Soutien du gouvernement canadien à la corruption en Ukraine
Le gouvernement du Canada, d'abord sous le gouvernement libéral de Trudeau et maintenant sous le gouvernement de Mark Carney, continue de fournir d'importantes sommes d'argent à l'Ukraine au nom de toutes sortes de nobles idéaux. Parmi eux figurent l'aide à la reconstruction de l'Ukraine, son soutien dans la lutte contre la Russie, la promotion des droits humains, et autres.
Depuis le début de 2026, le Canada maintient son fort soutien à l'Ukraine, avec plus de 25,5 milliards de dollars canadiens d'aide totale depuis 2022. Les principaux engagements pour 2026 comprennent 2 milliards de dollars d'aide militaire pour l'exercice fiscal 2026-2027, 1,3 milliard de dollars en garanties de prêts pour la reconstruction et plus de 396 millions de dollars en aide humanitaire continue. La composante militaire comprend la livraison de plus de 400 véhicules blindés, dont 66 véhicules blindés légers (LAV) et 383 véhicules blindés Senator. Elle inclut également 2000 munitions supplémentaires de 155 mm, des munitions fumigènes, des masques à gaz et des bombes aériennes, tandis que les livraisons de moteurs pour les missiles air-air étasuniens AIM-7 et AIM-9 et le système norvégien avancé de missiles sol-air (NASAMS) se poursuivent en 2026. La mission canadienne de formation militaire reste active, formant les forces ukrainiennes en coordination avec l'OTAN.
Le Canada affirme que ses investissements sont axés sur la durabilité à long terme. Il compte sur la soi-disant Coalition des volontaires – formée à la hâte par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne en 2025 – pour assurer la sécurité, tout en soutenant l'intégration de l'Ukraine dans l'Union européenne.
En 2026, le Canada fournit une garantie de prêt de 1,3 milliard de dollars à la Banque mondiale pour aider à la reconstruction de l'Ukraine; une garantie de prêt de 322 millions de dollars à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement pour soutenir les importations de gaz et la sécurité énergétique ukrainiennes; une aide supplémentaire destinée à maintenir prétendument les services publics essentiels, comme les pensions, et à financer le programme du FMI. De plus, l'Accord de libre-échange Canada-Ukraine (CUFTA) mis à jour est censé fournir un cadre pour les investissements commerciaux continus.
Le Canada affirme également fournir l'« aide humanitaire et au développement » suivante en 2026 :
- plus de 396 millions de dollars en aide humanitaire, soi-disant pour soutenir les personnes déplacées et les services d'urgence;
- des financements pour l'« énergie et la reconstruction » afin de réparer les infrastructures, y compris des contributions importantes au Fonds fiduciaire pour l'aide, le redressement, la reconstruction et la réforme de la Banque mondiale;
- un financement de 2026 à 2031 pour des « projets à petite échelle visant une reprise inclusive, des solutions de santé numérique et la démocratie locale ».
Après le voyage « surprise » de Mark Carney en Ukraine en août 2025, un communiqué du bureau du premier ministre a indiqué que le Canada fournissait à l'Ukraine plus de 843 millions de dollars pour l'achat de véhicules blindés, de fournitures médicales et d'autres « équipements critiques »; 680 millions de dollars pour acheter du matériel militaire aux États-Unis via l'OTAN, environ 225 millions pour des capacités de drones, de contre-drones et de guerre électronique; 165 millions pour soutenir le travail du Canada dans le Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine et 140 millions pour l'approvisionnement en munitions et explosifs via l'initiative tchèque sur les munitions.
Depuis 2022, l'Ukraine a reçu environ 421 milliards de dollars US d'aide militaire, financière et « humanitaire » d'autres pays. Le Canada a lui-même fourni 13 milliards de dollars canadiens d'aide financière et 6,5 milliards d'aide militaire à l'Ukraine, avec des engagements supplémentaires portant le total à 25,5 milliards. En outre, le gouvernement a accéléré l'immigration depuis l'Ukraine et a promis 117 millions de dollars canadiens pour accueillir environ 210 000 personnes bénéficiant de ce statut privilégié. Cela contraste fortement avec le traitement réservé aux réfugiés d'autres pays, notamment d'Afrique, d'Haïti et de Palestine, dont l'accès au Canada a été effectivement bloqué en pleine période de génocide.
