Le Marxiste-Léniniste

Numéro 11 - 12 février 2012

Opposition à l'extorsion déguisée en lockout à Rio Tinto Alma

Au sujet des plus récents développements
dans la lutte des travailleurs d'Alma


Le 6 février, plus de 400 travailleurs de l'aluminium en lockout et supporters se sont rassemblés devant l'hôtel de
ville pendant que trois représentants du syndicat s'adressait à l'assemblée à l'intérieur pour demander au maire
et à la municipalité leur appui. Les travailleurs à l'extérieur ont pu assister aux délibérations grâce à un écran géant.

Au sujet des plus récents développements dans la lutte des travailleurs d'Alma - Entrevue avec Marc Maltais, président du STAA
La MRC de Lac-Saint-Jean Est demande au gouvernement d'interdire à Hydro-Québec d'acheter l'électricité de RTA
D'importantes contributions financières en appui aux travailleurs en lockout

Le plan de braderie appelé «Plan Nord»
La protection du territoire: une autre demi-vérité de Jean Charest

Lockout des pêcheurs sur chalutiers à Terre-Neuve
Dénonçons les arrestations des travailleurs par la police qui protège les briseurs de grève!

Amérique latine et les Caraïbes
11e sommet de l'Alliance bolivarienne des peuples des Amériques


Opposition à l'extorsion déguisée en lockout à Rio Tinto Alma

Au sujet des plus récents développements
dans la lutte des travailleurs d'Alma

LML : Un des développements dans la lutte à Alma ce sont les gestes d'appui d'un nombre grandissant d'organisations ouvrières.

Marc Maltais : Absolument et juste pour te donner certains des exemples les plus récents, nous avons reçu un chèque de 25 000 $ du SCEP et les travailleurs de l'aluminerie de Bécancour ont voté un appui financier d'environ 25 000 $ par semaine jusqu'à la fin du lockout. Le SCFP et les travailleurs des installations portuaires de Rio Tinto à La Baie nous ont aussi donné un appui financier tout récemment, c'est difficile de les nommer tous. On a la CSN qui nous a rendu visite la semaine dernière. C'est important parce que la CSN, c'est l'autre moitié du Québec syndiqué. Ils nous ont dit : le syndicat d'Alma c'est vous autres qui êtes en avant en ce moment et on est tous derrière vous parce qu'on va tous vivre ce genre d'attaques. On a reçu l'appui du Conseil du Travail de Vancouver. Mondialement l'appui grandit lui aussi. On a reçu l'appui de syndicats miniers et métallurgiques du Brésil, de Turquie et d'Australie. Le Conseil européen des travailleurs de Rio Tinto et deux fédérations internationales ont envoyé des lettres à Tom Albanese, le chef de la direction de Rio Tinto, pour dénoncer le lockout. La campagne mondiale pour dénoncer le lockout et demander à Rio Tinto de revenir à la table pour négocier un contrat acceptable va bien, la coordination est bonne et on va annoncer des actions bientôt. Au-delà des appuis moraux, il y a aussi les appuis financiers, les gens comprennent que dans un combat comme on fait là un apport financier c'est également très important. Le combat risque d'être long et le support financier nous donne les coudées franches pour le livrer.

Tout cet appui, ça donne des signes que dans le fond ce qui se passe à Alma ça se passe partout dans le monde, on ne vit pas dans un vase clos, les compagnies ont les mêmes agissements partout sur la planète. Deuxièmement ce que cela dit, c'est que les gens d'Alma ne paranoïent pas, accumuler des appuis crédibilise notre démarche et ça donne du courage, ça c'est sûr. Pour nos travailleurs, l'accueil chaleureux qu'on a reçu à Bécancour c'est quelque chose. Les travailleurs d'ABI avaient des chandails orange comme les nôtres avec nos slogans imprimés dessus. On est entré dans la salle la délégation et moi et les 350 travailleurs debout nous ont accueilli avec une ovation bruyante. Quand je suis revenu, je suis allé sur les lignes de piquetage, j'ai parlé de l'accueil qu'on avait reçu à Bécancour qui est tout aussi important que l'appui financier.

LML : Vous êtes très contents également de l'initiative du Conseil municipal d'Alma de faire adopter une résolution par les autorités municipales de la région qui s'oppose à la vente de l'électricité de RTA à Hydro-Québec.

MM : Oui c'est très encourageant et c'est d'ailleurs une de nos principales demandes dans le conflit actuel, que RTA ne doit pas être autorisé à vendre son électricité à Hydro- Québec durant le lockout. Le fait que le maire et le Conseil municipal ont pris cette position, au moment où Rio Tinto travaille si fort à son acceptabilité sociale, est très important considérant les gestes que nous aurons à poser dans la période qui vient. Que les autorités municipales demandent à Jean Charest d'intervenir pour une reprise rapide des négociations c'est toute une étape et cela va avoir un impact. Je considère cela comme aussi important que l'appui exprimé par les organisations syndicales. Les travailleurs ont joué un rôle là-dessus avec la bonne présentation que nous avons faite au Conseil municipal plus tôt cette semaine. Nous l'avons fait dans le respect et de façon professionnelle. Nous voyons cette résolution comme le fruit de nos efforts et de notre sens civique. Nous avons sollicité l'appui du Conseil municipal en nous basant sur la force de nos arguments et le Conseil leur a été sensible. ».

