Numéro 5
4 juillet 2026
250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776
Des actions partout au pays donnent tout son sens à l'expression «Nous, le peuple»
• Célébrer la résistance et bâtir
l'unité dans la lutte le 4 juillet 2026
• Participation
militante aux journées internationales
d'action pour Cuba
• Célébration de la victoire de la bataille de Greasy Grass
• Les communautés
s'opposent à l'expansion
des camps de concentration
• « Alligator Alcatraz » contraint de fermer ses portes moins d'un an après son ouverture
• Un concert pour
marquer le premier anniversaire
de «No Kings Day»
À titre d'information
• Vaste réseau de
prisons et de camps
de concentration pour immigrants
• Des prisons de l'ombre pour les immigrants en place depuis 2005
250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776
Des actions partout au pays donnent tout son sens à l'expression «Nous, le peuple»

Manifestation à Washington pour réclamer « la vérité, l'égalité
et la liberté », le 27 juin 2026
Partout aux États-Unis, les gens prennent position en défiant la police et les descentes menées par le Service de l'immigration et des douanes des États-Unis (ICE), malgré les menaces, les détentions, les emprisonnements, la torture, les assassinats, les lourdes peines de prison de plus de 50 ans infligées à des manifestants. Leurs nombreuses actions prennent diverses formes : manifestations de masse, marches, grèves de la faim et du travail, déploiement de banderoles, pétitions, campagnes d'appels au Congrès, poursuites judiciaires, réunions sur Zoom, discussions, mobilisations nationales et bien d'autres encore. Par ces actions, le peuple, parlant en son propre nom, exprime ce que « Nous, le peuple » signifie pour lui. Alors que Donald Trump occupe Washington avec 5 000 gardes nationaux, et tente d'utiliser des spectacles et de promouvoir l'armée pour le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, et cherche désespérément à cacher que ses spectacles n'ont pas de preneurs, le peuple montre par sa résistance qu'il est la force décisive qui détermine l'histoire des 250 dernières années et celle qui s'écrira désormais.
Le mois de juin a été marqué par d'importantes manifestations et des mobilisations de toutes sortes. Des actions organisées à l'occasion du Juneteenth ont eu lieu dans tout le pays, dont beaucoup de très grande envergure, célébrant le rôle décisif joué par les esclaves dans leur émancipation pendant la guerre civile et après. Souvent appelé le Jour de l'émancipation, le 19 juin 1865 marque la date à laquelle le dernier des esclaves a officiellement obtenu sa liberté. Les différents défilés et manifestations mettent en évidence le rôle décisif que les Noirs ont joué dans les nombreuses luttes pour les droits, l'égalité et la justice et continuent de le faire. Ils sont également une cible principale des attaques actuelles, notamment celles visant le droit de vote et le droit à la négociation collective, ainsi que celles qui se traduisent par des licenciements massifs de fonctionnaires fédéraux. Le Juneteenth est également l'occasion de s'opposer au racisme et à l'esclavage actuels que représente les incarcérations de masse, les personnes incarcérées étant contraintes de travailler pour rien ou presque rien.
Juneteenth
Chicago, Illinois
Orlando, Floride
Denver, Colorado
Au cours des mois de mai et juin, plus de 1 000 personnes ont pris part à des grèves de la faim et à des grèves du travail dans les camps de détention de l'ICE, que beaucoup qualifient désormais, à juste titre, de camps de concentration. Pendant plus d'un mois, des centaines de personnes du camp de Delaney Hall, à Newark, dans le New Jersey, ont mené une grève de la faim et une grève du travail, refusant de consommer la nourriture avariée qui leur était fournie et refusant d'effectuer le travail auquel elles sont contraintes pour assurer le fonctionnement de ces camps de concentration, pour un salaire d'un dollar par jour, voire moins. Le camp de Delaney Hall est géré par une entreprise privée à but lucratif, le Geo Group.
Les grévistes de Delaney ont été rejoints par de grandes foules qui se sont rassemblées quotidiennement à l'extérieur du camp de concentration, exigeant que tout le monde soit libéré, que le camp soit fermé et que les revendications pour de l'eau potable, de la nourriture comestible, des soins médicaux, des visites de la famille et des avocats et un contrôle judiciaire soient satisfaites.
Un soutien similaire a été apporté aux grèves de la faim et du travail dans d'autres camps de concentration, notamment celui de Tacoma, dans l'État de Washington, qui a connu neuf grèves en 2026, les femmes y jouant un rôle de premier plan. Des grèves ont également eu lieu dans des camps de concentration à Adelanto, en Californie, à Alvarado, au Texas, dans les installations de Prairieland, en Estancia, au Nouveau-Mexique, à Baldwin, au Michigan, et à Phillipsburg, en Pennsylvanie.
Le courage et la résistance organisée de ces grévistes, associés à un large soutien, leur ont permis de persévérer malgré des représailles massives – notamment l'utilisation de gaz poivré, l'isolement cellulaire et les transferts punitifs. Leur détermination a inspiré tous ceux et celles qui s'opposent à l'ICE en exigeant : Fermez les camps de détention ! Pas d'expulsions !
Newark, New Jersey, le 11 juin 2026
L'appui sur ses propres forces caractérise cette résistance à l'ICE, alors que des voisins et des communautés entières s'unissent pour s'entraider et se protéger. Alors que l'ICE continue de procéder à des arrestations de masse et à des détentions illégales – 10 000 personnes ont été arrêtées en 5 jours à la fin juin –, les enseignantes, les infirmiers et les fonctionnaires ont été en première ligne pour défendre les communautés et rassembler tout le monde pour exiger « Abolissez l'ICE maintenant ! »
Le 25 juin, 10 000 Autochtones et leurs alliés se sont rassemblés pour célébrer le 150e anniversaire de la victoire de la bataille de Greasy Grass, plus communément connue sous le nom de bataille de Little Bighorn. Les 25 et 26 juin 1876, les guerriers lakota, cheyennes du Nord et arapahos ont remporté l'une des victoires militaires les plus importantes des peuples autochtones contre l'armée des États-Unis. Dirigés par des chefs tels que le Hunkpapa Lakota, homme-médecine et chef Sitting Bull, le chef de guerre et stratège oglala lakota Crazy Horse, le chef de guerre et stratège hunkpapa lakota Gall, et le chef cheyenne du Nord Ooetaneo' (Two Moon), les guerriers autochtones ont vaincu George Armstrong Custer et la 7e Cavalerie le long des rives de la rivière Greasy Grass, dans l'actuel Montana. Cette célébration visait non seulement à honorer cette victoire, mais aussi à exprimer, pour aujourd'hui, l'unité, la force et la détermination des peuples autochtones dans la défense de leur souveraineté, de leur culture, de leurs traditions, de leurs terres et de leur droit d'être.
Des actions appelant à la « Vérité, égalité et liberté » ont eu lieu aux États-Unis le 27 juin. Près de 70 manifestations ont été organisées dans plus de 30 États, dont la principale à Washington. Reflétant l'esprit de nombreuses manifestations qui ont lieu, les organisateurs ont déclaré : « Avec résilience et conviction, nous défendons les libertés qui nous définissent, refusant d'être réduits au silence face à l'adversité. Nous nous souvenons que nous, le peuple, avons le pouvoir de façonner notre destin collectif. »
Leur « Déclaration d'interdépendance » a mis l'accent sur le rôle décisif du peuple : « Le progrès est incomplet et la voie à suivre n'a jamais été une ligne droite. Mais ce qui reste vrai, c'est que tout au long de notre histoire, de plus en plus de gens se sont rassemblés pour augmenter le nombre de ceux qui comptent. Toutes les transformations commencent dans les coeurs sans peur et l'imagination intrépide des gens – voyageant des marges vers le centre des récits de notre nation.
« Pour commencer les 250 prochaines années de l'histoire
des États-Unis, nous ouvrons nos coeurs et libérons notre
imagination radicale pour débloquer une nation définie par
l'interdépendance, où chacun peut participer, prospérer et
atteindre son plein potentiel. Une nation gouvernée par et pour
le peuple – tous les peuples. Nous, le peuple des États-Unis,
nous engageons à travailler ensemble pour faire de cette vision
une réalité. »
Le 18 juin, les travailleurs de l'automobile ont réussi à
convaincre leur syndicat de se désinvestir de 400 000 dollars
d'obligations israéliennes, prenant ainsi position contre le
génocide. Le vote a eu lieu au 39e congrès constitutionnel de
l'United Auto Workers (UAW) à Détroit, dans le Michigan. Les
délégués de l'organisation « Unite All Workers for Democracy »
(UAWD), représentant les membres de l'UAW à travers tout le
pays, ont imposé l'inscription de cet amendement à l'ordre du
jour du congrès constitutionnel. Les délégués au congrès ont
ensuite voté en faveur du désinvestissement, marquant ainsi une
victoire pour la mobilisation de la base en appui à la
Palestine. Les travailleurs ont ainsi renversé une tendance
vieille de plusieurs décennies consistant à mettre de côté les
questions de solidarité internationale et à faire taire la cause
de la libération de la Palestine.



