Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 37 - 2 avril 2012

Budget fédéral 2012

Le budget Harper est un affront
à l'ensemble des Canadiens


Budget fédéral 2012
Le budget Harper est un affront à l'ensemble des Canadiens
Est-ce ainsi qu'on gère une économie? - K. C. Adams

Unissons-nous contre les États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord!
Notre sécurité est dans la lutte pour les droits de tous!
Les plans de Harper pour le Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent - Enver Villamizar


Budget fédéral 2012

Le budget Harper est un affront
à l'ensemble des Canadiens

Comme prévu, le budget Harper est une attaque en règle contre les Canadiens et un refus de résoudre quelque problème que ce soit, comme le chômage, la pauvreté, la désintégration du secteur manufacturier, le déséquilibre dans les relations entre les investisseurs mondiaux et le Canada qui a complètement éliminé toute notion d'avantage mutuel, établissant un rapport décidément et unilatéralement en faveur des investisseurs étrangers, et les tendances régressives à l'enrichissement des riches, à l'appauvrissement des pauvres et à la concentration du contrôle économique et politique entre les mains de quelques-uns.

Le budget Harper abolit 19 200 emplois dans la fonction publique fédérale alors qu'il y a déjà un taux de chômage dépassant les 8 % au pays. C'est environ 5,2 milliards $ en réclamations en revenu des travailleurs de la fonction publique qui seront soustraits à l'économie. Le gouvernement aurait demandé à tous les ministères de faire des compressions quel que soit leur volume de travail et quelles que soient leurs responsabilités actuelles et futures. Les compressions les plus importantes seront faites au ministère de l'Agriculture, responsable de la sécurité alimentaire, soit une réduction de 9,02 % de son budget actuel, suivies de celles au ministère de la Santé, dont le budget subira une réduction de 5,72 %.

Dans bien des cas, comme pour le ministère de l'Agriculture et celui de Pêches et Océans, les coupures sont liées à l'élimination de certains règlements affectant le fonctionnement des monopoles privés, notamment en ce qui concerne la protection de la sécurité alimentaire et de l'environnement. Les coupures à Pêches et Océans concordent avec des modifications proposées à la Loi sur les pêches.

Les modifications à la Sécurité de la vieillesse sont un affront au sentiment national en faveur du renforcement des régimes de retraite pour assurer le droit de tous les aînés à une retraite dans la dignité à un revenu de standard canadien. Le gouvernement a décidé unilatéralement de hausser l'âge de retraite à 67 ans sans les moindres préparatifs pour la catastrophe que cela va signifier pour beaucoup de personnes âgées qui ne seront tout simplement plus capables de travailler ces deux années supplémentaires à leur emploi actuel ou les nombreux autres qui sont sans travail pendant de longues de périodes à mesure qu'ils avancent en âge ou sont forcés de prendre un emploi au salaire minimum comme par exemple à l'accueil chez Wal-Mart.

Le budget attaque aussi directement le processus d'examen des « grands projets » comme l'oléoduc de bitume Enbridge dans le nord de la Colombie-Britannique et plusieurs autres grands projets du secteur de l'exaction des ressources. Le budget énumère ces projets en rapport avec « le secteur du gaz naturel en Colombie-Britannique ; les secteurs du pétrole et des minéraux des Prairies ; le Cercle de feu en Ontario ; le Plan Nord du Québec ; le secteur de l'hydroélectricité des provinces de l'Atlantique ; et le secteur minier du Nord canadien ». Il raccourcit la période d'examen des projets, limite le financement fédéral pour ces examens et permet un seul examen par projet, même si le projet touche à plusieurs aspects de la vie humaine et de l'environnement naturel. Par exemple, le projet Enbridge, qui est conçu et contrôlé par des monopoles mondiaux, touche à des domaines aussi complexes et variés que la souveraineté des Premières Nations, la santé et sécurité publiques, les conséquences environnementales sur terre et en mer et les conséquences de l'exportation de matières premières pratiquement non transformées (bitume) pour le principe et l'esprit de l'édification nationale canadienne.

