Le Marxiste-Léniniste

Numéro 26 - 13 mars 2012

49e anniversaire de la fondation des Internationalistes

Un moment décisif dans l'histoire du Canada

49e anniversaire de la fondation des Internationalistes
Un moment décisif dans l'histoire du Canada

Au sujet des pensions
Le besoin de pensions est né des conditions objectives - K.C. Adams

Hollywood continue de produire de la propagande pro- impérialiste
Les Aventures de Tintin de Speilberg et Au pays du sang et du miel de Jolie - Dougal MacDonald


49e anniversaire de la fondation des Internationalistes

Un moment décisif dans l'histoire du Canada


Hardial Bains

Aujourd'hui 13 mars, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) marque le 49e anniversaire de la fondation des Internationalistes sous la direction de Hardial Bains. Le Parti célèbre cette occasion en reconnaissance de l'importance historique et des qualités révolutionnaires de l'oeuvre des Internationalistes, telles qu'héritées par le PCC(M-L) et poursuivies aujourd'hui.

Les Internationalistes ont été fondés le 13 mars 1963 parmi les étudiants à l'Université de Colombie-Britannique, Vancouver. Avec tous les bouleversements qui se produisaient dans la société, les jeunes ont voulu saisir la situation dans laquelle ils se trouvaient et, procédant étape par étape, ils ont réglé les questions de la pensée, de l'analyse et de l'organisation.

Les années soixante furent une décennie d'expansion de l'impérialisme américain au Canada ainsi qu'en Amérique latine sous l'égide de l'Alliance pour le Progrès de Kennedy. Cette expansion fut financée par les pays visés qui obtenaient des prêts et du crédit des créanciers internationaux et ces pays sont demeurés endettés depuis. Ils ont payé tellement d'intérêt sur ces emprunts qu'ils ont remboursé plusieurs fois la dette originale mais restent toujours endettés. Ils ont dû faire d'autres emprunts pour financer le service de la dette. Au Canada, les infrastructures, les universités et hôpitaux furent financés de cette façon et l'État providence a servi à acheminer l'argent du trésor public dans les coffres des créanciers et des monopoles de la construction, des équipements médicaux, des manuels scolaires, etc.

Durant les années soixante, les impérialistes américains ont poursuivi leurs coups d'État et leurs guerres d'agression pour établir des dictatures et mettre différents pays à leur disposition.

Hardial Bains, un des leaders du mouvement de la jeunesse et des étudiants, avait conclu par l'analyse de la situation que ce qu'il fallait pour faire avancer le mouvement, c'était une forme permettant de générer le maximum de discussion politique parmi les étudiants et les enseignants sur ce qui se passait dans le monde. Il fallait aussi l'organisation permettant de mener cette discussion de façon socialement responsable et de mettre en application les décisions prises en cours de route.

Dans son livre Au coeur des années soixante, Hardial Bains écrit :

« Une des aptitudes acquises au fil des années est l'instinct ou la conviction que nous ne devons jamais séparer notre lutte du reste de la société. Voire, nous devons être responsables envers la société et être son avant-garde. Cet instinct, cette loi qui dit qu'il ne faut jamais être détaché du peuple, sont sans doute une gravitation naturelle créée par les conditions objectives. »[1]

C'est l'absence d'une réponse aux besoins de la société, et plus spécifiquement à ceux de la communauté universitaire où il se trouvait, qui motiva Hardial Bains à mobiliser la jeunesse étudiante pour fonder les Internationalistes.

« Notre tactique à l'époque était de faire appel au sens de discernement des jeunes, de mobiliser autour de causes justes, d'organiser et de lutter, et dans le cours des choses leur apprendre une idéologie qui offre une perspective globale, qui illumine la pratique et donne un guide à l'action. Notre but était de faire appel aux gens de telle manière à ce qu'ils fassent leurs nos points de vue. »[2][3]

Aujourd'hui, le besoin d'assumer les caractéristiques révolutionnaires distinctives des Internationalistes dans le travail du Parti pour organiser la classe ouvrière est aussi présent que jamais. À cet égard, il y a un rapport dialectique entre la fidélité à la cause de la classe ouvrière et du peuple et la reconnaissance des revendications de l'époque présente. Cette fidélité est acquise en reconnaissant la nécessité de s'armer de la conception du monde prolétarienne comme base pour l'élaboration d'un projet d'édification nationale moderne. Cette conception du monde est décisive pour les marxistes-léninistes et pour que le mouvement de la classe ouvrière atteigne son objectif.

