Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 28 - 17 mars 2012

Le scandale du lockout de Rio Tinto à Alma

À qui les ressources? Au peuple!
À qui doivent-elles bénéficier? Au peuple!

Le scandale du lockout de Rio Tinto à Alma
À qui les ressources? Au peuple! À qui doivent-elles bénéficier? Au peuple!
La tournée des délégués d'Alma se termine en Nouvelle- Zélande, couronnée de succès

Air Canada
La dictature Harper déclare Air Canada un service essentiel de facto et criminalise la résistance des travailleurs

Commission de la construction du Québec
Menaces de lockout sur fonds de désaffiliation syndicale

À titre d'information
Extraits de la loi 15, Loi concernant la lutte contre la corruption, qui s'appliquent à la Commission de la Construction


Le scandale du lockout de Rio Tinto à Alma

À qui les ressources? Au peuple!
À qui doivent-elles bénéficier? Au peuple!

Les gens partout au Québec ainsi qu'à travers le Canada sont de plus en plus dégoûtés par le scandale du lockout à Alma. Le monopole mondial des secteurs minier et manufacturier Rio Tinto se sert du lockout d'Alma, du ralentissement de la production de l'aluminium à l'usine et de l'exploitation des ressources hydro-électriques du Québec comme levier pour extorquer des concessions aux travailleurs, faire augmenter les prix de l'aluminium et faire de l'argent avec la vente d'électricité. Les appels fusent de partout pour que Rio Tinto arrête le lockout et cesse d'abuser des travailleurs et des ressources naturelles du peuple québécois.

"

Pour élargir son empire et ses intérêts privés, Rio Tinto se sert de sa portée mondiale et de son pouvoir de monopole pour intimider les travailleurs et les États souverains et pour les monter les uns contre les autres pour les forcer à faire des concessions et à renoncer au contrôle de leurs ressources et de leur travail. Les gouvernements accommodants comme ceux de Charest et Harper ont permis à Rio Tinto et à d'autres monopoles mondiaux de bénéficier unilatéralement des ressources et du travail au détriment de l'intérêt public. Le rapport inégal en faveur des monopoles mondiaux a créé un déséquilibre qui fait du tort au bien public et à l'intérêt public.


Il faut résister à la propagande néolibérale qui dit que lorsqu'on donne aux monopoles le droit de contrôler et d'exploiter les ressources et le travail sans restriction, sous l'enseigne de l'ouverture, de la mondialisation et de la concurrence, cela apporte un « avantage net ». L'acquisition de Inco par Vale, celle de Stelco par US Steel, la destruction de EDM par Caterpillar et l'acquisition d'Alcan par Rio Tinto sont des exemples flagrants d'investissements mondiaux privés au Québec et au Canada qui n'apportent pas un avantage au peuple ; ils montrent au contraire le besoin de restreindre le droit de monopole et d'affirmer la souveraineté, le droit public et le stricte contrôle de l'investissement pour qu'il profite au peuple.

Le scandale du lockout de Rio Tinto à Alma va droit à la nécessité de résister au droit de monopole, de déclarer le contrôle du peuple sur ses ressources et ses endroits de travail, de se battre pour nos ressources et le fruit de notre travail pour que les ressources et la transformation de ces ressources en valeur d'usage profitent au peuple et à sa société et servent l'intérêt public dans une situation d'équilibre avec l'investissement de capitaux.

Le faux lockout de Rio Tinto à Alma

Selon des rapports d'experts sur la production de l'aluminium, il y a collusion entre Rio Tinto et les plus grands monopoles mondiaux pour limiter la production de l'aluminium à l'échelle mondiale afin de faire monter les prix. Rio Tinto a choisi d'utiliser cette période de réduction planifiée de la production pour mettre les travailleurs d'Alma en lockout et exiger d'eux des concessions qui vont détruire leur syndicat et le niveau de vie et les conditions de travail établis pour l'ensemble des travailleurs de l'aluminium du Québec. Les concessions soutirées aux travailleurs d'Alma deviendront le modèle pour tous les autres travailleurs de l'aluminium sous l'enseigne de la fraude antisociale perpétrée au nom de la « capacité concurrentielle ».

