Le

                              Marxiste-Léniniste

Numéro 10 - 9 février 2012

Les travailleurs d'Alma poursuivent la lutte pour leurs droits

Hydro-Québec doit cesser d'acheter
l'électricité de RTA! Le gouvernement
du Québec doit rendre des comptes!


Alma le 31 janvier 2012 (STAA)

Les travailleurs d'Alma poursuivent la lutte pour leurs droits
Hydro-Québec doit cesser d'acheter l'électricité de RTA! Le gouvernement du Québec doit rendre des comptes!
La prétention de Rio Tinto de ne pas vendre d'électricité remise en question
Initiatives locales
Rencontre prochaine avec le médiateur
Une délégation de la CSN rend visite aux travailleurs d'Alma
Le Comité d'entreprise européen de Rio Tinto proteste contre le lockout

Inacceptable destruction du secteur manufacturier
Fermeture d'une usine d'électroménagers à Montréal - Normand Chouinard


Les travailleurs d'Alma poursuivent la lutte pour leurs droits

Hydro-Québec doit cesser d'acheter
l'électricité de RTA! Le gouvernement
du Québec doit rendre des comptes!


Rassemblement des travailleurs d'Alma durant la visite de représentants de la CSN le 3 février 2012

RTA a mis en lockout 780 travailleurs de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos à Alma pour imposer une baisse du nombre minimum garanti de travailleurs syndiqués par rapport à la production de l'aluminium et la levée des restrictions sur le nombre de travailleurs à contrat, non syndiqués et à salaires inférieurs. RTA espère briser le collectif de défense des travailleurs, abaisser le niveau de vie de la région et permettre ainsi aux propriétaires du capital monopoliste de retirer de la région encore plus de valeur de la production de l'aluminium qu'ils n'en tirent déjà.


Durant ce lockout, RTA vend son électricité à Hydro-Québec. La responsable des relations publiques de RTA, Claudine Gagnon, a confirmé dans une déclaration aux médias que « les surplus seront entièrement acheminés au réseau d'Hydro-Québec ». RTA a depuis nié que c'était le cas et le gouvernement du Québec n'a ni confirmé ni nié qu'Hydro-Québec achète l'électricité privée de RTA.

RTA possède six centrales hydro-électriques, trois sur la rivière Péribonka et trois autres sur la Saguenay. Elles peuvent produire en moyenne plus de 2000 mégawatts par année, ce qui répond à 90 % des besoins de la production de l'aluminium dans les usines RTA au Québec roulant à pleine capacité. C'est bien au-delà de la norme mondiale pour les monopoles de l'industrie de l'aluminium. La valeur de cette électricité privée produite par RTA se chiffre à des centaines de millions de dollars. La vente de ne serait-ce qu'un petit pourcentage de cette électricité signifie des entrées d'argent énormes pour RTA, ce qui l'encourage à continuer le lockout et à ne pas produire de l'aluminium, privant l'économie socialisée et le peuple du Québec d'une richesse sociale nécessaire.

Les travailleurs de l'aluminium rapportent que les centrales hydro-électriques de RTA semblent produire à pleine capacité. L'usine d'Alma ne fonctionnant qu'à 30 % et celles de Shawinigan et Arvida à 50 %, cette électricité va sûrement quelque part et le seul autre endroit est le réseau d'Hydro-Québec et à fort prix. Hydro-Québec, qui est liée au réseau privé de RTA à quatre endroits, déclare que tout achat d'électricité de RTA est une affaire privée et que le public n'a pas à en connaître les détails.

Le référendum de 2005 représente la volonté populaire


Une partie des noms de ceux qui soutiennent les travailleurs d'Alma jusqu'à présent

Les agissements de RTA, d'Hydro-Québec et du gouvernement libéral de Jean Charest sont en violation directe de l'intérêt public et de la volonté populaire des résidents de la région et de leur désir d'exercer un contrôle sur leur économie socialisée, notamment sur les ressources naturelles. Cette volonté populaire a été clairement exprimée dans un référendum régional tenu en rapport avec les élections municipales du 6 novembre 2005. C'est à 92,5 % que les répondants ont dit « oui » à la question suivante :