Action à Washington, DC dans le cadre des manifestations du 27
juin « Pour la vérité et la liberté »
Une autre forme de résistance a lieu lors des élections primaires dans de nombreux États. Les primaires déterminent qui sera le candidat des démocrates aux élections de mi-mandat de novembre 2026. Les choix que fait le peuple représentent la position ferme contre la guerre et le génocide, en soutien à la Palestine, pour l'abolition de l'ICE et pour le droit au logement et le droit à un moyen de subsistance. Malgré les sommes colossales investies par la Commission sioniste américaine des affaires publiques israéliennes (AIPAC) et d'autres réactionnaires pour vaincre les candidats que le peuple choisit, ceux qui défendent la Palestine et les droits ont remporté les courses fédérales et d'État.
Les défenseurs de la cause palestinienne ont dominé les primaires à New York, considérée comme un bastion des sionistes, où Claire Valdez et Darializa Avila Chevalier ont toutes deux remporté leurs primaires au Congrès, créant la surprise. L'AIPAC a injecté plus de 650 000 dollars pour faire échouer la candidature de Mme Avila mais a perdu. Au sein de l'assemblée législative de l'État de New York, Aber Kawas sera le premier Étasunien d'origine palestinienne à siéger au Sénat de l'État de New York et trois candidats propalestiniens siégeront à l'Assemblée de l'État de New York. À New York, la primaire démocrate garantit pratiquement l'élection en novembre.
D'autres candidats au Congrès soutenant la Palestine et défendant des positions antiguerre et prosociales ont remporté des élections à Dallas et à Philadelphie. Dans le New Jersey, le Dr Adam Hamawy, qui s'est rendu à Gaza pour fournir une assistance médicale, a gagné.
À Denver, dans le Colorado, Melat Kiros a gagné, renversant un élu démocrate en place depuis 30 ans qui refusait d'appeler à un embargo sur les armes pour mettre fin au génocide des Palestiniens. Dans les dernières semaines, des sommes importantes ont afflué dans cette campagne, provenant notamment de l'AIPAC, d'Amazon et de Lockheed Martin, mais le peuple a gagné, et Melat Kiros a été élu.
Dans tous les cas, les élections ont représenté la position ferme antiguerre et pro-Palestine du peuple et une organisation massive de porte-à-porte. À New York, les bénévoles et les militants ont frappé à des dizaines de milliers de portes et des discussions ont eu lieu partout, tandis qu'à Denver c'est plus de 100 000 foyers qui ont été visités. Diverses organisations ont rassemblé leurs forces pour mener ces campagnes et pour engager la population dans des discussions politiques. Les élections sont ainsi utilisées comme une forme d'organisation de la résistance, une façon de faire valoir les revendications du peuple contre le génocide, pour l'abolition de l'ICE et pour ses droits, et de donner tout son sens à ce que signifie pour lui : « Nous, le peuple ».
Manifestations pour « la vérité, l'égalité et la liberté
», le 27 juin 2026


New York


Fort Lauderdale, Floride


Chicago, Illinois; Oakland, Californie
Célébrer la résistance et bâtir
l'unité
dans la lutte le 4 juillet 2026
Action à Washington dans le cadre
des manifestations du 27 juin « Pour la vérité, l'égalité et la
liberté »
Rejetant le génocide et la répression exercés par l'État étasunien, les peuples des États-Unis se mobilisent pour célébrer la résistance et bâtir leur unité combattante dans la lutte à l'occasion du 4 juillet. Des activités de toutes sortes vont rassembler les nombreuses organisations qui défendent les droits et s'opposent à la guerre, pour partager leurs expériences et discuter du travail à accomplir pour bâtir des solutions de rechange au système dysfonctionnel actuel. Partout, l'administration Trump est dénoncée pour sa tyrannie, sa violence extrême et ses guerres d'anéantissement. Ensemble, les participants prennent position : Pas en notre nom ! Pas dans nos communautés ! Non à la guerre ! Non à l'ICE !
Les peuples autochtones tiennent des pow-wow du 3 au 5 juillet pour célébrer leur longue résistance résolue à la défense de leur souveraineté, de leurs droits et de leur rôle de gardiens de leurs territoires depuis des millénaires. Les pow-wow rassemblent les nations et les communautés, nourrissent la mémoire collective et les traditions et veillent à la transmission des langues et de la culture de la résistance.
Des rassemblements et manifestations ont lieu le 4 juillet à Chicago, à Los Angeles et dans plusieurs autres villes. À Chicago, l'une des initiatives vise à unir les forces qui luttent contre la guerre et en solidarité avec la Palestine. Ainsi, une manifestation est appelée sur Michigan Avenue sous le mot d'ordre : « L'indépendance pour tous : fin au génocide des États-Unis à Gaza ».
À Atlanta, en Géorgie, une
Mobilisation nationale contre les génocides a lieu le 4 juillet
au parc Malcolm X. De nombreuses organisations s'y réunissent
pour travailler ensemble, échanger leurs expériences et discuter
des moyens de renforcer l'unité des mouvements populaires pour
les droits. Le projet de créer le Sénat du peuple, comme espace
alternatif pour les peuples, un endroit où débattre des
solutions aux problèmes actuels, prendre des décisions et
s'organiser pour les mettre en oeuvre, se poursuit. Dans son
appel à l'action, la coalition Spirit of Mandela
(spiritofmandela.org) déclare :
« La coalition Spirit of Mandela, poursuivant le travail du Tribunal international de 2021 qui a reconnu le gouvernement des États-Unis COUPABLE DE GÉNOCIDE contre les peuples noirs, bruns et autochtones, commémorera plus de 250 années de résistance ininterrompue. Nous célébrerons la construction de nouveaux mouvements populaires, de fronts unis, d'alliances internationales et d'initiatives locales qui combattent avec détermination le génocide moderne, l'impérialisme, l'oppression suprémaciste blanche et l'injustice.
« Au XIXe siècle, l'abolitionniste Frederick Douglass demandait : que représente le 4 juillet pour l'esclave ? Dans l'héritage de Crazy Horse, du révérend Nat Turner, de Gabriel Prosser, de Denmark Vesey, d'Harriet Tubman, de Lolita Lebron et de tous les combattants de la liberté au cours de l'histoire, nous répondons en profitant de ce moment pour redoubler d'efforts afin de construire et de relier des mouvements de masse et des mouvements populaires véritablement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »
Une autre manifestation, intitulée « No Kings, Stop War with Iran » (« Pas de rois, arrêtons la guerre contre l'Iran »), a lieu à Beverly, au Massachusetts. Les organisateurs écrivent :
« La guerre illégale et violente menée par Trump contre l'Iran s'intensifie, et le Congrès est placé devant un choix. Républicains et démocrates doivent décider s'ils se rangeront du côté de leurs électeurs, de la majorité des Étasuniens qui s'opposent à cette guerre, ou s'ils appuieront la violence de Trump et du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, quels qu'en soient les coûts humains et économiques. [...] Nous devons faire comprendre à Trump et à son parti que le peuple étasunien n'acceptera pas une nouvelle guerre coûteuse et insensée au Moyen-Orient, qui nuit à tous, ici comme à l'étranger. Amenez vos pancartes, vos drapeaux et vos amis. »
Les résidents de Washington, DC, s'opposent également à la militarisation répressive imposée à leur ville par les autorités. À l'occasion du 4 juillet, la présence policière est considérablement renforcée, avec le déploiement de 5 000 militaires ainsi que d'importants effectifs des forces de l'ordre fédérales, notamment l'ICE et le FBI. Les mesures répressives entourant ce qui est habituellement une fête familiale consacrée aux feux d'artifice atteignent désormais un niveau de répression comparable à celui d'une investiture présidentielle. Une liste d'objets interdits prévoit notamment que les personnes portant un sac à dos, une glacière, une chaise pliante, de la crème solaire, un chasse-moustiques, un parapluie ou même une bouteille d'eau se verront refuser l'accès au site.
Trump a annoncé qu'il prononcerait un long discours dans lequel il se présentera comme le révolutionnaire poursuivant la révolution de 1776. En réalité, c'est la contre-révolution qu'il poursuit, celle qui s'est opposée hier comme aujourd'hui aux luttes des peuples pour le progrès et pour une démocratie répondant à leurs intérêts.
Lorsque Trump a inauguré, le 24 juin, sa « Great American State Fair », la foule s'est dirigée vers les sorties pendant qu'il prenait la parole. La fréquentation de cette foire est demeurée faible. Puisque la population dénonce déjà les mesures répressives imposées et que les feux d'artifice du 4 juillet ont été retardés en raison de la présence de Trump, il y a fort à parier que les rassemblements prévus ce jour-là soient eux aussi peu nombreux.
Pour les peuples des États-Unis, l'esprit qui anime cette journée est celui de la résistance à toutes les mesures répressives et oppressives imposées par l'État étasunien, renforçant leur internationalisme et leur organisation pour engendrer des solutions de rechange répondant à leurs intérêts et favorisant leur empouvoirement en tant que décideurs.
Participation militante aux journées internationales d'action pour Cuba

