Numéro 10

Octobre 2025

Les programmes désastreux de destruction
de l'édifice national du gouvernement Carney

Comment les discours gratuits sur les valeurs et l'identité sont devenus la raison d'État du Canada

– Pauline Easton –

Le gouvernement renforce l'intégration économique et militaire avec les États-Unis par des accords de coulisses

– Nick Lin –

Les prétentions d'« édification nationale » derrière les dépenses militaires de Carney

– Georges Côté –

Préparation du gouvernement fédéral au lancement de la stratégie industrielle de défense

– Philip Fernandez –

Tentatives inacceptables de convaincre les travailleurs canadiens que la production de guerre crée de « bons emplois »

– Barbara Biley –

Le Canada participe au plus grand salon de l'armement jamais organisé en Grande-Bretagne

La propagande belliciste à son plus bas

– Jeunes pour le renouveau démocratique –

Réponse des travailleurs de l'automobile aux mesures de protection des emplois canadiens par le gouvernement Carney

– Rob Woodhouse –

Le charabia sur la construction de logements,
c'est jouer avec la vie des gens

– Colleen Pearse –

Examen du « fardeau administratif » à des fins intéressées et compressions dans les ministères fédéraux

– Jane Steeple –

Cela ne tourne pas rond au Conseil consultatif autochtone du Bureau des grands projets

– Marie Thibault –

Les voyages à l'étranger de Mark Carney

Vendre le Canada comme un « partenaire fiable » pour les monopoles et les machines de guerre des États-Unis et d'Europe

– Hilary LeBlanc –

Voyages de fin août

Visite en Pologne

Rencontres en Allemagne

Renforcement de la présence canadienne au sein de l'OTAN en Lettonie

Autres liens peu recommandables avec l'Ukraine

– Steve Rutchinski –

Un néonazi accueilli en héros au Canada est assassiné en Ukraine

– N. Ribar –

Voyages en septembre aux États-Unis et au Royaume-Uni

Discours au Conseil des relations extérieures

– Yi Nicholls –

Réunion sur l'Ukraine coprésidée par Carney et Zelensky

Le voyage de Carney au Royaume-Uni



Les programmes désastreux de destruction
de l'édifice national du gouvernement Carney

Comment les discours gratuits sur les valeurs et l'identité sont devenus la raison d'État du Canada

– Pauline Easton –


Manifestation « Fixons les limites », Ottawa, 20 septembre 2025, dans le cadre de la journée d'action nationale contre l'ordre du jour antisocial et pro-guerre du gouvernement Carney

Les mesures prises par le gouvernement Carney depuis son arrivée au pouvoir après les dernières élections confirment l'adhésion de ce gouvernement aux méthodes que Mark Carney et plusieurs de ses ministres et hommes de confiance ont apprises chez Goldman Sachs. Avoir travaillé pour Goldman Sachs semble être à la mode en ce moment.

Pour comprendre comment Mark Carney règne non seulement sur son cabinet, mais aussi sur le caucus libéral, la Chambre des communes et le Canada dans son ensemble, il suffit de voir l'approche « One Goldman Sachs » : « Tirer parti de son capital intellectuel collectif et de ses talents diversifiés pour servir ses clients. Les principes clés consistent à donner la priorité aux intérêts des clients avant tout, à respecter les normes éthiques les plus élevées [conformément à ses valeurs coloniales britanniques, bien sûr – ndlr], à rechercher des résultats supérieurs, à favoriser une culture de travail d'équipe et de croissance professionnelle, et à cultiver une main-d'oeuvre diversifiée. »

Tout ce qui précède est, selon Mark Carney, représentatif des intérêts du corps politique et la raison d'État du Canada. Il procède à la restructuration de l'État à vitesse grand V, au service des intérêts de ce qu'il appelle « les intervenants », qui correspondent aux siens.

Il vide les intérêts nombreux et variés qui existent dans la société de leur sens et les traduits en valeurs qu'il identifie à ce qu'il considère être l'intérêt national en ce moment. Le peuple se fait dire que l'intérêt national des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada ou de l'Union européenne est l'intérêt des peuples du monde qui réclament la paix, la démocratie et les droits. L'idée est qu'il ne doit y avoir aucune contestation de l'orientation de cette raison d'État et de son intérêt national. C'est ainsi que le discours sur les valeurs et l'identité devient un discours sur la raison d'État.

La conception de la démocratie de Mark Carney est celle d'individus passifs qui n'ont pas de réclamation à faire à la société. Les individus et les collectifs sont effacés pour faire place à des « intervenants ». Les intérêts censés servir ces « intervenants » sont validés et regroupés pour soutenir la légitimité du raisonnement de Carney sur l'État, au nom de ce qu'on appelle la démocratie capitaliste.

Cela souligne l'important défi auquel sont actuellement confrontés la classe ouvrière et le peuple de ce pays. Entre autres, il est important de discuter de la manière dont la définition de l'intérêt national donnée par le premier ministre est utilisée pour damer le pion à l'intérêt public. Il existe un processus sur la base duquel, par un tour de passe-passe, le discours sur les valeurs et l'identité devient un discours sur la raison d'État. Les discours sur les valeurs et l'identité sont utilisés pour établir une définition de l'intérêt national qui est antinational. Pour comprendre les actions du gouvernement Carney, il suffit d'examiner cette définition de l'intérêt national qui rejette les réclamations que la classe ouvrière et le peuple sont en droit de faire à la société. En créant toutes sortes de groupes consultatifs composés d'« intervenants », ce gouvernement nie le droit de conscience et le droit de parole du peuple, ce qui revient à nier l'existence même du droit à l'autodétermination.

La mentalité néolibérale du banquier Carney est figée dans la thèse de l'alliance exposée par Thomas Hobbes au XVIIe siècle, qui définissait le pouvoir suprême au-dessus de la primauté du droit. Elle est figée dans la philosophie du XVIIIe siècle exposée par les philosophes français, qui a établi le rapport entre les individus et l'État dans la France prérévolutionnaire en faveur de la raison d'État et de l'État de droit « civilisé » en opposition au « bon sauvage ». Elle est également prisonnière des dogmes énoncés par le Vatican et divers papes au cours des 80 dernières années pour maintenir les croisades anticommunistes et pronazies de l'Église catholique contre les mouvements des peuples pour s'investir du pouvoir souverain.

Enfin, outre le fait qu'il chérit les valeurs sacrées de l'empire défendues par l'Angleterre victorienne du XIXe siècle, malgré son discours sur la « rupture » à laquelle le monde est confronté à l'heure actuelle, le gouvernement Carney poursuit les politiques, les pratiques et les formes d'organisation de la guerre froide, mais avec toutes sortes de prétentions. Il ferme les yeux sur le fait que les conditions ne sont plus celles imposées au monde sous l'égide des impérialistes anglo-américains, avec les États-Unis en tête, après la Deuxième Guerre mondiale.

Ce que la situation exige, en particulier dans un contexte de menaces de guerre, de crises environnementales et d'appauvrissement de l'ensemble de la société, c'est une définition moderne de la démocratie. Une définition moderne ne veut pas dire aller fouiller les dictionnaires. La définition a trait au fonctionnement réel et à la résolution des problèmes réels qui existent dans la société du fait que le peuple est dépourvu de pouvoir. La résolution consiste à harmoniser les intérêts individuels et collectifs qui sont en conflit les uns avec les autres, c'est-à-dire les intérêts des individus au sein de leurs collectifs et ceux des collectifs au sein de l'ensemble des intérêts généraux. Ce problème doit être débattu. En exerçant la liberté d'expression, c'est-à-dire en s'exprimant librement, les définitions modernes et les arguments qui les sous-tendent sont mis au premier plan.

Il faut faire valoir la raison et l'argument humains. Il faut fournir une logique qui permette de régler les rapports qui existent et qui créent un conflit entre les conditions et l'autorité. Pour ce faire, le peuple doit avoir son propre ordre du jour, ses propres organisations, sa propre conception du monde, il doit rédiger sa propre constitution qui garantit ses droits afin qu'il puisse résoudre les problèmes et exprimer sa propre conscience contre toutes les attaques d'un pouvoir étatique dont la raison d'État est de le priver de pouvoir. Cela veut dire trouver les moyens de priver ceux qui occupent des positions de pouvoir et de privilège du pouvoir d'interdire la discussion en proclamant que ce sont eux, et non le peuple, qui représentent ce que le peuple veut.

Il faut une définition moderne de la démocratie qui soit conforme aux exigences créées par les puissantes forces productives et les rapports qui en découlent, qui sous-tendent les intérêts en conflit. C'est là que réside la véritable transition inhérente à l'ensemble des rapports entre humains et entre les humains et la nature.

Sans sourciller, le gouvernement Carney, qui aspire à un gouvernement qui fonctionne comme un conseil d'administration composé de personnes représentant des intérêts privés supranationaux étroits, supprime le droit de parole des travailleurs et du peuple. Il n'y parviendra pas en invoquant l'intérêt national, la raison d'État et de grands idéaux. Les travailleurs et les forces démocratiques et antiguerre d'un océan à l'autre y veillent.


Toronto, 20 septembre


Sudbury, 20 septembre


Montréal, 27 septembre

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Le gouvernement renforce l'intégration
économique et militaire avec les États-Unis par des accords de coulisses

– Nick Lin –

La rencontre entre le premier ministre Mark Carney et le président Donald Trump à Washington le 7 octobre a été précédée et suivie par différentes initiatives du gouvernement Carney pour accélérer l'intégration du Canada à l'économie des États-Unis. Des « accords » ont été conclus pour prétendument obtenir un allègement des droits de douane dans le cadre d'arrangements économiques et sécuritaires avec les États-Unis, qui comprennent la mise à disposition des ressources énergétiques et minérales essentielles du Canada au service des oligarques étasuniens. Rien de tout cela n'a été soumis à l'examen du peuple.

Dominic LeBlanc, ministre responsable du commerce entre le Canada et les États-Unis, est resté à Washington après la rencontre entre Carney et Trump. En compagnie de l'ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kristen Hillman, il a rencontré le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le représentant au Commerce Jamieson Greer. Mark Carney et d'autres répètent que des « négociations intenses » sont en cours, mais les Canadiens et les Québécois n'en savent pas plus.

Un des objectifs perfides du gouvernement Carney est de soumettre le Canada au système de défense antimissile appelé « Dôme d'or » de l'administration Trump. Le ministre de la Défense, David McGuinty, a déclaré lors du sommet Canada-États-Unis tenu à Toronto le 8 octobre qu'il avait été autorisé par le premier ministre Carney à discuter de tous les types de défense antimissile avec les États-Unis.

Les Canadiens et les Québécois s'opposent depuis longtemps à toute participation du Canada à la défense antimissile des États-Unis à cause de toutes les menaces que cela représente pour la paix, la sécurité et la souveraineté. Pourtant, une fois de plus, au nom de la politique de l'apaisement face à l'administration Trump sur les questions économiques et sécuritaires, les convictions antiguerre des Canadiens et des Québécois sont tout simplement évacuées.

Mark Carney a indiqué que des discussions étaient en cours pour relancer le projet de pipeline Keystone XL afin de transporter davantage de pétrole de l'Alberta vers les États-Unis. Il n'a pas non plus exclu la construction d'un autre pipeline reliant l'Alberta à la côte ouest, indiquant que cela était possible s'il y avait un intérêt privé viable qui y soit intéressé, ainsi que ce qu'il a appelé « l'adhésion des Autochtones » et des mesures de protection du climat. Il est difficile de considérer ces deux dernières conditions comme étant autre chose que de l'hypocrisie, étant donné que contourner le consentement des peuples autochtones et criminaliser leur juste défense de leurs droits issus de traités et ancestraux au profit des monopoles a longtemps été la position par défaut de l'État canadien. Le contournement du droit de consentement des peuples autochtones a même été inscrit dans la Loi C-5, la Loi visant à bâtir le Canada, au grand dam des communautés d'un océan à l'autre.

Sont également à l'étude la suppression du plafond sur les émissions industrielles et la levée de l'interdiction des pétroliers sur la côte ouest afin de satisfaire les monopoles pétroliers et leurs porte-parole au sein du gouvernement de l'Alberta et du Bureau des grands projets.

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Les prétentions d'« édification nationale » derrière les dépenses militaires de Carney

– Georges Côté –

La Stratégie industrielle de défense du gouvernement Carney s'accompagne de la grande prétention, non pas d'équiper le Canada pour se défendre contre les agressions étrangères, mais de stimuler le développement économique et l'innovation et de « diversifier » pour être moins dépendant des États-Unis. Bien que les communications du gouvernement n'utilisent pas ce terme, les commentateurs parlent d'un « keynésianisme militaire », d'une « renaissance économique », d'un « concept révolutionnaire ». En d'autres termes, la « renaissance » de Carney fonde le développement économique non pas sur le besoin de répondre aux besoins croissants de la population canadienne et de son économie, mais sur la guerre et l'encouragement à la guerre, où il devient dans l'intérêt du Canada qu'il y ait plus de guerres et que les guerres durent aussi longtemps que possible. C'est faire abstraction du fait que la production de guerre nuit considérablement à l'économie, puisqu'elle retire des sommes énormes de l'économie pour des armes et des armements qui sont détruits et ne rapportent rien à l'économie. La production de guerre liée à la machine de guerre des États-Unis sape également les relations fraternelles avec les peuples du monde, en particulier avec ceux qui subissent le plus durement ces guerres.

L'importance accrue accordée aux dépenses militaires conduit nécessairement à un appauvrissement supplémentaire des travailleurs dans l'ensemble de l'économie. Les dépenses consacrées à la production de guerre représentent une augmentation de la valeur totale des biens produits qui sont consommés à des fins inutiles et qui n'ont aucune valeur pour ce qui est de répondre aux besoins des travailleurs. Pourtant, chaque dollar public dépensé pour la production de guerre fait partie de la masse monétaire en circulation et diminue la partie que les gens peuvent utiliser pour acheter des biens qui satisfont leurs besoins. La même quantité d'argent en circulation est utilisée pour acheter moins de biens utiles. Qu'ils soient employés ou non dans l'industrie de la défense, les travailleurs sont alors rémunérés avec ces dollars gonflés.

Voici quelques citations de responsables gouvernementaux qui soutiennent cette prétention que la production de guerre stimulera le développement économique et l'innovation, et diversifiera les marchés pour les produits canadiens.

« La transformation de nos capacités militaires peut contribuer à transformer notre économie. À l'heure actuelle, la Défense nationale représente déjà plus de 275 000 emplois directs et indirects [...] Le renouvellement de notre engagement en faveur de la défense créera des dizaines de milliers de carrières enrichissantes et bien rémunérées pour les travailleurs canadiens. [...] Il stimulera l'innovation dans des secteurs tels que l'intelligence artificielle, les sciences quantiques et la cybernétique. » – Le premier ministre Carney annonce le plan du gouvernement visant à réinvestir pour rebâtir et réarmer les Forces armées canadiennes, le 9 juin 2025

« Le monde est de plus en plus dangereux et divisé. Le Canada doit renforcer sa défense pour mieux protéger sa souveraineté, ses intérêts et ses Alliés. Ces investissements permettront non seulement de renforcer nos capacités militaires, mais aussi de développer nos industries et de créer de bons emplois bien rémunérés dans notre pays. Si nous voulons un monde plus sûr, nous avons besoin d'un Canada plus fort. » – Communiqué de presse du cabinet du premier ministre sur l'engagement envers l'OTAN, 25 juin 2025

« Nous dotons nos Forces armées des capacités et du soutien dont elles ont besoin pour protéger la population canadienne et respecter les engagements que nous avons pris globalement. Cet investissement sans précédent permettra de renforcer notre souveraineté et d'investir dans l'économie canadienne grâce à la mise en place d'une industrie de défense de calibre mondial qui stimulera l'innovation et la création d'emplois. » – David McGuinty, ministre de la Défense, « Le nouveau gouvernement du Canada réinvestir pour rebâtir les Forces armées canadiennes », communiqué de presse, 9 juin 2025

« En renforçant les Forces armées canadiennes, nous bâtissons également l'industrie canadienne : en stimulant l'innovation, en créant de bonnes carrières pour les travailleurs et travailleuses du Canada et en ouvrant de nouvelles possibilités aux entreprises canadiennes. » – Cabinet du premier ministre, communiqué de presse, 8 août 2025

« Le Canada consacre 3,5 % de son PIB aux capacités militaires de base et 1,5 % supplémentaire aux infrastructures de sécurité à double usage (aéroports, ports, télécommunications, systèmes d'urgence), c'est-à-dire à des dépenses qui recoupent directement les capacités économiques civiles. » – Le Canada se joint au nouvel engagement de l'OTAN en matière d'investissements de défense, 25 juin 2025

Qui empoche l'argent des dépenses de défense du Canada ?

