Numéro 32

15 mai 2026

78e anniversaire de la Nakba
15 mai 1948

La catastrophe infligée aux Palestiniens doit cesser maintenant! Soutenons la résistance palestinienne jusqu'à la libération!

Les Palestiniens soulignent le 78e anniversaire de la Nakba

Condamnons l'escalade des crimes d'Israël contre les prisonniers politiques palestiniens

À titre d'information

Brève histoire de la spoliation du peuple palestinien
de sa patrie par les sionistes

L'infamie appelée «parc Canada»:
Une histoire de dépossession et de souffrances

– Dr Ismail Zayid –



78e anniversaire de la Nakba
15 mai 1948

La catastrophe infligée aux Palestiniens
doit cesser maintenant! Soutenons la résistance palestinienne jusqu'à la libération !


Manifestation de la Journée de la Nakba, Toronto, 17 mai 2025

CALENDRIER D'ÉVÉNEMENTS

Le 15 mai est le 78e anniversaire de la Nakba (la Catastrophe), l'expropriation et le déplacement massifs du peuple palestinien en 1948 par les sionistes, avec le soutien des impérialistes anglo-américains. Soixante-dix-huit ans plus tard, la campagne pour chasser les Palestiniens de la patrie dans laquelle ils vivent depuis des millénaires est plus meurtrière que jamais.

La commémoration de la Nakba cette année a lieu à l'heure où l'administration Trump poursuit le génocide sioniste-étasunien dans l'objectif d'ancrer la présence des États-Unis en Palestine et au Moyen-Orient, pour que le contrôle de Gaza soit transféré à un « Conseil de paix » colonial dirigé par les États-Unis. Face aux manoeuvres des États-Unis et de leurs collaborateurs, la Résistance reste inébranlable. Les peuples du monde continuent d'exprimer leur soutien à la Résistance et exigent que cesse le génocide sioniste-étasunien et que le droit des Palestiniens de déterminer eux-mêmes leur avenir soit respecté. Les peuples du monde condamnent également la guerre israélo-étasunienne contre l'Iran et le Liban et exigent la fin des crimes d'Israël et le retrait des États-Unis du Moyen-Orient.

Les Canadiens et les Québécois continuent d'exiger que le Canada cesse de soutenir le génocide au nom du droit d'Israël de se défendre. Israël est l'occupant, alors que ce sont au contraire les Palestiniens qui ont le droit de résister à l'occupation. Les Canadiens et les Québécois exigent que le Canada cesse de criminaliser ceux qui soutiennent le peuple palestinien et sa résistance sous prétexte qu'ils sont des « antisémites incitant à la haine contre les juifs ». Le Canada doit cesser de servir de bouclier pour les forces sionistes-étasuniennes, doit cesser de les laisser commettre des crimes en toute impunité et doit cesser de fournir des armes à Israël.

L'objectif déclaré des sionistes, celui d'un « Grand Israël », passe par la dépossession et le génocide des Palestiniens ainsi que par des attaques contre les pays voisins, comme l'occupation du plateau du Golan syrien. Dans la pratique, les États-Unis soutiennent cet objectif en armant jusqu'aux dents les Forces d'occupation israéliennes (FOI) pour les aider à commettre ces crimes, en particulier le nettoyage ethnique de Gaza et de sa population de 2,3 millions de personnes. Et ils refusent de prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux colonies illégales d'Israël en Cisjordanie, où les colons et les FOI massacrent également la population locale.

Tout cela montre clairement qu'Israël compte achever la Nakba commencée en 1948. Cette année-là, Israël, soutenu par les gouvernements britannique et étasunien, a expulsé quelque 750 000 Palestiniens de leurs foyers. Les forces sionistes israéliennes ont attaqué 774 villes et villages et occupé 80 % du territoire palestinien après avoir tué près de 15 000 civils musulmans et chrétiens. Ceux qui ont survécu ont été expulsés de force vers la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Au moins 250 000 personnes ont été forcées de quitter la Palestine pour se retrouver en Égypte, au Liban, en Jordanie et en Syrie. La résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations unies obligeait Israël, comme condition de sa création, à garantir le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Israël n'a jamais respecté aucune des résolutions de l'ONU et le Conseil de sécurité de l'ONU ne lui a jamais demandé des comptes. Aujourd'hui, les États-Unis, grâce à leur droit de veto au Conseil de sécurité, de concert avec les autres pays qui composent le cartel du Génocide 7 (G7), dont le Canada, sont la seule chose qui empêche Israël d'être tenu responsable de ses agissements devant l'ONU.

Au Canada, le gouvernement libéral de Mark Carney continue de se rendre complice du génocide. Depuis 31 mois, soit depuis octobre 2023, les Canadiens et les Québécois ont clairement fait savoir que la complicité du Canada dans le soutien au génocide sioniste-étasunien est inacceptable et doit cesser. Le Canada doit rendre des comptes pour avoir refusé de demander des comptes à Israël.

Dans ce contexte, le rôle inébranlable des mouvements de résistance palestiniens, de concert avec les mouvements de résistance au Liban, en Iran et au Yémen, ainsi que les actions soutenues des peuples du monde entier contre le génocide israélien, sont la garantie que le régime sioniste, les impérialistes étasuniens et le « Génocide 7 » ne pourront pas mener à bien leurs plans infâmes.

À l'occasion du 78e anniversaire de la Nakba et des événements organisés à l'échelle du Canada du 15 au 17 mai, les Canadiens et les Québécois continuent de se tenir aux côtés du peuple palestinien qui lutte implacablement pour son droit d'être. Ils dénoncent également les nouvelles lois israéliennes qui condamnent à mort par pendaison les prisonniers politiques palestiniens, ainsi que l'expansion incessante des colonies illégales, qui perpétuent la dépossession des Palestiniens entamée en 1948.

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) salue le peuple palestinien et sa résistance inébranlable, et se tient à ses côtés ainsi qu'aux côtés de tous les mouvements de résistance alors que la lutte pour la libération se poursuit avec une urgence renouvelée.

Le PCC(M-L) condamne le rôle honteux que joue le Canada dans le soutien au génocide sioniste-étasunien contre les Palestiniens, en se conciliant avec ce génocide et en fournissant à l'État d'apartheid sioniste des dizaines de millions de dollars en armes et financement.

Participons aux actions qui ont lieu partout au Canada à l'occasion du 78e anniversaire de la Nakba ! Non au soutien du Canada aux crimes des États-Unis et des sionistes contre le peuple palestinien ! Pas en notre nom ! Embargo sur les armes dès maintenant !

Vive la résistance palestinienne !

Droit au retour du peuple palestinien !

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Les Palestiniens soulignent le 78e anniversaire
de la Nakba


Commémoration de Nakba 78 à Ramallah, 12 mai 2026

Le 12 mai, des Palestiniens de Gaza et des territoires occupés ont tenu des marches et des rassemblements pour souligner le 78e anniversaire de la Nakba (la catastrophe), leur dépossession et déplacement massifs par suite de la fondation de l'État sioniste d'Israël en 1948. Ils ont rendu hommage aux martyrs qui ont sacrifié leur vie pour la cause de la libération de la Palestine.

Les activités étaient organisées par le Comité national pour la commémoration de la Nakba, avec une large participation populaire. Le Comité a souligné que ces événements réaffirment l'attachement des Palestiniens à leurs droits nationaux, au premier rang desquels figure le droit au retour des réfugiés déplacés de 1948 à aujourd'hui.

Les commémorations de cette année se sont déroulées dans les conditions les plus difficiles depuis la Nakba de 1948, dans le contexte du génocide en cours mené par les États-Unis et Israël dans la bande de Gaza. Politiquement, les attaques sionistes comprennent des efforts pour miner le statut de réfugié des Palestiniens et des tentatives de criminaliser, priver de financement et démanteler l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), qui fournit des services vitaux à des millions de réfugiés dans toute la région.

En Cisjordanie, des milliers de personnes se sont rassemblées à Ramallah et ont marché en direction du mausolée de Yasser Arafat, défunt président de l'Organisation de libération de la Palestine et  premier président de l'Autorité palestinienne. En 1998, Yasser Arafat a désigné le 15 mai Journée de la Nakba, afin que le peuple palestinien et le monde entier puissent se rappeler de cette injustice historique qui doit être réparée.

Les participants ont ensuite marché jusqu'à la place Al-Manara en brandissant des drapeaux palestiniens et des clés symbolisant leur détermination à exercer leur droit au retour sur leurs terres et dans leurs propriétés ancestrales. Ils ont observé 78 secondes de silence à la mémoire des martyrs de la lutte pour la libération de la Palestine. D'autres villes de Cisjordanie ont aussi tenu des événements pour souligner l'occasion, notamment Naplouse, Tulkarem, Salfit et Tubas.

Des commémorations ont également lieu partout à Gaza, y compris dans le camp de réfugiés de Khan Younès.

Les citoyens palestiniens d'Israël ont aussi souligné cette journée sous le slogan « Leur jour de l'indépendance est notre Nakba », malgré les restrictions sévères imposées par l'État d'Israël.

Partout dans le monde, les gens se rassemblement pour mettre leur poids en appui à la résistance palestinienne. Les communautés palestiniennes vivant hors de la Palestine, qui représentent la moitié des 15 millions de Palestiniens dans le monde, organisent des événements commémoratifs de la Journée de la Nakba – dans les camps de réfugiés en Jordanie, au Liban et en Syrie, ainsi que dans les communautés palestiniennes du monde entier, y compris au Canada.