National Nurses United, le plus grand syndicat d'infirmières
diplômées du pays, et la députée Delia Ramirez ont tenu une
conférence de presse à Washington le 30 juin 2026 pour exiger la
fin du blocus imposé par l'administration Trump sur les
livraisons de pétrole à destination de Cuba. L'organisation
Global Health Partners, qui uvre pour fournir à Cuba du matériel
médical et des médicaments indispensables, était également
présente.
Partout aux États-Unis, des personnes de tous horizons continuent de s'opposer aux sanctions injustes, illégales et génocidaires imposées par les États-Unis à Cuba, ainsi qu'à leurs menaces de guerre contre ce pays. Ces actions constituent un nouvel exemple de la combativité des travailleurs et de leur esprit internationaliste, qui les pousse à s'unir pour défendre les droits de tous, tant dans leur pays qu'à l'étranger.
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Une semaine internationale d'action est en cours depuis le 28 juin et culmine avec des actions le 4 juillet. Le Réseau national sur Cuba (NNOC) précise que ces actions sont appelées « pour que, le 4 juillet, alors que les États-Unis célèbrent leur indépendance, nous dénoncions l'hypocrisie d'une nation qui refuse celle de Cuba ». « Alors que les États-Unis intensifient le blocus, utilisent l'accès au carburant comme arme, maintiennent Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme et menacent de renverser par la force le gouvernement cubain, nous répondons avec la même fermeté, la même dignité et le même refus que Fidel a incarnés pendant plus d'un demi-siècle. »
Bravant le blocus et avec détermination, des groupes continuent de collecter et d'envoyer une aide humanitaire essentielle à Cuba, trouvant des moyens, par voie aérienne et maritime, d'acheminer ces fournitures jusqu'à Cuba malgré le blocus.
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Par ailleurs, le 3 juin a été marqué par une grande participation à la Journée internationale d'action pour Cuba. Dans son appel à cette Journée d'action, le NNOC a souligné : « Cette date marque le cinquième mois depuis l'invasion du Venezuela par les États-Unis, qui a coûté la vie à une centaine de personnes, dont 32 courageux Cubains, et a conduit à l'enlèvement du président démocratiquement élu Nicolas Maduro et de la première dame Cilia Flores. Le 3 juin coïncide également avec le 95e anniversaire de naissance du héros révolutionnaire cubain Raul Castro Ruz. »
Les pancartes, bannières et discours prononcés lors de toutes ces actions ont envoyé un message clair : le peuple étasunien s'oppose farouchement aux menaces de guerre des États-Unis contre Cuba et au régime de sanctions brutales. Lors de la manifestation à Chicago le 3 juin, un membre du groupe About Face : Veterans Against the War s'est adressé à la foule. Il a dit qu'aujourd'hui, il n'était pas fier de son passage dans la marine et qu'il avait particulièrement honte d'avoir travaillé dans les prisons de torture de la base navale des États-Unis à Guantanamo. Il a expliqué qu'« About Face » reconnaît et dénonce la guerre menée depuis des décennies contre Cuba et qu'il est solidaire de Cuba et de son peuple.
Semaine d'action du 28 juin au 4 juillet

Conférence de presse, Washington, DC, le 30 juin 2026

Détroit, Michigan, le 30 juin 2026


Grand Rapids, Michigan, 30 juin 2026
Journée d'action du 3 juin

Brooklyn, New York


Nashville, Tennessee


Chattanooga, Tennessee

San Antonio, Texas


Richmond, Californie
Célébration de la victoire de
la bataille
de Greasy Grass

Des milliers d'Autochtones et alliés se sont réunis au Montana pour célébrer le 150e anniversaire de la victoire de la bataille de Greasy Grass, connue dans les manuels d'histoire étasuniens sous le nom de bataille de Little Bighorn.
La célébration comprenait une reconstitution historique au cours de laquelle des centaines de guerriers à cheval sont entrés sur le champ de bataille avant de former un grand cercle, symbole de leur unité. Cette mise en scène exprimait l'unité des différentes nations présentes, rappelant celle qui s'était produit lors de la bataille de Greasy Grass, les 25 et 26 juin 1876.
À cette époque, les guerriers lakotas, cheyennes du Nord et arapahos remportèrent une importante victoire militaire contre le 7e Régiment de cavalerie de l'armée étasunienne, infligeant notamment une défaite décisive qui coûta la vie au lieutenant-colonel George Custer. Sitting Bull, Crazy Horse, Gall, Two Moon et les autres chefs qui ont dirigé cette victoire ont joué un rôle déterminant dans la résistance organisée contre le génocide perpétré par l'armée des États-Unis.
Pour les peuples autochtones, la bataille de Greasy Grass était une question d'honneur et de droit d'être. Cette position s'est transmise de génération en génération, en particulier au sein des nations qui ont combattu lors de cette bataille.
Les Lakotas et les Cheyennes ne cherchaient pas la guerre. Ils défendaient les terres qu'ils protégeaient et entretenaient depuis des générations, terres qui leur étaient garanties par le traité de Fort Laramie de 1868. Ce traité reconnaissait les Black Hills et les vastes territoires environnants comme appartenant au peuple lakota. Lorsque de l'or a été découvert dans les Black Hills, les États-Unis ont violé ce traité, comme ils l'ont fait pour les nombreux traités conclus avec les peuples autochtones.
Cette commémoration visait à rendre hommage à la résistance et à entretenir la mémoire collective du courage des ancêtres qui, unis face à un ennemi largement supérieur en nombre et en puissance, ont défendu leur souveraineté et leur mode de vie.
La victoire elle-même a toutefois été de courte durée. Quelques
mois plus tard, les États-Unis ont déclenché une vaste campagne
militaire contre les Lakotas et les Cheyennes. Les peuples
autochtones ont été soumis à des attaques incessantes, à la
famine, à l'emprisonnement, aux déplacements forcés et au
génocide. Les Black Hills ont été confisquées malgré les
garanties du traité. Mais le souvenir et la reconnaissance de la
victoire de Greasy Grass, ainsi que de l'unité, de la force, de
la sagesse et de la détermination dont les peuples autochtones
ont fait preuve, demeurent vivants aujourd'hui, alors qu'ils
continuent d'affirmer leurs droits et de dénoncer le génocide
commis par les États-Unis.
(Avec des informations de Native News Online)
Grèves de la faim et grèves du travail dans plusieurs centres de détention pour exiger la fermeture de tous les camps de détention


Camp de détention de Delaney Hall, juin 2026
En mai et juin, plusieurs grèves de la faim et du travail ont été menées par les personnes injustement emprisonnées dans des camps de détention à travers le pays pour dénoncer leurs conditions de vie épouvantables et exiger la fermeture de tous ces camps de concentration. De nombreuses personnes détenues dans ces camps vivent aux États-Unis depuis des années. La plupart ne font l'objet d'aucune poursuite pénale. Elles sont arrêtées et détenues de manière arbitraire, alors que l'ICE terrorise des communautés entières.
Les femmes jouent un rôle de premier plan dans ces grèves. La colère est grande, non seulement face à ces détentions abusives et à ces conditions de vie, mais aussi parce que des jeunes filles détenues, dont beaucoup sont des mineures non accompagnées, sont victimes de viols et se retrouvent désormais enceintes. Elles sont transférées vers un centre de détention au Texas afin d'être isolées. Mais, tout comme les femmes et l'ensemble des personnes détenues, elles refusent de se taire et ripostent.