Parallèlement, la société canado-étasunienne Brookfield Asset Management, avec plus de 1 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion, est impliquée dans divers projets d'infrastructure en Ukraine, notamment dans le secteur énergétique. D'autres entreprises canadiennes incluent Aecon et Cameco dans les secteurs de la construction et de l'énergie respectivement, Fairfax Financial Holdings dans l'agriculture, Bombardier dans la fabrication ferroviaire, et Roshel dans les véhicules blindés. De nombreux autres groupes explorent des opportunités dans des secteurs tels que l'énergie, l'informatique et l'exploitation minière via des initiatives soutenues par des organisations comme UkraineInvest et la Chambre de commerce Canada-Ukraine. UkraineInvest est une agence gouvernementale ukrainienne qui prétend « aider les investisseurs à naviguer les opportunités et à accéder aux incitations et à l'assurance contre les risques de guerre ». Ressources naturelles Canada a tenu une Conférence « Rebuild Ukraine » les 13 et 14 novembre 2025 à Varsovie, en Pologne, pour mettre en relation les entreprises canadiennes avec les décideurs ukrainiens pour faciliter la reconstruction[1].
Depuis que les États-Unis et l'OTAN ont orchestré le coup d'État de Maïdan en 2014, avec une implication canadienne considérable, tous les secteurs dans lesquels le Canada est impliqué ont été touchés par des scandales de corruption, sur une échelle encore plus grande que ce qui existait déjà[2]. Une série de scandales majeurs début 2023 a impliqué plusieurs hauts fonctionnaires, gouverneurs, le sous-ministre de la Défense Viacheslav Shapovalov et le directeur adjoint du bureau du président Kyrylo Tymoshenko.
L'Indice de perception de la corruption de 2013 de Transparency International a révélé que la police (49 %), les services médicaux et de santé (41 %) et le système éducatif (33 %) étaient les institutions où les Ukrainiens ont le plus couramment payé des pots-de-vin. La corruption politique est endémique. Les politiciens sont accusés d'utiliser leur position à des fins personnelles, y compris la manipulation de la privatisation d'entreprises publiques et la pratique de corruptions liées à l'attribution de terres. Le train de vie somptueux de nombreux politiciens, souvent en décalage avec leurs revenus déclarés, suscite la colère publique. Bien que des lois aient été adoptées pour tenir les fonctionnaires responsables de la corruption, leur application reste un défi, et la perception persiste que de nombreux responsables corrompus restent impunis.
Pour ce qui est du système judiciaire ukrainien, des affaires de corruption de grande envergure continuent d'émerger. L'influence politique, les pots-de-vin et le favoritisme dominent, les juges subissant des pressions pour rendre des verdicts spécifiques, souvent au bénéfice de ceux qui détiennent le pouvoir politique ou financier. La disparité de traitement entre les citoyens ordinaires et les responsables, ces derniers bénéficiant souvent de peines clémentes, est une caractéristique notable du système judiciaire.
En matière de transactions commerciales, des études ont exposé une augmentation significative de la corruption parmi les hauts dirigeants ces dernières années, de nombreuses entreprises étant prêtes à verser des pots-de-vin pour obtenir des contrats ou dissimuler des irrégularités financières. D'autres formes de corruption sont présentes dans l'enseignement supérieur, la sécurité sociale, les soins de santé et la politique locale, selon diverses enquêtes[3].
Le problème de la corruption atteint même la présidence. Un article du 13 novembre 2025 rapporte un système de rétrocommissions de 100 millions de dollars US dans le secteur énergétique :
« Les enquêteurs anti-corruption allèguent un vaste système de rétrocommissions de 10 à 15 % de la valeur des contrats fournisseurs, soit environ 100 millions de dollars US. Des perquisitions ont eu lieu dans 70 sites à travers le pays le 10 novembre. Sept personnes ont été inculpées et cinq sont en détention.
