Numéro 11

Novembre 2025

À la veille du budget d'automne, le premier ministre admet que
les investissements ne se matérialisent pas

– Pauline Easton –

Le premier ministre use d'artifices pour faire croire
qu'il «informe» les Canadiens

La «grande entente» de Carney avec les cartels pétroliers:
un autre vaste stratagème pour enrichir les riches au nom de la «protection de l'environnement»

– Peggy Morton –

Les ramifications de l'«édification nationale» du gouvernement Carney

Promotion sans scrupules et répréhensible de la capitale nationale en tant que «pôle d'innovation en matière de défense»

– Pierre Soublière –

Condamnation des défenseurs de la terre wet'suwet'en en Colombie-Britannique

Une décision ambiguë donne le feu vert à la poursuite
du déni des droits ancestraux et à la violence policière contre les défenseurs de la terre

– Barbara Biley et Hilary LeBlanc –

Les enseignants de l'Alberta persistent dans
leur défense audacieuse de l'éducation

Le recours à la disposition de dérogation jette le discrédit sur le gouvernement du Parti conservateur uni

– Peggy Morton –

Les enseignants reprennent le travail, déterminés à poursuivre leur combat pour l'éducation publique

– Kevan Hunter –

À quoi s'attendre du gouvernement de l'Alberta
en matière d'éducation

– Un collectif d'enseignants –

Les Ontariens réclament des investissements dans
les systèmes publics de santé et d'éducation

Dénonciations de l'utilisation des fonds publics pour alimenter la privatisation en santé

– Sylvia Etts –

Un rassemblement exige que le gouvernement Ford mette fin à ses attaques contre l'éducation publique et retire la police des écoles

L'imposition du bâillon contre les médecins va revenir
hanter le gouvernement du Québec

Honte au gouvernement lâche de François Legault

– Christine Dandenault –

Rendre les médecins «collectivement responsables» ne palliera pas le manque de financement des services de santé publics

– Georges Côté –

Le but, c'est de donner des soins de qualité, ce n'est pas de voir le plus de patients possible

– Entrevue avec une médecin en milieu hospitalier en région –

Les paramédics défendent la dignité de leur travail et les soins d'urgence pour le peuple

– Marie Thibault –

Opposition à la privatisation et aux lois anti-ouvrières

Les travailleurs de l'entretien du transport en commun de Montréal défendent la dignité du travail!

Des milliers de personnes se joignent à la lutte des employés du gouvernement de la Colombie-Britannique pour les droits et les services publics

Faisons du Canada une zone de paix

Des militants antiguerre protestent contre
l'opération Steadfast Response à Toronto



À la veille du budget d'automne, Carney admet que
les investissements ne se matérialisent pas

Le premier ministre use d'artifices pour faire croire qu'il «informe» les Canadiens

– Pauline Easton –

Dans le cadre de la préparation du budget d'automne que le gouvernement Carney dévoilera le 4 novembre, le premier ministre a tenu une autre de ces conférences de presse à l'allure familière où il prétend nous tenir « informés » de ce qu'il fait. Mark Carney a profité d'une réunion publique avec des étudiants de l'Université d'Ottawa pour prononcer un discours télévisé à l'échelle nationale le 23 octobre qui fait la promotion du budget d'automne.

Comme si ses propos avaient quelque chose à voir avec ce qui se passe dans la réalité, il déclare : « Je serai toujours franc à propos des défis auxquels nous sommes confrontés et des choix que nous devons faire. » Notez l'usage du « je » et du « nous » – donc « je » Mark Carney prends les décisions et « nous » le peuple allons consentir des sacrifices. Mais soyons clairs, dit-il, « nous ne transformerons pas notre économie facilement ou en quelques mois – cela demandera des sacrifices et du temps. »

C'est pour cacher le fait que les investissements qu'il a quémandés dans ses voyages en Europe, où il a dit que le Canada est la destination incontournable pour tout ce dont le monde a besoin, ne se concrétisent pas et que les droits de douane imposés par Donald Trump ont pour effet de freiner les investissements au Canada. En d'autres termes, préparez-vous à un budget pénible : des sacrifices vont être nécessaires.

Mark Carney nous met en garde : « Les emplois des travailleurs de nos industries les plus touchées par les droits de douane américains – automobile, acier, bois d'oeuvre – sont menacés. Nos entreprises freinent leurs investissements, à cause du climat d'incertitude qui pèse sur nous tous. »

Il ne mentionne pas l'incertitude suscitée par la montée actuelle de l'hystérie guerrière provoquée par les États-Unis, en particulier dans les Caraïbes et en Asie occidentale. Ou l'incertitude que crée son plan économique qui aura pour effet d'intégrer davantage le Canada dans la machine de guerre étasunienne, notamment en ce qui concerne ses minéraux critiques.

Actuellement, plus de 75 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis. Environ 60 % des importations de pétrole brut des États-Unis proviennent du Canada, et 85 % de leurs importations d'électricité proviennent du Canada, a rappelé Mark Carney, ajoutant que le Canada est également le plus grand fournisseur étranger d'acier, d'aluminium et d'uranium pour les États-Unis et qu'il possède 34 minéraux et métaux critiques que le Pentagone convoite pour des raisons de sécurité nationale.

Mark Carney a accompagné son avertissement à propos « des sacrifices et du temps » par une série de mesures d'une allure plus optimiste qui permettront d'accélérer les choses. Nos atouts d'autrefois sont devenus nos faiblesses, dit-il, avant d'annoncer que le gouvernement s'est fixé comme objectif de doubler les exportations du Canada vers les pays autres que les États-Unis au cours de la prochaine décennie. Lors de son dernier voyage en Asie, du 24 octobre au 1er novembre 2025, il a assisté au sommet annuel de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Kuala Lumpur, en Malaisie, ainsi qu'au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en Corée du sud, après quoi il s'est également rendu à Singapour. En Corée du sud, il a rencontré le président Xi Jinping de la République populaire de Chine et, pendant les sommets, il a également rencontré les dirigeants d'autres pays. Selon le cabinet du premier ministre, l'objectif de cette visite était de « renforcer les partenariats en matière de défense et d’ouvrir de nouvelles possibilités pour les entreprises et les travailleurs canadiens ».

« Les États-Unis ont fondamentalement changé leur approche du commerce, en augmentant les droits de douane à des niveaux qu'on n'a pas vus depuis la Grande Dépression, a dit Mark Carney. Nous devons prendre soin de nous-mêmes, car nous ne pouvons pas compter sur un seul partenaire étranger. » Et pour terminer : « Nous renouons avec les géants mondiaux que sont l'Inde et la Chine », ce que les États-Unis ne sont pas susceptibles d'autoriser.

Les Canadiennes et les Canadiennes savent déjà que l'économie est en très mauvaise situation. Ils entendent ces statistiques au quotidien depuis des mois. Oui, le Canada est très riche en ressources naturelles et dispose d'une main-d'oeuvre instruite et expérimentée et, oui, le Canada doit être autonome, mais quand Mark Carney parle d'édification nationale, il ne s'intéresse pas à l'environnement naturel et social ni à l'autonomie du Canada Sa mentalité de banquier toujours prêt à servir l'oligarchie financière internationale l'amène aujourd'hui à essayer de vendre les produits du Canada non plus nécessairement au plus offrant, mais, à ce stade, à tout acheteur le moindrement intéressé.

Le budget d'automne, tout comme la Loi sur l'unité de l'économie canadienne, Loi édictant la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'oeuvre au Canada et la Loi visant à bâtir le Canada du gouvernement Carney et d'autres lois anti-travailleurs, anti-peuple et antinationales présentement adoptées par la Chambre des communes, sera axé sur des stratagèmes pour payer les riches. Il s'agit d'utiliser les pouvoirs de police en toute impunité pour étouffer les discussions et la dissidence, et de militariser l'économie en renforçant la place du Canada dans la production de guerre sous contrôle étasunien. Loin de convaincre la classe ouvrière et le peuple que le prochain budget sera douloureux mais nécessaire, ce budget révélera pleinement l'ampleur des dommages que Mark Carney inflige au Canada et révélera aussi qui est appelé à en payer le prix.

Le budget sera accompagné de nombreuses analyses qui montreront que l'argent qui appartient aux Canadiens pourrait servir à défendre l'environnement naturel et social, plutôt qu'à la militarisation,  la guerre et les stratagèmes pour payer les riches. Toutes contraires aux choix du gouvernement au service des riches, et le tout présenté comme s'il s'agissait d'un choix politique du gouvernement du jour, et non pas de l'orientation foncièrement anti-ouvrière, antisociale et antinationale de tous les gouvernements des riches et pour les riches, peu importe quel parti cartellisé est au pouvoir. Cette direction, ce diktat, exacerbe le conflit fondamental entre, d'une part, la classe ouvrière et le peuple et, d'autre part, ceux qui utilisent leur position de pouvoir et leurs privilèges pour exproprier.

Malgré le langage populiste utilisé dans ces conférences de presse, destiné à dissimuler la réalité tout en entretenant l'espoir, à savoir que le Canada est en train de trouver de nouveaux partenaires commerciaux, le résultat est la destruction de l'édifice national. Le prochain budget révélera la nécessité d'un changement : le peuple peut prendre les choses en main pour humaniser l'environnement naturel et social.

Le premier ministre Mark Carney a dépassé les limites avec sa promotion biaisée des prétentions de son gouvernement. Ses discours et conférences de presse ont atteint leur date d'expiration, si l'on peut dire. Un parlement digne de ce nom débattrait des mesures gouvernementales, expliquerait en détail quelle contribution elles apporteront et qui en profitera. Au lieu de cela, les partis cartellisés siégeant à la Chambre des communes et les médias monopolisés font comme si ce que dit Mark Carney existait réellement.

Tout cet exercice vise à mettre fin à toute discussion et à empêcher le pepule de s'exprimer.

Les tentatives du premier ministre de faire passer ses stratagèmes pour payer les riches pour un plan d'édification nationale n'ont aucune crédibilité. Elles ne sont pas crédibles. Elles ne font que mettre en évidence la crise politique et économique dans laquelle le Canada s'enlise. Les mesures prises par Mark Carney ne feront qu'intensifier les attaques contre les travailleurs et aggraver la situation.

Le fait est que, dans le cadre de leur opposition à l'offensive antisociale, anti-travailleurs, belliciste et de destruction de l'édifice national, la classe ouvrière et le peuple prennent de plus en plus conscience de la nécessité de nouveaux arrangements, d'institutions et de lois qui garantiraient leurs droits. Ils reconnaissent que les injustices et les inégalités ne sont pas le fait de mauvaises politiques de tel ou tel parti cartellisé qui forme le gouvernement du moment, ou l'oeuvre de quelques personnes. Elles sont inhérentes au pouvoir d'une élite et aux organisations et institutions étatiques qui divisent la société entre ceux qui sont riches et privilégiés et considèrent que leur destin est de gouverner et de s'enrichir, et ceux qui sont gouvernés, privés de pouvoir et à la merci des riches. Le renouveau est à l'ordre du jour, et les programmes prosociaux et antiguerre ouvrent la voie.

À cet égard, l'approche générale de l'organisation est très importante. La pression exercée contre l'organisation consiste à tout réduire à des idées, à avoir une meilleure et meilleure compréhension des idées. Au contraire, ce qu'il faut, c'est adopter l'approche générale du travail de renouveau en le plaçant sur un plan pratique et en le retirant du plan consistant simplement à faire des déclarations, à prendre des positions idéologiques et à faire de la propagande. Si ces éléments ont un rôle à jouer, ce n'est que dans le contexte de l'organisation.

Par exemple, il existe partout des personnalités politiques influentes qui constatent l'existence de problèmes. Elles s'attaquent à ces problèmes de différentes manières. Beaucoup prennent ces questions très au sérieux et souhaitent que des solutions soient apportées. Il faut gagner ces personnes à notre cause et les amener à tirer elles-mêmes les conclusions qui s'imposent quant à la nécessité d'un renouveau, en particulier en ce qui concerne la réforme électorale et l'élaboration d'une nouvelle constitution afin que le peuple soit habilité à prendre les décisions qui affectent sa vie.

Rechercher ces personnes et les rassembler est une question pratique afin de traiter ensemble les questions qui nous préoccupent. Parallèlement, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) prend très au sérieux son travail de publication et de distribution de journaux, de livres et de brochures en temps opportun. Il analyse les événements qui se déroulent et accorde une attention particulière à son travail théorique afin de donner naissance à des définitions modernes.

En gardant à l'esprit cette approche générale de l'organisation, les organisations du Parti à travers le pays se fixent les différentes tâches pratiques qu'elles décident elles-mêmes d'accomplir.