Khan Younès
Naplouse


Tulkarem


Hébron


(Avec des informations de l'Agence de presse du Yémen et du Centre international des médias du Moyen-Orient)

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Condamnons l'escalade des crimes d'Israël contre les prisonniers politiques palestiniens

Le mouvement de la Résistance Palestinienne Hamas appelle les Nations unies, la Cour pénale Internationale et les organisations internationales de défense des droits humains et humanitaires à agir d'urgence pour arrêter les plans d'Israël d'infliger la peine de mort aux personnes qu'il a capturées le 7 octobre 2023 lors de l'opération « Déluge d'Al-Aqsa » menée par la Résistance palestinienne. Ces personnes sont depuis détenues par Israël sans accusation ni procès.

Le 11 mai, la Knesset israélienne a adopté une loi intitulée Loi relative aux poursuites judiciaires concernant les événements du 7 octobre 2023, qui institue un tribunal militaire spécial responsable de juger les personnes capturées le 7 octobre, avec pleine autorité de prononcer des condamnations à mort. Le journal israélien Yedioth Ahronoth indique que « cette loi jette les bases juridiques de procès sans précédent, les plus grands et les plus importants jamais tenus en Israël depuis le procès Eichmann ». La loi a été votée par 93 des 120 députés de la Knesset. De toute évidence, Israël n'hésite pas à s'enfoncer davantage dans les abîmes de la dépravation et de l'inhumanité en organisant de tels procès-spectacles publics, qui ne respectent aucune norme acceptable et bafouent les droits humains et le droit international. Son objectif n'est pas de rendre justice, mais d'assouvir sa vengeance, en procédant à des exécutions de masse sur la base d'aveux obtenus sous la torture.

Le Hamas a dénoncé cette loi comme un nouveau crime contre les prisonniers palestiniens dont les dispositions « révèlent la nature vengeresse et raciste du système d'occupation » et a averti qu'elles constituaient « une escalade dangereuse et un nouveau crime au dossier de l'occupation, déjà chargé de crimes de guerre et de violations systématiques contre le peuple palestinien ». « Elles montrent également la volonté du gouvernement israélien de légaliser le meurtre de prisonniers palestiniens et de transformer les tribunaux en instruments de vengeance, en dehors de toute norme de justice ou de procès équitable. » Le Hamas souligne que les « pouvoirs exceptionnels » conférés par la loi aux tribunaux militaires et la possibilité qu'elle offre de contourner les règles de procédure et de preuve témoignent d'un écart d'Israël par rapport aux normes de justice et de procès équitable et « représente une violation flagrante de toutes les lois et conventions internationales, notamment les Conventions de Genève et le droit international humanitaire ». La loi exclut également explicitement les détenus visés par celle-ci de tout éventuel accord futur d'échange de prisonniers.

Les mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes sont déjà bien connus et dénoncés dans le monde entier. Au total, plus de 9000 prisonniers palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont présentement détenus dans les prisons israéliennes, où ils sont victimes de torture, de privation de nourriture, de sévices sexuels et de négligence médicale. Parmi eux, seuls 1254 ont été inculpés et condamnés et purgent actuellement leur peine. Au moins 3350 personnes sont détenues pour une durée indéterminée sans avoir été inculpées, dans le cadre de ce qu'on appelle la « détention administrative ».

Cette nouvelle loi fait suite à une autre adoptée fin mars, la Loi sur la peine de mort pour les terroristes. Al Mayadeen souligne que cette loi élargit le pouvoir judiciaire de prononcer la peine de mort, permettant aux juges « de prononcer des condamnations à mort sans qu'une demande formelle des procureurs soit nécessaire ». « Elle supprime également l'exigence d'une décision judiciaire à l'unanimité, permettant ainsi à une majorité simple de juges d'imposer la peine capitale. [...] La loi étend en outre la compétence aux tribunaux militaires opérant en Cisjordanie occupée, les autorisant à condamner à mort des détenus palestiniens. Dans de tels cas, le ministre israélien de la Guerre serait autorisé à présenter un avis au comité supervisant la procédure. »

Des experts des droits humains des Nations unies ont condamné cette loi et appelé à son abrogation immédiate, soulignant qu'elle constitue « une grave escalade dans l'oppression discriminatoire d'Israël à l'égard des Palestiniens » et qu'« un régime de peine de mort discriminatoire dans son objectif, sa conception ou ses effets est incompatible avec les droits à la vie et à l'égalité devant la loi ». Ils ajoutent qu'« en réintroduisant la peine capitale dans un système visant uniquement les Palestiniens, malgré l'abolition antérieure par Israël de la peine de mort pour meurtre et son moratoire de facto de longue date sur les exécutions, cette loi institutionnalise une privation arbitraire et discriminatoire du droit à la vie ».

Les peuples du monde entier se tiennent aux côtés du peuple palestinien et de sa résistance, et condamnent cette tentative ainsi que toutes les autres man uvres de l'État sioniste pour justifier son génocide contre le peuple palestinien.

(Conseil des droits de l'homme des Nations unies, Al Mayadeen, NPR. Photo : Shehab)

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À titre d'information

Brève histoire de la spoliation du peuple palestinien de sa patrie par les sionistes

Note de la rédaction : Certains termes utilisés dans l'article intitulé « Brève histoire de la Palestine et du peuple palestinien », compilé et publié par Jews for Justice in the Middle East le 11 août 2009, ne sont plus d'usage courant. Le terme « population arabe de Palestine » était utilisé par les Nations unies au moment de la partition, au lieu de l'expression correcte : « peuple palestinien ». Aujourd'hui, le mouvement de Résistance reconnaît clairement que la résistance à l'occupation, au nettoyage ethnique et au génocide n'est « ni un conflit, ni une guerre », mais une lutte pour la libération nationale et l'autodétermination.

De plus, alors que les sionistes et le Génocide 7 continuent d'accuser la Résistance de toutes sortes de crimes pour justifier un État d'apartheid, le nettoyage ethnique et le génocide, le droit de l'inébranlable peuple palestinien à résister jusqu'à la libération est aujourd'hui reconnu et défendu par les peuples du monde entier, sans excuses ni récriminations d'aucune sorte.

La Palestine, la mythique « terre sans peuple et peuple sans terre », était habitée par 700 000 Palestiniens en 1919.

La thèse officielle des sionistes est qu'ils se sont manifestés en Palestine à la fin du XIXe siècle pour reconquérir leurs terres ancestrales; que des juifs y ont acheté des terres et qu'ils ont commencé à y établir la communauté juive; qu'ils ont rencontré une opposition violente et croissante de la part des Arabes palestiniens, opposition provenant sans doute « de leur antisémitisme inhérent »; que les sionistes furent alors obligés de se défendre; et que, d'une manière ou d'une autre, cette situation a perduré jusqu'à aujourd'hui.

Le problème avec cette explication est qu'elle est tout simplement fausse.

L'histoire de la région à ses débuts

Avant que les Hébreux n'y migrent vers 1800 avant notre ère, la terre de Canaan était habitée par les Cananéens.

« Entre 3 000 et 1 100 avant notre ère, la civilisation cananéenne couvrait ce qui aujourd'hui est Israël, la Cisjordanie, le Liban et une grande partie de la Syrie et de la Jordanie...Les personnes qui sont restées dans les collines de Jérusalem après que les Romains ont expulsé les Juifs [au deuxième siècle de notre ère] était un pot-pourri : fermiers et vignerons, païens et convertis au christianisme, descendants des Arabes, des Perses, des Samaritains, des Grecs et des anciennes tribus cananéennes. » Marcia Kunstel et Joseph Albright, « Their Promised Land »

L'héritage ancestral des Palestiniens d'aujourd'hui

« Mais tous ces [différents peuples venus à Canaan] étaient des ajouts, des rajouts, des petites branches greffées sur l'arbre originel...Et cet arbre ancestral était cananéen...[Les envahisseurs arabes du VIIe siècle] convertirent les autochtones à l'Islam, s'installèrent de façon permanente, se sont mariés avec eux, et, le résultat fut que tous devinrent si complètement arabisés que l'on ne peut pas dire où finissent les Cananéens et où commencent les Arabes. » Illene Beatty, « Arab and Jew in the Land of Canaan »

Les royaumes juifs représentent seulement une des nombreuses périodes de la Palestine antique

« Les royaumes étendus de David et Salomon, sur lesquels les sionistes fondent leurs revendications territoriales, a duré à peine 73 ans...Puis se sont effondrés...Indépendamment de la durée intégrale des anciens royaumes juifs, de la conquête par David de Canaan en 1 000 av J-C à la destruction du royaume de Judah en 586 av J-C, nous arrivons à [seulement] un règne juif de 414 ans. » Illene Beatty, « Arab and Jew in the Land of Canaan »

En savoir plus sur la civilisation cananéenne

« De récentes fouilles archéologiques ont confirmé que Jérusalem était déjà une immense ville fortifiée en 1 800 avant notre ère... Les découvertes confirment que le système d'eau sophistiqué qu'on avait d'abord attribué aux conquérants israélites avait été construit près de huit siècles auparavant et était encore plus complexe que l'on ne l'imaginait... Le Dr Ronny Reich, qui a dirigé les fouilles avec Eli Shuikrun, a déclaré que l'ensemble du système avait été construit comme un seul complexe par les Cananéens à l'âge du bronze moyen, vers 1 800 avant notre ère. » The Jewish Bulletin, le 31 juillet 1998

Depuis combien de temps la Palestine est-elle un pays spécifiquement arabe ?