« Acceptez-vous de donner à votre municipalité le mandat de conclure une entente, avec le gouvernement du Québec, sur la gestion de nos ressources naturelles basée sur les deux principes suivants : Que nos ressources naturelles (territoire, forêt, eau et mines), de même que les redevances payées pour leur exploitation et les emplois publics reliés à leur gestion, soient gérés par la région et que toute l'énergie privée, produite dans la région à des fins industrielles, serve exclusivement au développement industriel et à la création d'emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean ? »

Ce référendum et son résultat sans contredit expriment donc non seulement la volonté populaire, mais aussi la frustration que les gens ressentent de voir que cette volonté populaire n'est pas transformée en volonté légale. La question et la réponse donnée indiquent clairement que le gouvernement du Québec doit cesser de violer la volonté populaire et laisser les gens de la région contrôler leur économie socialisée.

RTA ne doit pas pouvoir vendre son électricité privée à Hydro-Québec et le gouvernement du Québec doit en être tenu responsable. Il doit expliquer comment les intérêts privés d'un monopole comme RTA et sa volonté deviennent la volonté légale de l'État.

Le gouvernement du Québec n'a jamais accepté la réponse claire donnée au référendum de 2005. Le régime libéral continue de fouler aux pieds la volonté populaire représentant l'intérêt public des résidents du Saguenay-Lac-Saint-Jean et des Québécois. Il doit être tenu de rendre des comptes pour cette soumission à des intérêts monopolistes privés et cette opposition à l'intérêt public. La volonté populaire du peuple doit devenir la volonté légale. Le problème pour le peuple, et en particulier pour la classe ouvrière, est de s'organiser pour résoudre ce problème politique en pratique.

La vente de l'électricité de RTA à Hydro-Québec doit cesser !
Le gouvernement du Québec doit être tenu redevable envers le peuple !

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La prétention de Rio Tinto de ne pas vendre d'électricité remise en question

Nous reproduisons une lettre à la rédaction du quotidien régional LBR.ca publiée le 24 janvier sous le titre « L'hypnose d'une population - RTA nous dit qu'elle ne vend pas d'électricité ».

* * *

RTA nous dit qu'elle ne vend pas d'électricité. Si je fais un survol de la consommation des usines présentement. L'usine Alma fonctionne à 30 %, l'usine Shawinigan à 50 %, l'usine Arvida, avec les Soderbergs fermées, fonctionne à 50 % de sa capacité. Normalement il devrait y avoir un surplus d'électricité.

En supposant qu'il ne se vend pas d'électricité, un bon gestionnaire profiterait de la baisse de production pour augmenter les réservoirs en amont du Lac Saint-Jean. Alors, pourquoi les pelles du barrage Isle Maligne fonctionnent-elles à plein régime ?

Selon statistique Canada, l'année 2011 n'a pas été une année record en précipitations, mais elles se situent légèrement au-dessus de la moyenne pour notre région. Avec ces données, toutes les usines mentionnées ci-haut fonctionnaient pour la majorité toutes ensemble depuis des années avec la capacité énergétique produite en fonction des précipitations.

Avec les barrages qui fonctionnent à plein régime, j'appréhende beaucoup la saison estivale. Je suis convaincu que l'on va nous annoncer un manque d'eau dans les réservoirs et par conséquent ils devront réorganiser leur production. L'électricité rapporte beaucoup plus que de produire de l'aluminium.

Les dirigeants de RTA désirent une compétition à l'avantage de nos alumineries pour le futur. Les barrages sont une énergie propre et apparemment sans fin, à coût dérisoire pour maintenant et les années à venir. Si on se compare avec les compétiteurs, plusieurs se servent de matière fossile pour alimenter en énergie leur industrie. Si nous regardons les coûts du pétrole qui ne cessent de monter en flèche, comment sera leur coût d'approvisionnement dans 20 ou 40 ans pour ces producteurs d'aluminium ? RTA se démarque déjà largement avec l'or bleu des Québécois. Il est là leur moteur économique. Il serait juste normal que la population ait un retour avec des emplois de qualité.

Présentement RTA endort la population avec des supposés investissements à risque considérant les négociations à Alma. Il ne faut pas oublier qu'ils sont ici dans un but très précis, faire des $ $ $. Le syndicat d'Alma a une influence négligeable sur leurs décisions. Pour eux, ce sont des décisions d'affaires et ils n'ont pas hésité un seul instant pour fermer l'usine Alma. Cette décision stratégique, en bout de ligne leur rapporte d'énormes bénéfices, même si pour cela il faut en faire payer le prix à toute une région.

