Numéro 5

Mai 2026

Sujets d'intérêt sur le plan international

Le monde entier s'unit contre les visées de contrôle et de domination impérialistes des États-Unis

Tous et toutes à la défense de Cuba!

Le décret présidentiel du 1er mai et les mesures de blocus annoncées aujourd'hui aggravent les souffrances de la population cubaine et renforcent la menace d'agression

– Ministère des Affaires étrangères de la République de Cuba, le 7 mai 2026 –

Tous à la défense de Cuba révolutionnaire! Ne touchez pas à Cuba!

– Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), 5 mai 2026 –

Défendons la souveraineté du Canada! Ottawa doit s'opposer à la guerre économique illégale de Washington contre Cuba!

– Réseau canadien pour Cuba, 7 mai 2026 –

États-Unis

Les travailleurs jouent un rôle essentiel dans les actions
antiguerre et prosociales

– Kathleen Chandler –

Des employés de Google dénoncent l'utilisation de l'intelligence artificielle par le département de la Guerre

Mexique

Non à l'intégration militaire aux États-Unis

– Pablo Moctezuma Barragan –

Philippines

Le Front démocratique national des Philippines appelle
à intensifier les actions pour vaincre la dictature de Marcos II soutenue par les États-Unis

Les Philippins manifestent pendant un mois contre les exercices militaires Balikatan 2026 dirigés par les États-Unis

Ukraine

De plus en plus de résistance à la conscription forcée

– Peggy Morton –

Les réactionnaires ukrainiens et les promoteurs des collaborateurs nazis tiennent leur congrès triennal à Toronto

– Peggy Morton –

Soutien du gouvernement canadien à la corruption en Ukraine

– Nick Lin –

Reportage photo du Premier Mai 2026

Les travailleurs du monde affirment les droits et s'opposent à l'agression et à la guerre impérialistes menées par les États-Unis



Tous et toutes à la défense de Cuba!

Le décret présidentiel du 1er mai et les mesures de blocus annoncées aujourd'hui aggravent les souffrances de la population cubaine et renforcent la menace d'agression

– Ministère des Affaires étrangères de la République de Cuba, le 7 mai 2026 –

Le ministère des Affaires étrangères de la République de Cuba rejette, dans les termes les plus énergiques, le décret présidentiel publié par la Maison-Blanche le 1er mai 2026, qui durcit, à des niveaux extrêmes et sans précédent, le blocus économique, financier et commercial contre Cuba.

De même, il condamne la décision du département du Trésor des États-Unis du 7 mai 2026 qui a ajouté les entités cubaines, Gaesa et MoaNickel S.A., à la liste des ressortissants spécialement désignés, cette mesure constituant la première mesure coercitive découlant du décret signé le 1er mai.

Il s'agit là d'un acte d'agression économique impitoyable, qui multiplie les effets extraterritoriaux du blocus, avec l'application potentielle de sanctions secondaires contre des entreprises, des banques et des entités étrangères, même si leurs activités aux États-Unis n'ont aucun lien avec Cuba. Cette mesure entravera encore davantage le fonctionnement de l'économie nationale qui subit déjà, depuis le 29 janvier 2026, les effets néfastes du blocus pétrolier imposé à cette date et qui a paralysé les exportations de carburants vers le pays.

En se posant en gendarme mondial et en violant ouvertement le droit international et les règles élémentaires du libre-échange des biens et des services, on s'attaque de manière explicite, cruelle et directe au pouvoir souverain de tous les États qui entretiennent ou souhaitent entretenir des relations économiques, commerciales et financières avec Cuba. Les plus hautes autorités américaines, en particulier le secrétaire d'État, tentent d'imposer à la communauté internationale, par le chantage et l'intimidation, de se soumettre et de se plier au blocus.

Aucun pays n'est à l'abri de cette menace d'étendre le génocide contre le peuple cubain, en tentant de forcer l'isolement de Cuba de la scène économique et financière internationale.

Nous avertissons que cette agression contre l'économie et le peuple cubains n'aura l'effet destructeur escompté que si les nations souveraines et indépendantes se laissent intimider et menacer par le gouvernement des États-Unis. Nous savons que le monde n'acceptera jamais docilement des normes illégales, ne renoncera pas à l'égalité souveraine, ni ne laissera sans protection ses citoyens, ses entrepreneurs, ses entreprises et ses entités financières. La communauté internationale s'oppose et condamne, depuis toujours, le génocide commis contre le peuple cubain par le gouvernement des États-Unis et qui dure depuis près de sept décennies.

Nous dénonçons le caractère criminel de ces mesures d'agression visant à réduire toute la population cubaine à la famine et au désespoir et à provoquer une catastrophe sociale, économique et politique à l'échelle nationale. Nous rejetons en outre l'intention du gouvernement des États-Unis de créer un scénario de crise humanitaire afin de justifier des actions plus dangereuses, y compris une agression militaire contre Cuba.

Dans toutes les instances internationales, Cuba continuera de dénoncer le blocus. De même, nous exhortons la communauté internationale à faire face à cette offensive qui constitue une dangereuse escalade dans la volonté des États-Unis d'exercer leur domination et de contrôler le destin de Cuba, ce qui porte atteinte à l'indépendance et à la souveraineté de tous les États.

La Havane, le 7 mai 2026



Le général d'armée Raul Castro Ruz, leader de la Révolution cubaine, a présidé le grand rassemblement du Premier Mai à la Tribune anti-impérialiste José Marti, auquel ont assisté plus d'un demi-million de résidents de La Havane, représentant l'ensemble de l'île. À cette occasion, deux registres contenant les signatures de Cubains en appui à la Patrie ainsi qu'une plaque indiquant le nombre total de signataires lui ont été remis de manière symbolique : 6 230 973.
(Photos: Granma)

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Tous à la défense de Cuba révolutionnaire!
Ne touchez pas à Cuba!

– Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), 5 mai 2026 –


Piquetage en appui à Cuba contre les menaces impérialistes étasuniennes, Ottawa, le 1er mai 2026

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) condamne avec véhémence les nouvelles sanctions ordonnées par le président des États-Unis contre Cuba le 1er mai. Donald Trump a promulgué ces nouvelles sanctions par décret, en recourant aux pouvoirs d'urgence du président. Le décret impose de nouvelles sanctions aux entités, personnes ou affiliés qui soutiennent Cuba, déclarant que « le président fait face aux menaces à la sécurité nationale posées par une Cuba communiste ». Cette justification irrationnelle inclut le fait que Cuba « s'aligne sur des pays et des acteurs malveillants hostiles aux États-Unis ». Elle reprend de nombreux mensonges impérialistes étasuniens selon lesquels Cuba faciliterait les opérations militaires et de renseignement de pays « hostiles »; selon lesquels « Cuba entretient des liens étroits avec d'autres grands États soutenant le terrorisme, notamment le gouvernement iranien, et offre un refuge à des groupes terroristes transnationaux, dont le Hezbollah ». Elle affirme que « Cuba fournit un environnement permissif pour des opérations hostiles de renseignement étranger, militaires et terroristes à moins de 100 milles du territoire américain ». Ce dernier point fait allusion aux allégations non fondées et maintes fois démenties tant par Cuba que par la Chine que la Chine utiliserait le territoire cubain pour espionner les États-Unis.

De plus, les États-Unis, pays qui opère un centre de détention et de torture à Guantanamo, justifient leur régime de sanctions illégales avec l'accusation absurde que Cuba persécute et torture ses opposants politiques, opprime son peuple et propage activement l'idéologie communiste dans la région. En janvier 2025, les États-Unis avaient détenu au moins 780 personnes originaires de 48 pays dans leur prison et camp de torture de Guantanamo, sans inculpation ni procès. Au moins neuf détenus sont morts en détention, en dehors du champ d'application des lois des États-Unis et hors de portée des médias ou de toute forme d'état de droit.

Pour essayer de détourner l'attention de l'échec des États-Unis à prendre le contrôle de l'Iran et à s'imposer dans le détroit d'Ormuz, le président étasunien a également menacé une nouvelle fois de mener une action militaire contre Cuba. Donald Trump affirme que le porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus grand au monde, qui rentre de sa mission dans le golfe Persique la queue entre les jambes, ayant échoué à imposer un blocus naval à l'Iran, pourrait être redéployé pour « prendre le contrôle [de Cuba] presque immédiatement ». Sa déclaration absurde se lit comme suit : « Maintenant, Cuba a des problèmes [...] sur le chemin du retour d'Iran, nous enverrons l'un de nos gros porte-avions, peut-être l'USS Abraham Lincoln [sic] – le plus grand du monde – qui viendra là-bas. Il s'arrêtera à environ 100 mètres au large, et ils diront : 'Merci beaucoup. Nous nous rendons.' »

C'est une déclaration typique de Trump, aussi absurde qu'insignifiante. La réponse à sa menace a été donnée il y a plus d'un siècle, en 1885, lorsque Antonio Maceo, le « Titan de bronze » et héros des guerres d'indépendance cubaines, a déclaré : « Quiconque tentera de s'emparer du pouvoir à Cuba recueillera la poussière de son sol baigné de sang, s'il ne périt pas dans la bataille. » Cela a été réitéré maintes et maintes fois jusqu'à aujourd'hui. Dans une entrevue accordée récemment à NBC News, le président de Cuba Miguel Diaz-Canel a réaffirmé qu'il ne démissionnerait pas (comme l'exige le secrétaire d'État étasunien Marco Rubio). Face aux menaces constantes des États-Unis de « prendre le contrôle » de Cuba et de forcer la démission du président, Diaz-Canel a déclaré : « Je n'ai pas peur, je suis prêt à donner ma vie pour la Révolution. » Il a également déclaré que son gouvernement était capable de résister à la pression exercée par la coupure des approvisionnements en pétrole et de défendre Cuba contre une attaque militaire des États-Unis. Il a réaffirmé que Cuba souhaitait un dialogue avec les États-Unis, la paix et un accord pour « sortir de la confrontation ».

En ce qui concerne la référence de Trump à l'USS Abraham Lincoln, on sait que le porte-avions a dû être retiré du blocus naval de l'Iran en raison de défaillances de ses systèmes opérationnels. Néanmoins, le PCC(M-L) appelle les Canadiens et les Québécois à prendre au sérieux la menace d'agression militaire des États-Unis contre Cuba. Outre les agissements illégaux de l'administration des États-Unis, Marco Rubio est animé par un esprit de vengeance sauvage et veut faire payer à Cuba son refus de se soumettre au diktat étasunien. Les États-Unis continuent d'intensifier leur blocus hostile et leur régime de sanctions illégales contre Cuba sous le prétexte le plus absurde et sans fondement que le système socialiste cubain constitue une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. Il est donc important de rallier les Canadiens et les Québécois derrière la revendication que le gouvernement du Canada ne se plie en aucune manière aux sanctions, ou qu'il ne répète pas les justifications inventées de toutes pièces par les États-Unis pour légitimer les sanctions et l'agression contre Cuba.

Défendons Cuba révolutionnaire !

Ne touchez pas à Cuba ! Levez le blocus !

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Défendons la souveraineté du Canada!
Ottawa doit s'opposer à la guerre économique illégale de Washington contre Cuba!

– Réseau canadien pour Cuba, 7 mai 2026 –


Edmonton, 19 avril 2016

Déclaration du Réseau canadien pour Cuba à la suite de la suspension des activités de Sherritt International à Cuba.

Le gouvernement du Canada doit prendre des mesures immédiates et décisives pour défendre la souveraineté canadienne, le droit international et le droit des entreprises canadiennes de mener des activités commerciales légales à l'abri de toute coercition et intimidation étrangères.

