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Un projet de loi antiouvrier au nom de «l'amélioration du
fonctionnement de l'industrie de la construction»
Le projet de loi 33, la Loi éliminant le placement
syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de
l'industrie de la construction, a été déposé le à
l'Assemblée nationale du Québec le 6 octobre dernier et le
principe du projet a été adopté le 2 novembre. Le projet de
loi contient des mesures antidémocratiques et antisyndicales
comme l'abolition du placement syndical et l'élimination de la
pratique établie du vote majoritaire pour la ratification des
conventions collectives et il accroît l'ingérence de l'État dans
les affaires des syndicats.
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
(FTQ) et le Conseil provincial du Québec des métiers de la
construction-International (CPQMCI), qui représentent la majorité
des travailleurs de la construction, ont exprimé leur opposition
à cette attaque contre leurs droits en fermant les chantiers
pendant deux jours. La ministre du Travail Lise Thériault a
immédiatement présenté une motion à l'Assemblée nationale qui
« condamne sévèrement les arrêts de travaux, le vandalisme
et l'intimidation sur les chantiers de construction au
Québec ». La motion a été adoptée à l'unanimité, ce qui
démontre l'appui de tous les partis à cette offensive
antiouvrière.
Cela fait longtemps que les monopoles cherchent à éliminer le
régime de la syndicalisation obligatoire dans la construction au
Québec. Les entreprises de la construction ont contesté ce régime
devant la Cour suprême du Canada en 2001 (R. c. Advance
Cutting & Coring Ltd., [2001] 3 R.C.S. 209,
2001 CSC 70). Elles avaient offert l'argument absurde que
les travailleurs devraient avoir le « droit » et la
« liberté de choisir » de faire face tout seuls ou
ensemble aux gros entrepreneurs et aux monopoles. La requête
avait échoué mais le projet n'a jamais été abandonné. Le projet
de loi 33 reprend les mêmes thèmes, y compris la
désinformation au sujet du « libre choix ».
Les entreprises de la construction ont applaudi le projet de
loi 33. Pierre Dion, directeur général de l'Association des
entrepreneurs en construction du Québec, a dit qu'il permettra
« aux employeurs de récupérer des droits de gérance qui
s'étaient effrités depuis de nombreuses années ». À l'heure
actuelle, il y a des milliards de dollars qui sont en jeu dans
des projets d'infrastructure et le « Plan Nord » fera
l'objet d'investissements de 80 milliards $ dans les
25 prochaines années. Les propriétaires du capital
s'attaquent à la capacité des travailleurs de s'organiser pour
défendre leurs salaires, leurs conditions de travail et leur
santé et sécurité afin d'imposer le pouvoir total du droit de
monopole aux dépens du bien public et des droits des
travailleurs.
Le projet de loi 33 change le processus de ratification
des conventions collectives dans le secteur. Dans le régime
actuel, la ratification requiert une majorité simple des votes de
tous les travailleurs de la construction pris ensemble et la
ratification par un ou plusieurs des syndicats qui ensemble
représentent plus de 50 % de tous les travailleurs du
secteur.[1] Le projet de loi 33 impose qu'au moins trois des
cinq syndicats de la construction devront dorénavant ratifier la
convention. Cela veut dire par exemple que même si deux syndicats
représentent à eux deux 50 % plus 1 de tous les
travailleurs de la construction, ils devront obtenir l'appui d'un
troisième syndicat pour que la convention soit ratifiée.
La FTQ a fait valoir que cela constitue une violation de la
règle de la majorité qui est en vigueur depuis des années dans le
secteur.
La FTQ et le CPQMCI disent que le secteur de la construction
fonctionne bien dans son ensemble et que le projet de loi
s'inspire d'un rapport biaisé qui était lui-même basé sur des
allégations non fondées plutôt que sur une étude en profondeur de
l'industrie.
La CSN de son côté appuie le projet de loi. Au sujet du
placement syndical, elle soutient que « la raison d'être
d'un syndicat est de défendre la justice et l'équité envers les
travailleurs, et d'améliorer leurs conditions de travail. Ainsi,
répondre aux besoins en main-d'oeuvre des entrepreneurs ne
saurait être considéré comme le coeur de la mission d'un syndicat
militant. » Selon la CSN cela est d'autant plus important
vue la pression faite sur les syndicats pour les transformer en
agences de placement. Elle soutient que le placement syndical nie
le droit des travailleurs de travailler dans leur région en tout
temps et sans discrimination.