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La « grande entente » de Carney avec les cartels pétroliers

Un autre vaste stratagème pour enrichir les riches au nom de la «protection de l'environnement»

– Peggy Morton –


Action « Fixons les limites pour les communautés, la paix et la planète», Edmonton, 20 septembre 2025

La nécessité de maîtriser la crise climatique est une préoccupation très sérieuse et une exigence de la population. Le Canada n'a respecté aucun des engagements internationaux qu'il a pris depuis la signature du protocole de Kyoto il y a 27 ans. Pendant cette période, le réchauffement climatique a augmenté la fréquence, l'intensité et la durée des incendies de forêt, des vagues de chaleur et d'autres phénomènes météorologiques violents, notamment les ouragans, les sécheresses, les inondations, les dommages causés aux écosystèmes et d'autres catastrophes.

Au lieu de prendre des mesures sérieuses pour atténuer l'impact du changement climatique, mettre fin aux pratiques non durables, protéger la Terre Mère et humaniser l'environnement social et naturel, on présente à la population des déclarations sans fin selon lesquelles les gouvernements prennent des mesures qui permettront comme par magie de maîtriser la crise climatique d'ici 2050.

Des milliards de dollars sont versés aux plus grands monopoles au nom des nobles idéaux de « l'écologisation de l'économie ». La dernière en date est l'annonce par le premier ministre Mark Carney d'une « grande entente » en cours de négociation entre l'État canadien et le cartel énergétique mondial opérant dans les sables bitumineux de l'Alberta, qui serait essentiel à l'ambition de Carney de faire du Canada une « superpuissance énergétique ».

Dans le cadre de cette « grande entente », Pathways Alliance recevra des milliards de dollars provenant du Trésor public pour construire un énorme centre de capture et de stockage du carbone près de Cold Lake, en Alberta. Pathways Alliance est un cartel des monopoles pétroliers qui contrôlent 95 % de toute la production des sables bitumineux de l'Alberta, à savoir Canadian Natural Resources Ltd., Cenovus, Conoco-Phillips, Imperial Oil, Meg Energy et Suncor. Syncrude est représentée par ses propriétaires, Suncor et Imperial Oil.

Une lettre ouverte à Mark Carney publiée le 15 septembre 2025 par le géant des pipelines Enbridge et signée par 98 dirigeants de sociétés pétrolières et gazières décrit la « grande entente » comme entraînant « des réductions importantes des émissions, un plus grand accès au marché et une croissance importante de la production en amont ». Cela implique la construction d'un centre de capture et de stockage du carbone (CSC) et d'un pipeline de 400 kilomètres reliant le centre aux installations d'exploitation des sables bitumineux. Dans le cadre d'une « grande entente », le cartel énergétique obtient le feu vert pour augmenter la production de pétrole brut, l'approbation de nouveaux pipelines, qui seront probablement construits aux frais du contribuable, et des milliards de dollars de financement pour son projet CSC. Il ne s'agit pas d'une « grande entente », mais plutôt d'un grand vol.

Le centre de stockage serait situé sur les terres ancestrales et celles faisant l'objet d'un traité de plusieurs Premières Nations, dont les Premières Nations de Cold Lake, avec des permis accordés par le gouvernement de l'Alberta couvrant environ 18 000 kilomètres carrés. En violation de son devoir envers les nations autochtones, et malgré les préoccupations des propriétaires fonciers locaux et de nombreuses autres personnes, le gouvernement fédéral a inscrit le projet CCS Pathways+ sur la liste du traitement accéléré en vertu de la Loi sur l'unité de l'économie canadienne. Huit Premières Nations possèdent des terres de réserve situées directement au-dessus ou à proximité immédiate du centre proposé. Les nations autochtones n'ont pas donné leur consentement et ont exigé une évaluation environnementale fédérale, mais n'ont reçu aucune réponse, tandis que le gouvernement de l'Alberta a refusé avec arrogance de procéder à une évaluation. C'est à la fois sans précédent et alarmant qu'un projet d'une telle envergure puisse être mis en oeuvre sans évaluation environnementale.

Le coût de construction du projet CCS est actuellement estimé à 16,5 milliards de dollars, avec un concept plus large pour la phase 1, qui comprend d'autres technologies d'atténuation et d'efficacité, estimé à 24 milliards de dollars. Les technologies d'efficacité consistent principalement à réduire la quantité d'énergie utilisée pour extraire le bitume, ce qui diminue le coût de production, l'État fournissant non seulement des fonds, mais aussi des crédits pour la réduction des émissions, un triplé pour les monopoles. Les stratagèmes pour payer les riches ne s'arrêtent jamais.

Pathways affirme qu'une fois opérationnels, le réseau de transport et le centre de stockage pourraient être mis à la disposition d'autres producteurs de pétrole et industries de la région, ce qui apporterait davantage de revenus au cartel propriétaire du centre.

Le gouvernement fédéral s'est engagé à prendre en charge 50 % des coûts d'investissement, ainsi que des « incitatifs » moins importants pour le transport et le stockage. Le gouvernement de l'Alberta s'est engagé à payer 12 % des coûts d'investissement. Bien que cela soit proche de l'objectif déclaré de Pathways Alliance, qui est de faire couvrir les deux tiers des coûts par le gouvernement, il semble maintenant que le cartel en demande davantage.

Dès 2022, lorsque le cartel a relancé ce projet, il a été rapporté que les monopoles voulaient obtenir du gouvernement fédéral la garantie qu'ils ne subiraient aucune perte dans le cadre de ce projet. En clair, le cartel ne construirait que si cela ne lui coûtait rien ou, mieux encore, s'il en tirait un profit. En novembre 2023, le gouvernement fédéral a annoncé que son Fonds de croissance du Canada commencerait à émettre des « contrats sur différence » qui contribueraient à garantir le prix futur des crédits carbone, en allouant jusqu'à 7 milliards de dollars pour garantir les contrats. À l'époque, le président de Pathways, Kendall Dilling, avait déclaré qu'il n'était pas certain que 7 milliards de dollars suffiraient en raison du volume important de crédits que cela générerait. Il ne fait aucun doute que, dans le dos des Canadiens, des Québécois et des peuples autochtones, l'ampleur des stratagèmes pour payer les riches fait l'objet de négociations.

Qu'est-ce que le captage et le stockage du carbone ?

La technologie de captage du carbone a été initialement développée dans les années 1970 pour être utilisée dans la récupération assistée des hydrocarbures (EOR). Le captage du carbone pour l'EOR consiste à prélever le dioxyde de carbone (CO2) des sites industriels et à l'injecter dans d'anciens réservoirs de pétrole. Cela facilite le pompage à la surface d'un pétrole qui serait autrement trop difficile ou trop coûteux à récupérer. Pour cela, les intérêts privés sont récompensés par des crédits qui rendent rentable la récupération du pétrole sur les anciens sites.

Les gouvernements fédéral et provinciaux canadiens ont soutenu avec enthousiasme les initiatives de capture du carbone menées par le secteur pétrolier et gazier. Deux projets de CSC sont en cours en Alberta et un en Saskatchewan, tous bénéficiant d'aides substantielles des gouvernements fédéral et provinciaux.

Le centre Pathways « stockerait » le carbone profondément sous terre sur un site couvrant des milliers de kilomètres carrés. Le CO2 serait comprimé en un fluide supercritique et injecté à plus d'un kilomètre sous terre dans des aquifères salins profonds situés dans les formations de grès du Cambrien basal.

Le site devrait être surveillé en permanence, cette responsabilité étant laissée aux générations futures. Les projets existants exigent généralement que les propriétaires assurent la surveillance pendant une période déterminée, après quoi cette responsabilité incombe à la province.

Poursuite de l'augmentation des émissions dans le cadre
de la «grande entente» de Carney

L'essence même de ce projet est censée être que l'augmentation de la production pétrolière peut avoir lieu tant que les considérations environnementales relatives à la réduction des émissions de CO2 sont respectées. Cela s'avère, sans surprise, être en grande partie un canular.

Même en laissant de côté les nombreuses questions sans réponse concernant un projet de cette envergure, ses risques à court et à long terme pour la santé et la sécurité et ses coûts énormes, il ne permettra tout simplement pas d'atténuer l'impact de la production continue et accrue de combustibles fossiles impliquée dans la mégalomanie de Carney, qui vise à faire du pays une « superpuissance énergétique ».

Les émissions des sables bitumineux peuvent être mesurées de plusieurs façons : en ne tenant compte que des émissions générées par l'extraction, en ajoutant la valorisation et le raffinage, ou en prenant en compte le cycle de vie complet, de l'extraction à la combustion des combustibles fossiles pour le transport ou le chauffage. Leur impact réel ne peut être mesuré qu'en examinant le cycle de vie, mais nous utiliserons ici la définition restrictive pour examiner les émissions déclarées des sables bitumineux et les affirmations concernant le centre de CSC.

Selon la définition la plus restrictive, les émissions actuelles des sables bitumineux s'élèvent à 81 mégatonnes (Mt) par an, mais plusieurs études scientifiques ont conclu que les émissions sont nettement plus élevées. Au rythme actuel de croissance de la production, qui est de 4 à 5 % par an, les émissions augmenteraient d'au moins 40 Mt supplémentaires au cours des dix prochaines années. Cela n'inclut pas l'augmentation de la production qui fait partie de la « grande entente ». Dans le meilleur des cas, le centre de CSC permettrait de capturer et de stocker 40 Mt par an d'ici 2050. Même si la croissance de la production se maintenait au niveau actuel, le scénario le plus optimiste pour le stockage du carbone ne permettrait de compenser la nouvelle production que jusqu'en 2035, soit 15 ans avant que le centre n'atteigne sa capacité maximale. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Les droits des autochtones sont violés. Les répercussions à long terme d'un projet d'une telle envergure sur la sécurité et la santé sont inconnues. Les deniers publics seront pillés. Les répercussions sur le réchauffement climatique s'accentueront. La conclusion des opposants au projet, selon laquelle le captage et le stockage du carbone sont un moyen de prolonger la production de combustibles fossiles tout en donnant l'impression de travailler à la réduction des émissions, est validée par les faits. Le « grand compromis » est une fraude massive visant à tromper les Canadiens. Il maintient le Canada comme source d'énergie pour la machine de guerre des États-Unis et sert les intérêts des oligarques de l'énergie. Il n'a rien à voir avec l'édification nationale, le développement durable, l'écologisation de l'économie ou tout autre idéal élevé avancé pour prétendre que tout cela est dans l'intérêt national. Il s'inscrit dans le cadre des plans visant à ce que le Canada continue de fournir une énergie sûre à la machine de guerre des États-Unis.

Cette « entente » revient à mettre en danger de manière irresponsable l'environnement social et naturel. Il ne suffira pas de suggérer que les intérêts privés étroits des oligarques représentent ce que veulent « l'Alberta » ou « l'Ouest », et de dire aux Canadiens qu'ils vont devoir faire des « sacrifices » pour verser des milliards aux oligarques. Cela souligne la nécessité de renouveler la démocratie et d'empouvoirer les citoyens, afin que les décisions soient prises par le peuple dans le but de répondre aux besoins de la population et de l'humanité.


(Photos : LML, JRD, Draw the Line)

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Les ramifications de l'«édification nationale» du gouvernement Carney

Promotion sans scrupules et répréhensible
de la capitale nationale en tant que «pôle d'innovation en matière de défense»

– Pierre Soublière –

Le 28 octobre, la Ville d'Ottawa a annoncé que la région d'Ottawa-Gatineau faisait des « pas audacieux » pour se positionner comme le « pôle d'innovation en matière de défense du Canada ». Ce pôle s'inscrit dans la logique d'une militarisation accrue de l'économie et de la société afin de répondre aux besoins de la machine de guerre américaine et, par conséquent, aux exigences de l'OTAN. Son objectif principal est d'enrichir les 330 entreprises locales étrangères du secteur de l'armement qui, directement ou indirectement, fournissent des armes ou des composants aux États-Unis et à Israël, contribuant ainsi au génocide en cours à Gaza et à d'autres actes d'agression des États-Unis.

L'acteur principal de ce projet est Invest Ottawa, qui déclare ouvertement vouloir profiter de l'engagement du premier ministre Mark Carney à atteindre la cible imposée par Donald Trump de 5 % du PIB pour les dépenses militaires d'ici 2030 (150 milliards de dollars). Invest Ottawa montre clairement où se situent ses intérêts lorsqu'il affirme qu'Ottawa, en tant que potentiel pôle national d'innovation en défense, est comparable à des régions comme Haïfa et Tel-Aviv en Israël, un « écosystème » qui, selon eux, procure une « sécurité nationale renforcée, d'importants retours économiques et une compétitivité mondiale ».

L'« écosystème » de la région de la capitale nationale comprend : les municipalités d'Ottawa et de Gatineau, Invest Ottawa et Area X.0 ; la Chambre de commerce d'Ottawa ; la Kanata North Business Association ; les établissements postsecondaires, dont le Collège Algonquin, l'Université Carleton, La Cité, le CÉGEP de l'Outaouais, l'Université d'Ottawa et l'Université du Québec en Outaouais.