Avec la récente escalade de la guerre économique que les États-Unis mènent depuis des décennies contre Cuba, signalée par le décret présidentiel du 1er mai, l'administration Trump tente à nouveau d'étendre illégalement le droit interne des États-Unis au-delà de leurs frontières et d'imposer le régime de sanctions unilatérales de Washington au monde entier. L'assaut n'est pas seulement dirigé contre Cuba, il est aussi une atteinte directe à la souveraineté du Canada, au droit commercial international et au principe qu'aucun État n'a le droit de dicter les relations économiques entre les nations. Les conséquences sont déjà évidentes.

À la suite de ce décret, la société canadienne Sherritt International Corporation – l'un des principaux investisseurs canadiens à Cuba et un acteur clé du secteur des minéraux critiques au Canada – a annoncé la suspension de sa participation directe aux activités de coentreprise à Cuba et le rapatriement de son personnel, et a averti que les pressions financières et opérationnelles découlant des sanctions étasuniennes pourraient paralyser ses activités. La démission de membres du conseil d'administration et l'incertitude à laquelle la société est désormais confrontée soulignent l'effet dissuasif de la campagne d'intimidation économique menée par Washington. Il s'agit là d'un acte de coercition économique très grave.

Depuis maintenant trois décennies, l'Assemblée générale des Nations unies condamne chaque année, à l'écrasante majorité, le blocus étasunien contre Cuba. Le blocus et son application extraterritoriale sont une violation de la Charte des Nations unies, du droit international, de la liberté de navigation et de commerce, ainsi que du principe de l'égalité souveraine des États. Pourtant, Washington continue de resserrer ce siège économique et cherche maintenant à punir des entreprises canadiennes, des travailleurs canadiens et des intérêts économiques canadiens.

L'escalade actuelle trouve son origine dans la tristement célèbre Loi Helms-Burton de 1996, une loi conçue explicitement pour internationaliser le blocus en menaçant les sociétés et les gouvernements de tiers pays qui entretiennent des relations commerciales légales avec Cuba. À l'époque, le Canada avait reconnu le grave danger que représentait cette intrusion sans précédent de la compétence extraterritoriale et avait modifié la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères spécifiquement pour contrer la Loi Helms-Burton et protéger la souveraineté du Canada.

La question qui se pose aujourd'hui est simple et incontournable : Ottawa va-t-il enfin appliquer la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères ?

Le Canada ne peut continuer de proclamer son opposition au blocus aux Nations unies tout en capitulant devant les diktats illégaux de Washington en pratique. L'objectif de la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères n'était pas symbolique. Elle a été promulguée pour protéger les entreprises et les citoyens canadiens précisément contre ce type d'ingérence des États-Unis.

Si le gouvernement canadien n'agit pas maintenant, la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères ne sera guère plus qu'une coquille vide, et le Canada concédera de fait que les lois des États-Unis ont préséance sur les lois du Canada en sol canadien.

Ottawa doit donc :

- dénoncer publiquement le décret de l'administration Trump comme une mesure extraterritoriale illégale qui viole le droit international et la souveraineté du Canada;

- invoquer et appliquer immédiatement la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères afin de protéger les entreprises canadiennes opérant légalement à Cuba;

- fournir des protections juridiques, diplomatiques et financières aux entreprises canadiennes visées par les sanctions étasuniennes;

- coordonner les efforts avec le Mexique, l'Union européenne, les pays de la CARICOM et d'autres États opposés au blocus pour résister aux mesures coercitives illégales de Washington; et

- réaffirmer l'opposition de longue date du Canada au blocus étasunien et exiger sa levée complète et inconditionnelle.

Cette affaire ne concerne pas seulement Cuba. Si le Canada accepte que Washington puisse punir des entreprises canadiennes pour avoir engagé des échanges commerciaux légitimes avec un pays tiers, alors le Canada cesse d'exercer une souveraineté économique réelle. Aujourd'hui, c'est Cuba. Demain, ce pourrait être n'importe quel pays ou secteur qui entrerait en conflit avec les objectifs géopolitiques des États-Unis.

L'attaque contre Sherritt est particulièrement révélatrice. Sherritt exploite des capacités de raffinage de nickel et de cobalt d'importance stratégique en Alberta – des minéraux essentiels à la transition énergétique mondiale et aux chaînes d'approvisionnement industrielles nord-américaines. L'ironie est stupéfiante : alors que Washington ne cesse de parler de garantir l'indépendance en matière de minéraux critiques, ses politiques sapent activement l'une des principales opérations de raffinage d'Amérique du Nord en raison de ses relations avec Cuba.

Cela démontre une fois de plus que le blocus étasunien n'est pas motivé par les « droits humains » ou la « démocratie » et qu'il s'agit en réalité d'une longue campagne de guerre économique, de sabotage et de déstabilisation visant à étrangler Cuba, sans égard aux dommages collatéraux à l'échelle internationale.

Le Canada doit décider s'il défendra sa souveraineté et respectera le droit international, ou s'il se soumettra aux diktats extraterritoriaux d'une puissance étrangère; s'il contestera le pouvoir de l'empire ou s'il s'y laissera absorber.

Le silence et l'inaction ne sont pas de la neutralité, ils équivalent à l'acceptation.

Comité exécutif,
Réseau canadien pour Cuba

Samantha Hislop
Coprésidente, Réseau canadien pour Cuba


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États-Unis

Les travailleurs jouent un rôle essentiel dans les actions antiguerre et prosociales

– Kathleen Chandler –


New York, 1er mai 2026

En plus des nombreuses manifestations organisées aux États-Unis le Premier Mai sur le thème « Pas de travail, pas d'école, pas d'achats », dans des centaines de villes partout dans le pays il y a eu des actions appelant à l'abolition du Service de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE) et à la fermeture de tous les centres de détention, avec les travailleurs en première ligne. Des manifestations ont eu lieu devant les centres de détention ainsi que dans les magasins Home Depot, où les travailleurs journaliers se rassemblent souvent pour trouver du travail et où l'ICE les prend pour cible avec l'aide de Home Depot. Un soutien a également été apporté aux centaines de grévistes de la faim du camp de détention de Baldwin, dans le Michigan, propriété privée de GEO Group et l'un des plus grands de la région avec 1800 lits. Les personnes détenues protestent contre les conditions dangereuses et pourries, le manque de soins médicaux, l'impossibilité pour les avocats et les familles de leur rendre visite, et leur détention injuste.

Le gouvernement fédéral ne se contente pas d'utiliser l'ICE et la police des frontières pour mener des attaques brutales et ouvertement racistes contre les travailleurs, leurs familles et leurs communautés, il met également en place des mesures pour augmenter le nombre de camps de détention : il rachète de vieux entrepôts et prévoit d'utiliser des sites militaires. Les autorités locales et des États prennent position contre l'ICE, en partie en réponse à l'indignation exprimée par la population par des actions de toutes sortes, et dans le cadre de l'affirmation de leur autorité face à celle du gouvernement fédéral.

Cela inclut la Conférence des maires, qui réunit tous les maires du pays. Ils ont adopté deux résolutions d'urgence lors de leur récente réunion, condamnant l'ICE et exigeant que ses agents n'utilisent pas de masques, qu'il mette fin aux interpellations, interrogatoires et fouilles fondés uniquement sur la présence d'une personne dans certains lieux, son travail, sa langue parlée et son accent ou sa race et son appartenance ethnique, qu'il interdise les descentes des services d'immigration dans les écoles, les hôpitaux, les lieux de culte, les tribunaux, les lieux de vote le jour des élections et autres lieux similaires, et qu'il exige qu'il obtienne et présente toujours un mandat judiciaire avant de pénétrer dans des installations publiques ou des propriétés privées pour y poursuivre des personnes.

Les conflits croissants entre les autorités fédérales et celles des États se manifestent également par les efforts menés au Minnesota pour inculper des agents de l'ICE ainsi que leurs principaux dirigeants pour divers crimes, notamment meurtre et enlèvement. Le gouvernement fédéral bloque l'accès aux preuves et affirme qu'il est le seul à pouvoir poursuivre les agents fédéraux, mais les responsables de l'État persistent.


Minneapolis, Minnesota, 30 janvier 2026

Il est significatif que l'exécutif continue de détruire ouvertement les arrangements existants et tout état de droit, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, notamment en allant régulièrement à l'encontre des décisions de justice concernant l'ICE et en construisant ces centres de détention. Le danger d'une guerre civile demeure. Il y a aussi une conscience croissante que la demande généralisée « Pas en notre nom ! Pas dans notre communauté ! » doit être et est mise en oeuvre par les gens eux-mêmes, en s'organisant pour abolir l'ICE et en renforçant leurs actions indépendantes.

De plus, le 15 avril, jour de l'échéance fiscale aux États-Unis où les impôts sur le revenu devaient être payés, des centaines d'actions ont été organisées sous les slogans : « Pas d'impôts pour la guerre ! Abolissons l'ICE et finançons nos droits ! » Il y a eu une large prise de position contre la guerre contre l'Iran, considérée comme criminelle, et un rejet des demandes du président des États-Unis Donald Trump pour obtenir 200 milliards de dollars supplémentaires pour financer la guerre. La première semaine de guerre a coûté à elle seule plus de 11 milliards de dollars et les coûts quotidiens avoisinent le milliard de dollars.

Les États-Unis ont une longue tradition qui se reflète dans le slogan « Pas d'impôts sans représentation ». La situation actuelle, dans laquelle le Congrès refuse d'utiliser son autorité pour mettre fin aux guerres et à leur financement, montre une fois de plus que le Congrès et le président ne représentent en aucun cas le peuple et qu'il ne faut pas compter sur ces institutions obsolètes et défaillantes, y compris les prochaines élections de novembre.

Alors que des efforts sont déjà déployés pour détourner les gens vers les campagnes électorales, ces nombreuses manifestations et réunions, la réponse rapide et l'organisation de l'aide mutuelle, montrent que le peuples persiste dans ses propres efforts indépendants et que les travailleurs jouent un rôle essentiel. Les infirmières, les enseignants, les travailleurs du secteur public, les ouvriers agricoles, les travailleurs journaliers, les ouvriers du bâtiment et leurs syndicats font tous partie de ces efforts croissants pour bloquer les efforts de l'exécutif, au service des oligarques, pour submerger et vaincre la résistance. Ils s'organisent pour garder l'initiative entre leurs mains et pour renforcer et élargir leur organisation, notamment en poursuivant les manifestations hebdomadaires dans diverses villes contre la guerre et pour les droits.


Philadelphie, Pennsylvanie, 1er mai 2026

Une autre partie de la résistance est celle des soldats. Depuis le début de la guerre contre l'Iran, avec ses bombardements d'enfants et d'écoles, il y a eu une augmentation importante des démarches visant à obtenir le statut d'objecteur de conscience, ce qui retire immédiatement la personne des opérations de combat. Les organisations qui aident les soldats à obtenir ce statut ont reçu un très grand nombre d'appels et de demandes. La plupart d'entre eux disent qu'ils ne veulent pas bombarder ni terroriser des enfants et des écoles. La conscience qu'il s'agit de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, et que la guerre elle-même est une agression et un acte criminel, progresse chez les soldats comme dans les rangs des hauts gradés.

