Le Marxiste-Léniniste

Numéro 31 - 23 mars 2012

200 000 étudiants dans les rues de Montréal

Le gouvernement libéral doit être tenu
responsable de la situation en éducation


200 000 étudiants dans les rues de Montréal
Charest ne représente pas les «contribuables» non plus!
Le gouvernement libéral doit être tenu responsable de la situation en éducation - Serge Lachapelle

La fraude des redevances dans le budget Bachand
Nos ressources naturelles ne sont pas de la monnaie pour payer les riches!

10e budget antisocial du gouvernement Charest
Un budget pour payer les riches
Refus de répondre aux besoins présents et futurs de la société québécoise - Christine Dandenault


200 000 étudiants dans les rues de Montréal

Charest ne représente pas
les «contribuables» non plus!

Le gouvernement Charest, dans sa décision de hausser les frais de scolarité, ne représente pas la volonté du peuple. Face aux étudiants qui réclament leurs droits, il prétend représenter « les contribuables » qui « font le plus gros de l'effort » dans le financement de l'éducation. Il dit que les étudiants doivent « faire leur part ».

La raison pour laquelle Jean Charest parle de « contribuables » quand il s'agit du financement de l'éducation est que cela lui permet d'exclure les étudiants, donc de créer l'impression que les jeunes ne font pas partie de ceux qui paient pour l'éducation. Mis à part que la grande majorité des étudiants de niveau post-secondaire sont aussi des « contribuables », ils sont aussi les fils et filles des «contribuables» et ils ont, selon toute vraisemblance, l'appui de la vaste majorité de la population.

Où le gouvernement libéral prend-il qu'il représente la volonté du peuple (les « contribuables »), que ce soit sur le financement de l'éducation ou sur tout autre sujet ? Le gouvernement Charest a été élu avec l'appui de 23 % des électeurs dans une élection qui n'a pas eu lieu à l'issue d'une discussion sur le financement de l'éducation. En l'absence d'une représentation, il ne fait que défendre envers et contre tous les intérêts de ceux qui l'ont porté au pouvoir. Il doit être forcé de respecter la volonté populaire clairement exprimée concernant la hausse des frais de scolarité. Il doit maintenir le gel et soumettre la question au débat pour donner au peuple la possibilité de transformer la volonté populaire en volonté juridique à laquelle il devra se soumettre.





Plus de 200 000 personnes ont manifesté dans les rues de Montréal le 22 avril pour exprimer leur opposition à la hausse des frais de scolarité. Les associations étudiantes rapportent qu’en date de la manifestation, il y avait 300 000 étudiants en grève au Québec, soit plus des deux tiers de la population étudiante post-secondaire de la province.

Un point marquant de la manifestation fut l’arrivée des étudiants du secondaire à la Place du Canada. Ces derniers ont dû s'opposer à leur direction d'école. Ils ont été accueillis par des applaudissements et des cris joie. « On s'est fait stopper. C'était interdit de venir, a dit aux médias Arnaud Valade de l'école Jean XX111. On ira en retenue avec les autres par solidarité. » Pour sa part, Marie-Hélène Vallière de l'école Pierre-Laporte a dit: « Dans ma famille, on est cinq enfants et on est quatre qui vont aller à l'Université. Ça revient vraiment cher pour mes parents. »

Vers 13 h, des cégepiens et universitaires accompagnés de travailleurs et de familles provenant de tous les coins du Québec ont envahi à leur tour la Place du Canada. On parle de 90 autobus bondés. Il y avait également de nombreux travailleurs provenant de tous les secteurs de l'économie, y compris les travailleurs de la construction. Cet appui n'est pas passé inaperçu et plusieurs jeunes sont allés fraterniser avec eux.

Impressionnés par cette foule immense, les travailleurs et résidents du centre-ville sont venus prendre des nouvelles. Puis le cortège s'est mis en branle pour un long trajet de 7 kilomètres qui s'est terminé au Vieux-Port, où les manifestants ont pu entendre les discours. En soirée, plusieurs étudiants se sont dirigés vers le Métropolis pour une soirée de solidarité avec de nombreux artistes.

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Le gouvernement libéral doit être tenu
responsable de la situation en éducation

Le 22 mars, Montréal a été le témoin de la plus grande manifestation étudiante de l'histoire du Québec. Il s'agit également d'une des plus grandes, après celle qui a vu 250 000 manifestants envahir les rues de Montréal en février 2003 pour dénoncer le déclenchement de la guerre en Irak.