Le budget attaque le droit de conscience de ceux qui participent à des oeuvres de bienfaisance et leur droit de s'exprimer publiquement sur des questions d'intérêt, notamment quand un organisme de bienfaisance considère que le gouvernement manque à ses responsabilités. On lit dans le budget : « Le gouvernement met en oeuvre des mesures qui veilleront à ce que les organismes de bienfaisance consacrent leurs ressources principalement à des activités de bienfaisance, plutôt qu'à des activités politiques, et qui amélioreront la transparence et la reddition de comptes au public à cet égard. » Si le gouvernement n'aime pas ce que dit un organisme de bienfaisance, Revenu Canada sera habilité à le soumettre à une enquête et à lui retirer son statut légal. C'est Revenu Canada qui décidera si l'organisme consacre trop de temps à s'exprimer sur des questions d'intérêt.

Ce ne sont là que quelques exemples du contenu réactionnaire de ce budget déposé par un gouvernement qui considère que les compressions dans les programmes sociaux et les services publics, la privatisation et la vente d'avoirs publics et la succession de manoeuvres pour payer les riches sont une façon de se faire valoir pour services rendus à l'oligarchie financière.

Dénonçons le budget antisocial du gouvernement Harper !
Arrêtez de payer les riches !
Augmentez les investissements dans les programmes sociaux et les services publics !
Il est temps de changer la direction du pays en faveur du peuple !
Qui décide ? Le peuple décide !

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Est-ce ainsi qu'on gère une économie?

Après des mois de secret, de désinformation et de spéculation sur le contenu du budget Harper, le 29 mars le ministre des Finances Jim Flaherty a déposé au parlement canadien ce qu'il appelle son « Plan d'action économique de 2012 ». Les déclarations faites dans les semaines précédentes avaient de toute évidence pour objectif de détourner l'attention des besoins réels de l'économie et de la résolution de nombreux problèmes sociaux et économiques. On a entraîné tout le monde dans un faux débat sur la quantité des coupures plutôt que de concentrer sur le refus du gouvernement de s'attaquer aux problèmes auxquels les citoyens et l'économie du Canada sont confrontés et sur la méthode dictatoriale qui est employée pour maintenir le peuple à l'écart des décisions prises concernant l'économie qui lui appartient.

Que propose la dictature Harper dans son budget ?

Plus de 8 % de la main-d'oeuvre, soit environ un million et demi de travailleurs, sont au chômage et beaucoup d'autres âgés entre 18 et 65 ans ne participent pas à l'économie socialisée et ne sont donc pas inclus dans les chiffres sur la main-d'oeuvre. Ce chômage massif est une catastrophe pour les personnes touchées et une perte énorme de produit social et de services pour l'économie. Alors que propose la dictature Harper dans son budget ? De licencier 19 200 employés de la fonction publique et de couper des milliards de dollars dans les programmes sociaux et les services publics ! C'est en plus de maintenir les paiements de transfert au Québec, aux provinces et aux territoires en dessous de ce qui est nécessaire pour répondre aux réclamations de la population en éducation, soins de santé et autres programmes sociaux et services publics.

Les Canadiens réclament une réforme du système de retraite pour garantir une pension standardisée pour tous. Alors que propose la dictature Harper ? Elle hausse l'âge de la retraite à 67 ans et avertit tout le monde de commencer à épargner parce que le gouvernement a l'intention de larguer ses responsabilités envers les personnes âgées !

Les gens sont préoccupés par l'exploitation débridée des ressources par les monopoles sur lesquels personne ne semble avoir de contrôle. Cela entraîne entre autres des problèmes pour l'industrie manufacturière et représente une atteinte à notre droit de décider, en particulier le droit des Premières Nations de décider de ce qu'il advient de leurs territoires. Les gens veulent leur mot à dire sur ces décisions pour que l'économie suffise à ses besoins et se développe dans tous les secteurs, pour que les richesses naturelles abondantes soient transformées en majeure partie au Canada pour créer ici des produits manufacturés sans causer d'avantage de tort à l'environnement. Que fait la dictature Harper dans son budget ? Elle affaiblit encore plus le processus d'audiences publiques sur les projets du secteur des ressources et élimine en pratique toute participation publique aux prises de décisions, y compris les Premières Nations. Harper est résolu à donner aux entreprises mondiales du secteur des ressources le droit monopoliste sans restriction de piller les richesses naturelles abondantes du Canada et de les envoyer à l'extérieur du pays pour un profit rapide, tout en foulant aux pieds les droits des Canadiens et des Premières Nations et en polluant la Terre Mère.

