Numéros 7-8
Juillet-août 2025
États-Unis
• Vers un régime militaire pour réprimer les soulèvements populaires défiant l'impunité
• L'entreprise
canadienne GardaWorld,
sous-traitante à « Alligator Alcatraz »
Mexique et Caraïbes
• Les États-Unis préparent une opération militaire dans les Caraïbes et sur la frontière sud
• Sur le risque
d'intervention militaire étasunienne au Mexique
États-Unis
Vers un régime militaire pour réprimer les soulèvements populaires défiant l'impunité

Washington, 16 août 2025
Chaque semaine, chaque jour, dans tous les États des États-Unis, des millions de travailleurs et de personnes de tous horizons se lèvent pour s'opposer à la tyrannie et à l'impunité de l'administration Trump et aux nombreuses interventions illégales des forces répressives commandées par le pouvoir exécutif. Des actions et des manifestations pour défendre les travailleurs fédéraux et les travailleurs de la santé, les droits des immigrants et des réfugiés, contre le génocide en Palestine et la guerre contre l'Iran, contre le recours à l'armée et l'expansion des camps de détention, contre la violence policière, les morts racistes aux mains de la police et la brutalité policière envers les jeunes, entre autres, ont régulièrement lieu et se poursuivent. La colère est grande face à la direction que prend le président des États-Unis, Donald Trump, et à la restructuration de l'État en violation de ce qui est considéré comme l'esprit de la Constitution des États-Unis.
Il y a aussi une opposition généralisée au budget anti-peuple, antisocial et pro-guerre adopté d'une manière que les gens de tous les horizons aux États-Unis trouvent inacceptable.
Les demandes d'une autre voie pour les États-Unis se multiplient, et nombreux sont celles et ceux qui réclament une transformation fondamentale, notamment l'instauration d'une démocratie véritable, créée par le peuple lui-même et lui permettant de gouverner et de prendre toutes les décisions qui affectent sa vie. Tous s'opposent aussi farouchement aux violations du droit international par les États-Unis et à l'usage de la force pour régler les conflits et imposer le diktat des États-Unis.
Les institutions existantes, comme le Congrès, la Cour suprême, la présidence elle-même et le système électoral, se sont révélées dysfonctionnelles et antipopulaires et ont contribué à l'aggravation des problèmes. Donald Trump, comme les anciens présidents Joe Biden et Barack Obama avant lui, agit pour restructurer l'État d'une manière encore plus favorable aux oligarques privés et à leur demande d'obtenir toujours plus de fonds publics pour servir leurs intérêts étroits.
Pour Donald Trump, l'opposition à ses ordres, qui est très répandue, sert également à préparer le terrain pour justifier la nécessité d'un régime militaire, ou du moins le recours à l'armée si nécessaire pour sauvegarder le pays et le protéger des « émeutiers » et des « gangs » et de ce qui est largement reconnu comme des institutions dysfonctionnelles comme le Congrès et les tribunaux.
On voit déjà avec quelle facilité Trump utilise l'armée à l'intérieur du pays pour imposer son diktat. Le recours à la Garde nationale à Washington et la prise de contrôle de la police de Washington, avec la menace de faire de même à New York, Chicago et Los Angeles, ne sont que les mesures les plus récentes. À Washington, 850 membres de la Garde nationale et 500 agents fédéraux supplémentaires du Service de l'immigration et des douanes (ICE), de la Patrouille frontalière, du Département de la sécurité intérieure (DHS), de l'Agence antidrogue (DEA) et du Bureau fédéral d'enquête (FBI) assurent le maintien de l'ordre, aux côtés de 6600 agents de la police métropolitaine de Washington, de la police des parcs, de la police du Capitole, de la police judiciaire fédérale et des services secrets. Il s'agit actuellement de la plus forte présence policière par habitant dans tout le pays, avec un agent pour 100 habitants.
La région métropolitaine de Washington compte la troisième plus grande population noire du pays, avec 1,8 million d'habitants, et ce sont les quartiers noirs qui sont ciblés, ainsi que les personnes sans-abri. Les travailleurs immigrés sont également brutalement attaqués et détenus, même pendant leur travail. Comme l'a crié un travailleur alors qu'il était plaqué au sol par un groupe de policiers masqués : « Je suis un travailleur ! Je n'ai rien fait. Je ne suis pas un criminel ! » Cette attaque a eu lieu au National Mall, sous les yeux de visiteurs du monde entier. Ces attaques, qui se multiplient, visent à montrer que ces groupes de policiers fédéraux masqués peuvent agir en toute impunité contre n'importe qui, n'importe où.
Donald Trump a également fédéralisé les soldats de la Garde nationale de six États – la Virginie occidentale, la Caroline du Sud, le Mississippi, le Tennessee, la Louisiane et l'Ohio – avec le soutien de leurs gouverneurs. Le gouverneur du Vermont a refusé, car ce sont les gouverneurs qui commandent leur Garde nationale d'État et peuvent refuser leur déploiement. Cela ajoute 1100 soldats supplémentaires, portant le total à environ 2300 à Washington. Ils seront désormais armés de pistolets M17 et autorisés à arrêter et détenir les gens.
L'ensemble de l'opération constitue une occupation de Washington et un exercice grandeur nature visant à faire travailler ensemble les troupes et les agents fédéraux contre des personnes qui n'ont commis aucun crime. Comme le scandent actuellement les manifestants, « De Washington à la Palestine, l'occupation est un crime ! »
De nombreux points de contrôle arbitraires ont été mis en place, obligeant des personnes à s'arrêter, et elles sont poursuivies pour feux arrière cassés, non-port de la ceinture de sécurité ou pour des accusations plus graves fabriquées de toutes pièces, afin de normaliser ce type de maintien de l'ordre. Lors d'un poste de contrôle, plus de 100 personnes se sont rassemblées pour rejeter cette attaque, en scandant : « Rentrez chez vous, fascistes ! »


Washington, les 11 et 16 août 2025
Bien que la Constitution donne au président des pouvoirs de police, comme les décrets présidentiels, dans le cadre de son serment d'« exécuter fidèlement les fonctions de président des États-Unis », Donald Trump s'efforce de les utiliser pour légiférer et déterminer les crimes et les châtiments, notamment pour les personnes à l'intérieur du pays. Il cherche à agir ainsi, que le Congrès et les tribunaux soient d'accord ou non, d'où ses déclarations affirmant qu'il ne respectera pas les décisions des « juges activistes ». Il s'est déjà opposé à des décisions de justice, comme celles concernant l'envoi de personnes à la prison CECOT au Salvador.
Le recours à l'armée à Los Angeles, ainsi que dans des camps de détention en Floride, au camp de détention de la base navale étasunienne de Guantanamo à Cuba, et la réouverture du camp de Fort Bliss au Texas, entre autres, sont des exemples évidents de mesures visant à instaurer un régime militaire. Cependant, ce ne sont pas les seules indications que l'État étasunien se dirige vers un régime militaire, même si l'importance d'autres mesures n'est pas aussi claire. Certaines des plus significatives sont examinées ci-dessous, notamment les exercices militaires à Los Angeles qui, avec d'autres exemples, brouillent les frontières entre l'autorité civile et militaire, ainsi que le droit à la citoyenneté par droit du sol.
L'occupation de Los Angeles

La résistance organisée à Los Angeles a uni les forces
combattantes : plus de 60 organisations unies dans l'action le
18 février 2025. La résistance a persisté et a réussi à faire
sortir la majorité des militaires de Los Angeles.
À Los Angeles, Donald Trump ne se contente pas de mener un exercice militaire à l'intérieur du pays contre la population du Grand Los Angeles en essayant de le rendre acceptable. La population a fermement manifesté son rejet et sa défiance, en défendant les droits de tous. Sa résistance a désormais contraint la plupart des troupes à quitter la ville.