LML : Est-ce que Rio Tinto donne des signes de vouloir revenir à la table de négociations et de répondre aux préoccupations des travailleurs ?

MM : Pas du tout, c'est plutôt le contraire. Jean Simon, le président de Rio Tinto Métal primaire, a dit récemment à Québec que la compagnie ne va pas bouger et va maintenir la ligne dure. Nous rencontrons le médiateur le 13 février, mais nous n'avons aucune attente avec la rencontre. Ce qu'on a à dire au médiateur il le sait déjà. Nous sommes prêts à négocier mais on manque de vis-à-vis pour le faire. Nous voulons toujours signer un bon contrat.

LML : Le syndicat dit qu'en essence la lutte actuelle en est une pour la reconnaissance du syndicat comme l'organisation légitime qui représente les travailleurs. Peux tu nous en dire plus ?

MM : En fait, c'est la conclusion que tire le rapport de médiation. Nous avons fait deux processus de médiation avec le ministère du Travail. Ce qui est ressorti, c'est que les problèmes de relations de travail à l'usine d'Alma ça se résume en deux phrases. Du côté syndical ce qu'on note c'est l'absence d'influence qu'on a sur la partie patronale. Peu importe ce qu'on apporte ils ne nous écoutent pas et la partie patronale le dit qu'on ne l'influence plus. De l'autre côté, ce qui est ressorti c'est que la partie patronale dénonce le fait que dans nos communications comme le journal syndical, on utilise parfois un langage ordurier à leur endroit. Alors nous avons changé notre vocabulaire par bonne foi, mais eux en réponse ils ont redoublé d'ardeur à se foutre de ce qu'on dit. L'absence de reconnaissance du syndicat c'est ce qu'on vit au jour le jour Dans l'usine il y a beaucoup de comités qui sont reconnus dans les conventions collectives de travail et ces comités-là c'est censé être une place pour influencer l'autre. Dans la mesure où on n'a aucune influence sur la partie patronale dans le fonds tu perds ton temps. Ce sont des comités paritaires qui n'ont de paritaire que le nom.

LML : Rio Tinto a intensifié sa propagande à l'effet qu'avec vos revendications ce que vous cherchez à faire c'est de tout garder pour vous, de bloquer l'accès des gens aux emplois dans la région, d'empêcher qu'une expertise régionale se développe, etc. Qu'est-ce que les travailleurs ont à dire là-dessus ?

MM : On répond en général en riant parce que c'est un écran de fumée, de la poudre aux yeux parce que nous sommes les plus grands promoteurs de la grappe industrielle dans la région. Nous sommes les plus grands promoteurs de toutes les expertises que l'on n'a pas à l'usine, des compagnies qui fournissent des services que l'on ne fournit pas à l'usine, de toutes les compagnies qui ont une expertise qui est absente partout sur la planète sauf au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour nous autres c'est une fierté, c'est même un orgueil d'avoir développé des champs de compétence qui sont uniques au monde avec une expertise qui est rarissime. Nous autres la seule activité économique qu'on veut restreindre c'est le transfert de bons emplois en cheap labour. Ce à quoi nous nous opposons c'est quand on s'en prend à nos emplois avec de bons salaires. Il y a d'ailleurs plusieurs travailleurs qui travaillent pour les sous-traitants qui appuient notre combat.

La partie patronale ressort cette vieille cassette pour nous faire passer pour un frein au développement et au modernisme.

LML : Le syndicat dit aussi que les demandes que vous mettez de l'avant sont en fait des demandes qui devraient être prises en main par les gouvernements.

MM : Oui et j'ai même accusé le gouvernement Charest d'être complice du lockout actuel. Nous sommes forcés de faire le travail que le gouvernement aurait dû faire, soit de protéger les emplois de qualité. Dans la négociation de l'octroi des baux électriques du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il aurait dû prévoir cela mais il ne l'a pas fait. On se retrouve à 778 travailleurs à vivre cette pression-là et c'est essentiel d'avoir l'appui des autres organisations parce qu'on ne se bat pas seulement contre une compagnie mais contre un gouvernement qui est complaisant à l'égard de celle-ci.

On aurait préféré se limiter à notre mandat syndical traditionnel de représentation des travailleurs. Il nous faut aller au-delà de cela parce que les travailleurs sont aussi des citoyens et comme le gouvernement n'a pas protégé les citoyens on doit aussi les défendre en tant que citoyens. Et on dit cela au sens large parce qu'on doit s'assurer que la progéniture de nos membres, la relève, le sang neuf, le bien-être de nos membres et de toute la communauté sont protégés.

LML : Que veux-tu dire en conclusion ?

MM : Au Québec, au Canada et à travers la planète on vit tous les mêmes problématiques. On vit les attaques tous azimuts des grandes corporations mondiales. Elles nous attaquent tous en même temps et sans la solidarité de tous les syndicats au Canada et dans le monde, c'est certain qu'on va être trop petits. C'est essentiel de faire abstraction des drapeaux et des étiquettes syndicales. Nous avons tous en commun l'objectif de bâtir une bonne représentation syndicale et de continuer de vivre dans un pays qui est démocratique. On ne s'entend pas toujours sur le comment, mais sur le pourquoi de la lutte nous nous entendons. Je lance l'appel à la solidarité ouvrière.