La collusion mondiale pour faire grimper les prix de l'aluminium provoque une distorsion de l'économie et devient un facteur de crises économiques. Rio Tinto profite de la réduction de la production de l'aluminium à l'échelle mondiale pour attaquer les droits des travailleurs du Québec et leur soutirer des concessions. Le cynisme du monopole est tel qu'il prétend que le lockout à Alma est un « conflit de travail » alors que pratiquement tout le monde le voit comme un lockout déguisé pour manipuler les prix et profiter de l'occasion pour attaquer les travailleurs d'Alma et l'intérêt public. Depuis le début du faux lockout, il y a un peu plus de deux mois, le prix de l'aluminium a augmenté de 300 $, pour se situer à 2 173 $ la tonne, ce qui représente une augmentation considérable des recettes de vente de Rio Tinto à partir des stocks en inventaire.

La manipulation mondiale des prix est une des pratiques destructrices du droit de monopole laissé sans restriction. Tout juste le printemps dernier, répondant à des plaintes d'importants acheteurs d'aluminium, la bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange) a ordonné à Rio Tinto et à d'autres producteurs de cesser l'obstruction de la livraison de l'aluminium. Les monopoles de l'aluminium se seraient livrés à la collusion pour manipuler le marché mondial en retardant délibérément les livraisons. Le prix avait grimpé à 2 500 $ la tonne et n'est revenu à une moyenne plus normale seulement après que les acheteurs se soient plaints publiquement et que la Bourse de Londres et d'autres joueurs aient menacé d'intervenir.

Il faut comprendre que les monopoles se livrent autant à la collusion qu'à la concurrence entre eux pour atteindre leurs fins. Ce n'est que par l'action unie pour restreindre le droit de monopole et exiger des comptes des autorités responsables de défendre l'intérêt public à tous les niveaux que le peuple peut établir un équilibre qui profite à la nation et sert le bien public.

Au Québec, le gouvernement Charest a la responsabilité sociale de défendre l'intérêt public et de forcer Rio Tinto à lever son lockout et établir un équilibre basé sur la reconnaissance des droits des travailleurs d'organiser tous les travailleurs de l'aluminium dans un collectif de défense dans les endroits de travail suivant les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail établis.

Rio Tinto abuse des ressources hydro-électriques du peuple

Rio Tinto a mis les travailleurs d'Alma en lockout et profite de l'occasion pour vendre l'électricité qui nous appartient à Hydro-Québec. Ce geste hostile est contraire à l'esprit de l'entente originale lui accordant accès aux ressources hydro-électriques. Le gouvernement du Québec a permis à Rio Tinto Alcan de se servir des rivières, des barrages et des centrales électriques dans la mesure où cela sert le développement industriel et apporte un moyen de subsistance productif et une valeur à la population. Rio Tinto porte atteinte à la dignité et au bien-être du peuple québécois lorsqu'il détourne l'hydro-électricité des alumineries vers le réseau d'Hydro-Québec pour un profit rapide et facile. Pour financer son faux lockout et la réduction de la production de l'aluminium, Rio Tinto demande à Hydro-Québec 15 millions $ par mois pour l'électricité qu'il n'utilise pas pour produire de l'aluminium.

Le gouvernement du Québec a le devoir de mettre fin à cette manoeuvre scandaleuse et de dire aux directeurs de Rio Tinto que la compagnie doit ajuster sa production d'électricité et s'en servir uniquement pour la production de l'aluminium. Tout « surplus » d'électricité doit être acheminé au réseau national sans frais. Hydro-Québec doit cesser d'acheter de l'électricité de Rio Tinto !

L'utilisation des ressources et des usines du Québec par le monopole est un privilège fondé sur un équilibre et des ententes et attentes connues qui prévoient un avantage pour le peuple.

Défendons la dignité du Québec ! Affirmons le contrôle du peuple sur ses ressources et son travail !

L'abus des ressources et du travail du peuple ne peut pas continuer ! Rio Tinto doit être arrêté, et un équilibre doit être établi dans les rapports qui bénéficie à la population ! Les ressources naturelles appartiennent au peuple et il doit bénéficier de leur exploitation.