Donald Trump cherche également à imposer une structure de commandement unifiée pour l'armée, l'ICE, les douanes et la police des frontières (CBP) et d'autres agences fédérales, comme c'est déjà le cas à Washington et à la frontière sud. En les faisant agir ensemble, les différents commandants apprennent à se connaître et la séparation habituelle entre les forces civiles et militaires est éliminée sur le terrain. Les conflits et les rivalités entre eux sont également réduits, car ils participent à des raids et à des attaques communs. Les forces elles-mêmes sont entraînées à mener des actions qu'elles savent illégales et brutales. Tout cela est absolument nécessaire pour que les efforts visant à imposer la loi martiale aboutissent à l'avenir.
Donald Trump teste également les fondements de la réaction des élus locaux et de l'État. En ordonnant à la Garde nationale de Californie d'occuper Los Angeles, il a directement mis à l'épreuve l'autorité du gouverneur californien Gavin Newsom. C'est Gavin Newsom qui a le pouvoir d'ordonner à la Garde nationale de Californie d'agir, de refuser son déploiement et de lui ordonner de se retirer. Il ne l'a pas fait, afin d'éviter une confrontation militaire ouverte avec le président. Donald Trump a donc obtenu sa réponse que même dans un grand État sanctuaire, le gouverneur n'agirait pas contre lui lorsqu'il utiliserait la Garde nationale pour ses propres fins et contre le peuple de l'État. Reste à voir si d'autres gouverneurs, comme ceux de l'Illinois et de New York, qui sont aussi de grands États sanctuaires, en feront de même, ou si Gavin Newsom changera sa position.
Trump utilise régulièrement des termes tels que « invasion » et « rébellion » dans le cadre de la préparation de l'utilisation de l'armée à l'intérieur du pays. Pour Los Angeles, il a spécifiquement invoqué le Titre 10 du Code des États-Unis § 12406 qui donne au président le pouvoir de fédéraliser les troupes de la Garde nationale dans le cas où : « (1) les États-Unis, ou l'un quelconque des Commonwealth ou possessions, sont envahis ou est en danger d'invasion par une puissance étrangère; (2) lorsqu'il y a une rébellion ou un danger de rébellion contre l'autorité du gouvernement des États-Unis; ou (3) lorsque le président est dans l'incapacité, avec les forces régulières, de faire respecter les lois des États-Unis. »
Aucun de ces critères n'était présent à Los Angeles, un fait souligné par les responsables locaux comme le maire. La loi dit aussi : « Les ordres à ces fins seront donnés par les gouverneurs des États. »
Les gouverneurs doivent donner leur consentement et peuvent refuser, comme certains l'ont fait lorsque le président Bush mobilisait la Garde nationale pour combattre en Irak. Les gouverneurs sont les commandants en chef de leur garde d'État et ont autorité sur eux. Gavin Newsom peut ordonner à la Garde nationale de Californie de se retirer, comme le réclament de nombreux manifestants. Il s'est plutôt adressé aux tribunaux, et l'affaire est toujours en instance.
Il est également enseigné aux officiers militaires que leur
rôle est de combattre dans des guerres étrangères, et non contre
la population à l'intérieur des États-Unis. Mener ces exercices
militaires en conditions réelles à l'intérieur du pays, à
Washington, Los Angeles et à la frontière sud, est une méthode
pour faire tomber cette règle et unir les forces militaires.
Jusqu'à présent, Donald Trump a utilisé l'Armée de terre, les
Marines et la Marine dans ces opérations.


Des manifestations à Monrovia, une ville du comté de Los
Angeles, dénoncent la descente de l'ICE chez Home Depot qui a
conduit à la mort du travailleur Roberto Carlos, tué dans la
circulation alors qu'il fuyait la descente le 14 août 2025.
Des frontières qui s'effacent entre l'autorité civile et militaire
Il fait partie de la conscience collective du peuple étasunien que lutter contre la tyrannie, c'est limiter le pouvoir de l'armée. Les civils sont aux commandes : le président en tant que commandant en chef, les dirigeants du Pentagone, de la Sécurité intérieure, etc., sont tous des civils. Cette conscience, héritée de la guerre de Sécession, est aussi fortement opposée à l'usage de l'armée à l'intérieur du pays.
La Constitution attribue au Congrès – et non à l'armée – le pouvoir de déclarer la guerre. Elle accorde aussi au Congrès le pouvoir de financer l'armée, pour une période de deux ans seulement. La Constitution, en vertu du deuxième amendement, consacre le droit du peuple à avoir des milices armées. Ces mesures visaient à limiter le pouvoir militaire et prévenir la tyrannie. Bien que le Congrès ait depuis longtemps renoncé à son autorité de déclarer la guerre, le contrôle civil sur l'armée reste une exigence.
Trump, chargé de rompre avec les limites de la Constitution, cherche à saper cette conscience collective parmi la population et au sein de l'armée. La Garde nationale des États, par exemple, a souvent prêté main forte lors d'urgences telles que des ouragans, des inondations ou des incendies. Cela est accepté par la population. Désormais, Trump rend acceptable l'utilisation de l'armée sur le territoire national de manière permanente. Par exemple, depuis des années, à la fois la Garde nationale du Texas et actuellement plus de 8500 soldats en service actif sont déployés à la frontière avec le Mexique. Comme à Los Angeles et Washington, ces déploiements frontaliers encouragent une coopération entre l'armée, l'ICE et les douanes (CBP).
Au nom d'« assister » les forces de l'ordre à la frontière sud, l'armée a déployé des avions espions U-2, des drones de surveillance et des hélicoptères. Deux navires de guerre de la marine surveillent sans arrêt les frontières et les côtes. Une brigade de combat Stryker d'environ 4000 soldats ainsi qu'un bataillon de l'aviation de soutien général (GSAB) d'environ 650 soldats ont été déployés à la frontière en mars. La brigade Stryker est connue pour son déploiement rapide et sa polyvalence, utilisant des véhicules blindés Stryker à huit roues, plus rapides et mieux armés que les chars d'assaut. Le GSAB apporte un soutien aérien – des hélicoptères UH-60 Black Hawk pour le commandement et les évacuations, et des CH-47 Chinook pour les charges lourdes.
En plus de permettre une action coordonnée entre les forces militaires et civiles, tout cela implante une force de combat redoutable, prête à envahir le Mexique – une menace que Trump a brandie sous prétexte de lutter contre les cartels de drogue. Or, il est bien connu que ces cartels sont armés et protégés par les États-Unis. L'objectif réel est donc l'invasion et le contrôle du Mexique. Par ailleurs, Trump a récemment envoyé 4000 marines et marins dans les Caraïbes, brandissant la menace d'une intervention militaire dans les eaux internationales, entres autres contre le Venezuela. Des navires de guerre, des avions de reconnaissance, un croiseur lance-missiles et des sous-marins d'attaque y sont déployés.
Par ailleurs, le Pentagone a saisi des terres publiques pour créer deux bandes de terrain le long des 3200 kilomètres de la frontière mexicaine – l'une au Nouveau-Mexique, l'autre au Texas. Elles ont été transformées en « zones militaires » rattachées à des bases militaires étasuniennes à proximité. Ce sont des zones de passage fréquemment utilisées par les migrants, notamment ceux qui demandent l'asile.
L'une est près d'El Paso, au Texas, où la résistance aux attaques contre les immigrés et à la militarisation de la frontière est de longue date organisée sous la bannière « Pas en notre nom ! » et « Pas dans notre communauté ! ». Cette « zone militaire » fait environ 100 kilomètres de long. L'autre se trouve au Nouveau-Mexique et est plus grande : environ 18 mètres de large sur 270 kilomètres de long (soit 60 pieds par 170 miles). Elle couvre environ 45 000 hectares de terres publiques utilisées par les randonneurs et les chasseurs, où désormais seule l'armée peut entrer. Comme l'a dit le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth : « Il s'agit d'une propriété du département de la Défense. » Balayant toute ambigüité, il a ajouté : « Toute tentative illégale d'entrer dans cette zone revient à pénétrer sur une base militaire – une zone protégée au niveau fédéral. Vous serez arrêtés. Vous serez interceptés par des troupes étasuniennes et la Patrouille frontalière agissant ensemble. »
Il est significatif que l'armée s'approprie tout bonnement des terres publiques, prenant ainsi le contrôle direct de territoires habituellement sous contrôle de civils, y compris des autorités locales et étatiques. Les terres des peuples autochtones se trouvent également le long de la frontière et pourraient être confisquées à tout moment.