Les gens veulent que le gouvernement soit de leur côté dans la lutte pour réclamer des salaires et des avantages sociaux standardisés à même le produit social et les services créés par les travailleurs. Ils veulent aussi que le gouvernement réclame une partie suffisante directement au niveau des entreprises pour garantir les droits et le bien-être de tous, et restreigne les monopoles qui prennent plus à l'économie qu'ils n'y contribuent. Ils ne veulent pas que leurs concitoyens soient abandonnés à leur sort quand la vie devient difficile, ce qui ne se fait pas dans une économie socialisée, ou qu'ils soient forcés de compter sur les organismes de bienfaisance face aux problèmes sociaux et à la maladie. Alors que fait la dictature Harper avec son budget ? Elle retire des milliards de dollars du financement des programmes, sans même tenir compte du coût de l'inflation ! Non seulement Harper refuse-t-il que le gouvernement garantisse le droit des citoyens de faire des réclamations au produit social, en tant que travailleurs et en tant que membres de la société, mais il menace les organismes de bienfaisance qui voudraient critiquer le gouvernement publiquement quand il manque à ses responsabilités sociales. Il dit que les organismes de bienfaisance n'ont pas le droit de conscience et il a ordonné à Revenu Canada de les espionner et de lui laisser savoir s'ils disent des choses négatives à propos de sa dictature. Quelle hypocrisie de la part d'un gouvernement qui se sert constamment des fonds publics pour financer des campagnes promotionnelles pour ses politiques antisociales ! On n'a qu'à penser aux millions de dollars en fonds publics utilisés pour les annonces qui font l'éloge du « Plan d'action économique », un plan d'action qui utilise des fonds publics pour payer les riches et leurs monopoles.

Les gens sont préoccupés de voir que 30 milliards $ sont versés annuellement pour le paiement de l'intérêt sur la dette nationale. Il s'agit essentiellement de prendre une énorme portion de la richesse publique pour payer les riches, pour retirer de la valeur de l'économie et l'emmagasiner dans les coffres de l'oligarchie financière. Mais que fait la dictature Harper avec son budget 2012 ? Rien ! En fait, le paiement de la dette va s'accroître. La dette nationale sert l'oligarchie financière au pouvoir parce qu'elle est une source de revenu assurée et constante. Ainsi, en plus de tondre le mouton deux fois et de mettre la main sur 30 milliards $ des fonds publics, l'oligarchie financière fait des remontrances aux gouvernements qui laissent la dette s'accumuler et qui encourent des déficits ; elle prétend même que la dette et les déficits sont la cause de tous les problèmes et la raison pour laquelle il faut réduire le financement des programmes sociaux et des services publics et les privatiser. Elle insiste aussi pour que tout nouvel argent provienne de l'imposition des particuliers, des frais d'usager pour les services et d'autres emprunts plutôt que d'une ponction directe au niveau des entreprises, au niveau de la production et de la livraison des services là où la valeur est créée.

Les véritables producteurs se voient interdire
de participer à la résolution des problèmes

Un des problèmes avec ce budget et avec l'économie en général est que les véritables producteurs des biens et services se voient interdire de participer à la résolution des problèmes, surtout dans les secteurs où ils travaillent et dans lesquels ils concentrent l'expertise. On leur enlève le droit de prendre des décisions qui pourraient donner une nouvelle direction à l'économie en faveur du peuple.