Rassemblement de solidarité devant le centre de détention de
Delaney Hall à Newark, dans le New Jersey, en soutien aux
grévistes de la faim et du travail, le 21 juin 2026
Des grèves ont eu lieu au centre de détention de Delaney Hall à Newark, dans le New Jersey. Un autre camp de concentration, situé à Tacoma, dans l'État de Washington, a connu neuf grèves en 2026. À Alvarado, au Texas, les personnes contraintes de vivre dans ce camp ont également faire la grève, tout comme celles de Phillipsburg, en Pennsylvanie, et de Baldwin, dans le Michigan. La grève à Adelanto, en Californie, a débuté en mai. Ces actions expriment clairement le mot d'ordre Aucun être humain n'est illégal ! et la défiance généralisée qui caractérise les luttes pour les droits aujourd'hui.
Les grévistes refusent de s'alimenter, mais aussi de travailler. Leur travail sert à faire fonctionner ces établissements, ce qui se traduit par des profits encore plus importants pour les monopoles carcéraux privés qui les gèrent. Ces derniers sont tristement célèbres et font l'objet de nombreuses poursuites judiciaires en raison de leurs conditions de détention déplorables et inhumaines, mais le gouvernement continue de leur attribuer des contrats de plusieurs milliards de dollars.
L'American Civil Liberties Union (ACLU), dans un rapport sur la situation à Delaney Hall, mentionne une lettre ouverte signée par près de 300 personnes qui fait état de négligence médicale, de nourriture avariée ou insuffisante ainsi que d'autres conditions inhumaines. Les grévistes de la faim ailleurs au pays rapportent le même type de conditions. Ils reçoivent l'appui de leurs proches, de membres de la communauté et d'organisations de défense des droits et de soutien juridique.
Les responsables pénitentiaires ont réagi avec brutalité, en ripostant violemment, notamment en recourant à la torture que constituent l'isolement cellulaire et les transferts punitifs. Tant les détenus à l'intérieur que les manifestants à l'extérieur ont été aspergés de gaz poivré et ont subi des violences, y compris à l'encontre de congressistes qui tentaient d'exercer leur mission de contrôle.
L'ACLU écrit que « l'ICE a tenté de dissimuler ce qui se passe à l'intérieur du centre, refusant d'abord l'accès aux inspecteurs de la santé, tandis que les familles étaient empêchées de rendre visite à leurs proches ». Elle ajoute que les personnes détenues à Delaney Hall « exigent la libération des personnes vulnérables sur le plan médical, des personnes âgées, des femmes enceintes et des jeunes; que les juges de l'immigration examinent véritablement leurs dossiers; que les tribunaux fédéraux puissent se prononcer sur leurs requêtes en habeas corpus; et que le département de la Sécurité intérieure mette fin à la pratique consistant à faire pression sur les personnes détenues pour qu'elles signent des accords de départ volontaire ou des documents de déportation. »
L'ACLU ajoute : « Cinq des six établissements sont exploités par des sociétés privées de gestion de prisons – dont quatre par GEO Group seulement, une entreprise qui a reçu plus d'un milliard de dollars en paiements fédéraux l'an dernier et dont un ancien dirigeant occupe aujourd'hui les fonctions de directeur par intérim de l'ICE. Ces grèves, tout comme le nombre record de décès en détention – 50 personnes sont mortes depuis janvier 2025 – ne sont pas des anomalies. Elles constituent la conséquence tout à fait prévisible d'une administration qui s'est explicitement fixé pour objectif de détenir jusqu'à 100 000 personnes, qui a injecté des milliards de dollars dans l'expansion d'un système déjà marqué par les abus, et qui considère la reddition de comptes et les mécanismes de surveillance comme des obstacles à surmonter plutôt que comme des garanties destinées à protéger les personnes. Un système qui croît aussi rapidement, avec autant d'argent et si peu, voire aucune, reddition de comptes ne risque pas seulement l'échec : il le rend inévitable. »
La position et les revendications largement partagées, qui reviennent sans cesse lors des nombreuses manifestations de toutes sortes qui ont lieu, sont : Fermez les camps de détention dès maintenant ! Abolissez l'ICE !

Delaney Hall
(Avec des informations de l'ACLU, Jersey Vindicator)
Les communautés s'opposent à l'expansion des camps de concentration

Manifestation contre l'ICE, Milwaukee (Wisconsin), 2 juillet
2026
Partout aux États-Unis, des communautés et des municipalités repoussent avec succès les tentatives de l'administration Trump d'étendre le réseau de centres de détention pour immigrants administrés par le Service de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE). Des démarches sont entreprises pour acquérir de vastes entrepôts et utiliser des installations militaires pouvant détenir jusqu'à 100 000 personnes en tout temps.
Cette expansion témoigne d'une intensification des attaques contre les immigrants et les réfugiés, mais aussi contre les manifestants et toute personne qui défend les droits. Ainsi, les Prairieland 9, qui avaient manifesté devant le centre de détention de Prairieland, au Texas, le 4 juillet 2025, ont été condamnés à des peines exceptionnellement lourdes totalisant 450 années d'emprisonnement, dont une peine de 100 ans, simplement pour avoir manifesté leur solidarité avec les personnes détenues.
Dans des communautés du Maryland, du Mississippi, du Minnesota, de l'Oklahoma, de l'Utah, de la Virginie et d'autres États, la population s'est mobilisée pour accueillir et protéger les immigrants et les réfugiés, tout en exigeant que l'ICE quitte leurs communautés et soit abolie. Des responsables municipaux figurent parmi ceux qui s'opposent à ces projets, soulignant que ces entrepôts, appelés à accueillir des milliers de personnes, exerceraient une pression extrême et insoutenable sur les réseaux d'aqueduc et d'égouts. Certains de ces bâtiments ne disposent que de trois ou quatre toilettes pour des milliers de détenus.
Le Detention Watch Network rapportait le 21 mai : « La municipalité de Social Circle, en Géorgie, a intenté une poursuite contre l'ICE en raison du projet de l'agence de transformer un entrepôt local en un immense centre de détention pouvant accueillir 10 000 personnes. Depuis plusieurs mois, l'ICE s'emploie à ouvrir cette installation sans respecter les règlements environnementaux ni consulter la municipalité et la communauté locale.
« L'ICE repère, achète et aménage des entrepôts partout au pays afin de les convertir en centres de détention pour immigrants pouvant chacun accueillir entre 1 500 et 10 000 personnes. Ces entrepôts de détention s'inscrivent dans le plan d'expansion de la détention de masse du régime Trump, qui imposera un fardeau énorme aux infrastructures locales, notamment aux routes, aux réseaux d'aqueduc et d'égouts, aux services d'urgence et à d'autres ressources publiques essentielles. À Social Circle, une ville de seulement 5 000 habitants, le projet ferait plus que tripler la population locale, nécessiterait plus d'un million de gallons supplémentaires d'eau potable chaque jour et exigerait une capacité de traitement des eaux usées bien au-delà des installations existantes.
« Enfermer des personnes dans de vastes centres de détention improvisés accroîtra de façon exponentielle les risques d'abus, de propagation de maladies infectieuses et de décès sous la garde de l'ICE. En les coupant de leurs proches et de leurs réseaux de soutien, l'ICE les soumet à des conditions conçues pour entreposer des marchandises, et non des êtres humains. »
Des défenseurs des droits ont également publié les déclarations suivantes.
Nery Lopez, organisateur principal au Detention Watch Network : « Toute détention liée à l'immigration est fondamentalement inhumaine et marquée par les abus. Le modèle des entrepôts actuellement mis de l'avant par l'ICE est particulièrement révoltant. Les êtres humains ne sont pas des marchandises que l'on peut transporter, entreposer, abandonner et exploiter à des fins lucratives dans des entrepôts de détention ou dans quelque centre de détention que ce soit. Les communautés locales, d'un bout à l'autre du pays, sont très claires – elles ne veulent ni centres de détention ni entrepôts de détention, et elles lutteront de toutes leurs forces pour empêcher l'ICE de les imposer. Nous exigeons la fin de l'expansion cruelle de la détention de masse menée par Trump et la fermeture définitive de tous les centres de détention. »
Priyanka Bhatt, avocate principale à Project South, au sujet du refus de Social Circle d'accueillir un camp de concentration : « Le mépris de cette administration pour la vie humaine a atteint un nouveau degré. C'est une abomination que des entrepôts construits pour la fabrication et l'entreposage de marchandises soient transformés en prisons destinées à enfermer des milliers d'êtres humains partout au pays. Mais nous ne garderons pas le silence. Nous exprimons notre solidarité avec Social Circle et avec tous les actes courageux de résistance et de résilience qui, partout aux États-Unis, s'opposent aux attaques de cette administration contre nos communautés. »
Samantha Hamilton, avocate principale à Asian Americans Advancing Justice – Atlanta : « Chaque fois qu'un centre de détention a été ouvert en Géorgie, cela n'a pas rendu les communautés plus sûres. Au contraire, cela a étendu le champ de violence de l'ICE, depuis l'intérieur des établissements – où les personnes détenues sont régulièrement victimes d'agressions et de déshumanisation – jusqu'aux communautés environnantes. Mais les habitants de Social Circle ont dit non. Dès le départ, la tentative de l'ICE de tromper la population et d'imposer ce projet d'entrepôt de détention s'est heurtée à une vive résistance. Nous saluons les citoyens de Social Circle pour avoir pris la décision de poursuivre l'administration Trump en justice afin de résister à la terreur exercée par l'ICE. »
(Avec des informations du Detention Watch Network)
«Alligator Alcatraz» contraint de fermer ses portes moins d'un an après son ouverture

