Le Marxiste-Léniniste

Numéro 18 - 26 février 2012

L'opposition à la hausse des droits de scolarité continue de grandir

Les étudiants socialement responsables disent: Non à la hausse! Pour une éducation accessible à tous!


Montréal, le 23 février 2012 (Photo: John Jantak)

L'opposition à la hausse des droits de scolarité continue de grandir
Les étudiants socialement responsables disent: Non à la hausse! Pour une éducation accessible à tous!

Opposition au démantèlement des institutions publiques
Plaçons le bien-être de tous les membres de la société, et non les intérêts privés, au centre de la réforme des services sociaux
Contre les cliniques privées et un système de santé à deux vitesses
Mouvement de débrayage des travailleurs de la santé de l'Alberta

Audiences sur l'oléoduc Enbridge Northern Gateway
Les Premières Nations déclarent «Notre terre n'est pas à vendre»


L'opposition à la hausse des droits de scolarité continue de grandir

Les étudiants socialement responsables disent: Non à la hausse! Pour une éducation accessible à tous!


Montréal, le 23 février 2012 (Photo: John Jantak)

Le jeudi 23 février, près de 20 000 étudiants et supporters ont encore manifesté dans les rues de Montréal pour clamer haut et fort : Non à la hausse ! L'éducation est un droit ! C'est la réponse que les étudiants donnent aux tentatives du gouvernement et des médias monopolisés de créer un faux «appui» aux mesures de l'offensive antisociale en éducation. Les étudiants socialement responsables réclament leurs droits et défendent les intérêts de la société et déclarent que l'éducation d'une société moderne n'est pas un «choix individuel». Le Parti libéral de Jean Charest et ses officines apparaissent de plus en plus isolés dans leur entêtement à vouloir soustraire le gouvernement à ses responsabilités sociales pour continuer de mettre les ressources de la société québécoise à la disposition des intérêts monopolistes privés.

Les associations étudiantes rapportent que 48 000 étudiants de l'enseignement post-secondaire sont en grève et d'autres votes de grève sont prévus au courant des prochaines semaines.

«Aujourd'hui, des centaines de citoyens et citoyennes sont avec nous dans les rues pour faire comprendre au gouvernement Charest que l'augmentation des frais de scolarité est une attaque non seulement aux étudiants et aux étudiantes, mais à l'ensemble de la population», de déclarer Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale. «L'accessibilité à l'éducation est un enjeu de société qui concerne tout le monde.»

Pour les enseignants présents en grand nombre et comme l'a dit Jean Trudelle, président de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEQ) : «La hausse projetée des droits de scolarité pose la question de la société que nous voulons. Pour nous, les études supérieures constituent une voie importante de réalisation de la personne et aussi un puissant levier d'émancipation sociale et, pour cette raison, elles doivent être gratuites, un point c'est tout.»

Pour le FNEEQ, «l'accès gratuit à tous les ordres d'enseignement et, dans le présent contexte, à l'enseignement supérieur, n'est ni un luxe, ni un produit de consommation, c'est un droit fondamental.»

Pour le Collectif pour un Québec sans pauvreté qui a donné son appui inconditionnel aux étudiants, il est clair que dans une société qui vise réellement l'élimination de la pauvreté et la diminution des écarts de richesse, l'éducation doit occuper une place de premier plan. L'éducation «doit être accessible afin de favoriser le plein développement du potentiel des personnes», d'affirmer Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif. «Le gouvernement affirme d'un côté que l'éducation est sa priorité numéro un et qu'elle constitue le meilleur moyen, avec l'emploi, pour combattre la pauvreté. De l'autre, il annonce une hausse drastique des frais de scolarité qui, à terme, fera grimper de 2168 $ à 3793 $ la facture d'une année d'études universitaires et entraînera une baisse de la fréquentation. C'est un non-sens total !»

Les tentatives pathétiques du gouvernement Charest et des médias monopolisés pour dénigrer le mouvement étudiant et gagner de l'appui à la hausse des frais de scolarité se heurtent à la détermination des étudiants. Depuis quelques jours, les médias se sont mis à faire la promotion du «Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec», un mouvement qui se targue d'être neutre et défend la logique destructive qui dit que l'éducation est un choix individuel.