Dans le cadre de la préparation à de futures invasions terrestres, jusqu'ici évitées par Donald Trump, le projet de loi de financement du Pentagone qui a été adopté signifie que tous les hommes de 18 ans seront automatiquement enregistrés auprès de l'armée et que l'armée obtiendra des données auprès de la sécurité sociale, des écoles, etc., afin de créer une base de données nationale. Jusqu'à présent, ce système était volontaire.

De plus, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth continue de congédier des généraux de haut rang, le plus récent étant le chef d'état-major de l'armée, le général Randy George, et deux autres hauts dirigeants militaires. Le général Randy George est un militaire de longue date qui a participé à de nombreuses missions de combat en Irak et en Afghanistan.

Étant donné que le pouvoir exécutif ne peut plus utiliser la guerre pour unir la bureaucratie militaire, comme cela s'est produit par le passé, il est désormais en train de créer sa propre force de fidèles et de personnes prêtes à commettre les crimes exigés, que ce soit contre l'Iran, à Gaza, dans les Caraïbes ou partout où l'exécutif l'ordonne. À ce stade, tous les plus hauts généraux et amiraux du Comité des chefs d'état-major interarmées, qui sont les plus expérimentés et les mieux informés en matière de normes militaires et de droit de la guerre, notamment en ce qui concerne la protection des civils, ont été écartés, à l'exception du chef du Corps des Marines.

Le pouvoir exécutif semble penser que la mise en place de fidèles résoudra tout problème de résistance au sein de l'armée. Cependant, les forces armées ne prêtent pas allégeance au président, mais à la Constitution, et à sa protection contre les ennemis, étrangers et intérieurs. Ces mesures causent des difficultés dans les rangs de l'armée et parmi les soldats, en ce sens qu'ils n'ont aucune confiance dans l'intégrité et les capacités des personnes placées aux commandes.

Pete Hegseth et Donald Trump semblent toujours penser que l'élimination des hauts responsables militaires résoudra leurs problèmes, mais ils ne prennent pas en compte le fait que les jeunes visés pour devenir soldats trouvent de plus en plus de moyens de résister, notamment en demandant le statut d'objecteur de conscience, ou en refusant tout simplement de s'engager. Les positions antiguerre et prosociales du peuple sont fermes et de plus en plus fortes, comme l'ont montré les actions du Premier Mai.

Les efforts de Donald Trump pour se présenter comme un artisan de la paix et un négociateur hors pair ont également échoué. Il se vante de négocier depuis une position de force et affirme que ses menaces de « réduire l'Iran en cendres » lui donnent un tel avantage. Parallèlement, une plaisanterie actuellement relayée par les médias monopolisés et au sein de ce que l'on appelle sa « base » sur les réseaux sociaux circule : « encore un mardi TACO », où TACO signifie « Trump Always Chickens Out » (Trump se dégonfle toujours). L'opinion selon laquelle l'Iran a le dessus et, comme on le dit couramment ici, « n'a fait que commencer à se battre », est largement répandue.


Dallas, Texas, 1er mai 2026
(Photos: @liunaeastern, fibonnacciblue.bsky.social, AFL-CIO, AFSCME)

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Des employés de Google dénoncent
l'utilisation de l'intelligence artificielle par le département de la Guerre

Dans une lettre ouverte, des employés de Google travaillant sur des projets d'intelligence artificielle (IA) ont fait part de leurs inquiétudes concernant les discussions en cours entre l'entreprise et le département de la Guerre des États-Unis, arguant que cette technologie n'est pas adaptée aux « tâches classifiées ». La lettre exhorte le PDG Sundar Pichai à ne pas autoriser l'utilisation des outils d'IA de l'entreprise par le département de la Guerre dans des contextes classifiés. « Nous estimons que votre proximité avec ces technologies nous confère la responsabilité de prévenir leurs usages les plus dangereux et contraires à l'éthique », peut-on lire dans la lettre. « C'est pourquoi nous vous demandons de refuser de mettre nos systèmes d'IA à la disposition des tâches classifiées. »

Les employés disent vouloir que l'IA profite à l'humanité et ne soit pas utilisée de « manière inhumaine ou extrêmement préjudiciable ». En tant que personnes travaillant directement avec l'IA, ils soulignent que ces systèmes « commettent bel et bien des erreurs ».

Selon certaines informations, « le département de la Guerre cherche à préserver toute sa flexibilité en matière de défense et à ne pas se laisser limiter par les mises en garde des créateurs de cette technologie contre l'utilisation d'une IA peu fiable pour alimenter des armes. L'accord de Google l'oblige à aider à ajuster les paramètres de sécurité et les filtres de l'IA de l'entreprise à la demande du gouvernement. »

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Mexique

Non à l'intégration militaire aux États-Unis

– Pablo Moctezuma Barragan –

De par sa Constitution, le Mexique doit s'opposer aux interventions. Aujourd'hui, nous voyons les États-Unis attaquer l'Iran, assassiner son dirigeant l'ayatollah Khamenei et des membres de sa famille, soutenir le génocide sioniste en Palestine et au Liban, attaquer le Venezuela, enlever le président Maduro et la députée Cilia, bombarder des navires dans les Caraïbes et imposer un blocus énergétique à Cuba, mettant en oeuvre une politique génocidaire. Ils répriment brutalement les migrants sur leur propre territoire ainsi que ceux qui les soutiennent, en recourant à une cruauté extrême, allant jusqu'au meurtre. Notre pays est tenu de se distancer clairement de ces crimes commis par notre voisin du Nord.

L'article 89, section X, de la Constitution politique des États-Unis mexicains impose le respect de « l'autodétermination des peuples, la non-intervention, le règlement pacifique des différends, l'interdiction de la menace ou de l'usage de la force dans les relations internationales, l'égalité juridique des États, la coopération internationale pour le développement, le respect, la protection et la promotion des droits de l'homme ainsi que la lutte pour la paix et la sécurité internationales ».

Le Mexique est un pays qui s'est distingué par sa solidarité avec les autres peuples et qui a condamné les fascistes : Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet et le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Historiquement, le Mexique a élevé la voix pour défendre les peuples. Telle est notre tradition, notamment en 1961, lorsque notre pays a refusé de rompre ses relations avec Cuba, comme l'avaient exigé les États-Unis.

En 1941 et 1942, pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que nous étions alliés des États-Unis, l'armée étasunienne a tenté d'entrer sur le territoire mexicain sous prétexte de sécurité et d'aide. En réponse, le général Lazaro Cardenas, alors secrétaire à la Défense nationale, a bloqué physiquement l'entrée des troupes étasuniennes dans notre pays. Celles-ci voulaient entrer à Bahia Magdalena et à Santa Rosalía, en Basse-Californie, mais Cardenas a mobilisé la population et s'y est opposé courageusement. De plus, il a refusé l'aide technique des États-Unis pour la construction d'aérodromes, affirmant que le Mexique pouvait le faire lui-même. Il était pleinement conscient du danger que représentait la présence de forces armées étasuniennes sur notre territoire.

Mais des décennies plus tard, un revirement s'est produit avec le néolibéralisme et le néocolonialisme, mis en oeuvre par Carlos Salinas de Gortari, qui a amorcé « l'intégration » à l'Amérique du Nord. D'abord l'intégration économique, avec l'Accord de libre-échange; puis l'intégration politique, en introduisant « l'alternance » et le modèle bipartite typiquement étasunien, où démocrates et républicains se relaient au pouvoir.

Par la suite, la coalition PRI-PAN a entamé l'intégration militaire du Mexique aux États-Unis. Le 23 mars 2003, à Waco, au Texas, les dirigeants du Mexique, des États-Unis et du Canada – Fox, Bush et Martin – ont signé le Partenariat pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord (PSP). Ils ont fusionné les forces de sécurité des trois pays et ont commencé à mettre nos forces armées à la disposition du Commandement Nord des États-Unis. Selon son document fondateur, celui-ci cherche à placer les forces armées, incluant celles situées en Alaska, en passant par le sud du Chiapas – y compris celles à Porto Rico et aux Bahamas – sous le contrôle du Pentagone.

Cette intégration/subordination s'est consolidée sous Felipe Calderon, qui, pour la première fois, a intégré le Mexique à des exercices militaires à Mayport, en Floride, en 2009. L'empire étasunien avait lancé ses exercices militaires UNITAS le 28 août 1960, visant à contenir la révolution cubaine et le mécontentement populaire en Amérique latine et dans les Caraïbes. Depuis, la marine étasunienne a mené des exercices en Amérique latine avec le soutien de pays comme le Brésil, l'Argentine, le Chili et d'autres, qui ont connu de longues périodes de dictature. Le Mexique n'y avait jamais participé jusqu'à ce qu'Obama demande à Calderon d'y inclure la marine mexicaine. Le président illégitime accepta, violant la Constitution du Mexique, qui stipule que les forces armées mexicaines ne peuvent participer à des manoeuvres dirigées par des forces militaires étrangères.

En outre, ils ont établi le Bureau binational au 256 avenue Reforma, où toutes les agences de renseignement militaire étasuniennes – DIA, NSA, NRO, CIA, DEA, ATF, ICE, entre autres – ont commencé à opérer ouvertement, avec leurs agents armés circulant sur notre territoire. Ils ont également autorisé le survol de drones dans notre espace aérien.

Durant le mandat d'Enrique Peña Nieto, la coopération militaire s'est intensifiée à travers des formations, des exercices conjoints et des vols militaires étasuniens au-dessus du territoire mexicain, en plus d'activités de conseil et de formation. Une présence militaire étasunienne a été signalée dans l'État de Mexico, en Basse-Californie du Sud, Sonora, Chihuahua, Tamaulipas, Nuevo Leon, Sinaloa et Jalisco. Environ 1200 vols militaires étasuniens ont été enregistrés au Mexique durant cette période, sous prétexte d'activités de renseignement et de formation.

Le Mexique a continué de participer aux manoeuvres UNITAS sous Peña Nieto et a rejoint les exercices organisés et financés par le Commandement Sud des États-Unis, connus sous le nom de « Tradewinds », axés sur la « sécurité des Caraïbes ». Ces exercices sont financés par le Commandement Sud. Et quel est leur objectif ? La générale Laura Richardson, commandante du Commandement Sud, a déclaré dans des discours et des entrevues que l'Amérique latine et les Caraïbes sont stratégiquement importantes pour les États-Unis en raison de leurs ressources naturelles : pétrole, gaz, or, minéraux critiques, 31 % de l'eau douce mondiale, 30 % des terres agricoles et plus de 50 % du soja mondial. De plus, 60 % du lithium mondial se trouve dans le triangle Bolivie-Argentine-Chili. Ainsi, Richardson décrit la région comme stratégique et essentielle pour la sécurité nationale et l'économie des États-Unis.

Par ailleurs, la commandante a décrit la Russie, la Chine et l'Iran comme une menace directe pour les démocraties de la région. Dans une entrevue avec l'Atlantic Council, elle a affirmé qu'ils représentent des menaces stratégiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes, qu'ils sont des adversaires, qu'ils menacent la stabilité dans la région et qu'ils bénéficient du soutien du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua, dont les alliances militaires ont exacerbé l'instabilité. Malheureusement, des années plus tard, le gouvernement mexicain a autorisé la participation aux exercices militaires « Tradewinds 2022 » du Commandement Sud des États-Unis, non seulement à l'étranger, mais aussi sur le territoire mexicain !

En octobre 2021, Richardson a souligné le rôle « protecteur » que son pays jouera dans la région. Selon elle, ils sont de « bons voisins » et tous doivent « veiller les uns sur les autres ». Cela « oblige » les États-Unis à prendre en charge la lutte contre leurs adversaires. Ils utilisent le prétexte de fournir une assistance pour intervenir et contrôler. Depuis lors, nous nous demandons : que fait le Mexique dans des exercices avec le Commandement Sud ?