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La MRC de Lac-Saint-Jean Est demande
au gouvernement d'interdire à Hydro-Québec
d'acheter l'électricité de RTA

Le 8 février dernier, la municipalité régionale de comté (MRC) de Lac-Saint-Jean-Est a adopté à l'unanimité une importante résolution demandant au gouvernement du Québec d'interdire à Hydro-Québec d'acheter l'électricité de Rio Tinto Alcan tant que les travailleurs d'Alma seront en lockout. La résolution a été présentée par le maire d'Alma, Marc Asselin, et adoptée à l'unanimité. Le conseil de la MRC comprend 18 conseillers qui représentent les 14 municipalités de Lac-Saint-Jean-Est. Chaque municipalité a un conseiller sauf Alma, qui en a cinq parce qu'elle représente plus de 50% de la population de la MRC. Le Conseil est présidé par un préfet élu par les membres.


La résolution dit entre autres que les membres du Conseil de la MRC « déplorent le fait que la réduction de production d'aluminium à l'usine Alma occasionnée par ce lockout permet à la société Rio Tinto Alcan de vendre l'électricité inutilisée à Hydro-Québec, plutôt que de servir aux emplois tel qu'affirmé par cette consultation populaire du 6 novembre 2005. » (Voir le texte la résolution ci-dessous)

Le maire Asselin a expliqué à la presse que la résolution se base sur le référendum régional tenu le 6 novembre 2005 par la Conférence régionale des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en conjonction avec les élections municipales, dans lequel 92,5% des participants avaient voté « oui » à la question suivante:

« Acceptez-vous de donner à votre municipalité le mandat de conclure une entente, avec le gouvernement du Québec, sur la gestion de nos ressources naturelles basée sur les deux principes suivants : Que nos ressources naturelles (territoire, forêt, eau et mine), de même que les redevances payées pour leur exploitation et les emplois publics reliés à leur gestion, soient gérés par la région; et Que toute l'énergie privée, produite dans la région à des fins industrielles, serve exclusivement au développement industriel et à la création d'emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean ? »

Le maire Asselin a dit que le premier ministre ne peut pas se permettre d'ignorer le résultat du référendum.

« C'est une réalité, a dit le maire au journal Le Quotidien. [La vente de l'électricité de Rio Tinto à Hydro-Québec] va à l'encontre de la volonté de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Nous avons tenu le même discours dans le dossier de la centrale Jim-Gray de Produits forestiers Résolu. Il faut que l'énergie produite ici serve à faire travailler les gens d'ici. Présentement, il y a près de 800 travailleurs sur les barrières. On me dit que la diminution des besoins à l'usine a forcé la mise au chômage de 400 employés sous-traitants. Le gouvernement doit forcer les deux parties à discuter. Il connaît les ententes secrètes entre Hydro et RTA, et peut donc s'en servir comme argument pour arriver à cette fin. »

Marc Maltais, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium a dit au LML en entrevue que cette résolution opposant le transfert d'énergie est importante et arrive à point:

« Le fait que le maire et le Conseil municipal ont pris cette position, au moment où Rio Tinto travaille si fort à son acceptabilité sociale, est très important considérant les gestes que nous aurons à poser dans la période qui vient. Que les autorités municipales demandent à Jean Charest d'intervenir pour une reprise rapide des négociations c'est toute une étape et cela va avoir un impact. Je considère cela comme aussi important que l'appui des organisations syndicales. Les travailleurs ont joué un rôle là-dessus avec la bonne présentation que nous avons faite au Conseil municipal plus tôt cette semaine. Nous l'avons fait dans le respect et de façon professionnelle. Nous voyons cette résolution comme le fruit de nos efforts et de notre sens civique. Nous avons sollicité l'appui du Conseil municipal en nous basant sur la force de nos arguments et le Conseil leur a été sensible. »

Le maire d'Alma et le Conseil municipal entendent maintenant soumettre la résolution à d'autres autorités municipales dans la région, écrit Le Quotidien.


Lockout à l'aluminerie Alma de Rio Tinto Alcan Inc:
Demande d'intervention du premier ministre du Québec
- Le Conseil de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, le 8 février 2012 -

CONSIDÉRANT QUE l'aluminerie Alma de la société Rio Tinto Alcan est une usine de classe mondiale qui emploie plus de 1 000 travailleurs qualifiés de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean (syndiqués et cadres);

CONSIDÉRANT QUE les dernières négociations de la convention collective de travail se sont soldées par une impasse débouchant sur un « lock-out » décrété par la compagnie le 30 décembre 2011;

CONSIDÉRANT QUE depuis cette date, les travailleurs syndiqués se retrouvent sans travail, les employés cadres opérant l'usine au tiers de sa capacité;

CONSIDÉRANT QU'en plus de quelques 800 personnes en lock-out, de nombreuses entreprises de toute la région souffrent de ce conflit de travail, ce qui les force également à mettre des employés au chômage;