Les associations étudiantes ont éventé la mèche en révélant que ce «mouvement» est en fait dirigé par des militants libéraux. «Après les faux comptes sur Twitter des militants libéraux, après que la ministre ait acheté le nom des associations étudiantes sur Google, après qu'elle ait envoyé des lettres demandant aux professeurs de forcer les piquets de grève, on apprend aujourd'hui qu'un groupe ' d'étudiants neutres ' est en fait dirigé par les militants de son parti !» «Les impostures, ça suffit !», s'indigne Stéfanie Tougas, secrétaire générale de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAÉCUM).

«Les Québécois vont nous soutenir de plus en plus, c'est ce qui s'est passé en 2005, affirme Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l'ASSÉ (CLASSE). Le gouvernement a beau multiplier les arguments fallacieux pour faire passer la hausse des frais comme inévitable, personne n'est dupe.»

L'ASSÉ invite les étudiants et la population à la prochaine manifestation qui se tiendra à Québec le 1er mars.

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Démantèlement des institutions publiques

Plaçons le bien-être de tous les membres
de la société, et non les intérêts privés,
au centre de la réforme des services sociaux

Les réformes visant à améliorer la qualité et la quantité des programmes sociaux sont au coeur des préoccupations des citoyens partout au Canada. Les services sociaux affectent la vaste majorité de la société, en particulier le nombre croissant de personnes qui, malgré elles, vivent les conséquences des soubresauts de l'économie et des crises économiques dont elles ne sont pas responsables. Comment la question des services sociaux sera réglée déterminera la sorte de société que nous aurons.

Les gouvernements aux niveaux provincial et fédéral soutiennent que la société ne peut pas se payer le niveau de programmes sociaux que nous avons présentement, sans parler de ce dont la société a vraiment besoin et ce que demande et la vaste majorité de la population. Ce n'est rien de moins qu'un aveu de faillite du système qui place les intérêts privés des monopoles au-dessus du bien-être de ceux qui produisent la richesse dont dépend la société pour sa survie. D'une part, sous prétexte d'être «ouverts aux affaires», les gouvernements réduisent les impôts des entreprises et offrent des mesures «incitatives» à des intérêts monopolistes. De l'autre, lorsque ces mêmes intérêts monopolistes prennent des décisions qui ont comme conséquence de détruire la base de l'industrie manufacturière et qui sont nocives pour l'économie, ils déclarent qu'il s'agit de questions privées qui concernent seulement ces entreprises. Ils refusent de défendre l'intérêt public. Plutôt que d'adopter des mesures pour renforcer l'économie à la base, ils adoptent des mesures qui exacerbent la crise. Toute réforme qui appauvrit les programmes sociaux publics aura pour effet d'aggraver la crise.

En ce moment, le gouvernement conservateur de Stephen Harper institue des réformes du Régime de pensions du Canada et de l'Assurance-emploi qui font qu'il sera de plus en plus difficile pour les travailleurs de bénéficier des prestations auxquelles ils ont droit lorsqu'ils en auront besoin. Les gouvernements provinciaux de l'Alberta et de la Colombie-Britannique ont mis en place des variantes du «déficit zéro», affirmant qu'un financement budgétaire planifié des services et des programmes sociaux est hors de question et que la société devra désormais partir à zéro à chaque année pour ce qui est des programmes sociaux. Au Québec, le ministre des Finances, tout en imposant des «taxes santé» et en augmentant les frais de scolarité aux niveaux collégial et universitaire, promet un «budget parfaitement équilibré d'ici l'année financière 2013-2014». Pendant ce temps, des économistes des plus grandes banques comme la Banque royale du Canada déclarent que le «déficit zéro» n'est pas suffisant puisque le «fardeau de la dette» du Québec serait trop élevé. En Ontario, le rapport Drummond recommande des coupures aux services sociaux et une restructuration dramatique visant à privatiser les services publics. La direction prise par tous les niveaux de gouvernements est rétrograde et représente un sérieux recul pour la société.

