Numéro 27
Premier Mai 2026
Premier Mai 2026
Les origines du Premier Mai
Premier Mai 2026
Défendons la dignité du travail, exigeons
que les gouvernements arrêtent de payer les riches et faisons du
Canada une zone de paix! Renforçons le rôle de la classe
ouvrière pour tenir les oligarques en échec!

CALENDRIER
D'ÉVÉNEMENTS
À l'occasion du Premier Mai, le Centre ouvrier du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) adresse ses salutations révolutionnaires aux travailleurs et travailleuses du Canada et du Québec, des États-Unis et de tous les pays du monde. Il salue le peuple cubain qui défend sa révolution, les mouvements de résistance des peuples palestinien, libanais, iranien et yéménite et tous les peuples d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes qui affirment leur droit d'être, gardent l'initiative entre leurs mains et consentent des sacrifices suprêmes pour ne pas permettre aux impérialistes étasuniens et à leurs alliés de s'en sauver avec les crimes odieux qu'ils commettent contre l'humanité.
Sous les yeux mêmes des
travailleurs et travailleuses du Canada et du Québec ainsi que
des peuples autochtones, métis et inuits, le premier ministre
Mark Carney rassemble des banquiers et des PDG des plus grandes
entreprises au Parlement, dans ses ministères et au sein de
comités consultatifs non élus afin de restructurer l'État et
accroître la compétitivité des oligopoles et de leurs cartels et
coalitions. Cela comprend non seulement les intérêts financiers
oligarchiques et les producteurs de guerre, mais aussi les
alliances de guerre comme l'OTAN et le NORAD ainsi que leurs
sous-traitants privés. À cette fin, au nom de l'édification
nationale, d'un Canada fort et de la stabilité, les partis
cartellisés et le gouvernement de parti-cartel attrape-tout de
Mark Carney ont pris le contrôle du processus politique pour
restructurer l'État en faveur d'intérêts privés étroits et
supranationaux.
Le parti attrape-tout, également appelé « parti à grand chapiteau » ou « parti rassembleur », privilégie le pragmatisme plutôt que les principes. Il remporte les élections par tous les moyens qu'il juge nécessaires plutôt que par l'adhésion à un programme politique qui humanise l'environnement naturel et social et priorise le bien-être du peuple. Dans un parti attrape-tout, le pouvoir passe des membres à une direction professionnelle de haut niveau et à des experts techniques. On les appelle attrape-tout parce que leur objectif est de rassembler tous les intérêts de la société, indépendamment de leur composition de classe ou de leur idéologie, et sur cette base, prétendre représenter l'intérêt national. Le gouvernement de parti-cartel attrape-tout de Mark Carney détruit l'environnement social et naturel et intensifie les préparatifs de guerre pour s'octroyer des pouvoirs illimités lui permettant de gouverner par décret. Sa contre-révolution utilise les positions de pouvoir et les privilèges que les oligarques se sont arrogés pour attaquer la classe ouvrière.
Loin d'unir la nation et d'apporter la stabilité, le gouvernement de parti-cartel attrape-tout de Mark Carney fait en sorte que le pouvoir est plus éloigné que jamais du peuple, tandis que les mesures policières et militaires, les intrigues et les luttes factionnelles sont devenues les moyens par lesquels l'État affirme son autorité. Le gouvernement de parti-cartel attrape-tout unit les factions qu'en apparence. Les luttes factionnelles s'intensifient en réalité, car les intérêts privés que représentent les factions s'affrontent les uns contre les autres et chacun contre tous pour dominer et contrôler les forces productives.
En cette occasion,
dans le cadre de son travail pour le renouveau démocratique et
l'empouvoirement du peuple, le PCC(M-L) soutient vigoureusement
toutes les actions des travailleurs, des petits agriculteurs et
des pêcheurs à travers le pays pour satisfaire les réclamations
qu'ils sont en droit de faire à l'économie et à la société en
tant que producteurs de la richesse dont la société dépend pour
sa subsistance. Ce sont ces luttes qui tiennent les oligarques
en échec. La classe ouvrière a longtemps subi la pression de ne
mener que des luttes défensives, sans son propre programme. En
s'exprimant en leur propre nom, en énonçant et en revendiquant
ce qui leur revient de droit, les travailleurs tiennent les
oligarques en échec. Ils dénoncent la corruption des oligarques
qui utilisent leurs positions de pouvoir et de privilège pour
les priver de ce qui leur revient de droit sur tous les fronts
de l'activité humaine. Ceux qui, au nom de la démocratie, d'un
gouvernement stable et de la défense de l'intérêt national,
utilisent les positions de privilège et de pouvoir qu'ils ont
usurpées pour poursuivre leurs propres objectifs privés doivent
être condamnés et les moyens qu'ils emploient doivent être
combattus afin d'unir le peuple dans l'action et ouvrir la voie
au progrès à la société.