Area X.0 est un complexe de recherche et de développement situé sur Woodroffe à Ottawa et géré par Invest Ottawa. Il couvre une superficie de 750 hectares et comprend une piste d'essai de 16 km destinée à tester des véhicules autonomes, des drones, des véhicules aériens sans pilote ainsi que des véhicules armés télécommandés. Area X.0 a été désignée comme centre d'essai du réseau DIANA de l'OTAN. L'objectif est d'étendre cette zone et d'autres dans la région dans le cadre du programme DIANA.

DIANA – Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic – est une initiative de l'OTAN visant à « exploiter et accélérer les technologies avancées à double usage ». Sa mission consiste à « faire le lien » entre l'écosystème civil de l'innovation (start-ups, milieu universitaire, technologies commerciales) et les secteurs de la défense, de la sécurité et les forces armées alliées. Des « technologies à double usage » signifie qu'elles doivent être avant avoir un usage militaire.

Ce qu'on entend par « faire le lien » entre l'écosystème civil et la défense, la sécurité et les forces alliées, c'est une intégration plus poussée des établissements d'enseignement supérieur et des instituts de recherche et développement – tels que le Conseil national de recherches du Canada – dans le domaine de la « défense et de la sécurité ». Et cela, à un moment où la pression s'intensifie pour rendre les universités dépendantes du financement par des intérêts privés, tandis que le peuple exige que les universités se désengagent des activités liées à la production de guerre et à l'État génocidaire d'Israël.

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Condamnation des défenseurs de la terre wet'suwet'en
en Colombie-Britannique

Une décision ambiguë donne le feu vert à la poursuite du déni des droits ancestraux et à la violence policière contre les défenseurs de la terre

– Barbara Biley et Hilary LeBlanc –

La décision rendue le 17 octobre par le juge Michael Tammen de la Cour suprême de Colombie-Britannique, qui a condamné trois défenseurs de la terre wet'suwet'en à des peines de prison – toutes avec sursis – et à des travaux communautaires, était délibérément ambiguë et insidieuse. Sleydo' Molly Wickham, Shaylynn Sampson et Corey « Jayohcee » Jocko ont été condamnés respectivement à 17 jours, 9 jours et 12 jours, tous avec sursis. En outre, ils ont été condamnés à 150 heures de travaux communautaires. Et ce, malgré le fait qu'ils aient été brutalement agressés et arrêtés par le Groupe d'intervention pour la sécurité de la collectivité et de l'industrie (GISCI) de la GRC sur le territoire des Wet'suwet'en le 19 novembre 2021.

Malgré toutes les preuves des crimes flagrants commis par la GRC, ce sont les défenseurs de la terre qui ont été reconnus coupables d'outrage criminel pour avoir défendu leurs droits sur leur propre Yintah. Ils ont défié une injonction injuste accordée par les tribunaux à Coastal GasLink, qui construisait un gazoduc sur le territoire des Wet'suwet'en sans leur consentement.

Pendant les deux jours qui ont précédé le prononcé de la sentence, le tribunal a entendu les arguments de la Couronne et des avocats de la défense. Les avocats de la défense ont fait valoir qu'il y avait eu « abus de procédure » de la part de la GRC, violant les droits humains des défenseurs. La Couronne a requis des peines de prison, mais, face à toutes les preuves de la conduite dépravée et fourbe de la GRC, le tribunal a prononcé les sentences puis a suspendu les peines de prison.

La décision est ambiguë et arbitraire, car elle indique que le comportement de la GRC a été jugé inacceptable, mais l'injonction accordée à Coastal GasLink, qui viole le droit des défenseurs de la terre des Wet'suwet'en de déterminer ce qui se passe sur leur propre territoire, est maintenue.

La loi coloniale détermine ce qui constitue un outrage criminel et, une fois de plus, l'État raciste s'en tire avec un jugement qui déclare que le consentement éclairé des peuples autochtones n'a aucune signification et que l'État a le dernier mot sur la violation des droits des autochtones sur leurs propres territoires.


À l'extérieur du tribunal de Smithers, le 16 octobre 2025

Les défenseurs de la terre se sont battus courageusement à chaque étape et continuent de faire valoir leurs droits malgré la puissance de l'État qui s'oppose à eux. La décision ambiguë indique qu'ils ont remporté cette manche lorsque leurs peines de prison ont été suspendues. La dépravation de la GRC et son comportement déviant ont été enregistrés et exposés sans qu'aucun gouvernement, ni provincial ni fédéral, ne les condamne. Ils sont néanmoins condamnés grâce à ceux dont la résistance montre au monde entier de quoi ils sont capables. Cela crée leur propre histoire et le legs qu'ils continueront non seulement à défendre fièrement, mais aussi à transmettre aux générations futures.

Depuis 2014, la GRC harcèle et menace les défenseurs de la terre sur le territoire des Wet'suwet'en qui bloquent le projet Coastal GasLink, ce qui a abouti en 2021 à un raid militarisé faisant appel à des tireurs d'élite, des unités canines et des membres lourdement armés du GISCI pour fermer les sites de protestation. Le GISCI, désormais rebaptisé Groupe d'intervention en cas d'incident critique (GICIC), est une unité spéciale fortement militarisée de la GRC en Colombie-Britannique, créée en 2017 pour protéger l'industrie contre l'opposition des peuples autochtones, des écologistes et des communautés. Sleydo', une des cheffes du clan Gidimt'en de la nation Wet'suwet'en, et Sampson, membre de la nation Gitxsan, ont été arrêtées à l'intérieur d'une « maison minuscule » située sur un chantier à côté du tracé du gazoduc. Jocko, Kanien'kehá :ka d'Akwesasne en Ontario, a été arrêté dans un autre bâtiment construit sur le tracé du pipeline. Au total, 30 personnes ont été arrêtées et 17 inculpées lors de ces raids brutaux.

Les opérations du GISCI sur le territoire des Wet'suwet'en ainsi que le traitement violent des manifestants qui protègent les forêts anciennes à Fairy Creek sur l'île de Vancouver n'ont suscité aucune protestation de la part des gouvernements fédéral ou provincial, ni d'aucun des partis cartellisés à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique ou au Parlement fédéral. Cela en dit long sur ce que signifie leur serment de fidélité au roi d'Angleterre et à son État. Il s'agit d'une fidélité à la conquête britannique des terres autochtones et à la poursuite du racisme d'État qui déclare que toute opposition à ce que l'État décide est illégitime, voire « terroriste », doit être éliminée.

Cela montre que les déclarations « solennelles » des gouvernements et des agents de l'État selon lesquelles ils respectent la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones sont fallacieuses. Elles sont empreintes de l'hypocrisie libérale qui défend les libertés tant que le peuple se conforme à ce que l'État a décidé être légitime. Cela donne le feu vert à la poursuite du racisme d'État, au déni des droits ancestraux et à la violence policière contre les défenseurs de la terre.

La résistance des défenseurs de la terre reste une véritable épine dans leur pied. Elle n'a pas permis à l'État de déclarer que son refus d'obtenir le consentement pour son gazoduc était légitime. Le fait d'opposer des forces armées aussi puissantes à des défenseurs de la terre non armés a révélé que l'État est dysfonctionnel, tout comme ce qu'on appelle l'état de droit qui permet une telle impunité. C'est la résistance des peuples qui définit les arrangements et l'état de droit qu'ils défendent.

La décision du juge Tammen

Dans sa décision, le juge Tammen a reconnu bon nombre des crimes commis par les gouvernements fédéral et provincial, l'État colonial et la police, affirmant que « l'ombre de l'héritage de la colonisation plane largement sur le contexte général » de l'affaire. Il a évoqué la décision Delgamuukw-Gisday'wa rendue en 1997 par la Cour suprême du Canada, dans laquelle la cour a conclu que les titres aux terres des Wet'suwet'en et des Gitxsan n'avaient jamais été éteints. Il a également évoqué le refus ultérieur des gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique de mettre en oeuvre la recommandation de la Cour de négocier une résolution avec les Premières Nations.

« Au cours des 28 années qui se sont écoulées depuis, aucune résolution n'a été trouvée. Un enjeu fondamental qui semble rester en suspens est la reconnaissance par les deux niveaux de gouvernement des chefs héréditaires comme les personnes pouvant parler au nom des Wet'suwet'en, par opposition aux conseils de bande », a déclaré le juge Tammen. Il a reconnu que « le territoire sur lequel ces infractions ont été commises fait partie des terres non cédées des Wet'suwet'en, ou yintah ».

Selon le juge Tammen, un autre facteur dans cette affaire était le fait que les gouvernements provincial et fédéral n'avaient pas mis en oeuvre un protocole d'entente conclu en 2020 entre eux et les chefs héréditaires à la suite d'arrestations antérieures de défenseurs de la terre sur le territoire des Wet'suwet'en. Ce protocole d'entente reconnaissait le rôle des chefs héréditaires des Wet'suwet'en en tant que détenteurs de droits et de titres et s'engageait à poursuivre les négociations. En d'autres termes, la Couronne a refusé de négocier de bonne foi sur une base de nation à nation, mais a plutôt choisi la voie de la violence et de la terreur.

Le juge Tammen s'était précédemment prononcé dans l'affaire d'abus de procédure intentée par les trois défenseurs des terres. Il a estimé que les actions de la GRC avant, pendant et après l'arrestation des défenseurs de la terre étaient inappropriées, déclarant lors du prononcé de la sentence que les remarques désobligeantes des agents de la GRC à l'égard des femmes, qui avaient été enregistrées et diffusées au tribunal, étaient « extrêmement offensantes, racistes et déshumanisantes ». Il s'agissait là d'une « faute grave », a-t-il déclaré, ajoutant que « la nécessité d'agir est urgente lorsque le comportement répréhensible des acteurs étatiques consiste en des commentaires racistes qui minimisent le sort des nombreuses femmes et filles autochtones assassinées et disparues ».

Le juge Tammen a également estimé que la police aurait dû obtenir un mandat avant de pénétrer dans les structures où les défenseurs de la terre ont été arrêtés. Le temps que les accusés ont passé en transit pendant plusieurs jours après leur arrestation correspondait à « des conditions de détention parmi les plus sévères possibles », a déclaré le juge, notamment le temps passé dans les cellules de détention des détachements de la GRC, les heures de « transport pénible » dans des fourgons, les repas irréguliers et l'absence de commodités.

Ces commentaires du juge Tammen semblent sympathiques et éclairés, mais malgré toutes les preuves, cette décision ambiguë permet à la Couronne de continuer à maltraiter les peuples autochtones de l'Île de la Tortue en toute impunité, car ni l'État ni sa police ne subissent de conséquences pour les torts flagrants commis par l'État et ses agences. Les gouvernements provinciaux et fédéral s'en tirent également en restant silencieux, affirmant qu'ils ne peuvent pas s'immiscer dans le travail de la police qui assure le maintien de l'ordre public.

Le juge Tammen a agi conformément à la loi canadienne pour faire respecter « l'ordre public » du gouvernement de Sa Majesté, qui tolère les « relations de nation à nation » telles que définies dans la Proclamation royale de 1763, tant que l'État reste le décideur ultime auquel tout le monde doit se soumettre. À l'heure actuelle, sous prétexte de défendre la sécurité et l'avenir du Canada, les libéraux de Carney militarisent l'économie et revendiquent les terres et les ressources des peuples autochtones sous le prétexte fallacieux de la « réconciliation économique ». Ils ont mis en place tout un réseau de ce qu'ils considèrent comme des parties prenantes autochtones légitimes afin d'obtenir leur consentement pour le vol de leurs terres et la destruction sans entrave de leur environnement.

Plus d'une centaine de personnes ont envahi la salle d'audience lorsque le verdict a été prononcé et se sont jointes à la célébration qui a suivi, au cours de laquelle les trois défenseurs de la terre, exprimant leur soulagement de ne plus être soumis aux conditions de libération sous caution sévères qui les ont empêchés d'être sur leurs terres pendant les quatre dernières années, ont remercié toutes les personnes qui ont soutenu la lutte des Wet'suwet'en pour leurs droits et se sont engagés à poursuivre la lutte pour protéger la terre et les eaux.

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) salue les défenseurs du territoire des Wet'suwet'en dont la défense courageuse de leur souveraineté et de leurs droits leur fait grand honneur. Le Parti appelle ses membres et ses sympathisants à continuer à soutenir les défenseurs autochtones de la terre d'un océan à l'autre, car ils font partie intégrante de la lutte pour un Canada moderne qui défend les droits de toutes et tous. La décision ambiguë rendue par le tribunal ne parviendra pas à sauver les actions inacceptables menées par l'État sous le couvert de grands idéaux.