« La Palestine est devenue un pays à prédominance arabe et islamique à la fin du VIIe siècle. Presque immédiatement après, ses frontières et ses caractéristiques comme son nom arabe, Falistin, se sont fait connaître de par le monde islamique, autant en raison de sa fertilité et de sa beauté que pour son importance religieuse...En 1516, la Palestine est devenue une province de l'empire ottoman, mais elle n'en était pas moins fertile, arabe ou islamique...60 % de la population vivait d'agriculture, le reste était réparti entre les citadins et un groupe nomade relativement petit. Tous ces gens croyaient appartenir à un pays portant le nom de Palestine, malgré le sentiment qu'ils étaient également membres d'une grande nation arabe...Malgré l'arrivée régulière en Palestine de colons juifs après 1882, il est important de réaliser que jusqu'aux quelques semaines précédant immédiatement la création d'Israël au printemps 1948, il n'y a jamais eu autre chose qu'une énorme majorité arabe. Par exemple, la population juive en 1931 était de 174 606 personnes sur un total de 1 033 314 personnes. » Edward Saïd, « The Question of Palestine »

Quelle était la tradition de propriété foncière en Palestine et quand a-t-elle changé ?

« [Le Code foncier ottoman de 1858] exigeait l'enregistrement au nom des propriétaires individuels des terres agricoles, dont la plupart n'avaient jamais été enregistrées auparavant et qui avaient été traitées selon les formes traditionnelles de la propriété foncière, dans les régions montagneuses de la Palestine, selon le système du masha'a, un usufruit communal. La nouvelle loi faisait en sorte que pour la première fois un paysan pouvait être privé non pas du titre de propriété de sa terre, qu'il avait rarement détenu, mais du droit d'y vivre, d'y cultiver et de le laisser en héritage à ses enfants, un processus qui auparavant était inaliénable...En vertu des dispositions juridiques de 1858, les droits fonciers communaux étaient souvent ignorés... Au lieu de cela, les membres des classes supérieures, habitués de manipuler ou de contourner le processus juridique, ont enregistré de grandes zones de terres en leur nom....Les fellahin [paysans] pensaient simplement que la terre leur appartenait, et découvraient souvent qu'ils avaient cessé d'en être les propriétaires légaux que lorsque la terre était vendue à des colons juifs par un propriétaire absent...Non seulement la terre a-t-elle été achetée, mais ses cultivateurs arabes ont été dépossédés et remplacés par des étrangers qui avaient des objectifs politiques cachés en Palestine. » Rashid Khalidi, « Blaming The Victims », Saïd et Hitchens, éditeurs.

L'opposition arabe à l'arrivée des sionistes : un antisémitisme inhérent ou la perception d'un réel danger à leur droit d'être ?

« L'objectif du Fonds [national juif] était de 'réclamer la terre palestinienne en tant que possession inaliénable du peuple juif'... Dès 1891, le dirigeant sioniste Ahad Ha'am écrivait que les Arabes 'comprenaient très bien ce que nous faisions et quel était notre objectif'...[Theodore Herzl, le fondateur du sionisme] affirmait : 'Nous allons essayer de chasser la population [arabe] sans le sous de l'autre côté de la frontière en lui fournissant du travail dans les pays de transit tout en lui refusant du travail dans notre propre pays...Le processus d'expropriation et l'expulsion des pauvres doivent être menés avec discrétion et circonspection'...À divers endroits en Palestine du Nord, les fermiers arabes ont refusé de quitter les terres qui avaient été achetées à des propriétaires absents grâce au Fond, et les autorités turques, à la demande du Fonds, les ont expulsés...Les Juifs natifs de la Palestine ont aussi réagi défavorablement au sionisme. Ils ne voyaient pas l'importance d'un État juif en Palestine et ne voulaient pas exacerber les relations avec les Arabes. » John Quigley, « Palestine and Israel : A Challenge to Justice ».

« Avant le XXe siècle, la plupart des Juifs de la Palestine appartenait à l'ancien Yishouv, ou communauté, qui s'était installé davantage pour des raisons religieuses que politiques. Il y avait peu ou pas de conflits entre eux et la population arabe. Les tensions ont commencé après l'arrivée des premiers colons sionistes dans les années 1880...lorsqu'ils ont acheté des terres à des propriétaires arabes absents, menant à la dépossession des paysans qui les avaient cultivées. » Don Peretz, « The Arab-Israeli Dispute ».

« [Pendant le Moyen Âge], l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient arabe sont devenus des lieux de refuge et un havre pour les Juifs persécutés d'Espagne et d'ailleurs...Dans la Terre Promise...ils vivaient ensemble en [relative] harmonie, celle-ci ayant été brisée lorsque les sionistes ont commencé à prétendre que la Palestine était la possession 'légitime' du 'peuple juif' à l'exclusion de ses habitants musulmans et chrétiens. » Sami Hadawi, « Bitter Harvest »

Les propositions pour une coopération arabe-juive

« Dans un article de Yitzhak Epstein publié dans Hashiloah en 1907, l'auteur revendique une nouvelle politique sioniste envers les Arabes après 30 ans de colonisation...Comme Ahad-Ha'am en 1891, Epstein affirme qu'aucune bonne terre n'est vacante, donc la colonisation juive voulait dire dépossession arabe. [...] La solution d'Epstein, cherchant à éviter une nouvelle 'question juive', était la création d'un programme de développement et de colonisation binationaux et non-exclusifs. L'achat de terres ne devrait pas mener à la dépossession des métayers pauvres. Il suffirait de créer une communauté agricole commune, où les Arabes bénéficieront de la technologie moderne. Les écoles, les hôpitaux et les bibliothèques devraient être non-exclusifs et l'éducation bilingue... L'idée d'une coopération paisible et non-exclusive en lieu et place de la pratique d'expropriation ne trouva pas beaucoup d'écho. Epstein fut calomnié et méprisé pour sa pusillanimité. Benjamin Beit-Hallahmi, auteur israélien, « Original Sins »

La période du mandat britannique de 1920 à 1948


Manifestation à l'occasion du centenaire de la déclaration Balfour, à Mississauga,
en Ontario, le 4 novembre 2017

La Déclaration Balfour promet une patrie juive en Palestine

« La Déclaration Balfour, faite en novembre 1917 par le gouvernement britannique...a été faite a) par une puissance européenne, b) au sujet d'un territoire non-européen, c) au mépris absolu à la fois de la présence et des souhaits de la majorité autochtone résidant sur ce territoire...[Comme Balfour lui-même l'a écrit en 1919], 'La contradiction inhérente à la lettre du Pacte (la déclaration anglo-française de 1918 promettant aux Arabes des anciennes colonies ottomanes qu'en récompense de leur appui aux Alliés, ils pourraient obtenir leur indépendance) est encore plus flagrante dans le cas de la nation indépendante de la Palestine que pour celui de la nation indépendante de la Syrie. Car, pour ce qui est de la Palestine, nous ne proposons aucunement de consulter les souhaits des habitants actuels du pays... Les quatre grandes puissances sont engagées vis-à-vis du sionisme, et le sionisme, qu'il soit juste ou faux, bon ou mauvais, est enraciné dans une tradition séculaire, dans les besoins actuels, dans les futurs espoirs, d'une importance bien plus profonde que le désir et les préjugés des 700 000 Arabes qui habitent maintenant cette terre ancienne'. » Edward Saïd, « The Question of Palestine »

Le point de vue colonial selon lequel la Palestine était un désert avant que les Juifs ne commencent à y immigrer

« Le haut-commissaire britannique de la Palestine, John Chancellor, recommanda la suspension complète de l'immigration juive et d'achat de terres pour protéger l'agriculture arabe. Il disait que 'toutes les terres cultivables étaient occupées, que toute terre cultivable appartenant maintenant à la population native ne pouvait être vendue aux Juifs sans créer une classe de cultivateurs arabes sans terre'...Le Bureau des Colonies a rejeté la recommandation. » John Quigley, « Palestine and Israel : A Challenge to Justice »

Est-ce que les premiers sionistes avaient l'intention de vivre côte-à-côte avec les Arabes ?

En 1919, la Commission américaine King-Crane a passé plusieurs semaines en Syrie et en Palestine, à interviewer des délégations et à lire des pétitions. Selon le rapport : « Les commissaires ont commencé leur étude du sionisme avec un penchant favorable envers lui...Le fait est constamment apparu, dans les conférences de la Commission avec les représentants juifs, que les sionistes envisagent une complète dépossession des habitants non juifs actuels de Palestine, par diverses formes d'achat des terres.