CONSIDÉRANT QUE la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été une des régions les plus durement touchée par l'effondrement du secteur forestier, du bois d'oeuvre et des pâtes et papiers avec plus de 5 000 emplois perdus sur une période de dix ans;

CONSIDÉRANT QUE la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a suffisamment souffert de cette situation pour éviter que ce conflit de travail ne s'éternise;

CONSIDÉRANT QUE les diverses interventions effectuées à ce jour par les élus de la région, peu importe le pallier, s'avèrent insuffisantes pour amener les parties à la table de négociation;

CONSIDÉRANT QUE lors de la consultation populaire tenue le 6 novembre 2005, la Conférence régionale des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean a posé la question suivante :

« Acceptez-vous de donner à votre municipalité le mandat de conclure une entente, avec le gouvernement du Québec, sur la gestion de nos ressources naturelles basée sur les deux principes suivants :

Que nos ressources naturelles (territoire, forêt, eau et mine), de même que les redevances payées pour leur exploitation et les emplois publics reliés à leur gestion, soient gérés par la région.

et

Que toute l'énergie privée, produite dans la région à des fins industrielles, serve exclusivement au développement industriel et à la création d'emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean ? »

CONSIDÉRANT QUE la population du Saguenay-Lac-St-Jean a clairement exprimé à plus de 92 % qu'elle soutenait ce principe;

CONSIDÉRANT QUE les membres du conseil de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est déplorent le fait que la réduction de production d'aluminium à l'usine Alma occasionnée par ce lock-out permet à la société Rio Tinto Alcan de vendre l'électricité inutilisée à Hydro-Québec, plutôt que de servir aux emplois tel qu'affirmé par cette consultation populaire du 6 novembre 2005;

CONSIDÉRANT QUE les membres réaffirment que la stabilité et la paix sociale font partie des éléments essentiels d'attraction pour investir dans notre région, notamment la Phase II de l'aluminerie Alma;

CONSIDÉRANT QUE seul le gouvernement du Québec a le pouvoir d'obliger les parties à retourner rapidement à la table de négociation;

il est proposé par, appuyé par et RÉSOLU :

«que le conseil de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est demande au gouvernement du Québec, par le biais du premier ministre, monsieur Jean Charest, d'utiliser tous les moyens nécessaires afin d'obliger la société Rio Tinto Alcan inc. et le Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alma à revenir à la table de négociation, et ce, afin de dénouer l'impasse actuelle et de trouver rapidement une solution à ce conflit de travail qui affecte cruellement le tissu social ainsi que l'économie régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.»

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Le syndicat reçoit d'importantes contributions financières en appui aux travailleurs en lockout

Les gestes exemplaires d'appui financier à la lutte à Alma illustrent bien l'importance de cette bataille.

Le 7 février, l'exécutif national du Syndicat canadien des Communications, de l'Énergie et du Papier (SCEP) a fait un don de 25 000 $ aux travailleurs en lockout.


De gauche à droite: Guy Farrell, assistant du directeur québécois
du Syndicat des Métallos, Marc Maltais, président du Syndicat
des travailleurs de l'aluminium d'Alma et Michel
Ouimet, vice-président exécutif du SCEP.

« La cause des travailleurs d'Alma, a dit Michel Ouimet, le vice-président exécutif du SCEP, c'est aussi celle de tous les travailleurs. Quand on lutte pour maintenir des emplois et des conditions de travail, ce n'est pas la lune que l'on demande, c'est la base. Et au bout du compte, tout le monde en profite. Croyez-moi, au SCEP, on en a vu de toutes les couleurs, que ce soit dans les télécommunications, l'énergie ou le papier. Nous savons combien la solidarité fait la différence et est importante. C'est pourquoi notre exécutif national pancanadien a voté sans hésitation une aide financière pour les travailleurs d'Alma. Vous pouvez être sûr de nous trouver à vos côtés. »

Guy Farrell, l'adjoint au directeur québécois des Métallos, a chaudement remercié le SCEP: «Rio Tinto ne s'attaque pas seulement à nos membres d'Alma, a-t-il dit, mais bien aux travailleurs de toute la planète, en passant les emplois à la déchiqueteuse pour engranger plus de profits. Des gestes de solidarité comme celui-ci, c'est ce qui permettra aux lockoutés de résister une journée de plus, la journée qui fait la différence. ».

Puis, dans un geste sans précédent, les travailleurs de l'aluminerie ABI de Bécancour ont accepté dans un vote unanime de donner 25 000 $ par semaine aux lockoutés d'Alma et ce jusqu'à la fin du lockout. Cela représente environ 25$ par semaine pour chaque travailleur de Bécancour. Clément Masse, le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos s'est rendu à Alma le 9 février pour annoncer officiellement cet appui financier à long terme:


Clément Masse, président de la section
locale 9700 des Métallos, en visite à
Alma le 9 février 2012

« Je suis très fier des membres de ma section locale qui ont décidé de poser ce geste à l'unanimité. C'est la base même du syndicalisme : la solidarité entre les travailleurs. Les travailleurs doivent s'aider entre eux, parce que si on attend après les gouvernements, on risque d'attendre longtemps. Ils laissent une multinationale appauvrir une région sans broncher. » Il a dit espérer que cet appui financier d'environ 25 000 $ par semaine donnera le signal de départ d'une vague de soutien financier régulier de la part d'autres organisations syndicales.