Outre l'argument selon lequel cela favorise le développement économique, le gouvernement Carney affirme que l'un de ses objectifs en matière de dépenses de défense et de commerce est de « se diversifier pour réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis ». L'industrie militaire canadienne est tellement intégrée à l'économie de guerre étasunienne qu'il est difficile de déterminer où commence et où finit la propriété. Sans parler du fait que, sur le plan militaire, l'armée canadienne est pratiquement sous le commandement des États-Unis.

Néanmoins, certains affirment qu'avec la Politique des retombées industrielles et technologiques (RIT), les achats militaires canadiens « contribuent aux emplois, à l'innovation et à la croissance économique dans l'ensemble du pays », car la RIT « oblige, par contrat, les entreprises qui se voient attribuer des contrats d'approvisionnement en matière de défense à mener des activités commerciales au Canada d'une valeur qui équivaut à celle des contrats qu'ils ont obtenus ».

Voici une liste des entreprises qui devraient bénéficier ou qui bénéficient déjà des dépenses militaires du Canada. La mention « propriété canadienne » ou « propriété étrangère » est nominale, telle qu'elle figure officiellement dans les registres d'approvisionnement, même si les « propriétés canadiennes » n'appartiennent pas au peuple canadien. Mais même avec cette définition, la majeure partie des dépenses militaires du gouvernement canadien finit par aller à des entités sous propriété et contrôle étrangers.

Principaux bénéficiaires des dépenses militaires du Canada

- Mise en oeuvre de la première série de destroyers de Fleuves et rivières (CSC) chez Irving (entreprise canadienne) : 8 milliards de dollars canadiens pour les navires 1 à 3 (taxes comprises), contrat attribué le 3 mars.

- Avion de patrouille P-8A Poseidon : contrat de la marine américaine de 3,4 milliards de dollars US avec Boeing (propriété étasunienne) pour la construction de 14 P-8A pour le Canada (annoncé le 29 février 2024).

- F-35 achetés à Lockheed Martin (entreprise étasunienne) : 19 milliards de dollars canadiens (janvier 2023), mise à jour du vérificateur général : 27,7 à 33,2 milliards de dollars canadiens (10 juin).

- A330 MRTT (capacité stratégique de transport et de ravitaillement en vol) : 3,6 milliards de dollars canadiens attribués à Airbus Defence and Space (25 juillet 2023). Airbus est détenu conjointement par la société européenne aéronautique et spatiale franco-germano-espagnole et par la société britannique BAE, qui détient 20 % des parts.

- SkyAlyne FAcT (propriété canadienne) : 11,2 milliards de dollars canadiens pour un contrat de 25 ans portant sur la formation complète des équipages (28 mai 2024).

- LVM (véhicules logistiques de l'armée), GDLS-Canada + Marshall : 1,5 milliard de dollars canadiens pour l'acquisition et jusqu'à 1,08 milliard de dollars canadiens pour le soutien en service (mai/juin 2024) à Power Team, un consortium dirigé par General Dynamics Land Systems-Canada (GDLS-Canada) et Marshall Canada. L'un est une filiale de la société étasunienne General Dynamics et l'autre est une filiale du groupe britannique Marshall.

- Brise-glace polaire Davie : 3,25 milliards de dollars canadiens (8 mars) à Seaspan's Vancouver Shipyards et Chantier Davie Canada. Seaspan Shipping est une société étasunienne, tandis que la structure de propriété de Davie est « complexe ».

- MDA : 60 millions de dollars canadiens (destroyers de classe Fleuves et rivières, 24 juin) plus 39 millions de dollars canadiens pour l'acquisition et 27 millions de dollars canadiens pour le soutien en service des systèmes d'aéronefs sans pilote de classe Halifax (5 août). MDA Space est répertoriée comme une entreprise canadienne.

- Construction de deux navires de soutien interarmées : contrat de construction de 2,4 milliards de dollars canadiens en 2020 (ajustements ultérieurs signalés en 2024) attribué aux chantiers navals Seaspan de Vancouver. Seaspan est une entreprise étasunienne.

- Plan de production et de stockage de munitions : cadre de 9,5 milliards de dollars canadiens sur 20 ans, attribué à General Dynamics (États-Unis), Colt Canada (basée à Prague), ITM Defence (soutenue par un fonds d'investissement privé britannique), Magellan Aerospace (propriété canadienne) et HFI Pyrotechnics Inc. (propriété canadienne).

- Technologie radar « Over-the-Horizon » confiée à la filiale australienne de la société britannique de défense BAE Systems, pour un coût de 6 milliards de dollars, dans le cadre de l'engagement du Canada à dépenser 38 milliards de dollars pour moderniser le NORAD. Annoncé le 18 mars.

(Sources : Gouvernement du Canada, Wikipédia, Marshall Group, AP News et autres agences)

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Préparation du gouvernement fédéral au lancement de la stratégie industrielle de défense

– Philip Fernandez –


Manifestation contre la guerre au salon de l'armement CANSEC à Ottawa, le 25 mai 2025

L'annonce officielle de la stratégie industrielle de défense est attendue après la publication du budget d'automne, le 4 novembre, selon les agences de presse. Le Globe and Mail rapportait le 25 septembre que le gouvernement « prévoit donner la priorité aux technologies ayant des applications civiles et militaires ». À cette fin, le ministre de la Défense, David McGuinty, « s'est entretenu avec environ 300 entreprises afin de connaître le point de vue de l'industrie et s'inspire des stratégies de ses alliés pour trouver des exemples de ce qui est possible ».

Ce qui est possible selon le gouvernement Carney

À la suite des annonces faites le 5 septembre à Mississauga concernant les mesures de financement des entreprises et des travailleurs en vue de la nouvelle stratégie industrielle de défense de son gouvernement, le premier ministre Mark Carney a annoncé le 8 septembre à St. John's, Terre-Neuve-et-Labrador, que 80 millions de dollars sur le milliard de dollars de l'Initiative régionale de réponse tarifaire, annoncée pour la première fois en mars de cette année, seraient consacrés aux entreprises du Canada atlantique. Il a dit que cet investissement soutenait le secteur des produits de la mer.

S'adressant à la presse à Montréal le 8 septembre aux côtés de Jean Simard, président de l'Association de l'aluminium du Canada, la ministre de l'Industrie Mélanie Joly a dit que le secteur de l'aluminium du Québec recevrait des centaines de millions de dollars provenant du fonds de 5 milliards de dollars destiné à aider les secteurs touchés par les droits de douane étasuniens. Elle a fait référence aux « projets qui sont actuellement en discussion avec Alcoa, Rio Tinto et Alouette ». Alcoa et Rio Tinto sont deux monopoles étrangers qui cherchent à obtenir davantage de fonds publics canadiens. M. Simard a ajouté que sur les 3,3 millions de tonnes de métal produites en 2024, une année record, 90 % étaient destinées à l'exportation et 90 % des exportations étaient destinées aux États-Unis, et que l'industrie ne pouvait pas rompre complètement ses liens avec le marché étasunien, ce qui signifie une intégration plus poussée à la machine de guerre des États-Unis.

Le Canada a annoncé qu'il suspendrait son mandat sur les véhicules électriques pour l'année prochaine, abandonnant l'exigence que 20 % des ventes totales de véhicules en 2026 devaient être des véhicules électriques. Un éditorial du Globe publié en septembre appelait le gouvernement à supprimer complètement ce mandat, le qualifiant de trop strict et inflexible et de « subvention déguisée pour l'industrie des véhicules électriques ». Il proposait plutôt d'appliquer la réglementation en vigueur depuis 2010, dans le cadre des normes d'émission de gaz à effet de serre pour les véhicules et les camions légers. Cette réglementation fixe des objectifs spécifiques à chaque entreprise en matière d'émissions moyennes. Selon l'éditorial du Globe, ces objectifs pourraient être renforcés au fil du temps, de sorte que la seule façon de les atteindre serait de proposer une gamme de produits exclusivement composée de véhicules électriques. Au lieu de mettre en place des mesures incitatives, le gouvernement devrait investir dans la mise en place d'une infrastructure de recharge, selon le Globe.

Le gouvernement Carney bénéficie de la pleine coopération du Congrès du travail du Canada et d'Unifor. Appelant à une stratégie pour développer l'industrie canadienne, les deux syndicats ont néanmoins salué ces mesures comme un soulagement temporaire. Ils ont déclaré que certaines d'entre elles, comme les modifications apportées aux conditions d'admissibilité à l'assurance-emploi, nécessitaient des clarifications et des ajustements afin de les rendre plus larges et permanentes. Ils ont souligné que les modifications apportées à l'assurance-emploi ne corrigeaient pas le problème de nombreux travailleurs qui ne sont pas du tout admissibles et que la modification visant à étendre les prestations aux « travailleurs de longue date » pourrait exclure les travailleurs qui ont été confrontés à des fermetures et des licenciements périodiques, entre autres.

C'est tout. Une plainte. Pendant ce temps, contrairement aux intérêts de la classe ouvrière et des personnes qu'ils soutiennent, ils appuient l'orientation générale des mesures de Carney, qui sont conformes à ce qui est décidé dans les salles de réunion des intérêts privés supranationaux étroits. Cela n'a rien à voir avec le développement de l'industrie canadienne ou les secteurs de l'économie qui sont nécessaires à cet effet si la stratégie vise à servir la population et à répondre à ses besoins.

La présidente d'Unifor, Lana Payne, a déclaré : « Nous ne pouvons pas abandonner l'avenir de la production de véhicules électriques aux constructeurs automobiles étrangers. [...] Le Canada a besoin de mesures incitatives pour les consommateurs, d'investissements dans les chaînes d'approvisionnement nationales de véhicules électriques et que les constructeurs automobiles commencent à fabriquer des véhicules électriques abordables ici, au Canada. Un mandat seul ne suffira pas à garantir l'avenir de l'industrie canadienne des véhicules électriques – nous avons besoin d'une stratégie industrielle complète qui nous permette à la fois de fabriquer et de vendre des véhicules électriques dans ce pays. »

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Tentatives inacceptables de convaincre les travailleurs canadiens que la production de guerre crée de « bons emplois »

– Barbara Biley –



Les travailleurs condamnent largement le gouvernement canadien pour sa complicité dans les crimes génocidaires d'Israël et exigent que le gouvernement mette en place un embargo bilatéral sur les armes avec Israël, y compris les armes envoyées indirectement à Israël via les États-Unis. En même temps, le gouvernement Carney multiplie les tentatives de convaincre les travailleurs de lier leur moyen de subsistance à ses projets d'intensification de la production de guerre.

Les dernières déclarations de la ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, font suite à celles qu'elle a faites il y a un mois lors d'une retraite du cabinet libéral et s'inscrivent dans le cadre des efforts continus visant à amadouer les travailleurs et à préparer le terrain pour la stratégie industrielle de défense à part entière du gouvernement Carney qui sera dévoilée en novembre. Cette stratégie est un élément clé de son programme de destruction de l'édifice national mené au nom de l'édification nationale et de la défense de « l'intérêt national » contre l'agression économique des États-Unis.

Dans un discours prononcé devant le Canadian Club de Toronto le 9 octobre, la ministre de l'Industrie a réitéré les plans du gouvernement Carney sous la forme d'une stratégie en trois points visant à « protéger les emplois, créer de nouveaux emplois et attirer les talents et les investissements » face aux menaces économiques des États-Unis.

Dans un reportage sur le sujet, CTV indique : « La ministre a détaillé la stratégie industrielle actualisée du Canada et la manière dont les libéraux entendent soutenir les secteurs clés, notamment l'acier, l'aluminium, le bois d'oeuvre et l'automobile, qui souffrent des droits de douane incessants imposés par le président Donald Trump. » Cette stratégie a pour objectif « de libérer le potentiel économique du Canada en renforçant la base industrielle du pays ». Selon Mme Joly, cette stratégie est « un moyen de consolider la souveraineté canadienne à une époque marquée par une instabilité mondiale considérable et une dynamique changeante en matière de commerce, de défense et de sécurité », a rapporté CTV.

Dans une interview accordée avant son discours, Mme Joly a confié au Globe and Mail que ce plan en trois points était « le résultat de centaines de conversations avec des dirigeants d'entreprise, des gestionnaires de fonds de pension, des associations professionnelles et des responsables universitaires et de la haute technologie » dont le gouvernement défend les intérêts. Outre le financement fédéral accordé aux secteurs touchés par les droits de douane, notamment l'automobile, l'acier, l'aluminium, le cuivre et le bois d'oeuvre, elle a dit que la protection à court terme du marché devait également permettre aux entreprises de « pivoter ». Elle a donné les exemples du financement fédéral accordé à Algoma Steel, des 1,25 milliard de dollars versés au secteur du bois d'oeuvre résineux et du programme Maisons Canada, doté de 13 milliards de dollars, destiné à payer les promoteurs immobiliers. Elle a souligné que les plans de logement, la politique « Achetez canadien » et la nouvelle Agence d'investissement pour la défense, annoncée le 2 octobre, attireraient les investissements et créeraient des emplois. Cela permettrait aux monopoles canadiens liés à la production de guerre d'être compétitifs à l'échelle internationale en utilisant de l'acier, de l'aluminium et du bois d'oeuvre canadiens.

La ministre a précisé que des entreprises telles que General Dynamics et CAE pouvaient compter sur des contrats de défense à long terme. General Dynamics, en particulier, a été désignée par le mouvement populaire de soutien à la Palestine comme l'une des entreprises auxquelles le Canada autorise l'expédition d'armes vers Israël. Pas plus tard qu'en juillet, les données d'expédition de l'aéroport Dorval de Montréal indiquent que des munitions provenant de l'usine de fabrication de cartouches de General Dynamics Ordnance and Tactical Systems à Repentigny, au Québec, ont été expédiées directement vers Israël.

Selon Mme Joly, dans le cadre des projets du gouvernement Carney, « pour la première fois depuis des décennies, nous allons recréer une industrie militaire dans notre pays. Le Canada possède l'une des capacités les plus importantes en matière de construction navale au sein de l'OTAN, et je souhaite que nos chantiers navals puissent exporter et vendre leurs produits dans le monde entier ».

Elle a ajouté : « Nous pouvons vraiment créer de bons emplois dans le secteur [de la défense]. Nous pouvons créer de bons emplois dans le domaine technologique dans ce secteur et nous pouvons avoir d'excellents chercheurs qui mènent des recherches à double usage. » Elle a déclaré que le gouvernement allait dévoiler des mesures visant à attirer les investisseurs étrangers et « les talents et les chercheurs de haut niveau » des États-Unis.