« Si [le principe d'auto-détermination] doit régner et donc les désirs de la population palestinienne doivent être déterminants quant à ce qui doit être fait avec la Palestine, il faut se rappeler que la population non juive de Palestine – près des neuf dixièmes de l'ensemble – est absolument contre tout le programme sioniste...soumettre un peuple aussi assujetti à l'immigration juive illimitée et à une pression financière et sociale régulière pour abandonner la terre serait une violation flagrante du principe que nous venons de citer et des droits des peuples ... Aucun des officiers britanniques consultés par la Commission ne croit à la possibilité d'appliquer le programme sioniste sans recourir à la force armée. Ces officiers estiment qu'un simple commencement d'exécution de ce programme exigerait une force de cinquante mille hommes au moins. Ce jugement montre combien est ancré le sentiment de l'injustice du programme sioniste dans l'esprit des populations de Palestine et de Syrie.... Quant à la prétention souvent formulée par les sionistes, à savoir que les Juifs ont sur la Palestine un « droit » fondé sur une occupation vieille de deux mille ans, il est difficile de la prendre sérieusement en considération. » Cité dans « The Israel-Arab Reader », éditions Laquer et Rubin

« La politique sioniste d'occupation des sols fait partie intégrante de la constitution ...'comme terre devant être acquise comme propriété juive et...le titre de propriété acquis devant être fait au nom du Fonds national juif, aux fins d'être détenus en tant que propriété inaliénable du peuple juif.' La disposition stipule que 'l'Agence fera la promotion d'une colonisation agricole basée sur le travail juif'...Les répercussions de cette politique de colonisation sioniste sur les Arabes fut que les terres acquises par les Juifs sont devenues extra-territorialisées. Elles cessèrent d'être des terres dont les Arabes pourraient un jour tirer profit...

« Les sionistes n'ont jamais caché leurs intentions, puisque dès 1921, le docteur Eder, un membre de la Commission sioniste, a sans vergogne déclaré au Tribunal d'enquête : « Il ne peut y avoir qu'une seule patrie nationale en Palestine, et elle doit être juive, et il n'y aura pas de traitement égalitaire entre les Juifs et les Arabes, mais une prépondérance juive dès que la race aura atteint un nombre suffisant.' Il a ensuite exigé que seuls les Juifs soient autorisés à porter les armes. » Sami Hadawi, « Bitter Harvest »

Étant donné l'opposition arabe aux sionistes, est-ce que ces derniers appuyaient des mesures pour octroyer la majorité aux Palestiniens ?

« Il est clair que la dernière chose voulue par les sionistes était que tous les habitants de la Palestine aient leur mot à dire dans la gestion du pays... [Chaim] Weizmann avait fait bien comprendre à Churchill qu'un gouvernement représentatif aurait sonné le glas du foyer national [juif] en Palestine...[Churchill a déclaré], 'La forme actuelle de gouvernement se poursuivra pendant de nombreuses années. Pas à pas, nous mettrons en place des institutions représentatives menant à une autonomie totale, mais les enfants de nos enfants seront décédés lorsque cela sera accompli.' » David Hirst, « The Gun and the Olive Branch »

Le rejet du droit à l'autodétermination des arabes

« Même si personne n'avait perdu sa terre, le programme [sioniste] était injuste dans son principe car il déniait les droits politiques de la majorité... Le sionisme, en principe, ne pouvait pas permettre aux autochtones d'exercer leurs droits politiques, car cela signifierait la fin du projet sioniste. » Benjamin Beit-Hallahmi, « Original Sins »

Les sionistes n'ont-ils pas, antérieurement à la fondation d'Israël, légalement acheté une grande partie de la terre ?

« En 1948, lorsque Israël se déclara unilatéralement un État, il était propriétaire d'un peu plus de 6 % de la terre de Palestine... Après 1940, lorsque l'autorité mandataire restreignit l'accès à la propriété terrienne aux Juifs, à des zones spécifiques de la Palestine, des achats (et des ventes) illégaux continuèrent de s'opérer à l'intérieur des 65 % réservés aux Arabes.

« Ainsi, lorsque le plan de partition fut déclaré en 1947, il incluait des terres détenues illégalement par des Juifs et qui furent incorporées, comme un fait accompli, à l'intérieur des frontières de l'État juif. Et après qu'Israël proclama qu'il était devenu un État, une batterie impressionnante de lois assimilèrent en toute légalité des étendues immenses de terre arabe (dont les propriétaires étaient devenus des réfugiés et avaient été déclarés 'propriétaires défaillants', afin de pouvoir exproprier leurs terrains et empêcher définitivement leur retour.) » Edward Saïd, « The Question of Palestine »

La partition de la Palestine par l'ONU

Pourquoi l'ONU a-t-elle recommandé ce plan qui partageait la Palestine en deux États, l'un juif, l'autre arabe ?

« À partir de cette date [novembre 1947], les États-Unis apparurent comme le partisan le plus acharné de la partition... Les États-Unis firent retarder le vote de l'Assemblée Générale « afin d'obtenir le temps nécessaire pour amener certaines républiques d'Amérique Latine à rejoindre leur position... Certains délégués accusèrent les fonctionnaires étasuniens 'd'intimidation diplomatique'. Un éditorialiste anonyme a déclaré : « Sans la 'pression violente que les États-Unis exercèrent sur des gouvernements qui n'avaient pas les moyens de s'exposer à des représailles américaines, la résolution ne serait jamais passée. » John Quigley, « Palestine and Israel : A Challenge to Justice »

Pourquoi Truman a-t-il adopté cette position ?

« Je suis désolé, messieurs, mais je suis responsable devant des centaines de milliers de personnes qui sont très attachées au succès du sionisme. Je ne compte pas des centaines de milliers d'Arabes parmi mes électeurs. » Le président Harry Truman, cité dans « Anti Zionism », édité par Teikener, Abed-Rabbo Mezvinsky

Le plan de partition était-il à la fois équitable pour les Arabes et pour les Juifs ?

« Le rejet par les Arabes... se basait sur le fait que les Juifs avaient été désignés corps dirigeant, alors que la population constituant l'État juif devait être [seulement pour moitié] juive et que les Juifs, qui possédaient moins de 10 % du territoire de l'État juif, devaient devenir l'instance dirigeante, un arrangement qu'aucune personne qui se respecte ne pouvait accepter sans protester; et c'est le moindre que l'on puisse dire !... L'action des Nations unies entrait en conflit avec les principes de base selon lesquels cette organisation mondiale avait été fondée, à savoir : faire respecter le droit des peuples à l'autodétermination. En refusant aux Arabes palestiniens, qui constituaient [alors] une majorité des deux tiers du pays, le droit de décider par eux-mêmes, les Nations-unies violaient leur propre charte. » Sami Hadawi, « Bitter Harvest »

Les sionistes étaient-ils prêts à se contenter du territoire accordé lors de la partition de 1947 ?

« Alors que la direction du Yishouv avait officiellement accepté la résolution de 1947, relative à la partition, les pans entiers de la société israélienne – y compris Ben Gourion – qui s'y opposèrent ou exprimèrent leur mécontentement conclurent rapidement qu'une guerre fournirait une occasion idéale d'étendre les frontières du nouvel État au-delà de celles désignées par la partition onusienne, et aux dépends des Palestiniens. » Benny Morris, historien israélien, dans « Tikkun », mars/avril 1998

La guerre débute

« En décembre 1947, les Britanniques annoncèrent qu'ils se retireraient de Palestine à compter du 15 mai 1948. Les Palestiniens, à Jérusalem et à Jaffa, appelèrent à la grève générale contre la partition. Presque immédiatement, des combats éclatèrent dans les rues de Jérusalem... De violents incidents se multiplièrent et dégénérèrent en une guerre acharnée... Pendant ce mois fatidique d'avril 1948, huit des treize principales attaques sionistes contre des Palestiniens eurent lieu dans les territoires attribués à l'État arabe. » « Our Roots Are Still Alive », People Press Palestine Book Project

Le non-respect par les sionistes des frontières fixées par la partition

« Avant la fin du mandat, et donc avant que les États arabes ne puissent intervenir, les Juifs, forts de leurs supériorités militaire et d'organisation, occupaient... la plupart des villes arabes de Palestine, donc avant le 15 mai 1948. Tibériade fut occupée le 19 avril 1948, Haïfa le 22 avril, Jaffa le 28 avril, les quartiers arabes de la ville nouvelle de Jérusalem le 30 avril, Beit Shean le 8 mai, Safed le 10 mai et Saint-Jean d'Acre le 14 mai 1948... Par contre, les Arabes palestiniens, eux, ne s'étaient emparés d'aucuns des territoires réservés à l'État juif par la résolution de partition. » Henry Cattan, auteur britannique, « Palestine, The Arabs and Israel »

La culpabilité dans l'escalade des combats

« Menahem Begin, le chef de l'Irgoun, explique comment 'à Jérusalem, comme ailleurs, nous avons été les premiers à passer de la défensive à l'offensive ... les Arabes qui étaient terrorisés s'enfuyaient ... La Hagana remportait d'autres victoires à l'occasion d'attaques sur d'autres fronts, tandis que les forces juives continuaient d'avancer à travers Haïfa comme un couteau dans du beurre'... Les Israéliens prétendent aujourd'hui que la guerre en Palestine a commencé avec l'entrée des armées arabes en Palestine après le 15 mai 1948. En fait, il s'agissait là de la seconde phase de la guerre; ils ferment les yeux sur les massacres, les expulsions et les expropriations qui eurent lieu avant cette fameuse date et qui rendirent nécessaire 'l'intervention' des États arabes. » Sami Hadawi, « Bitter Harvest »

Le massacre des Palestiniens par les soldats juifs à Deir Yassin

« Pendant toute la journée du 9 avril 1948, les soldats de l'Irgoun et du LEHI ont perpétré le massacre de manière froide et préméditée... Les attaquants 'ont aligné des hommes, des femmes et des enfants contre les murs et les ont abattus,'... La cruauté de l'attaque contre Deir Yassin a choqué l'opinion juive et l'opinion mondiale; ce massacre sema la terreur et la panique parmi la population arabe; et dans tout le pays, ces populations civiles désarmées s'enfuirent de leurs maisons. » Simha Flapan, auteur israélien, « The Birth of Israel »

Deir Yassin a-t-elle été la seule action de ce genre ?