De vastes zones fédérales longeant la frontière pourraient être réquisitionnées comme « zones militaires », notamment des parcs et réserves naturelles en Californie, en Arizona et au Texas, comme le parc national Big Bend, le parc Border Field, le parc Seminole Canyon, la réserve Cabeza Prieta, ou encore la réserve faunique nationale Buenos Aires. Des États comme le Texas pourraient aussi céder leurs terres publiques. L'« Alcatraz des alligators », en Floride, a été construit sur des terres confisquées à la Big Cypress National Preserve, elle-même située sur des terres autochtones.
Par ailleurs, l'armée détient des migrants et banalise cette pratique. Bien qu'ils soient censés être remis à la Patrouille frontalière, ce qui se passe réellement sur le terrain est vraisemblablement différent.
Plus de 100 migrants ont été arrêtés par l'armée et criminalisés, accusés de « violations des règlements de sécurité », un délit passible d'une amende de 100 000 dollars et d'un an de prison. Le juge a imposé un arrêt de procédure, estimant qu'il n'y avait aucun motif raisonnable de penser que les personnes arrêtées savaient qu'elles pénétraient dans une zone militaire.
Les États-Unis ont un système judiciaire qui sépare les affaires civiles des affaires pénales. À l'heure actuelle, les violations liées à l'immigration sont traitées par des tribunaux civils. L'immigration est une question civile, et non criminelle, bien que le gouvernement ait tenté ces dernières années de la criminaliser. Désormais, l'armée y est également impliquée. Cette démarche, qui ouvre la voie à une intervention militaire, est un autre moyen d'effacer cette distinction, de criminaliser les migrants et de justifier l'usage de l'armée pour leur détention.
On constate aussi une forte augmentation des camps de détention gouvernementaux gérés par le secteur privé. La brutalité et les conditions inhumaines infligées à des personnes n'ayant commis aucun crime sont notoires.
Des installations militaires sont également utilisées. Fort Bliss, dans le désert près d'El Paso, au Texas, est de nouveau exploité : des tentes et des cages y sont construites pour accueillir 5000 personnes, au coût d'environ 1,26 milliard de dollars.
Les habitants d'El Paso, où les infirmières jouent un rôle central, avaient forcé la fermeture du camp de détention de Fort Bliss utilisé pour détenir des enfants non accompagnés de 2016 à 2017, puis de 2021 à 2023. Ce camp était notoire pour ses sévices à l'endroit des enfants. Comme pour l'occupation de Los Angeles, Trump cible une région ayant une tradition de résistance, cherchant à humilier et pacifier la population. Nul doute que les habitants d'El Paso et de sa ville jumelle Juárez parleront à nouveau en leur nom et pour leur communauté, exigeant la fermeture du camp et la fin des détentions et des expulsions.



Le Comité organisateur national des infirmières au Texas,
représentant 1700 infirmières et infirmiers de quatre hôpitaux
d'El Paso, a participé à une marche devant le bureau local de
l'ICE le 19 juin 2018 pour protester contre la séparation forcée
des familles et la détention des enfants migrants.
Fort Dix, à New Jersey, doit accueillir 3000 personnes, et Camp Atterbury, une base de la Garde nationale dans l'Indiana, sera également utilisée. La base aérienne de Homestead, près de Miami, en Floride, et un centre de détention de 2000 personnes au camp d'entraînement de la Garde nationale de Camp Blanding, dans le nord-est de la Floride, sont aussi à l'étude. Des avions militaires sont également utilisés pour les expulsions.
En outre, en juin, Trump a annoncé l'envoi de 700 marines pour « soutenir » les opérations de l'ICE en Floride, au Texas et en Louisiane. Les 200 premiers ont été déployés en Floride le 3 juillet. Deux cents autres sont également déployés en Louisiane et au Texas. Par ailleurs, Trump a poussé les gouverneurs de certains États à activer leur Garde nationale pour « prêter main forte » lors des descentes d'ICE dans leurs États, même s'il n'y a aucune situation d'urgence. Jusqu'à présent, la Floride, l'Idaho, l'Iowa, le Tennessee, la Virginie et le Dakota du Sud ont déployé des troupes. Trois autres États – le Nevada, la Louisiane et la Caroline du Sud – sont en train d'approuver des déploiements. Toutes ces opérations servent d'exercices grandeur nature pour des actions conjointes entre forces militaires et civiles, ainsi que pour renforcer le commandement fédéral.
« Alligator Alcatraz » et le recours à des juges militaires pour statuer sur les questions d'immigration
En Floride, le gouverneur Ron DeSantis, qui a invoqué les pouvoirs d'urgence et des mesures accélérées, a réquisitionné des terres dans les Everglades, qui font partie de la réserve nationale de Big Cypress, afin de créer ce que les autorités de l'État appellent désormais « Alligator Alcatraz ». Les responsables de la Floride n'ont aucune honte d'être associés à la prison californienne d'Alcatraz, aujourd'hui fermée, tristement célèbre pour sa brutalité et ses conditions de détention épouvantables.
« Alligator Alcatraz » est une ville de tentes, alimentée par des génératrices et abritant des personnes dans des cages exiguës pendant la saison des ouragans. Les tentes sont régulièrement inondées et les essaims de moustiques sont fréquents. Comme l'a déclaré un avocat spécialisé dans l'immigration qui défend une personne détenue : « Je n'ai jamais vu un traitement aussi délibérément cruel ». Les conditions sont si inhumaines dans le camp qu'une grève de la faim a déjà été organisée pour réclamer de la nourriture comestible, de l'eau, des soins médicaux et l'accès à la famille et aux avocats.
« Alligator Alcatraz » est largement contesté par les peuples autochtones et les résidents de la région qui se sont rassemblés le long de l'autoroute pour demander qu'il ne soit pas bâti. Les Miccosukee et les Séminoles, qui protègent ces terres et leurs eaux depuis des siècles, exigent sa fermeture et rejettent cette atteinte à leur souveraineté.
Une action en justice a également bloqué la poursuite de la construction, empêchant ainsi de bâtir au-delà des 3 000 lits existants. Une décision de la cour rendue le 22 août a également ordonné aux autorités de l'État et à l'ICE de cesser d'envoyer des personnes dans le camp de détention. Elles sont tenues de retirer les génératrices, le gaz, l'éclairages industriel, les clôtures, les égouts et autres déchets et poubelles dans un délai de 60 jours, ce qui entraînerait la fermeture effective du camp.
Le juge a fait écho à la position des Miccosukee et des groupes environnementaux qui ont intenté le procès, jugeant que le camp causait un « préjudice irréparable » à l'environnement et que les autorités de Floride « n'avaient consulté aucune partie prenante ni aucun expert et n'avaient procédé à aucune évaluation des risques environnementaux ». La résistance se poursuit pour obtenir la fermeture immédiate de ce camp.
Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a déclaré que cette décision « ne nous dissuadera pas » et que le camp restera opérationnel. Il a également annoncé la création d'un autre centre de détention dans une prison d'État, la Baker Correctional Institution, qui sera également mis à la disposition du gouvernement fédéral.