Une fois de plus, la ministre Joly montre l'opportunisme et le détachement total du gouvernement Carney par rapport à la réalité et aux préoccupations des travailleurs, des jeunes et des étudiants. Le gouvernement Carney ne voit que l'opportunité d'utiliser la situation à ses fins étroites, qui consistent notamment à se plier aux exigences des États-Unis en matière de production de guerre et à participer au système de missiles Dôme d'or de Donald Trump. Le Canada, qui se proclame sans cesse « défenseur des droits de la personne », n'a rien dit sur les violations généralisées des droits aux États-Unis par les raids de l'agence de l'immigration et des douanes (ICE) et le déploiement de l'armée, y compris les raids contre les chercheurs, les professeurs et les étudiants universitaires.

Pendant ce temps, les professeurs et les étudiants universitaires se battent depuis deux ans pour que leurs universités rendent des comptes et cessent toute recherche soutenant la production de guerre, en particulier celle qui soutient le génocide perpétré par Israël à Gaza. Ils se battent pour que les étudiants de Gaza acceptés dans les établissements canadiens puissent effectivement venir au Canada. Les politiques d'immigration racistes du Canada et sa politique d'apaisement envers Israël font qu'aucun d'entre eux n'a encore pu venir. Sur tout cela, la ministre Joly reste silencieuse.

Les gens de tous horizons font savoir depuis des années qu'ils ne veulent pas que le Canada participe à des guerres d'agression, y compris à la production pour la guerre. Il est inacceptable que le gouvernement Carney affirme, sur la base de ses consultations avec le secteur privé, que la production de guerre renforcera l'économie canadienne et défendra sa souveraineté.

Pendant ce temps, la volonté démocratique du peuple contre l'agression impérialiste et la guerre peut être ignorée. La négation du droit de celles et ceux qui produisent toute la richesse de la société à avoir leur mot à dire sur la direction de l'économie au nom de la « souveraineté » est une insulte aux travailleurs.

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Le Canada participe au plus grand salon de l'armement jamais organisé en Grande-Bretagne


Manifestation lors du Salon international de défense et de sécurité à Londres, du 9 au 12 septembre 2025

Le secrétaire d'État, Approvisionnement en matière de défense du Canada, Stephen Fuhr, s'est adressé aux participants du Salon international de défense et de sécurité à Londres le 8 septembre. Selon Stephen Fuhr, le Canada a mis en valeur « cette industrie robuste » avec la participation de plus de 200 entreprises canadiennes à ce salon de l'armement. Il a déclaré qu'il s'agit « de la plus grande présence du Canada à ce salon à ce jour ».

Pour le peuple, cela démontre la volonté du gouvernement Carney d'intensifier les préparatifs et la production de guerre au nom de grands idéaux.

Stephen Fuhr était là pour vanter le changement d'approche du Canada et du Royaume-Uni en matière de financement militaire, un changement qui comprend notamment l'engagement de répondre à la demande de l'OTAN de consacrer 5 % du PIB de chaque pays membre à son renforcement militaire d'ici 2035. À cela s'ajoutent d'autres dépenses militaires, comme les stratagèmes pour payer les riches, qui profitent aux intérêts privés impliqués dans la production d'armement, comme J.D. Irving Limited, propriétaire d'Irving Shipbuilding.

Dans son allocution prononcée lors de ce salon de l'armement, Stephen Fuhr a décrit sa responsabilité comme allant au-delà de la simple supervision de l'approvisionnement en matière de défense, et comme étant également de faciliter les partenariats avec des alliés qui partagent les mêmes idées, comme la Suède, la Finlande et le Royaume-Uni. La prochaine génération de destroyer de la classe Fleuves et rivières du Canada, le plus important projet d'approvisionnement en matière de défense de l'histoire du Canada, est conçue par BAE, le plus grand fabricant d'armes en Europe, et construite par Irving Shipbuilding à Halifax.

Selon Stephen Fuhr, il s'agit là d'un exemple de la manière dont la collaboration peut produire des capacités de classe mondiale et ce qu'il a appelé des « retombées économiques durables ». Pour qui, il ne l'a pas précisé. Pour faire bonne mesure, il a ajouté : « Cette collaboration est possible parce que le Canada possède une robuste industrie de la défense, qui contribue à hauteur de près de 10 milliards de dollars à notre produit intérieur brut et qui permet le maintien de plus de 81 000 emplois. »

Selon Stephen Fuhr, cette industrie « de la défense », avec « environ 60 % de ses ventes [qui] proviennent de l'exportation ... est déjà très présente à l'échelle mondiale ».

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La propagande belliciste à son plus bas

– Jeunes pour le renouveau démocratique –



Alors que la frénésie sanguinaire pour la guerre dans les cercles dirigeants de l'Occident ne cesse de s'intensifier, le rôle servile de la presse grand public apparaît de plus en plus clairement. Cette réalité a été mise en évidence par la couverture médiatique trompeuse du génocide à Gaza, ainsi que par le soutien éditorial massif apporté aux déclarations de Mark Carney concernant la soi-disant « nécessité » d'une présence militaire canadienne accrue en Europe de l'Est.

Un article récent du magazine Maclean's, intitulé « Le Canada a besoin d'un service national obligatoire », atteint toutefois un nouveau niveau de bassesse. L'article soutient que, pour permettre au Canada de « projeter sa puissance » sur la scène internationale et de contrer la Russie et la Chine, il faudrait instaurer un programme de service militaire obligatoire pour les jeunes. Quelle arrogance !

L'auteur est contraint d'admettre que les jeunes Canadiens ont perdu confiance non seulement dans les forces armées, mais aussi dans l'État canadien dans son ensemble. Est-ce vraiment si surprenant ? Peut-être que cette « crise de confiance » s'explique par la complicité du Canada dans le génocide en cours du peuple palestinien, avec son aide continue à Israël. Elle peut peut-être également s'expliquer par la participation directe du Canada à la soi-disant « guerre mondiale contre le terrorisme », menée depuis plus d'une décennie contre les peuples du Moyen-Orient et qui a fait des millions de morts au nom de profits ensanglantés. Peut-être encore dans la relation servile du gouvernement canadien avec l'OTAN, car le Canada envoie toujours plus de soldats et de matériel aux frontières de l'alliance, attisant ainsi les tensions en Europe.

Malgré tout cela, l'auteur de l'article soutient que la seule façon de combattre cette « crise » est d'introduire la conscription en temps de paix. Ce n'est qu'en portant l'uniforme, affirme-t-il, que les jeunes pourraient apprendre à aimer « notre » armée et « notre » État. Comme cela arrange bien les bellicistes.

L'auteur de l'article du Maclean's régale ses lecteurs de contes de fées fantaisistes sur la façon dont l'armée « forge le caractère » et inculque un « esprit patriotique ». C'est tout simplement absurde. L'armée n'est ni les scouts ni une garderie; toute cette posture sur le « développement personnel » ne peut masquer le fait que s'engager dans l'armée est une question de vie ou de mort si le Canada est entraîné dans une nouvelle guerre.

Pendant la Première Guerre mondiale, 66 000 soldats canadiens sont morts dans les tranchées en France et en Belgique. Si l'on ajuste ce chiffre à la population actuelle, cela équivaut à la mort d'environ 350 000 jeunes. Bien entendu, ce chiffre n'inclut pas les centaines de milliers d'anciens combattants qui sont revenus blessés, amputés, ou atteints de troubles mentaux. Cela a-t-il vraiment contribué à leur « développement personnel » ?

La jeunesse canadienne ne peut pas revivre une telle tragédie. Brandir à nouveau le spectre de la conscription ne suffira pas à effacer l'horreur gravée dans la mémoire du peuple canadien.

Malgré tous les discours éculés sur le patriotisme et l'amour du Canada, il n'y a rien d'honorable à envoyer toute une génération de jeunes, enveloppés dans des drapeaux canadiens, mourir dans des guerres à l'étranger pour défendre une notion vague et intéressée de « l'intérêt national ».

L'histoire du Canada a montré à maintes reprises que la jeunesse canadienne a catégoriquement refusé, et continuera de refuser, d'être conduite comme des agneaux à l'abattoir devant le terrible autel de la guerre impérialiste. Les bellicistes feraient bien de se souvenir de la réponse que le peuple québécois a donnée au gouvernement canadien lorsqu'il a instauré la conscription en 1917 afin que les Québécois meurent dans cette « grande » guerre inter-impérialiste. Il serait également utile qu'ils se souviennent des nombreuses manifestations militantes organisées à travers le Canada contre les guerres de Corée, du Vietnam, de Yougoslavie, d'Afghanistan, d'Irak et de Libye, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes dans les rues pour parler en leur propre nom.

Aujourd'hui, les jeunes Canadiens ont compris la situation et se rendent compte que leur intérêt n'est pas de se battre pour « notre » classe dirigeante, mais dans la lutte pour un gouvernement anti-guerre. Les cercles dirigeants du Canada veulent clairement oublier ces faits, mais la jeunesse combattante du Canada et du Québec ne le leur permettra pas !

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Réponse des travailleurs de l'automobile aux mesures de protection des emplois canadiens par le gouvernement Carney

– Rob Woodhouse –


Les travailleurs de l'usine Stellantis à Brampton, le 4 octobre 2025,
exigent le maintien de la production au Canada.

Le gouvernement Carney et ses ministres s'affairent à organiser des séances photo avec des secteurs de travailleurs industriels qu'ils prétendent protéger contre les droits de douane imposés par l'administration Trump et les contre-mesures douanières du Canada. Pour leur part, les travailleurs de l'automobile exigent que le gouvernement protège les emplois canadiens. Les travailleurs de l'industrie automobile et des industries qui fournissent des pièces à l'industrie automobile sont confrontés à des licenciements, à des réductions d'effectifs et même à la fermeture complète d'usines, car les constructeurs automobiles étrangers délocalisent leur production hors du Canada pour protéger leurs intérêts face aux droits de douane des États-Unis.

Au cours des dernières années, le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario ont versé des millions de dollars de fonds publics aux monopoles de l'automobile. Ils prétendent ainsi protéger les emplois canadiens, car, dans certains cas, ces aides s'accompagnent de promesses de maintenir la production au Canada. L'amère expérience des travailleurs canadiens est que les gouvernements ne demandent pas de comptes à ces monopoles. Ils répètent l'excuse néolibérale que les entreprises doivent protéger les intérêts de leurs actionnaires. Ils disent que légalement les monopoles n'ont pas de compte à rendre aux travailleurs et aux communautés du Canada et du Québec où ils opèrent, malgré toutes les incitatifs que les gouvernements leur accordent au nom de l'emploi et autres balivernes. Lorsque les choses se gâtent, les « garanties » obtenues par les gouvernements ne sont qu'une fraude visant à dissimuler des stratagèmes pour payer les riches, et les gouvernements ne font rien pour les faire respecter.

Les travailleurs de l'usine Stellantis de Brampton, en Ontario, sont sans emploi depuis décembre 2023, date à laquelle ils ont été licenciés. À l'époque, on leur avait dit que la production était interrompue et que l'usine allait subir une réorganisation de 24 mois afin de passer à la production de véhicules électriques (VE) pour fabriquer la Jeep Compass. Avant la fermeture, l'usine Stellantis produisait les Dodge Challenger, Dodge Charger et Chrysler 300.

Cependant, en février, après l'annonce par l'administration Trump de droits de douane de 25 % sur les véhicules assemblés au Canada, la réorganisation a été interrompue pour ce que l'entreprise a qualifié de « pause de huit semaines ». Stellantis a refusé de rencontrer le syndicat pour discuter de ses projets. La « pause » se poursuit encore aujourd'hui, sans fin en vue, sans explication de la part de l'entreprise et sans action du gouvernement pour récupérer les sommes importantes qu'il a accordées à Stellantis. La fermeture touche 3000 travailleurs de l'usine de Brampton et plus d'un millier de travailleurs des usines qui l'approvisionnent, qui arrivent actuellement au terme de leurs prestations d'assurance-emploi.

Les travailleurs ont tenu un rassemblement à l'usine le 4 octobre, en collaboration avec des travailleurs d'autres usines automobiles et d'autres syndicats, pour faire connaître leur demande commune que les gouvernements fédéral et ontarien protègent les emplois et demandent des comptes aux monopoles automobiles. Lors du rassemblement, les dirigeants syndicaux locaux et nationaux d'Unifor, qui représente certains des travailleurs de l'usine Stellantis, ont pris la parole. Ils ont appelé Stellantis à tenir sa promesse et les gouvernements à soutenir les travailleurs. Le président de la section locale 1285 d'Unifor, Vito Beato, et la présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, ont tous deux défendu les travailleurs, Mme Payne déclarant : « Nous avons besoin que les dirigeants politiques se tiennent à nos côtés et se battent avec nous. On a promis un avenir radieux à nos membres ici à Brampton. Depuis février, cet avenir est en suspens. »

Le premier ministre ontarien Doug Ford a également pris la parole lors du rassemblement. Il n'a pas dit un mot sur ce que son gouvernement fera pour faire respecter les conditions acceptées par Stellantis lorsque son gouvernement et celui de Trudeau se sont engagés à verser 15 milliards de dollars pour soutenir la production de batteries pour véhicules électriques par Stellantis et d'autres entreprises en 2023. L'accord conclu avec les gouvernements du Canada et de l'Ontario le 6 juillet 2023 pour fournir des fonds publics à la production de batteries pour véhicules électriques comprenait la condition que « Stellantis respecte ses engagements existants au Canada et en Ontario, y compris un mandat de production dans son usine de Brampton, en Ontario ».

Doug Ford, qui se présente comme le « capitaine Canada », a déclaré avec emphase lors du rassemblement : « Notre gouvernement continuera à protéger les travailleurs, à protéger leurs emplois, à protéger les communautés, et nous serons toujours là pour vous soutenir. » Il a dit avoir parlé au PDG de Stellantis pour l'exhorter à ouvrir l'usine et à remettre les travailleurs au travail. Il a appelé le premier ministre Carney, qui se rendait aux États-Unis pour rencontrer le président Trump le 7 octobre, à ne pas « céder » et à « tenir tête à l'intimidation de Trump ». Torse bombé, il annoncé qu'il avait discuté avec les premiers ministres des provinces et des territoires pour les inciter à acheter des véhicules construits en Ontario.

Quant à compter sur Mark Carney pour ne pas céder à Donald Trump, sa performance à la Maison-Blanche parle d'elle-même. Voici ce qu'il a dit : « Vous nous avez aimablement accueillis, moi et certains de mes collègues, il y a quelques mois, et j'ai dit à l'époque que vous étiez, et que vous êtes toujours, un président transformateur. Depuis, l'économie a connu une transformation, les partenaires de l'OTAN ont pris des engagements sans précédent en matière de dépenses de défense, la paix règne de l'Inde au Pakistan en passant par l'Azerbaïdjan et l'Arménie, l'Iran a été neutralisé en tant que force terroriste et maintenant, je manque de temps, mais c'est à bien des égards le plus important, [Trump l'interrompt en disant « la fusion du Canada et des États-Unis » et tout le monde rit] ... ce n'était pas là où je voulais en venir. Non, en ce jour solennel de commémoration des terribles attentats du 7 octobre, pour la première fois depuis des décennies, des siècles, des millénaires, cette perspective de paix que vous avez rendue possible, le Canada soutient fermement ces efforts et fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider. »

Mark Carney s'oppose ainsi directement à la demande retentissante du peuple qui réclame la fin totale du génocide à Gaza et de l'occupation de la Palestine. Lorsqu'il s'agit de protéger les emplois, il est crucial de lutter pour un changement d'orientation de l'économie et un renouvellement du processus politique afin de donner au peuple les moyens de devenir le décideur. La sécurité des travailleurs réside dans la lutte pour leurs droits et les droits de toutes et tous, au pays et à l'étranger. Il est dangereux de croire que les gouvernements des partis cartellisés ont à coeur les intérêts des travailleurs ou qu'on peut compter sur eux. Leur objectif est de bloquer tout projet d'édification nationale des travailleurs pour une économie souveraine et autonome fondée sur la satisfaction des besoins du peuple, la production principalement destinée à l'usage domestique et le commerce avec d'autres pays sur la base du respect et des avantages mutuels.