Au nom du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, qui est la section 9490 des Métallos, son président Marc Maltais a exprimé la grande appréciation de ses membres:

«On ne sait pas combien de temps ça va durer, on espère que ce sera le moins long possible. Mais ce type d'aide nous permet de regarder la compagnie dans le blanc des yeux et de leur répéter qu'ils ne nous feront pas rentrer à genoux. L'avenir de l'emploi de qualité dans la région, on y tient! »


La délégation des travailleurs de l'aluminerie ABI de Bécancour est reçue chaleureusement à Alma le 9 février 2012.

(SCEP, Métallos; Photos: SCEP, STAA, Eric R. Pelletier)

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Le plan de braderie appelé «Plan Nord»

La protection du territoire:
une autre demi-vérité de Jean Charest

Dimanche dernier, le 5 février 2012, Jean Charest tenait une conférence de presse à Montréal en compagnie du ministre du Développement durable, Pierre Arcand. Il y dévoilait la stratégie de son gouvernement pour protéger 50 % du territoire du Plan Nord (PN) des activités industrielles d'ici 2035. Selon cette stratégie, 20 % seraient des aires protégées dont 12 % seraient en forêt boréale continue. Charest a aussi présenté les six nouvelles orientations pour le développement durable. Ces dernières découlent d'une consultation publique tenue du mois d'août au mois de novembre 2011, auprès des partenaires du PN.

Pour les 30 % du territoire restant, pas encore « protégé » entre 2020 et 2035, Charest a dit que sept projets pilotes seraient mis en place pour explorer de nouvelles façons de conjuguer protection de l'environnement et développement non industriel et d'améliorer les connaissances écologiques et environnementales des terres nordiques. Ce seront « des étapes importantes en collaboration avec les personnes qui habitent le territoire, particulièrement les Premières Nations », a-t-il dit.

Ce que Charest ne nous dit pas


Cliquer sur l'image pour la carte pleine grandeur

D'après la carte du territoire qui a été présentée, la plupart des territoires protégés sont les périmètres d'urbanisation des villages inuits de la baie d'Ungawa et de la baie d'Hudson. À ceux-ci s'ajoutent quelques aires protégées pour leurs caractères environnementaux et écologiques exceptionnels. Ces dernières sont toutes localisées dans la partie extrême nord du territoire du PN, où aucune route et facilité d'accès n'existent, donc elles sont très peu menacées.

Concernant la forêt boréale, Charest a introduit une notion qu'il n'a pas définie, soit celle de forêt boréale continue. À quoi fait-il référence ? Au Québec, la forêt boréale sur le territoire du PN s'étend du 49e au 52e parallèle. Au-delà du 50e parallèle, la coupe de bois est interdite en vertu des lois actuelles du Québec.

Selon les derniers propos de Charest, seulement 12 % de la forêt boréale ne serait pas exploitée commercialement. Il parle d'interdire les activités industrielles et non pas toute activité commerciale et non industrielle. De quel type de protection parle-t-on alors ?

Le 12 % du territoire à protéger de la forêt boréale sera-t-il localisé dans la bande située entre le 50e et 52e parallèle où de toute manière aucune coupe forestière n'est autorisée ? Charest est-il en train de céder aux monopoles forestiers au Québec ?

Les routes, les tracés de lignes électriques, les digues et les barrages, le tourisme et les pourvoiries ne sont pas définis comme des activités industrielles. À moins de changements importants aux lois actuelles, leur construction et réalisation sont toujours permises. La construction actuelle de la route 167, avant la tenue des audiences du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE), en est la preuve.

Le 18 janvier, la MRC de la Haute-Côte-Nord présentait un mémoire au BAPE pour s'opposer aux mesures qu'entend prendre le gouvernement pour protéger la forêt boréale des activités industrielles de coupes forestières.

Le 19 janvier, Radio-Canada Saguenay-Lac-Saint-Jean rapportait une déclaration du Conseil de l'industrie forestière du Québec disant : « Que le territoire situé au-delà de la limite nordique est un endroit rêvé pour protéger les habitats et faire de la conservation, sans nuire à la coupe forestière. » « Pour rencontrer les objectifs environnementaux en plaçant le plus possible les superficies à protéger au nord de la limite nordique, là où ça ne perturbe pas les activités industrielles, faisons-le. » (Par limite nordique, le CIFQ entend le 50e parallèle — ndlr)

Charest a déclaré après la conférence de presse aux journalistes que « tous les projets sur le territoire du PN seraient régis par le BAPE », alors que le communiqué de presse dit : « Tous les projets industriels seraient soumis au BAPE. »

Charest tente encore une fois de plus de confondre les Québécois sur ses véritables intentions pour le développement du PN. Concernant l'industrie minière, il a parlé des lois à venir sur les mines et l'environnement, lois qui sont toujours en discussion et en élaboration. Dans le passé, ces lois n'ont jamais remis en cause les activités industrielles des minières et les autres activités commerciales.