(Avec des informations provenant des réseaux sociaux, de l'APTN et du Tyee. Photos : B. Patterson)

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Les enseignants de l'Alberta persistent dans leur
défense audacieuse de l'éducation

Le recours à la disposition de dérogation
jette le discrédit sur le gouvernement du Parti conservateur uni

– Peggy Morton –


Manifestation étudiante à Edmonton contre le projet de loi 2 et en soutien aux enseignants et à l'éducation publique, le 30 octobre 2025

Les 27 et 28 octobre passeront à l'histoire comme des jours d'infamie en Alberta, où tout semblant de démocratie a été abandonné. Geste sans précédent, le gouvernement du Parti conservateur uni (PCU) a utilisé le règlement de la chambre pour restreindre le débat à l'Assemblée législative, a adopté le projet de loi 2 en une seule séance qui s'est terminée à 2 heures du matin, a imposé aux enseignants une convention collective qu'ils avaient rejetée à une majorité écrasante et a invoqué la disposition de dérogation pour se protéger contre toute contestation judiciaire.

Ce sont des actes antidémocratiques, arbitraires, revanchards, de violence et de diktat. Néanmoins, le recours à la disposition de dérogation est « légal » et fait partie de la Constitution. Elle existe pour permettre aux gouvernements de nier les droits individuels et collectifs garantis par la Charte des droits et libertés. La Charte ne reconnaît spécifiquement que les droits civils, sous réserve de ce qu'on appelle des « limites raisonnables ». Le recours à la disposition de dérogation supprime même la nécessité pour les gouvernements de défendre leurs actions comme « raisonnables » devant les tribunaux.

Lorsque les Canadiens protestent contre le caractère inconstitutionnel de tels actes, ils expriment leur attente que la loi soit juste, que la justice soit rendue et que la loi ne permette pas aux gouvernements d'agir comme des dictateurs et d'utiliser les pouvoirs de la police contre le peuple.

Cela pose un problème au gouvernement de l'Alberta, car l'opinion publique est résolument du côté des enseignants. Non seulement les droits des enseignants ont été violés, mais le gouvernement n'apporte aucune solution à la crise du système d'éducation. C'est grâce aux actions courageuses des enseignants que les Albertaines et les Albertains sont conscients de la gravité de la situation en éducation et reconnaissent la nécessité d'une action immédiate.

La disposition de dérogation est utilisée lorsque les gouvernements savent que les lois qu'ils promulguent ne résisteront pas aux contestations judiciaires. Ce fut le cas de Doug Ford en Ontario, qui l'a utilisée contre les travailleurs de l'éducation, mais a ensuite été contraint de battre en retraite et de retirer la loi face à une opposition massive. Il a essuyé une défaite lorsque neuf syndicats et la Fédération du travail de l'Ontario ont obtenu gain de cause dans leur contestation judiciaire du projet de loi 124, loi visant à protéger un secteur public durable pour les générations futures, et que le projet de loi a été déclaré nul et non avenu. Le projet de loi 124 plafonnait les augmentations de rémunération d'environ 780 000 travailleurs du secteur public à 1 % par an pendant une période de trois ans. La décision d'abroger la loi a conduit les grands cabinets d'avocats à avertir les gouvernements qu'ils devaient être mieux préparés à justifier leur violation des droits. Au lieu de cela, Ford a utilisé la disposition de dérogation.

Dans sa décision sur le projet de loi 124, la cour a déclaré : « L'action de l'État interfère de manière substantielle avec la négociation collective lorsqu'elle empêche ou restreint, entre autres, la discussion de certains sujets dans le cadre du processus de négociation collective. » Le PCU a été pris en flagrant délit, faisant preuve d'une incompétence et d'une arrogance magistrales, à déclarer publiquement qu'il ne négocierait pas les questions relatives à la taille et à la complexité des classes. Il a donc lui aussi invoqué la disposition de dérogation.

Même sans recourir à la disposition de dérogation, les gouvernements utilisent de plus en plus le prétexte que les grèves sont « déraisonnables » pour criminaliser les actions collectives des travailleurs. Au cours de la seule année écoulée, les agents de bord, les dockers, les cheminots, les postiers et maintenant les enseignants de l'Alberta ont tous été contraints de reprendre le travail. Cela se produit malgré les décisions de la Cour suprême selon lesquelles le droit de grève est un droit protégé par la Charte.

Il est nécessaire de mener des batailles devant les tribunaux pour freiner les gouvernements qui intensifient leur offensive antisociale et anti-travailleurs. Mais la justice est lente et n'offre pas toujours une réparation complète, et souvent aucune. Une décision en faveur des enseignants dans plusieurs mois, voire plusieurs années, ne réparera pas les dommages causés par les classes surchargées et le manque de soutien aux élèves.

Les contestations fondées sur la Charte peuvent prendre des années avant d'aboutir à une décision. Il a fallu près de six ans pour rendre une décision sur la contestation lancée par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes lorsque sa grève a été déclarée illégale et que les travailleurs ont été contraints de reprendre le travail en 2018. Le juge a alors rejeté l'affaire comme étant « sans objet » (c'est-à-dire qu'elle n'était plus pertinente), car l'ordre de retour au travail n'était plus en vigueur et l'arbitrage obligatoire avait eu lieu. Même si elle n'avait pas été sans objet, a-t-il déclaré, il aurait tout de même rejeté la contestation, et même si le gouvernement avait enfreint l'article 2(d) de la Charte (droit d'association), cela aurait été justifié en vertu de l'article 1 (limites raisonnables).

L'Association des enseignants de l'Alberta a annoncé qu'elle contestait le projet de loi 2, devant les tribunaux et en dehors des tribunaux. La bataille devant les tribunaux pour contrer les attaques des gouvernements contre les travailleurs est nécessaire, mais la grève des enseignants confirme que la lutte devant l'opinion publique pour établir et défendre leurs revendications est cruciale. Les enseignants ont remporté cette bataille de manière décisive. Il appartient désormais à chacun de continuer à soutenir les enseignants dans toutes les initiatives qui sont organisées.

La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, pense peut-être qu'elle a gagné, que son gouvernement est une force imparable et qu'elle n'a même pas besoin d'être au pays, et encore moins à l'Assemblée législative. La bataille n'est pas gagnée. Le combat que les enseignants continueront de mener est un combat politique et ils ont mis au premier plan la question du droit à l'éducation.

La conclusion est claire : les institutions qui sont censées protéger les droits et servir les intérêts du peuple ne le font pas. Mais c'est le peuple qui est décisif. Les enseignants peuvent et continueront de s'exprimer en leur propre nom. Ils peuvent et continueront de s'appuyer sur leur propre force collective, leur initiative et leur créativité en tant que force organisée, malgré tous les efforts du gouvernement pour les réduire au silence. Il appartient aux Albertaines et aux Albertains de continuer d'apporter tout leur soutien et de se tenir aux côtés de nos enseignants, qui sont un véritable trésor.

Actions de soutien aux enseignants et aux grèves
étudiantes, du 27 au 30 octobre

Edmonton


27 octobre

Calgary

27 octobre


Débrayage étudiant le 30 octobre
Cochrane
Débrayage étudiant le 30 octobre
(Photos : LML, K. Patterson, S. Nammoura, A. Klein, J. Davidge, AF)

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Les enseignants reprennent le travail, déterminés à poursuivre leur combat pour l'éducation publique

– Kevan Hunter –


Rassemblement devant le Parlement de l'Alberta le 23 octobre 2025 contre la loi de retour au travail

Les enseignants de l'Alberta ont repris le travail, mettant fin à leur grève historique de 23 jours dans toute la province, après l'adoption du projet de loi 2, loi sur la rentrée scolaire, par le Parlement de l'Alberta. La loi impose un protocole d'accord précédemment rejeté par 90 % des enseignants en invoquant la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés.

Sur instruction de leur syndicat, les enseignants se conforment à la loi, cessent leur grève et reprennent leurs fonctions. Ils peuvent en être très fiers. Leur action audacieuse et courageuse a brisé le silence sur les conditions dans les écoles et a fait de l'éducation une question prioritaire pour tous les Albertains. Le gouvernement a été mis sur la défensive en matière d'éducation et feint désormais de se préoccuper du bien-être des élèves et des questions relatives à la taille et à la complexité des classes.

Tout le monde, y compris la première ministre, admet que la taille des classes est un problème. Le seul à rester dans le déni est le ministre de l'Éducation, qui soutient que « les recherches » montrent que la taille des classes n'a pas d'importance au-delà de la troisième année, alors même que son gouvernement met en place un groupe de travail sur la taille et la complexité des classes. Cette large reconnaissance n'aurait pas pu être obtenue sans la mobilisation et l'action concrète des 50 000 enseignants de l'Alberta.

Alors que chaque société met en place un système éducatif au service des intérêts défendus par l'État, la grève des enseignants en Alberta marque un tournant dans les revendications des enseignants en faveur d'un système d'éducation publique qui contribue à créer une société où les besoins de la population priment. À la veille de la grève, le gouvernement affirmait ne pas savoir clairement ce que les enseignants voulaient vraiment, laissant entendre que l'Association des enseignants de l'Alberta (ATA) était déconnectée de ses membres. Lors des rassemblements à Edmonton et à Calgary la veille du débrayage, les enseignants se sont exprimés et ont défini les enjeux de la grève par leurs pancartes et leurs bannières. L'expérience directe acquise par les enseignants au cours de la grève leur apprend à compter sur eux-mêmes et sur la force de leurs propres initiatives.

Les enseignants discutent des implications du projet de loi 2. L'ATA a demandé à ses membres de reprendre leurs fonctions habituelles, y compris les activités parascolaires auxquelles ils s'étaient précédemment engagés. Elle les avertit que la Commission des relations de travail pourrait interpréter arbitrairement une campagne de travail au ralenti comme une forme de grève, ce qui constituerait une violation du projet de loi et serait passible d'amendes. Cependant, les enseignants évalueront soigneusement leur capacité à prendre de nouvelles initiatives au-delà de ce à quoi ils se sont déjà officiellement engagés.

Alors que le gouvernement souhaite isoler les enseignants et les monter les uns contre les autres, ceux-ci peuvent discuter et discuteront dans leurs écoles de la manière de riposter contre un gouvernement et des autorités scolaires qui ne cessent d'ajouter de nouvelles exigences à leur charge de travail. Sur le plan politique, les campagnes de pétitions prennent de l'ampleur : l'une exigera un référendum sur la question de savoir si les écoles privées doivent recevoir des fonds publics, et l'autre, lancée par les électeurs de la circonscription du ministre de l'Éducation, vise à déclencher un processus de révocation contre lui.

Les enseignants ne cesseront pas leur combat, car ils ne peuvent pas s'arrêter. Leur opposition, soutenue par les parents, les étudiants et la population de l'Alberta dans son ensemble, est essentielle pour résister à l'offensive antisociale du gouvernement du Parti conservateur uni et pour lutter en faveur d'un avenir où le droit à l'éducation tel que défini par le peuple est garanti.










Rassemblement devant le Parlement de l'Alberta, le 23 octobre 2025

(Photos : LML, AF)

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À quoi s'attendre du gouvernement de l'Alberta en matière d'éducation

– Un collectif d'enseignants –

Il existe une demande généralisée pour que des mesures soient prises afin de remédier à la taille excessive des classes en Alberta, ainsi qu'à la complexité croissante des classes ordinaires qui accueillent des élèves apprenant l'anglais et des élèves ayant des besoins particuliers sans soutien supplémentaire. En réponse à cette demande, le gouvernement de l'Alberta a mis sur pied un groupe de travail sur la taille et la complexité des classes.

Que pouvons-nous attendre d'un tel groupe de travail ? Le gouvernement doit au moins « donner l'impression » de s'attaquer à ces problèmes s'il veut avoir une chance de remporter les prochaines élections. Néanmoins, toutes les interventions du Parti conservateur uni (PCU) dans le système éducatif ont un point commun qui nous donne une idée de ce à quoi nous pouvons nous attendre.

En 2021, les conservateurs ont introduit un nouveau programme scolaire, abandonnant les travaux précédents qui avaient été réalisés avec la participation active des enseignants. Les experts dans ce domaine ont été remplacés par des « parties prenantes » issues du monde des grandes entreprises et d'autres personnes sans qualification pour élaborer un programme scolaire approprié. Le résultat obtenu était inadapté sur le plan du développement. L'une des caractéristiques les plus singulières était le caractère incroyablement normatif du programme.

En général, un programme scolaire donne les grandes lignes de ce que les élèves doivent apprendre, mais laisse les détails précis et les méthodes d'enseignement aux professionnels. Le projet de 2021 était différent. Le programme de musique était si précis qu'il stipulait que tous les élèves devaient étudier le grand-père de Jason Kenney, un musicien de jazz qui jouait dans un big band dans les années 1930 et 1940. Le programme d'études sociales, qui a été révisé à la suite d'une forte pression publique, allait jusqu'à préciser les activités spécifiques auxquelles les élèves devaient participer, comme dessiner un agent de la GRC à cheval. L'objectif était de réglementer autant que possible le contenu exact enseigné par les enseignants.