Depuis 2025, des vigiles hebdomadaires sont organisées pour
réclamer la fermeture d'«Alligator Alcatraz» et la libération
des détenus. Ci-dessus: vigile du 31 mai 2026. Suite à la
fermeture du camp de concentration, la dernière vigile a eu lieu
le 21 juin 2026.
Le 17 juin, le camp de concentration ouvert le 3 juillet 2025 au coeur des Everglades, en Floride – cyniquement surnommé « Alligator Alcatraz » par l'administration Trump – a été contraint de fermer à la suite d'une résistance populaire soutenue. Plutôt que d'être libérées, comme l'exigeaient avec raison les nombreuses personnes qui y étaient détenues, celles-ci ont été transférées vers d'autres centres de détention par le Service de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE). Les familles et les avocats sont souvent laissés dans l'ignorance quant au lieu où ces personnes ont été envoyées, certaines disparaissant du système pendant des semaines. En plus de servir à la détention, la piste d'atterrissage aménagée à proximité du camp de tentes a été utilisée pour procéder à l'expulsion illégale de 22 000 personnes.
Dès son ouverture, « Alligator Alcatraz » a suscité
une vive opposition. Des vigiles hebdomadaires ont réuni des
personnes venues de toute la Floride et des États voisins pour
manifester devant le site et exiger sa fermeture. La nation
miccosukee a souvent été à l'avant-garde de cette résistance,
aux côtés de groupes de défense de l'environnement et
d'organisations de défense des droits des travailleurs et des
immigrants. Ensemble, ils poursuivent toujours leur recours
judiciaire afin d'obtenir la fermeture définitive du camp.
Les Miccosukees soulignent qu'ils n'ont jamais été consultés, que le camp a profané des terres sacrées et qu'il a ignoré dès le départ leur souveraineté autochtone. Ils protègent ces terres depuis des générations et ont refusé d'accepter l'installation de ce camp de concentration. Comme l'écrit Native News Online : « Pour le peuple miccosukee et ses alliés, la lutte contre "Alligator Alcatraz" n'a jamais porté uniquement sur un centre de détention. Il s'agissait de défendre les Everglades, de protéger des terres ancestrales sacrées et d'obliger les gouvernements à reconnaître que les voix des peuples autochtones ne peuvent plus être ignorées. » Ensemble, ils ont défendu les droits des personnes détenues et obtenu la fermeture du camp.
La population de la Floride est également indignée de voir que l'État a consacré plus d'un million de dollars par jour au fonctionnement de cette ville de tentes inhumaine, pour un coût total estimé à un milliard de dollars, alors même que le droit au logement pour tous, un problème pourtant grave dans l'État, demeure largement insatisfait.
Par esprit de représailles, l'ICE s'est assurée que de nombreux membres des familles et avocats ne soient pas informés des transferts effectués. Katie Blankenship, avocate spécialisée en droit de l'immigration à Sanctuary of the South, a indiqué que les 50 personnes qu'elle et d'autres avocats avaient conseillées bénévolement au cours des vingt derniers jours avaient toutes été transférées d'« Alligator Alcatraz » vers d'autres centres de détention situés dans le sud de la Floride, en Californie, en Arizona, en Louisiane et au Texas. « Ils sont tous partis, a déclaré Mme Blankenship. Ils ont été transférés et engloutis dans le système, devenant injoignables pour leurs familles ou leurs avocats, généralement pendant environ une semaine. »
Elle précise n'avoir reçu aucun avis officiel; elle n'a découvert ces transferts que lorsque ses clients ne se sont pas présentés à leurs audiences ou n'ont pas répondu aux appels téléphoniques. Elle a dû les retrouver elle-même. Pour les familles qui ne disposent pas d'un avocat, retrouver leurs proches est encore plus difficile.
Renata Bozzetto, directrice adjointe de la Florida Immigrant Coalition, souligne que, même si le centre ferme, les préjudices ne prendront pas fin. « Bon nombre des personnes qui y étaient détenues seront transférées vers d'autres centres de détention, tandis que leurs familles continueront de vivre dans l'adversité et l'incertitude, a déclaré Mme Bozzetto. Lorsque ce camp de détention fermera, de nombreuses entreprises privées et sous-traitants repartiront avec des millions de dollars de profits, tandis que les familles immigrantes devront continuer à en subir les conséquences. »
Le 17 juin, le Center for Biological Diversity a publié un communiqué annonçant que : « Les organisations environnementales poursuivront leur recours judiciaire contre "Alligator Alcatraz", alors que le gouvernement fédéral a transféré toutes les personnes détenues hors de ce centre de détention de masse situé au coeur des Everglades. [...] Friends of the Everglades et le Center for Biological Diversity, qui avaient intenté une poursuite contre les administrations Trump et DeSantis en juin 2025, ont réaffirmé leur détermination à retourner devant les tribunaux ce mois-ci afin de faire cesser les dommages et d'obtenir la restauration complète du site. »
« Nous ne cesserons pas nos efforts tant que le
gouvernement n'aura pas été tenu responsable d'avoir violé la
loi et trahi la confiance du public, a déclaré Tania Galloni,
avocate principale au bureau régional d'Earthjustice en
Floride. Il est réjouissant que les personnes détenues aient été
retirées de cette installation dévastatrice. Mais les risques
pour les êtres humains et pour l'environnement demeurent. Nous
devons maintenant faire en sorte qu'une telle situation ne
puisse plus jamais se reproduire. »



Veillée, 31 mai 2026
(Avec des informations de l'Associated Press, du Center for Biological Diversity et de Native News Online)
Un concert pour marquer le
premier anniversaire
de «No Kings Day»