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Le charabia sur la construction de logements,
c'est jouer avec la vie des gens

– Colleen Pearse –


Manifestation à Montréal pour le droit au logement, 13 septembre 2025

L'une des réussites du gouvernement Carney serait le programme Maison Canada qu'il a mis en place le 14 septembre. Dotée d'un budget de 13 milliards de dollars, cette agence fédérale s'engage à construire, financer et soutenir des projets de logements abordables partout au Canada. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement ? Il ne fait aucun doute que ce qui est « abordable » est déterminé par les promoteurs immobiliers, et non par ce que les résidents. En quoi son apparat et ses paillettes diffèrent-ils de ceux de ses prédécesseurs, qui ont eux aussi tout promis au nom du bien public sans apporter de solutions à la crise du logement ?

Depuis les années 1980, sous le gouvernement de Brian Mulroney, puis sous le gouvernement de Jean Chrétien et les gouvernements qui ont suivi, des coupes massives ont été effectuées dans le financement du logement social.

Au milieu des années 1990, le gouvernement Chrétien a supprimé le Régime d'assistance publique du Canada, qui exigeait des provinces qu'elles respectent les normes nationales en matière d'aide sociale. Ces normes comprenaient le droit à un revenu tenant compte des besoins budgétaires de la personne, l'interdiction de toute discrimination fondée sur la province d'origine du bénéficiaire, un mécanisme d'appel et l'interdiction d'obliger un bénéficiaire de l'aide sociale à travailler en échange de prestations. Tout cela a été fait au nom de la « rareté des fonds » pour financer les programmes sociaux et de la nécessité de donner la priorité au remboursement de la dette nationale.

Pendant l'ère Chrétien, de 1993 à 2003, le seul investissement du gouvernement fédéral dans de nouveaux logements sociaux a été un programme ponctuel de 89 millions de dollars en 2001.

Dans un document intitulé Un aperçu de l'état de l'itinérance au Canada, préparé en 2014 pour le Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal, Alison Smith souligne qu'en 1996, le gouvernement fédéral a transféré la gestion des logements sociaux aux provinces. L'Ontario a ensuite transféré la responsabilité des logements sociaux aux municipalités. En 2001, le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique a procédé à de nouvelles coupes dans le financement des logements sociaux.

Alison Smith souligne également les effets délétères de la fermeture des établissements psychiatriques qui a eu lieu dans tout le pays entre les années 1970 et 1980. Cette mesure a été justifiée par le fait que les personnes concernées vivraient mieux dans la communauté plutôt que dans des institutions, mais les aides dont elles avaient besoin ne les ont pas suivies dans la communauté, avec les résultats prévisibles que l'on connaît.

L'auteure note que « les pensionnats ont également fermé leurs portes, et le pays a assisté à une urbanisation des populations autochtones. Beaucoup d'Autochtones qui ont déménagé dans les grandes villes ont subi des traumatismes inimaginables et un passé violent, et ont été séparés de leur culture et de leur langue. En plus du racisme, les Autochtones continuent de se heurter à des obstacles systémiques en matière de logement et de soutien, et représentent une part disproportionnée de la population sans abri dans de nombreuses villes canadiennes, en particulier dans l'Ouest. »

En 2017, les libéraux de Trudeau ont annoncé qu'ils « réduiraient de 50 % le nombre de sans-abri chroniques ». Plus tard, dans le discours du Trône de 2019, les libéraux ont déclaré qu'ils « renforçaient leur engagement et se fixaient pour objectif d'éliminer complètement l'itinérance au Canada ». D'autres engagements ont été pris par le gouvernement Trudeau en 2024. Aucun de ces engagements, ni les résultats éventuellement obtenus, n'ont été mentionnés par le gouvernement Carney.

Pourquoi Mark Carney pense-t-il que les Canadiens croiront que sa stratégie géniale est différente de celles de ses prédécesseurs ? En substance, l'objectif est de payer les riches et de faire en sorte que les individus et les familles se battent pour obtenir les « avantages » qui leur seront accordés. C'est un discours cynique de banquier de A à Z.

En outre, le premier ministre et son gouvernement, dans leur arrogance, nient les décennies de recherche menées par les organisations de défense du droit au logement et les experts en logement, qui ont maintes fois exposé ce qui est nécessaire pour mettre fin au fléau de l'itinérance au Canada.

Mark Carney affirme que sa nouvelle agence fédérale Maisons Canada « va transformer la collaboration entre les secteurs public et privé et utiliser des méthodes de construction modernes tout en favorisant l'émergence d'une toute nouvelle industrie canadienne de l'habitation. L'organisme tirera parti de terrains publics, offrira des incitatifs financiers flexibles, mobilisera des capitaux privés, facilitera la conclusion d'importantes transactions de portefeuille et aidera les fabricants d'aujourd'hui à bâtir les logements dont ont besoin les Canadiens et les Canadiennes. »

« Tirer parti de terrains publics » ? Quels terrains ? « Incitatifs financiers flexibles » ? Cela ressemble à une promotion pour les banques, déguisée pour donner l'impression d'un bénéfice pour l'emprunteur. « Mobiliser des capitaux privés » ? Les promoteurs immobiliers font partie des secteurs les plus corrompus du capital financier. Que leur offre donc Carney après qu'ils ont bénéficié de tant d'« incitations » précédentes ? « Faciliter la construction d'importantes transactions de portefeuille » ? Encore un discours de conseil d'administration sous prétexte que Maisons Canada « axera principalement ses efforts sur les logements hors marché. L'organisme s'assurera de répondre à divers besoins en matière de revenus dans le cadre d'une initiative nationale visant à doubler la construction de logements, à rétablir l'accessibilité financière et à réduire l'itinérance. » Le logement « hors marché » signifie invariablement davantage de programmes avantageux pour les promoteurs immobiliers qui construisent des condominiums de luxe tout en ayant un petit quota d'appartements « abordables ».

Les « importantes transactions de portefeuille » sont censées être un ensemble continu de « multiples projets individuels, programmes et même opérations » gérés conjointement afin « d'atteindre des objectifs organisationnels stratégiques et de maximiser la valeur globale et le retour sur investissement ».

Mark Carney présente la construction de logements comme un signe de brillance, une idée épatante qu'il a découverte et qu'il offre aux Canadiens comme si, désormais, grâce à son génie financier, le droit au logement sera garanti, car il s'agit d'un « engagement stratégique qui équilibre le risque et le rendement en hiérarchisant, en allouant des ressources et en optimisant en permanence un ensemble diversifié d'initiatives qui contribuent à la stratégie commerciale globale ».

Incroyable.

Voici les « trois piliers » du programme Maisons Canada tels qu'annoncés par le gouvernement Carney.

« Tout d'abord, Maisons Canada établira des partenariats avec l'industrie, d'autres ordres de gouvernement et les communautés autochtones afin de bâtir des logements abordables rapidement et à grande échelle. [...]

« Ensuite, Maisons Canada va investir des capitaux, créer de la demande et exploiter des technologies innovatrices dans le domaine du logement afin de bâtir plus rapidement et de manière plus durable tout au long de l'année. [...]

« Enfin, Maisons Canada adoptera la nouvelle politique « Achetez canadien » du gouvernement et accordera la priorité aux projets réalisés à partir de bois d'oeuvre et d'autres matériaux canadiens. »

Comme si construire en utilisant des technologies modernes et des ressources canadiennes était une invention nouvelle, M. Carney a également rendu publics les quatre premiers investissements et initiatives de BCH lors de l'annonce :

« 1. Alors que Maisons Canada procède à l'aménagement de terrains publics appartenant à la Société immobilière du Canada, l'organisme privilégiera l'utilisation de logements préfabriqués innovateurs. Dans un premier temps, Maisons Canada accordera la priorité à six sites afin de construire 4 000 logements préfabriqués sur des terrains fédéraux, avec une capacité supplémentaire pouvant atteindre 45 000 logements dans l'ensemble du portefeuille. [...] Ces premiers sites seront situés à Dartmouth, à Longueuil, à Ottawa, à Toronto, à Winnipeg et à Edmonton. [On peut supposer que Vancouver, où la crise du logement est l'une des plus graves du pays, fait partie des « investissements et initiatives » – ndlr].

« 2. Afin de protéger les logements locatifs abordables actuels, le Fonds canadien de protection des loyers, doté d'une enveloppe de 1,5 milliard de dollars, sera lancé sous l'égide de Maisons Canada. Cette initiative aidera le secteur du logement communautaire à acheter des immeubles de logements locatifs à risque, afin de garantir que ceux-ci restent abordables à long terme. [...]

« 3. Maisons Canada investira 1 milliard de dollars dans la construction de logements supervisés et de transition pour les personnes en situation d'itinérance ou à risque de le devenir. L'organisme collaborera avec des partenaires clés des provinces, des territoires, des municipalités et des communautés autochtones pour assortir ces investissements fédéraux de mesures de soutien en matière d'emploi et de soins de santé.

« 4. Maisons Canada s'associera à la Société d'habitation du Nunavut afin de bâtir plus de 700 logements publics, abordables et supervisés. Environ 30 % des logements devraient être construits hors chantier, à l'aide de méthodes de construction innovantes telles que la préfabrication. »

En ce qui concerne Maisons Canada, le gouvernement fédéral a annoncé le 19 septembre qu'il « compléterait les 1,5 milliard de dollars de prêts accordés au volet nouvelles constructions du Fonds pour le logement abordable ». Il s'agit de l'un des deux « sous-volets » du Fonds qui offrirait des prêts remboursables à faible taux d'intérêt et des prêts remboursables.

Aucune mention n'est faite de ce que les personnes vulnérables doivent faire pour être admissibles à l'un de ces prêts, ni de qui jugera de leur capacité de remboursement ou de leur « mérite » à bénéficier d'une remise de dette. Mais bon, à quoi servent les « sous-volets » si ce n'est à couvrir tous les cas de figure ? Dans ses plans, le gouvernement Carney ne quantifie pas le problème de l'itinérance au Canada, ni ses causes. Les partis cartellisés et les gouvernements qu'ils forment, y compris les libéraux de Carney, ne parlent pas des droits qui appartiennent à chacun du fait qu'il est un être humain, notamment le droit au logement en tant que nécessité fondamentale de la vie.

Le gouvernement Carney ne dit même pas quand ses plans mettront fin à l'itinérance dans son économie qu'il a l'intention de rendre la « plus prospère » de tous les pays du G7 (Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Japon).

À la fin du mois d'août, le Vietnam, dont la population est 2,5 fois supérieure à celle du Canada, a annoncé que l'itinérance avait désormais disparu dans ce pays. En comparaison, le gouvernement Carney promet de présenter un « budget d'austérité » le 4 novembre, avec des coupes massives dans les services publics fédéraux, tout en augmentant le financement de la militarisation et des préparatifs de guerre à hauteur de centaines de milliards par an d'ici 2030.

Le cynisme du gouvernement Carney consiste à parler de l'« accessibilité financière » lorsqu'il aborde la crise du logement. Par un tour de passe-passe, il donne l'impression qu'en laissant le marché régler le problème, les besoins de la population en matière de logement seront satisfaits.

Le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) a publié un calcul de ce qu'il appelle le salaire locatif, c'est-à-dire le salaire horaire nécessaire pour payer un loyer tout en travaillant 40 heures par semaine et en consacrant 30 % de son revenu au logement. Dans une mise à jour basée sur les statistiques de 2024 concernant les loyers des appartements d'une ou deux chambres, il a constaté que Toronto et Vancouver figuraient en tête de la liste des villes les moins abordables, une personne travaillant à temps plein devant gagner près de 38 dollars de l'heure pour pouvoir se loger dans un appartement d'une chambre.

À Vancouver, Toronto et Calgary, le salaire locatif pour un appartement d'une chambre est plus du double du salaire minimum, a souligné le CCPA. Sur 62 villes, seules huit permettent de se loger dans un appartement d'une chambre à un prix abordable tout en travaillant à temps plein au salaire minimum, ajoute le CCPA. Il souligne la nécessité évidente d'augmenter le salaire minimum et de prendre des mesures pour contrôler les loyers.

Un loyer inférieur de 20 % au prix du marché est considéré comme « abordable », même s'il reste hors de portée des familles à faible revenu, selon John Gordon, PDG de Logement coopératif national autochtone inc., qui écrit dans le Hill Times. Il estime que la crise du logement est le résultat de la « financiarisation » du logement, qui n'est plus considéré comme un foyer, mais comme un investissement. Il souligne que de nombreux Autochtones du Canada font partie de la première ou de la deuxième génération à ne pas avoir fréquenté les pensionnats indiens et ne disposent donc pas d'un patrimoine intergénérationnel à transmettre à leurs familles.

« Nous sommes simplement confrontés à un défi plus important que la population générale en matière de logement. Si la population générale est en crise, imaginez ce que cela représente pour les Autochtones », écrit l'auteur.

Le ministère du Logement, des Infrastructures et des Collectivités du Canada indique que Maisons Canada travaillera avec « un large éventail de parties prenantes, notamment des promoteurs immobiliers, des partenaires autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des institutions financières et des experts en méthodes de construction modernes ».

Le gouvernement Carney fait du neuf avec du vieux avec ses propositions pour accroître « l'accessibilité » qui sont une justification pour les stratagèmes pour payer les riches. Ce qui est « nouveau », ce n'est pas la façon dont son programme de construction de logements joue avec la vie des gens, mais la façon dont il s'inscrit dans sa politique de destruction de l'édifice national du Canada. Il transforme chaque Canadien, Québécois, Autochtone, Inuit et Métis en une relation personnelle individuelle avec des intérêts commerciaux privés étroits auxquels ils sont censés se livrer à leur merci.

Mark Carney est maître de l'art du charabia. Pas étonnant qu'il aime citer l'ancien pape. Dans son livre Valeur(s), il invoque un déjeuner au Vatican avec le pape François, au cours duquel celui-ci lui aurait dit : « Votre travail consiste à retransformer la grappa en vin, à retransformer le marché en humanité. » Comme le pape, Mark Carney oublie que la grappa n'est pas fabriquée à partir de vin et ne peut donc pas être « retransformée » en vin, tout comme le marché capitaliste n'est pas organisé pour répondre aux besoins de l'humanité.

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Examen du « fardeau administratif »
à des fins intéressées et compressions dans les ministères fédéraux

– Jane Steeple –

Le président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a déclaré le 8 septembre que son ministère avait publié des rapports d'étape recensant « près de 500 initiatives récentes et prospectives visant à simplifier l'accès aux services, à éliminer les chevauchements et à réduire les coûts pour les Canadiens, les Canadiennes et les entreprises ». Il a affirmé que ces rapports « marquent une avancée importante dans notre engagement continu à éliminer le fardeau administratif ».

Ces 500 rapports n'ont pas été rendus accessibles aux travailleurs des secteurs de l'économie concernés, et aucune consultation publique n'a été menée pour approuver les critères ou les normes s'appliquant à ces secteurs. Il s'agit d'une démarche fondamentalement intéressée, dont le seul objectif est de soutirer des fonds publics pour financer la restructuration de l'État entreprise par Mark Carney pour payer les riches pour la privatisation et la militarisation de l'économie.

Il va de soi que tous les programmes doivent faire l'objet d'une rénovation constante, d'une modernisation et d'une recherche d'efficacité – mais pas au détriment de l'intérêt public. C'est pourtant ce qui se passe depuis plus de 30 ans, depuis le déclenchement de l'offensive antisociale néolibérale au milieu des années 1980.

