Défendons la souveraineté du Canada! Ottawa doit s'opposer à la guerre économique illégale de Washington contre Cuba!

– Réseau canadien pour Cuba, 7 mai 2026 –


Edmonton, 19 avril 2016

Déclaration du Réseau canadien pour Cuba à la suite de la suspension des activités de Sherritt International à Cuba.

Le gouvernement du Canada doit prendre des mesures immédiates et décisives pour défendre la souveraineté canadienne, le droit international et le droit des entreprises canadiennes de mener des activités commerciales légales à l'abri de toute coercition et intimidation étrangères.

Avec la récente escalade de la guerre économique que les États-Unis mènent depuis des décennies contre Cuba, signalée par le décret présidentiel du 1er mai, l'administration Trump tente à nouveau d'étendre illégalement le droit interne des États-Unis au-delà de leurs frontières et d'imposer le régime de sanctions unilatérales de Washington au monde entier. L'assaut n'est pas seulement dirigé contre Cuba, il est aussi une atteinte directe à la souveraineté du Canada, au droit commercial international et au principe qu'aucun État n'a le droit de dicter les relations économiques entre les nations. Les conséquences sont déjà évidentes.

À la suite de ce décret, la société canadienne Sherritt International Corporation – l'un des principaux investisseurs canadiens à Cuba et un acteur clé du secteur des minéraux critiques au Canada – a annoncé la suspension de sa participation directe aux activités de coentreprise à Cuba et le rapatriement de son personnel, et a averti que les pressions financières et opérationnelles découlant des sanctions étasuniennes pourraient paralyser ses activités. La démission de membres du conseil d'administration et l'incertitude à laquelle la société est désormais confrontée soulignent l'effet dissuasif de la campagne d'intimidation économique menée par Washington. Il s'agit là d'un acte de coercition économique très grave.

Depuis maintenant trois décennies, l'Assemblée générale des Nations unies condamne chaque année, à l'écrasante majorité, le blocus étasunien contre Cuba. Le blocus et son application extraterritoriale sont une violation de la Charte des Nations unies, du droit international, de la liberté de navigation et de commerce, ainsi que du principe de l'égalité souveraine des États. Pourtant, Washington continue de resserrer ce siège économique et cherche maintenant à punir des entreprises canadiennes, des travailleurs canadiens et des intérêts économiques canadiens.

L'escalade actuelle trouve son origine dans la tristement célèbre Loi Helms-Burton de 1996, une loi conçue explicitement pour internationaliser le blocus en menaçant les sociétés et les gouvernements de tiers pays qui entretiennent des relations commerciales légales avec Cuba. À l'époque, le Canada avait reconnu le grave danger que représentait cette intrusion sans précédent de la compétence extraterritoriale et avait modifié la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères spécifiquement pour contrer la Loi Helms-Burton et protéger la souveraineté du Canada.

La question qui se pose aujourd'hui est simple et incontournable : Ottawa va-t-il enfin appliquer la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères ?

Le Canada ne peut continuer de proclamer son opposition au blocus aux Nations unies tout en capitulant devant les diktats illégaux de Washington en pratique. L'objectif de la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères n'était pas symbolique. Elle a été promulguée pour protéger les entreprises et les citoyens canadiens précisément contre ce type d'ingérence des États-Unis.

Si le gouvernement canadien n'agit pas maintenant, la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères ne sera guère plus qu'une coquille vide, et le Canada concédera de fait que les lois des États-Unis ont préséance sur les lois du Canada en sol canadien.

Ottawa doit donc :

- dénoncer publiquement le décret de l'administration Trump comme une mesure extraterritoriale illégale qui viole le droit international et la souveraineté du Canada;

- invoquer et appliquer immédiatement la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères afin de protéger les entreprises canadiennes opérant légalement à Cuba;

- fournir des protections juridiques, diplomatiques et financières aux entreprises canadiennes visées par les sanctions étasuniennes;

- coordonner les efforts avec le Mexique, l'Union européenne, les pays de la CARICOM et d'autres États opposés au blocus pour résister aux mesures coercitives illégales de Washington; et

- réaffirmer l'opposition de longue date du Canada au blocus étasunien et exiger sa levée complète et inconditionnelle.

Cette affaire ne concerne pas seulement Cuba. Si le Canada accepte que Washington puisse punir des entreprises canadiennes pour avoir engagé des échanges commerciaux légitimes avec un pays tiers, alors le Canada cesse d'exercer une souveraineté économique réelle. Aujourd'hui, c'est Cuba. Demain, ce pourrait être n'importe quel pays ou secteur qui entrerait en conflit avec les objectifs géopolitiques des États-Unis.

L'attaque contre Sherritt est particulièrement révélatrice. Sherritt exploite des capacités de raffinage de nickel et de cobalt d'importance stratégique en Alberta – des minéraux essentiels à la transition énergétique mondiale et aux chaînes d'approvisionnement industrielles nord-américaines. L'ironie est stupéfiante : alors que Washington ne cesse de parler de garantir l'indépendance en matière de minéraux critiques, ses politiques sapent activement l'une des principales opérations de raffinage d'Amérique du Nord en raison de ses relations avec Cuba.

Cela démontre une fois de plus que le blocus étasunien n'est pas motivé par les « droits humains » ou la « démocratie » et qu'il s'agit en réalité d'une longue campagne de guerre économique, de sabotage et de déstabilisation visant à étrangler Cuba, sans égard aux dommages collatéraux à l'échelle internationale.

Le Canada doit décider s'il défendra sa souveraineté et respectera le droit international, ou s'il se soumettra aux diktats extraterritoriaux d'une puissance étrangère; s'il contestera le pouvoir de l'empire ou s'il s'y laissera absorber.

Le silence et l'inaction ne sont pas de la neutralité, ils équivalent à l'acceptation.

Comité exécutif,
Réseau canadien pour Cuba

Samantha Hislop
Coprésidente, Réseau canadien pour Cuba




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Volume 56 Numéro 5 - Mai 2026

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