque chose de plus précieux encore. Vous avez une cause. Vous devez gagner cette bataille. Nous avons été mis en lockout par Rio Tinto en 2010. La lutte a duré neuf mois. Soyez patients. Continuez de faire ce que vous faites. Concentrez vos efforts. Vous allez gagner. Nous avons battu Rio Tinto en 2010 et c'était en grande partie grâce à la solidarité internationale, à la justesse de la cause et parce que nos membres croyaient en eux-mêmes. Rio Tinto peut être vaincu.

Paul Reuter, du Bureau national de Metals Unite, Royaume-Uni : Je suis fier d'être ici avec des étudiants qui croient que l'éducation est un droit, pas une question de qui peut payer. Ce que fait Rio Tinto ici, cela fait partie de l'assaut global contre les travailleurs. Je suis ici pour dire qu'il va y avoir une réponse mondiale à l'offensive mondiale. Nous allons porter votre campagne auprès des actionnaires et dans les rues de Londres. Assurons-nous de gagner ce conflit, et le prochain, puis le prochain. Nous allons protéger les emplois et les conditions de travail pour l'avenir, ensemble. Nous allons nous assurer que l'éducation est une question de droit et pas une question d'argent. Et ensemble, solidaires, nous allons gagner.

Dave Coles, président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) : Le SCEP va être ici avec vous aussi longtemps qu'il le faudra. Notre message est : « Cela va prendre du temps, cela va prendre de l'énergie, cela va prendre de l'argent et nous nous engageons à contribuer tout cela. »

Michel Arsenault, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) : On vit une journée historique. Dans les annales syndicales du Québec, c'est la première fois dans un conflit du secteur privé qu'on a une solidarité internationale mondiale comme on en a eu aujourd'hui: bravo ! Merci aux délégations internationales et du reste du Canada. Il n'y a pas de barrière linguistique quand on parle de solidarité. En même temps que vous livrez cette bataille historique pour la génération qui va vous suivre, vous livrez cette bataille historique pour l'économie régionale qui est fort importante pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. En même temps, les étudiants du Québec livrent une bataille pour que tout le monde ait droit à l'éducation, tout le monde. Il fut un temps pas si lointain dans les années 50, l'éducation était réservée à l'élite et à ceux qui avaient une vocation religieuse. La classe moyenne, les classes les plus pauvres n'avaient pas accès à l'éducation et faudra jamais revenir à ça au Québec. Mais quand ces jeunes-là sortent de l'école, il faut qu'ils aient des emplois bien rémunérés, c'est pour ça qu'on se bat ici aujourd'hui. On ne tolérera pas ni à Alma ni ailleurs au Québec qu'on ait des travailleurs dans des plans de deuxième classe. Les salaires que vous avez et le contrat de travail que vous avez doivent s'appliquer à tout le monde, c'est ça votre bataille. Un joueur important dans cette bataille-là c'est le gouvernement du Québec. J'interpelle aujourd'hui Jean Charest, le premier ministre du Québec, Clément Gignac aussi. Qu'on fasse à Rio Tinto ce qu'on a fait à Résolu, qu'on leur coupe les vivres, nos vivres, nos rivières !

Comment peut-on expliquer que le gouvernement du Québec ait signé un contrat avec Rio Tinto en décrivant un lockout comme un Acte de Dieu ! Parce que Rio Tinto vous met en lockout, la population du Québec doit payer entre 10 et 15 millions $ par mois à Rio Tinto de l'électricité dont on n'a pas besoin. Qui est-ce qui mène au Québec ? Est-ce que c'est le gouvernement qu'on élit ou bien Rio Tinto ? Charest et son ministre Gignac doivent faire à Rio Tinto ce qu'ils ont fait à Résolu et non lui donner 10-15 millions $ pour de l'électricité dont on n'a pas besoin. Hydro-Québec ça nous appartient, c'est à tous nous autres les payeurs de taxes. Cette bataille-là a fait en sorte qu'aujourd'hui on se parle de plus en plus dans le monde syndical au Québec et ailleurs et ça, la solidarité internationale c'est très important.