« À partir de 1948, le Juif était non seulement capable de se 'défendre tout seul' mais aussi de commettre des atrocités à grande échelle. En effet, selon l'ancien directeur des archives militaires israéliennes, 'dans presque tous les villages que nous occupions lors de la guerre d'indépendance, des actes, définis comme crimes de guerre, tels que meurtres, massacres et viols, furent commis'... Uri Milstein, l'historien israélien spécialisé dans la guerre de 1948 et qui fait autorité, va plus loin en affirmant encore aujourd'hui que 'chaque accrochage se terminait par un massacre d'Arabes. » Norman Finkelstein, « Image and Reality of the Israel-Palestine Conflict »

1948 : Le statut d'État et les expulsions

La réaction arabe à l'annonce de la création de l'État d'Israël

« La Ligue Arabe appela précipitamment ses pays membres à envoyer des troupes armées régulières en Palestine. L'ordre consistait seulement à sécuriser les parties de la Palestine attribuées aux Arabes en vertu du plan de partition. Mais ces armées régulières étaient mal équipées et dépourvues d'un commandement centralisé pour coordonner leurs efforts... [Le roi de Jordanie, Abdallah] fit la promesse [aux Israéliens et aux Britanniques] que ses troupes (la Légion Arabe, seule véritable force de combat parmi les armées arabes) éviteraient de se battre contre les implantations juives... Pourtant, les historiens occidentaux rapportent que le tout nouvel État d'Israël repoussa à ce moment-là 'les hordes gigantesques' de cinq pays arabes. En réalité, c'est l'offensive contre les Palestiniens qui s'intensifia. » The Peoples Press Palestine Book Project, « Our Roots Are Still Alive »

Le nettoyage ethnique de la population arabe de Palestine

« Joseph Weitz était le directeur du Fonds National Juif à la Terre... Le 19 décembre 1940, il écrivait : 'Que ce soit bien clair : dans ce pays, il n'y a pas de place pour deux peuples... Jusqu'à présent, l'entreprise sioniste... s'est bien déroulée, à son rythme, et elle pourrait se contenter 'd'acheter des terres' – mais cela n'aboutira pas à l'État d'Israël; il faut que cela se fasse d'un coup, à la manière d'un Salut (c'est le secret de l'idée messianique); et il n'y a pas d'autres moyens que de transférer les Arabes vers les pays voisins, de les transférer tous; à l'exception peut-être de Bethléem, de Nazareth et du Vieux Jérusalem, nous ne devons leur laisser aucun village, pas même une simple tribu'... Ce sont des centaines de déclarations similaires que faisaient les sionistes. » Edward Saïd, « The Question of Palestine »

« À la suite du soulèvement de 1936, pas un seul des principaux dirigeants [sionistes] n'était capable de concevoir une future coexistence sans une séparation physique et nette des deux peuples – séparation réalisable uniquement par le transfert et les expulsions. En public, ils continuaient tous de parler de coexistence et attribuaient la violence à une petite minorité de fanatiques et d'agitateurs. En fait, il ne s'agissait que d'une simple posture. Ben Gourion résuma la situation ainsi : 'A l'aide du transfert forcé nous disposerons d'un vaste espace (pour les implantations)... Je soutiens le transfert forcé. Je ne vois rien d'immoral à cela. » Benny Morris, historien israélien, « Righteous Victims ».

« Ben Gourion voulait manifestement que le moins possible d'Arabes demeurent dans l'État juif. Il espérait les voir s'enfuir. Il le répéta souvent à ses collègues et à ses assistants à l'occasion de réunions en août, septembre et octobre [1948]. Mais aucune politique [générale] d'expulsion ne fut jamais [officiellement] énoncée et Ben Gourion se garda toujours d'émettre par écrit des ordres d'expulsion clairs; il préférait que ses généraux 'comprennent' par eux-mêmes ce qu'il attendait d'eux. Il souhaitait éviter que l'histoire ne se souvienne de lui comme du 'grand expulseur' et il ne voulait pas que le gouvernement israélien soit impliqué dans une politique moralement injustifiable... Mais alors qu'il n'y avait pas de politique officielle d'expulsion, les offensives de juillet et d'octobre [1948], en comparaison avec la première moitié de la guerre, furent caractérisées par des expulsions bien plus nombreuses et, pour tout dire, par encore plus de brutalité envers les populations civiles arabes. Benny Morris, « The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949 »

La Nakba de 1948

« La propagande israélienne a renoncé en grande partie à affirmer que l'exode palestinien de 1948 était 'volontaire'. Les cercles officiels concèdent implicitement que la population arabe s'est enfuie à la suite de l'action israélienne – soit directement, comme à Lydda et à Ramallah, soit indirectement, en conséquence de la panique qui s'empara des populations arabes à travers toute la Palestine (panique d'être massacrées comme à Deir Yassin.] Cependant, même si la vérité historique a été rétablie avec réticence, la direction israélienne a toujours refusé de reconnaître sa responsabilité morale et politique vis-à-vis du problème des réfugiés qu'elle – ou ses prédécesseurs – a sciemment provoqué. » Peretz Kidron, cité dans « Blaming the Victims », éd. Saïd Hitchens

« La BBC (British Broadcasting Corporation) a contrôlé toutes les diffusions sur le Moyen-Orient pour l'ensemble de l'année 1948. Les enregistrements, ainsi que les documents rédigés par une unité de contrôle américaine, peuvent être consultés au British Museum. Il n'y a jamais eu, en 1948, le moindre ordre ou appel ou même suggestion d'évacuer la Palestine, émanant de stations de radio arabes, à l'intérieur ou à l'extérieur de la Palestine. Par contre, il y a des archives d'enregistrements d'appels arabes répétés, voire des ordres clairs, enjoignant la population arabe à ne pas bouger. Erskine Childers, chercheur britannique, cité dans « Bitter Harvest » de Sami Hadawi

« Que le but ultime de Ben Gourion était d'évacuer autant de la population arabe que possible de l'État hébreu ne peut difficilement être remis en cause, ne serait-ce qu'au regard de la variété de moyens qu'il mit en oeuvre pour y parvenir... et de la manière la plus résolue, en détruisant des villages entiers et en chassant leurs habitants... même s'ils n'avaient pas pris part à la guerre et qu'ils étaient restés en Israël dans l'espoir d'y vivre en paix et dans l'égalité, ainsi que la déclaration d'indépendance l'avait promis. » Simha Flapan, auteur israélien, « The Birth of Israel »

La destruction délibérée de villages arabes pour empêcher tout retour des Palestiniens

« Pendant le mois de mai [1948], les conceptions sur la façon de consolider et de rendre permanent l'exil des Palestiniens se concrétisèrent, et la destruction de villages fut immédiatement perçue comme le meilleur moyen d'atteindre ce but... [Même antérieurement] le 10 avril, les unités de la Haganah prirent Abou Shusha... Cette nuit-là, le village fut détruit... Khulda fut rasée par les bulldozers israéliens le 20 avril... Abou Zureiq, complètement démolie... Al Mansi et An Naghnaghiya, dans le sud-est, furent aussi rasées... À partir du milieu de 1949, la majorité [des 350 villages arabes fraîchement dépeuplés] était soit complètement ou partiellement en ruines, soit rendue inhabitable. » Benny Morris, « The Birth of Palestinian Refugee Problem, 1947-1949 »

« La première résolution de l'Assemblée générale de l'ONU – la résolution 194 – affirmant le droit des Palestiniens de retourner à leurs maisons et de retrouver leurs propriétés a été adoptée le 11 décembre 1948. Elle a été adoptée à nouveau pas moins de 28 fois depuis cette première date. Bien que le droit politique et moral pour une personne de retourner à son lieu de résidence ininterrompu est universellement reconnu, Israël a refusé toute possibilité de retour, Israël a refusé la possibilité d'un retour [et] a systématiquement et juridiquement rendu impossible, quelle qu'en soit raison, le retour des Arabes palestiniens, l'indemnisation de leurs propriétés ou même le droit de vivre en Israël comme citoyens égaux devant la loi avec les Juifs israéliens. » Edward Saïd, « The Question of Palestine »

Le droit au retour

« Le fait que les Arabes aient fui, terrorisés par la peur d'une répétition des massacres sionistes de 1948, n'est pas une raison pour les priver de leurs maisons, de leurs champs et de leur gagne-pain. Généralement, les populations civiles qui se trouvent prises dans des zones de combats paniquent. Mais elles ont toujours pu retourner chez elles une fois le danger passé. Avec la conquête militaire, les droits privés à la propriété ne sont pas abolis pour autant, ni le vainqueur peut-il confisquer les maisons, les propriétés et les biens personnels de la population civile non combattante. La saisie de propriétés arabes par les Israéliens fut scandaleuse. » Sami Hadawi, « Bitter Harvest »