Allons manifester à Alma le 31 mars pour élargir la campagne pour arrêter l'abus des ressources et du peuple au Québec, au Canada et dans le monde !

Le peuple doit forcer les gouvernements à tous les niveaux à intervenir pour établir un équilibre et arrêter l'abus des ressources et du travail par Rio Tinto. Le peuple doit profiter de l'investissement dans ses ressources et son travail !

Le lockout d'Alma doit être levé tout de suite ! L'électricité de RTA pour la production industrielle seulement ! À qui les ressources ? Au peuple ! À qui doivent-elles bénéficier? Au peuple !

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La tournée des délégués d'Alma se termine en Nouvelle-Zélande, couronnée de succès


Les délégués représentant les travailleurs en lockout de Rio Tinto à Alma, Marc Maltais, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, et Guy Farrell, l'adjoint au directeur québécois du Syndicat des Métallos, ont terminé leur tournée internationale en Nouvelle-Zélande les 8 et 9 mars.


Marc Maltais et Guy Farrell

Ils ont été reçus par le Syndicat néo-zélandais de l'ingénierie, de l'imprimerie et des industries manufacturières (EPMU) et le Syndicat maritime de Nouvelle-Zélande (MUNZ), tous deux affiliés aux Métallos par le biais de l'Initiative minière et maritime de la Nouvelle-Zélande. Entre autres événements médiatiques, un réseau de télévision a fait une entrevue avec Guy Farrell.

La délégation a visité Invercargill le 8 mars et rencontré des travailleurs de l'aluminerie de Tiwai Point, dont Rio Tinto Alcan est le propriétaire majoritaire. Le 9 mars, la délégation s'est jointe à des membres de syndicats néo-zélandais pour une manifestation devant les bureaux de Rio Tinto à Wellington.

Les travailleurs d'Alma ont souvent dit qu'ils ne demandent pas la charité mais que leur combat est celui de tous les travailleurs à la défense de leurs intérêts, de leurs droits et de leurs conditions de travail. Ils l'ont réitéré en Nouvelle-Zélande alors que des licenciements en masse viennent d'être annoncés par les autorités du Port d'Auckland (POAL), la compagnie qui opère la navigation commerciale et de croisière rattachée au port. Le POAL a été fondé en 1988 après que le Bureau du Port d'Auckland ait été privatisé par le parlement.


À gauche: Joe Fleetwood, secrétaire national du Syndicat
des travailleurs maritimes de Nouvelle-Zélande

Le 7 mars, le POAL a annoncé que près de 300 travailleurs présentement en grève ne seront pas rappelés parce que la compagnie a adopté « un modèle compétitif de déchargement des bateaux » et allait offrir leur travail en sous-traitance à trois compagnies qui font du déchargement. Selon les médias, ce changement doit entrer en vigueur à la fin du mois prochain. Les travailleurs sont en grève depuis le 2 mars contre le refus de la compagnie de négocier et contre ses demandes visant à créer une force de travail précaire sans sécurité d'emploi.

Le 23 février, dans un communiqué annonçant la visite de la délégation d'Alma, le secrétaire national du Syndicat maritime de Nouvelle-Zélande Joe Fleetwood a dit que les travailleurs d'Alma font face aux mêmes tactiques que celles que la direction du POAL utilise contre les membres de son syndicat. « Les employeurs tentent de forcer leurs travailleurs à accepter la sous-traitance partout dans le monde, et c'est pourquoi nous devons tous nous unir pour préserver nos emplois. »


(3 News, Otago Daily Times, EPMU, Wipipedia)

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Air Canada

La dictature Harper déclare Air Canada
un service essentiel de facto et criminalise
la résistance des travailleurs

Le 14 mars, à 1 h 30 du matin, le gouvernement Harper a adopté le projet de loi C-33, Loi prévoyant le maintien et la reprise des services aériens. Le projet de loi a été adopté par un vote de 135 en faveur et de 124 contre après seulement quelques heures de débats, suivis d'une motion de blâme envers le gouvernement Harper.