Événement organisé à Bozeman, dans le Montana, le 14 juin 2026,
en parallèle du concert « Rise Up, Sing Out » à New York. Des
événements et des soirées de visionnage ont eu lieu à différents
endroits.
Le 14 juin était le premier anniversaire de la première mobilisation du « No Kings Day », Journée « pas de roi », l'une des plus grandes mobilisations de l'histoire récente des États-Unis, avec la participation de quelque 6 millions de personnes dans tous les États. Les manifestations du « No Kings Day » qui ont suivi ont réuni 8 millions de personnes dans tous les États, avec des banderoles et des pancartes exprimant clairement l'engagement envers les droits et contre la tyrannie et la guerre. Pas de rois, pas de colonies, pas de génocide !
Une célébration de l'anniversaire
de la première mobilisation a eu lieu à New York sous le
thème : « Rise Up, Sing Out : A Concert for the
First Amendment » (Levez-vous, chantez haut et fort :
Un concert pour le premier amendement). Le premier amendement
est l'un des dix amendements à la Constitution des États-Unis
qui composent la Déclaration des droits. La Déclaration
des droits n'a été intégrée à la Constitution qu'au terme
d'une lutte acharnée des peuples. Le premier amendement
stipule : « Le Congrès n'adoptera aucune loi relative
à l'établissement d'une religion, ou à l'interdiction de son
libre exercice; ou pour limiter le droit de parole, ou celle de
la presse; ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement
ou d'adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir
réparations des torts subis. »
Ces droits, reconnus et affirmés par le peuple, font depuis longtemps l'objet d'attaques brutales, bien que la Constitution confère en réalité le pouvoir de décider au Congrès, et non au peuple. Ces attaques se sont intensifiées, visant notamment les nombreuses actions menées par des étudiants sur les campus en soutien à la Palestine, celles qui dénoncent l'ICE, les travailleurs qui respectent les lignes de piquetage pour bloquer les livraisons de matériel de guerre à Israël, les universitaires, les enseignants et bien d'autres encore qui défendent leur droit de parole, d'assemblée et de réunion.
Le concert de 90 minutes était un acte de résistance en faveur du droit d'expression et a donné lieu à des prestations et des interventions de nombreuses personnalités culturelles de renom, telles que Jane Fonda, Bette Midler, Julia Roberts, Lily Gladstone et Robert De Niro. L'événement a été retransmis en direct à des centaines de milliers de personnes.
Outre diverses chansons de protestation, les intervenants ont dénoncé les attaques de l'administration Trump contre les droits, les artistes et les travailleurs culturels, ainsi que contre les personnes LGBTQ+, en particulier les personnes transgenres. Lily Gladstone, de la nation des Blackfeet, a évoqué les familles déplacées et déchirées et rappelé que les peuples autochtones subissent ce traitement depuis des siècles. Julia Roberts a récité un poème en hommage à Renée Nicole Good, abattue par les services de l'immigration et des douanes (ICE) à Minneapolis le 7 janvier.
Le concert était organisé par le Comité pour le Premier
Amendement, qui se décrit comme « un vaste collectif
d'artistes, de conteurs et de leaders culturels unis pour
défendre la liberté d'expression contre la répression
gouvernementale, la complicité de l'industrie et
l'intimidation ». La première version de ce comité a été
créée en 1947, pendant la répression maccarthyste, une campagne
anticommuniste mais aussi anti-peuple. À l'origine, il visait à
soutenir les « Hollywood Ten », ces scénaristes mis
sur liste noire par McCarthy et sa Commission sur les activités
anti-américaines (HUAC) pour leur association présumée avec des
communistes. Il a ensuite élargi son champ d'action pour
s'opposer à la persécution d'élus, de fonctionnaires,
d'universitaires et d'autres personnes en raison de leurs
convictions politiques. Selon les médias, le comité a été
relancé à l'initiative de Jane Fonda à la suite de l'élection de
Donald Trump pour un second mandat à la présidence des
États-Unis.