Les enseignants sont attaqués au lieu d'être mobilisés dans la résolution des problèmes de l'enseignement public. Eux et les autres travailleurs de l'éducation, depuis la maternelle jusqu'au niveau universitaire, connaissent en détail les besoins de l'éducation publique et savent quel financement est nécessaire pour la maintenir et l'améliorer. On leur dit de se taire et de s'acquitter de leur tâche sans commentaire. Les travailleurs municipaux sont attaqués lorsqu'ils défendent les services municipaux contre la destruction et la privatisation par les monopoles prédateurs. Les travailleurs de la santé se voient nier toute voix au chapitre sur la résolution des problèmes du secteur de la santé. La même chose vaut pour la construction d'une industrie de l'acier qui suffit aux besoins de l'économie où les travailleurs sont privés de toute voix au chapitre, ou dans la production de l'aluminium, le secteur manufacturier en général, le secteur des mines, du pétrole et du gaz, le secteur forestier, la construction et les services publics, où ceux qui produisent se font dire de se taire comme s'ils n'avaient rien de positif à contribuer sur l'usine ou le secteur. Toute l'expertise et tout l'enthousiasme du facteur humain sont gaspillés au lieu d'être mobilisés dans la résolution des problèmes d'une façon qui serve le bien-être de la population et l'économie. La participation des travailleurs aux prises de décisions sur les questions cruciales de l'économie nationale et du développement est bloquée. L'oligarchie dominante a mis le sort de l'économie entre les mains de monopoles mondiaux qui n'ont en tête que leur intérêt privé très étroit et qui voient les travailleurs comme un « coût » et un concurrent pour le produit social créé par les travailleurs, lequel est nécessaire pour veiller au bien-être de la population et à l'intérêt général de la société.

Le facteur humain/conscience sociale

Personne ne peut nier que l'économie aujourd'hui est socialisée, interconnectée et très complexe. Sa force fondamentale est le facteur humain, la classe ouvrière moderne très éduquée qui s'efforce de développer une conscience sociale et des rapports de production qui soient en harmonie avec la société moderne. Les travailleurs jouent individuellement un rôle central dans l'économie où le collectif est plus grand et plus productif que la somme de ses parties, où le travail collectif et la responsabilité individuelle seraient le mot d'ordre approprié. Or, le travail collectif est plutôt devenu un moyen d'enrichir une élite privilégiée et la responsabilité individuelle des travailleurs est niée, même criminalisée, car elle est de plus en plus en contradiction avec les intérêts privés des propriétaires du capital.

Pourquoi l'administration d'une économie aussi socialisée, interconnectée et complexe est-elle privée du facteur humain et de la conscience sociale nécessaires pour un développement non interrompu et sans crise ? Pourquoi le facteur humain est-il non seulement retiré de l'administration de l'économie où il est censé jouer un rôle décisif mais aussi considéré comme un fardeau pour l'économie et qualifié de coût de production ? Parce que le pays est sous la dictature de monopoles mondiaux privés qui veulent accaparer tout le contrôle pour enrichir leurs empires sans égard aux conséquences pour les peuples et leurs sociétés.

Les salaires sont considérés comme des coûts pour les propriétaires du capital, les programmes sociaux sont considérés comme un poids pour l'économie. Tout cela fait partie de la dictature d'aujourd'hui exercée par ceux qui ne produisent pas mais qui prennent toutes les décisions. Voilà le problème central de tous les budgets des gouvernements du Canada sous le pouvoir des riches.

La dictature Harper part de la conception du monde centrée sur le capital pour laquelle les travailleurs sont un coût et un poids pour l'économie socialisée même s'ils sont les producteurs du produit social duquel dépendent l'économie et la société. La conception du monde dépassée des propriétaires du capital considère également les êtres humains et leurs réclamations à la société comme un coût et un poids pour l'économie. Les réclamations des citoyens à la société et les revenus dont ont besoin les gouvernements pour y répondre sont considérés comme un fardeau pour les monopoles privés et leurs empires privés. Cette conception du monde ne reconnaît que les réclamations des monopoles privés et s'oppose à toute définition moderne selon laquelle les êtres humains sont en droit de faire des réclamations à la société à laquelle ils appartiennent du seul fait de leur humanité et que l'État a le devoir de garantir ces réclamations.

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Unissons-nous contre les États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord!

Notre sécurité est dans la lutte
pour les droits de tous!

De récents commentaires d'un porte-parole du US Homeland Security au Canada révèlent que les gouvernements étasuniens et canadiens ont comme objectif de progressivement désensibiliser les Canadiens au fait d'être soumis au pouvoir des États-Unis. À cet effet, NORAD serait un modèle d' « intégration », et les opérations conjointes aux frontières, en particulier sur la Voie maritime du St-Laurent, sont les terrains d'essai menant à une plus grande « intégration » des Forces de sécurité au Commandement du Nord des États-Unis.