Les travailleurs doivent rejeter cette tentative méprisable du
gouvernement Charest de masquer sa propre corruption et celle des
monopoles de la construction en suggérant que ce sont les
travailleurs et leurs syndicats qui sont corrompus. Il faut
exposer le but véritable du projet de loi. Il faut rejeter toute
considération étroite par laquelle on examinerait la loi en y
recherchant un avantage ou un désavantage pour tel ou tel
syndicat. Ce qui doit être mis en lumière, c'est comment ce
projet de loi affecte le droit des travailleurs de décider des
salaires et conditions de travail qui leur sont acceptables et de
bâtir leurs syndicats comme des organisations de défense
indépendantes du contrôle gouvernemental.
Placement syndicalLe projet de loi 33 élimine
le placement syndical et prévoit que tout placement de main-
d'oeuvre devra se faire par le biais du Service de référence de
main-d'oeuvre de l'industrie de la construction administré par la
Commission de la construction du Québec. Les travailleurs de la
construction doivent s'enregistrer à ce service s'ils veulent
travailler. Si les syndicats ou les associations d'employeurs
veulent référer des travailleurs, ils doivent le faire par le
biais du Service de référence après avoir obtenu un permis à cet
effet. Le projet de loi édicte de plus « que le fait
d'imposer ou de tenter d'imposer à un employeur l'embauche de
salariés déterminés ou un nombre déterminé de salariés est
interdit et constitue une infraction. ». Les employeurs
avisent la Commission de construction du Québec de leurs besoins
en main-d'oeuvre et celle-ci en retour déploie les travailleurs
sur les chantiers mais les employeurs sont libres de rejeter tout
travailleur qui leur est envoyé.
Dans l'histoire de la lutte des travailleurs pour leurs
droits, le placement syndical a été établi comme un mécanisme
permettant de combattre la discrimination et le favoritisme
pratiqués par les employeurs et permettant de réduire la
concurrence entre les travailleurs. Le placement syndical a en
particulier contribué à empêcher les employeurs de chasser des
chantiers les travailleurs plus âgés ou blessés à l'ouvrage. Il a
également contribué à protéger les travailleurs contre les listes
noires visant les organisateurs syndicaux et les travailleurs
connus pour leur défense de la politique indépendante de la
classe ouvrière. Même avant l'avènement du projet de loi 33, le
placement syndical a été grandement affaibli et les employeurs
ont joui de plus en plus de latitude pour engager qui ils
veulent. Selon la FTQ, 85 % du placement est fait
directement par les employeurs et 15 % seulement par le
placement syndical. Le projet de loi 33 est le coup de grâce
porté au placement syndical.
Cela nous ramène au temps où les entreprises pouvaient exercer
de la discrimination à leur gré.
Ces changements sont une invitation aux employeurs d'utiliser
la tactique communément utilisée en Alberta de briser les
syndicats par le biais de syndicats de compagnies ou patronnés
par les compagnies, comme l'Association chrétienne du travail du
Canada (CLAC).
C'est aux travailleurs à décider de leurs
affaires !Les syndicats de la construction au Québec
font déjà l'objet d'une ingérence inacceptable de l'État dans
leurs affaires. Ce projet de loin va encore plus loin. D'une
part, il reconduit toutes les clauses qui permettent à l'État de
faire des recherches au criminel sur tout représentant syndical
ou délégué de chantier et les empêche d'occuper ces postes même
dans les cas d'offense mineure. D'autre part, le projet de loi
prévoit maintenant l'obligation pour les syndicats et les
associations patronales d'envoyer leurs rapports financiers
vérifiés au ministère du Travail qui les publiera sur son site
web. Les entreprises auront ainsi accès à une information
détaillée sur l'état des fonds de grève des syndicats et à
d'autre information financière qu'ils utiliseront à leur
avantage. Cette clause fait écho au projet de loi privé qui a été
déposé au gouvernement fédéral par un député conservateur
d'arrière-banc.
Une autre clause du projet de loi semble avoir pour but
d'encourager le maraudage entre syndicats. Si la commission de la
construction endosse une plainte portée par un membre contre son
syndicat pour manquement à son devoir de représentation, elle
peut autoriser un travailleur à changer de syndicat. Dans les
conditions actuelles, les membres des syndicats de la
construction ne peuvent changer d'allégeance syndicale que
pendant la période ouverte prescrite par la loi.
Le projet de loi 33 fait partie de la tendance à l'oeuvre
partout au Canada vers la création de nouveaux arrangements où
les monopoles ont le droit légal de déployer les travailleurs là
où ils le veulent et à leurs conditions, et où toute résistance
de la part des travailleurs peut être déclarée illégale. C'est
une preuve de plus que l'ancien équilibre de paix industrielle
établi par le contrat social d'après-guerre n'est plus.