Aux jeunes d'aujourd'hui, qui, comme ceux des années soixante, aspirent aussi à se bâtir un brillant avenir, le camarade Bains parlait de l'importance du parti pris dans la conception du monde :

« Tous les jeunes, tant les étudiants que les autres, se doivent de participer à la vie politique. Ils doivent faire de la politique leur préoccupation principale. La conception du monde détermine comment l'individu aborde le monde dans lequel il vit. Devons-nous aborder ce monde en partant du point de vue que les idées sont primordiales et que la matière est sans conséquence, ou à l'inverse ?

« Seuls ceux qui mènent la lutte de classes seront objectifs et aborderont la question de la conception du monde de leur propre position, en partant de leurs propres intérêts de classe. Pour acquérir une conception du monde prolétarienne, nous devons discuter, arguments à l'appui, de si la politique ou mener la lutte de classes peut être relégué à une position secondaire. Nous devons discuter, arguments à l'appui, de si la conception du monde peut être acquise sans mener la lutte de classes.

« Ne vous écartez pas de ce que nous enseigne la plus grande école, l'école de la lutte de classes. De ce point de vue, prenez position en vous appuyant sur votre propre lutte pour ouvrir la voie du progrès de la société. N'attendez pas qu'une position sorte d'une discussion. Suivre cette voie condamnée, c'est tomber dans le piège, car c'est une discussion qui ne commence jamais. Au lieu de discourir, prenez position. Celui qui attend sans prendre position ne fera jamais rien sauf attendre. Comme jeunes, faites connaître votre position par vos actions révolutionnaires. »

Aujourd'hui la classe ouvrière et la jeunesse se retrouvent dans une nouvelle situation et les vieilles formules ne s'appliquent plus. L'offensive antisociale se fait plus intense et la lutte de classes s'aiguise. La bourgeoisie a mis fin au contrat social de l'après-guerre, alors les règles qui ont régi les relations de travail dans le passé ne s'appliquent plus. Les droits sont attaqués au nom de l' « équilibre budgétaire », de la « sécurité publique », de la « lutte au terrorisme » et des « valeurs canadiennes ». Sur le plan international, les principes des relations entre pays établis pour maintenir la paix sont en train d'être détruits ou convertis en leur contraire. Plus le corps politique est désinformé, plus les jeunes et les étudiants doivent se placer sous la direction de la classe ouvrière en contribuant à un nouveau mouvement des lumières sur la base duquel bâtir un nouveau projet national qui crée une nouvelle société de l'humanité socialisée. C'est avec ces objectifs à l'esprit que les positions, stratégies et tactiques nécessaires sont formulées dans le cours des événements, comme l'ont fait les jeunes qui ont fondé les Internationalistes et le parti communiste moderne qui en est issu, toujours au pas avec les exigences de la société.

Notes

1. Au coeur des années soixante, Hardial Bains
2. Ibid
3. En octobre 1962, les navires de guerre de l'impérialisme américain, présidé par John F. Kennedy, encerclèrent Cuba et menaçaient le monde d'une guerre catastrophique si l'Union soviétique ne retirait pas ses missiles de l'île caribéenne. C'est l'événement qui provoqué le mouvement de la jeunesse à l'Université de la Colombie-Britannique.

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Au sujet des pensions

Le besoin de pensions est né
des conditions objectives


Les pensions sont une des caractéristiques de la vie moderne. Elles sont devenues nécessaires suite aux changements survenus dans la base économique et dans les relations sociales au cours des quatre derniers siècles.