Charest et de son gouvernement sont en retard par rapport à la réflexion des Québécois. Ces derniers réclament depuis plusieurs années une participation au processus de décision qui engage l'avenir du Québec. Le Vérificateur général du Québec note dans son rapport de 2009 que le gouvernement ne permet pas à la population d'apprécier les retombées et de connaître les répercussions de ce plan en ne rendant pas publics les renseignements pertinents sur l'industrie minière. Il note que cette situation « ne favorise ni la participation et l'engagement ni l'accès au savoir, qui sont les deux principes énoncés dans la Loi sur le développement durable. » Il a même recommandé au gouvernement de passer de la consultation à un mode de participation active, informée et consciente de la population du Québec, pour un développement durable et harmonieux, dans le respect des droits de Premières Nations et du peuple québécois.

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Lockout des pêcheurs sur chalutiers à Terre-Neuve

Dénonçons les arrestations des travailleurs par la police qui protège les briseurs de grève!

Le Marxiste-Léniniste dénonce le rôle joué le 8 février par la GRC à Bay Roberts, à Terre-Neuve, qui a protégé les briseurs de grève recrutés par Ocean Choice International (OCI) après avoir mis en lockout le 6 février les pêcheurs sur chalutiers. La GRC a été appelée pour voir à ce que les briseurs de grève puissent monter à bord du chalutier Newfoundland Lynx d'OCI. Même si cela n'est pas inhabituel de voir la police mobilisée pour défendre les intérêts corporatifs privés face aux travailleurs et agresser les travailleurs qui défendent leurs droits, cela demeure quand même cruel. Depuis ce jour-là, le Newfoundland Lynx a pris la mer.

Les dépêches indiquent que « des rumeurs ont circulé aux environs de minuit que l'autobus amenant les travailleurs de remplacement soit de retour à Bay Roberts. Tout à coup une nuit qui s'annonçait relativement paisible est devenue affairée et la tension parmi les travailleurs sur le piquet de grève a augmenté. La GRC a mis en place devant l'entrée de Moorfrost [les entrepôts frigorifiques] d'autres agents qui se sont déployés en deux lignes. L'autobus est arrivé juste avant 2 heures du matin suivi d'une imposante escorte de policiers. Les travailleurs ont occupé la rue, ne permettant pas au convoi d'avancer. Presque deux heures après, l'autobus s'est mis à avancer mais il a été de nouveau immobilisé. Peu avant 4 heures et demie du matin, l'autobus s'est de nouveau mis en branle et la GRC s'est mise à arrêter les gens. L'autobus s'est arrêté devant l'entrée avec la police formant une ligne à l'avant à mesure que les travailleurs de remplacement ont quitté l'autobus et se sont mis à courir en direction du chalutier Newfoundland Lynx, et les grévistes [en lockout] ont observé le tout. »

Dave Decker, secrétaire-trésorier du syndicat Fish, Food and Allied Workers a dit qu'environ 20 personnes ont été amenées dans les voitures de la police. Il a dénoncé les plans de la compagnie de mettre tôt le matin à la mer un de ses chalutiers avec à bord des briseurs de grève alors que le public n'a pu rien voir de ce qui s'est tramé. Le sergent Bud Bennet du district Trinity-Conception a dit qu'« il n'y pas eu d'altercation ». Incroyable !

Malgré les prétentions d'OCI que l'utilisation des travailleurs de remplacement « crée des emplois » pour les Terre-Neuviens, le lockout et l'utilisation de briseurs de grève s'inscrivent dans la continuité des actions antiouvrières passées d'OCI. En décembre, OCI a annoncé la fermeture permanente de deux usines, situées à Marystown et Port Union, Terre-Neuve, qui ont employé respectivement 240 et 170 personnes. Ces usines sont essentielles à l'économie locale.

Appuyons les pêcheurs sur chalutiers !

(VOCM, CBC)

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Amérique latine et les Caraïbes

11e sommet de l'Alliance bolivarienne
des peuples des Amériques


Du 4 au 5 février, l'Alliance bolivarienne des peuples des Amériques (ALBA) a tenu son 11e sommet à Caracas, Venezuela. Au début, en décembre 2004, une entente bilatérale entre Cuba et le Venezuela, le groupe comprend maintenant huit États membres : Antigua et Barbuda, Bolivie, Cuba, la Dominique, l'Équateur, Nicaragua, Saint-Vincent et les Grenadines et Venezuela.

Durant les délibérations, les chefs d'État ont exprimé leur enthousiasme au devant les perspective de développement de l'ALBA et ont abordé plusieurs sujets préoccupant les pays membres.


Roosevelt Skerrit, président
de la Dominique

Le président Roosevelt Skerrit de la Dominique a félicité les pays qui ont entamé le processus d'adhésion à l'ALBA, soit le Surinam et Sainte-Lucie, et a rendu hommage au chef de la révolution cubaine, Fidel Castro, pour sa vision de l'organisation.

Il a aussi souligné que le blocus contre Cuba n'est pas seulement contre le pays même, mais aussi contre l'humanité, et c'est pour cette raison que les pays de l'ALBA doivent exprimer leur solidarité et condamner cette politique injuste et criminelle dont est la cible le peuple cubain.