Nous vivons dans un monde moderne. La vaste majorité des gens dépendent, pour leur moyen de subsistance et pour leur bien-être, d'une économie hautement socialisée. C'est la richesse ainsi produite qui soutient les services sociaux dont ils ont besoin et auxquels ils ont droit. Les services sociaux doivent être réformés, mais de manière à ouvrir la voie au progrès et non à détruire la notion même d'une société moderne dont l'organisation vise à répondre aux besoins de ses membres. Les services sociaux doivent être universellement accessibles et garantis sur la base d'un niveau de vie que la société est en mesure de donner - et non sur la base d'un strict minimum décidé par des intérêts privés, tandis que ce qui reste est privatisé.

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Contre les cliniques privées et un système
de santé à deux vitesses

Don Copeman, un homme d'affaires de Vancouver, a annoncé qu'il a l'intention d'ouvrir une clinique privée, élitiste, à Edmonton, en mars 2012. Seuls les membres de la clinique y seront accueillis. Les frais d'inscription du «programme d'élite» de la clinique sont de 3 900 $ par personne, suivis de frais annuels de 3 000 $ par année, ou d'un frais initial de 9 300 $ pour une famille de quatre plus 7 590 $ à chaque année. Selon Copeman, la clinique pourra accueillir 2 000 patients et le personnel médical sera d'environ 30 personnes.

La clinique facturera le régime d'assurance du système de santé de l'Alberta pour tous les services assurés. De plus en plus de Canadiens n'ont pas accès à un médecin de famille et le délai pour consulter un médecin spécialiste peut être de plusieurs mois. Les cliniques Copeman sont conçues de telle sorte que ceux qui peuvent débourser ces énormes frais annuels auront un accès prioritaire aux médecins spécialistes. Les patients dont les médecins auront laissé le public pour pratiquer dans ces cliniques privées se retrouveront du jour au lendemain sans médecin.

Copeman dit ouvertement que ces cliniques sont conçues pour une clientèle corporatiste. Les mêmes corporations qui imposent le programme antisocial de retirer le financement du système de santé veulent subvenir aux besoins de santé de leurs cadres. Les frais requis seront payés à même la richesse créée par la classe ouvrière et le peuple, tandis que les travailleurs actifs et à la retraite continueront tant bien que mal de se chercher un médecin de famille et attendront plusieurs mois avant d'avoir accès à un spécialiste lorsqu'ils en auront besoin.

Toute notion de «frais d'adhésion» va à l'encontre de la Loi canadienne sur la Santé, ainsi que contre les lois régissant le régime d'assurance du système de santé des provinces. Au Québec, des cliniques se donnant de nom de communautaire, de quartier, et autres, exigent des frais d'adhésion qui contreviennent aux lois sur l'assurance-santé du Québec. Récemment, il a été révélé que des chirurgiens incitent leurs patients à avoir recours aux services privés. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a fait un point de presse pour «dénoncer» la situation, bien que ce soit son gouvernement qui étrangle le système public en le sous-finançant, forçant ainsi des hôpitaux à fermer des salles d'opération, ralentissant ainsi le travail des chirurgiens dans ces hôpitaux. Aussi, l'approche de la dictature Harper de se laver les mains du système de santé et de l'état de santé de la population incite encore davantage les mesures de privatisation et un système de santé à deux vitesses.

Le droit aux soins de santé doit être concret et garanti. Un système de santé à deux vitesses va à l'encontre du principe que nous avons tous des droits du fait que nous sommes des êtres humains. Nous devons exiger que les gouvernements rendent des comptes pour leur refus d'assumer leurs responsabilités sociales.

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Mouvement de débrayage des travailleurs
de la santé de l'Alberta


Le 16 février 2012, un débrayage des travailleurs de la santé de l'Alberta, près de l'hôpital Rockyview, au sud-ouest de Calgary

Les travailleurs des hôpitaux partout en Alberta ont quitté le travail le 16 février pour exiger que les Services des soins en santé de l'Alberta et le gouvernement de l'Alberta cessent dès maintenant leurs attaques outrageuses contre leurs droits et dignité. En janvier, les 22 000 membres du personnel de soutien en soins de santé représentés par le Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) ont rejeté à 95 % le rapport du médiateur. Les Services des soins en santé de l'Alberta (AHS) sont ensuite revenus à la table de négociation avec une offre salariale moindre que celle que les travailleurs ont rejetée. Des lignes d'information ont été érigées le 16 février dans des villes partout dans la province, mais tôt le matin les travailleurs de l'hôpital Royal Alexandria à Edmonton ont érigé leurs lignes de piquetage et ne sont pas retournés au travail. À mesure que la nouvelle s'est répandue, les travailleurs partout dans la province se sont joints à eux et ont quitté aussi leur travail à Calgary, Fort McMurray, Westlock, Red Deer, Cold Lake, Lethbridge et d'autres villes et municipalités.