La transformation de l'économie d'une production à petite échelle à une production industrielle de grande échelle a accéléré la transformation des conditions objectives et subjectives au-delà du contrôle des individus. La grande production industrielle a peu à peu transformé un milieu majoritairement rural fondé sur la famille élargie, engagé dans une agriculture de subsistance et dans une production de petite échelle, vers une vie urbaine moderne de petites familles reliées au sein d'une société élargie faite d'une économie socialisée, d'une éducation publique, de science, d'information, de santé publique, de culture de masse et de différentes formes de soutien social.

Les nombreuses familles d'aujourd'hui, dont certaines sont formées d'une mère et de son enfant, ou même d'individus vivant seuls, sont unifiées par la société, qui est devenue la famille moderne élargie. Les gens naissent à cette famille élargie — la société.

La conception du monde subjective antérieure était le reflet des conditions objectives d'une vie en somme rurale et d'une famille élargie suffisant à ses besoins, qui veillait au bien de ses membres du mieux qu'elle le pouvait. Le mot d'ordre était « un pour tous et tous pour un » dans les limites de la famille élargie. Le lien unissant la famille élargie était cimenté par la culture, la religion et la tradition et était déterminé par le privilège de classe et de rang. La propriété familiale, en particulier toute propriété productive telle une terre agricole, sous forme de propriété ou en tant que droit communal ou féodal, ainsi que le droit d'affiliation au sein de confréries, de gentilhommeries, de clans ou de villages, étaient protégés de pied ferme et légués aux jeunes membres de la famille en tant que garantie matérielle de leur bien-être individuel et collectif. L'ancienne conception du monde était fondée sur le privilège et le rang, et sur la croyance que le monde ainsi que les relations sociales étaient statiques et commandées par un être suprême. Sa prémisse était donc que tout changement allait à l'encontre de l'ordre naturel.

Les conditions objectives ont changé

Les nouvelles conditions objectives d'aujourd'hui exigent une conception du monde moderne qui perçoit les membres de la société autrement, rejetant l'ancienne conception fondée sur le privilège de classe et de rang. La base et les pratiques objectives des familles élargies n'existent toujours que dans les familles les plus riches qui possèdent une propriété sociale, bien que ces familles s'effondrent à leur tour avec les conflits internes et l'héritage qui divise la propriété sociale et que la faillite concentre la propriété sociale entre les mains de quelques-uns.

La plupart des gens doivent vendre leur capacité de travailler pour gagner leur vie. Hériter de la capacité de travailler ne ressemble en rien à hériter d'une petite ferme ou d'un rang dans une confrérie protégée. Des générations successives de travailleurs héritent de la capacité de travailler et d'une réclamation à la valeur qu'ils produisent mais non de la propriété et du contrôle des moyens de production socialisés. Les travailleurs dépendent d'une réclamation à la richesse qu'ils produisent ou au produit des services qu'ils fournissent, qui en retour n'est garantie que par leur capacité de travailler et par la possibilité de vendre cette capacité. Le monde moderne est un monde d'insécurité et de crises perpétuelles puisque les producteurs de fait ne possèdent ni ne contrôlent leurs moyens de production. Lorsqu'ils ne peuvent travailler pour une raison ou une autre, les travailleurs doivent dépendre du mieux qu'ils peuvent de la richesse engendrée par les autres travailleurs et distribuée au moyen de programmes sociaux. À l'heure actuelle, par contre, cette dépendance elle-même échappe à leur contrôle puisqu'ils ne contrôlent pas les moyens de production socialisés ni les affaires économiques et politiques d'ensemble du pays.

La richesse créée par les travailleurs en transformant par leur travail la richesse naturelle en valeur d'usage est en partie réclamée par les travailleurs qui sont les producteurs de fait, en partie par les gouvernements et en partie par la poignée de propriétaires qui possèdent les forces productives socialisées morcelées en propriétés privées.

Les moyens de production et les moyens de fournir des services ne peuvent pas être hérités par les descendants des producteurs de fait puisque les travailleurs modernes ne possèdent que leur capacité de travailler, qu'ils vendent pour gagner leur vie. Lorsque les travailleurs perdent leur capacité de travailler suite à un accident, une maladie ou la vieillesse, ou lorsque les détenteurs du capital refusent d'acheter leur capacité de travailler pour quelque raison que ce soit, et que la capacité de travailler reste non vendue sur le marché du travail, les travailleurs doivent compter sur la société pour garantir leur bien-être, puisque la société est la nouvelle famille élargie du monde moderne.