Le projet de loi rend illégale toute action de la part des pilotes et du personnel d'exploitation technique, entretien et soutien opérationnel d'Air Canada pour défendre leurs conditions de travail et de vie, entraînant une interruption du travail au sein de la société aérienne. Le gouvernement Harper n'a même pas attendu les décisions du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) auquel il a confié le 8 mars les deux conflits de travail. Avec ce projet de loi, le législateur prétend être neutre, interdisant à Air Canada de mettre ses pilotes en lockout et empêchant le personnel d'entretien de déclencher la grève. Cela ne peut dissimuler le fait que le projet de loi est un instrument pour soutenir le droit de monopole d'Air Canada d'imposer encore plus de concessions à ses employés.

Ces travailleurs ont déjà fait des concessions importantes sur le plan des conditions de travail et de vie et en ce qui concerne leur sécurité, ce qui a un impact direct sur la santé et sécurité du public. Le projet de loi confie les deux questions à un arbitrage exécutoire quant à l'offre finale et tous savent pertinemment bien jusqu'où Air Canada, ses pilotes et mécaniciens se sont rendus en ce qui a trait aux demandes des travailleurs. Le projet de loi est un instrument pour criminaliser toute action des travailleurs à la défense de leurs intérêts, comme le montre le fait que les travailleurs se voient interdire de remettre en question le choix de l'arbitre. C'est en réponse directe au projet de loi de juin 2011 forçant le retour au travail des travailleurs des postes qui ont défié par la suite avec succès la nomination de l'arbitre, la jugeant inadéquate. La servilité de la dictature Harper face au droit de monopole, aux dépens des conditions de travail, de vie et de sécurité du peuple, ne peut être restreinte et redevable que par la résistance organisée à la défense des droits des travailleurs et du peuple.

C'est la troisième fois que le gouvernement Harper intervient pour empêcher les travailleurs d'Air Canada de négocier et de lutter pour leurs conditions de travail et de vie. Il a agi ainsi en juin 2011 avec son projet de loi forçant le retour au travail des préposés à la clientèle et en octobre dernier contre les agents de bord. Dans le cas des agents de bord, le conflit a été confié au CCRI, rendant toute grève illégale jusqu'à ce qu'une décision soit rendue plusieurs semaines plus tard.

Le gouvernement Harper a déclaré de facto Air Canada service essentiel et la lutte des travailleurs illégale sans se préoccuper un seul instant de ce à quoi que les travailleurs font face, et des dangers auxquels sont confrontés la société aérienne lorsque les conditions de travail et de vie de ses employés tombent à l'eau. Il invoque l'économie nationale comme une justification pour écraser la lutte des travailleurs, nier le fait que les travailleurs qui produisent les biens et services sont au coeur de l'économie et qu'ils doivent avoir des conditions de travail et de vie qui sont comparables au travail qu'ils fournissent. En fait, le droit de monopole d'Air Canada est déclaré intérêt national e le gouvernement protège les intérêts de monopole contre toute lutte des travailleurs et même contre tout droit de regard du public face à ce qui se passe chez la société aérienne.

LML appelle tous les travailleurs à dénoncer fermement le projet de loi de la dictature Harper forçant le retour au travail et à dire NON ! à cet abus flagrant de pouvoir à la défense du droit de monopole.


Des membres des équptes techniques et d'entretien d'Air Canada manifestent pour faire valoir leurs revendications
à Toronto le 24 février 2012.

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Commission de la construction du Québec

Menaces de lockout sur fonds
de désaffiliation syndicale

L'acharnement du gouvernement Charest à criminaliser, au nom de la lutte contre la corruption, les travailleurs de la construction et les travailleurs qui ont des liens avec eux ne semble pas avoir de limites.

On en a un exemple en ce moment avec qui se passe à la Commission de la construction. La CCQ est un organisme chargé de faire appliquer la Loi R-20 Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction de même que certaines clauses des conventions collectives des travailleurs. Elle comprend environ 900 employés dont 300 qui ont pouvoir d'enquête sur les chantiers. En vertu de la loi 33 qui a été adoptée en décembre 2011, c'est la Commission de la construction qui est maintenant responsable du placement de la main-d'oeuvre dans le secteur de la construction. Le changement est si grand qu'il ne s'appliquera pas avant un bon bout de temps et la loi accorde d'ailleurs un délai d'un an avant que les changements qui y sont prévus ne s'appliquent dans leur intégralité.