S'adressant à un auditoire le 2 mars au sujet des efforts déployés pour mettre en oeuvre l'Accord nord-américain du Périmètre de sécurité, Alan Bersin, secrétaire adjoint aux Affaires internationales au département du Homeland Security des États-Unis, a prôné la mise en oeuvre d'une organisation conjointe pour assumer les contrôles frontaliers — qu'il a affublée du nom de « frontière NORAD ».

Bersin est le principal représentant du Homeland Security et jusqu'à récemment il a servi en tant que commissaire de la Protection des douanes et des frontières des États-Unis. Lorsqu'on lui a demandé s'il entrevoyait le jour où les deux pays pourraient s'entendre sur une institution binationale pour gérer les questions frontalières — où un seul représentant est en autorité — il a cité NORAD et la coopération sur la Voie maritime du St-Laurent en tant qu'excellents exemples d' effort conjoint entre les deux pays.

« Nous devons en fait revenir à cette mentalité, a-t-il dit. Alors que cela peut prendre un certain temps — au cours duquel nous devons développer des mécanismes pour respecter la souveraineté, mais aussi pour identifier où nous voulons unir nos énergies — je crois que ce temps viendra. »

Abordant les demandes des États-Unis pour une politique de l'immigration et des personnes réfugiées pour l'Amérique du Nord, il a ajouté : « Pourquoi aurions-nous des critères d'admissibilité différents, puisqu'en réalité une Sécurité nord-américaine signifie qu'un fonctionnaire canadien des douanes et de l'immigration et un américain devraient en principe travailler ensemble pour que des gens de Frankfurt puissent passer la douane pour venir au Canada, de sorte à ce que ces même gens puissent ensuite franchir sans problème [la frontière commune] et venir aux États-Unis. » Un tel scénario demandera de l'effort, a-t-il signalé, ajoutant : « Je dis cela pour démontrer le chemin à parcourir avant d'arriver au point de mettre en oeuvre la frontière NORAD, mais je crois que c'est là la vision qui sera le moteur de cette coopération, tout en admettant qu'il y aura des étapes intermédiaires à franchir. »

Alors qu'à chaque jour des nouveaux arrangements sont mis en oeuvre pour atteindre cet objectif dans le dos des Canadiens au moyen de projets de loi omnibus et de nouvelles réglementations, le gouvernement Harper sait que la souveraineté est chère aux Canadiens. En conséquence, le directeur adjoint aux Communications de Harper, Andrew MacDougall, a émis un communiqué pour dire que le fait de prôner une frontière NORAD ne reflétait pas leurs intentions. « Pour nous c'est clair que notre plan respecte la souveraineté de chaque nation et ces commentaires ne sont pas compatibles avec cette vision », a-t-il dit.

Ce n'est que de la poudre aux yeux. Tous les arrangements sont à toute fin pratique mis en place pour intégrer le Canada et les États-Unis au Homeland nord-américain de l'impérialisme étusunien. Dans le dos des peuples du Canada, des États-Unis et du Mexique, nous avons été soumis aux décrets du président des États-Unis, Barack Obama. Le danger d'une telle situation doit être sérieusement pris en compte par la classe ouvrière canadienne et ses alliés.

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Les plans de Harper pour le Réseau
Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent

De récents développements indiquent que le gouvernement Harper a l'intention de centraliser le contrôle de la Voie maritime du Saint-Laurent.

Ces développements indiquent aussi que des négociations ont lieu en ce moment visant à établir de nouveaux arrangements pour gérer un contrôle qui serait partagé entre les États-Unis et le Canada et qui s'exercerait sur cette route commerciale stratégique dans le but de bénéficier les divers intérêts monopolistes utilisant cette voie maritime.

Ces récents développements font suite à des annonces de la mise sur pied de comités binationaux d'exploitation des ports responsables de la Voie maritime du Saint-Laurent ainsi que d'améliorations apportées à l'infrastructure de certains points frontaliers le long de la Voie maritime du Saint-Laurent, infrastructures qui doivent être complétées en 2012 en tant que partie intégrante du Plan d'action du périmètre de sécurité.