Le 16 février, à l'hôpital Royal Alexandria à Edmonton

Comme l'AUPE l'a souligné, ces travailleurs, les employés du Service d'entretien général(GSS)  «combattent de dangereuses infections, gèrent les fiches médicales, préparent les repas, gèrent les finances, entretiennent les immeubles, stérilisent les instruments chirurgicaux, aident les pharmaciens et thérapeutes, assurent la sécurité et beaucoup plus.» La réponse collective des travailleurs de la santé à cette attaque contre leur dignité montre leur esprit de résistance, qu'ils ne vont pas se soumettre aux intimidations et manques de respect de l'AHS ainsi qu'au refus d'entreprendre des négociations de bonne foi. Par leurs actions, les travailleurs de la santé affirment leur droit à des conditions de salaires, avantages sociaux et de travail acceptables pour leurs pairs et qui sont conformes au travail important qu'ils fournissent.

À la fin de l'après-midi du 16 février, l'AUPE a émis un communiqué annonçant que le débrayage était terminé. Le communiqué déclare: «le Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) et les Services des soins en santé de l'Alberta (AHS) en sont venus à une entente qui va voir les travailleurs de la santé partout dans la province retourner au travail avec l'assurance qu'il n'y aura pas de poursuite légale ou de mesure disciplinaire au travail prise contre eux pour les moyens de pression au travail exercés le 16 février 2012.»

L'entente comprend aussi la reprise des négociations avec un processus exécutoire de médiation/arbitrage dirigé par l'arbitre du travail, Andy Sims. Le président de l'AUPE, Guy Smith, a déclaré: «Je suis extrêmement fier des milliers de membres du GSS partout en province qui ont pris part aux moyens de pression d'aujourd'hui. C'est un événement marquant pour notre syndicat. Vos actions ont élevé immensément le niveau de vos emplois, ont dominé les nouvelles partout en province ainsi que les débats à la législature.»

Les travailleurs d'entretien en soins de santé sont sans convention collective depuis presque un an. Après un rejet massif du rapport du médiateur, les Services en soins de santé de l'Alberta sont revenus avec leur «offre finale» d'un contrat de trois ans dans lequel les travailleurs se voient garantir une hausse salariale de 2% durant la durée complète de la convention collective. Les travailleurs ont souligné que cela ne va même pas couvrir les augmentations de leurs contributions à leur régime de pension alors que les coûts de la nourriture, du logement et des premières nécessités continuent d'augmenter. Les travailleurs auxquels LML a parlé sur les lignes de piquetage, ont tous dit qu'ils ne vont pas tolérer le manque de respect pour leurs droits et de l'importante contribution qu'ils font. Se voir offrir moins que ce que le médiateur a offert est une «gifle au visage», ont-ils insisté. Leur message est fort et clair. Ils ont organisé leurs actions et leurs débrayages parce qu'ils exigent d'être considérés et traités comme étant la composante cruciale de l'équipe en soins de santé qu'ils sont.

Les travailleurs de la santé ont été criminalisés par le gouvernement de l'Alberta lorsqu'une loi a été adoptée en 1982, rendant illégales toutes les grèves des travailleurs en soins de la santé. Le gouvernement a tout fait pour que les travailleurs ne puissent pas exercer légalement le droit de grève. Lors d'une déclaration méprisante, le vice-président, Chris Mazurkewich, a blâmé les travailleurs pour les chirurgies annulées. «Des moyens de pression qui ont un impact sur les soins aux patients ne sont pas raisonnables ou acceptables. Les questions doivent être soulevées à la table de négociation.» C'est précisément ce que le syndicat a tenté de faire durant l'année passée, alors que l'AHS devenait de plus en plus intransigeante.