Cette manifestation des étudiants et de leurs alliés - et ils étaient tous là; étudiants de tous les niveaux, travailleurs, femmes, jeunes, familles avec leurs enfants, groupes de défense des droits - a démontré encore une fois la profonde marginalisation dans laquelle se trouvent plongés les libéraux et leurs quelques alliés. Cette action démontre également que la population rejette cette diversion que les libéraux tentent sans succès d'imposer et qui opposerait les étudiants au reste de la population, qui est réduite au statut de payeur de taxes.

Le plus bel exemple de cette tentative est venu après la manifestation. On a assisté à une scène on ne peut plus loufoque quand la ministre de l'Éducation s'est portée à la défense des travailleurs. « S'en prendre aux travailleurs qui paient la note n'aidera pas la cause, a-t-elle dit. Les étudiants disent: ‘Je ne veux plus rien payer du tout ou je ne veux pas augmenter ma contribution.'. Mais l'argent doit venir de quelque part. Si on nuit à l'activité économique, si on empêche des gens d'aller au travail, c'est carrément mordre la main de celui à qui on veut refiler la facture. » La ministre Line Beauchamp n'a aucune légitimité pour parler au nom des travailleurs. Les travailleurs sont les créateurs de toutes les richesses dans cette société et leur présence en grand nombre démontre qu'ils sont du côté des étudiants dans cette affaire.

Quant au premier ministre, il a déclaré: « Ils ont choisi de boycotter la discussion, malheureusement (se référant à la Rencontre des partenaires de l'Éducation de 2010). Depuis nous avons fait une réflexion. Nous avons fait un choix fondé sur notre volonté d'avoir un système d'enseignement postsecondaire de calibre mondial et de se donner les moyens pour y parvenir. Le premier ministre n'a aucune légitimité pour parler au nom des étudiants.

Le dépôt du budget, qui a mis en colère les étudiants, a dévoilé encore une fois la vision antisociale des libéraux. Lors d'une brève rencontre avec les médias, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a déclaré: « Nous, comme peuple au Québec, on a beaucoup d'opportunités qu'on est capable de saisir dans cette économie mondiale. Et le budget, de façon très ciblée (...), va tenter qu'on saisisse ensemble ces opportunités pour bâtir l'avenir. Et le contribuable québécois, (comme) ça va créer de la richesse, ça va être bon pour lui. ». Le ministre des Finances n'a aucune légitimité pour parler au nom du peuple québécois.

De façon arrogante il a conclu en disant: « Les étudiants qui soit veulent la gratuité scolaire, soit s'opposent à toute hausse de frais de scolarité, c'est leur droit. Mais ce débat dans notre société, il a été fait. Le gouvernement a décidé; c'est notre rôle de décider.»

Ce que sont venus dire les 200 000 manifestants c'est justement tout le contraire. Ce qu'ils sont venus dire c'est: Qui décide ! C'est nous qui décidons !

« Aujourd'hui, dans les rues, la jeunesse a répliqué au budget du gouvernement Charest avec la plus grande manifestation étudiante de l'histoire du Québec. Et le message était on ne peut plus clair: nous ne reculerons pas, nous ne tairons pas ! », a scandé Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

« Après un budget plus qu'insatisfaisant, des centaines de milliers de personnes marchant présentement dans les rues viennent d'écrire une page de l'histoire du Québec. Jamais une mobilisation étudiante et citoyenne n'a pris autant d'ampleur. Comment les libéraux osent-ils encore ignorer nos demandes ?», a souligné pour sa part Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

« C'est une mobilisation sans précédent, ça dépasse toutes nos attentes. On commence à parler d'une véritable crise politique. Le gouvernement Charest doit maintenant agir de manière responsable et se mettre en mode solution », a mentionné pour sa part Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Les associations étudiantes se réuniront en fin de semaine pour faire le bilan et décider des moyens à prendre pour bloquer la hausse des frais de scolarité.

L'éducation est un droit ! Appuyons la juste lutte des étudiants !

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La fraude des redevances dans le budget Bachand

Nos ressources naturelles ne sont pas
de la monnaie pour payer les riches!