Les négociations après les guerres de 1948-1949

« [À Lausanne,] l'Égypte, la Syrie, le Liban et les Palestiniens ont tenté, en négociant, de sauver ce qu'ils avaient perdu pendant la guerre – un État palestinien aux côtés d'Israël. Cependant, Israël...[préféra] un armistice précaire à une paix définitive qui aurait impliqué des concessions territoriales et le rapatriement, même d'un nombre symbolique, de réfugiés. Le refus de reconnaître le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à l'indépendance est devenu, au cours des années, la principale source de l'agitation, de la violence et du bain de sang qui ont eu lieu. » Simha Flapan, auteur israélien, « The Birth of Israel »

« La conférence [de Lausanne] a officiellement débuté le 27 avril 1949. Le 12 mai, le Comité de Conciliation de la Palestine [des Nations unies] n'obtint son unique succès que lorsqu'il persuada les parties de signer un protocole à propos d'une feuille de route en vue d'une paix intégrale. Pour la première fois, Israël a accepté le principe du rapatriement [des réfugiés arabes] et l'internationalisation de Jérusalem, [mais en fait] il ne s'agissait de leur part que d'un pur exercice de relations publiques visant à renforcer l'image d'Israël à l'échelle internationale [...] Walter Eytan, le chef de la délégation israélienne, [a déclaré] : « Ma décision principale était de saboter le protocole du 12 mai, que nous n'avions signé que dans le seul but d'être admis à l'ONU. Avions-nous refusé de signer...cela aurait immédiatement été rapporté au secrétaire-général et aux différents gouvernements. » Illan Pappé, historien israélien, « The Making of the Arab-Israel Conflict, 1947-1951 »

« Dans le préambule de cette résolution d'admission figurait la clause de sauvegarde suivante : 'Rappelant la résolution du 29 novembre 1947 (sur la partition) et celle du 11 décembre 1948 (sur les réparations et les indemnités), et prenant note des déclarations et des explications faites par le représentant du gouvernement israélien devant le Comité Politique ad hoc au sujet de l'exécution des dites résolutions, l'Assemblée Générale... décide d'admettre Israël en tant qu'État membre des Nations unies.'

« Il faut bien comprendre qu'il s'agit là d'une condition ainsi que d'une promesse d'exécuter les résolutions mentionnées. En aucune manière, il n'y était question que de telles exécutions soient assujetties à la conclusion d'une paix aux conditions fixées par Israël, ainsi que les Israéliens le revendiquèrent plus tard pour justifier leur refus de se plier [à l'exécution de ces résolutions.] » Sami Hadawi, « Bitter Harvest »

Le sort des Palestiniens devenus maintenant des réfugiés

« L'hiver de 1949, le premier hiver d'exil pour plus de 750 000 Palestiniens, fut froid et rigoureux...Des familles se sont réfugiées dans des grottes, d'autres dans des huttes abandonnées ou des tentes de fortune...Nombre de ces affamés n'étaient distants que de quelques kilomètres de leurs jardins potagers et de leurs vergers en Palestine occupée, le nouvel État d'Israël...À la fin de 1949, les Nations unies finirent par agir. Elles mirent sur pied l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) pour prendre le relais d'agences bénévoles pour s'occuper de soixante camps de réfugiés. » The Peoples Press Palestine Book Project, « Our Roots are Still Alive »

La guerre de 1967 et l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza

L'ancien commandant de l'armée de l'air, le général Ezer Weitzman, a affirmé qu'il n'y avait pas de « menace de destruction » mais que l'attaque de l'Égypte, de la Syrie et de la Jordanie était néanmoins justifiée pour permettre à Israël « d'exister par rapport à la taille, l'esprit et la qualité qu'il personnifie ».

Menahem Begin a dit : « En juin 1967, nous étions de nouveau face à un choix. Les concentrations de l'Armée égyptienne sur les voies d'accès au Sinaï ne confirmaient aucunement que Nasser allait vraiment nous attaquer. Soyons honnête avec nous-mêmes. C'est nous qui avons décidé de l'attaquer.'

« Je ne crois pas que Nasser voulait la guerre. Les deux divisions qu'il envoya dans le Sinaï n'auraient pas été suffisantes pour lancer une offensive. Il le savait et nous le savions. » Yitzhak Rabin, chef d'État-major interarmées en 1967, Le Monde, 28/2/1968

« Moshé Dayan, le célèbre chef militaire qui donna l'ordre, en 1967, en tant que ministre de la Défense, de conquérir le Golan,..[a dit] que de nombreuses escarmouches avec les Syriens ont été provoquées par Israël, et les habitants des kibboutz qui ont poussé le gouvernement à prendre le plateau du Golan ne l'ont pas fait par souci de sécurité mais pour l'extension de leurs exploitations...[Dayan a affirmé] 'Ils n'ont même pas essayé de cacher leur convoitise pour ces terres...Dans la zone démilitarisée où nous ne pouvions rien faire, nous avions prévu d'envoyer un tracteur pour labourer quelque endroit sachant d'avance que les Syriens se mettraient à tirer. S'ils ne tiraient pas, nous dirions au conducteur d'avancer plus loin jusqu'à ce que les Syriens finissent par être énervés et tirent.

« Ensuite nous utiliserions l'artillerie et encore plus tard nous y ajouterions la force aérienne, et c'est ce qui s'est passé... Les Syriens, au quatrième jour de la guerre, ne constituaient plus une menace pour nous. » The New York Times, 11 mai 1997

L'histoire de l'expansionnisme israélien

« Le danger principal que représente Israël, en tant que 'État juif', à l'égard de son propre peuple, des autres Juifs et de ses voisins, est sa poursuite motivée idéologiquement d'expansion territoriale et de la série inévitable de guerres qui s'en suivra...Aucun politicien sioniste n'a jamais répudié l'idée de Ben-Gourion que la politique d'Israël doive être fondée (dans les limites de considérations pratiques) sur la restauration des frontières bibliques en tant que frontières de l'État juif. » Israël Shahak, professeur israélien, « Jewish History, Jewish Religion : The Weight of 3000 Years »

« Dans le journal personnel du premier ministre israélien Moché Sharatt, il y a un extrait de mai 1955 dans lequel il cite Moshé Dayan : « [Pour Israël] l'arme principale, sinon la seule, pour conserver un bon moral ainsi que sa conviction morale, est l'épée. Et pour y arriver, il peut, ou plutôt, il doit inventer des dangers, et pour y parvenir, il doit adopter la méthode provocations/représailles...Et par-dessus tout, espérons tous qu'éclate une nouvelle guerre avec les pays arabes, pour qui nous puissions enfin nous débarrasser de nos problèmes et obtenir notre espace. » Cité dans « Israel's Sacred Terrorism » de Livia Rokach

« En violation du droit international, [lors de la guerre de 1967] Israël a confisqué plus de 52 % du territoire de la Cisjordanie et 30 % de la bande de Gaza à des fins militaires ou pour l'implantation de populations civiles juives...De 1967 à 1982, le gouvernement militaire d'Israël a démoli 1 338 maisons palestiniennes en Cisjordanie. Au cours de cette période, plus de 300 000 Palestiniens ont été détenus sans procès pour des périodes variables par les forces de la sécurité israélienne. » « Intifada : The Palestinian Uprising Against Israeli Occupation », éditeur Lockman Beinin

« Conformément à la Charte de l'ONU, aucun gain territorial ne peut légalement résulter d'une guerre, même lorsqu'un État agit en légitime défense. La réponse des autres États à l'occupation d'Israël est unanime pour dire que même si l'action d'Israël était défensive, son maintien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ne l'est pas ...L'Assemblée générale [de l'ONU] a déterminé que l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de Gaza constituait une négation de d'autodétermination et, par conséquent, 'une menace grave et grandissante à la paix internationale et la sécurité'. » John Quigley, « Palestine and Israël : A Challenge to Justice »

« Une étude menée par des étudiants de l'Université de Bethléem et rapportée par le Comité international de coordination des ONG à Jérusalem, montrait que de nombreuses familles étaient privées d'eau courante pendant cinq jours d'affilée. En outre, selon le rapport, 'les quotas d'eau limitent l'utilisation par les Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza, tandis que les colons israéliens en ont des quantités presqu'illimitées'.