Michel Roy, directeur du district 5 du Syndicat des Métallos : Les travailleurs et les travailleuses de la section locale 9490 ici se sont faits mettre en lockout illégal une journée avant le droit du lockout. Ces gens-là ce qu'ils réclament et ce qu'ils veulent, c'est des emplois de qualité pour les générations futures. Je vous demande d'applaudir les 780 travailleurs, travailleuses et leurs familles. Ces gens-là ne se battent pas pour du salaire, ils ne se battent pas pour des fonds de pension, ils ne se battent pas pour améliorer l'enveloppe monétaire de la convention collective, ils se battent pour la génération future, ceux qui sont ici. [Il montre les enfants qui sont avec lui sur l'estrade.] Je suis fier de les avoir, je suis fier de la bataille que mènent nos membres ici du Syndicat des Métallos pour assurer des emplois de qualité à ces jeunes-là. Le futur il est là et les gens font cette bataille maintenant pour leur futur.

Cette compagnie-là avec la complicité du gouvernement du Québec, par la société d'État qui est notre richesse collective, ont dans leur histoire décidé de laisser des barrages hydro-électriques ici à Alcan avec un objectif : développer l'emploi de qualité dans la région, d'avoir des emplois pour les hommes et les femmes de la région, pour avoir une économie solide. Maintenant ce pacte-là est brisé, totalement brisé. Imaginez, cet outil-là, qui en était un de développement de l'emploi est en train de se virer contre les travailleurs et les travailleuses. C'est indécent ! Hydro-Québec a l'obligation selon l'entente secrète de racheter l'énergie hydro-électrique, les surplus que Rio Tinto n'utilise pas, de les racheter à 4,5 cents le kWh alors que cela leur coûte 1 cent le kWh pour le produire. Ils font 4 fois l'argent que ça leur coûte pour produire l'énergie hydro-électrique. On leur a donné en janvier avec notre société d'État 10 millions $ à Rio Tinto, en février 15 millions $. Ce gouvernement-là vient de nous prendre en otages, toute la population, tous les citoyens du Québec, on contribue indirectement, parce que le gouvernement nous a caché cette entente-là, à financer un conflit de travail que Rio Tinto Alcan a décidé. Je vous demande d'en parler partout, dans tous les coins du Québec. Si c'est comme ça que le gouvernement veut développer le Plan Nord, ça n'aura aucun bon sens. L'hydro-électricité c'est un outil collectif de développement de l'emploi, mais on est en train de s'en servir contre les travailleurs et les travailleuses.

Ça c'est la première partie de notre campagne planétaire. On est allés aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans les plans, les mines et les fonderies de Rio Tinto. Si cette compagnie-là ne revient pas à la raison et ne négocie pas de bonne foi pour donner aux gens de la région ce qui leur revient, des emplois de qualité, il y a d'autre chose qui s'en vient. On ne lâchera pas. Par exemple, il y a une belle assemblée générale des actionnaires qui s'en vient à Londres, on va aller leur parler de très près. Autre chose aussi. Pas plus tard qu'hier, j'ai envoyé des lettres à Jean Charest, à Marcel Aubut, le président du Comité olympique canadien, et une à Régis Labeaume. Pourquoi ? Imaginez-vous qu'on vient de découvrir que les médailles pour les olympiens dans les prochaines olympiques vont être faites par Rio Tinto en Utah à Kennecott Copper. Cette fonderie est syndiquée avec le Syndicat des Métallos. On a l'appui de cette section locale-là pour tenter d'empêcher que les olympiens portent de la saleté avec des médailles faites par Rio Tinto. Ça sent les élections au Québec, à un moment donné on va en avoir. Si on est toujours dans cette situation-là, Charest va trouver la vie longue avec un autobus orange qui va le suivre partout. Lâchez pas ! Merci !


De l'exécutif du syndicat des travailleurs d'Alma au rassemblement du 31 mars (de gauche à droite): Marc Maltais, président; Hugues Villeneuve, vice-président; Patrice Harvey, secrétaire aux finances; Alexandre Frechette, agent de grief.

Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, local 9490 des Métallos : Vous êtes beaux en orange ! Mes premiers mots je vais les adresser aux lockoutés, hommes et femmes qui luttez bravement contre une multinationale beaucoup plus forte, beaucoup plus grande en termes monétaires. J'aimerais confrère, consoeur que tu regardes autour de toi, tu vas voir tes voisins, ta famille, des syndicats de partout sur la planète, des groupes communautaires, tout le monde autour de nous est ici aujourd'hui pour une raison unique, venir nous supporter, venir nous montrer qu'on n'est pas tout seuls sur la banquise. Je vais demander à tout le monde maintenant, ceux qui sont-là aujourd'hui, de regarder ces gens-là qui se battent fièrement, pas pour nous autres, on l'a dit, on ne négocie pas de salaires, on ne négocie pas des fonds de pension, on ne pense même pas à nous autres. Malgré la réputation qu'on nous fait d'être des bébés gâtés, on lutte pour une communauté, une communauté qui a été attaquée. Ce qui s'est fait depuis le début des années 80, avec la crise du bois, depuis les années 80 on vit des fermetures d'usines, des fermetures de scieries, de papetières, qu'est-ce qui reste en région pour nous autres à part les quelques emplois de qualité que nous avons tous le devoir de protéger. En respect pour nos prédécesseurs, nos grands-pères, nos pères, qui ont lutté si durement, qui ont fait des sacrifices immenses pour gagner les bonnes conditions qu'on a aujourd'hui et le niveau de vie que l'on connaît, en respect de ces générations-là, on n'a pas le droit de concéder quoi que ce soit. On a une responsabilité envers les générations futures, petits comme plus vieux, les étudiants, les générations de demain, on n'a pas le droit de laisser moins que ce que nous-mêmes nous avons, on n'a pas le droit de leur donner un futur moins beau que celui qu'on a eu. On va se battre pour cela. Je vous remercie pour cette journée, cette fête du multisyndicalisme, du multiculturalisme, il n'y a plus de bannières, il n'y a plus de langues, il n'y a plus de cultures, il y a un enjeu, l'enjeu de solidarité et du véritable rapport de forces qu'on est capables de démontrer. Merci à tous ceux qui sont ici, ils sont ici dans la foule aujourd'hui, qui ne comptent pas les heures et les sacrifices, une équipe exceptionnelle, sans qui le succès est impossible. Merci à toutes les sections locales, les fédérations autant québécoises et canadiennes qu'internationales. On a de nouvelles annonces aujourd'hui du soutien financier, des sommes nous arrivent de minute en minute. J'en ai deux pages ici je ne peux pas tous les nommer. Merci à tous !

Comment le gouvernement du Québec peut-il plaider la neutralité quand ta communauté est attaquée par une multinationale et des intérêts étrangers. Comment peut-il plaider la neutralité alors qu'il permet ça, qu'il permet que l'hydro-électricité qui est nôtre et qui est pour l'usage industriel, qui permet qu'elle soit utilisée pour financer ce lockout. Le message est clair. Le gouvernement du Québec a la responsabilité de protéger sa population, ses citoyens et son économie. Rio Tinto a le devoir de revenir s'asseoir à la table de négociations de bonne foi pour régler un contrat avec nous autres. Le message le plus important c'est que jusqu'à la victoire finale nous tiendrons ! Signez la pétition [la pétition qui demande qu'Hydro-Québec arrête d'acheter l'hydro-électricité de RTA pendant le lockout] pour empêcher ce déséquilibre des forces en présence. Je vous demande d'être des ambassadeurs de la cause qu'on défend, la cause d'un Québec qui appartient aux Québécois. Merci !

* Les messages qui ont été livrés en anglais sont traduits par Le Marxiste-Léniniste.

(Photos: LML, STAA, G. Boudreau, G. Depalo, C. Desgagné, S. Deschenes, M. Lafrance,  S. Larouche, J.-P. Ouellet, E.R. Pelletier)

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