Dans son budget du 20 mars, le gouvernement du Québec dit qu'il va « tirer le plein potentiel des ressources naturelles au bénéfice de tous les Québécois ». Mais dans sa logique perverse, une logique centrée sur le capital, cela veut dire utiliser les ressources naturelles pour payer la dette ! Le gouvernement Charest signifie ainsi son mépris pour la demande des travailleurs et de l'ensemble des Québécois que les ressources naturelles doivent servir à renforcer l'économie et à améliorer le bien-être de la population. Les politiques de braderie des ressources appliquées par les gouvernements du Québec ont entraîné la dévastation de communautés entières, notamment les communautés basées sur l'industrie forestière. Au lieu de remédier à la situation et de tenir les monopoles mondiaux à leurs obligations, on continue de payer les riches pour les aider à piller nos ressources. Ne laissons pas le gouvernement Charest s'en sauver avec cette fraude sur les redevances !

Le ministre des Finances Raymond Bachand annonce qu' « en 2011-2012, les redevances brutes provenant des ressources naturelles — mines, forêts, eau — atteindront près de 1,2 milliard $, soit près de 500 millions $ de plus que le niveau moyen des redevances perçues de 2006-2007 à 2009-2010 ». Il dit que d'ici 2016, elles atteindront 1,48 milliard $. La fraude est que le gouvernement donne l'impression qu'il veut restreindre le pouvoir des monopoles mondiaux de s'enrichir aux dépens de nos ressources naturelles sans rien laisser au Québec et ses régions. Mais le ministre omet de dire que ces redevances « augmentées » ne sont rien comparées aux milliards que l'État utilise pour « attirer » les investisseurs mondiaux, que ce soit par la construction des routes, ports, aéroports et voies ferrées, ou par l'expansion du réseau hydro-électrique offert sur un plateau d'argent ou autres « incitatifs ». Ne serait-ce que dans le cadre du plan de braderie appelé « Plan Nord », le gouvernement « bâtisseur » de Jean Charest prévoit des dépenses de près de 50 milliards $ par l'entremise d'Hydro-Quebec et 30 autres milliards $ en infrastructures.

La seule façon de mettre fin à cette destruction nationale et de renverser la vapeur en faveur du développement d'une économie qui suffit à ses besoins, qui profite à toutes les régions et qui élève le bien-être des travailleurs et de l'ensemble des Québécois, est de bâtir une Opposition ouvrière capable d'investir l'Assemblée nationale et de restreindre le droit de monopole. Les partis des riches ne le feront pas. Il faut bâtir une Opposition ouvrière consciente, organisée et déterminée qui voit à ce que les ressources qui appartiennent au peuple servent le peuple.

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10e budget antisocial du gouvernement Charest

Un budget pour payer les riches

Le premier communiqué émis par le ministre des Finances Raymond Bachand pour présenter son budget antisocial s'intitule : « Un budget sans nouvelle taxe ni nouvel impôt pour le citoyen québécois ». On y lit : « La famille québécoise a aujourd'hui plus d'argent dans ses poches qu'en 2003 », une affirmation basée sur une manipulation de chiffres qui ne tient pas compte du fait que ne serait-ce que depuis 2010, les Québécois se sont vu imposer des taxes graduelles sur l'essence, des frais dans la santé, l'augmentation de la TVQ, et des tarifs d'électricité. Ainsi en 2010, le gouvernement a imposé :

- une hausse de 1 cent le litre d'essence à compter du 1er avril 2010 et des hausses annuelles de 1 cent le litre les trois années suivantes, soit jusqu'en 2013 inclusivement ;

- une hausse de 1 % le 1er janvier 2011, portant la TVQ à 8,5 % ;

- une hausse de 1 % le 1er janvier 2012, portant la TVQ à 9,5 %.

En santé, le gouvernement a imposé une contribution à la santé de 25 $ par adulte en 2010, de 100 $ en 2011 et de 200 $ en 2012. Et c'est en 2010 qu'il a annoncé la hausse des frais de scolarité universitaire pour l'automne 2012.

En 2010, le budget a proposé une augmentation annuelle de 3,7 % des tarifs d'électricité pour les particuliers et les petites et moyennes entreprises à compter de 2014-2015 et des hausses subséquentes liées au coût de la vie. Les grands consommateurs industriels sont spécifiquement exemptés.