D'ailleurs, le 24 mars 2022, le chef du Commandement Nord des États-Unis, Glen VanHerck, a déclaré lors d'une audition devant un comité du Sénat étasunien qu'il était préoccupé par la menace posée par les activités déstabilisatrices de la Chine et de la Russie au Mexique, qui mettent « en danger la sécurité nationale des États-Unis ».

Peña Nieto nous a également intégrés à des exercices avec le Commandement Nord et la Garde côtière des États-Unis, dans le cadre des exercices NAMSI GOMEX, pour « protéger le droit de la mer ». L'accord a été signé par Vicente Fox dans le cadre du PSP, mais les exercices ont eu lieu en 2017 à Tampico, en 2018 à Manzanillo, en 2020 à Puerto Chiapas et en 2022 à Cozumel. Honteusement, le 21 avril 2024, des exercices militaires ont été menés au Texas pour commémorer le 110e anniversaire de la défense héroïque du port de Veracruz contre l'envahisseur yankee ! Que vont-ils nous apprendre sur le droit de la mer, alors qu'ils imposent un blocus à Cuba, mitraillent des équipages de navires dans les Caraïbes et détournent et volent des pétroliers en eaux internationales ?

Avant la fin de son mandat, en novembre 2018, Peña Nieto a inclus le Mexique dans la Table ronde de coopération militaire bilatérale (BMCR) entre le Mexique et les États-Unis à Colorado Springs – siège du Commandement Nord – afin d'aligner les secrétariats de la Défense nationale et de la Marine avec ce commandement, sous prétexte de lutter contre le narcotrafic.

La soi-disant guerre contre la drogue dans toute la région est un prétexte pour permettre aux États-Unis d'intervenir dans les nations, alors qu'ils sont eux-mêmes responsables du trafic de drogue et qu'ils achètent les drogues et les distribuent sur un territoire cinq fois plus vaste que celui du Mexique. Malgré le fait que les États-Unis disposent de 19 agences de renseignement, le commerce continue, et leurs banques y blanchissent plus de 700 milliards de dollars provenant de la drogue. Ils ont établi les premiers laboratoires de cocaïne en Amérique du Sud et des laboratoires de crack aux États-Unis. Le commerce se poursuit avec la complicité de la DEA, de la CIA, du Pentagone et du FBI. L'armée étasunienne a alimenté le marché de l'héroïne depuis son invasion du Vietnam ainsi que le marché de l'opium depuis l'Afghanistan. Les États-Unis fabriquent des armes et les vendent aux cartels de la drogue. Au cours des 50 années de la soi-disant guerre contre la drogue, le trafic n'a cessé de croître, car il constitue l'un des piliers de l'économie de notre voisin. Ainsi, la guerre contre la drogue n'est qu'un prétexte d'intervention et de contrôle, en plus d'être une activité lucrative.

L'intégration militaire nord-américaine, impulsée par les gouvernements du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et du PAN, qui nous a conduits à participer à des exercices militaires à l'étranger avec les États-Unis, a continué à progresser, mais désormais sur le sol mexicain. Du 7 au 21 mai 2022, les exercices militaires Tradewinds se sont déroulés au Quintana Roo, dirigés par le Commandement Sud des États-Unis et la Marine mexicaine. En 2024, le gouvernement mexicain a autorisé l'entrée de personnel militaire étasunien armé pour entraîner des troupes mexicaines à Temamatla et à San Miguel de los Jagüeyes, à Santa Gertrudis (Chihuahua), puis à Valle de Bravo.

Ces dernières années, il y a eu des formations, des échanges, une coordination, une coopération en matière de renseignement et de logistique, ainsi que des exercices dans les États de Sonora, Chihuahua, Coahuila, Nuevo Leon, Tamaulipas, Sinaloa et Veracruz. Maintenant, en 2026, il est prévu que des militaires mexicains participeront à trois exercices aux États-Unis – dans le Mississippi, en Virginie et à New York – en plus des exercices dirigés par le Commandement Sud au Panama, à Antigua-et-Barbuda.

Les accords nous sont présentés comme un moyen de renforcer les relations bilatérales afin de consolider l'amitié et la coopération entre le Mexique et les États-Unis. Amitié ? Alors qu'ils répriment les Mexicains sur leur propre sol, les qualifiant de criminels et de violeurs. Ils parlent aussi de formation aux droits humains – eux qui séparent des familles et refusent tous les droits à des millions de migrants. Sécurité ? Alors que ce sont eux qui menacent de nous envahir.

Ils évoquent des formations en tactiques de combat, opérations de sauvetage, exercices de tir et infiltrations en chute libre, ainsi que des bombardements air-sol. Veulent-ils nous entraîner à bombarder des pays comme l'Iran, à enlever des présidents, à assassiner des dirigeants, à bombarder des hôpitaux, des maisons, des écoles ou des installations électriques ?

Ils parlent également de partage de renseignements. Dans quel but ? Pour que l'armée et la marine étasuniennes puissent connaître notre territoire, nos forces militaires, leurs installations, leurs capacités et leurs faiblesses dans les moindres détails, en plus de disposer d'informations privilégiées qu'ils utiliseront contre nous.

Ils parlent aussi de formation à « l'aide humanitaire » – alors qu'ils empêchent Cuba de recevoir du pétrole. Et en matière de droits de genre, alors que les principales victimes de leurs guerres et politiques répressives sont des filles et des femmes, quels droits vont-ils nous enseigner, eux qui ont bombardé une école primaire de filles à Miyab, en Iran ? De quels droits parle-t-on quand le président des États-Unis lui-même, Donald Trump, déclare ne pas reconnaître le droit international ?

Nous devons ouvrir les yeux, nous rappeler l'histoire et faire de ce présent tragique un avertissement. Ne nous laissons pas entraîner dans les plans de guerre des États-Unis, qui menacent constamment de nous envahir. Le Mexique doit plus que jamais défendre sa souveraineté et son engagement envers la paix.

Allons-nous ouvrir nos portes et collaborer avec ceux qui nous ont envahis 11 fois ? Ils ont pris plus de la moitié de notre territoire et reviennent depuis cinq ans sur l'option de nous envahir. Un pays qui, de 1982 à 2019, a favorisé 350 coups d'État, dont 150 ont réussi. Un pays qui a orchestré le coup d'État et l'assassinat du président Francisco I. Madero, puis celui du président Venustiano Carranza, sous l'impulsion des compagnies pétrolières. Un pays qui, depuis 200 ans – depuis l'arrivée de Joel Roberts Poinsett, son premier ambassadeur –, mène une politique d'ingérence, attisant les divisions internes aux conséquences tragiques pour la nation mexicaine.

L'objectif des États-Unis au cours des cinq dernières décennies a été d'intégrer – voire d'annexer – le Canada et le Mexique dans leur sécurité nationale, en les transformant en base territoriale pour soutenir l'hégémonie de leur empire. L'objectif à long terme – non déclaré – est d'établir des bases militaires et des plateformes pour leur programme de missiles sur notre territoire, d'enrôler notre jeunesse dans les guerres qu'ils préparent à travers le monde et, bien sûr, d'exploiter nos ressources, en particulier énergétiques. Les États-Unis veulent nous subordonner à leurs plans. Cela est préoccupant, surtout à la lumière des actions récentes qui rapprochent le monde d'un conflit nucléaire.

La Constitution mexicaine établit que la souveraineté nationale réside essentiellement et originellement dans le peuple. Les forces armées sont au service de la nation mexicaine, et non d'intérêts étrangers. La loi organique de l'armée et de l'aviation mexicaines stipule que leur mission principale est de défendre l'intégrité, l'indépendance et la souveraineté de la nation. Selon l'article 76, section III, aucune subordination à un commandement étranger n'est possible sans violer la souveraineté.

Nous ne devons pas nous subordonner aux actions militaires des États-Unis ni à leur machine de guerre. La Constitution l'interdit. Le peuple mexicain veut la paix.

Le moment est venu d'inverser les politiques néolibérales et néocoloniales imposées par la coalition PRI-PAN, qui doivent être éradiquées afin de développer une nouvelle politique de défense de la souveraineté nationale, économique, politique et militaire. Nous devons rompre tous les traités qui entravent notre pleine indépendance et nous mettent en grave danger.

Non, non, nous ne voulons pas être une colonie des États-Unis ! Oui, oui, oui, nous voulons être une nation libre et souveraine !

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Philippines

Le Front démocratique national des Philippines appelle à intensifier les actions pour vaincre la dictature de Marcos II soutenue par les États-Unis


Bannière du Front démocratique national des Philippines lors d'une
manifestation à Manille, le 29 mars 2026

Pendant la dictature brutale du fantoche des États-Unis Ferdinand Marcos, et dans des conditions de loi martiale, le 24 avril 1973, le Front démocratique national des Philippines (NDFP) a été fondé dans le but d'« éveiller, organiser et mobiliser les larges masses du peuple philippin par millions pour faire avancer la révolution et atteindre la victoire ». Le NDFP a été créé à l'initiative de Jose Maria Sison, fondateur et dirigeant du Parti communiste des Philippines (PCP) et de sa branche armée, la Nouvelle Armée populaire (NPA).

Aujourd'hui, le NDFP est devenu une large alliance d'environ 24 organisations révolutionnaires et démocratiques du peuple qui, avec le PCP et la NPA, forment les trois piliers de la résistance révolutionnaire contre la dictature brutale du fantoche des États-Unis Ferdinand Marcos Jr. (Marcos II), rassemblant les 117 millions de Philippins autour de son programme d'édification nationale en 12 points.

Le NDFP intensifie ses efforts pour organiser le peuple afin d'établir des organes locaux de pouvoir politique au niveau des quartiers, des municipalités, des districts et des provinces dans 73 des 81 provinces des Philippines, afin que le peuple puisse exercer un pouvoir décisionnel souverain sur sa vie. Le secrétaire général du NDFP, Elias Dipasupil, a récemment souligné que la révolution démocratique nationale « continue de progresser à l'échelle nationale », en signalant les luttes armées et populaires en cours tant dans les zones rurales qu'urbaines. Il a noté que malgré les campagnes de contre-insurrection soutenues par la dictature Marcos II/États-Unis, la NPA continue de croître et conserve le soutien dans les campagnes, tandis que les actions de protestation et les efforts d'organisation se sont intensifiés dans les villes.

À l'occasion de son 53e anniversaire, le NDFP a réaffirmé son programme en 12 points comme cadre guidant ses objectifs politiques, incluant des appels à la réforme agraire, à l'industrialisation nationale, à l'élargissement des droits démocratiques et à une politique étrangère indépendante.

Le NDFP a également persisté à appeler à la reprise des négociations de paix avec le gouvernement philippin actuel, conformément aux aspirations du peuple philippin de garantir une paix juste pour mettre fin à la guerre civile de plus de 50 ans opposant le peuple philippin organisé par le PCP, la NPA et le NDFP à des gouvernements fantoches successifs soutenus par les États-Unis. Plus de dix accords importants ont été conclus avec le gouvernement, notamment la Déclaration conjointe de La Haye de 1992, qui établit la nécessité et les mécanismes pour régler les causes du conflit armé par des réformes économiques, sociales et politiques fondamentales, et qui a également défini un cadre pour de futures négociations.