Les changements qui se produisent à la CCQ vont dans le sens à la fois d'attaquer les conditions de travail des employés qui y oeuvrent et de faire de la CCQ une officine de la frauduleuse lutte à la corruption du gouvernement Charest.

Les employés de la CCQ font partie des employés des secteurs public et parapublic et ils sont maintenant sans convention collective depuis plus de 2 ans alors que tous les autres ont signé depuis environ 1 an dans le cadre des négociations du Front commun. Le PDG de la CCQ Diane Lemieux a fait savoir récemment que le conseil d'administration de la Commission lui a donné l'autorisation d'entreprendre des moyens d'action pour faire plier les employés y inclus le lockout. Les employés disent être prêts à accepter les mêmes augmentations de salaire que celles que les autres employés des secteurs public et parapublic ont obtenus, mais c'est la question des pensions qui achoppe. La CCQ a fait état d'un déficit de 136 millions $ dans le fonds de pension des employés et elle prétend le résoudre en imposant d'énormes concessions aux employés sur cette question, notamment sur la rente de transition qui permet aux employés de faire le pont entre le moment où ils se retirent et la retraite à 65 ans. Les employés disent que s'il perdent cette rente de transition c'est plus de 100 000 $ par employé qu'ils pourraient perdre. Déjà en février, le syndicat qui représente ces travailleurs, le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB) - Québec, a indiqué que plus de 60 employés ont pris leur retraite anticipée pour ne pas avoir à subir les concessions et que 90 autres pourraient suivre, ce qui représenterait 15 % du nombre total d'employés.

La CCQ refuse carrément de négocier et laisse courir le bruit de grandes concessions à venir dans le fonds de pension et d'un lockout pour les extorquer aux employés, comme cela se fait de plus en plus dans le secteur privé.

Mais là ne s'arrêtent pas les attaques contre ces employés et contre les travailleurs de la construction, bien au contraire. Dans le cadre de la propagande incessante accusant les syndicats de la construction de corruption, la propagande est aussi faite à l'effet que les employés de la CCQ doivent être tenus à distance des travailleurs de la construction afin qu'ils ne succombent pas à la soi-disant corruption.

Lorsqu’un nouveau PDG a été nommé à la CCQ au début 2011, le mot d'ordre a été lancé de « faire le ménage » à la CCQ pour la débarasser des mauvaises influences. La CCQ est un « maillon fondamental » pour le bon fonctionnement de l'industrie de la construction avait alors déclaré le nouveau PDG Diane Lemieux, qui avait ajouté: « Ce maillon ne peut être ni faible ni vulnérable. [...] Je veux séparer le bon grain de l'ivraie, les dérapages des actes systémiques. »

Le gouvernement Charest a poussé les attaques plus loin en adoptant en juin 2011 la loi 15 , La loi concernant la lutte contre la corruption qui est entrée en vigueur en septembre de la même année. Cette loi (voir les extraits ci-contre) a une section qui vise directement la CCQ. Elle demande que les employés de la commission ayant pouvoir d'enquête aient de « bonnes moeurs », ce qui est non seulement totalement vague et ouvert à toutes sortes d'interprétations et d'abus contre la personne mais a redonné vie aux enquêtes instituées par la CCQ sur les antécédents judiciaires et la vulnérabilité financière des employés que le syndicat avait avec raison contestées en cour. La loi crée aussi une unité spéciale au sein de la CCQ qui agit en secret dans la Commission et n'est redevable qu'à son PDG et, à travers le PDG, au ministre de la Sécurité publique.

De plus, la loi désaffilie les 300 employés ayant pouvoir d'enquête de leur syndicat actuel, le SEPB, et leur interdit de s'affilier avec tout syndicat ou toute centrale qui comprend des travailleurs de la construction. Une criminalisation, par association, du droit de se syndiquer! Le syndicat a contesté cette partie de la loi devant la Commission des relations du travail.