Voici quelques autres faits sur le budget Bachand pour payer les riches :

Dans le budget 2012-2013, le premier engagement que fait le gouvernement Charest est envers les monopoles qui tirent profit de l'endettement du Québec. Il annonce donc qu'en 2016-2017, 2,5 milliards $ seront retirés de l'économie pour être mis entre les mains des monopoles pour le remboursement de la dette. Cela représente une somme de 1,2 milliard $ pour 2012-2013 qui sera versé au Fonds des générations mis sur pied en 2006, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. D'où vient la dette du Québec ? Comment a-t-elle été encourue ? Qui en a profité ? Cela, le ministre Bachand n'en parle pas.

Dans le budget 2012-2013, excluant le service de la dette, les dépenses publiques du Québec sont réduites graduellement de 5,7 % à 2,8 % de 2010 à 2014. Les trois plus gros postes de dépenses sont la santé, l'éducation et la dette.

Pour les entreprises

-1,3 milliard $ de nouveaux capitaux sera alloué pour appuyer les entreprises.

Secteur des ressources naturelles

Industrie forestière : 500 millions $ par année pendant cinq ans à des travaux sylvicoles et à l'aménagement et l'exploitation durable de la forêt. 170 millions $, dont 95 millions souscrits par le gouvernement, avec la création du Fonds Valorisation Bois. Le fonds prendra des participations minoritaires dans des entreprises du secteur forestier à fort potentiel.

Mines et hydrocarbures : 1,2 milliard $ pour des prises de participation avec la création de Ressources Québec, une nouvelle filiale d'Investissement Québec spécialisée dans les mines et les hydrocarbures. Ressources Québec conseillera le gouvernement dans la gestion d'un nouveau fonds : Capital Mines Hydrocarbures. « Ces investissements nous permettront de retirer, comme partenaires des sociétés, une part plus grande des profits, tout en assumant une partie du risque qui y est associé. »

La stratégie en 4 volets pour la prise de participation:

(1) 500 millions déjà annoncés dans le budget 2011-2012 pour des prises de participation dans des projets porteurs et structurants sur le territoire du Plan Nord. L'enveloppe passera de 500 M à 1 milliard sur 5 ans.

(2) négociation d'option de participation dans tous les projets pour lesquels un soutien gouvernemental est demandé, notamment pour des infrastructures et la détermination de tarifs d’électricité.

(3) les taux de crédit d'impôt dont peuvent bénéficier les sociétés réalisant des travaux d'exploration seront réduits de plus du quart à compter du 1er janvier 2014. Les sociétés qui font de l'exploration dans le sous-sol québécois pourront, à leur choix, bénéficier d'une bonification des crédits d'impôt à l'exploration en échange d'une option de prise de participation de l'État dans l'exploitation éventuelle.

(4) le gouvernement et Ressources Québec consacreront jusqu’à 100 millions de dollars au cours des cinq prochaines années à investir dans l’exploration et la mise en valeur de sites miniers prometteurs, en partenariat avec des entreprises privées. Ces derniers investissements seront réalisés par SOQUEM.

Plus de 4 milliards $ en redevances minières au cours des 10 prochaines années. Le crédit d'impôt à l'investissement s'appliquera dorénavant aussi aux actifs utilisés pour la fonte ou l'affinage des métaux et pour l'hydrométallurgie.

Permis de recherche de pétrole et de gaz mis aux enchères : « On pourra tirer profit », dit le ministre Bachand. Mais la mise aux enchères signifie que ce sont les monopoles, les multinationales, qui pourront y participer et profiter de celle-ci.

Secteur manufacturier

L'intention du gouvernement s'élève à 5 milliards $ en 2012 pour la création d'emplois par les exportations ; soutien additionnel de 6 millions $ aide les PME à intégrer les nouvelles technologies de l'information.

Exportation : 35 millions $ investis sur 3 ans pour stimuler les exportations québécoises ;

Le secteur touristique recevra quant à lui 463 millions $.

Une série de crédits d'impôt ont aussi été annoncés pour les entreprises dont ceux-ci :

- reconduction du crédit d'impôt remboursable de 30 % des dépenses de formation admissible dans les secteurs manufacturiers, forestiers et miniers ;

- bonification du crédit d'impôt pour le matériel de fabrication et de transformation ;

- instauration d'un crédit d'impôt remboursable pour l'embauche d'employés par une nouvelle société de services financiers ;

- instauration d'un congé d'impôt d'une durée de 5 ans pour spécialistes étrangers à l'emploi d'une nouvelle société de services financiers

- crédit d'impôt remboursable pour les titres multimédias et crédits d'impôt remboursables pour les sociétés remboursées pour la production des titres multimédias ;