Les développements au niveau du Réseau de la Voie maritime doivent être vus dans le contexte des efforts déployés pour soumettre le Canada au commandement des États-Unis. Ce processus est réalisé par le biais de NORAD et par l'intégration de cette instance militaire/policière conjointe aux agences civiles du Canada et des États-Unis. La Voie maritime du Saint-Laurent sert de terrain d'essai pour le commandement militaire de la vie civile alors que l'impérialisme étasunien exige la protection d' «infrastructures-clés » qu'il prétend essentielles à sa « sécurité nationale ».

Le Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent


Carte du Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent. Les ports canadiens sont indiqués par des points
rouges, les ports américains par des points bleus. (The St. Lawrence Seaway Management Corporation)

Cependant, le sort de ce réseau est d'une importance vitale pour la classe ouvrière et le peuple du Canada, du Québec, des États-Unis et des Premières Nations. Il ne peut être laissé à des représentants des monopoles tels qu'ils se trouvent dans les pouvoirs exécutifs des gouvernements Harper et Obama.

Pour les peuples de l'Amérique du Nord, le Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent est un trésor naturel qui doit être exploité de façon viable à l'avantage des peuples du monde. Il est la voie navigable d'eau profonde (une voie de plus de 14 pieds) la plus longue au monde, qui s'étend sur 3 700 km de l'océan Atlantique jusqu'au haut des Grands Lacs, au coeur même de l'Amérique du Nord. La section de la Voie maritime du Saint-Laurent du réseau s'étend de Montréal jusqu'au milieu du lac Érié. On trouve sur la Voie maritime du Saint-Laurent 13 écluses canadiennes et deux écluses étasuniennes.

Le réseau constitue le pouls même du centre industriel et manufacturier du Canada et des États-Unis. Le réseau contient aussi une grande part de la biodiversité mondiale.

Ce qui reste de la base industrielle et manufacturière de l'Ontario est relié par ce réseau, et les travailleurs de l'Ontario et du Québec gagnent leur vie et habitent les villes sur ses côtes. Il s'agit entre autres de Sault Ste-Marie, Windsor, Sarnia, Hamilton, Oakville, St. Catherines, Toronto, Oshawa, Kingston et Montréal ; du côté des États-Unis : Green Bay, Détroit, Chicago, New York, Milwaukee et Buffalo.

À chaque année, plus de 1 600 millions de tonnes métriques de marchandises sont transportées sur le Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent. Près de 25 % de ces marchandises se rendent dans des ports d'outremer ou en proviennent, en particulier en Europe, en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique. Les marchandises les plus fréquentes sont le minerai de fer pour la production de l'acier, le charbon pour la production de l'énergie électrique, le calcaire et le ciment pour la construction, et les céréales à des fins de consommation domestique et pour l'exportation.

À partir des ports qui parsèment la Voie maritime, un réseau multiforme de transport s'étend sur tout le continent: plus de 40 autoroutes provinciales et liant les États et près de 30 lignes ferroviaires liant les 15 grands ports du réseau ainsi que les 50 ports régionaux avec les consommateurs, les industries et les produits partout en Amérique du Nord.

Présentement, les instances responsables de la gestion des voies et des écluses du réseau sont la Corporation de Gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent du Canada, représentant le gouvernement du Canada, et la Saint Lawrence Seaway Development Corporation, qui représente le gouvernement des États-Unis.

Un rapport qui recommande un commandement centralisé

Un récent rapport demandé par le Conseil de recherche de la Défense nationale des Forces armées canadiennes exige une structure de commandement unifiée afin de protéger le Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent des menaces du terrorisme que représentent les petites embarcations qui bénéficient du réseau. Le rapport s'en prend aux nombreuses juridictions qui se chevauchent, comprenant les Forces armées, la Gendarmerie royale, Transport Canada et la Garde côtière canadienne sur la Voie maritime du Saint-Laurent. Le rapport prône un commandement centralisé en tant que solution au problème.

Le rapport dit que bien que Transport Canada soit responsable de la sûreté maritime et des réglementations, il n'existe aucune entité unique responsable de planifier la sûreté, la coordination et l'exécution, comme le fait la Garde côtière militarisée des États-Unis.