Faisant référence au fait que les sessions du sommet sont retransmises en direct sur la chaîne de télévision d'État du Venezuela, le président Skerrit a souligné que « c'est une organisation qui peut discuter publiquement et ouvertement devant ses peuples parce qu'il n'y a pas de secrets ou d'ordre du jour secret ». Il a ajouté que l'ALBA constitue actuellement l'organisation la plus transparente qui soit, où personne n'a de droit de veto et tous les points de vue sont respectés. « Nous sommes comme un seul pays qui s'adresse aux problèmes historiques dont nous avons hérités et que nous essayons de résoudre ensemble », a-t-il déclaré.

Le président Evo Morales de l'État plurinational de la Bolivie a lancé l'appel aux dirigeants d'unir leurs positions politiques afin de se défendre contre les attaques des médias impérialistes.

« Aujourd'hui, nous sommes membres de plus d'organisations régionales. En tant que présidents, nous devrions avoir toujours une position pour contrer les attaques des médias provenant du capitalisme et planifier comment agir et exprimer nos positions face à ces autorités. »

Il a souligné le travail conjoint de solidarité de l'ALBA pour le bienfait des peuples, ce qui est déjà en train de porter des fruits avec la réduction de la pauvreté et de l'analphabétisme. Il a ajouté que les présidents de cette alliance sont en train de couvrir de honte les autres politiciens. Être aujourd'hui un politicien ne signifie pas obtenir des faveurs personnelles, mais des sacrifices, mettre tous les efforts et se dévouer au peuple. La politique est la science au service du peuple et non celle de s'en servir pour soi-même, a-t-il souligné.


Daniel Ortega, président du Nicaragua ; Raúl Castro,
président de Cuba ; Hugo Chávez, président du Venezuela.

Il a lancé l'appel aux présidents de continuer de travailler ensemble en solidarité, « puisque c'est le plus grand avantage entre les mains des pays de l'ALBA ».

Lors du 11e sommet, il a été aussi discuté des documents de travail des rencontres des représentants des mouvements sociaux, des partis politiques et des médias des pays membres de l'ALBA.

Dans son discours lors des délibérations, le président cubain Raúl Castro a exprimé sa satisfaction devant les réalisations du sommet et des développements en cours. Il a noté que l'ALBA s'est établie comme une véritable alliance de pays indépendants engagés à mettre en place une intégration d'un nouveau genre, inspirée par la solidarité pour la justice sociale. Il a fait le bilan de la rencontre en disant : « Ce fut un grand sommet ! ».

L'élargissement de l'Alliance

Un des points à l'ordre du jour du sommet était l'adhésion de nouveaux pays à l'ALBA dont le but est la consolidation de l'objectif de l'organisation, qui est l'intégration régionale. Le Surinam et Sainte-Lucie ont été inclus en tant qu'invités spéciaux, comme l'indique la résolution qui fut approuvée et qui leur permet de débuter le processus d'adhésion entière à l'ALBA. La présence de la République d'Haïti en tant qu'invité spécial permanent fut aussi ratifiée.

Par ailleurs, on rapporte que d'autres propositions que l'ALBA va poursuivre incluent la création d'écoles régionales pour les mouvements sociaux et la mise sur pied d'un secrétariat général à l'information ainsi que la proposition de créer « un conseil de défense » pour le bloc, qui a été soumis par le président bolivien Evo Morales.

La banque de l'ALBA

À la conclusion du premier jour du sommet, le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé que les pays membres se sont mis d'accord pour contribuer 1 % de leurs réserves internationales afin de créer un fonds de réserve qui fera partie de la banque principale du bloc.

La banque de l'ALBA a été fondée en 2008 avec le but de fournir un appui économique aux projets régionaux centrés sur les peuples et de contribuer au développement social et économique durable partout dans la région, rapporte Venezuela Analysis, ajoutant que la banque vise aussi à être une alternative continentale au Fonds monétaire international.

Au sommet, les pays membres de l'ALBA se sont mis d'accord que le renforcement financier de la banque sera un élément clé dans le développement du bloc.

Une devise régionale

Les chefs d'État ont aussi discuté de la possibilité d'accroître l'usage commercial du sucre, le nom à la monnaie virtuelle du bloc (Système unique de compensation régional — SUCR). Le sucre est présentement utilisé pour les échanges commerciaux directs entre les pays de l'ALBA, permettant de contourner le dollar américain et minimiser les risques d'échanges de devises étrangères, écrit Venezuela Analysis.

Selon Ricardo Menendez, le sous-ministre vénézuélien de la Production et de l'Économie, 431 transactions financières utilisant le sucre ont été effectuées l'an dernier entre les pays membres de l'ALBA, représentant des échanges commerciaux d'une valeur de plus de 216 millions $US.

Le président de l'Équateur, Rafael Correa, a appelé à une augmentation de l'usage de la devise. « Ces accords de libre-échange, de libres marchés [avec]... aucune indemnité, fragilisent les faibles, c'est du suicide pour nos pays... Nous devons encourager les échanges commerciaux équitables, unir nos réserves et nos capacités financières au sein de la Banque de l'ALBA et éviter d'utiliser les devises étrangères », a-t-il insisté.