- instauration d'un crédit d'impôt remboursable relatif à la diversification des marchés des entreprises manufacturières ;

- crédit d'impôt remboursable en recherche et développement où on reconnaît un nouveau centre de recherche public admissible, l'Institut national de santé publique du Québec ;

- instauration d'un crédit d'impôt remboursable temporaire favorisant la modernisation de l'offre d'hébergement touristique ;

- élargissement de la déduction pour travailleurs du cinéma non résidents dans le cadre d'une production étrangère tournée au Québec ;

- élargissement de la bonification applicable à certaines productions cinématographiques ou télévisuelles de langue française ;

- hausse du plafond du crédit d'impôt remboursable pour la production de spectacles ;

- instauration d'un nouveau crédit d'impôt pour la production d'événements ou d'environnements multimédias présentés à l'extérieur du Québec ;

D'autres mesures favorisant la capitalisation des entreprises :

- crédit d'impôt relatif aux frais d'émission d'actions lors d'un premier appel public à l'épargne dans le cadre du régime d'épargne action II (REA II) ;

- modifications à certaines normes d'investissement imposées au fonds de solidarité FTQ ;

- transformation de la société Innovatech Québec et Chaudière-Appalaches en société de capital mixte public-privé en partenariat avec Capital régional et coopératif Desjardins. L'organisme disposera de 180 millions supplémentaires pour les entreprises technologiques québécoises.

- hausse sur 3 ans le plafond annuel d'émissions de Fondaction, le Fonds de développement de la CSN. La hausse permettra de dégager 150 millions de liquidités additionnelles.

- augmentation de 131,1 millions $ de l'enveloppe allouée au Programme favorisant la capitalisation des entreprises de l'économie sociale pour la création, le maintien et le développement des entreprises de l'économie sociale.

- 30 millions $ pour le Fonds de co-investissement COOP

- 15 millions $ pour la fondation du maire de Montréal : le Montréal inc. de demain qui vise la participation des jeunes montréalaises à l'activité entrepreneuriale ;

- le Fonds de développement Emploi-Montréal offrira des outils de financement aux entreprises sous forme de prêts de démarrage, soutien technique, services-conseils aux entreprises avec un prêt sans intérêt de 3 millions pour 5 ans.

- capital d'au moins 100 millions $ pour le Fonds Cycle Capital III qui vise le développement durable et investit dans des entreprises de technologies propres.

Pour le peuple du Québec

En santé : d'autres coupures dans la santé auront lieu au cours de l'année 2012. Le gouvernement annonce qu'il veut modifier le mode de financement de la santé vers des modes de financement à l'activité. « Pour étudier ces modèles de financement, nous mettons en place un groupe d'experts chargé de formuler des recommandations sur l'implantation de ce type de financement. » La logique de l'utilisateur payeur est défendue avec le même argument antisocial que celui présenté aux étudiants du Québec : les contribuables québécois versent leur juste part pour les services publics qu'ils reçoivent.

Les retraites : nouveaux régimes volontaires d'épargne-retraite (RVER) qui « permettront à 2 millions de Québécois d'avoir désormais accès à un régime de retraite collective ». En vigueur au 1er janvier 2013. Loin de prendre responsabilité sociale d'assurer une retraite à l'abri du besoin pour tous les travailleurs, le gouvernement remet la responsabilité sur le dos de ceux-ci avec les RVER.

La main-d'oeuvre : maintenir les gens de 65 et plus au travail et faciliter l'accès à un premier emploi pour les jeunes et les immigrants ; les jeunes sont les diplômés qui s'installent en région (crédit d'impôt de 8 à 10 000 $) et 4 millions par année pour inciter les jeunes bénéficiaires de l'aide sociale à bénéficier du marché du travail ;

Les aînés : 2,7 milliards $ pour Vieillir chez soi : à partir de 2016-2017, le gouvernement ajoutera près de 900 millions $ par année en soutien aux aînés. Ce plan sera appuyé par des ressources de 2,7 milliards, soit :

- 76 millions $ sur 5 ans pour instaurer le programme Québec ami des aînés

- 2,3 milliards $ à des services de santé mieux adaptés

- 86 millions $ pour améliorer les conditions d'habitation des aînés

- crédit d'impôt remboursable pour les aidants naturels d'un conjoint incapable de vivre seul.

