Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 1 - 9 janvier 2012

Alma, Québec

Les travailleurs de Rio Tinto Alcan, la région du Saguenay-Lac- Saint-Jean et leurs alliés partout au Canada sont d'une seule voix

Alma, Québec
Les travailleurs de Rio Tinto Alcan, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et leurs alliés partout au Canada sont d'une seule voix
Un appel à se rallier aux travailleurs d'Alma dans la lutte pour leurs droits - Entrevue avec Marc Maltais, président du STAA
Les travailleurs de nuit chassés manu militari par une firme de sécurité privée
Militante manifestation contre l'achat d'électricité de Rio Tinto par le gouvernement sous prétexte d'une «entente secrète»


Alma, Québec

Les travailleurs de Rio Tinto Alcan, la région du Saguenay-Lac- Saint-Jean et leurs alliés partout au Canada sont d'une seule voix

Joignez-vous à la bataille contre le monopole mondial basé en Europe et ses tentatives de détruire l'aluminerie au Québec et d'abaisser le niveau de vie de tous les travailleurs.



Les travailleurs et les communautés du Québec et du Canada sont du côté des 800 membres de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos à l'aluminerie d'Alma et des gens d'Alma et de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans leur lutte pour défendre leurs alumineries et leurs conditions d'emploi.

Le monopole mondial Rio Tinto, avec un revenu brut dépassant 60 milliards $ en 2010, s'est emparé des alumineries d'Alcan en 2007 et se sert maintenant de son pouvoir de monopole pour poursuivre sa campagne antisociale pour soutirer des concessions aux travailleurs, à la région et au gouvernement. Le monopole mondial et ses alliés néolibéraux, avec leur conception du monde anti-peuple et antinationale, se servent de leur contrôle de la production mondiale de l'aluminium pour justifier l'injustifiable. Les travailleurs qui produisent l'aluminium et le peuple québécois qui fournit l'énergie hydro-électrique qui rend le processus extrêmement productif n'accepteront pas qu'une partie toujours plus grande de la richesse qu'ils produisent soit siphonnée hors de la communauté, dans les poches de l'oligarchie financière internationale.


Les oligarques de Rio Tinto prennent les gens de la région pour des valises et croient qu'ils vont lever les bras à la simple mention du mot « concurrence internationale » ou devant les menaces de déménager la production ailleurs dans son empire mondial. Sauf que ces arguments intéressés et ces menaces ne sont pas nouveaux. Les travailleurs les ont vaincus dans le passé et ils les vaincront encore par l'organisation et la résistance.

Les travailleurs et les communautés demandent un équilibre basé sur leurs droits. Les travailleurs d'Alma ont proposé un équilibre basé sur une production de 430 000 tonnes d'aluminium par année avec un plancher d'emploi de 780 travailleurs. Ils demandent que ce rapport soit maintenu pour le bien de leurs membres, de la communauté et de l'économie. Pour réaliser cet équilibre à court terme, ils ont proposé que si la production augmente, le nombre de travailleurs peut rester à 780 et si la production baisse durant la période couverte, le rapport actuel est maintenu, ce qui veut dire une réduction des effectifs. Les travailleurs croient également que la sous-traitance doit être limitée au minimum parce que cette pratique antiouvrière a pour effet direct de réduire la réclamation globale des travailleurs à la valeur qu'ils produisent (à cause de la baisse des salaires et des avantages sociaux que cela représente quand il s'agit de travailleurs non syndiqués).

Que le monopole mondial Rio Tinto mette en lockout des travailleurs disposés à établir un juste équilibre à l'avantage réciproque pour eux et les propriétaires et dirigeants de la compagnie, cela est inacceptable. C'est ni plus ni moins qu'une déclaration de guerre contre les travailleurs, la région et le Québec. Les gens se rallient en nombre grandissant à la section locale 9490 du Syndicat des Métallos pour exiger un équilibre à l'avantage réciproque et exprimer leur mépris pour les directeurs de Rio Tinto, leurs laquais et leur lockout contreproductif et destructeur.

Secteur manufacturier oui ! Destruction nationale non !
Tous pour l'établissement d'un équilibre à Alma basé sur la reconnaissance
des droits des travailleurs et de la communauté !
Rallions-nous derrière les travailleurs de la section locale 9490 et la région
du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans leur juste lutte à la défense de leurs droits !

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Un appel à se rallier aux travailleurs d'Alma
dans la lutte pour leurs droits

LML : Dans la semaine qui a précédé le lockout, les travailleurs des trois accréditations du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (section locale 9490 du Syndicat des Métallos) ont rejeté les offres finales de Rio Tinto. On a dit que ces offres étaient bonifiées par rapport à l'offre précédente que les travailleurs avaient rejetée de façon très massive. Quel a été le résultat du vote sur les offres finales et en quoi différaient-elles de l'offre précédente ?