Ensuite, ils se sont intéressés au système de conduite des enseignants. À la place d'un code de conduite professionnelle élaboré par l'Association des enseignants de l'Alberta et d'un système dans lequel les enseignants accusés de mauvaise conduite étaient jugés par leurs pairs, le gouvernement a affirmé son propre contrôle. L'« endoctrinement » a été inclus comme motif de mauvaise conduite afin de créer un effet dissuasif sur ce que les enseignants enseignent.

Le processus de conduite du gouvernement est défaillant, avec un long arriéré de cas en attente d'être entendus, un taux de rotation élevé des enquêteurs et des pratiques incohérentes. Apparemment, il était beaucoup plus important pour le gouvernement de contrôler le processus que de tenir les enseignants responsables lorsqu'ils étaient coupables de fautes professionnelles.

La Loi modificative sur l'éducation (projet de loi 27), adoptée en 2024, vise à contrôler ce qui est enseigné en matière de sexualité humaine, de genre et d'orientation sexuelle. Elle oblige les parents à donner leur accord pour tout enseignement sur ces trois sujets, ce qui oblige les enseignants à faire preuve d'une grande prudence lorsque ces questions surgissent naturellement dans le cadre de l'enseignement normal. Le matériel pédagogique sur ces sujets doit être approuvé par le ministre de l'Éducation. Le projet de loi affirme également qu'on ne peut pas faire confiance aux enseignants pour décider du nom et des pronoms à utiliser pour s'adresser à un élève, ni pour déterminer quand il est dans l'intérêt de l'élève d'impliquer ses parents.

Plus récemment, le gouvernement a tenté d'imposer une interdiction générale des livres, qui aurait supprimé d'innombrables romans classiques des rayons des écoles. Lorsque les implications de cette interdiction ont été révélées, la première ministre Danielle Smith a déclaré que les conseils scolaires ne comprenaient pas la politique et qu'ils la suivaient de manière trop « agressive ». L'arrêté ministériel modifié exige que les conseils scolaires s'assurent qu'il n'y a pas de matériel pornographique dans les rayons des écoles, comme si les enseignants n'étaient pas capables de le faire eux-mêmes. Il exige également que les enseignants fournissent aux parents un inventaire des livres présents dans leur classe, ce qui est une tâche assez fastidieuse.

Toutes ces initiatives politiques ont pour point commun de tenter de réglementer et de contrôler les activités des enseignants dans les salles de classe, comme s'ils n'étaient pas des professionnels dignes de confiance et compétents, dotés de leur propre organisation capable de traiter les problèmes si nécessaire.

Tout cela pour dire que lorsque Danielle Smith promet de « se rendre dans chaque classe et de travailler avec les conseils scolaires pour affecter les enseignants et les aides-enseignants », les enseignants ont tout lieu de s'inquiéter des mesures que le gouvernement pourrait tenter de mettre en oeuvre au nom des demandes des Albertains visant à renforcer l'enseignement public.

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Les Ontariens réclament des investissements dans
les systèmes publics de santé et d'éducation

Dénonciations de l'utilisation des fonds publics pour alimenter la privatisation en santé

– Sylvia Etts –


Toronto, le 6 octobre 2025

Les travailleurs de la santé et les patients de l'Ontario, comme ceux du reste du Canada et du Québec, subissent les conséquences de la destruction néolibérale des services de santé publics. Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, le gouvernement Ford a ouvert de plus en plus de secteurs du système de santé public à des opérateurs privés à but lucratif. Les cliniques privées pratiquent des opérations de la cataracte, des coloscopies et des endoscopies, des services d'imagerie à résonnance magnétique, des tomodensitométries et d'autres procédures. À la fin de 2022, 900 cliniques chirurgicales et diagnostiques privées étaient en activité dans la province, et beaucoup d'autres se sont ajoutées depuis.

Alors que le gouvernement finance les cliniques privées à hauteur du double, voire du triple, du montant versé aux hôpitaux pour les mêmes services, les cliniques augmentent leurs profits en « surfacturant » systématiquement les patients. Elles sont d'abord payées par le régime d'assurance provincial, puis facturent aux patients des « suppléments » souvent inutiles. De plus, les cliniques privées débauchent le personnel du système de santé public, exacerbant ainsi la crise de recrutement et de rétention dans les hôpitaux, qui se traduit par un manque de personnel. Les travailleurs sont contraints de travailler dans des conditions dangereuses pour eux-mêmes et pour les patients, où ils sont en sous-effectif et font souvent des heures supplémentaires. En 2024, un hôpital sur cinq disposant d'un service d'urgence ou d'un centre de soins d'urgence a connu des fermetures imprévues en raison d'un manque de personnel, ce qui en fait la pire année jamais enregistrée. Cela n'est pas dû à une pénurie de personnel qualifié, mais à des conditions de travail dangereuses et insalubres.

Financement largement insuffisant des hôpitaux de l'Ontario

Les données de l'Institut canadien d'information sur la santé pour 2022 montrent que l'Ontario avait les dépenses hospitalières par habitant les plus faibles du pays. Les dépenses hospitalières de l'Ontario ont augmenté de 4 % entre 2013 et 2022, la majeure partie de cette augmentation ayant eu lieu en 2022, lorsque la province a reçu des fonds fédéraux pour faire face à la pandémie de la COVID-19. Entre 2013 et 2022, les hôpitaux de l'Ontario ont subi sept années de réductions réelles des dépenses par habitant, de sorte que 49 % des hôpitaux ont terminé l'année 2023-2024 en déficit.

Au cours de la même période, le gouvernement a imposé des restrictions salariales à la plupart des travailleurs du secteur public en 2019, limitant les augmentations de rémunération à un maximum de 1 % par an pendant trois ans. Bien que cette loi, le projet de loi 124, ait été jugée inconstitutionnelle par la Cour d'appel de l'Ontario en février 2024 et que les décisions des arbitres exigent des augmentations salariales rétroactives, le gouvernement Ford n'a pas fourni aux hôpitaux les fonds nécessaires pour effectuer ces paiements. L'augmentation de la charge de travail, les bas salaires et les conditions de travail intolérables poussent de nombreux travailleurs à quitter le système public et à travailler pour les agences privées que le gouvernement engage pour combler les pénuries de personnel et qui offrent des salaires plus élevés, pas d'heures supplémentaires et des horaires flexibles.

Les travailleurs de la santé, en particulier pendant la pandémie et depuis, ont proposé des solutions pour défendre, développer et moderniser le système de santé public, notamment en augmentant les investissements, en formant et en embauchant davantage de personnel et en améliorant les salaires et les conditions de travail. Au lieu de cela, le gouvernement a détourné des millions de dollars de fonds publics vers des agences de recrutement privées. Une étude réalisée par Andrew Longhurst pour le Centre canadien de politiques alternatives et publiée en mai 2025 a révélé que les hôpitaux publics de l'Ontario ont versé 9,2 milliards de dollars à des agences à but lucratif pour des services entre 2013 et 2023. Au cours de cette période, les coûts réels par habitant des agences privées ont augmenté de 98 %, tandis que les salaires versés au personnel des hôpitaux publics n'ont augmenté que de 6 %. Le recours à des agences de placement perpétue un cercle vicieux qui vide le secteur public de sa main-d'oeuvre. L'étude a révélé qu'entre 2015 et 2024, le nombre de postes vacants dans les hôpitaux de l'Ontario a augmenté de 331 % et que le taux de vacance a presque triplé, tandis que le salaire moyen des postes vacants dans les hôpitaux était inférieur de 13 % en 2024 par rapport à 2015, après ajustement pour tenir compte de l'inflation.

Le 23 octobre, le Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario (FAO) a publié son examen des dépenses prévues par le gouvernement en matière de soins de santé dans le budget 2025, qui a révélé que la province prévoit que les dépenses de santé augmenteront à un taux annuel moyen de 0,7 %, passant de 91,6 milliards de dollars en 2024-2025 à 93,6 milliards de dollars en 2027-2028, ce qui est nettement inférieur au taux de croissance annuel moyen de 6,6 % enregistré au cours des trois dernières années, de 2021-2022 à 2024-2025, et bien inférieur au taux annuel moyen de 5 % enregistré au cours de la période de 34 ans allant de 1990 à 2024. La FAO a estimé que, pour maintenir les niveaux de service actuels, les dépenses du secteur de la santé devraient augmenter en moyenne de 4 % au cours des trois prochaines années, de sorte que le sous-financement prévu par le gouvernement provincial s'élèverait à 3,4 milliards de dollars en 2025-2026, à 6,4 milliards de dollars en 2026-2027 et à 9,6 milliards de dollars en 2027-2028. Selon l'analyse de la FAO, ces coupes entraîneraient une diminution du nombre de lits d'hôpitaux, une baisse du nombre de lits de soins de longue durée de 60 pour 1000 Ontariens âgés de 75 ans et plus en 2024-2025 à 56 en 2027-2028, et une diminution de plus de 7000 infirmières et de près de 1800 préposés aux bénéficiaires.

Les défenseurs des soins de santé et les travailleurs de la santé se battent pour mettre fin à la privatisation et pour augmenter les investissements dans tous les aspects des soins de santé publics. Le Conseil des syndicats hospitaliers de l'Ontario et la Coalition ontarienne pour la santé ont organisé des rassemblements dans toute la province à l'occasion de la session d'automne de l'Assemblée législative de l'Ontario afin de dénoncer les pratiques des cliniques privées qui surfacturent les patients, et d'exiger la fin de la privatisation et un financement adéquat des hôpitaux publics. Ils demandent en particulier l'abandon du projet du gouvernement Ford d'ouvrir 57 nouvelles cliniques privées qui prendront en charge plus de 100 000 tests diagnostiques des hôpitaux publics locaux, ainsi que leur financement et leur personnel, dans le but de développer les chirurgies conjointes dans les cliniques privées. Les travailleurs hospitaliers en négociation pour de nouveaux contrats réclament des ratios infirmières-patients négociés et appliqués, la fin du recours aux agences de placement et l'amélioration des salaires et des conditions de travail pour tous les travailleurs du système de santé public.

Le 29 octobre, la Coalition pour la santé en Ontario a organisé deux événements couronnés de succès à l'Assemblée législative de l'Ontario. Plus de 160 patients, travailleurs de la santé et défenseurs ont rempli les tribunes publiques pendant la séance matinale de l'Assemblée législative, au cours de laquelle le gouvernement a été interrogé sur ses projets de privatisation des soins de santé. Ces événements ont été suivi d'une conférence de presse pour donner des exemples de surfacturation des patients et pour demander la fin de la privatisation, le financement, la dotation en personnel complets des hôpitaux publics et la fin de la surfacturation des patients par les cliniques privées.

(Photos : OHC)

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Un rassemblement exige que le gouvernement Ford mette fin à ses attaques contre l'éducation publique et retire la police des écoles


L'organisation Policing-Free-Schools a tenu un rassemblement à Queen's Park, à Toronto, le 20 octobre, jour de l'ouverture de la session législative d'automne de l'Ontario, pour exiger que le gouvernement Ford retire le projet de loi 33, intitulé Loi de 2025 sur le soutien aux enfants, aux élèves et aux étudiants.

Des enseignants, des parents, des travailleurs de l'éducation et des étudiants de collèges et d'universités ont participé à cette action. Les organisateurs du rassemblement ont souligné que, bien que leur objectif principal concerne la présence policière dans les écoles, ils réclament le retrait complet du projet de loi 33 qui, dans son ensemble, constitue une attaque contre l'éducation publique. Le projet de loi apporte des modifications importantes à la Loi sur l'éducation et à d'autres lois, notamment en permettant au gouvernement d'exiger des écoles qu'elles acceptent la présence de policiers dans leurs locaux et en supprimant complètement les conseillers scolaires élus.

Les orateurs ont abordé différents aspects du projet de loi. Plusieurs ont évoqué les mesures prévues pour supprimer les postes de conseillers scolaires élus et placer les conseils scolaires sous le contrôle direct du ministère de l'Éducation. D'autres ont dénoncé le refus du gouvernement de répondre à ce qui lui a été répété à maintes reprises : le système d'enseignement public doit être défendu et renforcé par une augmentation des investissements publics afin de répondre aux besoins des élèves et des enseignants.

En ce qui concerne la création d'un environnement de travail sûr pour les travailleurs et d'un environnement d'apprentissage sûr pour les élèves, et en particulier en ce qui concerne la violence croissante dans les écoles, de nombreux intervenants ont souligné que la présence de policiers dans les écoles ne résoudra pas le problème. Là où des policiers ont été présents dans les écoles par le passé, notamment à Toronto, les étudiants, en particulier les étudiants noirs, autochtones et LGBTQ+, ont déclaré que la présence policière créait un sentiment d'insécurité.