Francis Ouellet
St-Bruno

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Initiatives locales


La caravane en appui aux travailleurs d'Alma le 26 janvier 2012 (STAA)

De plus en plus de personnes prennent des initiatives en appui aux travailleurs de Rio Tinto en lockout à Alma, Québec. Le 26 janvier, une résidente de l'Ascension, une petite municipalité non loin d'Alma, a organisé un cortège de voitures qui ont circulé durant plus d'une heure dans les rues d'Alma arborant des drapeaux et des rubans du syndicat. L'action a débuté avec seulement quelques voitures, mais en l'espace de quelques minutes, elles étaient plus de 250. « Je n'ai absolument aucun lien avec les employés si ce n'est un voisin qui travaille à l'usine », a dit la jeune résidente. « Cette manifestation, c'est un coup de coeur, c'est un cri pour que les gens se réveillent et réalisent ce qui est en train de se passer avec une multinationale qui est dans sa tour de cristal et qui joue les pions à sa guise », a-t'elle ajouté. « La cause des travailleurs de l'usine Alma me touche beaucoup. Je regarde ces gars qui se mettent à nu et qui se privent de leur salaire pour faire en sorte que nous, les jeunes, on puisse continuer à bénéficier de bons salaires dans notre région. »

Le cortège est passé devant le bureau du syndicat où il a été salué par plus de 50 travailleurs affichant leurs pancartes et drapeaux du syndicat, profondément touchés par une telle manifestation d'appui. Le cortège s'est ensuite dirigé vers les 2 lignes de piquetage.

« Ça faisait chaud au coeur de les voir passer », ont dit les travailleurs sur les lignes de piquetage. Au passage du cortège, les gens dans leur maison faisaient clignoter leurs lumières, les piétons saluaient de la main et les automobilistes klaxonnaient en signe d'appui, souhaitant plein succès aux travailleurs d'Alma.

Fiers de leur action, les gens se sont mis à discuter d'actions futures pour aider les travailleurs à faire plier la compagnie.



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Rencontre prochaine avec le médiateur

À la demande du syndicat, l'exécutif du Syndicat des travailleurs d'aluminium d'Alma va rencontrer le 13 février le médiateur nommé en décembre 2011 par la ministre du Travail du Québec. Il y aura une rencontre entre le médiateur et seulement le syndicat. Il n'y a pas eu de pourparlers entre le syndicat et Rio Tinto depuis que la compagnie a mis les travailleurs en lockout durant la nuit du Nouvel An, 24 heures après avoir utilisé 150 gardes de sécurité pour expulser brutalement les travailleurs durant leur quart de travail.

S'adressant à des groupes communautaires à Alma, le président Marc Maltais a dit que le syndicat est prêt à retourner à la table de négociation et a souligné de nouveau que les travailleurs n'ont pas de demandes salariales ou en avantages sociaux dans le présent conflit. C'est une lutte pour garantir des emplois de qualité à long terme pour le bienfait de toute la région, a-t-il déclaré.

Il a ajouté que c'est aussi un combat pour s'assurer que Rio Tinto reconnaisse le syndicat comme le représentant légitime des travailleurs. « Le problème, la compagnie ne nous écoute pas. La compagnie aurait le moyen de régler tout ça en reconnaissant le syndicat. On ne veut pas gérer cette usine, on veut l'opérer. »

Il a dit que la durée du conflit dépend des directeurs de Rio Tinto. « Quelqu'un qui a une bonne idée de la durée du conflit, c'est Étienne Jacques (vice-président de Rio Tinto Alcan Métal primaire pour l'Amérique du Nord). Il peut décider... Ma crainte, c'est que le conflit va durer et notre gouvernement regarde tout ça sans broncher. Dans un conflit comme ça, tu ne peux pas être neutre. On est victime d'une attaque en règle d'une multinationale. »

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Une délégation de la CSN rend
visite aux travailleurs d'Alma


Alma le 3 février: Le président de la CSN Louis Roy (à gauche), et Alain Lamprom, président de la Fédération de l'industrie manufacturière, en compagnie de Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l'Aluminium d'Alma. (STAA)

Le 3 février, une délégation de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'est rendue à Alma rencontrer les travailleurs et leur exprimer le ferme appui de la centrale. Les travailleurs d'Alma sont eux-mêmes affiliés à la FTQ. La délégation de la CSN était dirigée par son président Louis Roy et le président de la Fédération de l'industrie manufacturière Alain Lampron. La fédération représente environ 30 000 travailleurs du secteur manufacturier et notamment les travailleurs de l'aluminerie de Rio Tinto à Shawinigan et les travailleurs de Fer et Titane de Sorel-Tracy, également propriété de Rio Tinto.