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a aussi exprimé le souhait d'encourager l'usage de la devise du bloc. Ortega a dit qu'il souhaite commencer à utiliser le sucre d'ici les prochaines semaines, une fois ratifié par l'Assemblée nationale du Nicaragua.

Le développement de la Ceinture pétrolière de l'Orinoco

Le président Chavez a souligné l'importance du développement des réserves pétrolières de la Ceinture pétrolière de l'Orinoco, autant pour le Venezuela que la région.

La Ceinture pétrolière de l'Orinoco fait partie intégrante du développement du Venezuela et aussi de l'indépendance économique de l'ALBA et de l'Amérique latine, a-t-il souligné. « Il y a dans la Ceinture des réserves pétrolières pour plus de 200 années », a-t-il déclaré, ajoutant que le Venezuela planifie pour cette année d'augmenter la production pétrolière de 3 à 3,5 millions de barils de pétrole par jour, ce qui va donner un plus grand champ de manoeuvre pour satisfaire les engagements envers l'ALBA et les autres programmes.

Aide à Haïti

Le sommet a résolu d'accroître l'aide humanitaire de l'ALBA à Haïti par la mise sur pied d'un plan de travail ALBA-Haïti. Venezuela Analysis rapporte que le but du projet est de fournir des secours d'urgence et de faciliter les efforts de reconstruction dans ce pays des Caraïbes, qui souffre encore des séquelles du tremblement de terre de janvier 2010.

Les pays membres se sont aussi mis d'accord pour établir un fonds pour Haïti afin de réaliser les projets et fournir du carburant aux centrales électriques du pays. Les détails seront finalisés au début de mars lors d'une rencontre en Haïti des ministres des Affaires étrangères.

Le Venezuela et Haïti ont aussi signé une entente bilatérale indépendante pour accroître la coopération entre les deux pays.

Le rôle des médias

Le travail de l'ALBA recoupe de nombreux domaines différents, y inclut celui du journalisme. Lors d'une de ses interventions, le président Chavez a souligné le rôle de la chaîne Telesur qui sert la région.

Il a rappelé la tâche majeure de rapporter fidèlement les développements de l'an passé en Libye alors que les journalistes du réseau d'information ont même reçu des menaces de mort dans le cadre de leur travail. Il a souligné que lorsque les médias internationaux ont rapporté que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi bombardait la population civile sur la place de Tripoli, Telesur transmettait des images provenant de la plaza démontrant la falsification de cette information.

Dans le contexte des attaques des médias contre les gouvernements qui ne font pas l'affaire des grandes puissances, Chavez a comparé le cas de la Libye à la situation actuelle en Syrie, expliquant que les médias internationaux de la droite ont rapporté le même matin un massacre appuyé par le gouvernement de la Syrie alors que c'était en fait une attaque terroriste. Cela a pour but de faire condamner le gouvernement syrien par le Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-il fait remarquer.

Il a appelé ceux présents à prendre note de ce genre d'actions organisées par les impérialistes, décrivant la désinformation comme une des plus grandes menaces actuelles à la paix parce que cela fait partie de la stratégie pour justifier l'invasion.

Opposition au colonialisme et proposition pour un Conseil de défense régionale

Plusieurs des déclarations émises lors du 11e sommet de l'Alliance bolivarienne des peuples des Amériques (ALBA) ont critiqué sévèrement les politiques néo-colonialistes des puissances occidentales qui tentent de compromettre la souveraineté régionale, rapporte Prensa Latina.

L'ALBA a aussi émis une déclaration en appui aux droits souverains légitimes sur les îles Malouines, la Géorgie du Sud, Sandwich Sud et les régions maritimes environnantes.

Contre les actions et ingérences coloniales des gouvernements européens et étasuniens, les dirigeants de l'ALBA ont proposé la création d'un Conseil conjoint de la défense dont le fonctionnement sera discuté à des rencontres futures.

Selon Chavez, les dirigeants militaires des pays membres ont besoin de tenir des rencontres où ils pourront échanger leurs points de vue sur des projets et participer à des manoeuvres, des exercices de défense et autres entraînements conjoints.

Le président cubain Raul Castro a suggéré qu'une telle rencontre doit inclure non seulement les ministres de la Défense, mais aussi les représentants qui se préoccupent de la sécurité régionale.

Le président Daniel Ortega du Nicaragua a insisté pour que le nouveau conseil ait comme priorité la lutte contre le trafic de la drogue et le crime organisé.

Le sommet a aussi émis une déclaration spéciale en hommage aux Cinq Héros cubains, Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Antonio Guerrero, Fernando González et René González. Ils ont été injustement emprisonnés il y a 13 ans de cela aux États-Unis pour avoir combattu le terrorisme. La résolution demande leur libération comme un acte de justice sociale et humanitaire. Elle condamne en même temps leurs peines comme étant le résultat d'irrégularités juridiques sérieuses motivées par la vengeance politique.

Peu avant la fin du sommet, le président Chavez a lu un communiqué officiel dans lequel les pays membres de l'ALBA réitèrent leur condamnation de la politique d'ingérence et de déstabilisation contre la République arabe de Syrie.

(Granma International, Venezuela Analysis, Prensa Latina, CubaDebate)

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