Les travailleurs
subissent de plein fouet l'aggravation de la crise du
capitalisme et l'exigence des capitalistes que la société se
préoccupe uniquement de leur quête du profit maximal. Cette
exigence est imposée à toute la société par les gouvernements
fédéral et provinciaux et par le gouvernement du Québec. À
l'heure où les travailleurs sont confrontés à une insécurité
économique massive, au chômage et à une pression à la baisse sur
leurs salaires et leurs conditions de travail, les politiques de
privatisation, de réduction des programmes sociaux,
d'augmentation des dépenses pour les préparatifs de guerre, de
détournement des fonds de pension des travailleurs pour
accroître les investissements dans des entreprises privées qui
enrichissent les riches, et bien plus encore, rendent la vie du
peuple encore plus difficile. Face à cette offensive
contre-révolutionnaire, chaque jour les travailleurs rejettent
le mantra selon lequel leur rôle serait de contribuer à rendre
le Canada plus compétitif pour les grandes entreprises et les
oligopoles en acceptant des concessions salariales et en
approuvant des restructurations qui les précipitent dans les
rangs des chômeurs.
Les travailleurs canadiens et québécois, originaires de pratiquement tous les pays du monde, sont témoins des tragédies qui se produisent parce que le Conseil de sécurité des Nations unies n'agit pas comme un instrument de résolution des conflits par des moyens pacifiques, mais comme un instrument de l'impérialisme étasunien ainsi que d'autres grandes puissances, allant jusqu'à présenter le génocide, la violence extrême et l'impunité comme la nouvelle norme que les peuples doivent accepter sous peine d'être eux aussi menacés d'anéantissement.
Les
gouvernements, mais aussi les partis cartellisés, les médias et
tous les courtisans des riches et des puissants, tentent
d'imposer une idéologie de défaitisme et de passivité face à la
situation, une forme de nihilisme dans lequel on ne peut rien
faire contre la crise sinon l'accepter et en assumer
volontairement le fardeau au nom de ce que les oligarques
appellent l'intérêt national. Mais les travailleurs ne
succombent pas à cette pression. Ils se battent, déterminés à ne
pas permettre la destruction de la nation, de la société et de
l'environnement. Chacun a un rôle à jouer. Chacun est appelé à
prendre sa place dans ce combat titanesque pour humaniser
l'environnement naturel et social et ouvrir la voie au progrès
de la société sur cette base.
Les batailles que mènent la classe ouvrière et les peuples opprimés montrent qu'ils assument pleinement leur rôle dirigeant dans la société. Seule la classe ouvrière peut ouvrir la voie au progrès social.
Vive l'unité combattante de la classe ouvrière et des peuples du monde !
Travailleurs et peuples opprimés du monde,
unissez-vous !


Les origines du Premier Mai
140e anniversaire de la grève pour la journée de huit heures, du massacre de Haymarket et de la proclamation du 1er mai comme Journée internationale des travailleurs


Manifestation pour la journée de huit heures à Haymarket Square,
Chicago, le 4 mai 1886
Le Premier Mai, journée internationale d'unité et de lutte de
la classe ouvrière, trouve son origine dans la grève historique
des travailleurs pour la journée de huit heures aux États-Unis.
La grève a débuté le 1er mai 1886. À Chicago, les organisations
de défense ont déclenché une grève générale avec la
participation de dizaines de milliers de grévistes qui ont
laissé tombé les outils et ont abandonné les machines. Quelque
80 000 personnes ont défilé sur Michigan Avenue en scandant «
Journée de huit heures sans baisse de salaire ». La police et
les forces de sécurité privées de Pinkerton étaient sur place
pour réprimer les grévistes, mais aucun incident ne s'est
produit ce jour-là. Au cours des jours suivants, quelque 350 000
travailleurs de tout le pays se sont joints aux grévistes de
Chicago, faisant la grève dans 1200 usines, dont 45 000 à New
York, 32 000 à Cincinnati et des milliers d'autres dans d'autres
villes.