Le rapport déclare que bien que la GRC soit responsable de protéger la frontière maritime dans la région de la voie maritime, elle est « sous-équipée et en pénurie de personnel de telle sorte qu'elle ne peut accomplir ses tâches de façon adéquate ».

Sur le front militaire, le rapport prétend que le ministère de la Défense nationale « possède l'expertise technologique et opérationnelle nécessaire pour mener des opérations de sûreté maritime mais qu'il est inadéquat en termes d'application de la loi et d'investigation ».

Contrairement à son homologue étasunien, dit le rapport, la Garde côtière canadienne n'est pas autorisée à participer à des opérations de sûreté maritime sauf lorsqu'elle agit en appui à la GRC et à d'autres départements gouvernementaux. La solution proposée est un commandement centralisé devant s'exercer par le biais de l'un des « Centres des opérations de la sûreté maritime ».

Les centres ont été créés suite à la politique de Sécurité nationale de 2004 du gouvernement fédéral.

Selon le site Web du gouvernement, à l'heure actuelle, il existe deux COSM côtiers — l'un sur la côte Est, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et l'autre sur la côte Ouest, à Esquimalt (Victoria), en Colombie-Britannique. Ils sont logés dans deux bâtiments de la Marine, le premier, à la base des Forces canadiennes Halifax de la Force opérationnelle interarmées de l'Atlantique, et le deuxième, à la base des Forces canadiennes Esquimalt des Forces canadiennes de la Force opérationnelle interarmées du Pacifique. Un troisième centre des opérations de la sûreté maritime a été établi près de Niagara Falls et est géré par la Gendarmerie royale du Canada. Ce centre est chargé de faire la surveillance du Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent.

Le rapport souligne trois « écarts de capacité » qui devront être corrigés afin de combattre la menace terroriste que posent les petites embarcations dans la Voie maritime du Saint-Laurent :

1) La coordination des opérations de sûreté maritime par une seule agence gouvernementale, par exemple, la Garde côtière ;

2) Une stratégie pour coordonner et répartir une main-d'oeuvre et de l'équipement peu abondants

3) De l'équipement de surveillance avancé, comprenant des détecteurs, et d'autres technologies doivent être considérés et utilisés en même temps que l'équipement de surveillance actuelle, mais de façon plus coordonnée et stratégique.

Dans un geste qui indique que le processus de centralisation est déjà en marche, l'Agence des services frontaliers du Canada a récemment fermé son quartier général à Windsor, en Ontario, et doit déménager vers un centre de commandement dans la région du Niagara.

Rôle des Forces armées canadiennes

Comme pour illustrer comment on prépare le grand public à la militarisation de ces agences civiles, à l'occasion du 50ème anniversaire de la Garde côtière le 26 janvier, le ministre de la Défense Peter Mackay a émis un communiqué mettant en lumière l'intégration des Forces militaires et de la Garde côtière. « Les hommes et les femmes des Forces canadiennes et de la Garde côtière canadienne travaillent ensemble pour sauver des vies tous les jours. Grâce à du personnel hautement qualifié et des moyens spécialisés, ils veillent à ce que des ressources soient prêtes à porter assistance, et capables de le faire, même dans les conditions, les endroits et les situations les plus difficiles, » a-t-il dit. Il a mis en lumière leur intégration à la Voie maritime du Saint-Laurent : « [nous sommes] aussi partenaires dans les trois centres des opérations de la sûreté maritime. Ces centres réunissent et analysent de grandes quantités de renseignements sur la côte Est, la côte Ouest, les Grands lacs et la voie maritime du Saint-Laurent pour recenser les menaces à la sécurité et renforcer la sûreté maritime pour le Canada et ses alliés. Les centres des opérations de la sûreté maritime surveillent les eaux territoriales canadiennes et détectent et évaluent les menaces possibles à la sécurité provenant d'environ 1 000 navires chaque jour, à une distance de plus de 2 000 milles marins. »

« Nous avons hâte d'établir une relation de travail encore plus étroite avec la Garde côtière canadienne à l'avenir, alors que nous continuons à renforcer notre capacité de protéger les Canadiens et de leur venir en aide », conclut le communiqué.