Il n'est pas surprenant de voir le Conseil canadien des affaires (CCA) intervenir comme prévu avec une déclaration intitulée « Étouffé par la bureaucratie ». Le CCA se plaint d'une réglementation excessive qu'il qualifie, de manière intéressée, de préjudiciable à la croissance économique et à l'avenir du Canada, car il éloigne les entreprises et les investisseurs. Il place le fardeau réglementaire du Canada parmi les plus lourds de ses membres. Il donne en exemple l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en citant l'agence de notation S&P, qui rapporte qu'« il faut en moyenne 20 ans au Canada pour approuver une mine ». Le CCA cite également The Economist qui dit que le Canada est un « paradis pour les comptables » en raison de la complexité de son code fiscal.

La liste du CAA des « 10 principaux obstacles que le gouvernement devrait résoudre » correspond en grande partie aux actions actuelles du gouvernement Carney pour payer les riches au détriment de l'environnement social et naturel. Ces obstacles sont :

1. Autorisation de permis pour les projets d'infrastructure
2. Complexité des services financiers
3. Étiquettes des emballages
4. Impôt minimum mondial
5. Résumés de l'étude d'impact de la réglementation
6. Permis de travailleurs étrangers
7. Mosaïque de confidentialité
8. Jours de congé payés
9. Permis de construction
10. Différents régimes pour les rapports ESG

Une analyse de mesures de réduction de la bureaucratie gouvernementale par le passé, menée par Bruce Campbell du Centre canadien de politiques alternatives et publiée le 3 septembre, confirme que lorsque la réglementation entre en conflit avec les intérêts des entreprises, l'intérêt public est compromis ou subordonné à ceux-ci. Ces projets gouvernementaux s'accompagnent de mesures d'austérité, y compris des compressions visant les agences de réglementation. Campbell cite des exemples d'autorégulation de l'industrie, avec peu ou pas de surveillance publique directe, comme le groupe de travail créé en 1985 par le gouvernement Mulroney pour éliminer la « bureaucratie », suivi de l'initiative de « réglementation intelligente » du gouvernement Chrétien en 2004.

Campbell souligne que des régimes de surveillance de la sécurité, appelés « systèmes de gestion de la sécurité », ont été introduits en 2002. Ceux-ci permettaient aux organismes de réglementation de déléguer à l'industrie sous forme de sous-traitance la mise en oeuvre des règlements, dégageant ainsi le gouvernement de sa responsabilité en cas d'échec.

Il rappelle que le gouvernement Harper a émis une directive du Cabinet sur la gestion de la réglementation en 2012, dont la mesure phare exigeait que chaque nouveau règlement soit compensé par la suppression d'au moins un règlement existant. Cela a « progressivement réduit le nombre total de règlements sans se soucier de savoir si ceux supprimés compromettaient la sécurité ou pas ».

Campbell poursuit en expliquant que cette approche s'est poursuivie avec le gouvernement Trudeau. Il donne des exemples illustrant les graves lacunes des régimes réglementaires : le naufrage de la plateforme pétrolière Ocean Ranger en 1982; la catastrophe de la mine Westray en 1992; la contamination de l'eau à Walkerton en 2000; l'épidémie de listériose en 2008; et la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic en 2013. Concernant cette dernière, Campbell écrit que les 47 morts sont « des dommages collatéraux résultant de l'accumulation de politiques convergentes visant à réduire la bureaucratie– politiques qui ont éliminé la responsabilité de l'État de protéger le public – et menant à cette nuit fatidique. Ce fut une tempête parfaite de défaillances réglementaires et de négligence de la part de l'entreprise. » Il souligne qu'aucune réglementation de sécurité adéquate n'a été mise en place pour éviter un événement similaire.

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) a été informé le 25 août de suppressions d'emplois à venir à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), soit environ 320 postes. Dans un rapport du 17 juin, l'ASPC prévoit une baisse de près de 40 % de son financement pour ses fonctions principales et services internes entre 2025-2026 et 2027-2028, ainsi qu'une baisse de près de 30 % des emplois, passant de 3 081 équivalents temps plein en 2025-2026 à 2 167 en 2027-2028.

Cela est distinct de la réduction de 15 % des dépenses sur trois ans demandée à tous les ministères par le ministre des Finances. Le président de l'IPFPC, Sean O'Reilly, a déclaré au Hill Times : « Cela m'inquiète vraiment lorsqu'ils parlent de ces réductions [d'emplois], car lorsqu'on élimine des scientifiques qui surveillent les épidémies, des experts qui s'assurent que notre eau est potable et des spécialistes qui émettent des alertes précoces en cas d'urgence sanitaire, on ne fait pas que supprimer des postes, on joue avec la vie des Canadiens. »

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Cela ne tourne pas rond au Conseil consultatif autochtone du Bureau des grands projets

– Marie Thibault –


Des jeunes autochtones manifestent devant le lieu de la réunion de consultation du premier ministre Carney avec des dirigeants autochtones à Ottawa le 17 juilet 2025.

Le 10 septembre, le bureau du premier ministre Carney a divulgué le nom des 11 membres du Conseil consultatif autochtone (CCA) pour le Bureau des grands projets (BGP)[1]. Le communiqué du bureau du premier ministre se lit : « Le BGP pourra compter sur le leadership et les avis du Conseil consultatif autochtone, composé de 11 représentants des Premières Nations, des Inuits, des Métis et des communautés signataires de traités modernes et d'ententes sur l'autonomie gouvernementale. Ces dirigeants possèdent des connaissances approfondies et une vaste expérience, et contribueront à orienter les travaux du BGP afin de garantir que les grands projets créent des occasions de participation à part entière et de gestion responsable des ressources grâce à une véritable collaboration avec les peuples autochtones. »

Or, sans même avoir consulté sur qui devrait siéger à ce conseil, on affirme ensuite que : « La Loi visant à bâtir le Canada prévoit la tenue de consultations approfondies avec les peuples autochtones. » Étant donné que cette loi a été condamnée par les communautés autochtones, car elle a été imposée sans consultation et contient des mécanismes permettant au gouvernement fédéral de bafouer les droits autochtones au nom de « l'édification nationale », cela revient à jeter de l'huile sur le feu.

Le Conseil consultatif autochtone de Carney est une tentative ratée de faire taire l'opposition aux plans visant à accélérer l'extraction et l'exportation de ressources et les projets d'infrastructure exigés par les riches via le BGP. Il s'agit de diviser les peuples autochtones en désignant des personnes triées sur le volet, choisies, selon le Bureau du Conseil privé, « pour leur expertise et de leur connaissance des grands projets, des droits autochtones et du milieu de la réglementation ». En d'autres termes, leur rôle est de légitimer des projets déjà considérés comme d'intérêt collectif. Ces projets ont déjà été choisis comme étant susceptibles d'attirer des investissements étrangers pour piller les ressources énergétiques et minières du Canada et servir à la transition vers une économie de guerre. Ce n'est pas une coïncidence si plusieurs membres du CCA siègent aux conseils d'administration d'entreprises minières, pétrolières, gazières et de services publics.

Outre le CCA, le gouvernement Carney a mis en place d'autres mesures pour inciter à la participation des communautés autochtones et étouffer l'opposition : « Pour accroître la capacité des peuples autochtones à participer à de grands projets, le gouvernement du Canada s'est engagé à verser 40 millions de dollars sur deux ans pour soutenir les activités de consultation et de préparation des communautés en lien avec la réalisation de grands projets ». L'expression « activités de préparation des communautés » est typiquement utilisée par le gouvernement pour masquer à qui va réellement l'argent et ce qu'il en advient.

Le gouvernement du Canada a également doublé le Programme de garantie de prêts pour les Autochtones pour le porter à 10 milliards de dollars, permettant ainsi à davantage de communautés autochtones « d'acquérir une participation financière sans frais aux grands projets ». Un programme de prêts sans frais ? Faire croire que devenir propriétaire va mettre les peuples autochtones au même niveau que les riches propriétaires du Canada est une illusion grotesque et condescendante.

Certains dirigeants autochtones ont dénoncé le manque de transparence et l'absence de participation autochtone dans la sélection des membres du CCA. La cheffe du Grand Conseil de la Nation Anishinabek, Linda Debassige, a déclaré au Hill Times que les chefs des 39 nations Anishinabek n'avaient reçu aucune information sur la création du conseil et que le rôle de ce dernier est flou. Elle a ajouté : « Nos communautés, nos nations, estiment que les membres du conseil consultatif ne sont pas les détenteurs de droits sur les terres qui seront affectées par les projets proposés. »

Abram Benedict, des Chefs de l'Ontario (représentant 133 Premières Nations), a confirmé qu'ils n'ont pas été consultés, ni invités à soumettre des candidatures. Margaret Froh, présidente de la Nation Métisse de l'Ontario (NMO), a indiqué au Hill Times qu'à l'occasion du Sommet des grands projets métis organisé par Carney le 7 août, les gouvernements métis ont été invités à proposer des noms, ce que la NMO a fait.

La Grande Cheffe Kyra Wilson de l'Assemblée des chefs du Manitoba a déclaré, dans un communiqué du 10 septembre : « Le Canada agit encore une fois sans respecter les voix, la juridiction et l'autorité décisionnelle des Premières Nations du Manitoba. [...] Aucun chef des Premières Nations n'a même été envisagé. Ce n'est pas de l'inclusion – c'est de l'exclusion. [...] Les Premières Nations du Manitoba détermineront leur propre rôle dans ces processus. Ce sont les chefs et leurs nations qui décideront comment elles s'engageront dans ces projets et comment elles donneront leurs orientations. »

Certains dirigeants opposés à l'exclusion des voix autochtones dans les discussions autour du Projet de loi C-5 et à la manière dont les membres du CCA ont été nommés, ont exprimé l'espoir que les peuples autochtones soient réellement impliqués dans la prise de décision. La cheffe Debassige a estimé que le CCA est « une entité vouée à l'échec, et très honnêtement, probablement destinée à servir de bouc émissaire en cas d'échec du Canada. Leur vision de la compensation, c'est faire ce qu'ils veulent maintenant, se faire taper sur les doigts plus tard et verser une indemnité. Mais ce n'est pas la manière de faire des affaires des Premières Nations. »

Lors de l'annonce des 11 membres du CCA le 10 septembre, Mark Carney a affirmé : « Ces dirigeants possèdent des connaissances approfondies et une vaste expérience, et contribueront à orienter les travaux du BGP afin de garantir que les grands projets créent des occasions de participation à part entière et de gestion responsable des ressources grâce à une véritable collaboration avec les peuples autochtones. » Le CCA comprend des membres de la Nouvelle-Écosse, du Québec, de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Il semble avoir été créé pour donner l'apparence d'un appui autochtone aux projets dits d'« intérêt national » menés par le BGP et encadrés par les changements législatifs de la Loi C-5, Loi visant à bâtir le Canada. En réalité, cela camoufle l'opposition massive des peuples autochtones et de nombreux autres citoyens préoccupés par l'environnement social et naturel, qui rejettent a Loi C-5 ainsi que la déréglementation, les politiques de destruction nationale et les stratagèmes pour payer les riches poursuivis par le gouvernement Carney au nom de l' « édification nationale ».

La Coalition des Premières Nations pour les grands projets entame une discussion sur un corridor économique du Manitoba à la Colombie-Britannique

Le Globe and Mail a rapporté le 28 août que la Coalition des Premières Nations pour les grands projets (CPNGP) a entamé des discussions préliminaires sur un projet de corridor économique allant de Churchill, au Manitoba, sur la rive ouest de la baie d'Hudson, jusqu'à Prince Rupert, sur la côte pacifique. En 2022, la CPNGP a reçu 13,5 millions de dollars du gouvernement fédéral pour appuyer sa mission de promotion de la participation autochtone aux projets de ressources naturelles, y compris les minéraux critiques. Mark Podlasly, PDG de la coalition, a déclaré que les membres sont intéressés à participer à de grands projets.

Créée en 2017, la CPNGP se décrit comme « un regroupement national de plus de 170 Premières Nations comprenant des conseils élus, des chefs héréditaires, des conseils tribaux et des sociétés de développement, qui ont décidé de s'unir pour faire avancer leurs intérêts communs dans la participation, et le cas échéant, l'acquisition de parts dans les grands projets ayant lieu sur leurs territoires. »

La coalition précise : « Sous notre large mandat, la CPNGP fournit à ses membres les outils, les connaissances et les conseils nécessaires pour prendre des décisions d'affaires libres, préalables et éclairées concernant leur participation aux projets majeurs de ressources naturelles et d'infrastructure. Nos services visent à soutenir les intérêts économiques, environnementaux et en matière de politiques publiques de nos membres, de manière non politique et axée sur les affaires. » Il est indiqué que le CPNGP est désormais actif dans 18 grands projets situés dans trois régions différentes du Canada. L'organisation précise également qu'elle tient à rester neutre vis-à-vis des projets et des secteurs d'activité. Le CPNGP ne fera pas la promotion ni ne s'opposera à une industrie ou à un projet en particulier, et affirme en outre être non politique. Plus précisément, le CPNGP ne prend pas de positions politiques, et n'intervient pas dans les questions relatives aux droits issus des traités, aux frontières territoriales ou aux questions de droits et titres en général. »

Note

Les biographies des membres du Conseil consultatif autochtone sur les grands projets peuvent être consultées sur leur site Web :
- Kluane Adamek, Première Nation de Kluane, Yukon
- Chef Darcy Bear, Première Nation des Dakota de Whitecap, Saskatchewan
- Vanessa Doig, Makivvik, Nord-du-Québec
- P Gladu, Bingwi Neyaashi Anishinaabek, Ontario (M. Gladu siège aux conseils d'administration de Suncor, de l'Institut des administrateurs de sociétés, de Superior Plus, ainsi qu'au forum de responsabilité d'entreprise de BHP et au comité de la durabilité de Domtar. Il a obtenu un diplôme de technicien forestier au Sault College, un diplôme de premier cycle en foresterie à la Northern Arizona University, une maîtrise en administration des affaires pour cadres à l'Université Queen's, le titre de l'Institut des administrateurs de sociétés à la Rotman School of Management de l'Université de Toronto, un doctorat honorifique en droit à l'Université Carleton en 2024 et un doctorat honorifique en commerce à l'Université Lakehead en 2025.)
- Victoria LaBillois, Première Nation des Mi'gmaq de Listuguj, Québec
- Grand Chef Trevor Mercredi, Première Nation de Beaver (Traité no 8), Alberta
- Chef Terry Paul, Première Nation de Membertou, Nouvelle-Écosse
- Lorne Pelletier, Fédération des Métis du Manitoba, Manitoba
- Christy Sinclair, Nunavut Tunngavik Inc., Nunavut
- Crystal Smith, Nation Haisla, Colombie-Britannique (Crystal est, entre autres, présidente de l'Alliance des Premières Nations pour le GNL, ancienne directrice de l'Initiative des Premières Nations sur le climat, membre du conseil d'administration de Taseko Mines et membre du conseil consultatif autochtone de TC Energy. Ses réalisations lui ont valu d'être nommée Femme d'affaires de l'année de la Colombie-Britannique, récipiendaire du Forum des politiques publiques, personnalité de l'année dans le domaine de l'énergie et de recevoir la Médaille du couronnement de Charles III.
- Matt Vermette, Nation métisse de la Saskatchewan, Saskatchewan

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Les voyages à l'étranger de Mark Carney

Vendre le Canada comme un « partenaire fiable » pour les monopoles et les machines de guerre des États-Unis et d'Europe

– Hilary LeBlanc –

Le premier ministre du Canada poursuit ses voyages en Europe dans le but de « renforcer les relations avec les alliés européens et à promouvoir la coopération dans des domaines importants, notamment le commerce, l'énergie, les minéraux critiques et la défense collective ».