Lors de sa visite à « Alligator Alcatraz » avec Ron DeSantis en juillet, Trump a déclaré qu'il approuverait le plan de la Floride visant à « accélérer » les expulsions en faisant appel à des officiers du JAG (Juge-avocat général) de la Garde nationale pour agir en tant que juges de l'immigration. Ceux-ci recevraient une formation de six semaines sur des notions extrêmement complexes sur le droit en immigration et le droit d'asile.
Le recours aux JAG pour « accélérer » les expulsions n'est pas seulement un moyen supplémentaire de priver les personnes expulsées illégalement d'un procès équitable, comme c'est déjà largement le cas. Cela ouvre également la voie à l'utilisation du JAG dans tous les domaines. L'importance de cette mesure réside également dans le fait qu'elle met en place le recours à l'armée et sa capacité à juger des affaires civiles. Si, pour l'instant, cette mesure concerne les questions d'immigration, une fois mise en place, elle pourrait s'étendre à bien d'autres domaines.
Un autre exemple de l'introduction de ce flou entre les affaires civiles, pénales et militaires est le fait que l'ICE ait accès aux informations de la Sécurité sociale, qui sont civiles et n'ont rien à voir avec l'application du droit criminel. Il est bien connu que ces informations seraient partagées par tous les services de police fédéraux et sans doute aussi par l'armée. Trump demande également les dossiers des personnes enregistrées auprès de l'IRS (Internal Revenue Service – l'Agence fédérale du revenu), de Medicare (Régime d'assurance de soins médicaux) et des listes électorales. Les listes électorales indiquent comment les personnes se sont inscrites, qu'elles soient républicaines, démocrates, indépendantes ou membres d'autres partis.
Mettre la main sur ces informations et les remettre aux services de police fédéraux supprime la distinction entre les affaires civiles et criminelles. C'est un moyen de criminaliser toutes les personnes arbitrairement désignées par l'exécutif comme « menaces à la sécurité », tout en ouvrant la voie à une implication accrue de l'armée dans les affaires civiles.
Le droit à la citoyenneté par droit du sol
Le décret du président Trump sur le droit à la citoyenneté par droit du sol est l'une des tentatives les plus flagrantes visant à éliminer les restrictions constitutionnelles. Son recours généralisé aux décrets et à des mesures arbitraires à l'encontre des fonctionnaires et des agences fédérales est également un moyen d'y parvenir, tout comme les mesures visant à saisir des fonds publics déjà alloués par le Congrès à des fins exécutives.
Le droit à la citoyenneté par droit du sol est inscrit dans le 14e amendement et fait partie de la victoire sur le système de l'esclavage lors de la guerre civile, les personnes asservies ayant joué un rôle décisif dans cette victoire. Il stipule en partie : « Toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et soumise à leur juridiction est citoyenne des États-Unis et de l'État dans lequel elle réside. » Il prévoit également le respect des procédures légales et l'égale protection devant la loi pour toutes les personnes.
Trump tente d'utiliser l'expression « soumise à leur juridiction » pour affirmer que les personnes nées aux États-Unis ne sont pas automatiquement citoyennes. Avec ce décret, il vise les bébés nés d'une mère « en situation irrégulière aux États-Unis » ou lorsque la présence de la mère était « légale mais temporaire » et que le père n'était pas citoyen des États-Unis ou un résident permanent légal. Les nombreuses femmes en situation régulière temporaire comprennent toutes celles qui sont titulaires d'un visa de travail ou d'études.
Un élément important du décret est de conférer à l'exécutif le pouvoir de décider qui est citoyen et qui ne l'est pas, qui est « sous sa juridiction » et qui ne l'est pas, et donc qui a droit à une procédure régulière et à une protection égale. L'impunité de l'exécutif est telle que tous les sans-papiers pourraient être considérés comme tels. Les étudiants en appui à la Palestine dont les visas sont arbitrairement annulés pourraient être considérés comme ne relevant plus de la juridiction des États-Unis et privés de leur droit d'être entendus par un tribunal. Trump a déjà affirmé que les personnes qu'il a illégalement renvoyées au Salvador, y compris un citoyen renvoyé « par erreur », ne relevaient plus de la juridiction des États-Unis.
En matière de citoyenneté, compte tenu du caractère profondément raciste de l'État des États-Unis et de son orientation rétrograde, on peut redouter que tous ceux d'ascendance africaine– qui n'étaient auparavant pas citoyens, ni même considérés comme des êtres humains dotés de droits humains, mais comme des biens – soient les prochains visés. Il en va de même pour les peuples autochtones et les Portoricains. La citoyenneté, ou l'absence de citoyenneté, est un instrument utilisé par l'État pour diviser les travailleurs et justifier les efforts du gouvernement pour leur refuser leurs droits, comme on le voit tous les jours.
Le décret a été immédiatement contesté, notamment par 18 États, San Francisco, Washington, DC, et des groupes de défense des droits. Quatre juges fédéraux ont tous déclaré qu'il était inconstitutionnel et trois ont émis des injonctions nationales, ou universelles, empêchant Trump de l'appliquer.
La Cour suprême a examiné l'affaire en urgence et a statué le 27 juin que les tribunaux inférieurs ne pouvaient pas prononcer d'injonctions universelles. Cette décision est considérée comme une victoire pour la présidence, car elle rend plus difficile l'annulation de ce décret et, plus généralement, des décrets présidentiels. La Cour ne s'est pas prononcée sur la constitutionnalité du décret. Bon nombre de ses décisions, comme celle-ci, montrent qu'elle agit comme un bras armé de l'exécutif, répondant à ses besoins, ce qui explique aujourd'hui qu'elle est discréditée.
Compte tenu des restrictions imposées par la Cour suprême, l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a déposé une requête en recours collectif demandant au tribunal fédéral du district du New Hampshire d'accorder une injonction collective bloquant l'application du décret à toutes les personnes qui ne pourraient prétendre au droit à la citoyenneté par droit du sol en vertu de celui-ci. Une requête similaire a été déposée dans le Maryland. Le 10 juillet 2025, le juge fédéral Joseph Laplante a accédé à la demande de l'ACLU, certifié une classe de bébés nés et à naître qui seraient privés de leur citoyenneté et a rendu une injonction préliminaire bloquant l'application du décret à cette classe. Une injonction collective a également été rendue dans l'affaire du Maryland.
Le décret de Trump devait entrer en vigueur le 27 juillet. Jusqu'à présent, l'administration n'a pas contesté les injonctions collectives, tandis que d'autres affaires concernant le droit à la citoyenneté par droit du sol sont toujours en cours. Il est possible que Trump tente d'obtenir des États qui délivrent des certificats de naissance, couramment utilisés comme preuve de citoyenneté, qu'ils refusent de le faire si les critères de son décret ne sont pas remplis. Des États comme la Floride et le Texas pourraient être disposés à le faire.
Partout dans le pays, les gens s'unissent pour dire « Aucun être humain n'est illégal » et rejeter ces efforts visant à diviser la population par la manipulation du gouvernement fédéral de la citoyenneté, des visas ou de l'absence de documents. Tout le monde a le droit de participer de manière égale en tant que membre du corps politique, et c'est le type de démocratie auquel aspirent les gens : une démocratie qui unit et implique tous les citoyens dans les décisions qui touchent leur vie.
Les conditions réclament un changement en faveur du peuple
Il faut accorder toute l'importance nécessaire à toutes ces mesures qui vont dans le sens d'un régime militaire qui, compte tenu de l'histoire des États-Unis, pourrait être instauré avec un président civil. Nous traversons une période de transition, où les conditions réclament un changement en faveur du peuple, mais où les autorités, comme le président, font obstacle.
Favoriser le peuple, c'est reconnaître que l'ensemble des rapports humains – tous les rapports que les êtres humains entretiennent entre eux et avec la nature, individuelles, collectives, sociales – montre que l'empouvoirement politique du peuple peut résoudre les problèmes et donner une nouvelle direction prosociale et antiguerre au pays.
