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Une étude gouvernementale prédit que la crise de l'industrie forestière va se poursuivre
Il est temps de donner une nouvelle direction à l'économie.
Le ministère québécois du Développement économique, de l'Innovation et de l'Emploi confirme dans une étude non publiée que 5 000 emplois du secteur forestier ont disparu au Saguenay-
Lac-Saint-Jean durant la dernière crise. L'étude prédit une nouvelle crise qui éliminera des centaines d'autres moyens de subsistance.
Le Quotidien rapporte que des représentants régionaux de différents secteurs de l'industrie (récolte, reboisement et sciage) se sont rencontrés dans les bureaux du ministère à Jonquière. Les chiffres de l'étude du ministère ont été présentés aux participants mais pas le document au complet. Aussi alarmants
soient-ils, ces chiffres ne tiennent pas compte de fermetures récentes comme celle de l'usine d'Abitibi Consolidated de la Baie.
Selon le quotidien de Saguenay, des rumeurs circuleraient à l'effet que les prix du bois sont en chute libre sur le marché américain et qu'il risque d'y avoir des annonces de fermeture pour les usines de sciage. En fait, il y a quelques semaines Arbec a cessé ses opérations à l'Ascension pour une période minimum
de trois semaines. Les travailleurs croient que la fermeture pourrait être pour une période indéterminée. Arbec aurait dit à des entrepreneurs du transport qu'elle aura besoin de leurs camions seulement en août et seulement si la situation s'améliore. Ce qu'il y a de particulièrement alarmant avec la fermeture de l'usine
de l'Ascension, c'est qu'elle est considérée comme une des plus performantes du Québec. On apprenait également que la coopérative Petit-Paris à la Baie cessera ses opérations forestières pour un minimum de deux semaines.
Ceux qui contrôlent l'industrie disent qu'une « solution » au problème immédiat des fermetures de scieries pourrait être la montrée du prix du bois sur le marché américain accompagnée d'autres réductions de coûts, ce qui dans le langage courrant signifie réduire les réclamations des vrais producteurs,
les travailleurs, à la valeur ajoutée.
Par ailleurs, on rapporte que la plupart des entreprises forestières ont avisé le gouvernement qu'elles n'allaient pas financer leur participation de 10 % aux travaux sylvicoles (le programme d'étude, culture et gestion des forêts québécoises qui emploie beaucoup de chercheurs et des centaines de travailleurs
saisonniers). Les travaux sylvicoles de 2011 devaient débuter en mai mais il semble maintenant que rien ne se fera tant que le gouvernement ne s'engagera pas à financer lui-même les opérations.
Le Quotidien rapporte que les participants à la cellule de crise de Jonquière ont dit que d'autres fermetures temporaires et permanentes étaient inévitables si le gouvernement n'agit pas immédiatement. Ils ont parlé d'une « intervention énergique de l'État » sans par contre préciser ce que
cela pourrait être. Mais si l'on doit se fier au passé, cela veut dire donner des fonds publics aux propriétaires des grandes entreprises et soutirer d'autres concessions aux vrais producteurs.
Le Quotidien décrit l'ampleur du problème comme suit : « Chaque fois qu'une entreprise expédie un camion de 45 pieds de bois de l'autre côté de la frontière américaine, il perd 14 000 $. Cette perte comprend une taxe de 17 % du 1000 pieds imposée dans le
cadre de l'entente Canada-États-Unis sur le bois d'oeuvre. »
Les signes d'une crise prolongée font planer une ombre sur le projet de loi 11
La réunion de Jonquière et les fragments d'information de l'étude du ministère viennent appuyer les inquiétudes des retraités d'AbitibiBowater concernant le projet de loi 11 présentement débattu à l'Assemblée nationale.
Avec ce projet de loi le gouvernement remet leur sécurité à la retraite entre les mains d'AbitibiBowater sans prévoir de mécanisme obligeant l'entreprise à respecter ses responsabilités. Une aggravation de la crise place toutes les entreprises forestières en risque de faillite et pour les monopoles comme AbitibiBowater,
c'est une raison de tourner le dos à leurs obligations morales et contractuelles envers les travailleurs actifs et retraités et à leurs communautés.
N'est-il pas temps de donner une nouvelle direction à l'économie ? Nous pouvons au moins y songer et nous rassembler pour discuter d'une alternative prosociale qui restreint le droit de monopole et accorde préséance au droit public.

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