Cependant, à chaque étape, le gouvernement philippin, y compris le régime Marcos II actuellement au pouvoir, a saboté ces accords. Le régime actuel suit les traces de son prédécesseur, le régime Rodrigo Duterte (2016-2022). Il a rejeté les efforts de pourparlers de paix avec le NDFP et mène des campagnes d'assassinat contre les membres du NDFP, tout en continuant de désigner le NDFP comme organisation terroriste en vertu de la Loi anti-terrorisme de 2020.

Le régime Marcos II actuel soutenu par les États-Unis tente de surpasser le régime Duterte en intensifiant la campagne de terreur militaire anticommuniste visant à anéantir le PCP, la NPA et le NDFP. Cependant, cette campagne a eu l'effet inverse, car le peuple philippin se tient uni pour affronter l'État soutenu par les États-Unis sur tous les terrains de lutte. Il reste ferme dans son aspiration à réaliser l'objectif politique ultime, celui d'établir une république populaire démocratique à son image.

À cette occasion, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) adresse ses chaleureuses félicitations à la direction du NDFP et à tous ses militants à travers le pays et à l'étranger, dont le sacrifice et la lutte portent la promesse d'une vie aux Philippines sans les souffrances imposées par la soumission des gouvernements successifs aux impérialistes étasuniens. Les réalisations du NDFP sont nombreuses et les conditions de vie dans les zones où le peuple se gouverne lui-même, se nourrit, s'éduque et apprend à mener une lutte efficace pour libérer les Philippines en sont la preuve.

Le PCC(M-L) appelle les Canadiens et les Canadiennes à accroître leur soutien au peuple combattant des Philippines, qui contribue à un monde libéré de l'impérialisme étasunien, pour la paix, et pour l'indépendance et l'autodétermination de toutes les nations et de tous les peuples.

(Font démocratique national des Philippines. Photo : NDFP)

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Les Philippins manifestent pendant un mois
contre les exercices militaires Balikatan 2026 dirigés par les États-Unis


Manille, le 7 mai 2026

Les Philippins ont organisé sans relâche des actions contre les exercices militaires conjoints Balikatan 2026 des États-Unis et des Philippines, les plus importants à ce jour, qui se sont déroulés du 20 avril au 8 mai. De larges pans du peuple philippin condamne la militarisation croissante de leur pays sous l'administration de Ferdinand Marcos Jr., s'opposant à ce que les Philippines soient utilisées comme tremplin pour l'agression et l'occupation étasuniennes dans la région.

Balikatan 2026 a mobilisé plus de 17 000 soldats dans des préparatifs de guerre sous commandement étasunien. Outre les troupes étasuniennes et philippines, des forces armées d'Australie, du Japon, de France, du Canada, de Nouvelle-Zélande et d'autres pays ont participé à des exercices en conditions réelles près de la mer de Chine méridionale et au nord de l'île philippine de Luçon.

L'organisation révolutionnaire de masse Bagong Alyansang Makabayan (Bayan) a dénoncé ces exercices militaires et en particulier le déplacement de pêcheurs et d'agriculteurs pendant leur déroulement. Bayan a condamné le tir réel d'un missile Tomahawk étasunien parcourant environ 630 kilomètres entre Tacloban City et Nueva Ecija, précisant que le missile transportait une ogive d'environ 450 kilogrammes et a survolé plusieurs communautés civiles lors de l'exercice.

« Nous rejetons la guerre comme instrument de politique étrangère, a réitéré Bayan. La présence militaire croissante des États-Unis et ces exercices provocateurs compromettent gravement les efforts vers une paix véritable et la coopération régionale. »

Des organisations progressistes, syndicales, étudiantes et environnementales ont également appelé à la fin des accords militaires conjoints, y compris l'Accord sur le statut des forces armées de pays étrangers entre les Philippines et les États-Unis, le Canada et d'autres pays, ainsi que l'Accord de coopération renforcée en matière de défense qui étend la présence militaire étasunienne et d'autres forces étrangères aux Philippines, créant l'insécurité et l'instabilité pour la population et entraînant la destruction de l'environnement naturel.

Le 7 mai, devant le Camp Aguinaldo, quartier général des Forces armées des Philippines, des membres du Réseau populaire pour l'environnement Kalikasan et d'autres groupes progressistes ont dénoncé Balikatan et le pillage des ressources naturelles du pays au service des intérêts stratégiques étasuniens. Ils ont condamné l'expansion du partenariat militaire entre les Philippines et les États-Unis et les récents accords sur les minéraux critiques et l'exploitation minière, tels que le récent protocole d'accord entre les gouvernements étasunien et philippin sur la coopération en matière de minéraux critiques et l'initiative Pax Silica, qui entraînerait un pillage accru des ressources naturelles des Philippines, l'appauvrissement de la population, le déplacement des peuples autochtones de leurs terres et la destruction de l'environnement naturel.

Ils ont exigé l'annulation des exercices militaires Balikatan et le retrait de toutes les forces militaires étasuniennes et étrangères des Philippines.

(Avec des informations de Bulatlat. Photos : Kilusang Uno Mayo, Bulatlat)

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Ukraine

De plus en plus de résistance
à la conscription forcée

– Peggy Morton –

Selon les agences de presse, l'opposition à la conscription forcée se généralise en Ukraine, tandis que la violence d'État se heurte à une résistance tout aussi farouche. Au cours de la deuxième quinzaine d'avril, la terreur semée par les recruteurs militaires s'est considérablement intensifiée. Il s'agit d'une guerre quotidienne menée par le régime ukraino-nazi contre les Ukrainiens, qui devient de plus en plus brutale au fil des mois. Les médias rapportent que plusieurs recruteurs militaires ont été tués ces derniers temps et qu'il y a de nombreux autres cas de résistance aux détentions forcées. Les recruteurs mènent désormais des « chasses à l'homme » en grands groupes armés, le visage dissimulé, à la manière des attaques criminelles menées par l'ICE (Service de contrôle de l'immigration et des douanes) aux États-Unis.

Artem Dmitruk, ancien membre du parti du président Volodymyr Zelensky, a récemment publié sur Telegram : « Les recruteurs sont simplement des gens qui essaient de vous tuer, et il est de votre devoir de vous défendre et de survivre. Ils n'ont ni droits ni autorité. Ce ne sont que les tueurs de Zelensky, qui se rendent complices d'un génocide contre le peuple ukrainien. » Il a évoqué des vidéos montrant des femmes battues et aspergées de gaz par des « recruteurs » pour être intervenues pour empêcher la conscription forcée d'un homme dans la rue, ainsi qu'une autre vidéo montrant un homme battu puis détenu par des « recruteurs » sans scrupules.

La conscription militaire en Ukraine est devenue un commerce lucratif. En avril, les médias ukrainiens ont publié les « listes de prix » des commissariats militaires pour échapper à la conscription, citant des cas spécifiques provenant de différentes régions. L'option la moins chère consiste à faire retirer son nom de la liste des personnes recherchées par les recruteurs. Le prix varie à partir d'un montant équivalent à 2000 dollars US, tandis que la solution la plus coûteuse consiste à acheter une fausse attestation d'invalidité pour quitter l'Ukraine définitivement. Cela peut coûter jusqu'à 50 000 dollars US.

La corruption, les pots-de-vin et le vol pur et simple par les agents de recrutement et les agences sont monnaie courante. Un officier du commissariat militaire territorial de Boutcha, dans la région de Kiev, a déclaré que sa fortune comprenait plus d'un kilogramme de lingots d'or, soit l'équivalent de 175 000 dollars US, ainsi que des devises, des bijoux en or et des voitures de luxe, acquis grâce à ce qu'il appelle des « économies ».

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Les réactionnaires ukrainiens et les promoteurs
des collaborateurs nazis tiennent leur congrès triennal à Toronto

– Peggy Morton –

Le Congrès ukrainien canadien (UCC) a tenu son 28e congrès triennal à Toronto du 13 au 16 novembre 2025. Fondé en 1940 sur une base anticommuniste, dans la lignée de l'opposition impérialiste à l'Union soviétique, l'UCC doit son importance actuelle aux efforts déployés par l'État canadien pendant la Guerre froide pour en faire la voix « officielle » des Canadiens d'origine ukrainienne. Cette initiative visait à supplanter les organisations bien établies qui étaient favorables au communisme et au progrès social au Canada, telles que l'Association des Canadiens ukrainiens unis (AUUC), issue de l'Association ukrainienne des travailleurs et agriculteurs (ULFTA) fondée à Winnipeg en 1918. En 1940, le gouvernement canadien a interdit l'ULFTA, saisi ses actifs et les a remis à la Fédération nationale ukrainienne, une organisation pro-fasciste.


6e congrès de l'Association ukrainienne du temple des ouvriers et des fermiers (ULFTA), devant le Temple du travail ukrainien à Winnipeg, janvier 1925

L'UCC a été considérablement renforcée en 1950 lorsque l'État canadien a fait venir au Canada quelque 2 000 réactionnaires ukrainiens et collaborateurs nazis, leur permettant ainsi d'échapper à la justice pour leurs crimes de guerre. Un millier d'autres collaborateurs nazis, principalement originaires des pays baltes, ont également été autorisés à entrer au Canada au cours de la même période.

Le soutien officiel du gouvernement canadien à l'UCC s'est également manifesté par la participation à son congrès de divers politiciens, dont l'ancien sénateur Roméo Dallaire, le sénateur Stan Kutcher, le ministre de la Défense nationale David McGuinty à l'époque et l'ancienne ministre Chrystia Freeland. Y ont également pris part un ancien ministre de la Justice de l'Alberta, un ancien chef de cabinet adjoint du premier ministre Justin Trudeau, des universitaires, des journalistes et des dirigeants d'entreprise d'origine ukrainienne, ainsi que des dirigeants de diverses organisations ukraino-canadiennes aux tendances réactionnaires, en phase avec celles de l'UCC.

Les travaux du congrès de l'UCC ont clairement mis en évidence le fondement anticommuniste de l'organisation.

Par exemple, le premier jour du congrès, le 13 novembre, l'événement principal était une assemblée publique sur le thème « Le leadership canadien en matière de sensibilisation et d'éducation sur l'Holodomor », visant à promouvoir cette falsification anticommuniste de l'histoire et à tenter de la diffuser au Canada et à l'étranger. Sans surprise, l'UCC s'est inspirée, pour cette assemblée publique sur le « leadership canadien », des remarques spéciales prononcées par la « journaliste et historienne » étasunienne Anne Applebaum, diffusées par vidéo. Présentée comme l'auteure du livre « Red Famine : Stalin's War on Ukraine », ses autres ouvrages témoignent d'une obsession anticommuniste morbide similaire, visant à diffuser de la désinformation sur l'Union soviétique et les républiques populaires d'Europe de l'Est.

La réunion publique comprenait trois sessions :

- l'expérience canadienne : bâtir les capacités
- l'éducation au Canada et au-delà : intégrer l'Holodomor
- l'expérience mondiale : forger des partenariats

L'un des principaux participants à ces sessions était le Holodomor Research and Education Consortium (HREC), qui fait partie de l'Institut canadien d'études ukrainiennes basé à l'Université de l'Alberta. Le Canada fait partie des rares pays qui considèrent le mythe de l'Holodomor comme un fait avéré et en font une politique officielle de l'État. L'institut a joué un rôle déterminant dans la remise au goût du jour, dans les années 1980, des mythes véhiculés par les journaux nazis et ceux de Hearst concernant une famine provoquée délibérément.