La lutte démocratique pour faire évoluer la nature et la
qualité de la démocratie afin qu'elle réponde aux exigences de
notre époque, pour une démocratie qui est l'oeuvre du peuple,
est cruciale. Elle fait partie intégrante de la vaste résistance
organisée et résolue, qui s'exprime de par les États-Unis. C'est
cette résistance qui sera décisive pour contrer les dangers qui
nous guettent et mettre en place de nouvelles constitutions et
de nouvelles institutions qui les rendront redevables de leurs
actes et garantiront les droits de toutes et tous.
(Photos: @noactiontoosmall, NAACP, @sal9009.bsky.social, National Nurses United, PSL.)
L'entreprise canadienne
GardaWorld,
sous-traitante à « Alligator Alcatraz »

Le président des États-Unis, Donald Trump, visite les cages
bâties pour emprisonner des personnes au centre de détention
« Alligator Alcatraz » en Floride, le 1er juillet
2025.
GardaWorld Security Corporation, une entreprise canadienne dont le siège social est situé à Montréal, se décrit comme « un chef de file mondial en matière de services de sécurité, de technologie de sécurité basée sur l'IA, de gestion intégrée du risque et de solutions d'automatisation de la gestion du numéraire ». Elle se vante d'être « la plus grande entreprise privée de sécurité au monde », avec ses 132 000 « professionnels de la sécurité à travers le monde », fournissant « des services de protection des biens et du personnel, de contrôle des foules et de technologie de surveillance pour un large éventail d'environnements et d'industries ».
L'une de ses filiales aux États-Unis, GardaWorld Federal Services, a récemment été autorisée à fournir des services de détention pour l'ICE (Immigration and Customs Enforcement – l'Agence de l'immigration et des douanes) dans les Everglades, en Floride, à « Alligator Alcatraz », avec un plafond de 138 millions de dollars imposé sur les services pour lesquels l'entreprise peut soumissionner, qui comprennent des services de gardes de sécurité et de patrouille. Elle a déjà remporté un contrat d'une valeur de près de 11 millions de dollars.
Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) du premier ministre François Legault s'efforce de se distancier de GardaWorld, même s'il a investi 300 millions de dollars dans l'entreprise en 2022.
« Afin de soutenir sa vision stratégique mondiale, GardaWorld a conclu une entente avec le gouvernement du Québec, par l'intermédiaire d'Investissement Québec, pour un investissement de 300 millions de dollars, aux conditions du marché, sous forme d'un placement privé d'actions privilégiées de GardaWorld », peut-on lire dans un communiqué publié le 24 août 2022 sur le site web de l'entreprise[1]. « Les actions privilégiées sont rachetables par l'entreprise et donnent droit à leur détenteur à un dividende capitalisé annuellement et payable au moment de leur rachat par GardaWorld. »
À l'époque, c'était pour « lui permettre de réaliser plusieurs acquisitions hors Québec et procéder à des investissements à son siège social ainsi qu'à son centre d'excellence », a déclaré Christine Fréchette, ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie du Québec, aux journalistes le 4 juillet. « Cet investissement a donc été fait avant l'implication de GardaWorld dans ce projet [la prison controversée] » Une question se pose donc, Madame la ministre Fréchette : Investissement Québec s'est-il désormais débarrassé de ces actions ?
Depuis que Mark Carney est devenu premier ministre le 14 mars, son gouvernement a attribué à GardaWorld des contrats d'une valeur totale de plus de 112 millions de dollars, dont 76 millions pour des « services de protection » destinés à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC)[2], dont 26 millions pour le renouvellement d'un contrat d'un an assurant la sécurité du Centre de surveillance de l'immigration de Laval (CDI)[3].
Lorsque la publication indépendante The Tyee, informée du fait que GardaWorld était impliquée dans la sécurité de « Alligator Alcatraz », a contacté le bureau du ministre de la Sécurité publique Gary Anandasangaree, responsable de l'ASFC, pour lui demander s'il avait l'intention de continuer à travailler avec GardaWorld, la réponse a été qu'il « ne ferait aucun commentaire sur cette question »[4].
Notes
1. « GardaWorld annonce l'acquisition du chef de file mondial ARCA », 24 août 2022
2. Gouvernement du Canada, contrats gouvernementaux de plus de 10 000 dollars
3. « De Laval à la Floride GardaWorld encaisse des millions publics pour enfermer des migrantes », Observatoire pour la justice migrante, 16 juillet 2025
4. « The Canadian Company Staffing 'Alligator Alcatraz », The Tyee, 8 août 2025
(Avec des informations de GardaWorld, Journal de Montréal, Gouvernement du Canada, Observatoire pour la justice migrante, The Tyee)
Mexique et Caraïbes
Les États-Unis préparent une opération militaire dans les Caraïbes et sur la frontière sud
Le président Donald Trump a ordonné aux forces armées des États-Unis de mener des opérations directes contre les cartels latino-américains, y compris sur des territoires étrangers et dans des eaux internationales. Le New York Times a rapporté le 8 août : « Le président Trump a secrètement signé une directive à l'attention du Pentagone pour commencer à utiliser la force militaire contre certains cartels de drogue latino-américains que son administration a désignés comme organisations terroristes. »
« L'ordre servira de prétexte
officiel pour possiblement mener des opérations militaires
directes en mer et sur sol étranger contre les cartels »,
ajoute le New York Times. Des forces militaires sont
actuellement déployées dans les Caraïbes, notamment au large des
côtes du Venezuela.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que placer les cartels sur la liste des Organisations terroristes mondiales spécialement désignées (SDGT) permet l'utilisation « d'autres éléments de la puissance américaine – agences de renseignement, département de la Défense, etc. – pour cibler ces groupes, si l'occasion se présente. »
Rubio, via les réseaux sociaux du Département d'État, a souligné que les États-Unis feraient face à « toute menace » dans la région, déclarant : « Le président a été très ferme là-dessus. Tout ce qui constitue une menace pour les États-Unis d'Amérique, il y fera face. » Invoquant les cartels comme justification pour intervenir même dans les eaux internationales, Rubio a affirmé : « Il existe des groupes narcoterroristes désignés opérant dans la région. Certains utilisent les routes et les eaux internationales pour transporter du poison aux États-Unis. Ces groupes seront confrontés. »
Le problème majeur ici est que, muni d'une grande impunité, le président Trump décide de ce qui est ou non une « menace » et commet des crimes sur cette base.
Déploiement de marines et de navires dans les Caraïbes
Trump a désormais ordonné le déploiement de 4000 marines et marins ainsi qu'un sous-marin nucléaire d'attaque dans la mer des Caraïbes et dans les eaux autour de l'Amérique latine, toujours sous prétexte de cibler les cartels de drogue. Le Iwo Jima Amphibious Ready Group (ARG), comprenant trois navires amphibies et la 22e Unité expéditionnaire des marines (MEU), est en cours de déploiement sous le commandement militaire du commandement méridional (SOUTHCOM). Des avions de reconnaissance P-8 Poseidon supplémentaires, plusieurs destroyers et un croiseur lance-missiles sont également affectés à SOUTHCOM dans le cadre de cette mission, selon des responsables militaires.
Cela concerne le Mexique, mais aussi d'autres pays de la région. Selon le concept étasunien de « gendarme mondial », le SOUTHCOM affirme que sa zone de responsabilité couvre 31 pays et 15 zones de souveraineté spéciale en Amérique centrale, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.
Les marines de la MEU ne sont pas formés pour mener des opérations antidrogues, ce qui laisse entendre qu'ils pourraient être déployés à des fins plus agressives.
Rubio a directement menacé le Venezuela en
invoquant le gang Tren de Aragua, une autre organisation que
Trump a désignée comme « terroriste ». C'est le même
groupe que l'exécutif étasunien a invoqué pour arrêter et
expulser des personnes n'ayant aucun lien avec le Tren de Aragua
et n'ayant commis aucun crime, y compris des centaines de
Vénézuéliens. Des navires de guerre sont positionnés au large
des côtes du Venezuela. Tel un chef mafieux, Donald Trump a
doublé la prime à 50 millions de dollars pour toute information
menant à l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro.