Le président de la Fédération des enseignantes et enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, David Mastin, a abordé la question de la prise de contrôle des conseils scolaires par le gouvernement. Il a déclaré que lorsque les conseils scolaires composés d'administrateurs élus prennent des décisions concernant les écoles de leur communauté, ils le font en connaissance des besoins de leur communauté et sont responsables devant la communauté qui les a élus. Il a ajouté que le projet de loi 33 supprimerait cette autorité, imposant une directive « unique » émanant de Queen's Park. Il ignorerait l'expérience vécue par les élèves et les éducateurs qui ont déjà dit « non » à la présence de la police dans les écoles. En 2017, le Conseil scolaire du district de Toronto (TDSB) a mis fin à la présence policière dans les écoles et d'autres conseils scolaires ont fait de même.

M. Mastin affirme que « l'éducation publique ne sera pas améliorée en surveillant les élèves, en réduisant au silence les administrateurs et en privant les éducateurs de leur pouvoir. Ce dont nos élèves ont besoin, ce sont des classes moins nombreuses, davantage d'assistants pédagogiques, davantage de conseillers, davantage de soutien en matière de santé mentale pour répondre réellement à leurs besoins. Ils ont besoin de plus d'adultes attentionnés dans leurs écoles, qui les voient, les écoutent et les aident à s'épanouir, et non d'agents en uniforme qui leur rappellent qu'ils sont suspects.

« Le retour de la police ne rendra pas les écoles plus sûres. Elle fera en sorte que de nombreux étudiants se sentent moins en sécurité, moins bienvenus et moins aptes à apprendre. » Il a appelé à investir dans l'éducation, plutôt que de surveiller les élèves et de réduire les communautés au silence, afin que l'éducation publique inclusive, qui valorise chaque enfant et chaque éducateur, puisse prospérer.

Le président de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants en Ontario s'est adressé au rassemblement au nom des étudiants de l'enseignement supérieur, dont les droits sont également menacés par le projet de loi.


Vaste opposition au projet de loi 33

Ce rassemblement est l'une des nombreuses actions menées par les étudiants, les parents, les enseignants, les travailleurs de l'éducation et leurs syndicats pour réagir au projet de loi 33 depuis son dépôt à l'Assemblée législative de l'Ontario le 29 mai. Tout au long de l'été, les enseignants, les étudiants, les parents et les défenseurs de l'éducation publique ont organisé des conférences et des réunions dans toute la province pour discuter des conséquences du projet de loi 33. Ils ont également discuté de la mobilisation du soutien en faveur des solutions à la crise de l'éducation proposées par ceux qui ont une connaissance et une expérience directes du sujet.

Depuis de nombreuses années, les enseignants, les travailleurs de l'éducation, les parents et les élèves soulèvent la question de la violence croissante dans les écoles. Ils attribuent clairement la responsabilité de ce problème aux coupes budgétaires dans l'éducation effectuées par les gouvernements provinciaux successifs. Ils ont attiré l'attention sur l'augmentation de la violence dans les écoles, qui est directement liée aux coupes budgétaires, y compris des coupes dans les programmes destinés à aider et à conseiller les élèves et à prévenir la violence avant qu'elle ne se produise.

Le 4 octobre, Sharron Flynn, présidente du SCFP 1328 qui représente les travailleurs de l'éducation du Conseil scolaire catholique du district de Toronto, s'est adressée aux travailleurs de l'éducation à Queen's Park lors d'un rassemblement organisé pour faire pression sur le gouvernement Ford afin qu'il prenne des mesures pour remédier à la crise croissante de la violence dans les écoles. Elle a déclaré : « Nous devons être beaucoup plus proactifs au lieu d'être réactifs. Ils ont réduit massivement le financement des services préventifs. J'ai travaillé comme intervenante auprès des enfants et des jeunes, et nous avions l'habitude d'intervenir avant que les situations ne deviennent dangereuses. Cela n'existe plus. Les élèves sont laissés sans soutien, et nos membres doivent éteindre les incendies les uns après les autres. »

Les enseignants, les travailleurs de l'éducation et les parents exigent que le gouvernement provincial augmente le financement des écoles publiques pour les livres, les fournitures et l'équipement, mais surtout pour augmenter le nombre d'enseignants et de travailleurs de l'éducation nécessaires pour soutenir les élèves.

Que contient le projet de loi 33, Loi de 2025
sur le soutien aux enfants, aux élèves et aux étudiants
 ?

Après l'introduction du projet de loi 33 à la fin du mois de mai, la deuxième lecture a commencé le 5 juin, dernier jour de la session de printemps, et s'est poursuivie le 27 octobre avec le début de la session d'automne. S'il est adopté, il apporterait des modifications importantes à la Loi de 2017 sur les services à l'enfance, à la jeunesse et à la famille, à la Loi sur l'éducation, à la Loi sur le ministère de la Formation et des Collèges et Universités et à la Loi sur l'ombudsman.

Les modifications à la Loi sur l'éducation contenues dans le projet de loi donneraient au ministre de l'Éducation un plus grand contrôle sur les conseils scolaires. L'approbation ministérielle serait requise pour les noms des nouvelles écoles ou pour changer le nom d'une école existante. Le projet de loi mettrait en place des audits internes des conseils scolaires par le ministère et obligerait les conseils à collaborer avec les services de police sur la programmation scolaire, y compris le stationnement d'agents de police dans les écoles de certains districts.

La législation aurait également un impact sur les établissements d'enseignement supérieur, en leur imposant de se conformer aux règlements établis par le ministère de l'Éducation concernant les critères d'admission dans les collèges et les universités, retirant ainsi ce pouvoir aux administrations locales. Le projet de loi pourrait également limiter les frais accessoires que les étudiants paient pour couvrir les services de santé mentale et autres services destinés aux étudiants.

Le projet de loi fait avancer le programme antisocial du gouvernement Ford, qui consiste à sous-financer les écoles, à privatiser et à mettre en oeuvre l'objectif déclaré du ministre de l'Éducation, Paul Calandra, de mettre en place d'ici la fin de 2025 un plan visant à éliminer tous les conseillers scolaires élus. Cela consoliderait le contrôle du ministère sur tous les conseils scolaires de l'Ontario.

La province a déjà nommé des superviseurs pour prendre le contrôle de cinq conseils scolaires : le Conseil scolaire du district de Toronto, le Conseil scolaire catholique du district de Toronto, le Conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel, le Conseil scolaire du district de Thames Valley et le Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton. La province invoque une mauvaise gestion financière et des déficits croissants sans reconnaître que c'est le manque de financement adéquat de la part de la province qui est à l'origine des déficits des conseils scolaires.

La suppression des conseillers scolaires élimine une source essentielle d'opposition aux coupes budgétaires du gouvernement Ford, qui privent les élèves, les enseignants et les travailleurs de l'éducation des ressources dont ils ont besoin. Le projet de loi 33 pourrait priver les parents de leurs conseillers scolaires élus, leur lien avec le système éducatif.

(Photos : LML)

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L'imposition du bâillon contre les médecins
va revenir hanter le gouvernement du Québec

Honte au gouvernement lâche de François Legault

– Christine Dandenault –


Manifestation pour l'abrogation de la Loi 2, Québec, 1er novembre 2025

Le 25 octobre, l'Assemblée nationale du Québec a adopté au bâillon le projet de loi 2, Loi visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services. Il contient 113 pages et comporte 214 articles.

Il est très clair que cela fait longtemps que le gouvernement prépare ce coup contre les médecins du Québec dans le cadre de la restructuration de l'État. Ses déclarations qu'« il était le temps d'agir », que « les négociations n'aboutissaient pas » et que les médecins « ne sont pas raisonnables », alors que tout le projet de loi leur reproche leur « manque de performance », sont de l'hypocrisie libérale crasse et ont tout à voir avec son ordre du jour antisocial.

La loi spéciale lie 15 % de la rémunération des médecins à l'atteinte d'objectifs de performance fixés par le gouvernement. Cela signifie par exemple que les omnipraticiens devront fournir 17,5 millions de rendez-vous chaque année. Les spécialistes, eux, devront réaliser au moins 97 % des chirurgies dans un délai d'au plus 12 mois. Elle prévoit aussi des pénalités pour les médecins qui voudraient quitter le réseau québécois de la santé pour aller pratiquer dans d'autres provinces. Elle force les groupes de médecins de famille ou leurs équivalents à prendre en charge tous les Québécois admissibles par l'intermédiaire de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

Pour « éviter l'exode des médecins », la loi criminalise les médecins et groupes de médecins qui effectueraient des actions concertées affectant négativement l'accès aux services ou qui « entraveraient le parcours de formation » des intervenants du domaine de la santé avec des amendes pouvant atteindre 20 000 $ par jour pour les médecins et 500 000 $ par jour pour les groupes de médecins.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec dénonce fermement le gouvernement du Québec pour son intention de mater les médecins avec sa loi spéciale, une loi omnibus qui leur impose des conditions de travail et de rémunération en les menaçant de les empêcher de sortir du réseau public, alors qu'il procède depuis des années à la privatisation du système de santé au service d'intérêts privés. C'est une attaque non seulement contre les médecins, leur profession et leur dignité, mais également contre le peuple du Québec. La négation des réclamations que sont en droit de faire les travailleurs de la santé – infirmières, préposés aux bénéficiaires, inhalothérapeutes, physiothérapeutes, chirurgiens, médecins généralistes et les médecins spécialisés – ne résoudra pas la crise du système de santé. Et rendre les médecins « collectivement responsables » du manque de médecins, des listes d'attente pour les opérations, du retard dans la formation de la jeune génération, du débordement des urgences, des listes de personnes sans médecin est un geste de lâcheté.

Cela fait des années que les travailleurs de la santé et leurs organisations ont ciblé les difficultés et mis de l'avant des solutions pour les résoudre, à l'avantage des soins à la population et de leurs conditions de travail. Des lettres ouvertes de médecin, de chefs de département, de collectif de médecins, ou des prises de position de département entier, de Montréal et des quatre coins du Québec, sont menés pour dénoncer sur la place publique la destruction du système de santé, le manque de soutien, d'équipements adéquats, de personnel, etc.

La demande des médecins, des autres intervenants en santé et du peuple demeure des investissements massifs en santé pour être à même d'assumer leur responsabilité sociale et de soigner leurs patients. Ces investissements doivent être décidés par ceux qui travaillent dans le milieu et gérés par leurs collectifs qui leur sont imputables.

Les relations entre les individus, les collectifs et la société ne se gèrent pas et ne se règlent pas par des lois spéciales, des décrets et des bâillons. Le faire démontre l'échec de ce type de gouvernance à résoudre quoique ce soit en faveur des êtres humains, des collectifs et de la société tout entière. Il est possible d'harmoniser ces relations et c'est définitivement la classe ouvrière et le peuple qui a la volonté et l'intérêt de le faire.



Des manifestations exigeant l'abrogation de la Loi 2 ont eu lieu le 1er novembre 2025 en Estrie, en Mauricie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord, ainsi qu'à Montréal (rangées du haut et du centre) et à Québec (rangée du bas).
(Photos: FMOQ, FMSQ, Lanaudriere, spotted.soignerauquebec)

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Rendre les médecins «collectivement
responsables» ne palliera pas le manque de financement des services de santé publics

– Georges Côté –


Des centaines de citoyens et médecins sont descendus dans la rue, devant la Maison de Radio-Canada, à Montréal, à l'occasion d'une manifestation citoyenne portée par le regroupement Uni-es pour la Santé.

Le projet de loi 2, Loi visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services, adopté sous bâillon le 25 octobre, rétablit toutes les mesures contenues dans le projet de loi 106 du même nom. Le projet de loi 106 avait été abandonné à la fin de la dernière session de l'Assemblée nationale en raison de la grande opposition des professionnels de la santé et dans la population.

En plus des mesures qui sont rétablies, le projet de loi 2 prévoit des sanctions extrêmement sévères pour les médecins et leurs fédérations qui enfreignent les dispositions de la loi ou qui s'engagent dans une action concertée pour empêcher la mise en oeuvre de la réforme. Il s'agit de mesures visant à empêcher les médecins de s'exprimer et de s'organiser pour défendre leurs droits et ceux de leurs patients. Les sanctions comprennent des amendes allant de 4000 à 20 000 dollars par jour pour un médecin et de 100 000 à 500 000 dollars par jour pour un collectif de médecins. Le projet de loi interdit également toute action collective de la part des étudiants en médecine et de leurs associations. Des sanctions disciplinaires telles que la réduction du nombre d'années de pratique reconnues ou la suspension des cotisations syndicales sont également prévues, en plus de la possibilité de mesures disciplinaires par le Collège des médecins du Québec.

Le projet de loi soumet 15 % de la rémunération des médecins à l'atteinte d'objectifs « de productivité » qui restent à définir et qui seront fixés par le ministre de la Santé, et non par les médecins. L'un des objectifs déclarés est de réduire les délais d'attente pour les rendez-vous. Ainsi, si l'objectif fixé par le gouvernement pour une région donnée n'est pas atteint, un médecin de famille exerçant dans ladite région ne sera rémunéré que pour six consultations sur sept.