« Aujourd'hui, a dit Louis Roy, on est là la CSN, parce qu'on pense que dans cette bataille-là, si vous êtes devant aujourd'hui, nous sommes tous derrière vous parce qu'on va tous devoir à l'affronter dans les jours qui viennent... Aujourd'hui, on voit des compagnies comme la vôtre qui essaient de nous ramener 100, 150 ans en arrière. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils veulent briser fondamentalement ? Oui, ils veulent diminuer nos conditions de travail mais ce qu'ils veulent briser, c'est la solidarité ouvrière. Ils ne veulent plus de regroupements syndicaux comme le vôtre qui se tiennent debout et qui sont capables de leur faire face. »

Il a dit qu'une fois que des monopoles comme Rio Tinto sont capables d'imposer quelque chose aux travailleurs comme l'utilisation sans limite de la sous-traitance, ils essaient de l'imposer à tous les travailleurs. « Ils ont déjà commencé, ils n'ont pas été capables à certains endroits et là ils s'essaient encore aujourd'hui et c'est pour ça qu'il faut tenter de les arrêter maintenant car ces compagnies-là, quand elles commencent, elles n'arrêtent pas... Il n'est pas question de les laisser passer ici à travers le syndicat d'Alma pour imposer la sous-traitance. »

Alain Lampron a salué les travailleurs au nom de la Fédération de l'industrie manufacturière et a dit que les relations de travail se sont beaucoup détériorées depuis que Rio Tinto s'est emparé d'Alcan. Il a dit que tous les travailleurs sont unis dans ce combat qui va bien au-delà des affiliations syndicales.

Marc Maltais, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, a chaleureusement remercié la délégation de la CSN et dit à quel point est précieuse l'unité combattante de tous les travailleurs pour faire plier Rio Tinto.

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Le Comité d'entreprise européen
de Rio Tinto proteste contre le lockout

Dans une dépêche du 6 février, la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) nous apprend que le Comité d'entreprise européen (CEE) de Rio Tinto a condamné le producteur mondial de minerais et de métaux pour le lockout des 780 membres de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos, le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma.

La secrétaire du CEE, Véronique Roche, qualifie de « position destructrice et socialement irresponsable » le refus de la direction de Rio Tinto de même considérer les propositions du syndicat.

L'intervention de la Secrétaire du CEE, de Paris, survient alors que le Syndicat des Métallos ainsi que l'ICEM et la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) lancent une campagne pour attirer l'attention et mobiliser les pressions contre la multinationale, au nom des travailleurs de la fonderie d'Alma.

L'ICEM annonce également la tenue d'une grande manifestation le 31 mars à Alma, à 380 km au nord de Montréal, où Alcan a son siège social. La veille, le Comité de la région de l'Amérique du Nord de l'ICEM se réunira dans la région en signe de soutien aux métallos d'Alma.

La campagne d'envoi de lettres de protestation au PDG de Rio Tinto, Tom Albanese, lancée en janvier par les affiliés de l'ICEM et de la FIOM, a « suscité le jour même une réaction de l'entreprise ... qui a éteint ses télécopieurs pour éviter un déluge de protestations ».

Mais la pression n'a pas relâché pour autant. Une lettre du 2 février adressée par le CEE à Tom Albanese dit : « Veuillez savoir que notre instance européenne se tiendra aux côtés du Syndicat des Métallos dans tous les efforts qui seront organisés en Europe et ailleurs, et nous participerons au combat jugé nécessaire par le Syndicat des Métallos pour repousser ces attaques antisociales. »

Le CEE a demandé que Rio Tinto intervienne pour mettre fin à ce lockout et exige de la direction locale de reprendre les pourparlers et de négocier loyalement un accord juste, équitable et acceptable pour les travailleurs et travailleuses et qui ne détruise par le tissu social de la communauté.