La conception subjective du monde en retard
sur les changements objectifs

La transformation des conditions objectives de production à petite échelle à une production industrielle de masse exige que la conception subjective guidant la société change, elle aussi. Les conditions transformées devraient inspirer à l'humanité une conception du monde moins contraignante, une conception par laquelle le bien-être personnel et social réside au sein même de la société. Un pour tous et tous pour un ne réside plus dans la famille élargie mais bien dans la famille élargie qu'est la société. Se préoccuper du bien-être de toute l'humanité et de la société elle-même est primordial au bien-être de chaque individu. L'harmonisation des relations entre individus et entre les individus et leurs collectifs et la société elle-même devrait guider toute activité.

Le bien-être de chacun réside dans le fait d'entretenir et de développer le facteur humain/conscience sociale et de chérir la propriété publique collective, les moyens socialisés de production et les moyens de fournir les services. Pour vraiment refléter comment les conditions ont changé, la conception du monde doit affirmer une responsabilité sociale et politique qui défend la sécurité et les droits de chaque individu et les intérêts généraux de la société dans laquelle nous naissons tous. Il est donc nécessaire que les moyens de production socialisés et les moyens de fournir les services soient transmis aux prochaines générations de travailleurs en meilleur état que pour les générations antérieures. Le rejet des privilèges de classe et la revendication du contrôle de la propriété sociale en tant que patrimoine par les producteurs de fait sont primordiaux à une nouvelle conception conforme aux conditions qui ont changé du tout au tout. Guidés par une conception du monde moderne, nous pouvons développer une société d'humanité socialisée digne des êtres humains, société dans laquelle les droits de tous sont reconnus et garantis. Le droit à une pension de standard canadien équivalent à celui obtenu durant la vie de travail est l'un de ces droits modernes.

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Hollywood continue de produire de la propagande pro-impérialiste

Les Aventures de Tintin de Speilberg et
Au pays du sang et du miel de Jolie

L'industrie cinématographique d'Hollywood se porte souvent à la défense des activités criminelles des impérialistes américains aux États-Unis et à l'étranger. Il existe de nombreux exemples de cette propagande impérialiste tournée au cours des années comme The Red Menace (1949), Un crime dans la tête (The Manchurian Candidate) (1962), la série des Rambo (1982-2008), La Chute du faucon noir (Black Hawk Down) (2001) et ainsi de suite. Deux exemples récents de 2011 sont : Les Aventures de Tintin de Stephen Spielberg et Au pays du sang et du miel (In the Land of Blood and Honey) d'Angelina Jolie.

Les Aventures de Tintin


Le livre du nazi belge Léon Degrelle,
collègue de Georges Remi à la revue
Le XXe siècle. Degrelle affirme avoir
inspiré le personnage de Tintin.

Georges Remi est l'auteur de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin qu'il a publiée sous le nom de Hergé. Il a débuté comme dessinateur au quotidien bruxellois Le Vingtième Siècle, un journal de la droite catholique belge. En 1940, les nazis ont fermé ce journal et Hergé a commencé à travailler pour Le Soir, un journal pro-nazi qui avait pour devise: « Le national-socialisme ne peut nous rapprocher de Dieu ». « Tintin, c'est moi », a déclaré Léon Degrelle, fondateur du parti fasciste belge et commandant de sa division SS. Après la guerre, Hergé a été accusé d'avoir collaboré avec les nazis et a été arrêté et interrogé. Il a admis : « Je reconnais avoir cru que l'avenir de l'Occident pourrait dépendre d'un Ordre nouveau. Pour beaucoup, la démocratie s'était avérée une déception et l'Ordre nouveau apportait un nouvel espoir. À la lumière de tout ce qui s'est passé, c'était, bien sûr, une énorme erreur d'avoir cru un seul instant à l'Ordre nouveau. »