Le concert en rediffusion directe à Salem, en Alabama, le 14
juin 2026
(D'après des informations du First Amendment Committee et du Guardian)
À titre d'information
Vaste réseau de prisons et de camps de concentration pour immigrants
Action devant un site de la Coupe du monde,
Arlington, Texas, 14 juin 2026
Le Detention Watch Network (DWN) indique que le gouvernement des États-Unis gère le plus grand système de détention au monde, actuellement utilisé principalement pour les immigrants et les réfugiés, mais qui, compte tenu de son expansion continue, est également destiné à tous ceux qui résistent. Au cours de l'exercice fiscal 2025, le DWN indique que le gouvernement « a détenu plus de 310 000 personnes dans un vaste réseau de plus de 200 centres de détention, prisons et établissements pénitentiaires au pays ». En juin 2026, on estime que l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) détient au moins 60 000 personnes au quotidien. Ce chiffre est en baisse par rapport au record de 73 000 personnes atteint à la mi-janvier. À présent que l'ICE s'efforce à nouveau de procéder à 10 000 arrestations par semaine, ce nombre devrait remonter.
Ces camps de détention de masse, injustes et illégaux, sont à juste titre qualifiés de « camps de concentration », avec toute la charge historique que ce terme véhicule, qu'il s'agisse de ceux créés par les nazis ou de ceux mis en place par les États-Unis et le Canada pour interner des Japonais, des Ukrainiens, des communistes et d'autres personnes, souvent accusées sans fondement d'être des « ennemis étrangers », pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le Musée national américano-japonais souligne qu'« un 'camp de concentration' est défini au sens large comme un lieu où des personnes sont emprisonnées non pas parce qu'elles sont coupables d'un crime quelconque, mais simplement en raison de leur identité ». Pour sa part, le Musée du Mémorial de l'Holocauste des États-Unis écrit : « Ce qui distingue un camp de concentration d'une prison (au sens moderne du terme), c'est qu'il fonctionne en dehors du système judiciaire. Les prisonniers ne sont ni inculpés ni condamnés pour aucun crime à l'issue d'une procédure judiciaire. »
Alors que les dirigeants recourent de plus en plus à la violence et à la répression face à l'absence de solutions, les Étasuniens se soulèvent contre l'ICE d'un bout à l'autre du pays et exigent la fermeture de tous les camps ainsi que l'arrêt de toute expansion.
Le Detention Watch Network précise : « Les immigrés en détention peuvent être des immigrés sans papiers ou en situation régulière, y compris des personnes dont le statut d'immigration n'est pas à jour, a expiré ou fait l'objet d'un réexamen. Les États-Unis emprisonnent des survivants de la torture, des demandeurs d'asile, des titulaires de visa, des personnes à qui le droit de résidence permanente aux États-Unis a été accordé, des personnes qui vivent ici depuis des décennies et qui peuvent avoir un conjoint et des enfants citoyens étasuniens, des personnes souffrant de troubles mentaux ou de pathologies médicales, ainsi que d'autres groupes vulnérables. Le gouvernement emprisonne également des parents avec leurs enfants, y compris des bébés, dans le cadre d'une détention familiale cruelle. »
Le site web Transactional Records Access Clearinghouse (TRAC) indique que « sur les 60 311 personnes détenues par l'ICE, 42 722, soit 70,8 %, n'ont fait l'objet d'aucune condamnation pénale selon les données en date du 4 avril 2026. Bon nombre des personnes condamnées n'ont commis que des infractions mineures, notamment des infractions au code de la route. »
L'organisation souligne en outre que l'ICE classe une personne comme criminel condamné si elle a été reconnue coupable de ce que l'ICE qualifie d'« infractions pénales », même s'il s'agit souvent d'infractions civiles. Ces infractions peuvent aller de crimes graves à de simples infractions civiles en matière d'immigration (telles que l'entrée illégale, qui constitue une infraction mineure au regard du Code des États-Unis), ou à des infractions n'entraînant qu'une amende, comme le fait de ne pas tenir son chien en laisse, de pêcher sans permis, de conduire un véhicule dont le feu arrière est défectueux, etc.
Manifestation appelant à la fermeture des
centres de détention de l'ICE, Los Angeles, 13 juin 2026
(D'après des documents fournis par Detention Watch Network et TRAC)
Des prisons de l'ombre pour les immigrants en place depuis 2005
À Portland, des équipes font du
porte-à-porte pour faire circuler une pétition demandant que
l'ICE soit chassé de la ville, le 8 juin 2026.
Le programme actuel de détention massive des immigrants n'est pas un phénomène propre à l'administration Trump. Le Detention Watch Network (DWN) souligne qu'il s'agit d'une politique des États-Unis en vigueur depuis plus de deux décennies, dans le cadre de laquelle des personnes sont emprisonnées arbitrairement dans un « système carcéral parallèle exclusivement destiné aux immigrants, qui fonctionne dans le secret et sans offrir de programmes de soutien aux personnes qui y sont détenues ».
« Jusqu'aux années 1990, le franchissement de la frontière constituait presque toujours une infraction de nature civile. En 2005, le gouvernement a mis en oeuvre l'Operation Streamline, un programme qui a instauré une procédure accélérée de poursuites criminelles contre les personnes arrêtées à la frontière (souvent des dizaines de personnes à la fois), pratiquement sans aucune garantie d'une procédure régulière. Ce programme a entraîné une augmentation spectaculaire du nombre de poursuites devant les tribunaux fédéraux. Ces prisons réservées aux immigrants sont souvent appelées des 'prisons de l'ombre'. » [...]
« Ces 'prisons de l'ombre' sont administrées par le Bureau des prisons (BOP), mais sont entièrement exploitées par des entreprises privées de gestion de prisons, dont les antécédents sont marqués par les abus et la mauvaise gestion, notamment le recours excessif à l'isolement cellulaire. [...] Les 'prisons de l'ombre' n'offrent souvent même pas les programmes de base, les autorités soutenant que la plupart des immigrants condamnés par les tribunaux fédéraux seront expulsés et ne méritent donc pas les services les plus élémentaires. »
« Les personnes détenues dans ces 'prisons de l'ombre' se sont organisées et se sont révoltées à l'intérieur des établissements pour dénoncer les conditions déplorables qui y règnent et les peines extrêmement sévères qui leur sont imposées. En février 2014, 2 000 des 3 000 immigrants détenus au Centre correctionnel de Willacy County [au Texas] – un ancien centre de détention transformé en 'prison de l'ombre' –se sont révoltés. Ils ont détruit une partie des installations, ce qui a conduit à la fermeture de l'établissement. »
Un décret signé en 2021 par le président Joe Biden, qui prétendait mettre fin à ce type d'établissements, contenait des échappatoires permettant aux organismes fédéraux de continuer à les utiliser. Le DWN rappelle qu'« en 2024, le président Biden a annoncé son intention d'intensifier les poursuites contre les personnes arrêtées à la frontière dans le cadre d'un plan global visant à restreindre l'accès à l'asile, à accélérer les expulsions et à accroître la capacité des centres de détention pour immigrants ».
L'administration Trump entend poursuivre l'expansion de la capacité totale des camps de concentration administrés par l'ICE. Selon le American Immigration Council, le système de détention des immigrants, « qui n'a véritablement pris son essor qu'au milieu des années 1990, est maintenant en voie d'atteindre, d'ici la fin du second mandat du président Trump, une ampleur comparable à celle de l'ensemble du système carcéral fédéral étasunien. Comme l'administration Trump prévoit mettre en service plus de 100 000 places de détention en 2026, le recours à la détention par l'ICE et les abus commis dans ces établissements ne feront que s'intensifier. »
L'expansion de ce réseau de camps de concentration est financée par la loi One Big Beautiful Bill de 2025 de l'administration Trump, qui prévoit 45 milliards de dollars pour intensifier la vaste offensive antisociale en cours, notamment par une augmentation massive du financement des activités d'application de la loi et de détention de l'ICE. Un montant additionnel de 70 milliards de dollars a été accordé en juin. Les Étasuniens exigent qu'aucun financement ne soit accordé à l'ICE, que cet organisme soit aboli immédiatement et que tous les camps de concentration soient fermés, maintenant !
Houston, Texas, 31 mai 2026
(Avec des informations de Detention Watch Network, Japanese American National Museum, U.S. Holocaust Memorial Museum, TRAC et American Immigration Council)
Le rôle des grandes
entreprises carcérales
à but lucratif dans l'incarcération massive des immigrés et
réfugiés
Les entreprises carcérales privées à but lucratif sont
fortement impliquées dans l'augmentation massive des détentions
injustes et illégales d'immigrés et de réfugiés menées par
l'administration Trump. Le Congrès a débloqué des dizaines de
milliards de dollars : 45 milliards de dollars US en 2025 et 70
milliards de dollars US supplémentaires en juin 2026.
Les entreprises carcérales privées à but lucratif jouent un rôle clé dans la réalisation des objectifs du gouvernement d'atteindre rapidement une capacité totale de 100 000 personnes détenues par l'ICE. Plutôt que de construire des prisons, l'expansion se fait par la conversion d'entrepôts en camps de concentration.
Selon les données du Centre d'accès et d'analyse des données administratives (TRAC), les camps de détention à but lucratif accueillent la grande majorité des personnes, surtout des travailleurs, détenus par l'ICE. C'est également dans ces établissements que la majorité des décès en détention fédérale d'immigrants depuis janvier 2025 se sont produits, sur un total de 52 décès depuis cette date.
GEO Group
GEO Group est le plus important exploitant privé à but lucratif de prisons et de camps de concentration aux États-Unis. L'entreprise possède ou exploite 95 établissements au pays, dont 19 sont gérés pour le compte du Service de l'immigration et des douanes des États-Unis (ICE). Fondé en 1984 comme une division de la société de sécurité Wackenhut Corporation, il a été créé par George Zoley, qui en est toujours le président-directeur général.