(ICEM)

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Inacceptable destruction du secteur manufacturier

Fermeture d'une usine d'électroménagers à Montréal

Un autre coup dur pour le secteur industriel de l'Est de Montréal et l'économie du Québec, l'usine Mabe, anciennement Camco (qui était détenue majoritairement par GE), va fermer ses portes d'ici la fin de 2014. C'est ce qu'a indiqué la haute direction de la compagnie aux 600 travailleurs de cette usine en opération depuis plus de 60 ans. Cette fermeture survient malgré de nombreuses concessions des travailleurs en 2006 pour essayer de sauver l'usine. Les raisons centrées sur le capital invoquées par la direction sont les mêmes que celles avancées par d'autres monopoles pour justifier leurs décisions antisociales, soit que les coûts de la main-d'oeuvre et la parité du dollar canadien avec le dollar américain ne rendaient plus possible la compétitivité de l'usine.


Lors des manifestations contre la
fermeture de l'usine Goodyear à
Valleyfield le 3 février 2007

Mabe est un monopole mexicain qui possède aussi des usines aux États-Unis et au Mexique. Déjà en 2008, elle avait transféré une partie de sa production faite au Québec vers ses usines au Mexique et, en janvier 2009, elle avait licencié 150 travailleurs à la suite de la perte d'un contrat avec le monopole Home Depot. Une partie importante de la production qui se fait au Québec était envoyée aux États-Unis et la compagnie invoque maintenant la chute des ventes aux États-Unis pour justifier la fermeture de l'usine de Montréal.

La direction de l'entreprise a rejeté d'emblée la possibilité d'une relance, affirmant que même avec d'autres concessions des travailleurs jumelées à une subvention gouvernementale, la décision resterait la même. Selon sa logique, il n'est plus possible de produire des appareils ménagers au Québec tout en étant concurrentiel, l'écart de rentabilité serait trop grand, affirme la direction dans son communiqué.

Cette fermeture annonce la fin de la production d'appareils électroménagers au Québec. Rappelons que le monopole Electrolux a pris la décision de fermer son usine de l'Assomption à l'automne 2011 et que Whirpool avait fait de même à son usine de Montmagny dans la région de Québec, voilà quelques années.

La fermeture de cette usine s'ajoute aux nombreuses autres fermetures depuis le début de la jeune année 2012 : White Birch à Stadacona, dans la région de Québec, Lab Chrysotyle en Beauce, la mine du géant dormant dans le nord-est du Québec, la scierie de Maniwaki (conséquence de la fermeture de White Birch), les fermetures des usines de Cedrico à Lac-au-Saumon et à La Martre et d'autres.

Malgré la relance de l'ancienne usine Domtar à Lebel-sur-Quevillon, annoncée en grande pompe par Jean Charest lui-même plus tôt cette semaine (en conjonction avec Fortress Papers qui reçoit un prêt sans intérêt de 120 millions $ du gouvernement du Québec échelonné sur 10 ans), la destruction nationale dans les différentes régions du Québec, incluant sa métropole, se poursuit à un rythme accéléré.

La fermeture de Mabe à Montréal a été annoncée par les médias monopolisés comme une fatalité, comme étant la seule solution possible, un simple fait de la vie. Aucune alternative n'a été proposée concernant une éventuelle relance de l'usine, la direction de Mabe ayant « mis en garde » qu'elle n'en accepterait pas. On ferme, un point c'est tout. Le gouvernement a crié son « indignation » pendant un jour ou deux, puis plus rien.

Les travailleurs du Québec doivent résolument s'opposer à ce climat de fatalité créé par les monopoles et leurs représentants politiques. Ce climat sème le désarroi et veut faire croire que fermer une usine est devenu une chose routinière et commune, et que le rôle des travailleurs est d'être des victimes passives et sans recours devant cette destruction du secteur manufacturier. Fermer une entité productive, telle l'usine de Mabe, n'a rien de routinier. Cette décision a des conséquences dramatiques irrémédiables sur des milliers de travailleurs et sur l'économie en général. Arrêtons la logique insensée des riches ! Une autre direction est possible pour notre économie ; ce sont les travailleurs qui doivent prendre la responsabilité de développer leur propre programme prosocial pour mettre fin à la folie destructrice des monopoles. C'est cette perspective qui permet de renverser le climat défaitiste qui est créé et elle peut se faire et doit se faire.

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