Ce sont l'AHS et le gouvernement albertain qui sont à blâmer parce qu'ils refusent de fournir aux travailleurs en santé les droits et la dignité qu'ils ont besoin pour jouer leur rôle crucial dans le système de soins en santé. De parler des soins aux patients sans prendre soin du personnel qui fournit ces soins et services est complètement insensé. Un sans l'autre est impossible. Pour les bonzes de l'AHS de parler de «l'impact sur les soins aux patients», alors qu'ils n'en finissent plus de concocter des plans secrets pour privatiser les soins en santé et ainsi enlever encore plus du financement en soins aux patients et le remettre aux riches est des plus méprisables. S'ils avaient réellement à coeur le bien-être des patients, ils lutteraient pour s'assurer que le personnel possède ce qu'il a besoin pour effectuer son travail sans se préoccuper de comment il va payer les factures et les services prodigués aux familles, et sans des surcharges de travail qui mènent au surmenage et aux blessures. Ils porteraient une grande attention aux travailleurs qui savent mieux que quiconque ce qu'ils ont besoin pour fournir aux patients, comme au personnel, un environnement sécuritaire et hygiénique.

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Audiences sur l'oléoduc Enbridge Northern Gateway

Les Premières Nations déclarent
«Notre terre n'est pas à vendre»



Rassemblement au village communautaire de la Première Nation Haisla, Colombie-Britannique
(situé à 11 km au sud de Kitimat), le 28 mai 2010 (Ian McAllister)

Le processus d'examen conjoint pour l'oléoduc Enbridge Northern Gateway ne respecte pas les obligations du gouvernement fédéral de consultation et d'accommodement de bonne foi basée sur les revendications et droits des autochtones. Outre le fait que ce prétendu processus de révision est une fraude totale peu importe la manière qu'on l'examine, c'est une des raisons importantes pourquoi les Premières Nations s'y opposent. La malhonnêteté du gouvernement Harper a commencé lorsque les Premières Nations n'ont pas été consultées au moment où il a décidé du mandat de la Commission d'examen conjoint. Son cadre de référence a été décidé unilatéralement. Il n'est pas basé sur la reconnaissance des droits héréditaires des peuples autochtones découlant de la prise de contrôle de leurs terres; il est en violation des droits établis selon la loi qui dicte une consultation et un accommodement de bonne foi tenant compte des besoins et intérêts des Premières Nations.

Par conséquent, les peuples autochtones sont réduits à un simple autre «groupe d'intérêt spécial» qui peut présenter ses opinions comme n'importe qui d'autre, tandis que seules les opinions sur les questions que la Commission a déclarées être dans son mandat seront considérées. Pour que les Premières Nations exercent leur droit et contrôle de leur propre base économique sur le développement de leur territoire requiert au moins un processus de négociation de bonne foi conforme à ce droit. L'impact sur les revendications et droits des autochtones n'est nulle part dans le mandat du processus d'examen conjoint. En fait, les seules consultations tenues spécifiquement avec les Premières Nations auront lieu après que le rapport de l'évaluation environnementale soit complété. La Loi canadienne sur l'évaluation environnementale limite l'évaluation de l'impact sur l'utilisation actuelle des terres des Premières Nations et sur le patrimoine culturel. Cela nie le droit des Premières Nations à leur propre base économique et au contrôle sur le développement au sein de leurs territoires. Au contraire, cela préserve la politique coloniale d'exploitation impérialiste et de pillage.

Lorsque les Premières Nations se sont adressées à la commission en Colombie-Britannique et en Alberta, la présidente Sheila Leggett leur a fait la leçon qu'elles ne doivent pas «détourner le sujet», se confiner elles-mêmes aux directives unilatéralement décidées par la commission d'examen. Sa réponse au Chef Bill Erasmus de la nation Dene Grand révèle l'étendue de la conception coloniale qui imprègne l'ensemble du processus. L'intervention d'Erasmus est centrée sur deux questions : le fait que les Premières Nations n'ont jamais cédé ces terres et le fait que les gouvernements ne respectent pas leur responsabilité sociale, mais permettent aux monopoles d'agir avec impunité, endommageant l'environnement naturel et la santé du peuple. Leggett a répondu :

«Bien que nous comprenions que vous soyez préoccupés par le développement accru des sables bitumineux, nous ne tiendrons pas compte de ces questions dans les décisions sur ce projet. La commission a souligné à plusieurs occasions pourquoi nous n'inclurons pas les effets environnementaux du développement des sables bitumineux à la liste des questions pour le projet.