Pour les travailleurs du Québec, c'est une responsabilité
sociale que de résister et nous devons tous défendre le droit de
résister. C'est en s'unissant dans l'action pour défendre d'une
seule voix le droit inaliénable des travailleurs de s'organiser
en collectifs à la défense de leurs droits que nous forcerons le
gouvernement Charest à rendre des comptes pour son projet de loi
antiouvrier et antidémocratique. Le nécessaire renouveau des
syndicats pour qu'ils soient en mesure d'affronter ces assauts
nécessite la participation consciente des travailleurs à la
formulation de la stratégie et des tactiques pour des
arrangements qui servent leurs intérêts, plutôt que de soumettre
leurs organisations à encore plus de contrôle d'État.
Note1. Les travailleurs québécois de la
construction sont représentés par cing syndicats. La FTQ-
Construction en représente 44 %, le Conseil provincial du
Québec des métiers de la construction-International 26 %, la
Centrale des Syndicats démocratiques (CSD) 15 %, la CSN
11 % et le Syndicat québécois de la construction (SQC)
4 %.

Les besoins de main-d'oeuvre et le Plan Nord
Opposons-nous aux attaques contre les travailleurs de la
construction!
- Normand Fournier -
La ministre du Travail, Lise Thériault, a déposé en grande pompe le
6 octobre son projet de loi pour « éliminer le placement
syndical, mettre fin à l'intimidation sur les chantiers et améliorer le
fonctionnement de l'industrie de la construction ». Pourquoi,
actuellement, à ce moment précis, la ministre du Travail attaque-t-elle les
syndicats et leurs membres sur la question du placement ? Pourquoi
utiliser la question de l'intimidation alors qu'une certaine paix règne sur les
grands chantiers du Québec ? Il y a anguille sous roche.
Le placement syndical est brandi comme un épouvantail alors qu'il
signifie simplement que le syndicat a la charge ou le mandat de référer une
liste de travailleurs qui conviennent à la demande de l'employeur. Il est
aussi intéressant de noter que ce n'est que 15 à 20 % des
travailleurs (secteur industriel et commercial) qui sont placés par ce service
« référence ». Ce n'est pas pour rien que le gouvernement a
séparé il y a plus de 15 ans le secteur de la construction en
deux : d'un côté le domiciliaire et de l'autre le commercial et
l'industriel. Dans le domiciliaire, les salaires sont bas, près de 30 %
de moins que dans le secteur industriel.
Depuis le dépôt du projet de loi, une couverture médiatique bien ciblée
est menée pour attaquer les travailleurs de la construction, les discréditer et
les présenter comme les responsables des problèmes de l'industrie. Cette
attaque est menée en même temps que se tient la commission d'enquête sur
la construction et que le Plan Nord est promu tout azimut avec les voyages
de Jean Charest à travers le monde, la campagne publicitaire des compagnies
minières, les firmes comptables qui interviennent en sa faveur. La question
est que le Plan Nord sera une mine d'or dans la mesure où tous les obstacles
sont éliminés, dont les salaires et conditions de travail actuels de travailleurs
de la construction.
Les conditions économiques actuelles et les conditions de travail au
Québec sont un frein au développement du Plan Nord. On n'a qu'à penser à
la forte syndicalisation des travailleurs de la construction, les salaires
« élevés » protégés par les conventions collectives, les lois qui
encadrent et protègent d'une certaine manière les travailleurs. Pour des
entreprises qui opèrent dans des pays où les salaires sont bas et où les
travailleurs sont sans protection, payer 28-36 $ au Québec pour des
travailleurs même qualifiés, c'est impensable.
Un autre aspect à prendre en considération est le grand nombre de
« projets » qui doivent être faits presque en même
temps : les infrastructures de la ville de Montréal et des autres grandes
villes, la réfection des ponts et des routes du Québec, les projets d'hôpitaux
à Montréal, Sherbrooke et Québec. Tout cela fait appel à un grand besoin de
capitaux et de main d'oeuvre. Ce n'est pas seulement un manque de main
d'oeuvre que cela va créer, mais le gouvernement n'a pas les argents pour
payer ces travaux au tarif actuel. Voilà l'anguille sous la roche. La main
d'oeuvre, il va essayer de la trouver en Europe suite aux ententes signées
avec la France pour la reconnaissance de la formation, des diplômes pour la
mobilité de la main-d'oeuvre. Pendant ce temps, il y a tous les autres
besoins de la population, dont les sinistrés des inondations et les fermiers
qui s'en vont en faillite, qui restent en plan.
Il y a une politique plus large derrière ces actions anti-ouvrières contre
les travailleurs de la construction, leurs droits et leur dignité. Cette offensive
contre eux n'est que la pointe de l'iceberg et augure une offensive de plus
grande envergure qui prend plusieurs formes dans le but du gouvernement
Charest est d'avoir les mains libres. Cela s'inscrit dans un plan global des
libéraux de poursuivre la braderie des richesses du Québec et l'exploitation
de la classe ouvrière pour servir les monopoles. Cela ne doit pas
passer !