Le projet de loi 2 est une autre pièce de la réforme antisociale du système de santé québécois par le gouvernement de François Legault qui vise à accroître les pouvoirs de police du ministre et à placer des intérêts privés au centre des prises de décision. Il prétend vouloir remédier à la situation où plus d'un Québécois sur quatre n'est pas suivi par un médecin de famille en forçant les omnipraticiens et spécialistes à assumer toute la responsabilité de cet élément de la crise multifacette du système de santé. Il veut le faire en instituant la « responsabilité collective » et l'« imputabilité » des médecins, les forçant à assumer la responsabilité de nombreux facteurs qui sont hors de leur contrôle. En gros, il fait pression sur les médecins pour qu'ils voient le plus de patients possible, mais sans les conditions nécessaires. Arguments à l'appui, les travailleurs et les professionnels de la santé dénoncent la catastrophe annoncée par ce projet de loi.

Avec le projet de loi 2, le gouvernement Legault prétend qu'il reliera chaque personne au Québec à un lieu de pratique d'ici janvier 2027. Le ministre aura le pouvoir de « fixer par règlement les modes de rémunération des professionnels de la santé » et « les modalités de prise en charge d'une personne assurée et les obligations qu'elle emporte ». C'est lui qui décidera des « quotas » de prise en charge des personnes plus vulnérables, qui requièrent plus d'attention, et de celles qui requiert moins de soins.

La rémunération des médecins se fera dorénavant par capitation plutôt qu'à l'acte, c'est-à-dire que la rémunération sera en fonction du nombre de patients attribués à chaque médecin ou groupe de médecins. Il y aura aussi un « supplément collectif » pour « favoriser l'atteinte d'objectifs » (c'est-à-dire la quantité de patients vus). Les cibles seront nationales, territoriales ou locales et « leur atteinte appartient aux collectivités médicales nationales, territoriales ou locales que composent ces médecins ». Ce sera aux médecins appartenant à une entité médicale donnée de décider comment se répartir entre eux le soi-disant supplément collectif.

La fraude qui se cache derrière ces mesures est qu'elles masquent les conséquences d'années de négligence, de sous-financement et de privatisation du système de santé en faisant des médecins les boucs émissaires. Pendant ce temps, le gouvernement refuse de s'attaquer au manque de personnel infirmier, de soutien administratif, de soutien paramédical, d'infrastructures, de salles d'opération dotées du personnel nécessaire et de cliniques communautaires – qui ont tous un besoin urgent de réparation, mais qui joueraient normalement un rôle important dans la réduction des temps d'attente, l'amélioration des conditions de la pratique médicale et la fourniture des soins de santé auxquels les Québécois ont droit.


Rassemblement à Montréal le 26 octobre 2025 pour dénoncer l'attaque du gouvernement Legault contre les médecins
(Photos: Lanaudrière)

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Le but, c'est de donner des soins de qualité, ce n'est pas de voir le plus de patients possible

– Entrevue avec une médecin en milieu hospitalier en région –


Manifestation contre la Loi 2 le 26 octobre 2025

LML : Que penses-tu du projet de loi sur la rémunération et l'encadrement des médecins ?

Médecin : Je considère que le projet de loi 106 [maintenant Loi 2] est d'une tristesse infinie. C'est assez déprimant en ce moment dans la profession médicale. Je suis tout à fait contre toutes les espèces de mesures de pression qui ont été mises sur les médecins récemment. Mais dans les dernières années, on dirait que c'est tout ce que le gouvernement est capable de faire, comme si les médecins portaient à eux seuls le fardeau du système de santé qui s'écroule en ce moment.

En dépit de mes quelques petites années d'expérience comme résidente, comme externe et comme médecin, j'ai vu le système de santé dégringolé. Il y a des choses qui marchaient et qui ne marchent plus maintenant. Il faut une réforme profonde de notre système de santé, mais ce n'est absolument pas de cette façon-là, comme le fait le gouvernement, qu'on va y arriver. Les mesures répétées contre les médecins qui ont été émises ou qu'on a tenté d'émettre au cours des dernières années ont tout simplement l'effet contraire sur le système de santé, car elles découragent les médecins. Elles leur donnent encore plus de travail alors qu'ils sont déjà débordés, en burn-out, avec un taux de suicide qui augmente par rapport à la population générale.

Je trouve que c'est une absurdité en fait comme solution. Mon opinion générale est que ça ne marchera pas et que c'est dégradant pour la profession, c'est un coût de marketing politique qui ne fonctionnera sûrement même pas parce que je pense qu'il y a énormément de gens dans la population en général qui ne sont pas du tout d'accord avec le gouvernement.

La médecine se complexifie avec le temps et le bon soin des patients a l'air de ne jamais être pris en compte dans tout ça. Le but, c'est de donner des soins de qualité, ce n'est pas de voir le plus de patients possible, ou que le plus de gens possible ait un médecin de famille qui les voient 5 minutes et c'est fini, on peut déclarer qu'ils ont un médecin de famille.

Dans les écoles de médecine, on vous apprend à faire probablement deux fois plus de choses que ce qu'on faisait il y a 20 ans avec les patients pour être sécuritaire, puis pour permettre aux gens d'être en santé puis de vivre plus longtemps. Voir un patient 10 minutes, cela n'a pas de sens. Imaginez, un médecin t'a donné un rendez-vous parce qu'il voulait parler de ton cholestérol, mais la patiente est plutôt préoccupée par la perte de cheveux par exemple. Mais après 5 minutes, ton médecin te dit : « Ben non, pour tes cheveux il faudra prendre un rendez-vous », que le patient aura dans trois mois, parce que chaque sujet est un rendez-vous à la fois. C'est vraiment ça l'espèce de mentalité qu'on nous enfonce dans la gorge, d'avoir plus de patients, de travailler plus.

Le fait est que les médecins travaillent bien plus que 40 heures semaine en moyenne, je ne connais pas un médecin qui travaille moins de 40 heures par semaine. C'est plutôt du 50 à 60 heures déjà avec des fins de semaine, des soirées pendant les fêtes, jamais de vacances payées, etc. Pour la retraite, c'est le médecin qui doit mettre de côté son fonds de retraite. Mais en résumé, on ne peut pas se permettre de travailler plus, donc ça veut dire qu'il faut couper dans le temps qu'on voit par patient. C'est cela qui ne fonctionne pas et ça ne peut pas fonctionner. Ce qu'il faut, c'est plus de médecins, c'est ça la solution. Puis il faut les attirer dans la profession, parce que maintenant les médecins depuis cinq ans boudent la médecine familiale à cause de ces conditions.

C'est déprimant que dans les médias, on ne fasse que blâmer les médecins pour leur gros salaire, qui est en fait une autre fausseté. Premièrement, les médecins sont payés à l'acte, ce qui ne devrait pas avoir lieu. Ils devraient être payé à l'heure, comme tout le monde. Sinon, c'est un peu les forcer à voir plus des gens pour avoir une paie. Quand tu entres travailler pour les laboratoires, la paperasse, faire tes notes, qui représente presque 50 % du travail d'un médecin, ce n'est pas payé. C'est un incitatif malheureux pour forcer les médecins à avoir plus de patients et à en faire moins avec chaque patient. Cela n'a pas de bon sens.

Mon but n'est pas de me plaindre, mais les difficultés sont réelles. On paie 53 % d'impôts, tu dois mettre de l'argent de côté par année pour ta retraite, payer tes prêts étudiants, payer les licences qui sont très coûteuses. Je n'accepte pas qu'on se fie sur des chiffres gonflés qu'on voit tout le temps et qu'on raconte que les médecins roulent sur l'or alors que ce n'est même pas le cas. Je parle ici des médecins de famille qui ont une pratique en bureau presque exclusive là et qui veulent bien faire leur travail. Je trouve qu'il y a beaucoup de mésinformation, beaucoup de dénigrement de la profession dans les médias pour ne solutionner absolument rien au bout du compte. Plusieurs d'entre nous parlent de se réorienter, de quitter le métier, d'aller au privé, d'aller dans d'autres provinces parce qu'ils sont tannés et parce qu'ils ne sont plus capables de ces conditions.

Alors, pour que ce soit clair, le projet de loi 106 du gouvernement n'a pas pour but d'avoir un système de santé à la hauteur de ce qui est nécessaire. Il faut qu'il le retire.

(Photos: Lanaudriere)

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Les paramédics défendent la dignité de leur travail et les soins d'urgence pour le peuple

– Marie Thibault –


Les paramédics du Québec manifestent devant l'Assemblée nationale du Québec, 1er octobre 2025.

Le 1er octobre, des paramédics ont tenu une manifestation devant l'Assemblée nationale pour dénoncer le gouvernement Legault qui refuse de reconnaître leur justes demandes pour assurer le bien-être et la sécurité des Québécois.

Les paramédics dénoncent leurs conditions de travail difficiles, notamment le nombre d'heures supplémentaires, des horaires de faction (disponibilité : 24 heures par jour, 7 jours par semaine; travail jusqu'à une durée de168 heures consécutivement), une offre salariale qu'ils jugent insuffisante, et des régimes de retraite qui ne tiennent pas compte du travail pénible qui met à dure épreuve leur santé physique et mentale tous les jours. Ils refusent lesdites « offres » du gouvernement qui ne le sont pas, car elles révèlent son refus de reconnaître leur travail.

Les ambulanciers paramédicaux du Québec sont en grève depuis juillet et travaillent sans convention collective depuis le 1er avril 2024, voire depuis 2023 dans certains cas. Les ambulanciers paramédicaux continuent de fournir des services essentiels, notamment le transfert de patients dans un état critique, les soins intensifs, les soins obstétriques et la réponse aux appels au 911, mais ils ne remplissent pas les documents administratifs. Depuis le déclenchement de leur grève en juillet dernier, de nombreuses rencontres ont eu lieu entre les parties, mais le gouvernement exige des concessions inacceptables de la part des paramédics. « D'un côté de la bouche, le gouvernement de la CAQ nous dit qu'il trouve qu'il y a trop de grèves au Québec, souligne le premier vice-président de la CSN, François Enault. Mais de l'autre côté, en négociation, il se traîne les pieds. Il refuse de mettre des propositions sérieuses sur la table tant qu'il ne sent pas dans son cou le souffle de la mobilisation. De notre côté, nous entendons déployer tous les moyens qu'il faudra afin que les paramédics du Québec obtiennent des conditions de travail qui reflètent la pleine valeur de leur contribution à notre société ».

En ce qui a trait à la rémunération, les demandes défendues en ce moment par le gouvernement entraîneraient une diminution du revenu des paramédics, 4 $ l'heure pour certains d'entre eux. C'est honteux, méprisant et inacceptable.

Le représentant du secteur préhospitalier à la la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jean Gagnon a dit : « C'est déplorable parce que pendant tout ce temps perdu, les milliers de paramédics sur le terrain continuent de se donner corps et âme, chaque jour, pour prendre soin de la population et sauver des vies, sans aucune reconnaissance des autorités. » Pendant la grève, les ambulanciers continuent d'assurer les services d'urgence au public.

La grève des paramédics se mène dans les régions de l'Abitibi–Témiscamingue, du Montréal métropolitain, des Laurentides, de Lanaudière, de la Montérégie, de l'Estrie, de la Mauricie, de la grande région de Québec (incluant Charlevoix), du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et du Bas–Saint-Laurent, soit presque partout.

Céder aux pressions du gouvernement ne fera qu'aggraver les conditions de travail et de vie des ambulanciers paramédicaux et la qualité des services gravement hypothéqués. Leurs immenses responsabilités nécessitent les meilleures conditions pour agir, intervenir et sauver des vies, rien de moins, qu'ils soient à Montréal, en région et partout au Québec, ce qu'eux-mêmes et le peuple exigent de plein droit.


Action des paramédics, le 3 octobre 2025, devant les bureaux du Conseil du Trésor à Québec

(Photos : Conseil des paramédics du Québec, CSN-CC)

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Opposition à la privatisation et aux lois antiouvrières

Les travailleurs de l'entretien du transport en commun de Montréal défendent la dignité du travail!


Rassemblement des travailleurs d'entretien de la STM en grève, le 3 octobre 2025

Le 21 octobre, le Syndicat du transport de Montréal–CSN, représentant les 2400 employés d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM), annonçait avoir déposé un avis de grève de 28 jours, débutant le 1er novembre.

Bruno Jeannotte, président du Syndicat du transport de Montréal–CSN, a dit le 29 octobre : « À quelques jours du déclenchement d'une des plus longues grèves de l'histoire de la STM, nous mettons toutes nos énergies à obtenir une entente satisfaisante. Si la STM maintient la ligne dure, conserve sa rigidité et continue de s'asseoir sur ses mains, elle sera la seule responsable de cette grève qui pourrait être évitée. Le tribunal administratif du travail vient de rendre la décision que l'entente sur les services essentiels que nous avons convenue avec la STM est suffisante et respecte la loi. Cette grève, d'une durée de 28 jours avec un maintien de services dans les heures de pointe, aurait un impact majeur, nous en sommes conscients. Mais après plus de 115 rencontres de négociation et face à un employeur qui ne démontre aucune intention de régler le conflit de travail, nous devons continuer d'augmenter la pression. »

Rappelons que du 22 septembre au 5 octobre dernier, ces travailleurs étaient en grève dans le cadre du renouvellement de leur convention collective échue depuis le 4 janvier 2025. Ils ont tenu une première grève en juin 2025.