Le 14 novembre, l'événement principal a mis en vedette Chrystia Freeland, alors dans ses nouvelles fonctions de représentante spéciale du Canada pour la reconstruction en Ukraine, à la fois dans le cadre d'une « discussion au coin du feu » et en tant qu'oratrice principale. Freeland s'est ensuite retrouvée en situation de conflit d'intérêts pour avoir accepté un poste similaire au sein du gouvernement néonazi dirigé par Volodymyr Zelensky en Ukraine et a dû démissionner de son siège en janvier de cette année, ce qui a conduit à l'élection partielle du 13 avril dans la circonscription de University–Rosedale.

Les sessions avec Chrystia Freeland ont été suivies d'un déjeuner avec l'ambassadrice du Canada en Ukraine, Natalka Cmoc, et l'ambassadeur de l'Ukraine au Canada, Andrii Plakhotniuk. Les deux devaient « partager leurs points de vue sur les relations entre le Canada et l'Ukraine, les priorités actuelles et le rôle de nos communautés dans le renforcement des liens entre les deux pays ».

L'oratrice principale de l'après-midi était Oleksandra Matviichuk, avocate ukrainienne spécialisée dans les droits humains et directrice du Centre pour les libertés civiles à Kiev. Elle a été présentée comme menant « des efforts pour faire avancer les réformes démocratiques, protéger les droits humains et documenter les crimes de guerre commis pendant l'agression de la Russie contre l'Ukraine ». L'UCC note que le Centre pour les libertés civiles s'est vu décerner le prix Nobel de la paix 2022 « en reconnaissance de son travail de promotion de la société civile et de la justice ». Pour quiconque y prête attention, un tel éloge place cette organisation au même rang que les fauteurs de guerre, les réactionnaires et les contre-révolutionnaires que les impérialistes soutiennent pour faire avancer leurs objectifs d'agression, de guerre et de changement de régime.

Parmi les ateliers dignes d'intérêt organisés le 15 novembre figurait notamment celui intitulé « Navigating Disinformation » (Naviguer dans la désinformation), comme si la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN n'était pas elle-même le produit d'une désinformation impérialiste visant à justifier l'expansion de l'OTAN et l'agression contre la Russie. La session prétendait que « dans l'environnement informationnel actuel, la désinformation menace la démocratie et la confiance de la communauté. Joignez-vous aux experts internationaux Anatoliy Grudz [directeur de recherche, Ted Rogers School of Management], Justin Ling [journaliste], Philip Mai [chercheur principal et codirecteur, Social Media Lab, Université métropolitaine de Toronto] et Alexandra Pavliuc [chercheuse à Oxford et analyste de données principale chez Affaires mondiales] alors qu'ils explorent comment reconnaître et contrer les fausses informations, renforcer l'éducation aux médias et bâtir la résilience face aux campagnes d'influence hostiles. La discussion mettra en avant des outils et des stratégies pour protéger notre communauté contre la manipulation, tant en ligne que hors ligne. »

Un autre atelier intitulé « Engaging Government » (Impliquer le gouvernement) s'est concentré sur la promotion des objectifs chauvins et étroits de l'UCC au sein du gouvernement. La description de l'atelier indique : « Comment pouvons-nous bâtir des relations plus solides avec les décideurs politiques et veiller à ce que la voix de notre communauté soit entendue ? Écoutez les témoignages de Tyler Shandro [ancien ministre de la Justice de l'Alberta], Danylo Korbabicz [directeur général de l'Association des municipalités du Manitoba], Denis Volkov [associé chez Prospectus Public Affairs] et Marianna Tretiak [présidente de l'American Coalition for Ukraine] alors qu'ils partagent des stratégies pour impliquer les responsables à tous les niveaux de gouvernement, renforcer le plaidoyer et susciter un changement significatif. Ensemble, nous explorerons comment faire valoir les priorités des Canadiens d'origine ukrainienne dans le paysage politique complexe d'aujourd'hui. »

Les travaux de la dernière journée du congrès de l'UCC, le 16 novembre, comprenaient un rapport sur le Congrès mondial ukrainien (UWC) présenté par l'ancien président de l'UCC, Paul Grod, désormais président de l'UWC. L'UCC est membre de l'UWC, l'organisme international qui poursuit les mêmes objectifs réactionnaires que l'UCC, notamment la vénération des fascistes ukrainiens, des criminels de guerre et des collaborateurs nazis de la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que le soutien aux descendants de ces forces qui sèment aujourd'hui le chaos en Ukraine.

Il est également important de noter que l'UCC est l'un des promoteurs et bailleurs de fonds du monument anticommuniste ignoble d'Ottawa, qui vise à glorifier le nazisme et à présenter les collaborateurs ukrainiens du fascisme nazi ainsi que les « victimes » de l'Holodomor imaginaire comme des victimes du communisme. Ses membres et d'autres participants à son congrès ont des liens directs avec ce monument. Par exemple, l'une des intervenantes au congrès était Krystina Waler, directrice des initiatives ukrainiennes à la Fondation Temerty. Cette fondation a été créée par James Temerty, un membre clé de l'UCC dont la famille compte parmi les contributeurs qui ont donné plus de 100 000 dollars au monument. Elle a acheté plusieurs « briques » portant les noms de membres de la famille qu'ils prétendent être des « victimes du communisme », qui devaient être exposées dans le cadre du monument anticommuniste. Bien sûr, les promoteurs du monument, parmi lesquels figure le gouvernement du Canada, n'ont pas pu y inscrire de noms, car ceux-ci regorgent de criminels de guerre et de collaborateurs nazis. Entre-temps, le monument tombe déjà en ruine, et les coûts d'entretien, à la charge des contribuables canadiens, devraient être bien plus élevés que prévu.

Il convient également de rappeler que l'histoire trouble de l'UCC a été largement mise en lumière le 22 septembre 2023, lorsque le collaborateur nazi Yaroslav Hunka a été invité à la Chambre des communes à l'initiative de l'UCC. Là, il a reçu de multiples ovations de la part des parlementaires pour avoir « combattu la Russie » pendant la Deuxième Guerre mondiale. Cela a suscité l'indignation d'un océan à l'autre, et a été dénoncé au niveau international. Hunka est un membre et contributeur de longue date de l'UCC. Dans une brève note publiée sur son site web, l'UCC n'a pas reconnu pourquoi cet incident avait été si choquant pour tant de personnes et a refusé de mentionner Hunka par son nom.

Les activités de l'UCC inquiètent les Canadiens et les Québécois qui honorent la mémoire et le sacrifice de tous ceux qui se sont battus pour vaincre l'Allemagne nazie et ses collaborateurs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ils rejettent la manière dont l'UCC, avec le soutien de l'État canadien, bafoue le verdict historique de la Deuxième Guerre mondiale selon lequel le fascisme et le nazisme doivent être relégués à la poubelle de l'histoire.

Les activités de l'UCC et les positions privilégiées dont bénéficient l'organisation et ses membres au sein de la société canadienne, y compris un siège au sein du cabinet pour définir la politique étrangère en fonction de leurs objectifs chauvins et anti-russes, sont également très préoccupantes. Les objectifs réactionnaires de l'UCC servent à légitimer l'expansion de l'OTAN et ses visées bellicistes contre la Russie, dans lesquelles le Canada s'enlise de plus en plus, à hauteur de dizaines de milliards de dollars, que ce soit sous forme de fonds prétendument destinés à la reconstruction de l'Ukraine ou d'augmentation des dépenses de guerre et de la militarisation de l'économie canadienne. Ces objectifs vont à l'encontre du souhait général des travailleurs et travailleuses que la richesse sociale qu'ils produisent serve à financer des programmes sociaux et ne soit pas détournée et gaspillée pour la guerre, et que le Canada soit une Zone de paix. Cela nécessitera nécessairement de faire sortir le Canada de l'OTAN et de mettre fin à l'implication du Canada dans la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN en Ukraine.

(Avec des informations de l'UCC)

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Soutien du gouvernement canadien
à la corruption en Ukraine

– Nick Lin –

Le gouvernement du Canada, d'abord sous le gouvernement libéral de Trudeau et maintenant sous le gouvernement de Mark Carney, continue de fournir d'importantes sommes d'argent à l'Ukraine au nom de toutes sortes de nobles idéaux. Parmi eux figurent l'aide à la reconstruction de l'Ukraine, son soutien dans la lutte contre la Russie, la promotion des droits humains, et autres.

Depuis le début de 2026, le Canada maintient son fort soutien à l'Ukraine, avec plus de 25,5 milliards de dollars canadiens d'aide totale depuis 2022. Les principaux engagements pour 2026 comprennent 2 milliards de dollars d'aide militaire pour l'exercice fiscal 2026-2027, 1,3 milliard de dollars en garanties de prêts pour la reconstruction et plus de 396 millions de dollars en aide humanitaire continue. La composante militaire comprend la livraison de plus de 400 véhicules blindés, dont 66 véhicules blindés légers (LAV) et 383 véhicules blindés Senator. Elle inclut également 2000 munitions supplémentaires de 155 mm, des munitions fumigènes, des masques à gaz et des bombes aériennes, tandis que les livraisons de moteurs pour les missiles air-air étasuniens AIM-7 et AIM-9 et le système norvégien avancé de missiles sol-air (NASAMS) se poursuivent en 2026. La mission canadienne de formation militaire reste active, formant les forces ukrainiennes en coordination avec l'OTAN.

Le Canada affirme que ses investissements sont axés sur la durabilité à long terme. Il compte sur la soi-disant Coalition des volontaires – formée à la hâte par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne en 2025 – pour assurer la sécurité, tout en soutenant l'intégration de l'Ukraine dans l'Union européenne.

En 2026, le Canada fournit une garantie de prêt de 1,3 milliard de dollars à la Banque mondiale pour aider à la reconstruction de l'Ukraine; une garantie de prêt de 322 millions de dollars à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement pour soutenir les importations de gaz et la sécurité énergétique ukrainiennes; une aide supplémentaire destinée à maintenir prétendument les services publics essentiels, comme les pensions, et à financer le programme du FMI. De plus, l'Accord de libre-échange Canada-Ukraine (CUFTA) mis à jour est censé fournir un cadre pour les investissements commerciaux continus.

Le Canada affirme également fournir l'« aide humanitaire et au développement » suivante en 2026 :

- plus de 396 millions de dollars en aide humanitaire, soi-disant pour soutenir les personnes déplacées et les services d'urgence;

- des financements pour l'« énergie et la reconstruction » afin de réparer les infrastructures, y compris des contributions importantes au Fonds fiduciaire pour l'aide, le redressement, la reconstruction et la réforme de la Banque mondiale;

- un financement de 2026 à 2031 pour des « projets à petite échelle visant une reprise inclusive, des solutions de santé numérique et la démocratie locale ».

Après le voyage « surprise » de Mark Carney en Ukraine en août 2025, un communiqué du bureau du premier ministre a indiqué que le Canada fournissait à l'Ukraine plus de 843 millions de dollars pour l'achat de véhicules blindés, de fournitures médicales et d'autres « équipements critiques »; 680 millions de dollars pour acheter du matériel militaire aux États-Unis via l'OTAN, environ 225 millions pour des capacités de drones, de contre-drones et de guerre électronique; 165 millions pour soutenir le travail du Canada dans le Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine et 140 millions pour l'approvisionnement en munitions et explosifs via l'initiative tchèque sur les munitions.