Hergé a commencé la série des Tintin en 1929 avec Tintin au pays des Soviets, une attaque directe contre l'Union soviétique. Cette bande dessinée est un flot ininterrompu de désinformation antisoviétique : la police secrète des Soviets fait exploser le train dans lequel se trouve Tintin, il est emprisonné plusieurs fois, il découvre que les usines soviétiques ne sont même pas opérationnelles, que Moscou est un « bourbier infect » où seuls les enfants communistes sont nourris, que toutes les récoltes de blé des Soviets sont exportées à l'étranger à des fins de propagande et qu'un agent soviétique projette de faire sauter à la dynamite toutes les capitales d'Europe. Un exemple typique des dialogues anticommunistes est cette citation : « Vous êtes ici dans la cachette où Lénine... et Staline ont amassé les trésors volés au peuple ! »

Tintin au Congo, le deuxième album publié par Hergé l'année suivante, est une bande dessinée ouvertement raciste et colonialiste dans laquelle les Congolais sont présentés comme puérils et stupides, et ayant besoin de la direction de leurs maîtres blancs belges. Dans une case où Tintin enseigne la géographie aux écoliers congolais, il déclare : « Mes chers amis, je vais aujourd'hui vous parler de votre patrie : la Belgique ! ». Cet album a fait l'objet de nombreuses plaintes comme étant contraire aux droits humains et les éditeurs anglais ont refusé de le publier jusqu'en 1991. En 2004, le ministre de l'Information de la République démocratique du Congo, Henri Mova Sakanyi, a qualifié des remarques du ministre belge des Affaires étrangères comme empreinte « de racisme et de nostalgie du colonialisme » et a ajouté : « C'est le retour de Tintin au Congo. »

Hergé a publié vingt-et-un albums de Tintin avant sa mort en 1983. Pendant l'occupation nazie de la Belgique, alors qu'il travaillait pour Le Soir, Hergé a jugé qu'il était plus prudent de traiter de sujets « apolitiques ». En fait, sous le régime nazi, il a délaissé son récit Au Pays de l'or noir, car il faisait référence aux conflits politiques en Palestine sous mandat britannique. Les trois albums qu'Hergé a écrits à cette période sont : Le Crabe aux pinces d'or (1941), Le Secret de la Licorne (1943), et Le Trésor de Rackham le Rouge (1944). Le premier album a comme sujet le trafic de drogue et les deux autres racontent une chasse au trésor. Bien sur, aucun des trois n'est anti-nazi, antifasciste ou même vaguement progressiste. Par exemple, le méchant dans Le Crabe aux pinces d'or est un Arabe nommé Omar Ben Salaad, dont plusieurs des hommes de main sont des Africains noirs.

Le film Spielberg se base sur ces trois albums et l'intrigue principale est la chasse au trésor. Spielberg a adapté et intégré les histoires originales à ses propres fins. Un changements important dans le film est la transformation du collectionneur russe de maquettes de bateaux, Ivan Ivanovitch Sakharine, personnage inoffensif dans les deux derniers albums, en un méchant diabolique (Ivan Ivanovitch est le nom utilisé dans les romans pour le Russe « typique »). Le retour de Spielberg aux racines antisoviétiques de Tintin est loin d'être une coïncidence, compte tenu qu'il avait déjà fait des Russes l'ennemi principal dans son film de 2008, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal. Encore aujourd'hui, alors que la guerre froide est censée être terminée, les impérialistes américains considèrent toujours la Russie comme leur rival principal et cherchent toutes les occasions pour la discréditer, l'encercler et y fomenter des troubles.

Au pays du sang et du miel

L'actrice américaine très en vue, Angelina Jolie, qui est également ambassadrice de bonne volonté pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a donné une interview à Al Jazeera Balkans le 18 février dans le cadre de la promotion de son nouveau film sur la guerre en Bosnie (1992-95), Au pays du sang et du miel. Cette première réalisation d'Angelina Jolie, qui se déroule à Sarajevo, présente faussement et à grand renfort de détails les Serbes comme des meurtriers et des violeurs de masse endurcis tout en disculpant tous les autres participants. Ce film de propagande pro-impérialiste d'Angelina Jolie vise à justifier l'intervention des États-Unis et de l'OTAN en Bosnie dans les années 1990 et, en général, fait la promotion de la doctrine belliciste et génocidaire de « l'intervention humanitaire » des États-Unis et de l'OTAN. Dans le Washington Post, le chroniqueur Richard Cohen fait l'éloge du film et y voit un endossement de l'interventionnisme des États-Unis à l'étranger dont l'invasion de la Libye est un exemple.