GEO Group a enregistré un chiffre d'affaires total de 2,6 milliards de dollars en 2025, en hausse de 6 % par rapport à 2,43 milliards de dollars en 2024. Basée à Boca Raton, en Floride, ses opérations aux États-Unis sont principalement des prisons privatisées et des camps de détention pour les autorités fédérales et étatiques. GEO Group mène également des activités similaires en Australie, en Afrique du Sud et au Royaume-Uni.
En ce qui concerne la conversion d'entrepôts en camps de concentration de l'ICE, George Zoley a dit aux investisseurs lors d'un appel de résultats en février : « Nous n'avons eu qu'une seule expérience dans la rénovation d'un entrepôt, et cela s'est produit il y a peut-être 30 ans. C'est donc plus compliqué que vous ne le pensez » et « en tant que partenaire de l'ICE depuis 40 ans, nous nous attendons à faire partie de cette solution. » Le plus important investisseur institutionnel de GEO Group est BlackRock, qui est fortement impliqué dans les banques nationales et les projets d'infrastructure du gouvernement, y compris au Canada.
Le même mois, GEO Group a annoncé qu'il avait signé un contrat de 1 milliard de dollars US sur 15 ans avec le gouvernement fédéral pour rouvrir Delaney Hall à Newark, dans le New Jersey, comme camp de détention pouvant accueillir 1 000 personnes. Après la réouverture, Delaney Hall a refusé l'accès à plusieurs responsables gouvernementaux, y compris le gouverneur Mikie Sherrill, qui voulaient enquêter sur les abus qui s'y déroulent. Les personnes détenues et la communauté locale ont mené des luttes acharnées pour obtenir la fermeture du camp.
En 2021, l'ICE a versé à GEO Group plus de 15 millions de dollars US pour effectuer des expulsions vers Haïti.
GEO Group gère également le complexe de détention du comté de
Reeves, au Texas, qui a vu des détenus se soulever en 2008 et
2009 à cause de mauvaises conditions. Le complexe texan,
toujours en activité aujourd'hui, abrite plus de 3 700
prisonniers. GEO Group se vante d'être « le plus grand
établissement de détention/correctionnel sous gestion privée au
monde ». Même en 2008-2009, la grande majorité des
personnes détenues étaient des immigrants purgeant de courtes
peines avant d'être expulsés pour des infractions non
criminelles, comme entrer aux États-Unis ailleurs qu'à un point
d'entrée reconnu. De toute évidence, les mauvais traitements des
détenus de Delaney Hall ne sont pas une nouveauté pour GEO
Group.
De 2006 à 2012, GEO Group a été sous contrat avec l'ICE pour gérer le Centre des opérations pour migrants de la base navale étasunienne de Guantanamo Bay, à Cuba.
Au cours des 25 dernières années, GEO Group a régulièrement fait l'objet de poursuites judiciaires et d'enquêtes à la suite de décès et de mauvais traitements survenus dans les établissements qu'il exploite.
CoreCivic
CoreCivic est le deuxième plus grand opérateur privé de prisons à but lucratif aux États-Unis, avec des activités d'une ampleur similaire à celles de GEO Group. Basé à Brentwood, dans le Tennessee, il gère 70 établissements d'État et fédéraux. Parmi ceux-ci, au moins dix sont des centres de détention de l'ICE. En 2025, il a déclaré un chiffre d'affaires total de 2,2 milliards de dollars US, soit une hausse de 13 % par rapport aux 1,96 milliard de dollars enregistrés en 2024. À l'instar de GEO Group, il s'attend également à tirer un profit considérable des milliards de dollars de fonds fédéraux alloués pour renforcer la détention des immigrants. Il a été fondé en 1983 sous le nom de Corrections Corporation of America. En 1984, CoreCivic est devenu la première entreprise étasunienne à construire et à exploiter une prison privée, un motel de Houston qui avait été réaménagé à la hâte pour incarcérer des immigrants.
BlackRock est également le premier investisseur institutionnel de CoreCivic. Cependant, de nombreux fonds de retraite de syndicats de fonctionnaires figuraient également parmi ses investisseurs, ce qui a donné lieu à des campagnes visant à inciter ces fonds à se désengager de CoreCivic et du GEO Group.
L'American Friends Service Committee (AFSC, c'est-à-dire les Quakers), dans son enquête de 2023 sur CoreCivic, a indiqué que 52 % du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise provenait des autorités fédérales chargées des prisons et de l'immigration, notamment de l'ICE, du Service des marshals des États-Unis (USMS) et du Bureau fédéral des prisons (BOP). Sur ce montant, 30 % provenaient de l'ICE. Le reste du chiffre d'affaires de l'entreprise provenait principalement de contrats avec des agences gouvernementales des États et locales.
En 2025, l'administration Trump a attribué à CoreCivic un contrat de 100 millions de dollars pour rouvrir le centre correctionnel Diamondback de 2 160 lits de l'Oklahoma, qui était fermé depuis 2010. Toujours cette année-là, CoreCivic a annoncé qu'il rouvrirait le South Texas Family Residential Centre, dans le cadre d'un contrat de l'ICE, avec une capacité de détention pouvant atteindre 2 400 personnes.
En 2016, l'administration Obama a accordé à CoreCivic un contrat sans appel d'offres d'un milliard de dollars US pour détenir les demandeurs d'asile d'Amérique centrale.
En 2012, l'entreprise a contacté des responsables pénitentiaires de 48 États pour leur proposer cette offre en échange d'un contrat de gestion de 20 ans avec un taux d'occupation garanti de 90 %. Cela prédispose évidemment le système à toutes sortes d'abus et à une augmentation de l'incarcération pour des infractions qui ne le justifient pas. De plus, en vertu de ces contrats, les organismes des États et fédéraux (tels que l'ICE) sont légalement tenus de payer un minimum de 90 % de la capacité totale de lits de l'installation, même si l'occupation réelle est inférieure à ce seuil.
Au cours des années, CoreCivic a fait l'objet d'enquêtes pour maltraitance des personnes détenues dans ses établissements, corruption et fraude, ainsi que pour violation du secret professionnel entre avocat et client, entre autres irrégularités. Les Quakers soulignent :
« Les prisons de CoreCivic font depuis longtemps l'objet d'allégations concernant des conditions de vie inhumaines, un recours excessif à la force, le recours prolongé à l'isolement cellulaire, le travail forcé en prison, la négligence médicale, les violences physiques et sexuelles, l'espionnage et le voyeurisme, la surpopulation, le manque de personnel et les violations des droits civils. »
GardaWorld, basée au Québec
La société GardaWorld, basée au Québec, exerce ses activités aux États-Unis sous le nom de GardaWorld Federal Services. Bien que ses activités aux États-Unis soient bien moins importantes que celles du GEO Group et de CoreCivic, il s'agit de la plus grande entreprise de sécurité privée au monde, présente dans plus de 45 pays et affichant un chiffre d'affaires total de près de 5,5 milliards de dollars US.
En mars 2026, GardaWorld Federal Services a obtenu un contrat fédéral d'un an de 313,4 millions de dollars US avec le département de la Sécurité intérieure des États-Unis pour convertir un énorme bâtiment industriel, puis l'exploiter comme centre de traitement et de détention de l'ICE à Surprise, en Arizona, avec une capacité d'accueil d'environ 1 500 personnes. Avec des options de prolongation du contrat jusqu'en février 2029, sa valeur totale potentielle s'élève à 704 millions de dollars US.
De plus, la société a aidé à exploiter le camp de concentration « Alligators Alcatraz » en Floride, où diverses violations des droits humains ont été documentées.
CBC News indique que « le gouvernement du Québec, par l'entremise d'Investissement Québec, a investi 300 millions de dollars dans GardaWorld en 2022 pour soutenir l'expansion mondiale de la firme de sécurité. En échange, la province a reçu des actions privilégiées qui génèrent un bénéfice annuel, qui sera versé chaque fois que GardaWorld décidera de racheter les actions. »
En 2023, les Quakers ont soumis un rapport sur GardaWorld au bureau du maire et au conseil municipal de Denver, dans le cadre d'une campagne visant à empêcher la ville de conclure un contrat avec l'entreprise pour fournir des services d'hébergement aux nouveaux arrivants. Leur rapport énumère les inconduites de GardaWorld dans le monde, notamment dans les centres de détention pour immigrants au Canada et aux États-Unis :
« GardaWorld a [...] été impliquée dans des affaires de traite d'êtres humains, de corruption, d'utilisation illégale d'armes et de recours excessif à la force. [...]
« GardaWorld a opéré ou opère actuellement dans plusieurs autres zones de conflit, notamment au Tchad, en Haïti, en Libye, en Somalie, en Ukraine et au Yémen. Les activités de l'entreprise dans ces régions ont également été entachées de nombreux cas de fautes graves. [...]
« Ces dernières années, GardaWorld a étendu ses activités dans les secteurs de l''hébergement des migrants' et de la détention des immigrants. Depuis 2015, l'entreprise fournit des services de détention et de transport à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), chargée d'arrêter, d'incarcérer et d'expulser les migrants au Canada. Dans le cadre de contrats relevant du ‘programme de détention' conclus avec l'ASFC, GardaWorld a supervisé la détention et le transport d'immigrants détenus au centre de surveillance de l'immigration de la Colombie-Britannique à Vancouver et au centre de surveillance de l'immigration de Laval au Québec, dans des 'cellules de jour' situées à Library Square, à Vancouver, ainsi que dans plusieurs autres endroits.
« Les conditions dangereuses qui règnent dans ces centres de détention pour immigrants sont dénoncées depuis longtemps par les organisations de défense des droits humains et les médias canadiens. [...]
« GardaWorld gère également plusieurs « centres d'accueil pour migrants » controversés aux États-Unis, notamment la base militaire de Fort Bliss, transformée en centre d'accueil à El Paso, au Texas. [... L]'entreprise gère ce centre depuis son ouverture en mars 2021 en tant que site d'accueil d'urgence de l'Office of Refugee Resettlement, destiné à détenir jusqu'à 10 000 enfants non accompagnés.
« En septembre 2022, l'inspecteur général du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (HHS) a publié un rapport de 58 pages détaillant les conditions inhumaines, la gestion déficiente des dossiers et 'la détérioration de la santé mentale des mineurs non accompagnés hébergés dans le campement de tentes de Fort Bliss'. [...] »
(Avec des informations de Wikipédia, du AFSC, de la CBC, du Time et d'Investing.com)
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New York, le 28 juin 2026
Chicago, Illinois, 3
juin, 2026 