Marc Maltais

Marc Maltais : Quelques jours avant le lockout, soit les 29 et 30 décembre, les travailleurs ont rejeté les dernières offres finales de l'employeur. À l'accréditation bureau, l'offre a été rejetée à 71 %, à l'accréditation Centre de réfection des cuves à 98 %, et à l'accréditation horaire à 88 %. Le taux de participation moyen à ces assemblées a été de 92 %.

Un des changements dans les offres de l'employeur, c'est que dans l'offre finale, Rio Tinto disait nous protéger contre la sous-traitance au niveau de l'opération, c'est-à-dire au niveau de la production. Dans la convention actuelle, il n'y a pas de clause de sous-traitance en ce qui concerne la production. Notre principal problème à l'heure actuelle en ce qui concerne la sous-traitance c'est à l'entretien que nous l'avons. Il y a bien une clause de sous-traitance dans la convention actuelle en ce qui concerne l'entretien mais les mailles sont tellement grandes qu'on peut y passer des éléphants. Ce qui a pour conséquence que d'année en année, on voit l'augmentation des heures qui sont données à des firmes externes.

Donc, on nous a présenté une clause de protection face à la sous-traitance pour la production. Mais du même souffle Rio Tinto nous a dit que la sous-traitance dans l'usine il y en aura toujours plus, que l'avenir de l'aluminerie c'est toujours plus de sous-traitance. Donc, la question que nous posons à l'employeur c'est que s'il nous propose une clause qui nous protège, quelle est sa valeur si Rio Tinto est déterminé à accroître la sous-traitance de toute façon? La réponse est trop évidente. Si on négocie une clause qui ne nous protège pas réellement, alors nous venons d'accepter les conditions de l'employeur en ce qui concerne la sous-traitance. C'est un des gros aspects de la négociation actuelle qui est très important parce qu'il a de grands impacts, notamment sur les mouvements de main-d'oeuvre et les fonds de pension à long terme. C'est un affaiblissement du syndicat parce qu'on cherche à réduire nos effectifs syndiqués à ce que l'entreprise appelle le « core », les opérations essentielles de production, et même cela va être remis en question.

Prends la situation présente avec le lockout. C'est déjà difficile à l'heure actuelle avec le nombre de syndiqués que nous avons de mener un combat efficace. À l'heure actuelle, Rio Tinto fait rentrer 200 sous-traitants et cadres en plus des scabs pour opérer l'usine ; imagine s'il y en avait 400. Les 200 cadres, en fait, ce sont pour beaucoup des retraités qu'ils sont allés chercher, des nominations qu'ils ont faites dans les derniers mois. Ce ne sont pas des cadres qui sont établis de longue date, ce sont des cadres qui sont mis là en préparation du conflit. Ils sont allés chercher des cadres retraités à Arvida. Il y en a là-dedans qui n'ont jamais vu un pont roulant comme on en a ici. Nos équipements à Alma sont ultra modernes. Et ce sont ces gens-là qui vont opérer l'usine. J'imagine qu'ils ont placé les gens qui connaissent le mieux l'usine, les vrais cadres, aux opérations critiques, mais qu'est-ce qu'on va dire aux autres : vas-y mon homme, aie confiance ! C'est sécuritaire ça ?

On voit bien que nos demandes ont de grandes répercussions sur l'avenir.

LML : Le syndicat dit que Rio Tinto n'est pas en mode négociation mais en mode provocation. Peux-tu nous en dire plus ?

MM : Toutes ces accusations de vandalisme et d'intimidation que Rio Tinto fait contre nous sont des mensonges et c'est de la provocation ça aussi. Rio Tinto suit la théorie selon laquelle plus tu répètes un mensonge souvent, plus ça va devenir une vérité. Le syndicat a toujours dénoncé le vandalisme, le saccage et l'intimidation. Quand la compagnie se plaint que nous avons vandalisé les équipements, il ne faut pas qu'elle oublie, et d'ailleurs elle le sait très bien, que les équipements brisaient avant la négociation, qu'ils brisaient pendant la négociation et qu'ils vont briser encore après la négociation. Si ce n'est pas le cas, alors pourquoi avoir des personnes qui s'occupent de l'entretien dans l'usine ? D'ailleurs la compagnie n'enquête même pas sur les incidents dont elle parle. C'est juste de la propagande. Dans une société où on n'hésite pas à juger les syndicats comme étant tous des fiers-à-bras, c'est facile pour eux de dire n'importe quoi.