Il n'y a aucun doute que le film d'Angelina Jolie a un objectif politique clair. Pour écrire le scénario, elle a consulté l'agent de la CIA, Richard Holbrooke. Holbrooke, décédé en décembre 2010, était un partisan impitoyable de la guerre froide qui, tout au long de sa carrière politique de 48 ans, a appuyé et a participé aux interventions armées et aux opérations secrètes des États-Unis au Vietnam, au Timor oriental, dans les Balkans, au Congo, en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, causant la mort de centaines de milliers de personnes. Angelina Jolie a également consulté le général américain Wesley Clark, qui était directeur des plans stratégiques et politiques du Comité des chefs d'États-majors inter-armées du département de la Défense des États-Unis pendant la guerre en Bosnie. L'empressement d'Angelina Jolie à s'appuyer sur de tels criminels expose la nature frauduleuse de sa « mission humanitaire ».

Angelina Jolie est membre depuis 2007 du Council on Foreign Relations américain (CFR), cette organisation, vieille de 90 ans, est le lieu principal d'élaboration de la politique étrangère impérialiste des États-Unis. Parmi ses membres, on compte des capitalistes monopolistes, comme David Rockefeller, des politiciens haut placés, plus d'une dizaine de secrétaires d'État américains, des banquiers, des anciens agents de la CIA, et des personnalités importantes des médias monopolisés. Un des membres le plus connu est l'ancien président des États-Unis, Bill Clinton, le principal instigateur des bombardements des Serbes en 1995 par les États-Unis et l'OTAN. Comme Angelina Jolie aujourd'hui, dans les années 1990, Bill Clinton invoquait les « impératifs moraux » des États-Unis d'empêcher les violations flagrantes des droits humains, alors qu'à la même période en Colombie, le principal pays d'Amérique latine bénéficiaire de l'aide des États-Unis, des milliers de paysans, de syndicalistes, de politiciens et de défenseurs des droits humains étaient assassinés sans la moindre protestation des États-Unis.

Lors de sa visite très publicisée en Libye en octobre 2011, Angelina Jolie a également révélé ses objectifs politiques en faisant l'éloge des rebelles soutenus par les États-Unis et l'OTAN et de leur engagement envers les « droits humains ». Sa visite de propagande a été largement couverte parles médias monopolisés internationaux. Sans surprise, au cours de son interview de févier à Al Jazeera, elle a plaidé en faveur d'une intervention impérialiste en Syrie et versé des larmes de crocodile pour le peuple syrien. « Je crois que la Syrie est arrivée à un point où une certaine forme d'intervention est absolument nécessaire ... À ce moment, nous devons réussir à faire cesser le massacre de civils ». Angelina Jolie, bien sûr, n'a pas dit un mot au sujet du génocide du peuple palestinien qui se déroule avec l'appui des États-Unis.

Dans la même interview, Angelina Jolie a attaqué la Russie et la Chine qui ont utilisé leur droit de veto aux Nations unies pour bloquer l'intervention étrangère contre la Syrie, et déclaré que cela était contraire à la volonté de la « communauté internationale », c'est-à-dire de ceux qui soutiennent l'impérialisme américain : « Il ya des pays qui ont choisi de ne pas intervenir, j'ai le sentiment très fort que l'utilisation du droit de veto lorsqu'on a un intérêt financier dans un pays doit être remise en question, tout comme l'usage du droit de veto pour s'opposer à une intervention humanitaire ». Angelina Jolie oublie de dire que pendant des décennies les impérialistes américains ont utilisé leur droit de veto pour protéger leurs intérêts financiers et leurs interventions criminelles dans le monde entier. Cela a commencé en 1970 quand l'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, Charles Yost, a utilisé le droit de veto des États-Unis pour rejeter la résolution de pays d'Afrique et d'Asie exigeant l'isolement complet du régime raciste de Rhodésie de Ian Smith.

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