Le 3 mai à Chicago, les grévistes de l'usine McCormick Reaper
Works ont pris d'assaut l'usine lors d'un changement d'équipe et
ont commencé à se battre avec des travailleurs non syndiqués
envoyés pour briser la grève. La police est arrivée et a attaqué
les grévistes à coups de matraques et de revolvers, blessant
plusieurs d'entre eux et en tuant deux.
Les travailleurs se sont immédiatement mobilisés pour condamner
la violence policière avec une action le lendemain à Haymarket
Square, à Chicago. La répression brutale des travailleurs à
Haymarket Square qui s'ensuivit le 4 mai est entrée dans
l'histoire sous le nom de « massacre de Haymarket ». Elle a
commencé lorsqu'un provocateur inconnu a lancé de la dynamite
sur la police. La police a alors tiré en raffale sur les
manifestants, tuant au moins quatre personnes et en blessant des
centaines. La presse bourgeoise a lancé une campagne de peur à
grande échelle contre le mouvement ouvrier et les immigrés.

Mémorial À Haymarket Square
à Chicago (à gauche) et tract appelant à manifester le lendemain
soir
contre le massacre (à droite)
En novembre 1886, un tribunal fantoche a condamné à mort huit dirigeants syndicaux pour complot en lien avec la bombe lancée contre la police et les « émeutes » qui ont suivi, bien que des témoins aient déclaré qu'aucun des huit hommes inculpés n'avait lancé la bombe. Quatre d'entre eux ont néanmoins été pendus, un s'est suicidé et trois ont été graciés. Aucune preuve de complot de la part des accusés n'a été produite, et l'auteur de l'attentat à la bombe n'a jamais été traduit en justice. Cette année marque le 140e anniversaire de ces événements.
Un des dirigeants syndicaux assassinés par l'État à la suite du massacre de Haymarket était August Spies. Il a déclaré devant le tribunal réuni pour le juger : « Vous prononcez contre nous la sentence d'un comité de vigilance désigné, agissant en tant que jury. Je dis que vous, les prétendus représentants et grands prêtres de la loi et de l'ordre, êtes les véritables et seuls transgresseurs de la loi, et dans ce cas, au point d'en arriver au meurtre. Il est bon que le peuple le sache. Et quand je parle du peuple, je ne parle pas des quelques complices de Grinnell, ces nobles patriciens qui prospèrent sur la misère des masses. Ces fainéants peuvent bien constituer l'État, ils peuvent bien contrôler l'État, ils peuvent bien avoir leurs Grinnell, leurs Bonfield et autres mercenaires ! Non, quand je parle du peuple, je parle de la grande masse des abeilles humaines, des travailleurs, qui malheureusement ne sont pas encore conscients des méfaits perpétrés au nom du peuple. Julius Grinnell était le procureur de l'État et John Bonfield l'inspecteur de police qui supervisait les forces de l'ordre lors du massacre de Haymarket.
Le 11 novembre 1887, George Engel, Adolph Fischer, Albert Parsons et August Spies ont chanté la Marseillaise debout sur l'échafaud. À l'instant où ils allaient être pendus, Spies s'est écrié : « Le temps viendra où notre silence sera plus fort que les voix que vous étouffez aujourd'hui. »
En 1889, lors du congrès fondateur de la Deuxième Internationale à Paris, une résolution fut adoptée à l'initiative d'un délégué des États-Unis à l'effet commémorer la grève de centaines de milliers de travailleurs pour la journée de huit heures, faisant du 1er mai la Journée internationale destinée à rendre hommage à la classe ouvrière et à affirmer les droits et les revendications des travailleurs. C'est ce qui a donné naissance au Premier Mai tel qu'on le connaît aujourd'hui.
La journée de huit heures a été conquise au
prix du sang versé par les travailleurs des États-Unis. Elle a
inspiré les travailleurs du monde entier à se battre pour des
salaires et des conditions de travail décents, qu'ils
considéraient comme un droit. C'est par leur sang et leurs
sacrifices que les travailleurs ont donné aux droits une
définition moderne, tout comme ils le font aujourd'hui : des
droits qui appartiennent à chacun du fait de sa condition
humaine. À la fin des années 1920, les travailleurs des
États-Unis avaient créé des partis politiques et des syndicats
comptant des millions de membres, et le Congrès des
organisations industrielles (CIO) vit le jour. Ils ont contraint
l'élite au pouvoir et son État, sous la direction du président
Franklin D. Roosevelt, à faire des concessions majeures en
faveur des travailleurs pendant la Grande Dépression.