Depuis 2022, l'Ukraine a reçu environ 421 milliards de dollars US d'aide militaire, financière et « humanitaire » d'autres pays. Le Canada a lui-même fourni 13 milliards de dollars canadiens d'aide financière et 6,5 milliards d'aide militaire à l'Ukraine, avec des engagements supplémentaires portant le total à 25,5 milliards. En outre, le gouvernement a accéléré l'immigration depuis l'Ukraine et a promis 117 millions de dollars canadiens pour accueillir environ 210 000 personnes bénéficiant de ce statut privilégié. Cela contraste fortement avec le traitement réservé aux réfugiés d'autres pays, notamment d'Afrique, d'Haïti et de Palestine, dont l'accès au Canada a été effectivement bloqué en pleine période de génocide.

Parallèlement, la société canado-étasunienne Brookfield Asset Management, avec plus de 1 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion, est impliquée dans divers projets d'infrastructure en Ukraine, notamment dans le secteur énergétique. D'autres entreprises canadiennes incluent Aecon et Cameco dans les secteurs de la construction et de l'énergie respectivement, Fairfax Financial Holdings dans l'agriculture, Bombardier dans la fabrication ferroviaire, et Roshel dans les véhicules blindés. De nombreux autres groupes explorent des opportunités dans des secteurs tels que l'énergie, l'informatique et l'exploitation minière via des initiatives soutenues par des organisations comme UkraineInvest et la Chambre de commerce Canada-Ukraine. UkraineInvest est une agence gouvernementale ukrainienne qui prétend « aider les investisseurs à naviguer les opportunités et à accéder aux incitations et à l'assurance contre les risques de guerre ». Ressources naturelles Canada a tenu une Conférence « Rebuild Ukraine » les 13 et 14 novembre 2025 à Varsovie, en Pologne, pour mettre en relation les entreprises canadiennes avec les décideurs ukrainiens pour faciliter la reconstruction[1].

Depuis que les États-Unis et l'OTAN ont orchestré le coup d'État de Maïdan en 2014, avec une implication canadienne considérable, tous les secteurs dans lesquels le Canada est impliqué ont été touchés par des scandales de corruption, sur une échelle encore plus grande que ce qui existait déjà[2]. Une série de scandales majeurs début 2023 a impliqué plusieurs hauts fonctionnaires, gouverneurs, le sous-ministre de la Défense Viacheslav Shapovalov et le directeur adjoint du bureau du président Kyrylo Tymoshenko.

L'Indice de perception de la corruption de 2013 de Transparency International a révélé que la police (49 %), les services médicaux et de santé (41 %) et le système éducatif (33 %) étaient les institutions où les Ukrainiens ont le plus couramment payé des pots-de-vin. La corruption politique est endémique. Les politiciens sont accusés d'utiliser leur position à des fins personnelles, y compris la manipulation de la privatisation d'entreprises publiques et la pratique de corruptions liées à l'attribution de terres. Le train de vie somptueux de nombreux politiciens, souvent en décalage avec leurs revenus déclarés, suscite la colère publique. Bien que des lois aient été adoptées pour tenir les fonctionnaires responsables de la corruption, leur application reste un défi, et la perception persiste que de nombreux responsables corrompus restent impunis.

Pour ce qui est du système judiciaire ukrainien, des affaires de corruption de grande envergure continuent d'émerger. L'influence politique, les pots-de-vin et le favoritisme dominent, les juges subissant des pressions pour rendre des verdicts spécifiques, souvent au bénéfice de ceux qui détiennent le pouvoir politique ou financier. La disparité de traitement entre les citoyens ordinaires et les responsables, ces derniers bénéficiant souvent de peines clémentes, est une caractéristique notable du système judiciaire.

En matière de transactions commerciales, des études ont exposé une augmentation significative de la corruption parmi les hauts dirigeants ces dernières années, de nombreuses entreprises étant prêtes à verser des pots-de-vin pour obtenir des contrats ou dissimuler des irrégularités financières. D'autres formes de corruption sont présentes dans l'enseignement supérieur, la sécurité sociale, les soins de santé et la politique locale, selon diverses enquêtes[3].

Le problème de la corruption atteint même la présidence. Un article du 13 novembre 2025 rapporte un système de rétrocommissions de 100 millions de dollars US dans le secteur énergétique :

« Les enquêteurs anti-corruption allèguent un vaste système de rétrocommissions de 10 à 15 % de la valeur des contrats fournisseurs, soit environ 100 millions de dollars US. Des perquisitions ont eu lieu dans 70 sites à travers le pays le 10 novembre. Sept personnes ont été inculpées et cinq sont en détention.

« Le cerveau de ce système corrompu serait Timur Mindich, homme d'affaires et producteur de films, qui a fui précipitamment l'Ukraine un jour avant les perquisitions. Ce qui rend cette affaire très dangereuse pour Zelensky, c'est que Mindich est copropriétaire, avec le président ukrainien, du Kvartal 95 Studio. Kvartal est la plateforme médiatique sur laquelle Zelensky a acquis sa notoriété pré-présidentielle en tant que comédien[4]. »

D'autres rapports mettent en lumière que ce système de rétrocommissions a exploité un règlement instauré sous la loi martiale (en vigueur depuis février 2022) interdisant aux entrepreneurs de réclamer des dettes auprès d'entreprises considérées comme fournissant des services essentiels, comme Energoatom. En juillet 2025, le gouvernement de Zelensky a été contraint d'abroger une loi qui privait le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anti-corruption (SAP) de leur indépendance, loi qui avait été introduite au milieu de l'enquête sur Energoatom. Le gouvernement a été forcé de reculer après des manifestations de masse généralisées et sous la pression de l'Union européenne.

À ce jour, en ce qui concerne les milliards de dollars que le Canada a donnés à l'Ukraine, il ne semble pas exister de comptabilité réelle permettant de vérifier comment tout cet argent est réellement utilisé. Cela s'ajoute au fait qu'une grande partie de l'aide envoyée par le Canada et d'autres pays enrichit les fabricants d'armes dans une tentative de « gagner » la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie « jusqu'au dernier Ukrainien ».

Ce manque de comptabilité et de responsabilité va de pair avec le problème de longue date de la corruption en Ukraine. Les rapports centrés sur l'affaire Energoatom omettent délibérément de mentionner que la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN est un véritable gouffre financier. Elle implique le détournement et l'utilisation abusive massifs de fonds publics par le gouvernement canadien, qui lui-même ne peut être tenu responsable et agit en toute impunité, comme c'est le cas dans tous les pays qui versent de l'argent à flots à l'Ukraine.

La frénésie de dépenses du Canada en Ukraine est d'autant plus répréhensible compte tenu des diverses mesures d'austérité imposées par le gouvernement Carney dans la fonction publique fédérale, y compris les licenciements massifs de travailleurs. Sa restructuration de l'État inclut la privatisation de certains aspects des soins de santé et de l'éducation. Son irresponsabilité criminelle, comme celle d'autres gouvernements, inclut le refus de garantir que les conditions de vie de base des peuples autochtones et de leurs communautés soient respectées, y compris la fourniture d'eau potable et de logements adéquats. La question de la responsabilité est un problème sérieux non seulement pour l'Ukraine, mais aussi pour le Canada.

Un jour viendra sûrement où la vérité sur ce qui est arrivé aux milliards de dollars donnés par le Canada à l'Ukraine sera révélée.

Notes

1. Selon diverses sources, les domaines privilégiés de l'investissement canadien en Ukraine incluent :

- l'énergie (y compris le biogaz et le biométhane),
- la construction et les infrastructures,
- l'agro-industrie,
- l'exploitation minière et les industries extractives,
- les technologies de l'information (TI),
- l'aérospatial,
-la défense,
- les systèmes d'eau et d'assainissement,
- la logistique et l'entreposage,
- les communications électroniques,
- les soins de santé, et
- la recherche et développement.

2. Ce coup d'État a placé les néo-nazis aux postes de pouvoir, après quoi une campagne a été menée pour priver les Ukrainiens russophones de leurs droits fondamentaux, accompagnée de meurtres et d'attaques brutales dans les régions orientales et méridionales de l'Ukraine, en particulier le Donbass (oblasts de Donetsk et Louhansk) et la Crimée. Le gouvernement de Zelensky est le produit de ce coup d'État, tout comme l'opération militaire spéciale de la Russie, lancée pour défendre les populations russophones face à l'échec des États-Unis, de l'Union européenne, du Canada et de l'OTAN à défendre le droit international et les droits humains.

3. « Corruption in Ukraine – Corruption Index », Kohn, Kohn & Colapinto

4. « Ukraine : energy corruption scandal threatens to derail Zelensky's government and undermine its war effort », Stefan Wolff et Tetyana Malyarenko, The Conversation, 13 novembre 2025

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Reportage photo du Premier Mai 2026

Les travailleurs du monde affirment les droits et s'opposent à l'agression et à la guerre impérialistes menées par les États-Unis


La Havane, Cuba

Les travailleurs du monde entier ont défendu avec détermination leurs droits le Premier Mai, Journée internationale d'unité et de lutte de la classe ouvrière. Cela inclut non seulement leur droit à des conditions de vie et de travail décentes, mais aussi leurs droits sociaux et politiques afin qu'ils soient les décideurs sur toutes les questions qui affectent leur vie. Les nombreuses actions du Premier Mai ont affirmé l'unité de la classe ouvrière internationale, en particulier dans les pays et les régions où les travailleurs sont les plus exploités par les cartels impérialistes et les coalitions d'oligopoles, ainsi que par les intérêts privés étroits, supranationaux, financiers, militaires, politiques, culturels et sociaux. Partout, les travailleurs ont fermement dénoncé les crimes, les agressions, les massacres, les occupations et les prises de contrôle organisés par les impérialistes étasuniens et leurs complices sionistes, ainsi que tous ceux qui aident et encouragent la commission de ces crimes.

CANADA

Montréal

Les 1er et 2 mai à Montréal, plus de 10 000 personnes sont descendues dans la rue pour participer à des marches organisées à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses.

Le vendredi 1er mai, une foule de plus de 3000 personnes, principalement des jeunes et des étudiants, s'est rassemblée devant la tour de la Bourse de Montréal, à la Place Victoria, pour dénoncer le système capitaliste d'exploitation et affirmer leur aspiration à un avenir où seront défendus les droits de tous et toutes. Les orateurs se sont succédé pour dénoncer les préparatifs de guerre du gouvernement Carney, ses efforts pour recruter des jeunes dans l'armée, l'attaque menée la veille par les forces sionistes contre la flottille Global Sumud, et le génocide du peuple palestinien. D'autres ont évoqué les nombreuses injustices dont sont victimes les jeunes, les membres de la communauté 2ELGBTQI+ et les migrants dans la société; le harcèlement policier; le fait que beaucoup d'entre eux doivent cumuler deux ou trois emplois pour joindre les deux bouts; la crise du logement; les attaques contre le personnel de santé et celui des structures d'accueil de la petite enfance; ainsi que les licenciements. Ils ont fait part du fort désir des jeunes de changement et d'humanisation de l'environnement naturel et social.

La forte présence policière – à pied, à cheval et à vélo, avec de nombreux fourgons cellulaires et les manoeuvres de la brigade anti-émeute – n'a pas réussi à intimider les jeunes, qui ont défié les tentatives de la police de confiner la marche et de la forcer à tourner en rond. Les jeunes ont réussi à se frayer un chemin de la Tour de la Bourse jusqu'au boulevard René-Lévesque. La police a utilisé du gaz poivré et procédé à des arrestations à la fin de la marche.