« Le cerveau de ce système corrompu serait Timur Mindich, homme d'affaires et producteur de films, qui a fui précipitamment l'Ukraine un jour avant les perquisitions. Ce qui rend cette affaire très dangereuse pour Zelensky, c'est que Mindich est copropriétaire, avec le président ukrainien, du Kvartal 95 Studio. Kvartal est la plateforme médiatique sur laquelle Zelensky a acquis sa notoriété pré-présidentielle en tant que comédien[4]. »
D'autres rapports mettent en lumière que ce système de rétrocommissions a exploité un règlement instauré sous la loi martiale (en vigueur depuis février 2022) interdisant aux entrepreneurs de réclamer des dettes auprès d'entreprises considérées comme fournissant des services essentiels, comme Energoatom. En juillet 2025, le gouvernement de Zelensky a été contraint d'abroger une loi qui privait le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anti-corruption (SAP) de leur indépendance, loi qui avait été introduite au milieu de l'enquête sur Energoatom. Le gouvernement a été forcé de reculer après des manifestations de masse généralisées et sous la pression de l'Union européenne.
À ce jour, en ce qui concerne les milliards de dollars que le Canada a donnés à l'Ukraine, il ne semble pas exister de comptabilité réelle permettant de vérifier comment tout cet argent est réellement utilisé. Cela s'ajoute au fait qu'une grande partie de l'aide envoyée par le Canada et d'autres pays enrichit les fabricants d'armes dans une tentative de « gagner » la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie « jusqu'au dernier Ukrainien ».
Ce manque de comptabilité et de responsabilité va de pair avec le problème de longue date de la corruption en Ukraine. Les rapports centrés sur l'affaire Energoatom omettent délibérément de mentionner que la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN est un véritable gouffre financier. Elle implique le détournement et l'utilisation abusive massifs de fonds publics par le gouvernement canadien, qui lui-même ne peut être tenu responsable et agit en toute impunité, comme c'est le cas dans tous les pays qui versent de l'argent à flots à l'Ukraine.
La frénésie de dépenses du Canada en Ukraine est d'autant plus répréhensible compte tenu des diverses mesures d'austérité imposées par le gouvernement Carney dans la fonction publique fédérale, y compris les licenciements massifs de travailleurs. Sa restructuration de l'État inclut la privatisation de certains aspects des soins de santé et de l'éducation. Son irresponsabilité criminelle, comme celle d'autres gouvernements, inclut le refus de garantir que les conditions de vie de base des peuples autochtones et de leurs communautés soient respectées, y compris la fourniture d'eau potable et de logements adéquats. La question de la responsabilité est un problème sérieux non seulement pour l'Ukraine, mais aussi pour le Canada.
Un jour viendra sûrement où la vérité sur ce qui est arrivé aux milliards de dollars donnés par le Canada à l'Ukraine sera révélée.
Notes
1. Selon diverses sources, les domaines privilégiés de l'investissement canadien en Ukraine incluent :
- l'énergie (y compris le biogaz et le biométhane),
- la construction et les infrastructures,
- l'agro-industrie,
- l'exploitation minière et les industries extractives,
- les technologies de l'information (TI),
- l'aérospatial,
-la défense,
- les systèmes d'eau et d'assainissement,
- la logistique et l'entreposage,
- les communications électroniques,
- les soins de santé, et
- la recherche et développement.
2. Ce coup d'État a placé les néo-nazis aux postes de pouvoir, après quoi une campagne a été menée pour priver les Ukrainiens russophones de leurs droits fondamentaux, accompagnée de meurtres et d'attaques brutales dans les régions orientales et méridionales de l'Ukraine, en particulier le Donbass (oblasts de Donetsk et Louhansk) et la Crimée. Le gouvernement de Zelensky est le produit de ce coup d'État, tout comme l'opération militaire spéciale de la Russie, lancée pour défendre les populations russophones face à l'échec des États-Unis, de l'Union européenne, du Canada et de l'OTAN à défendre le droit international et les droits humains.
3. « Corruption in Ukraine – Corruption Index », Kohn, Kohn & Colapinto
4. « Ukraine : energy corruption scandal threatens to derail Zelensky's government and undermine its war effort », Stefan Wolff et Tetyana Malyarenko, The Conversation, 13 novembre 2025
Cet article est paru dans

Volume 56 Numéro 5 - Mai 2026
Lien de l'article:
https://cpcml.ca/francais/Lml2026/Articles/SM560511.HTM
Site Web: www.pccml.ca Courriel: redaction@pccml.ca