« Un voyage d'été dans une colonie juive à la limite du désert de Judée à moins de huit kilomètres de Bethléem a confirmé cette inégalité d'accès à l'eau. Tandis que tous les habitants de Bethléem achetaient de l'eau de camions-citernes à des prix très élevés, les pelouses des colonies étaient vertes. Les systèmes d'arrosage fonctionnaient à midi sous le soleil brûlant du mois d'août. Les cris d'enfants se baignant dans des piscines extérieures rendaient l'ambiance encore plus irréelle. » Betty Jane Bailey, dans « The Link », décembre 1966

« N'oubliez pas que 90 % des enfants de deux ans ou plus ont vécu l'expérience – et certains à de très nombreuses reprises – de l'armée [israélienne] forçant la porte de leur maison, frappant les membres de leur famille et détruisant une partie de leur mobilier. Nombre d'entre eux furent eux-mêmes battus, eurent les os brisés, furent aspergés de gaz lacrymogène, reçurent des balles ou virent leurs frères, leurs soeurs et leurs voisins vivre de telles agressions... [L'absence] de sécurité a des répercussions émotionnelles sur l'enfant. Celui-ci a besoin de se sentir en sécurité. Nous voyons les conséquences pour lui lorsqu'il n'a pas ce sentiment de sécurité. Dans notre étude, nous avons trouvé que les enfants ayant vécu des expériences traumatisantes ont tendance à être plus extrêmes dans leur comportement et, plus tard, dans leurs convictions politiques. » Dr Samir Quota, directeur de recherche au Programme de Santé Mentale de la Communauté de Gaza, cité dans The Journal of Palestine Studies, été 1996, p.84

« Il n'y a rien de comparable à la souffrance que l'on peut ressentir lorsque l'on écoute un [Palestinien] de 35 ans qui a travaillé pendant quinze ans comme journalier illégal en Israël afin d'épargner assez d'argent pour construire une maison pour sa famille et qui, un jour, revient de son travail et voit, bouleversé, que sa maison et tout ce qu'elle contenait ont été écrasés par un bulldozer israélien. Lorsque j'ai demandé pourquoi c'était arrivé – le terrain, après tout, lui appartenait – on me répondit qu'un document qu'un soldat israélien lui avait remis le jour suivant stipulait que la structure avait été érigée sans permis. Y a-t-il un autre endroit dans le monde où les gens doivent obtenir un permis (qui leur est d'ailleurs toujours refusé) pour construire sur leur propre propriété ? Les Juifs peuvent construire, mais les Palestiniens, jamais. C'est de l'apartheid. » Edward Saïd, dans « The Nation », 4 mai 1998

Toutes les colonies juives dans les territoires occupés lors de la guerre de 1967 constituent une violation directe des Conventions de Genève, dont Israël est signataire.

« La Convention de Genève exige qu'une puissance occupante apporte le moins de changements possibles à l'ordre établi pendant son occupation. Une de ces obligations est qu'elle doit laisser le territoire aux populations qu'elle y a trouvés. Elle ne doit pas permettre à ses propres populations de peupler le territoire. Cette interdiction est stipulée dans l'article 49, qui affirme : 'La puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d'une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle.' » John Quigley, « Palestine and Israel : A Challenge to Justice »

Extraits de rapports du département d'État des États-Unis durant l'Intifada

« Voici quelques extraits des Rapports par pays du département d'État des États-Unis sur la situation des droits de la personne entre 1988 et 1991 :

« 1988 : 'De nombreux morts et blessés auraient pu être évités' si les soldats israéliens n'avaient pas utilisé leurs armes à feu lors de situations qui ne mettaient pas les troupes en danger de mort...Les troupes des Forces de Défense israéliennes ont utilisé des matraques pour battre des Palestiniens qui n'étaient pas directement impliqués dans les émeutes ou qui refusaient d'obtempérer, et leur casser les jambes... Il a été établi qu'au moins treize Palestiniens sont morts de ces brutalités...'

« 1989 : Des associations des droits de la personne ont accusé le personnel de sécurité en civil d'agir en escadrons de la mort, d'avoir tué sans sommation des activistes palestiniens, après qu'ils se furent rendus ou après qu'ils eurent été maîtrisés...

« 1991 : [Selon le rapport] les associations des droits de la personne ont publié des 'rapports crédibles et détaillés de torture, d'abus et de maltraitance de détenus palestiniens dans les prisons et les centres de détention. » Paul Findley, ancien membre du Congrès, « Deliberate Deceptions »

Jérusalem – capitale éternelle et indivisible d'Israël ?

« Dans un article du Jerusalem Report (28 février 2000), Leslie Susser souligne que les frontières actuelles ont été tracées après la guerre des Six Jours. La responsabilité du tracé de ces frontières avait été confiée au chef du commandement central, Rehavan Ze'evi. La ligne qu'il a tracée 'comprenait non seulement les cinq kilomètres carrés du Jérusalem-Est arabe, mais aussi les 65 kilomètres carrés des villages et des milieux naturels environnants, dont la plupart n'avaient jamais eu de lien municipal avec Jérusalem. Du jour au lendemain, ils faisaient partie de la capitale éternelle et indivisible d'Israël. » Allan Brownsfield dans le Washington Report on Middle East Affairs, mai 2000

La feuille de route du terrorisme d'État israélien

« On peut se plaindre et même souhaiter se venger pour la perte de vie et les souffrances infligées à des innocents par la violence palestinienne, je pense qu'il ne faut pas oublier de dire qu'aucun mouvement national n'a été si injustement pénalisé, diffamé et assujetti à des représailles disproportionnées pour ses péchés que ne l'a été celui des Palestiniens.

« La politique israélienne de contre-attaques punitives (ou terrorisme d'État) semble être de tuer entre 50 et 100 Arabes pour chaque Juif mort. La dévastation de camps libanais de réfugiés, d'hôpitaux, d'écoles, de mosquées, d'églises et d'orphelinats, les arrestations sommaires, les déportations, les destructions de maisons, les mutilations et la torture des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza... ces faits, et le nombre de Palestiniens tués, l'ampleur des pertes matérielles, les privations physiques, politiques et psychologiques, ont de loin surpassé les dommages causés aux Israéliens par les Palestiniens. » Edward Saïd, « The Question of Palestine »

« Il est tout à fait extraordinaire et sans précédent que l'histoire d'Israël et son passé, du fait ... que c'est un État fondé sur la conquête, qu'il a envahi les pays avoisinants, bombardé et détruit à volonté, du fait qu'il occupe présentement des territoires libanais, syriens et palestiniens en violation du droit international, et qu'il n'a jamais fait l'objet d'une enquête par les médias américains ni dans le discours officiel...sans parler de son rôle dans la provocation de la 'terreur islamique'. » Edward Saïd dans « The Progessive », 30 mai 1996

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L'infamie appelée «parc Canada»:
Une histoire de dépossession et de souffrances

– Dr Ismail Zayid –


Parc Canada est un parc national construit sur trois villages palestiniens ayant fait l'objet
d'un nettoyage ethnique.

Je suis né en 1933 dans le village de Beit Nouba en Palestine, où j'ai été élevé et où j'ai vécu heureux avec ma famille et mes amis. Le village de Beit Nouba existait depuis des milliers d'années, comme en témoignent les archives historiques. Cependant, les guerres d'agression et les crimes de guerre israéliens ont entaché de douleur et de tragédie son histoire récente.

En mai 1948, l'armée israélienne a lancé une attaque afin d'occuper les villages de Imwas [Emmaüs], Yalu et Beit Nouba, sans réussir à les conquérir. Ailleurs, en Palestine, les gangs sionistes terroristes et l'armée israélienne commettaient des massacres contre une population palestinienne sans armes et menaient leur campagne planifiée de longue date de nettoyage ethnique pour chasser le peuple palestinien de sa patrie. Un jour parmi tant d'autres dans ce conflit m'afflige de souvenirs pénibles. C'est le 10 juillet 1948 que les troupes armées israéliennes, dirigées par Yitzhak Rabin, ont occupé les villes palestiniennes de Lydda et de Ramleh. Rabin et ses officiers ont chassé de 50 000 à 60 000 habitants civils de ces deux villes, les éloignant de leurs maisons dans la terreur, utilisant des avions à basse altitude qui volaient au-dessus d'eux, tirant sur des gens au hasard et les forçant de se sauver. Le souvenir de ces hommes, femmes et enfants terrorisés, affamés et assoiffés, prenant la fuite sous un soleil de plomb de midi, et ayant couru près de vingt-cinq kilomètres au village de Beit Nouba où moi, jeune garçon de 15 ans, je les ai, de mes propres yeux, vu arriver, est un souvenir qui ne s'effacera jamais.

La défaite de l'armée israélienne et son incapacité à occuper ces trois villages en mai 1948 ont engendré une revanche brutale 19 ans plus tard dans la guerre d'agression qu'Israël a planifiée et mise en oeuvre le 5 juin 1967 contre ses voisins arabes. Le 6 juin, ces trois villages furent occupés, sans un seul coup de fusil, dynamités et rasés par bulldozer sur les ordres directs de Yitzhak Rabin, qui était alors chef de l'état-major de l'armée israélienne. Les villageois, plus de 10 000, ont été expulsés de leur terre. Dans le village de Beit Nouba, 18 personnes ont été enterrées vivantes sous les ruines de leurs maisons parce qu'elles étaient trop âgées ou infirmes et incapables de sortir de leur maison avant qu'elle ne soit démolie. L'un d'eux, Mohammad Ali Baker, était l'oncle de ma mère. Il était vieux et noué d'arthrite, et lent à se déplacer. Tandis qu'ils démolissaient la partie ouest de notre maison, les soldats israéliens lui ont dit qu'il serait enseveli vivant s'il ne fuyait pas lorsque la partie est de la maison serait démolie. Il a été rapidement sorti. La douleur et la souffrance que ma mère a vécues sont incommensurables et elles sont restées jusqu'à son dernier souffle. Ma mère, mon frère, mes soeurs et mon oncle ont été chassés de leur terre, on ne leur a jamais permis d'y retourner, et je continue de porter cette douleur en moi.


Imwas en 1958 et en 1968, après avoir été rasée par les sionistes

Les Palestiniens sont expulsés d'Imwas par l'armée israélienne, qui détruit leurs maisons au bulldozer.