Mais aussitôt les concessions faites, l'élite dirigeante et son État ont commencé à les éroder et à les remettre en question. Son moyen était d'effacer la mémoire et l'histoire du Premier Mai qui, après la Deuxième Guerre mondiale, dans le cadre d'une manoeuvre anticommuniste, est devenu le « jour du drapeau », jour où l'on prête allégeance à l'État des États-Unis, tandis que le premier lundi de septembre est devenu la fête du Travail. Au Canada également, les communistes ont été exclus des syndicats, dont la mission est devenue fondamentalement anticommuniste, tandis que la fête du Travail est devenue une journée de pique-niques en famille, et non plus une journée pour exprimer l'unité combattante de la classe ouvrière du monde.
Pendant que la lutte des travailleurs des États-Unis inspirait les peuples du monde entier, l'élite dirigeante et ses idéologues ont commencé à répandre le mensonge qu'il n'y a pas de classe ouvrière aux États-Unis, que tout le monde appartient à la classe moyenne et que le mot travailleur veut simplement dire que vous êtes inculte et un raté. Ils ont également créé une aristocratie ouvrière, une couche privilégiée parmi les dirigeants syndicaux qui est devenue partie intégrante de l'appareil liant les travailleurs à un système politique dont l'objectif principal est de les priver de tout pouvoir afin que la prise de décision reste entre les mains d'une poignée de privilégiés qui ne partagent pas les mêmes conditions de vie et de travail que la majorité ouvrière.
Dans les années 1960 et 1970, le
Premier Mai a refait surface en parallèle avec la montée des
mouvements contre la guerre, pour les droits civiques, les
droits des femmes et les droits des travailleurs. En 2004, un
mémorial a été érigé à Haymarket Square, à Chicago, pour
commémorer les luttes des travailleurs des États-Unis. Depuis
quelques décennies les Étasuniens sont de plus en plus nombreux
à participer à des rassemblements, des séminaires, des concerts
et des manifestations le Premier Mai. En 2006, cette journée a
connu un renouveau décisif sous le nom de « Journée sans
immigrant », marquée par des actions militantes pour
l'affirmation des droits des immigrants et des travailleurs
migrants, ainsi que leur appartenance à part entière à la classe
ouvrière des Étast-Unis.
Cette année, à travers les États-Unis, le Premier Mai sera une
journée nationale d'action sur le thème « Les travailleurs
avant les milliardaires », avec des rassemblements, des
marches et un appel à « Pas de travail, pas d'école, pas de
magasinage » pour protester contre les inégalités
économiques, l'influence des entreprises et les politiques
anti-immigrantes. Coordonnées par des groupes tels que May Day
Strong, les actions comptent la participation de travailleurs en
grève et d'étudiants en débrayage.
En ce Premier Mai 2026, les travailleurs du monde entier sont
engagés dans une lutte à mort pour faire naître un monde nouveau
qui soit à leur service. Les peuples sont confrontés à une
détérioration de leur niveau de vie, à des guerres génocidaires,
à des changements climatiques hors de contrôle et à la menace
d'une catastrophe nucléaire. Une dévastation culturelle sans
précédent prive les gens de leur capacité à réfléchir et à
discuter de la réalité telle qu'elle se présente. Partout dans
le monde, les élites au pouvoir se soucient davantage de
maximiser leurs profits que de la vie de milliards de personnes.
Elles commettent d'innombrables crimes contre l'humanité et la
Terre Mère, au nom de « nous, le peuple ». C'est à la classe
ouvrière de montrer qui est « le peuple ». L'histoire appelle la
classe ouvrière de tous les pays à se constituer en nation et
investir le peuple du pouvoir souverain. La classe ouvrière doit
devenir l'artisan de l'histoire à son image, avec ses propres
objectifs, qui sont ceux de l'humanité. C'est l'objectif
d'humaniser l'environnement naturel et social, de rompre avec
l'Ancien et d'inaugurer le Nouveau.
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