Selon Mark Carney, « alors que notre monde devient de plus en plus dangereux et divisé, le Canada travaille à renforcer et à diversifier ses partenariats internationaux. Le Canada intensifie sa coopération avec ses alliés européens de longue date dans les domaines du commerce, de l'énergie et de la défense. Ensemble, nous allons accroître la sécurité, la stabilité et la prospérité des deux côtés de l'Atlantique. »

Loin d'accroître « la sécurité, la stabilité et la prospérité des deux côtés de l'Atlantique », les réunions et déclarations de Mark Carney montrent l'essence même de la poursuite irresponsable par son gouvernement de la militarisation de l'économie et de l'engagement dans la production de guerre, qui, selon lui, fera du Canada la première économie du G7. Il va jusqu'à affirmer qu'en piétinant l'environnement social et naturel ainsi que les droits inhérents des peuples qui composent le Canada et ceux des pays d'Europe, le Canada remplacera les États-Unis comme gardien mondial du pouvoir responsable de protéger les intérêts impérialistes anglo-américains.

Mark Carney a résumé cela de manière succincte le 22 septembre lorsqu'il s'est adressé au Conseil des relations extérieures (CRE) à New York, en marge de la 80e Assemblée générale des Nations unies, où c'est la ministre canadienne des Affaires étrangères qui a pris la parole, et non M. Carney. Sans nommer les États-Unis, M. Carney a qualifié les récents changements dans le commerce et les relations internationales de « transition ». Il a déclaré : « Il s'agit d'une rupture » et ajouté que le Canada pouvait prospérer dans cette situation.

L'idée que le Canada puisse prospérer dans la situation de « rupture » créée par le président des États-Unis, Donald Trump, semble séduire M. Carney, qui utilise constamment le jargon des vendeurs d'intérêts bancaires à la recherche de fonds d'investissement.

Qualifiant le Canada de « puissance moyenne », M. Carney a présenté le Canada comme un partenaire commercial fiable qui offre aux autres pays ce qu'ils souhaitent en termes de ressources humaines et naturelles et d'élimination des réglementations protégeant ces ressources. Se vantant que son gouvernement a « supprimé toutes les barrières fédérales au commerce interprovincial », il a déclaré : « Nous avons adopté une loi historique pour accélérer la mise en oeuvre de projets représentant littéralement des centaines de milliards de dollars dans les domaines de l'énergie, de l'intelligence artificielle, des minéraux critiques et des nouveaux corridors commerciaux. Nous doublons nos dépenses de défense d'ici 2030. Nos capacités fondamentales en matière de défense, d'intelligence artificielle, de technologie quantique, de cybersécurité et de minéraux critiques offrent des opportunités uniques à double usage [civil et militaire] et des avantages économiques, et nous avons l'intention de les exploiter pleinement. »

Mark Carney a précisé : « Nous diversifions nos relations commerciales et nos partenariats en matière de sécurité. Nous avons signé l'accord le plus complet jamais conclu avec l'Union européenne conclu par un pays non membre de l'UE, le Partenariat de sécurité et de défense entre l'Union européenne et le Canada. Nous l'avons signé à la fin du mois de juin. [...] Nous sommes en bonne voie pour devenir un membre à part entière du SAFE, l'accord européen de défense, ce qui nous permet de diversifier et d'accélérer nos acquisitions dans le domaine de la défense. »

La question fondamentale de la politique étrangère de Mark Carney est de savoir qui est ce « nous » dont il parle avec tant de désinvolture. Lorsque nous disons Qui décide, nous décidons, cela met sur la table des décisions prises par un « nous ». Cela place les décisions au centre de la question du pouvoir, de l'énergie humaine.

Ce qui est fondamental dans nous décidons, c'est que nous rendons les jugements. Le « nous » renvoie à celles et à ceux qui portent des jugements, aux peuples qui font l'histoire. Tout ce contenu se perd aujourd'hui, lorsque la classe dirigeante affirme avec désinvolture que ses intérêts constituent le « nous, le peuple ». Quand Mark Carney parle, il n'y a ni argument, ni raisonnement. Seulement de l'incohérence.

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Voyages de fin août

Visite en Pologne

Du 25 au 27 août, le premier ministre Mark Carney s'est rendu en Pologne, en Allemagne et en Lettonie. En Pologne, selon les médias, il a rencontré des chefs d'entreprise afin de promouvoir de nouveaux partenariats industriels dans des secteurs clés, notamment l'énergie, la défense et l'aérospatiale.

Dans un communiqué de presse annonçant son voyage, Mark Carney a déclaré : « Alors que notre monde devient de plus en plus dangereux et divisé, le Canada travaille à renforcer et à diversifier ses partenariats internationaux. Le Canada intensifie sa coopération avec ses alliés européens de longue date dans les domaines du commerce, de l'énergie et de la défense. Ensemble, nous allons accroître la sécurité, la stabilité et la prospérité des deux côtés de l'Atlantique. »

Le 25 août, le premier ministre Carney a rencontré le premier ministre polonais Donald Tusk et le président polonais Karol Nawrocki. Selon les informations parues dans la presse, la question principale abordée a été l'Ukraine, Mark Carney affirmant le soutien du Canada à ce pays et soulignant l'aide militaire annoncée lors du sommet des dirigeants du G7 à Kananaskis, en Alberta, en juin.

Le communiqué publié à l'issue de la rencontre entre Mark Carney et Donald Tusk indique que « les dirigeants ont réaffirmé leur soutien inébranlable à l'Ukraine face à l'invasion russe et ont salué l'ouverture des États-Unis à fournir des garanties de sécurité afin de soutenir la paix et la sécurité à long terme en Ukraine et en Europe. Ils ont souligné la nécessité de garanties de sécurité fermes et crédibles et du maintien de la pression sur la Russie. Le premier ministre Carney et le premier ministre Tusk ont également souligné qu'aucune décision concernant l'Ukraine ne doit être prise sans l'Ukraine, et qu'aucune décision concernant l'Europe ne doit être prise sans l'Europe. »

Cette position n'est qu'une simple réitération du soutien honteux du Canada aux néonazis en Ukraine. Étant donné que Trump négocie à plusieurs reprises avec Poutine au sujet de l'Ukraine, ces affirmations concernant des décisions « sans » l'Ukraine et l'Europe ne sont que des paroles en l'air prétentieuses.

Le Canada et la Pologne ont également discuté des « possibilités d'expansion du commerce et des investissements, notamment par le biais d'une coopération dans les domaines des minéraux critiques, de l'énergie et de l'industrie de la défense ».

Ils ont publié une déclaration commune sur le renforcement du « partenariat stratégique entre le Canada et la Pologne ».

La déclaration commune a traité de plusieurs sujets sous le titre « Un partenariat économique solide », dans les sections suivantes : énergie, défense, aviation, coopération liée au commerce, coopération en matière de sécurité et de défense, Ukraine, sécurité maritime, cybersécurité, informations étrangères, renseignement, coopération militaire, interopérabilité, évolution des menaces pour la sécurité et sécurité des frontières. Dans chaque domaine, des engagements de collaboration ont été pris, notamment des initiatives telles que : « Les deux gouvernements chercheront à accroître considérablement la participation de l'industrie lors des grandes foires commerciales, telles que CANSEC 2026 (mai 2026, Ottawa, Canada) et la 34e Exposition internationale de l'industrie de la défense (septembre 2026, Kielce, Pologne), » où le Canada sera « le pays responsable ». Dans le cadre de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (AECG), de l'UE et de l'OTAN, les deux dirigeants ont déclaré qu'ils renforceraient leurs relations commerciales, leur coopération militaire et policière, etc.

Concernant la mise en oeuvre, la déclaration commune stipule : « Afin de mettre en oeuvre ce partenariat stratégique renforcé, le Canada et la Pologne tiendront des consultations annuelles entre leurs représentants. De plus, un groupe directeur sur la coopération bilatérale sera créé et regroupera de hauts fonctionnaires des ministères concernés. Ce groupe sera coprésidé par les ministères des Affaires étrangères et sera formé de hauts fonctionnaires des ministères concernés des deux pays. Il supervisera la réalisation des initiatives déterminées par les deux pays et rendra compte chaque année des progrès réalisés à leurs ministres et aux chefs de gouvernement des deux pays. La coopération bilatérale pourrait également donner lieu à la signature de protocoles d'entente respectifs à l'avenir. »

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Rencontres en Allemagne

Lors de sa visite en Allemagne le 26 août, le premier ministre Mark Carney a rencontré le chancelier allemand Friedrich Merz fin « de promouvoir une coopération économique plus étroite et d'aborder les défis urgents liés à la sécurité mondiale », a rapporté Affaires mondiales Canada. Le premier ministre aurait également rencontré « des dirigeants d'entreprise afin de favoriser de nouvelles possibilités d'investissement et d'assurer la résilience des chaînes d'approvisionnement dans les domaines de l'énergie et des ressources naturelles, en particulier les minéraux critiques ».

Mark Carney était accompagné du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, de la ministre de l'Industrie et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Mélanie Joly, et du ministre de la Défense nationale, David J. McGuinty.

Un « nouveau partenariat entre le Canada et l'Allemagne sur les minéraux critiques et l'énergie » a été annoncé dans un communiqué du cabinet du premier ministre le 26 août. Il annonce «  une déclaration d'intention commune afin de resserrer leur coopération dans l'objectif de sécuriser les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques, d'accroître la collaboration à l'égard de la recherche et du développement et de cofinancer de nouveaux projets en matière de minéraux critiques qui contribuent à une variété d'industries, de la fabrication de véhicules électriques à la défense, en passant par l'aérospatiale ». Il précise que « l'annonce d'aujourd'hui s'ajoute aux engagements pris au Sommet du G7 de 2025, qui s'est tenu à Kananaskis, en Alberta, où les dirigeants ont annoncé le Plan d'action sur les minéraux critiques du G7 et salué l'instauration de l'Alliance sur la production de minéraux critiques ».

Chaque pays a nommé un envoyé spécial « pour faire progresser ce partenariat ». Pour le Canada, il s'agit d'Isabella Chan, sous-ministre adjointe principale pour le Secteur des terres et des minéraux chez Ressources naturelles Canada, et pour l'Allemagne, de Matthias Koehler, directeur général adjoint des politiques sur les matières premières de l'Allemagne.

Plusieurs accords entre des entreprises canadiennes et allemandes ont été annoncés dans la déclaration.

Mark Carney et le chancelier Merz ont réaffirmé leur soutien à la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN en Ukraine. Reprenant les termes utilisés par la Pologne, le communiqué indique qu'ils ont souligné qu'« aucune décision concernant l'Ukraine ne devrait être prise sans l'Ukraine, et aucune décision concernant l'Europe ne devrait être prise sans l'Europe ».

Ils ont également discuté de la collaboration dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL) et de l'hydrogène dans le cadre du Partenariat énergétique Canada-Allemagne (une initiative du ministère des Ressources naturelles du Canada et du ministère fédéral allemand des Affaires économiques et de l'Énergie créée en mars 2021) et de l'Alliance Canada-Allemagne pour l'hydrogène (une déclaration d'intention conjointe visant à établir cette alliance a été signée le 23 août 2022 à Stephenville, Terre-Neuve-et-Labrador) « afin d'établir un corridor commercial transatlantique pour l'hydrogène qui favorisera la transition vers l'énergie propre et renforcera la sécurité énergétique ».

Le 25 août, le gouvernement canadien a annoncé qu'il avait réduit la liste des candidats pour le contrat de construction des nouveaux sous-marins de la marine à deux soumissionnaires : l'allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et le sud-coréen Hanwha Ocean Ltd. En Allemagne, Mark Carney a été interrogé sur la question de savoir si le Canada négocierait avec un soumissionnaire privilégié ou s'il organiserait un appel d'offres ouvert, ce à quoi il a simplement répondu que le processus serait « équitable et transparent ». Apparemment si équitable et transparent que le public n'en saura rien. M. Carney a visité le chantier naval de TKMS le 26 août et a déclaré qu'il se rendrait au chantier naval de Hanwha en Corée du sud cet automne.

Discours du ministre de l'Énergie devant des entreprises
canadiennes et allemandes

Le 27 août, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, qui accompagnait Carney en Allemagne, a prononcé un discours à l'ambassade du Canada à Berlin intitulé « Assurer l'avenir : Renforcer la coopération canado-allemande en matière de sécurité énergétique transatlantique ». Il a commencé son discours en déclarant que « l'Allemagne est le pilier économique de l'Europe, continent aux prises avec son conflit le plus meurtrier depuis la Deuxième Guerre mondiale », que le Canada est en conflit commercial avec les États-Unis et qu'en sa qualité de ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, « cela signifie que nous repensons de toute urgence nos façons de développer, d'exporter et de valoriser nos ressources énergétiques et naturelles ».

Tim Hodgson s'est concentré sur la manière de présenter le Canada comme un marché attractif et largement ouvert aux investissements des entreprises allemandes, en s'appuyant sur son expertise dans le domaine du capital-investissement privé. Il a déclaré :

« Comme j'ai passé une grande partie de ma carrière à allouer des capitaux, je sais ce à quoi pensent les dirigeants d'entreprises présents dans cette salle, qu'ils soient allemands ou canadiens. Les projets peuvent-ils être approuvés en temps voulu ? Les règles demeureront-elles les mêmes une fois la décision d'investir prise ? Les chaînes d'approvisionnement peuvent-elles croître assez rapidement pour répondre aux délais du marché ?[c'est-à-dire être en mesure de répondre aux périodes de forte demande et ainsi réaliser un maximum de profits.]

« Tout ce que je vais vous dire aujourd'hui se rattache à une seule question : 'Comment faire du Canada un pays attrayant pour les investissements à grande échelle afin de soutenir nos propres industries et nos alliés les plus proches ?'

« La réponse commence par un texte législatif que le Parlement canadien a adopté à la fin de juin, la Loi visant à bâtir le Canada.

« Il s'agit de la réforme du mode de réalisation des grands projets du Canada la plus importante depuis des décennies. Elle nous permet de désigner et de faire progresser rapidement des projets d'intérêt national : énergie, mines et infrastructures qui soutiennent le PIB et diversifient les marchés d'exportation ou en ouvrent de nouveaux. Elle encourage les gouvernements, les ministères, l'industrie et les peuples autochtones à collaborer plutôt que de se retrancher dans des silos. Elle établit des échéanciers pour les décisions ainsi qu'une responsabilisation par l'entremise d'un nouveau Bureau des grands projets, dont le lancement aura lieu cette semaine. »

En tant que vendeur des monopoles énergétiques et militaires, Mark Carney ne mentionne pas que la Loi visant à bâtir le Canada continue d'être largement contestée et rejetée par les peuples autochtones et les peuples du Canada et du Québec.

Il a poursuivi en disant que le Canada diversifie ses relations commerciales afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis. Il a déclaré :

« Avec nos alliés à l'étranger, nous établissons de nouveaux partenariats dans le monde ou les renforçons afin de soutenir une stratégie industrielle axée sur la stimulation des investissements, l'amélioration et la diversification des échanges commerciaux, le soutien à la sécurité nationale et aux chaînes d'approvisionnement, la création d'emplois bien rémunérés, ainsi qu'en faisant du Canada une superpuissance de l'énergie propre et de l'énergie classique.