La criminalisation des travailleurs et de leur droit d’association au moyen de lois anti-corruption par lesquelles les travailleurs sont déclarés ennemis de l’État et deviennent boucs émissaires de la vraie corruption qui existe dans la société est quelque chose de dangeureux qui doit être dénoncé. Cette criminalisation va dans le même sens que l’ordre du jour du gouvernement Harper qui passe et met en oeuvre des lois et des règlements qui nient les droits et imposent la mort civile à tous ceux qui ne se soumettent pas aux intérêts privés de la classe dirigeante, lesquels sont assimilés à «l’intérêt public » et aux « valeurs canadiennes ». Pas besoin d'ajouter que cette vocation anti-corruption de la CCQ ne comprend pas le pouvoir d'enquêter sur l'octroi des contrats gouvernementaux aux entrepreneurs de la construction et aux firmes de génie-conseil et sur les contributions aux partis politiques provenant du secteur.

Ces attaques d'envergure ont largement été passées sous silence par le mouvement ouvrier et les employés de la CCQ et les travailleurs de la construction se sont retrouvés pratiquement seuls à se défendre ce qui n'est pas acceptable.

Nous devons tous nous porter à la défense de ces travailleurs et dénoncer l'arbitraire et la diversion politique qui sont utilisés pour criminaliser les travailleurs.

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À titre d'information

Extraits de la loi 15, Loi concernant la lutte
contre la corruption, qui s'appliquent
à la Commission de la Construction

49. Cette loi (La loi R-20 sur l'industrie de la construction que la CCQ est chargée de faire appliquer) est modifiée par l'insertion, après l'article 15, de ce qui suit :

« §3. — Unité autonome de vérification

« 15.1. Une unité autonome de vérification est instituée au sein de la Commission.

« 15.2. L'unité autonome est chargée d'effectuer, dans l'industrie de la construction, des vérifications menées sous la coordination du commissaire associé aux vérifications nommé suivant l'article 8 de la Loi concernant la lutte contre la corruption (indiquer ici l'année et le numéro de chapitre de cette loi).

« 15.3. Les membres du personnel de la Commission affectés à l'unité autonome y exercent leurs fonctions de manière exclusive. Ils peuvent exercer les pouvoirs prévus aux articles 7, 7.1 et 7.3, aux paragraphes e et f du premier alinéa de l'article 81 et à l'article 81.0.1.

« 15.4. L'administration de l'unité autonome relève du président de la Commission, en sa qualité de directeur général de la Commission. Il peut toutefois déléguer tout ou partie de cette fonction à un membre du personnel de la Commission.

Le président de la Commission ne rend compte de l'administration de l'unité autonome qu'au ministre de la Sécurité publique.

« 15.5. Une entente de fonctionnement relative à l'unité autonome est conclue entre le ministre de la Sécurité publique, le ministre du Travail, le commissaire à la lutte contre la corruption et la Commission. Cette entente prévoit notamment les mesures destinées à assurer, au sein de la Commission et y compris à l'égard des membres du conseil d'administration de la

Commission, la confidentialité des activités de l'unité autonome ainsi qu'à définir la collaboration que les membres du personnel de la Commission non affectés à cette unité doivent lui offrir.

50. L'article 85 de cette loi est remplacé par le suivant :

« 85. Les salariés de la Commission autorisés à exercer les pouvoirs prévus par les articles 7, 7.1 et 7.3, par les paragraphes e et f du premier alinéa de l'article 81 et par l'article 81.0.1 constituent une unité de négociation pour les fins de l'accréditation qui peut être accordée en vertu du Code du travail

L'association accréditée pour représenter les salariés visés par le premier alinéa ne peut être affiliée à une association représentative ou à une organisation à laquelle est affiliée une telle association, ni conclure une entente de service avec l'une d'elles. ».

51. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 85, du suivant : « 85.0.1. Un salarié de la Commission doit, pour être autorisé à exercer un pouvoir visé par l'article 85, satisfaire aux conditions suivantes :

1° être de bonnes moeurs ;

2° ne pas avoir été reconnu coupable, en quelque lieu que ce soit, d'une infraction pour un acte ou une omission qui constitue une infraction au Code criminel (Lois révisées du Canada (1985), chapitre C-46) ou une infraction visée à l'article 183 de ce code créée par l'une des lois qui y sont énumérées, ayant un lien avec l'emploi, à moins qu'il en ait obtenu le pardon. ».

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