Nous avons des soupçons sérieux à l'effet que Rio Tinto fait entrer des scabs dans l'usine. Moi-même j'en ai pris un en flagrant délit, un faux agent de sécurité qui faisait de la patrouille en motoneige. C'est certain qu'il y a plein de scabs dans cette usine-là. Nous avons fait des demandes au ministère du Travail pour qu'il envoie des inspecteurs à l'usine. Rio Tinto fait entrer des gens par hélicoptère. En plus, on voit des gens qui courent dans le bois avec des lampes de poche et d'autres qu'on fait entrer en motoneige. Si Rio Tinto n'a rien à cacher, alors pourquoi utiliser ces méthodes ?

LML : Quelle est la situation du point de vue appui de la population ?

MM : On se souvient que des présidents de la chambre de commerce sont sortis publiquement contre nous. Cela n'empêche pas qu'il y a plein de commerces qui viennent nous porter du café et des muffins, du bois de poêle, qui nous offrent des bons d'achat, viennent jaser avec nous et nous encouragent. Nous en sommes maintenant à 800 personnes sur notre page Facebook (1700 en date du 10 janvier -- ndlr) et nous en gagnons environ une centaine par jour. Il y a toutes sortes de monde qui nous appuie. Les gens reconnaissent que nos travailleurs ne demandent presque rien pour eux-mêmes. Ce que nous voulons c'est partager les bonnes conditions que nous avons. Il y a des retraités de Rio Tinto qui viennent nous encourager sur les lignes de piquetage. Nos travailleurs sont mobilisés comme jamais. Ils appuient leur syndicat et sont déterminés à avoir gain de cause. Nous faisons du piquetage 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine. En ce moment, nous sommes sous le coup d'une injonction interlocutoire provisoire valable jusqu'au 10 janvier qui nous dit de ne pas piqueter à moins de 500 pieds de la propriété et limite le nombre des piqueteurs à 20.

LML : Que veux-tu dire en conclusion ?

MM : Le dernier conflit de travail à l'usine remonte en 1979 et là aussi c'était un lockout. Ce n'est pas vrai qu'on est plus dur qu'ailleurs ici à Alma. Si ce qu'on nous propose a du bon sens on est capable de traiter de la chose et d'en arriver à une entente, mais on a affaire avec du monde intraitable. Un travailleur l'autre jour m'a demandé quand est-ce qu'ils vont en avoir assez ces gens-là comme Rio Tinto. Je lui ai répondu que le matin où tu vas devoir déposer 100 $ dans une boîte avant d'aller faire ton quart de travail, que tu vas payer pour travailler, ils vont te demander de déposer 120 $. Il n'y a pas de limites à leurs demandes. Les gens se rendent compte que le syndicat d'Alma se bat contre cette mutation de l'économie qui nous pousse tous vers le bas et c'est pourquoi nous invitons tout le monde à nous rallier.

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Les travailleurs de nuit chassés manu militari
par une firme de sécurité privée


Vers 0 h 45 le matin du samedi 31 décembre, un peu moins de 24 heures avant l'échéance de la convention collective, environ 150 agents de sécurité employés par Rio Tinto Alcan ont investi les lieux de l'usine et ont ensuite brutalement expulsé les travailleurs qui étaient sur leur quart horaire. Les agents de sécurité sont passés à l'action à peine 15 minutes après la fin des négociations en présence d'un médiateur du gouvernement, négociations qui devaient reprendre le lendemain.

«Ils ont sorti le monde en maudits sauvages, a dit le président du STAA Marc Maltais en entrevue avec Le Quotidien. Ils leur ont donné des sacs de poubelles dans lesquels étaient leurs vêtements et leur ont dit de partir sur-le-champ. C'est un lock-out déguisé.»

Les travailleurs ont dû quitter avec leurs vêtements contaminés, la peau contaminée. Tout cela sous une forte présence policière. Les travailleurs ont dénoncé cet assaut et ont immédiatement dressé des lignes de piquetage devant l'usine.

Après la compagnie a dit que les travailleurs seraient payés pour leur quart horaire, comme si de rien n'était. Autrement dit, inutile que le syndicat fasse un grief pour cette violation flagrante des droits de ses membres puisque les travailleurs ont été payés.

LML dénonce cette attaque menée sous la supervision de la police et des médias et d'autres qui ont ensuite cherché à donner l'impression que ce sont les travailleurs qui font le grabuge. La compagnie a même invoqué des bris d'équipements, qui sont pourtant chose courante, comme prétexte pour cette expulsion brutale.

Il est clair que la compagnie choisit d'agir avec impunité pour créer un nouveau « normal » à l'usine. Non seulement les travailleurs sont-ils forcés de se soumettre aux droits des gestionnaires sans restriction, mais elle use de violence de façon délibérée pour atteindre ses fins.