« Avec l'Allemagne, nous faisons progresser notre partenariat économique et sécuritaire mutuellement bénéfique, notamment en tirant parti des possibilités déjà offertes par l'Accord économique commercial global et en collaborant dans des domaines allant des minéraux critiques à l'énergie, ainsi qu'à la défense et à la sécurité. »

Il a fait valoir que la Russie « a utilisé l'énergie comme arme » dans son action militaire en Ukraine lancée en 2022, ce qu'il a qualifié de rappel que l'énergie n'est pas seulement une question économique. « Elle touche la sécurité nationale. Elle est au coeur de l'industrie et du secteur manufacturier. Elle englobe aussi la souveraineté. »

Tim Hodgson a déclaré que le Canada pouvait être le partenaire de l'Allemagne afin que « le choc de 2022 ne se reproduise jamais pour aucune ressource », car le Canada et l'Allemagne partagent « des valeurs communes et des intérêts communs ».

Le ministre canadien de l'Énergie a déclaré : « Nous avons en commun la foi dans la démocratie et la libre concurrence. Nous croyons tous deux à un ordre international fondé sur les règles. Nous croyons, en outre, que les ressources nécessaires pour défendre nos frontières, faire fonctionner les usines et chauffer les foyers ne devraient jamais servir d'arme politique. »

« En termes simples, le Canada cesse de se demander s'il faut construire et se concentre désormais sur la manière de le faire. Nous passons de l'attente à l'action pour répondre aux besoins des Canadiens ici et de nos alliés à l'étranger.

« Pour les investisseurs ici présents, cela veut dire que lorsqu'ils investissent, ils ont l'assurance de voir leurs projets menés à terme. Autrement dit, le Canada est de nouveau en affaires », a déclaré Tim Hodgson.

Affirmant que le Canada peut fournir à l'Allemagne un approvisionnement énergétique sûr, il a mis l'accent sur le GNL. Lorsque l'Allemagne achète du GNL canadien, il s'agit d'un approvisionnement « qui ne peut pas être détourné à des fins politiques ou de coercition » et qui permettra à l'Allemagne d'atteindre ses objectifs climatiques. Il a également vanté les mérites de l'hydrogène propre canadien et a souligné que les projets visant à l'acheminer vers l'Allemagne progressaient.

En ce qui concerne les minéraux critiques, Tim Hodgson a souligné que la Chine domine l'approvisionnement, ce qui constitue un risque pour les industries, la compétitivité et la souveraineté allemandes et canadiennes.

Il a conclu son discours par une citation de Konrad Adenauer, qu'il a qualifié de l'un des plus grands hommes d'État allemands. « 'C'est quand tout le monde pense que c'est terminé qu'il faut commencer.' Ce n'est vraiment que le début d'un partenariat énergétique et sécuritaire qui guidera nos continents et nos partenaires pour les quatre prochaines années, et pour les quatre prochaines décennies », a-t-il déclaré.

Konrad Adenauer a été le premier chancelier de l'Allemagne de l'Ouest de 1949 à 1963. Il est connu pour avoir retardé le processus de dénazification en Allemagne de l'Ouest au nom de la reprise économique.

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Renforcement de la présence canadienne
au sein de l'OTAN en Lettonie

En Lettonie, Carney aurait « cherché à renforcer les échanges commerciaux, notamment dans le secteur de la défense ». Le premier ministre a également rendu visite aux membres des Forces armées canadiennes déployés dans le cadre de l'opération REASSURANCE, qui s'inscrit dans la tentative prétentieuse des États-Unis et de l'OTAN de mettre la Russie à genoux.

Le 26 août, Carney a rencontré la première ministre letton, Evika Silina, à Riga, où il a annoncé le renouvellement de l'opération REASSURANCE pour trois années supplémentaires. Lancée en 2014, l'opération REASSURANCE reste la plus grande mission à l'étranger des Forces armées canadiennes, avec 2 000 soldats actuellement déployés. Elle devait initialement prendre fin en 2026.

Le communiqué du cabinet du premier ministre indique : « Ce renouvellement permettra de maintenir les effectifs et les capacités militaires de la brigade en Lettonie – et ainsi de renforcer notre défense collective et la coopération en matière de sécurité et de préserver la forte présence de l'OTAN sur le flanc est. En tant que pays-cadre, le Canada dirige la Brigade multinationale de l'OTAN en Lettonie, une formation d'environ 3 000 militaires de 14 pays Alliés de l'OTAN. [...] Dans le cadre de l'opération REASSURANCE, les membres des Forces armées canadiennes sont sur la ligne de front, aux côtés de nos Alliés de l'OTAN, pour renforcer la défense sur le flanc est de l'Europe. Leur dévouement et leur professionnalisme aident à dissuader les menaces, à protéger la région et à préserver les valeurs démocratiques qui favorisent la paix et la sécurité au pays comme à l'étranger. Le Canada est fier d'être solidaire de ses Alliés et de contribuer à cette mission vitale. »

Mark Carney était accompagné du ministre de la Défense, David McGuinty. Ils ont rendu visite aux troupes canadiennes et McGuinty a assuré aux militaires que les chars et les équipements vieillissants seraient remplacés grâce aux 9,3 milliards de dollars supplémentaires que le gouvernement consacre à l'armée pour l'exercice budgétaire en cours. Tout au long de la visite, Carney a été guidé par le colonel Kris Reeves, commandant de la brigade canadienne, et le major-général Jette Albinus, commandant danois de la division de l'OTAN en Lettonie.

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Autres liens peu recommandables avec l'Ukraine

– Steve Rutchinski –

Le premier ministre Mark Carney a effectué une visite officielle en Ukraine le 24 août. L'objectif de cette visite était de permettre à Carney et au président ukrainien Volodymyr Zelensky de réaffirmer leur engagement à poursuivre la guerre ratée menée par les États-Unis et l'OTAN dans le but de détruire la Russie, sous prétexte de défendre les nobles « idéaux » que sont « des valeurs démocratiques communes, le respect de la souveraineté et du droit international ainsi que sur le principe selon lequel la force ne peut pas permettre de modifier les frontières ».

Les dirigeants ont réitéré leur engagement commun à « lutter contre l'agression de la Russie, à protéger la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues, y compris dans ses eaux territoriales, et à renforcer leurs relations bilatérales dans les secteurs de la sécurité, de la défense et de l'économie ainsi que dans les sphères sociales et humanitaires ». Ils ont souligné l'importance « que l'Ukraine obtienne des garanties de sécurité fiables dans le cadre de tout accord de paix ». Le Canada participe activement à la « coalition des volontaires », qui vise à « à procurer à l'Ukraine des garanties de sécurité fermes qui préviendront toute nouvelle agression ».

Mark Carney, évoquant la participation du Canada à la « coalition des volontaires », a confirmé que le soutien à l'Ukraine pourrait inclure la participation de troupes canadiennes en Ukraine, sans préciser s'il s'agirait d'une mission de formation ou d'une force de maintien de la paix.

Dans le cadre de l'accord de coopération en matière de sécurité de 2024, le Canada continuera à fournir une assistance militaire et technique, notamment en formant les forces armées ukrainiennes, en améliorant la formation militaire professionnelle conformément aux normes de l'OTAN et en soutenant les efforts humanitaires de déminage. Le Canada et l'Ukraine se sont engagés à mener des projets de défense conjoints, notamment en équipant les forces armées ukrainiennes.

Ils se sont félicités de la signature d'une lettre d'intention entre le ministère ukrainien de la Défense et le ministère canadien de la Défense nationale visant la production conjointe de matériel de défense dans les deux pays. Les deux pays ont exprimé leur intérêt pour l'expansion du commerce et des investissements bilatéraux, en particulier dans le cadre de la reprise économique de l'Ukraine, en vertu de l'accord de libre-échange qui est entré en vigueur le 1er juillet 2024.

Ils ont discuté de projets énergétiques communs dans les domaines de l'hydroélectricité, des petits réacteurs modulaires et du secteur pétrolier et gazier, et ont convenu d'approfondir leur coopération en matière de sécurité énergétique, notamment la cybersécurité, la protection des infrastructures et les technologies modernes visant à atténuer les menaces hybrides et d'origine humaine.

Le Canada s'engage à fournir davantage d'armes à l'Ukraine

Un communiqué de presse publié le 24 août par le bureau du premier ministre indique notamment :

« Lors du Sommet du G7, qui s'est tenu à Kananaskis en juin dernier, le Canada s'est engagé à verser une aide militaire supplémentaire de 2 milliards de dollars à l'Ukraine. Aujourd'hui, le premier ministre Carney a annoncé que le gouvernement du Canada allait répartir ces fonds comme suit :

« 835 millions de dollars pour l'achat d'une gamme d'équipements essentiels à l'Ukraine, y compris des véhicules blindés, du matériel médical, des pièces de rechange, des armes légères, des munitions et des explosifs ainsi que des capacités de drones supplémentaires et d'autres équipements et fournitures dont l'Ukraine a besoin de toute urgence.

« Environ 680 millions de dollars (500 millions de dollars américains) pour l'achat d'équipements militaires américains figurant sur la liste des besoins prioritaires de l'Ukraine établie par l'OTAN, afin de renforcer les capacités de défense aérienne de l'Ukraine et de fournir d'autres formes d'aide militaire dont le pays a besoin de toute urgence.

« 220 millions de dollars pour l'achat de capacités de drones, de contre-drones et de guerre électronique, y compris des investissements dans des coentreprises entre les industries de l'Ukraine et du Canada, conformément à la lettre d'intention sur la production conjointe de matériel de défense entre le Canada et l'Ukraine.

« 165 millions de dollars pour soutenir les efforts déployés par le Canada au sein des coalitions axées sur les capacités du Groupe de contact sur la défense de l'Ukraine, notamment les efforts visant à fournir des capacités essentielles aux forces armées ukrainiennes.

« 100 millions de dollars pour l'acquisition de munitions et d'explosifs dans le cadre de l'Initiative tchèque en matière de munitions.

« Le premier ministre a également annoncé une contribution supplémentaire de plus de 31 millions de dollars pour l'aide humanitaire et la réalisation d'investissements dans des initiatives visant à lutter contre les attaques numériques et les menaces changeantes qui pèsent sur la démocratie ukrainienne. »

Depuis février 2022, le Canada a engagé près de 22 milliards de dollars dans une aide multiforme à l'Ukraine, « la contribution financière par habitant la plus élevée parmi les pays du G7 ».

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Un néonazi accueilli en héros au Canada est assassiné en Ukraine

– N. Ribar –

Le 30 août, l'une des figures clés du coup d'État de 2014 en Ukraine, qui avait renversé le gouvernement démocratiquement élu de l'époque, Andriï Volodymyrovych Paroubiy, a été tué en plein jour par un tireur non identifié dans la ville de Lvov, dans l'ouest de l'Ukraine. Selon les témoignages et les vidéos, il a été atteint de huit balles dans le dos avant que le coupable ne s'enfuie à toute vitesse sur un vélo électrique. Un suspect, originaire de Lvov comme Paroubiy, a été arrêté le 1er septembre. Cette personne a par la suite admis avoir commis le crime, le qualifiant d'acte de « vengeance personnelle contre les autorités ukrainiennes ».

Paroubiy commémorant le leader nazi ukrainien de la Deuxième Guerre mondiale Stepan Bandera.

Andriï Paroubiy était le cofondateur du Parti social-national d'Ukraine, un parti néonazi créé en 1991, et l'ancien chef du groupe paramilitaire fasciste Patriotes d'Ukraine. Ces deux organisations soutenaient les crimes historiques des collaborateurs fascistes ukrainiens, dirigés par Stepan Bandera, et prônaient une Ukraine nationaliste de nos jours, notamment par l'intermédiaire du parti fasciste Secteur droit, puis des bataillons néonazis Azov et Aidar.

Dans le cadre de ses fonctions institutionnelles, Andriï Paroubiy a occupé le poste de secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine immédiatement après le coup d'État de Maïdan, et aurait été impliqué dans l'organisation du tristement célèbre massacre de dizaines de personnes à la Maison des syndicats d'Odessa en mai 2014. Après le coup d'État, il a été vice-président de la Verkhovna Rada, le Parlement ukrainien, de 2014 à 2016, puis président de 2016 à 2019. Il est resté député dans cette même institution jusqu'à son mort. Son influence au sein des institutions ukrainiennes après Maïdan était également soutenue par Oleh Tyahnybok, chef du parti d'extrême droite Svoboda et alors vice-premier ministre de l'Ukraine.

En 2018, alors qu'il était président du Parlement ukrainien, Andriï Paroubiy a déclaré à la télévision ukrainienne qu'Adolf Hitler était le « plus grand démocrate » de l'histoire, avertissant dans ce discours « de ne pas oublier les contributions du Führer au développement de la démocratie ». Il a déclaré : « Le plus grand homme qui ait pratiqué la démocratie directe était Adolf Hitler dans les années 1930 », ajoutant qu'il était « nécessaire d'introduire la démocratie directe en Ukraine, avec Hitler comme porte-drapeau »[1]. Un article de CNN publié en 2014 révèle également que Andriï Paroubiy a nommé un membre du secteur d'extrême droite au poste de vice-président des forces d'autodéfense de Maïdan, ce qui a entraîné une augmentation des attaques racistes contre les juifs dans l'ouest de l'Ukraine[2].


Andriï Paroubiy avec Justin Trudeau

En février 2015, le gouvernement Harper a réservé un accueil triomphal à Andriï Paroubiy lors de son arrivée au Canada. Et en juillet 2016, le gouvernement Trudeau l'a également accueilli au Canada, à l'instar de nombreux autres pays occidentaux. Andriï Paroubiy était connu pour être un ami proche de l'ancienne vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

Il n'est pas clair qui a assassiné Andriï Paroubiy, ni pour quels motifs, et il serait vain de spéculer à ce sujet. Toutefois, il faut souligner que cet événement est symptomatique de l'anarchie et du chaos généralisés qui règnent actuellement en Ukraine, où des hommes, jeunes et moins jeunes, sont arrachés à la rue pour être envoyés au front, où l'intimidation d'État est utilisée comme seule force de coercition, où la Constitution du pays est bafouée et où toutes les limites légales imposées à l'État ont été supprimées, et que la population est épuisée jusqu'au dernier dollar et jusqu'à la dernière vie humaine pour poursuivre l'effort de guerre contre la Fédération de Russie.

Une telle situation est tragique avant tout pour le peuple ukrainien, qui doit accepter le fait que cette destruction délibérée de son pays est son triste destin. Il faut s'interroger sur les motivations des politiciens occidentaux qui, au lieu de rechercher une paix bénéfique pour tous, continuent de pousser à la guerre. À la lumière de l'accord actuel entre les États-Unis, l'Union européenne et l'Ukraine, les premiers produisant les armes, les deuxièmes les finançant, et les troisièmes sacrifiant la vie de leur population, certains souffrent, mais seuls les Ukrainiens paient le prix le plus élevé. L'Occident, pour sa part, est prêt à se battre « jusqu'au dernier Ukrainien », comme l'ont déclaré à plusieurs reprises ses politiciens.

Cela inclut apparemment ceux qui leur ont été utiles auparavant pour atteindre leurs propres objectifs. C'est la seule conclusion possible lorsque des cerveaux comme Andriï Paroubiy, à l'origine des causes profondes de la guerre actuelle, sont abattus dans la rue à la manière de gangsters. Lorsqu'une personne meurt de cette manière, elle emporte avec elle dans la tombe non seulement ses crimes, mais aussi des informations sur toutes ses activités et sur l'État ukrainien actuel. C'est un système qui dévore les siens sur ordre de maîtres étrangers. C'est un système sans avenir, seulement promis à l'autodestruction.

Vasily Prozorov, ancien officier du Service de sécurité de l'Ukraine, s'est contenté de commenter la mort de Andriï Paroubiy en déclarant que celui-ci avait « le sang de milliers d'Ukrainiens innocents » sur les mains, qu'il avait envoyé des milices néonazies à Odessa et dans le Donbass, qu'il les avait armées et qu'il était responsable du massacre des militants anti-Maïdan à la Maison des syndicats d'Odessa.