- 330 millions $ pour la construction et l'adaptation de logements.

- 15 600 $ maximum : 30 % de crédits d'impôt. Dépense jusqu'à 19 500 $ ou 25 500 $ pour une personne âgée non autonome ; le taux de crédit passera de 31 % en 2013 pour monter jusqu''à 35 % en 2017.

- abolition de la réduction du crédit d'impôt en fonction du revenu familial pour les aînés ;

Aidant naturel : crédit d'impôt de 591 $ qui passera de 700 $ en 2012 jusqu'à 1000 $ en 2016 et années suivantes.

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Refus de répondre aux besoins présents
et futurs de la société québécoise

Le mardi 20 mars, le ministre Bachand a déposé son budget 2012-2013 à l'Assemblée nationale du Québec. Cela fait des semaines et des semaines que le gouvernement du Québec et son ministre des finances préparent le terrain, et ce, à coups de communiqués, spéculations médiatiques, vidéos publicitaires, mises en garde, etc. Le dernier effort a été de déclarer que le gouvernement mettra le cap sur la « création de la richesse ». Son ministère a même mis en ligne en décembre 2011 une soi-disant consultation prébudgétaire sur le thème « Misez sur nos forces » auprès de la population pour préparer son budget.

Il est ironique que le ministre Bachand dise sur la vidéo préparée pour la consultation qu'il est particulièrement intéressé à recevoir l'opinion des jeunes. « Le monde que nous construisons aujourd'hui est celui dans lequel ils vivront demain », alors que le gouvernement a rejeté l'opinion des étudiants et de la population qui réclament le retrait de la hausse des frais de scolarité. On se demande quelle sorte de monde il veut construire aujourd'hui, alors que le gouvernement leur a répondu par la bouche des gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes, désinformation et mépris. Faisant preuve d'une hypocrisie sans borne, il a terminé sa vidéo en disant : « Votre opinion m'aidera à prendre les bonnes décisions pour le Québec de demain » !

C'est toute une mise en scène, soutenue par les médias monopolisés, en faveur des grands slogans du gouvernement : tout le monde doit faire sa part, les entreprises vont participer et faire leur part, le gouvernement prend des décisions courageuses pour assurer la santé de notre économie, tout cela doit profiter à la population. Il y a même eu une version pour le secteur public : les mesures adoptées ne nuiront pas aux programmes publics, santé, éducation, etc. On essaie peut-être de convaincre le crédule, car les mesures annoncées ne feront qu'aggraver les problèmes : mises à pied, fermetures d'usine, demandes de concessions, appauvrissement des familles et des communautés, etc. Il a d'ailleurs passé sous silence la fermeture de la compagnie Aveos la veille, qui jette à la rue brutalement 2 600 travailleurs et, devant la colère et la résistance des travailleurs, c'est l'anti-émeute qu'on a envoyée.

Les dix budgets du gouvernement libéral de Jean Charest, en poste depuis 2003, sont une longue série de mesures antisociales qui expose son refus de répondre aux besoins présents et futurs de la société québécoise et de garantir les droits de tous sous prétexte que tout passe par la réussite des monopoles les plus grands sur les marchés mondiaux. Le budget du 20 mars n'a pas renversé la tendance à payer les riches et à appauvrir les programmes sociaux. Il n'a pas répondu aux demandes des étudiants, des enseignants, des groupes communautaires et d'autres collectifs qui réclament des investissements massifs dans la santé, l'éducation et les programmes sociaux. Il n'a pas mis fin au détournement de fonds pour payer les riches et consolider le droit de monopole. Non, il fait clairement encore une fois la démonstration de la nécessité d'organiser l'Opposition ouvrière.

Au lendemain du budget Bachand, le problème demeure entier pour le peuple : organiser une Opposition ouvrière effective qui ira à l'Assemblée nationale pour stopper la destruction, prendre contrôle de la direction du Québec pour s'assurer que l'économie socialisée serve la classe ouvrière, les jeunes, les étudiants, les femmes, les aînés et la nation du Québec. Il faut une nouvelle direction pour le Québec. Il faut arrêter de payer les riches et investir dans les programmes sociaux, et il faut résoudre la question de qui décide. Le renouveau des institutions démocratiques est à l'ordre du jour pour que le peuple devienne souverain et décide de son avenir.

Non à l'agenda antisocial des libéraux !
Non au budget Bachand et au programme de destruction nationale du gouvernement Charest !

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