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Militante manifestation contre l'achat d'électricité
de Rio Tinto par le gouvernement sous prétexte
d'une «entente secrète»



Le mercredi 4 janvier, plus de 600 travailleurs sont allés manifester devant la Centrale hydro-électrique de l'Île Maligne et les bureaux d'Énergie électrique pour protester contre les échanges d'énergie entre Rio Tinto Alcan (RTA) et Hydro-Québec pendant le lockout. Énergie électrique est une division de Rio Tinto qui s'occupe des barrages et de la distribution de l'électricité. Les manifestants ont demandé que le gouvernement Charest intervienne pour interdire à Hydro-Québec d'acheter les surplus d'énergie que RTA a dégagés en amputant sa production d'aluminium du 2/3 pendant le lockout. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec ses six centrales, trois sur la rivière Péribonka et trois sur la rivière Saguenay, RTA dispose d'équipements qui peuvent produire en moyenne un peu plus de 2000 mégawatts annuellement, soit l'équivalent de 90 % de l'électricité nécessaire à sa production d'aluminium au Québec. Le réseau de RTA dispose de quatre interconnexions avec celui d'Hydro-Québec. Un accord entre les deux sociétés prévoit des échanges d'énergie selon les saisons et les besoins respectifs de chacun. Les travailleurs estiment qu'en amputant sa production d'aluminium de deux tiers, RTA rend disponible une quantité d'énergie de près de 500 MW. La responsable des relations publiques de RTA, Claudine Gagnon, a dit que les éventuels surplus seront entièrement acheminés au réseau d'Hydro-Québec.

Les travailleurs de Rio Tinto s'opposent fermement à ce transfert d'énergie à la faveur du lockout et le considèrent comme une mesure d'affaiblissement du rapport de force du syndicat face à Rio Tinto. Ils dénoncent la déclaration du porte-parole du ministre des Ressources naturelles qui a dit qu'il s'agit d'une entente privée entre Hydro-Québec et RTA et que de demander à Hydro-Québec de cesser d'acheter les surplus de RTA à cause du lockout serait de l' « ingérence » dans cette entente. De son côté, Hydro-Québec a déclaré via un de ses porte-paroles que l'entente contractuelle avec RTA sur les surplus d'électricité sera respectée et qu'elle doit demeurer confidentielle.

« Le gouvernement, en acceptant que RTA vende cette énergie-là au gros tarif à Hydro-Québec, est complice d'un conflit de travail qui risque de perdurer, a répliqué Marc Maltais, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA) en lockout. Le rapport de force traditionnel dans un conflit, c'est que l'employeur se prive de ressources et de revenus et les travailleurs se privent d'un salaire, ce qui aide les deux parties à faire leur deuil et à entendre raison à un moment donné. »

Plusieurs autres travailleurs et représentants syndicaux ont participé à la manifestation. Au nom du Syndicat des employés d'Énergie électrique Québec, son président Pierre Simard a lui aussi dénoncé les ventes d'énergie à Hydro-Québec pendant le conflit car cela permet à RTA de bénéficier économiquement du conflit de travail. Il s'est engagé à développer l'appui pour les travailleurs en lockout. Le président du syndicat des employés de métier d'Hydro-Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Yvan Tremblay, a rappelé le référendum régional de novembre 2005 à l'échelle de la région où 92,5 % des électeurs ont voté pour que les ressources naturelles soient gérées par la région et pour que l'énergie privée produite dans la région à des fins industrielles serve uniquement au développement industriel de la région. Le représentant des Travailleurs canadiens de l'automobile au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Denis Lepage, a dit que « si la compagnie pense que son lockout va passer comme du beurre sur une tranche de pain, elle se trompe royalement. Ce n'est pas vrai qu'ils vont passer sur le dos des gens d'Alma sans d'abord passer sur le dos de toute la région. » Le député néo-démocrate de Jonquière-Alma, Claude Patry, lui-même ancien président du Syndicat national des employés(es) de l'Aluminium d'Arvida, a dit qu'on pourrait se diriger vers une grosse crise et a lancé l'appel à tous d'appuyer les travailleurs de RTA.

Marc Maltais a exprimé au nom des travailleurs en lockout sa fierté devant le succès de la manifestation qui a dû se tenir loin de l'usine en vertu de l'injonction qui interdit toute manifestation ou piquetage à moins de 150 mètres de celle-ci.

« Nous respectons l'injonction, mais c'est essentiel de faire connaître notre opinion. Le droit de manifester reste présent et cela a été fait d'une manière pacifique. Nous avons eu plusieurs appuis importants et ils seront déterminants pour le combat que nous menons face à RTA. »

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