250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776
Une occasion de parler de définitions modernes
À l'occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776, le président Trump, se présentant comme un historiographe des événements de 1776 et de leur signification, affirme que la révolution se poursuit aujourd'hui, qu'il en est le chef et que, le 4 juillet 2026, une grande célébration de cette révolution actuelle aura lieu. Certains affirment qu'il incarne le fascisme, le racisme et la réaction la plus sombre. D'autres, invoquant ce qu'ils appellent « l'histoire populaire », soutiennent que 1776 fut une contre-révolution. D'autres encore se délectent d'événements tels que le Boston Tea Party de 1773, des récits d'héroïsme, mais aussi de trahison, ainsi que de leurs reconstitutions. S'il existe des preuves d'actions contre-révolutionnaires parmi ceux qui s'opposaient aux Britanniques à cette époque et si, à n'en pas douter, la Constitution des États-Unis est contre-révolutionnaire, cette approche est néanmoins erronée car elle passe à côté de l'objectif de cette contre-révolution, qui était de bloquer les luttes du peuple dans le contexte d'une révolution démocratique.
Beaucoup éprouvent de la gêne à célébrer la Déclaration d'indépendance des États-Unis, compte tenu des guerres injustes menées par les classes dirigeantes de ce pays, des atrocités commises et du mépris total pour l'humanité qui domine actuellement. Le sentiment d'humiliation est également considérable. Ceux qui maudissent la contre-révolution prennent souvent comme point de départ la Déclaration d'indépendance de 1776 ou la Constitution de 1787. Mais c'est une vue limitée de la révolution et de la contre-révolution, d'un point de vue historique, et elle mène ceux qui voient les choses de cette façon dans une impasse aujourd'hui, la voie vers l'avant leur étant bloquée par le voile constitutionnel et d'autres voiles liés au génocide, aux concepts d'intentionnalité et à la formule « Nous, le peuple ».
Les Étasuniens ressentent tout le poids de la dette historique, des guerres qui se déroulent à 10 000 kilomètres de chez eux et des tentatives continuelles de déchiffrer l'incohérence dans le cerveau de Donald Trump. Il y a un problème de point de référence. Plus précisément, il manque le point de référence qui serve les intérêts du peuple quand on revient constamment aux deux célèbres documents censés avoir fait du peuple étasunien « Nous, le peuple » : la Déclaration d'indépendance et la Constitution.
Il faut se pencher sérieusement sur qui est « Nous, le peuple ». Cette discussion est éclipsée quand on se contente de dire que les auteurs des deux documents étaient des hypocrites puisqu'ils étaient eux-mêmes des propriétaires d'esclaves ou complices du système esclavagiste. Ou il y a ceux qui disent que, puisque ces documents sont associés à la contre-révolution, ils ne méritent pas d'être analysés pour en tirer des conclusions qui nous serviraient aujourd'hui à tracer une voie guidée par la nécessité de changement.
Qui est le « nous » dans « Nous, le peuple » ? Qu'est-ce qu'un « peuple » ? Comment un « peuple » se crée-t-il et se définit-il ? Quel est son rôle dans le façonnement de l'histoire ? Dans l'ensemble, rien de tout cela n'est jugé digne de discussion, mais c'est précisément ce que le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) propose de faire à l'occasion de ce 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis.
Le PCC(M-L) estime que cet anniversaire offre l'occasion d'engager des discussions sur la portée de cette Déclaration, hier comme aujourd'hui, ainsi que sur l'importance de la Constitution des États-Unis, signée en 1787, ratifiée par le nombre requis d'États en 1788 et entrée en vigueur en 1789, afin de donner vie aux principes proclamés en 1776.
Mais surtout, cet anniversaire est l'occasion de discuter de définitions modernes et des raisons pour lesquelles le monde a besoin de définitions modernes. Compte tenu de la pression que le « modèle » étasunien de démocratie exerce sur les peuples des États-Unis et des pays du monde entier depuis le XVIIIe siècle, et en particulier depuis la Deuxième Guerre mondiale, la discussion sur les définitions modernes servira les peuples partout dans le monde qui, comme les peuples des États-Unis, se battent vaillamment et avec grande détermination pour la paix, la liberté et la démocratie.
À partir d'aujourd'hui, LML profite de cet anniversaire de l'indépendance des États-Unis pour publier une série de Conversations organisées par le Centre d'études idéologiques du PCC(M-L) sur les problèmes qui se posent à ce moment historique particulier, où des principes tels que ceux énoncés dans la Déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776, et les vieilles formes, telles que celles consacrées dans la Constitution des États-Unis de 1787, sont finis alors que de nouvelles formes n'ont pas encore vu le jour.
Nous commençons par les Conversations qui ont eu lieu en août et septembre 2025 et qui sont désormais disponibles dans un ouvrage intitulé Reconnaître le « grand bouleversement de l'humanité » comme nôtre – Considération des analyses, perceptions et réflexions du Dr W.E.B. Du Bois. Cet ouvrage est publié pour rendre hommage à la vie et à l'oeuvre de W.E.B. Du Bois à l'heure où le matériel de pensée qu'il a créé est plus que jamais nécessaire.
La deuxième série de Conversations, sur le thème Lever le voile, s'est déroulée de mai à juin 2026. La nécessité de lever le voile qui fait partie intégrante d'une historiographie bourgeoise qui prive les peuples de la conception du monde dont ils ont besoin, y est discutée en détail. Il s'agit d'établir notre propre historiographie, fondée sur nos propres points de vue qui reconnaissent les peuples comme les artisans de l'histoire. Ce sont les peuples, par leur résistance et leurs efforts pour humaniser l'environnement social et naturel, qui non seulement s'affirment en tant que peuples, mais établissent également des droits qui appartiennent à chacun du fait qu'il est humain.
La troisième série de Conversations, publiée sous le
titre Contre-révolution, s'est déroulée de décembre
2025 à mai 2026. Elles identifient l'objectif de la
contre-révolution à laquelle nous assistons aujourd'hui comme un
obstacle à la transition vers une société sans classes et à
l'élimination de l'esclavage humain. S'il en est la figure de
proue, la contre-révolution actuelle n'est pas le fait de Donald
Trump. Elle est la voie que choisissent les classes dirigeantes
aux États-Unis et à l'étranger après avoir échoué à restructurer
l'État d'une manière qui leur soit favorable. Elles doivent
recourir à une violence extrême pour détruire tout ce qu'elles
ne peuvent pas contrôler. Elles poursuivent la destruction
jusqu'à l'anéantissement pur et simple.
Ces circonstances dramatiques incarnent l'obscurité qui précède
l'aube. Elles nous incitent à répondre à l'appel de l'histoire
pour mobiliser le facteur humain/conscience sociale, et faire
naître le renouveau. Ce nouveau se manifeste déjà à
travers des actes qui balayent les voiles qui privent l'humanité
de la conception du monde nécessaire pour voir le monde qui nous
entoure avec lucidité — cette clarté profonde, cette
compréhension et cette perception directe indispensables en
cette période de transition où les anciennes formes ont disparu
et où les nouvelles ne sont pas encore nées.
Le travail d'élaboration de définitions modernes consiste à
faire l'expérience de la réalité qui nous entoure telle qu'elle
est réellement, d'une manière claire, sans ambiguïté et,
parfois, enivrante.
Les Conversations identifient la résistance des peuples contre l'anéantissement des peuples de l'histoire comme la source du nouveau monde que l'humanité s'efforce de faire naître.
Cet article est paru dans

Volume 56 Numéro 4 - 2 juillet 2026
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