Le président Maduro a réagi à l'escalade le 18 août : « Nous défendons nos mers, notre ciel et notre terre. Nous les avons libérés. Nous les surveillons et les patrouillons. Aucun empire ne touchera au sol sacré du Venezuela, ni à celui de l'Amérique du Sud. » Le pays dispose, selon lui, de 4,5 millions de miliciens prêts, activés et armés.
La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a fermement écarté toute possibilité d'invasion militaire par les États-UNis visant les cartels au Mexique. Elle a déclaré :
« Les États-Unis ne viendront pas au Mexique avec l'armée. »
« Nous coopérons, nous collaborons, mais il n'y aura pas d'invasion. C'est exclu, absolument exclu. »
Le ministre de Cuba des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a réagi, le 18 août, à l'escalade dans les Caraïbes en déclarant : « Nous dénonçons la présence des forces navales et aériennes étasuniennes dans le sud des Caraïbes qui, sous de faux prétextes, répondent à l'agenda corrompu du secrétaire d'État. L'Amérique latine et les Caraïbes doivent être respectées en tant que Zone de paix. »
Le président de la Colombie Gustavo Petro, réagissant aux menaces contre le Venezuela, a déclaré : « Envahir le Venezuela serait la pire erreur. » Il s'est opposé à ce que la Colombie soit entraînée dans cette situation. « Les gringos sont fous s'ils pensent qu'envahir le Venezuela réglera leur problème. »
Celso Amorim, conseiller en politique étrangère du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, a averti contre un « risque d'escalade » et a souligné que « le principe de non-intervention est fondamental. »
Les Canadiens, Québécois et Étasuniens se joignent aux peuples d'Amérique latine et des Caraïbes pour exiger que toutes les Amériques soient une Zone de Paix. Tous dénoncent l'ingérence et l'agression des États-Unis dans la région et déclarent : Bas les pattes ! Rapatriez toutes les forces militaires étasuniennes !
Cuba, le Venezuela, le Mexique, le Panama et les peuples de toute la région, y compris dans de nombreuses îles des Caraïbes, se lèvent contre l'agression et l'ingérence des États-Unis et défendent leur droit à l'autodétermination.
(Avec de l'information de : The Hill, La Jornada, CNN)
Le sommet extraordinaire de
l'ALBA-TCP
s'oppose à l'ingérence militaire des États-Unis
dans les Caraïbes

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été l'hôte du sommet
virtuel de l'ALBA-TCP, le 20 août 2025.
Le mercredi 20 août, le XIIIe Sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'ALBA-TCP (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Accord commercial des peuples) s'est ouvert en format virtuel, sous la modération du Venezuela. Le sommet a été convoqué pour exprimer la solidarité et le soutien au Venezuela face aux menaces de l'impérialisme américain et au déploiement de navires de guerre, de bombardiers et d'un sous-marin d'attaque dans la mer des Caraïbes.
La déclaration de l'ALBA-TCP a condamné les actions de l'administration Trump « visant à délégitimer des gouvernements souverains et à ouvrir la voie à une intervention étrangère ».
« Ces manoeuvres constituent non seulement une attaque directe contre l'indépendance du Venezuela, mais aussi une menace contre la stabilité et l'autodétermination de tous les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes », a déclaré l'alliance. Les pays de la région ont déclaré l'Amérique latine et les Caraïbes zone de paix.
Miguel Diaz-Canel Bermudez, représentant Cuba, s'est exprimé lors de la réunion. « Nous sommes fiers que l'ALBA-TCP soit à l'avant-garde de la dénonciation des menaces impérialistes constantes et qu'elle se présente comme une voix ferme face aux desseins des États-Unis. Cette alliance est notre premier rempart contre les dangers qui menacent la paix et la sécurité de la région. [...] Il ne fait aucun doute que nous vivons une période marquée par d'énormes défis et des risques exceptionnels. »
Il a dénoncé l'impérialisme
étasunien : « L'impérialisme, dans le déploiement de
son offensive hégémonique et agressive, montre clairement qu'il
n'a pas l'intention de s'arrêter devant les limites que lui
imposent le droit international, la Charte des Nations Unies et
des décennies de résolutions et de déclarations régionales et
universelles contre la coercition, la menace, l'ingérence dans
les affaires intérieures d'autres États et
l'intervention. »
Le président cubain a estimé que « la prérogative annoncée que le gouvernement des États-Unis entend accorder à ses agences chargées de l'application et du respect de la loi pour agir contre les organisations criminelles à l'intérieur des frontières d'autres États constitue une menace inacceptable d'agression, de violation de la souveraineté des nations de la région et une perturbation supplémentaire du régime de paix et de coopération que les pays d'Amérique latine et des Caraïbes se sont tant efforcés de garantir. [...]
« C'est pourquoi Cuba dénonce fermement cette nouvelle démonstration de force impériale et appelle – nous nous joignons à ton appel, Nicolás – l'ALBA-TCP, et d'ici tous les peuples du monde, à condamner cette attaque irrationnelle de l'administration Trump.
« Nous dénonçons également avec la même fermeté l'encouragement et le financement des plans terroristes contre le Venezuela, ainsi que l'accusation mensongère lancée par le gouvernement des États-Unis contre le président Nicolás Maduro, qui tente de l'associer, sans fondement ni preuve, à des organisations criminelles liées au trafic illicite de drogues. Il s'agit là encore du type de manoeuvres auxquelles recourt l'impérialisme lorsqu'il nourrit des intentions agressives à l'égard d'États souverains, lorsqu'il n'est pas capable d'étouffer l'esprit de résistance des peuples et qu'il a alors besoin d'un prétexte frauduleux pour justifier ses actions. [...[
« Dans ce contexte, nous soutenons résolument le communiqué spécial adopté par le Groupe des amis de la Charte des Nations Unies, dans lequel les pays membres ont exprimé leur préoccupation face aux intentions déclarées du gouvernement des États-Unis d'engager des actions militaires en Amérique latine et dans les Caraïbes », a déclaré Diaz-Canel Bermudez. Il a souligné : « Conformément à la Proclamation de l'Amérique Latine et des Caraïbes comme zone de paix, nous considérons qu'il est nécessaire de mobiliser la Communauté des États latino-américains et caraïbes contre cette nouvelle tentative de colonisation, c'est pourquoi nous soutenons la tenue d'une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de la CELAC. »
Le président cubain s'est également exprimé en faveur de la Palestine et du peuple palestinien. Il a souligné : « C'est donc à partir de ce savoir et de ces sentiments accumulés que nos ancêtres nous ont légués que nous ne pouvons cesser d'exiger, dans chaque tribune, dans chaque espace, dans chaque expression de rejet de l'impérialisme, que cesse le génocide à Gaza.
« Les menaces qui pèsent aujourd'hui sur le Venezuela reposent sur la même philosophie de spoliation qui a transformé une petite bande de terre en l'enfer de ce monde. Assez de l'impunité sioniste, assez de la complicité impérialiste ou vice versa.
« Tous les crimes ont des auteurs et des complices pour pouvoir perdurer dans le temps. Le sionisme israélien et l'impérialisme yankee échangent leurs rôles dans leurs activités criminelles. Cuba le sait bien, car dans son blocus génocidaire, l'empire a toujours pu compter sur le soutien indéfectible du génocidaire Israël. »
La Chine a réagi au déploiement étasunien, y compris au large des côtes vénézuéliennes. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré que la Chine s'oppose « à l'usage de la force ou des menaces dans les relations internationales et à l'ingérence des puissances étrangères dans les affaires intérieures du Venezuela sous quelque prétexte que ce soit ». Mao Ning a exhorté l'administration étasunienne à « faire davantage pour contribuer à la paix et à la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes ».
Pour le discours complet du président cubain, cliquez ici.