La destruction de ces trois villages en juin 1967 a été décrite dans le documentaire de CBC mentionné plus bas comme étant un acte de vengeance, selon le général Narkiss, le commandant des forces israéliennes qui ont démoli ces villages.

La destruction de ces villages a été couverte et décrite par le journaliste israélien Amos Kenan, qui était un soldat réserviste dans la force d'occupation à Beit Nouba. Il a relaté les faits suivants au quotidien israélien Ha'Olam Hazeh, qui fut interdit par la censure de publier l'article. Celui-ci a été envoyé à tous les membres du Knesset, au premier ministre israélien ainsi qu'au ministre de la Défense, mais n'a suscité aucune réponse.

« Le commandant de l'unité nous a dit qu'il avait été décidé de faire sauter les trois villages dans notre secteur; il s'agissait de Beit Nouba, Imwas et Yalu. [...] Nous avons reçu l'ordre de bloquer les entrées des villages et d'empêcher les habitants d'y retourner. [...] L'ordre était de tirer des coups de feu au-dessus de leur tête et de leur dire de ne pas entrer au village.

« Beit Nouba a été érigé sur de fines roches de carrière; certaines des maisons sont magnifiques. Chaque maison est entourée d'un verger, d'oliviers, d'abricots, de vignes et de cyprès. Elles sont bien entretenues. Parmi les arbres se trouvent des potagers bien entretenus.

« À midi, le premier bulldozer est arrivé et a démoli la première maison au bout du village. En moins de dix minutes, la maison était réduite en cendres. Les oliviers et les cyprès ont tous été déracinés. Après la destruction de trois maisons, la première colonne de réfugiés est arrivée en provenance de Ramallah. Nous n'avons pas tiré des coups de fusil dans les airs. Il y avait des personnes âgées qui pouvaient à peine marcher, des femmes âgées qui murmuraient, des mères portant leurs bébés, des petits enfants. Les enfants pleuraient et demandaient de l'eau. Ils arboraient tous un drapeau blanc.

« Nous leur avons dit de se rendre à Beit Sira. Ils nous ont dit qu'ils en avaient été chassés. Ils erraient ainsi depuis quatre jours, sans nourriture, certains rendant l'âme en chemin. Ils demandaient de retourner à leur village. [...] Certains avaient une chèvre, un agneau, un âne ou un chameau. Un père broyait du blé à la main pour nourrir ses quatre enfants. [...] Les enfants pleuraient. Certains de nos soldats se sont aussi mis à pleurer.

« Nous sommes allés chercher de l'eau pour les Arabes. Nous avons arrêté une auto transportant un major, deux capitaines et une femme. [...] Nous avons demandé aux officiers pourquoi ces réfugiés avaient été chassés d'un endroit à l'autre et chassés de force de partout. Ils ont répondu que c'était bon pour eux, qu'ils devaient partir. 'De plus', ont dit les officiers, 'en quoi devrions-nous être préoccupés par le sort d'Arabes de toutes façons ?'

« Nous les avons chassés. Ils errent comme du bétail perdu. Les faibles meurent. Notre unité était scandalisée. Les réfugiés grinçaient des dents en voyant les bulldozers arracher les arbres. Nous ne comprenions pas comment des Juifs pouvaient agir ainsi. Personne ne comprenait pourquoi on empêchait ces fellahins [villageois] de se prendre des couvertures et de la nourriture.

« Les poules et les colombes étaient ensevelies dans les débris. Les champs étaient transformés en terrains vagues sous nos yeux. Les enfants qu'on a vu pleurer sur la route seront des fedayin dans dix-neuf ans, lors de la prochaine ronde. Ainsi, nous avons perdu la victoire. » (Extraits de Israel Imperial News, mars 1968)

Uri Avnery, alors un membre du Knesset, a dit de la destruction de ces villages qu'il s'agissait d'un crime de guerre définitif. Ce crime a été perpétré suivant les ordres directs de Yitzhak Rabin, chef d'état-major des forces armées israéliennes à l'époque. Ces actes sont une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève, 1949, dont Israël est signataire. L'article 53 de la convention stipule : « Il est interdit à la Puissance occupante de détruire des biens mobiliers ou immobiliers, appartenant individuellement ou collectivement à des personnes privées, à l'État ou à des collectivités publiques, à des organisations sociales ou coopératives, sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires. »

Il est désormais difficile de déceler les ruines et les décombres. Aujourd'hui, sur les décombres de ces trois villages, Imwas [le village biblique d'Émmaüs, où Jésus-Christ est apparu suite à sa résurrection pour rencontrer ses apôtres], Yalu et Beit Nouba, est érigé cette infamie nommée 'parc Canada', un endroit de pique-niques pour Israéliens, bâti à même des dollars déductibles d'impôt fournis par le Fonds national juif (FNJ), une oeuvre de charité canadienne enregistrée. [Notre souligné – ndlr]

C'est en 1973 que Bernard Bloomfield de Montréal, alors président du FNJ au Canada, a été le fer de lance d'une campagne au sein de la communauté juive canadienne visant à recueillir 15 millions de dollars pour ériger parc Canada, afin de fournir une aire de pique-nique pour les Israéliens de Jérusalem et de Tel Aviv.

À l'entrée de parc Canada, au bout de la promenade John Diefenbaker (inaugurée par Diefenbaker lui-même en 1975), il y a une pancarte où on peut lire : « Bienvenu au parc Canada dans la vallée Ayalon – un projet du Fonds national juif du Canada. »

Le FNJ, responsable de l'entretien du parc, a éliminé des alentours tout signe des villages et de leurs habitants. Il semblerait que seulement les donateurs canadiens méritent qu'on se souviennent d'eux; leurs noms sont gravés dans des plaques de bronze qui couvrent tout un mur. Il est intéressant de noter que ces donateurs ne sont pas directement informés que le parc a été érigé sur le site de villages démolis. Le directeur du FNJ étasunien a déclaré : « La situation est délicate, et on ne peut s'attendre à ce qu'une institution [telle que le FNJ canadien], qui recueille de l'argent à l'étranger, rende publique cette question [de la démolition de ces villages]. ( « Canada Park : A Case Study », par Ehud Meltz et Michal Selah, Kol Hair, 31 août 1984)

Une page entière du guide touristique sous forme de magazine, publié par le FNJ du Canada, est consacrée à l'histoire de la région. Elle relate des périodes bibliques, romaines, des Croisades et britanniques, sans jamais mentionner ces villages ou leur destruction. Un autre aspect de l'éradication de ces villages de la mémoire est qu'ils brillent par leur absence sur les cartes israéliennes.

En tant que nouveau Canadien, ma douleur s'est accrue lorsque j'ai lu dans notre quotidien local, le Halifax Herald, du 4 décembre 1978, qu'on rendait hommage à Peter Herschorn, un homme d'affaires bien en vue de Halifax et ancien président de la branche atlantique du FNJ, pour son oeuvre humanitaire, parce qu'il aurait fait « le bon choix » en participant à la construction du parc Canada. Le lieutenant-général de la Nouvelle-Écosse, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse et le maire de Halifax ont tous participé à cet évènement et y ont fait leurs salutations. J'ai été abasourdi de constater que les dirigeants politiques de mon nouveau pays, le Canada, envisageraient que la construction de centres récréatifs sur le site des décombres de villages pacifiques qui avaient été détruites de main criminelle et occupés illégalement serait un acte humanitaire.

Lorsqu'on m'a invité à venir au Canada enseigner à l'École de médecine de l'Université de Dalhousie, j'ai accepté avec enthousiasme, puisque j'avais une perception d'un Canada aux valeurs libérales défendant les droits humains et le droit international. Cependant, l'histoire de notre gouvernement, qui a permis que l'argent de nos impôts serve à construire ce déshonneur qu'est le parc Canada, un crime de guerre, a toujours été pour moi une source de tourment et de douleur. Au cours des années, j'ai écrit à répétition, appuyé par des politiciens honorables comme le sénateur Heath Macquarrie et M. R.A. Corbett, député, aux ministres successifs de Revenu Canada, pour exprimer mon inquiétude à ce sujet, mais je n'ai reçu que des réponses vagues et de peu d'utilité. C'est au beau milieu de tout cela que l'émission Fifth Estate de la CBC a préparé et diffusé un documentaire sur le parc Canada, intitulé : « Un parc sans paix », diffusé le 21 octobre 1991. Il mérite d'être regardé et étudié par tous et toutes.

Au final, je suis devant vous aujourd'hui pour exprimer ma gratitude au Musée canadien des droits de la personne qui a accepté d'écouter mon histoire, laquelle expose la violation de mes droits humains, et de pouvoir exprimer la douleur des Palestiniens, qui ont été systématiquement expulsés de leur patrie et qui continuent de vivre comme des réfugiés à qui on refuse le droit fondamental de regagner leurs maisons, un droit clairement stipulé dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et réitéré dans des résolutions de l'ONU. Alors qu'Israël continue de défier le droit international et d'exacerber notre agonie, nous constatons le lourd silence de pays comme le Canada, qui prétend défendre la Charte de l'ONU et les droits humains universels. Ce qui complique encore les choses, c'est qu'en tant que citoyen canadien je ressens la honte et la douleur devant la complicité de mon pays, qui continue de subventionner ce crime de guerre, qu'on nomme tristement parc Canada, déshonorant ainsi le nom du Canada.

Parc Canada – « Un parc sans paix »


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