Le samedi 2 mai, plus de 7000 personnes se sont rassemblées devant la statue de Georges-Étienne Cartier, près du parc Jeanne-Mance, répondant à l'appel de neuf syndicats et fédérations, de groupes de défense des droits et d'associations étudiantes. Des travailleurs munis de drapeaux, de pancartes et de bannières sont arrivés en bus depuis les régions de l'Outaouais, de Québec, de l'Estrie, des Laurentides, de Lanaudière et de Chaudière-Appalaches, entre autres.

Les travailleurs de la construction étaient présents en force, suivis par divers syndicats représentant les secteurs de la santé et de l'éducation, ainsi que par des travailleurs en grève ou sans convention collective depuis des années. La défense de conditions de travail et de vie sécuritaires, à la hauteur des responsabilités de leurs emplois, était au coeur de leurs revendications. Des organisations communautaires du mouvement « Communautaire à boutte » et des associations étudiantes étaient également présentes.

Ce Québec en mouvement pour résister a fait entendre sa voix haut et fort avec de nombreuses pancartes contre la politique destructrice de la Coalition avenir Québec (CAQ), que ce soit sous l'ancien premier ministre Legault ou l'actuelle première ministre Fréchette. Les marcheurs ont dénoncé les lois et projets de loi anti-travailleurs, tout comme ceux visant à faire taire la voix des travailleurs.

Les manifestants ont défilé le long de l'Avenue du Parc en direction du centre-ville, pour se rassembler à la Place des Festivals. Les travailleurs en grève ou en lockout ont été chaleureusement accueillis et applaudis. Un représentant syndical, un porte-parole des organisations communautaires et un membre de l'Union étudiante du Québec ont tour à tour défendu la dignité du travail et le rôle clé des travailleurs dans la société pour mettre un terme à la destruction qui s'opère. Ils ont dénoncé les lois et les mesures économiques qui ne servent qu'à favoriser les intérêts privés des riches. De plus, ils ont réclamé le retrait du projet de loi 1, le projet de Constitution québécoise présenté par le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette, car il vise à s'assurer que le peuple n'a rien à dire sur les décisions qui le concerne. L'intervention a été chaudement applaudie par les manifestants.

Tous ont exprimé leur détermination à intensifier la lutte pour défendre leurs intérêts, leur dignité et leurs droits et les droits de tous et toutes.







Québec


Ottawa



Gatineau




Toronto

Les actions du Premier Mai dans la région du Grand Toronto ont mis en lumière les luttes que mènent les travailleurs pour leurs droits, pour la défense des services publics et pour une Ontario et un Canada où les droits de tous sont respectés. Outre les autres luttes que mènent les travailleurs de l'Ontario contre l'offensive antisociale du gouvernement Ford, la lutte des travailleurs et travailleuses des postes pour maintenir le service postal, pour résister aux concessions exigées par Postes Canada et aux attaques du gouvernement fédéral et pour obtenir une convention collective qui leur soit acceptable, était dans l'esprit de beaucoup. De même, les travailleurs de la santé et de l'éducation ont présenté leurs revendications lors d'actions de rue et de publications sur les réseaux sociaux pour marquer cette journée.

Les travailleurs de l'éducation de Whitby ont manifesté devant le bureau du député provincial de Whitby pour exiger que le gouvernement Ford arrête de s'en prendre à l'éducation, aux enseignants et aux travailleurs de l'éducation, ainsi que la fin de la prise en charge des fonctions des conseillers scolaires élus. Ils ont également réclamé plus d'investissements dans l'éducation. des membres du Conseil du travail de la région de Durham, des postiers et d'autres se sont joints à eux.

Des militants du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) ont distribué près de 700 exemplaires de la déclaration du Premier Mai du Centre ouvrier du PCC(M-L) aux travailleurs des trois centres de tri postal – à Toronto, Scarborough et Mississauga – ainsi qu'aux usagers des transports en commun dans le sud d'Etobicoke lors d'un militant piquetage d'information à la station de métro Islington. Au cours de cette action d'une heure, des dizaines de passants se sont arrêtés pour exprimer leur soutien et ont salué en particulier la bannière appelant à un gouvernement antiguerre et les drapeaux en soutien au peuple palestinien. Des discussions animées ont eu lieu et beaucoup d'automobilistes de passage ont klaxonné en signe d'approbation tout au long de l'action.

Edmonton

Le Premier Mai à Edmonton a été célébré par un défilé et un rassemblement réunissant des travailleurs de nombreux secteurs économiques, des travailleurs migrants et de nombreuses personnes engagées dans la résistance mondiale contre la guerre impérialiste, l'agression et le génocide, ainsi qu'en soutien à Cuba révolutionnaire, à la résistance des peuples palestinien, libanais, yéménite et iranien, et à tous ceux qui luttent pour leur droit d'être.

Les événements de la soirée se sont déroulés au parc Gazebo, où la maîtresse de cérémonie, Merryn Edwards, a accueilli tout le monde et présenté les orateurs. Le premier orateur était James Ball, président de la section locale 730 du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP). Il a expliqué les aspects de la convention collective sur laquelle les postiers votent actuellement, a donné de nombreux exemples de la destruction du service postal public par les gouvernements successifs et a présenté les propositions du STTP qui contribueraient à l'édification nationale.

Karen Kuprys, vice-présidente de United Nurses of Alberta, a évoqué la campagne menée par le gouvernement du Parti conservateur uni (UCP) pour démanteler le système de santé public, ainsi que les nombreuses mesures anti-travailleurs et antisociales prises par le gouvernement de Danielle Smith. « Nous, les travailleurs, nous ne consentons pas », a-t-elle déclaré, affirmant qu'ensemble, les travailleurs défendraient leurs droits et ceux de tous.

Cynthia Palmaria, de Migrante Alberta, a évoqué l'impact de la crise capitaliste sur les travailleurs en Alberta, aux Philippines et dans le monde entier, avec une hausse du coût de la vie qui s'accompagne d'une intensification des attaques contre les travailleurs. Elle a réclamé justice pour les « Negros 19 », massacrés par l'armée philippine le 19 avril. Elle a mis en cause le Canada pour son rôle agresseur aux Philippines alors que la résistance des travailleurs philippins s'intensifie, tandis que d'autres sont contraints d'émigrer pour nourrir leurs familles. Le massacre s'est produit dans le contexte de la toute première participation des Forces armées canadiennes aux exercices militaires Balikatan 2026 menés par les États-Unis près des Philippines, et de l'Accord sur le statut des forces en visite signé par le Canada en novembre 2025, visant à faciliter une plus grande implication de l'armée canadienne aux Philippines.

Tout le monde a ensuite pris part à une marche animée et militante, avec des bannières et des drapeaux de nombreuses organisations et syndicats flottant le long de Whyte Avenue et jusqu'à la 103e rue, jusqu'au Centre communautaire de Strathcona où d'autres intervenants, des rafraîchissements et des discussions attendaient les participants.

Karm Ryan, de la section locale 401 du Syndicat des travailleurs de l'alimentation et du commerce (UFCW), a adressé ses salutations au rassemblement. Elle a déclaré que les travailleurs en avaient assez des pénuries de personnel, de la charge de travail qui continue de s'alourdir, de l'inflation et du manque de soutien lorsqu'ils subissent des abus de la part des clients. Ils sont en négociation et se préparent à se battre pour des salaires qui reflètent le coût réel de la vie, ainsi que pour des conditions de travail garantissant le droit à la sécurité et l'arrêt du harcèlement, de l'intimidation et de la violence.

Jay Procktor, membre du Conseil exécutif de l'Association des enseignants et enseignantes de l'Alberta, a également présenté un message du Premier Mai. Il a évoqué la grève des enseignants de l'Alberta il y a six mois, la manière dont les enseignants ont brisé le silence sur les conditions d'enseignement et d'apprentissage, et a remercié tout le monde pour son soutien indéfectible. Son message principal était qu'il faut « cesser de regarder en haut; continuer de se regarder les uns les autres et se souvenir du pouvoir que vous avez, car les travailleurs sont capables de gérer leurs propres affaires ».

Peggy Morton, membre du Comité du Premier Mai, a parlé de la situation actuelle où l'impérialisme étasunien recourt à une violence et à une destruction extrêmes, sans pour autant parvenir à mettre les peuples à genoux. Elle a salué Cuba révolutionnaire et les mouvements de résistance des peuples de Palestine, du Liban, du Yémen et de l'Iran, ainsi que tous les peuples du monde qui luttent pour leur droit d'être. C'est la classe ouvrière qui assume la responsabilité de tenir les oligarques en échec, et c'est le peuple qui est déterminant, a-t-elle déclaré.

Ramon Antipan, porte-parole du Comité de solidarité avec Cuba d'Edmonton, a évoqué l'attaque génocidaire menée contre le peuple cubain par l'administration Trump, la résistance du peuple cubain et l'importance de s'unir pour ne pas permettre au Canada de céder aux menaces et aux diktats des États-Unis.


Calgary

À Calgary, la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses a été marquée par une manifestation devant le consulat des États-Unis, au coeur du centre-ville, pendant l'heure de pointe du souper. Des bannières et des pancartes ont été brandies haut et fort qui proclamaient le soutien à tous ceux qui, partout dans le monde, luttent pour leur droit d'être. Pendant la marche dans les rues de Calgary, des slogans défendant les droits des travailleurs et des travailleuses et les droits de tous et toutes ont retenti sans arrêt.

Un porte-parole de May Day Calgary a expliqué que la décision avait été prise de manifester devant le consulat des États-Unis pour souligner l'opposition des Canadiens et des Canadiennes aux crimes commis contre l'humanité et à l'agression impérialiste des États-Unis. Les marcheurs ont également dénoncé le gouvernement Carney pour son soutien à l'agression et à la restructuration de l'économie canadienne au service de la guerre impérialiste. Ils ont salué la résistance des peuples au pays et à l'étranger, ainsi que le rôle de la classe ouvrière pour contenir les oligarques et construire de nouveaux arrangements centrés sur l'humain. Parmi les autres intervenants figuraient des travailleurs de l'éducation, des enseignants, un organisateur d'actions de solidarité avec la Palestine, un porte-parole de la campagne visant à mettre fin aux coupes dans le programme de revenu garanti pour les personnes gravement handicapées (AISH) et un membre du collectif formé pour rendre hommage aux anciens combattants du bataillon Mackenzie-Papineau de Calgary. La déclaration du Premier Mai du Centre ouvrier du PCC(M-L) a été chaleureusement accueillie.




Vancouver


INTERNATIONAL
États-Unis

New York, New York

Hudson, New York
Washington, DC


Providence, Rhode Island

Guilford, Caroline du Nord


Paducah, Kentucky

Madison, Wisconsin

Milwaukee, Wisconsin

Minneapolis, Minnesota

Dallas, Texas

Carbonville, Colorado
Seattle, Washington
Tacoma, Washington
Los Angeles, Californie

San José, Californie



Ukiah, Californie

La Havane, Cuba



Caracas, Venezuela

Brésil

Salvador
Belém


Londres, Angleterre



Glasgow, Écosse

Stockholm, Suède



Oslo, Norvège

Amsterdam, Pays-Bas

Bruxelles, Belgique




Allemagne

Berlin
Chemnitz

Lisbonne, Portugal

Madrid, Espagne


Nicosie, Chypre

Minsk, Biélorussie


Moscou, Russie


Bursa, Turquie


Irak

Bagdad


Erbil

Bangladesh


Colombo, Sri Lanka

Pékin, Chine

Thaïlande



Surabaya, Indonésie

Manille, Philippines


Hanoï, Vietnam


Pyongyang, Corée



Séoul, Corée




Yaoundé, Cameroun


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