Manifestation des travailleurs des transports en commun de Montréal en grève, le 3 octobre 2025

Les travailleurs de la STM demandent de meilleures conditions de travail et de salaires dont le rattrapage à l'inflation, la fin des horaires atypiques et difficiles, une meilleure gestion des déplacements des employés entre les installations. Ils s'opposent au recours accru à la sous-traitance, soit à la privatisation de ce service public. Lors de la manifestation du 3 octobre, Bruno Jeannotte a expliqué : « On ne veut pas se retrouver comme en santé à reculer à des endroits où on a avancé la privatisation alors qu'on n'a pas sauvé de coût et qu'on a ralenti le système. C'est un peu la même chose de notre côté, avec des résultats comme la commission d'enquête Charbonneau qui a dit d'utiliser les systèmes à l'interne au lieu d'utiliser les systèmes à l'externe. On a toutes les capacités pour être performant à la STM. »

Lors de cette manifestation à laquelle se sont joints les travailleurs des Postes en grève et de d'autres secteurs, le président a aussi dénoncé la STM qui a mis fin à la médiation et demandé un mandataire spécial dans la négociation en cours. « Un mandataire spécial ne joue pas le même rôle qu'un médiateur. Le mandataire peut recommander au ministre des Affaires municipales l'imposition d'une convention collective. Nous voulons une convention collective négociée. C'est ça notre droit. Nous voulons un médiateur qui puisse nous aider à obtenir une convention collective négociée. »

Le ministre du Travail, Jean Boulet, est intervenu tout au long de ces deux semaines de grève pour pleurer sur les impacts sociaux et « personnels » de la grève sur les usagers, les familles, les étudiants, etc. Selon lui, la paralysie du transport en commun perturbe « bien des vies » et affirmer qu'on ne peut pas « prendre la population en otage », un chantage bien connu des gouvernements utilisé à chaque grève pour blâmer les travailleurs, les tenir responsables de tous les maux.

La direction de la STM et les médias, ont répété les lamentations du ministre, se dégageant de toute responsabilités. La STM accuse les travailleurs de ne pas respecter son cadre budgétaire, étant considérés comme une colonne de chiffres qui débalance son budget, alors que sa haute direction s'est vu octroyer d'importantes augmentations salariales, comme le rapportait récemment la vérificatrice générale. Selon leur narratif, ceux et celles qui réclament des conditions décentes, sécuritaires, la fin des horaires divisés, du temps pour leur famille et la reconnaissance de leurs droits sont les coupables. Honte aux autorités.

Il y a une grande hypocrisie de la part du gouvernement Legault quant à ses préoccupations « pour les besoins de la population » en lien avec la Loi 89, Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lockout, adoptée au bâillon le 29 mai et effective à partir du 30 novembre, en dépit de la vaste opposition des travailleurs qui ont exigé son retrait. Le ministre Boulet a déjà fait entendre qu'il pourrait s'en servir bien avant pour sévir contre les syndicats.

Cette loi donne le pouvoir absolu au ministre du Travail, Jean Boulet, d'intervenir directement dans les conflits de travail, tant au public que dans le secteur privé, au nom de maintenir les services si « la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population » est menacée.

Ajoutant l'insulte à l'injure, le 23 octobre, en pleine négociation, la direction de la STM a annoncé qu'elle éliminera 300 postes et qu'elle prévoit réduire ses dépenses de 56,5 millions de dollars. Ces travailleurs constituent un atout qui nécessite des investissements, et non une dépense.

Les employés d'entretien de la STM sont des mécaniciens et des employés des services d'entretien des autobus, métros, stations, voies et tunnels, principalement. Ce sont eux qui nettoient, entretiennent et inspectent tout le réseau, qui réparent et entretiennent les rames de métro, veillent à l'entretien mécanique régulier des autobus et au respect des normes de sécurité. Ils ont droit à des salaires et à des conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font et ils ont le droit de négocier les salaires et conditions qu'ils jugent mériter. Ce faisant, ils défendent également les conditions de transport de la population de Montréal à l'heure où le gouvernement Legault les soumet aux caprices de la privatisation.

Non à la sous-traitance et à la privatisation du service de transport public !

La Loi 89 doit être abrogée !

(Photos: FEESP-CSN)

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Des milliers de personnes se joignent à la lutte des employés du gouvernement de la Colombie-Britannique pour les droits et les services publics


Rassemblement « Financez les premières lignes », 6 octobre 2025

Après huit semaines de grève avec la participation de plus de 20 000 des 34 000 membres du Syndicat général des employés de la Colombie-Britannique (BCGEU) et des centaines de membres de l'Association des employés professionnels (PEA), tous employés par le gouvernement provincial, les négociateurs du BCGEU sont parvenus à une entente de principe avec le gouvernement le 26 octobre. Les membres du syndicat voteront sur cette entente entre le 6 et le 13 novembre, après l'avoir examinée et discutée. Le syndicat a publié un communiqué le 26 octobre pour annoncer l'entente et les travailleurs ont repris le travail le 27 octobre. La PEA a mis fin à sa grève en même temps, après s'être vu offrir la même augmentation salariale que celle négociée par le BCGEU, et reprendra les négociations avec le gouvernement sur d'autres questions en suspens.

Selon le syndicat, l'entente prévoit un contrat de quatre ans comprenant une augmentation générale des salaires de 3 % par année, ainsi que des augmentations ciblées pour les travailleurs les moins bien rémunérés et des améliorations des conditions de travail.

Les employés du gouvernement membres du BCGEU ont été le premier grand groupe du secteur public à conclure une entente cette année, tandis que les travailleurs de la santé et de l'éducation sont en négociation ou s'y préparent. Des milliers de travailleurs d'autres syndicats du secteur public se sont joints aux lignes de piquetage et aux rassemblements du BCGEU et de la PEA tout au long de la grève, exprimant leur unité et leur détermination à défendre leurs droits et les services publics essentiels à la population de la Colombie-Britannique.

Le 6 octobre, lors de l'ouverture de la session de l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique, près de 10 000 travailleurs ont défilé dans le centre-ville de Victoria jusqu'à l'Assemblée. Près de 5 000 personnes se sont rassemblées le matin à Centennial Square avant de marcher vers l'Assemblée, rejointes en route par des travailleurs de trois sites en grève. Ce même jour, la grève du BCGEU s'est étendue à 106 nouveaux lieux de travail à travers la province, portant à 309 le nombre total de sites en grève, et à près de 22 000 le nombre total de grévistes parmi les 34 000 employés gouvernementaux représentés par le syndicat.

Au fil de la grève, le nombre de membres du BCGEU et de la PEA qui ont débrayé pour piqueter devant leur endroit de travail n'a cessé d'augmenter. Des syndicats et des travailleurs de tout le secteur public – y compris les postiers, les enseignants, les infirmières, les professeurs d'université et de collège et les travailleurs maritimes – ainsi que des membres de syndicats du secteur privé tels qu'Unifor, MoveUp et l'Alliance internationale des employés de scène (IATSE), y ont également pris part. Certains membres de l'Assemblée législative provinciale, conseillers municipaux de Victoria et dirigeants de la Fédération du travail de la Colombie-Britannique ont aussi exprimé leur solidarité.

Marche « Financez les premières lignes » à Vancouver, 1er octobre 2025


Vancouver, le 1 octobre 2025

Le 1er octobre, plus de 2 000 travailleurs, dirigés par des membres en grève du BCGEU et de la PEA, ont participé à une marche « Financez les premières lignes » depuis la Galerie d'art de Vancouver jusqu'à Jack Poole Plaza. Au début de la marche, Paul Finch, président du BCGEU, a expliqué l'objectif de l'action : « Nous voulons envoyer un message clair au gouvernement : il doit revenir à la table de négociation avec une offre juste et raisonnable. » Les grévistes du gouvernement étaient rejoints par des contingents dynamiques de postiers, d'enseignants, de travailleurs de la santé et d'autres secteurs.

En annonçant la fin de la grève, le syndicat a déclaré : « Cet accord a été remporté grâce à la solidarité – celle des membres qui sont restés fermes sur des centaines de lignes de piquetage et des alliés du mouvement syndical qui se sont tenus à leurs côtés. Il reflète la détermination, l'unité et la force de nos membres et de tous les travailleurs de la Colombie-Britannique. » La directrice générale de la PEA, Melissa Moroz, a ajouté dans un communiqué du 26 octobre que les travailleurs du BCGEU et de la PE avaient, « en se tenant ensemble pour défendre la valeur de leur travail et des services qu'ils offrent aux Britanno-Colombiens, renforcé la voix collective des professionnels du service public dans toute la province », et a conclu : « Nous sommes profondément reconnaissants envers les syndicats et les alliés qui nous ont rejoints sur les lignes de piquetage et ont manifesté leur solidarité avec nos membres. »

(Photos: BCGEU)

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Faisons du Canada une zone de paix

Des militants antiguerre protestent contre l'opération Steadfast Response à Toronto



Le 25 octobre, un militant piquet d'information a eu lieu sur le pont emblématique de Cherry Street, sur la façade portuaire de Toronto, pour dénoncer l'exercice militaire des Forces armées canadiennes (FAC), l'opération Steadfast Response. Avec la participation de membres de Pax Christi, du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), de Voice of Women for Peace et d'autres amis du mouvement antiguerre, la manifestation visait à dénoncer cet « exercice d'entraînement amphibie » de deux jours, que les FAC prétendent destiné à intervenir « lors d'événements à victimes multiples en cas d'urgence nationale ». Malgré le fait que les médias locaux et l'Association de revitalisation du centre-ville aient largement présenté ce spectacle comme un événement familial destiné à encourager l'armée, pratiquement aucun autre membre du public n'y a participé.

Brandissant drapeaux, bannières et pancartes, scandant Non à la militarisation de Toronto, Pas un seul jeune pour la guerre impérialiste, Que le Canada sorte de l'OTAN et Faisons du Canada une zone de paix, les manifestants ont attiré l'attention des passants, dont plusieurs ont exprimé leur soutien et pris le communiqué du Centre ouvrier du PCC(ML), intitulé Non aux spectacles militaires à Toronto ! Le communiqué a également été distribué dans le centre-ville immédiatement après l'action ainsi que le lendemain.

Depuis le pont, des militants antiguerre ont interpellé les soldats dans les bateaux-pontons, les exhortant à ne pas sacrifier leur vie précieuse pour des gens comme le premier ministre Mark Carney et ses collègues bellicistes et à refuser de combattre dans les guerres injustes menées pour l'OTAN ou les impérialistes étasuniens.

L'action de deux heures s'est conclue par de courtes allocutions. Au nom de Pax Christi, Greg Gillis a souligné que cette importante action exprimait le désir du peuple pour la paix et son opposition au bellicisme du gouvernement de Mark Carney. Il a dénoncé ce dernier pour ses tentatives de recruter la jeunesse dans l'armée et d'investir des fonds dans le militaire au détriment des programmes sociaux et de la protection de l'environnement.

L'enseignant et chercheur antiguerre Jozef Konaryi a dénoncé les gouvernements canadiens pour leurs tentatives insidieuses et constantes de normaliser la guerre et le militarisme au Canada et de justifier la participation du pays aux guerres menées par les impérialistes étasuniens – des guerres qui détruisent d'autres nations, causent d'immenses souffrances humaines et alimentent la crise mondiale des réfugiés, tout en détournant des ressources précieuses nécessaires pour résoudre la crise du logement et d'autres problèmes qui s'aggravent de jour en jour au Canada.

Au nom du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), Philip Fernandez a déclaré que l'opération Steadfast Response constituait une insulte aux résidents de Toronto, qui ont une fière tradition d'opposition aux guerres menées par les États-Unis et l'OTAN – depuis la guerre de Corée jusqu'à aujourd'hui –, et qui manifestent aujourd'hui par dizaines de milliers pour exiger la fin du génocide étasuno-sioniste contre le peuple palestinien. Il a souligné que la défense civile en cas d'urgence doit être assurée par des travailleurs qualifiés et concernés, et non par l'armée, et que c'était le facteur décisif pour faire face aux urgences nationales. Il a affirmé que face à la volonté du gouvernement de Mark Carney de militariser l'économie et de préparer la guerre, le travail en faveur d'un gouvernement antiguerre devient plus urgent que jamais. Il a appelé tout le monde à s'unir et à oeuvrer pour faire du Canada une zone de paix.


(Photos : LML)

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