Notes

1. « Ukrainian speaker Andriy Parubiy slammed for praising Hitler as history's 'greatest democrat' », Morning Star, 5 septembre 2018

2. « Rein in Ukraine's neo-fascists », David Speedle, CNN, 6 mars 2014

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Voyages en septembre aux États-Unis et au Royaume-Uni

Discours au Conseil des relations extérieures

– Yi Nicholls –

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a prononcé un discours devant le Conseil des relations extérieures (CRE), de New York, le 22 septembre. Le CRE est un groupe de réflexion influent auprès des dirigeants étasuniens. Le discours portait sur « les priorités de la politique étrangère du Canada et la nouvelle économie mondiale. » Le Canada, a déclaré Mark Carney, bien qu'étant une « puissance moyenne », a ce qu'il faut pour faire face à une situation internationale où « l'ordre fondé sur des règles s'érode, la rivalité entre grandes puissances s'intensifie et les modèles autoritaires se durcissent. [...] Nous avons prospéré sous l'ancien système, et nous avons pu poursuivre une politique étrangère fondée sur des valeurs, sur un système commercial multilatéral fondé sur des règles, un système financier mondial ouvert. »

Mark Carney a décrit les changements en cours aux États-Unis et dans leur politique étrangère comme une « rupture » par rapport aux arrangements passés. Il a dit que Canada devait remplir l'espace laissé par le déclin de l'influence et de la fiabilité des États-Unis afin de se donner, à lui-même et aux autres, de la stabilité. Il a déclaré que le Canada « a ce que le monde veut ».

Mark Carney a précisé :  «  Prenons, par exemple, notre secteur de l'énergie. Nous sommes une superpuissance énergétique de plus en plus visible. À l'heure actuelle, 85 % de notre énergie est propre. Nous sommes l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié et nous possédons certaines des plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Pour vous donner une idée, nous mesurons les ajouts à notre réseau électrique en tranches de 10 gigawatts. Nous figurons parmi les cinq premiers pays possédant les dix minéraux critiques les plus importants au monde. Au total, 40 % des sociétés minières cotées en bourse dans le monde sont situées au Canada. Nous sommes l'un des principaux développeurs d'intelligence artificielle, ou IA, et nos universités de recherche figurent parmi celles qui produisent le plus grand nombre de personnes de talent en IA, en informatique et en quantique au monde. [...] Nous disposons de capitaux. Nos fonds de pension comptent parmi les investisseurs en infrastructures les plus sophistiqués au monde, voire les plus sophistiqués. [...] Et nous avons un gouvernement qui a encore la capacité budgétaire pour agir de manière décisive à un moment où les gouvernements doivent le faire. »

Un véritable vendeur au service d'intérêts privés supranationaux, s'il en est.

Sans le dire directement, Mark Carney a ensuite évoqué les « valeurs partagées » (contrairement à ceux qui ne partagent pas ces « valeurs universelles » ou « canadiennes »). Selon lui, le Canada peut prospérer dans la situation incertaine actuelle parce qu'il possède « des valeurs auxquelles une grande partie du monde – pas tout le monde; une grande partie du monde – aspire encore. Notre société plurielle fonctionne bien. Nos villes sont parmi celles où il y a la plus grande diversité dans le monde. La place publique est pleine de gens diversifiés qui s'expriment en toute liberté. Par définition, notre fédération nous incite à collaborer et à travailler en partenariat. Et notre pays privilégie encore les mesures durables. »

Un véritable blanchiment de l'ordre du jour du gouvernement Carney visant à étendre les pouvoirs de police, violer les droits et criminaliser la dissidence tout en canalisant le pouvoir de l'État pour enrichir les riches, militariser l'économie et préparer la guerre. Selon Mark Carney, les changements introduits au cours de ses quatre premiers mois au pouvoir sont autant de raisons pour lesquelles d'autres pays devraient se tourner vers le Canada, ou pourquoi les entreprises aux États-Unis devraient rester avec le Canada face à « l'incertitude intérieure ».

Mark Carney a déclaré : « Nous avons éliminé tous les obstacles fédéraux au commerce interprovincial. Nous avons adopté des lois sans précédent pour accélérer des centaines de milliards de dollars de projets dans les secteurs de l'énergie, de l'intelligence artificielle, des minéraux critiques et des corridors commerciaux. Nous allons doubler nos dépenses militaires d'ici 2030. Nos capacités de base en matière de défense, d'intelligence artificielle, d'informatique quantique, de cyberactivités et de minéraux critiques offrent des possibilités uniques de double emploi [civil et militaire] et de retombées économiques, et nous avons bien l'intention de les saisir. »

« Nous diversifions nos relations commerciales et nos partenariats en matière de sécurité. Nous avons signé l'accord le plus complet jamais conclu avec l'Union européenne conclu par un pays non membre de l'UE, le Partenariat de sécurité et de défense entre l'Union européenne et le Canada. Nous l'avons signé à la fin du mois de juin. [...] Nous sommes en bonne voie pour devenir un membre à part entière du SAFE, l'accord européen de défense, ce qui nous permet de diversifier et d'accélérer nos acquisitions dans le domaine de la défense. »

En parlant de souveraineté arctique dans son discours, Mark Carney a déclaré que le Canada « coopère très étroitement avec les huit pays nordiques et baltes (le groupe NB8) pour la protection physique là-haut, le développement économique, et aussi la défense du flanc occidental de l'OTAN. » Cette politique étrangère arctique se fonde sur la conception étasunienne d'un « Arctique nord-américain » qui intègre et subordonne l'Arctique canadien et le Groenland aux objectifs militaires des États-Unis. Pourtant Mark Carney affirme que le Canada est désormais indépendant des visées guerrières des États-Unis.

Rien de tout cela ne reflète les préoccupations du peuple canadien, qui veut un gouvernement qui défend son bien-être et entretient des relations pacifiques et fondées sur des principes avec les autres pays. Offrir le Canada, ses ressources et son peuple sur un plateau d'argent n'est pas de l'édification nationale. C'est du démantèlement national qui causera de graves dommages si l'on laisse Mark Carney faire à sa guise. C'est inacceptable que le premier ministre du Canada agisse en colporteur cherchant à vendre ce qui ne lui appartient pas.

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Réunion sur l'Ukraine coprésidée
par Carney et Zelensky

Le 23 septembre à New York, le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, « ont coprésidé une réunion de la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens en marge de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations Unies », indique un communiqué de presse du cabinet du premier ministre.

L'histoire des enfants ukrainiens prétendument enlevés par la Russie est une pure fabrication, maintes fois démentie par les faits. Le fait que le Canada continue de la répéter sans cesse et dépense beaucoup d'argent pour la promouvoir soulève de sérieux doutes quant à ses véritables intentions en Ukraine.

« Des dirigeants, des invités spéciaux, la première dame de l'Ukraine, Olena Zelenska, Diana Fox Carney, épouse du premier ministre du Canada, ainsi que de hauts représentants des États membres et d'organisations internationales se sont réunis afin de renforcer les efforts collectifs visant à assurer le retour en toute sécurité des enfants ukrainiens qui ont été illégalement déportés ou transférés de force par la Fédération de Russie », a précisé le Bureau du premier ministre.

La coalition qui s'est réunie à New York a été fondée en 2023, sur la base d'allégations douteuses émanant du régime néo-nazi au pouvoir en Ukraine, selon lesquelles la Russie aurait enlevé environ 700 000 enfants ukrainiens. En novembre 2023, elle a reçu 1 million de dollars de la part de l'Open Society Foundations (OSF), fondée par le milliardaire George Soros et désormais dirigée par son fils Alex. Soros. George Soros ainsi que le National Endowment for Democracy des États-Unis, ont été impliqués dans le coup d'État de Maïdan en 2014, qui a conduit à un changement de régime en Ukraine. Ce coup d'État a entraîné des massacres brutaux perpétrés par des milices néo-nazies contre les Ukrainiens russophones de l'est du pays – précisément la région où Volodymyr Zelensky et les partisans canadiens des néo-nazis arrivés au pouvoir après le coup d'État affirment que la Russie aurait enlevé des enfants.

Lors d'une réunion informelle du Conseil de sécurité des Nations Unies en novembre 2023, le représentant de la Russie a précisé que, depuis le début de l'Opération militaire spéciale de la Russie, plus de 730 000 enfants ukrainiens – pour la plupart avec leurs parents – ont trouvé refuge en Russie, ainsi que 2 000 autres provenant d'orphelinats des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

Il est révoltant de voir comment le Canada continue de présenter à tort les enfants accueillis par la Russie comme ayant été enlevés et en danger, tout en gardant le silence sur le déplacement massif des enfants à Gaza, 839 000 de moins de 18 ans, le massacre d'au moins 20 000 enfants durant la guerre génocidaire menée par les occupants sionistes/étasuniens depuis le 7 octobre 2023, et la famine qui frappe aujourd'hui ces enfants. Le Canada non seulement refuse d'agir pour mettre fin à ce génocide, mais continue en plus d'envoyer des armes à Israël.

Le Canada n'a aucune crédibilité en matière de protection de l'enfance, compte tenu de l'expérience des enfants autochtones qui continuent de souffrir des politiques génocidaires du Canada, pour lesquelles il n'a toujours pas offert de réparations ni établi de nouvelles relations. Sa crédibilité, tant au pays qu'à l'étranger, son rôle dans cette coalition ainsi que la coalition elle-même n'ont rien à voir avec la protection des enfants.

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Le voyage de Carney au Royaume-Uni

Le premier ministre Carney s'est rendu à Londres, en Angleterre, du 25 au 28 septembre, où il a participé à des réunions qu'il a qualifiées d'essentielles pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits canadiens. Selon un communiqué de presse du bureau du premier ministre :

« Au cours de sa visite, le premier ministre Carney a rencontré les premiers ministres du Royaume-Uni, de l'Australie, de l'Espagne et de l'Islande afin de resserrer les liens en matière de commerce et de sécurité, et de faire progresser la collaboration à l'égard de priorités mondiales cruciales liées à la sécurité, notamment l'instauration d'une paix durable en Europe, particulièrement en Ukraine, et au Moyen-Orient. Le premier ministre a également rencontré des dirigeants étrangers du secteur de l'investissement et du capital privé afin de les inciter à investir au Canada. »

Mark Carney a déclaré que sa rencontre avec le premier ministre britannique Keir Starmer visait à s'assurer que les deux dirigeants étaient en bonne voie pour faire avancer les mesures économiques et sécuritaires qu'ils avaient convenues lors de leur rencontre à Ottawa le 15 juin, avant le sommet du G7 à Kananaskis, en Alberta. Les domaines d'intérêt commun identifiés lors de la réunion de juin comprenaient : le commerce, les semi-conducteurs, les communications transatlantiques basées sur les technologies quantiques, les infrastructures numériques, l'intelligence artificielle, la biofabrication, la technologie nucléaire civile et les minéraux critiques. Également abordés en juin : l'Ukraine, la coopération militaire entre le Canada et le Royaume-Uni, le partage de renseignements – de manière bilatérale ainsi que via l'OTAN et le réseau d'espionnage Five Eyes (Groupe des cinq) dirigé par les États-Unis –, la sécurité nationale et la sécurité frontalière.

Lors de ses rencontres avec des sociétés d'investissement venant de Grande-Bretagne, d'Europe, d'Afrique et d'Asie, Mark Carney a vanté les mérites du Canada comme destination d'investissement, en mettant en avant « les grands projets d'infrastructure en cours au Canada et la manière dont le pays cherche à attirer davantage de capitaux mondiaux », selon La Presse canadienne. Cette dernière a rapporté que Carney avait déclaré que ses discussions à New York et à Londres portaient « sur le climat général d'investissement, et non sur des transactions ou des ententes spécifiques » et aussi sur la perception qu'ont les investisseurs potentiels du Canada et sur la façon de rehausser son « profil d'investissement ».

Mark Carney a également participé au Sommet mondial pour l'action et le progrès à Londres le 26 septembre, où, selon le bureau du premier ministre, divers dirigeants mondiaux se sont réunis « pour faire avancer des politiques favorisant une croissance économique durable – afin que les travailleurs canadiens soient soutenus et que nos entreprises puissent prospérer dans ce paysage géopolitique transformé ».

L'un des organisateurs de l'événement était le groupe de réflexion canadien Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), qui a qualifié l'événement de « plus grand rassemblement de dirigeants et penseurs progressistes au monde ». Le thème de la conférence de cette année était « gouverner pour les travailleurs », comme si les travailleurs avaient quoi que ce soit à voir avec les politiques d'enrichissement des riches que ces « dirigeants et penseurs progressistes » mettent en oeuvre en utilisant leur position de pouvoir et de privilège.

Prétendre que Carney et son gouvernement sont progressistes et gouvernent pour les travailleurs dépasse l'entendement – tout comme c'est le cas pour le premier ministre britannique Keir Starmer. Un article du Globe and Mail a rapporté que « l'essentiel des discussions portait sur la manière de contrer la montée de l'extrême droite et de gérer la situation avec le président étasunien Donald Trump ». Starmer a évoqué un important rassemblement d'extrême droite ayant eu lieu à Londres plus tôt en septembre, affirmant que son importance résidait dans le fait que les participants exprimaient une croyance « toxique » en « une lutte à venir, une lutte décisive, une lutte violente pour la nation, pour toutes nos nations ». Faisant référence à l'Allemagne nazie, Starmer a ajouté : « Et il n'est pas nécessaire d'être un grand historien pour savoir où mène ce genre de poison. »

C'est ainsi que les politiques extrêmes d'enrichissement des riches, de militarisation de l'économie, de préparation à la guerre et de recours aux pouvoirs de police et à la violence pour faire taire la dissidence sont présentées comme progressistes. Starmer se trompe s'il croit que la longue histoire de la collaboration de l'État britannique avec les nazis, et l'utilisation d'un racisme organisé par l'État contre les Irlandais, les peuples d'Afrique, des Caraïbes et d'Asie pour diviser la population et maintenir le pouvoir, imitée au Canada, aux États-Unis et ailleurs, est oubliée.

Pendant ce temps, Mark Carney a présenté son gouvernement à la conférence comme ayant remporté les élections grâce à un « malaise croissant » lié à une « perte de contrôle » sur des questions comme l'inflation et l'immigration. « Notre élection et ce que ressentaient les Canadiens, comme dans de nombreux autres pays mais de manière légèrement différente, c'était un sentiment de perte de contrôle. C'est ce qui se produit lorsque l'inflation est trop élevée, c'est ce qui se produit lorsque la migration semble mal gérée », a-t-il déclaré.

Il a décrit les priorités de son gouvernement comme étant la lutte contre les tarifs douaniers des États-Unis, le soutien aux travailleurs et de bâtir l'économie. « Les gens veulent et méritent ce programme positif, qui n'a rien à voir avec le programme plus négatif », a-t-il déclaré.

On se demande ce qu'il y a de progressiste dans un gouvernement qui nie fondamentalement les droits, comme il le fait avec le projet de loi C-2, qui bafoue les règlements environnementaux et le droit du peuple de décider comment et si les ressources naturelles doivent être extraites et utilisées, comme avec la Loi C-5, qui propose un plan de logement basé sur l'enrichissement des riches sans garantir le droit au logement, qui impose des diktats aux travailleurs défendant leurs droits, qui prévoit la suppression massive de postes dans la fonction publique – entre autres éléments de l'ordre du jour du gouvernement Carney.

Le dernier voyage de Mark Carney à l'étranger confirme que les travailleurs doivent se préparer à l'avenir que le gouvernement Carney est en train de façonner. La défense des droits et l'opposition à l'ordre du jour antisocial, antinational et belliciste du gouvernement sont à l'ordre du jour.

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