«Parmi d'autres raisons, nous avons auparavant noté que les projets de sables bitumineux sont sujets à la réglementation provinciale et plusieurs font l'objet d'une évaluation environnementale selon la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale. Et il n'y a pas un lien suffisamment direct entre le projet et les projets existants ou proposés de développement des sables bitumineux pour justifier un examen des effets environnementaux de telles activités selon la Loi [sur l'Office national de l'énergie (ONE)] ou la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale.

«Alors nous sommes ici pour écouter vos connaissances traditionnelles orales sur les effets potentiels du projet proposé qui est la demande devant nous et nous vous encourageons à adresser vos commentaires dans ce sens.»

Cette approche paternaliste et coloniale ne laisse aucun doute que la commission n'a pas l'intention de s'adresser à la question soulevée quant à la légitimité de l'autorité de la commission qui ne reconnaît pas les droits et revendications autochtones. Elle a fait savoir qu'elle ne reconnaît pas le droit des Premières Nations à développer sa propre base économique et exercer un contrôle sur le développement de son territoire. Ce droit existe en tant que droit héréditaire émanant de la prise de contrôle par le Canada des terres et ressources autochtones, ainsi que les droits qui appartiennent à tous en vertu d'être humain. Ce n'est pas une question de privilèges accordés à ceux qui se plient aux normes que la dictature Harper ou tout autre gouvernement décide. C'est un droit qui ne peut être donné ou repris. Ce droit se heurte au droit de monopole et la mise sur pied de la commission révèle le but de Harper et des autres gouvernements partout au Canada d'exproprier la richesse sur les terres autochtones et d'imposer le diktat des plus puissants monopoles en tant «qu'intérêt national».

Il n'y a pas de véritable consultation lorsqu'une partie peut décider de l'ordre du jour et l'imposer unilatéralement. Ce n'est pas une question de forme. C'est très semblable à l'approche que les monopoles tentent d'imposer à la classe ouvrière, au lieu de la négociation de bonne foi, la seule chose que les monopoles veulent «négocier» sont les termes de reddition à leur diktat. Cela ne doit pas passer!

Appuyons les Premières nations dans leur lutte pour défendre leur dignité et le droit de décider et de développer leur économie et mettre fin à l'héritage colonial de pauvreté, génocide et oppression. Appuyons ensemble la lutte pour une nouvelle direction pour l'économie qui profite aux producteurs et non aux monopoles!

Note

On retrouve la déclaration suivante au site Web de l'ONE «Enbridge Northern Gateway — Foire aux questions». En réponse à la question «Comment la Commission aide-t-elle la Couronne fédérale à s'acquitter de son devoir de consulter les peuples autochtones?», l'ONE répond :

«L'Agence canadienne d'évaluation environnementale coordonne le devoir de consultation auprès des peuples autochtones que la Couronne fédérale doit remplir. En effet, la Couronne comptera sur le processus d'examen conjoint et sur l'effort de consultation fourni par le demandeur, dans la mesure du possible, pour remplir son devoir de consulter les peuples autochtones. L'Agence canadienne d'évaluation environnementale, au nom de la Couronne, mènera le processus de consultation s'il y des questions relatives au projet qui dépassent le mandat de la Commission. La Couronne surveillera continuellement la pertinence ou la suffisance de ses efforts de consultation auprès des peuples autochtones tout au long du processus de la Commission.

«La Commission étudiera les éléments d'information fournis par les peuples autochtones concernant la façon dont le projet pourrait toucher leurs droits ancestraux et leurs droits issus de traités, potentiels ou établis, avant de présenter son rapport ou de faire des recommandations et de prendre des décisions.

«Ainsi, les peuples ou groupes autochtones qui ont des préoccupations concernant le projet devraient en faire part à la Commission dans le cadre du processus d'examen conjoint. Pour de plus amples renseignements sur la consultation auprès des Autochtones concernant le projet pipelinier Northern Gateway, veuillez consulter le document intitulé ' Cadre de consultation auprès des Autochtones pour le projet d'oléoduc Northern Gateway '.»


Rassemblement contre l'oléoduc Enbridge à Prince Rupert, Colombie-Britannique, le 7 février 2012. (Friends of Wild Salmon)

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