(Avec des informations provenant du Global Times et de Granma. Photos : Présidence vénézuélienne, Présidence cubaine.)
Sur le risque d'intervention
militaire
étasunienne au Mexique

Les menaces s'intensifient. Le 16 juillet, Donald Trump a déclaré que les États-Unis devaient intervenir au Mexique, car les cartels de la drogue exerçaient un « contrôle énorme » sur le pays, les politiciens, la population et les élus. Cette déclaration a été faite lors de la cérémonie de signature de la loi visant à mettre fin au trafic mortel de fentanyl (HALT, selon son acronyme en anglais). À la Maison Blanche, Trump a déclaré qu'il essayait d'être aimable, mais que la réalité était que « les cartels exerçaient un contrôle très fort sur le Mexique » et que « nous ne pouvons pas le permettre ». Avant le 4 juillet, l'ambassadeur des États-Unis au Mexique avait déclaré : « Nous sommes pleinement engagés à démanteler les organisations criminelles transnationales et les réseaux de trafic de drogue. » Dans le même temps, Pam Bondi, procureure générale des États-Unis, a inscrit le Mexique sur la liste des ennemis des États-Unis, aux côtés de l'Iran, de la Chine et de la Russie. De son côté, Eric Trump a déclaré à Fox News : « Si le Mexique, disons, tire des missiles sur les États-Unis, il serait décapité en quatre secondes environ. »
Depuis février dernier, le secrétaire à la Défense, Peter Hegseth, affirme que « toutes les options sont sur la table » et n'a pas exclu une action militaire contre les cartels au Mexique. Les tambours de la guerre résonnent.
Le président Donald Trump a appliqué depuis le 4 juillet une taxe de 17,09 % sur les importations mexicaines de tomates et a menacé d'imposer une taxe de 30 % sur les importations étasuniennes en provenance du Mexique à partir du 1er août. Il soutient que ces mesures sont nécessaires pour obliger le Mexique à coopérer face à la crise liée à la consommation de fentanyl aux États-Unis et au déficit des États-Unis dans le commerce bilatéral. Si, pour une raison quelconque, il décide d'augmenter ses tarifs douaniers, tout nouveau pourcentage s'ajoutera aux 30 % déjà prévus. Et ce alors que le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a publié en mai que les décès liés au fentanyl ont diminué de 27 % en 2024. Selon la présidente Claudia Sheinbaum, les saisies de cette drogue dans des États tels que la Basse-Californie, Sonora, Sinaloa et Tamaulipas, dans le cadre de l'« Opération Frontière Nord », ont permis des progrès importants dans la lutte contre le trafic de drogue. Elle réfute ainsi les arguments de Trump.
Donald Trump revient avec cette menace depuis des années. En février 2017, il a proposé à Peña Nieto d'envoyer des militaires combattre les « bad hombres » au Mexique si l'armée mexicaine ne le faisait pas.
Le président étasunien a approuvé, dès son premier jour au pouvoir, le décret désignant les cartels de la drogue mexicains comme des organisations terroristes. Interrogé par des journalistes présents dans le Bureau ovale, il a précisé qu'il n'excluait pas une intervention militaire sur le territoire mexicain pour lutter contre le crime organisé : « Si le Mexique a besoin ou demande de l'aide, les États-Unis sont prêts, disposés et capables de s'impliquer. Parfois, il faut une armée pour vaincre une armée. » Quelques semaines plus tard, il a déclaré être prêt à « entrer et nettoyer » les cartels de la drogue au Mexique et à les désigner comme organisations terroristes. Le 24 juillet dernier, il a dit que « les cartels gouvernent le Mexique », que le gouvernement mexicain est « pétrifié » devant des cartels qui « pourraient renverser la présidente en deux minutes ». Le 18 février 2025, il a déclaré : « Le Mexique est en grande partie gouverné par les cartels. S'ils voulaient de l'aide, nous la leur donnerions », après avoir souligné à plusieurs reprises que ces groupes sont des organisations terroristes.
De l'aide ? Récemment, sans consulter le Mexique, les États-Unis ont conclu un accord avec Ovidio Guzman, le fils d'El Chapo, ce que la présidente Sheinbaum a dénoncé. En outre, le narcotrafiquant Ismaël Mayo Zambada « est apparu » au Nouveau-Mexique, près d'El Paso, a été arrêté et aucune information n'a été communiquée au Mexique, selon l'ex-président Lopez Obrador.
Cette année, le 16 avril, lors d'un appel téléphonique, Trump a répété à la présidente Sheinbaum qu'il était disposé à déployer des troupes afin de « l'aider » si elle le demandait. La présidente a répondu que « la souveraineté n'est pas à vendre » et a maintenu son principe « collaboration oui, intervention militaire non ». Depuis 2025, Trump intensifie les mesures telles que la désignation des cartels comme organisations terroristes, la surveillance par drones et le déploiement de troupes à la frontière, et a laissé entendre que des actions plus agressives allaient être envisagées si le Mexique ne coopérait pas dans la lutte contre le fentanyl et l'immigration.
La lutte au trafic de la drogue est un prétexte favori des États-Unis pour intervenir dans d'autres pays, alors que tout le monde sait que le problème a ses racines aux États-Unis mêmes, où l'on achète la drogue, où elle est distribuée sur un territoire cinq fois plus grand que le Mexique, où l'on vend des armes aux différents cartels, où l'on blanchit l'argent et où l'on encourage la consommation de drogue et en contrôle le trafic. Tout cela est dirigé depuis les plus hautes sphères politiques et économiques.
On ne peut exclure une intervention
militaire étasunienne, ce serait oublier l'histoire. En 1835,
les États-Unis ont soutenu la lutte contre le Mexique pour
annexer le Texas en 1845. En 1846, ils nous ont envahis pour
nous arracher plus de la moitié du territoire mexicain, qui
couvrait 4,5 millions de kilomètres carrés, pour nous laisser
1,9 millions de kilomètres carrés. En 1914, ils ont envahi
Veracruz pendant sept mois. Et en 1916, pour poursuivre Pancho
Villa, ils nous ont envahis sous le commandement du général John
Pershing, qui commandera ensuite les armées étasuniennes pendant
la Première Guerre mondiale. Tout cela sans compter les
innombrables incursions frontalières et les périodes
d'occupation.
L'histoire des États-Unis est celle d'interventions constantes : environ 400 au cours de leur histoire, dans 55 pays, d'innombrables coups d'État, des dizaines d'opérations de changement de régime. Depuis la Deuxième Guerre mondiale seulement, ils ont lancé plus de 30 invasions et installé 800 bases militaires dans le monde entier.
Les méthodes terroristes des États-Unis sont visibles par tous. Ils lancent des coups de force, sans déclaration de guerre, et sans l'autorisation du Congrès, de manière systématique, en violation des lois internationales, comme la violation flagrante que furent les attaques contre l'Iran par Israël (soutenu par les États-Unis) le 13 juin, puis le 20 juin les frappes directes des États-Unis en violation de l'espace aérien d'autres pays, comme l'Irak. Il convient de souligner que la majorité de la population étasunienne a désapprouvé cette attaque.
Washington viole systématiquement la souveraineté d'autres pays, le droit international et la Charte des Nations unies. En fait, il ignore les lois internationales pour les remplacer par un « ordre fondé sur des règles », qui ne sont rien d'autre que les règles dictées par l'impérialisme yankee à sa guise, qui ciblent ceux qui défendent leur souveraineté et les intérêts de leur peuple.
Une intervention armée des États-Unis au Mexique n'est pas imminente, mais elle ne peut être exclue. Le coût pour le voisin du Nord serait énorme, car 40 millions de personnes d'origine mexicaine y vivent, qui ont le soutien de dizaines de millions de personnes. Ces dernières semaines, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays : le 14 juin, plus de 2000 manifestations « No Kings » ont envahi les rues des États-Unis pour dénoncer les politiques de Trump, et plus de 1600 manifestations ont eu lieu le mercredi 17 juillet dans tout le pays pour dénoncer les politiques migratoires du gouvernement actuel, sous le slogan « Good Trouble Lives On ».