Le projet de loi 33
Un projet de loi antisyndical inspiré du modèle albertain
- André Vachon -
Un grand nombre de travailleurs de la construction ont traversé le
Canada pour travailler dans les sables bitumineux et autres projets en
Alberta et c'est un phénomène qui persiste. En fait, les travailleurs
québécois ont commencé à aller en Alberta dès les années 50 avec la
construction des premiers oléoducs. Les jours de "rotation", les aéroports
sont remplis de travailleurs du Québec qui retournent chez eux pour passer
quelques précieuses journées avec leurs familles. Ces travailleurs ont
accumulé une grande expérience à défendre leurs droits peu importe où ils
ont travaillé. En Alberta, ils ont l'expérience de comment le gouvernement a
travaillé main dans la main avec les monopoles pour mener des activités
antisyndicales débridées. Cette expérience leur sera utile puisque le projet de
loi 33 du gouvernement Charest fait partie des plans des monopoles
pour écraser les syndicats de la construction au Québec.
Il y a trente ans, 85 % des travailleurs de la construction en
Alberta étaient syndiqués. Aujourd'hui, ce nombre est de seulement
28 %. L'antisyndicalisme a d'abord pris la forme de changements aux
lois régissant les relations de travail, changements qui ont permis aux
compagnies de construction de mettre sur pied des entreprises non
syndiquées, se servant d'une société fictive différente pour chaque projet et
forçant les syndicats à organiser chacun des sites. À ceci s'est ajoutée une
nouvelle arme – le syndicat de boutique. Les monopoles de la construction
travaillent main dans la main avec le syndicat de l'employeur, l'Association
chrétienne du travail du Canada (ACTC). Les compagnies accordent à
l'ACTC une "reconnaissance volontaire" ou signent une entente alors qu'il
n'y a qu'une poignée de travailleurs sur le site. Lorsque les autres
travailleurs arrivent sur le site, l'entente avec l'ACTC est un fait accompli.
Ce phénomène a commencé à une petite échelle, mais en 2004 tout a
changé du tout au tout. Le gouvernement a accordé un statut de projet
spécial à la construction de Horizon , une immense usine liée aux sables
bitumineux. Par cette mesure, toutes les conventions collectives protégeant
chaque métier ont cessé de s'appliquer sur ce site. Le propriétaire de
Horizon, Canadian Natural Resources Ltd. (CNRL), a ensuite signé une
entente avec l'ACTC.
Les travailleurs de l'Alberta n'ont aucun droit légiféré d'être membres
d'un syndicat comme c'est le cas pour les travailleurs au Québec. Face à
cette situation, certains syndicats albertains ont tenté d'éviter le pire en
défendant ce qu'ils appelaient leur "part du marché". Mais l'expérience a
démontré que les employeurs se servaient de l'ACTC comme levier pour
exiger des concessions sous la menace que chaque refus d'accepter des
concessions mènerait à la perte de contrats. Tout le monde a été affecté par
la servilité de l'ACTC qui était prête à accepter toutes les concessions
exigées par les contracteurs. Aujourd'hui, alors que les travailleurs tentent de
se débarrasser de l'ACTC, les contracteurs font des pressions pour apporter
de plus grands changements au droit du travail dans le but de sauver leur
création. Par exemple, ils veulent un changement au droit du travail au cas
où les travailleurs réussissent à se débarrasser de l'ACTC pendant la période
ouverte. Ils veulent alors que l'entente négociée avec l'ACTC ne puisse être
changée pour toute la durée du projet.
Une chose est certaine concernant le projet de loi 33 et c’est que
le nouveau système de référence, et l’abolition du placement syndical, peut
ouvrir la porte aux syndicats de compagnie. Qu’est-ce qui va empêcher les
employeurs de donner la préférence aux travailleurs qui leur sont envoyés
par ces syndicats bidons ?
Un autre point qu'il vaut la peine de se rappeler est que le
gouvernement du Québec accuse depuis longtemps les travailleurs de la
construction de corruption comme ruse pour attaquer leurs droits. Dans les
années 70, les travailleurs qui défendaient les droits de tous ont été expulsés
des chantiers Olympiques et d'autres sites sous prétexte de pourchasser des
« éléments criminels », bien que les travailleurs visés n’aient
jamais été trouvés coupables d’un acte criminel. Tous doivent s’unir contre
les tentatives actuelles de criminaliser les travailleurs alors que ce sont les
entrepreneurs et le gouvernement qui sont dans la corruption jusqu’au
cou.
Il est important pour les travailleurs de discuter comment le projet de loi
33 ouvre la porte au même type de man uvre pour briser les
syndicats qu’en Alberta. Le projet de loi 33 vise clairement à enlever
aux travailleurs le droit de décider à quelles conditions et à quels salaires ils
veulent travailler et doit être rejeté sans hésitation.

Bulletin du 4 novembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
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