Le contrôle fédéral du port d'Oshawa

Certains ont exprimé leurs inquiétudes au parlement au sujet des changements apportés par le gouvernement fédéral à la ville d'Oshawa, plus précisément au port de l'Ontario, transformant la Commission portuaire en autorité portuaire, ainsi qu'au sujet de l'annonce qui a suivi sur la construction d'une raffinerie de pétrole sur des terrains portuaires. Oshawa est un port stratégique sur la Voie maritime du Saint-Laurent. Le 13 février, la député néodémocrate Olivia Chow a soulevé le point pendant la période de questions :

« Monsieur le Président, la Ville d'Oshawa et le conseil municipal veulent pouvoir utiliser les terrains de leur port comme ils l'entendent. Personne ne les a consultés à propos de cette nouvelle autorité portuaire. Les conservateurs leur ont enlevé le pouvoir de décider et ont mis sur pied une autorité portuaire fédérale. Et qui est chargé de la mise en place de cette autorité portuaire, un emploi en or ? Le président de l'association de circonscription du ministre des Finances.

Les conservateurs ont-ils créé un autre organisme composé de personnes choisies par favoritisme seulement pour récompenser l'ami du ministre, ou pour imposer l'installation d'une raffinerie malgré l'opposition des gens d'Oshawa, ou pour ces deux raisons ? »

L'État de New York abandonne les réglementations
proposées sur le transport maritime

Des rapports indiquent qu'après des négociations entre des représentants du gouvernement canadien et l'État de New York, le 24 février 2012, les représentants de la conservation de l'État de New York ont abandonné des règlements exigeant que les bateaux se servant des voies navigables de cet État installent des systèmes de traitement pour leur eau de ballast dès l'an prochain. L'eau de ballast est pompée dans les bateaux pour améliorer le tirant d'eau, changer l'assiette, régler la stabilité et/ou maintenir les efforts imposés par la charge dans des limites acceptables. La réglementation proposée visait semble-t-il à empêcher que des espèces envahissantes portées par des eaux de ballast n'entrent dans les Grands Lacs. La réglementation aurait affecté les bâtiments entrant dans les ports de New York, ainsi que tout bateau voyageant dans les eaux de l'État de New York sur la Voie maritime du Saint-Laurent — peu importe si le bateau avait l'intention de délester du ballast ou pas à cet endroit. Deux écluses de la Voie maritime du Saint-Laurent à l'entrée des Grands Lacs se trouvent en eaux newyorkaises. Selon des porte-parole canadiens, la mise en oeuvre de telles mesures sur des vaisseaux de passage aurait tout simplement arrêté tout trafic commercial sur la Voie maritime.

Certains ont jugé que le fait d'abandonner ce projet de réglementation au moment de l'ouverture cette semaine du Réseau Grands Lacs Voie maritime du Saint-Laurent à la circulation de bateaux pour la saison 2012 était primordial.

S'adressant à cette question au parlement le 27 février, le député conservateur Pierre Poilièvre a dit : «Depuis un an, 72 000 emplois liés à la Voie maritime du Saint-Laurent sont menacés par la possibilité d'une réglementation de transport maritime irréaliste sur l'eau de ballast.

« Grâce à une vigoureuse intervention canadienne auprès de l'État de New York, celui-ci a maintenant choisi d'accepter une réglementation uniforme qui protégera l'environnement et qui sauvera des emplois en même temps. »

Joe Martens, commissaire pour le département de la Conservation environnementale de New York, a déclaré : « New York demeure préoccupé par l'introduction et la propagation d'espèces envahissantes dans ses voies navigables et nous espérons de pouvoir arriver à une solution nationale viable, » [...] « En même temps, l'activité maritime et de transport maritime est cruciale à l'État de New York et au commerce international. »

Il a dit qu'une norme nationale « techniquement possible » sera « la seule alternative viable pour régler la question de la propagation d'envahisseurs aquatiques destructeurs par le biais de l'eau de ballast. »

Il est plus que probable qu'une telle « norme nationale » signifierait que les négociations sont basées sur une norme unique pour l'ensemble de l'Amérique du Nord.

(Ministère de la Défense nationale, The Citizen)

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