Ce que veulent les États-Unis, c'est mettre le Mexique à genoux, non pas par une incursion militaire, mais par un interventionnisme politique, économique et militaire. Ils veulent un gouvernement fantoche qui leur ouvre « volontairement » les portes afin que leur armée puisse contrôler notre territoire. N'oublions pas qu'un processus d'intégration militaire est en cours depuis le gouvernement Fox, avec la signature du Partenariat pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord (PSP) et l'intégration de facto au Commandement nord-américain, puis avec le gouvernement Calderon et l'initiative Mérida en 2008; sans oublier l'intégration, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, aux manoeuvres militaires UNITAS Gold, en 2009, à Mayport, en Floride, qui a été saluée par le commandant des forces navales du Commandement Sud, l'amiral Joseph Kernan, pour qui la présence du Mexique était l'un des éléments stratégiques les plus importants de ces exercices navals. Felipe Calderon a autorisé l'intervention d'agents armés de toutes les agences de renseignement au Mexique, le survol de drones, les forces spéciales, la base militaire de San Salvador, Chachapa, Puebla déguisée en académie de formation policière, etc.
Au cours du sexennat de Peña Nieto, la coopération avec le Commandement nord-américain s'est renforcée et a donné lieu à la formation et à l'entraînement conjoints des forces armées mexicaines et étasuniennes, à l'échange d'informations de renseignement et à la surveillance conjointe. En mai 2012, nous avons participé avec les États-Unis à des exercices tels que Ardent Sentry, non plus à l'étranger, mais sur le territoire mexicain, afin de « coordonner nos actions en cas de catastrophes naturelles ». En 2014, les exercices Jaguar Strike ont commencé et la participation aux exercices navals UNITAS Pacífico s'est poursuivie. En 2015, Peña Nieto nous a intégrés aux Casques bleus de l'ONU, qui ont été complices des États-Unis en 1953 dans leur guerre contre la Corée du nord; en 1994, ce corps a abandonné les Tutsis aux mains de l'extermination hutu et a attaqué la Yougoslavie en 1999, l'Afghanistan en 2003, envahi Haïti en 2004 et en 2007, où il a été accusé d'abus, d'exploitation sexuelle contre la population, en plus d'avoir provoqué une épidémie de choléra.
Au cours de l'été 2018, le Mexique a participé à l'opération « Pacific Rim » du RIMPAC, le plus grand exercice naval multinational au monde, qui s'est déroulé à Hawaï et en Californie sous forme d'opérations amphibies.
Sous le gouvernement d'Andrés Manuel Lopez Obrador, des manoeuvres et des exercices militaires ont été menés non seulement avec le Commandement nord, mais aussi avec le Commandement sud. Le Mexique a été co-hôte de Tradewinds pour la première fois depuis le début de cet exercice en 1984.
Le nouveau président Joe Biden arrive à la présidence et, dès son entrée en fonction, son secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, se met à faire la promotion de l'intégration militaire du Mexique. Il propose que le Mexique rejoigne l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) afin de « défendre la région ». Il décrit l'initiative Mérida comme étant une véritable interopérabilité militaire : drones, forces spéciales conjointes opérant dans des villes mexicaines, formation dépendante de l'armée étasunienne.
L'intégration militaire de l'Amérique du Nord, impulsée par le PRI-PAN, nous a amenés dans des manoeuvres militaires avec les États-Unis. Cette dynamique se poursuit aujourd'hui. Le Mexique a accueilli, du 7 au 21 mai 2022, les manoeuvres militaires Tradewinds, dans le Quintana Roo, dirigées par le Commandement Sud, et celles de la marine mexicaine, du 28 février au 3 mars 2022, dans le Chiapas, dirigées par le Commandement Nord.
D'autres exercices militaires ont eu lieu, tels que Amalgam Eagle 2019 à Chihuahua, Jaguar Strike à Temamantla, dans l'État de Mexico, avec l'autorisation du Sénat pour l'utilisation d'armes et d'équipements. Du 8 avril au 16 mai 2024, l'entraînement aux exercices combinés conjoints (JCET) s'est déroulé à Chihuahua. Les sénateurs ont autorisé le passage d'une délégation composée de 220 éléments dans le cadre de l'exercice « Forces amies 2024 », qui s'est déroulé à Ciudad Juarez, puis l'« Entraînement aux exercices combinés conjoints » a eu lieu à Puerto Chiapas, dans l'État du Chiapas, du 23 mai au 25 juin 2024.
L'exercice « Forces amies » a ensuite été autorisé à Chihuahua, du 23 au 29 juin 2024. Ensuite, nous avons assisté à l'« Exercice spécialisé conjoint 2024 », qui s'est déroulé au Centre national d'entraînement situé à Santa Gertrudis, Chihuahua, du 15 juillet 2024 au 3 août 2024.
Les exercices Phoenix 2025 ont été menés entre le Commandement des forces d'infanterie de marine des États-Unis et la Marine mexicaine sur l'île de Santa Margarita, en Basse-Californie du Sud, au Mexique, du 23 mars au 25 avril.
Entre le 27 et le 28 mai 2025, au Centre national d'entraînement Santa Gertrudis, à Chihuahua, les hauts responsables militaires des deux pays ont supervisé un exercice conjoint visant à renforcer l'accord de soutien logistique (ACSA) et l'interopérabilité binationale.
En avril 2025, une augmentation de 200 % du personnel du Commandement nord déployé à la frontière sud des États-Unis a été signalée, dont environ 10 000 soldats et au moins 40 spécialistes du renseignement militaire en soutien à la Joint Intelligence Task Force–South Border. Bien que cela n'implique pas une présence sur le sol mexicain, cela fait partie de la coordination régionale partagée.
En juin 2025, les ministres mexicains de la Défense et de la Marine ont effectué une visite officielle aux sièges du NORAD et de l'USNORTHCOM dans le Colorado, afin de « renforcer » la coopération bilatérale en matière de sécurité face aux menaces régionales communes.
L'intervention des États-Unis au Mexique s'est accentuée depuis le gouvernement de Carlos Salinas de Gortari, à commencer par l'intégration économique, puis l'intégration politique, pour passer à l'intégration militaire avec Fox et Calderon. Pendant la campagne présidentielle de 2024, les dirigeants de l'opposition ont ouvertement appelé à l'intervention des États-Unis. Les États-Unis ont constamment cherché le contrôle total du Mexique.
Ce n'est pas seulement avec Donald
Trump, c'est le plan de l'empire américain envers le Mexique. Le
gouvernement mexicain actuel a mis un frein à cette évolution,
mais le danger existe, comme cela s'est produit en Argentine
après les gouvernements Kirchner, au Brésil avec la victoire de
Bolsonaro, en Équateur après le gouvernement de Rafael Correa,
au Pérou après le coup d'État contre Pedro Castillo, qu'un allié
inconditionnel de Washington arrive au pouvoir et, sans
intervention militaire, nous conduise à une situation
néocoloniale similaire à celle que connaît Porto Rico.
N'oublions jamais le genre de voisin que nous avons, nous ne
pouvons pas nous laisser subordonner pour faire partie de la
« région nord-américaine ». Nous sommes une nation
souveraine !
Il faut approfondir la transformation et ne permettre aucun recul, ce qui serait très dangereux. La voie de sortie pour le Mexique réside dans la récupération de sa pleine souveraineté et de son indépendance, de sa souveraineté économique, y compris l'autosuffisance alimentaire, sa souveraineté industrielle et sa souveraineté militaire. Elle réside dans la souveraineté populaire, avec la mobilisation et la participation active des Mexicains et des Mexicaines dans la conception du pays que nous voulons.
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