Numéro 5
Mai 2025
Ni rois ni sauveurs condescendants
• L'édification
nationale doit avoir pour but de satisfaire
les intérêts collectifs de la société
De la presse du Parti
• Que cache la
demande de la bourgeoisie
d'une hausse de la productivité?
• Opposons-nous à la militarisation accrue et aux préparatifs de guerre du nouveau gouvernement !
L'Assemblée nationale du Québec adopte le projet de loi 89
Le gouvernement de l'Alberta incite à la séparation
• Les travailleurs poursuivent résolument leur résistance à l'offensive antisociale destructrice
La Colombie-Britannique bafoue les lois existantes et les droits autochtones
• Opposition généralisée à la loi accélérant les projets d'infrastructures
Événements significatifs au mois de mai
Non à la privatisation de Postes Canada!
• Des rassemblements partout au Canada le 31 mai
Les travailleurs accidentés de l'Ontario défendent leurs droits
• Un rassemblement militant marque la Journée des travailleurs accidentés à Queen's Park à Toronto
Manifestation audacieuse contre la foire d'armes CANSEC à Ottawa
• Des manifestants défient les fauteurs de guerre et la police et exigent que CANSEC soit démantelé!
5 mai, Journée de la robe rouge
• Les Canadiens
exigent que les appels à l'action
soient mis en oeuvre
Ni rois ni sauveurs condescendants
L'édification nationale doit avoir pour but de satisfaire les intérêts collectifs de la société
Il
est intéressant de noter que ceux qui, aux États-Unis, se
battent pour leurs droits contre les oligarques ont pour slogan
« Pas de rois » et qu'ici, Mark Carney va dans le sens
contraire. C'est une autre indication des objectifs
antipopulaires et antidémocratiques de ce gouvernement.
Quelle que soit le sens que les cercles dirigeants donnent au concept de l'édification nationale, il faut d'abord reconnaître que l'édification nationale n'est pas possible aujourd'hui sans d'abord régler où réside la souveraineté. Est-ce le peuple qui est souverain ou la souveraineté est-elle usurpée par des intérêts privés étroits ? Puis il faut définir qui est « le peuple ». Si le peuple, c'est la classe dirigeante, comme le prétendent les détenteurs de pouvoirs et de privilèges, l'affaire est réglée : ce sera le statut quo et la crise perpétuelle.
Comment les cercles dirigeants définissent l'édification nationale est révélé par les faits et gestes du nouveau gouvernement. Les réunions du Conseil des ministres et du caucus libéral, la lettre de mandat adressée aux ministres et le discours du Trône donnent tous le même narratif de ce qui sort du Conseil privé, des échanges secrets avec l'administration Trump, des premières délibérations de cette session parlementaire de cinq semaines, des conférences de presse et entrevues ennuyantes du premier ministre et, plus récemment, du « love-in » des premiers ministres à Saskatoon.
L'arrogance libérale de Mark Carney donne un avant-goût de ce que nous réserve ce gouvernement. À l'issue de la réunion avec les premiers ministres le 21 mars, Mark Carney s'est permis de répondre aux journalistes avec des commentaires comme : « Écoutez, je pourrais vous expliquer plus tard, mais croyez-moi, j'ai raison », « nous avons discuté de ces questions entre nous et nous sommes très sérieux, pas comme Poilievre » (qui, dit-il, réduit tout à « un slogan ») et « les choses sont beaucoup plus compliquées que ce que vous dites ». La situation est semble-t-il si compliquée qu'il est impossible d'exposer le problème au corps politique.
Selon
le premier ministre, c'est l'État qui détermine la société, et
non l'ensemble des rapports humains qui révèlent ce qui existe.
Ce qui existe, c'est ce qu'il a dans la tête, le narratif qui
est donné. La lettre de mandat qu'il a adressée à ses ministres
le 21 mai en est un bon exemple. Sous la rubrique « défi
générationnel », la lettre de mandat dit : « La
faible croissance de la productivité du Canada, qui dure depuis
longtemps, affecte les finances publiques, rend la vie moins
abordable pour les familles canadiennes et menace la pérennité
des programmes sociaux essentiels sur lesquels les Canadiennes
et les Canadiens comptent. »
Régler le problème de la faible croissance de la productivité pour faire de l'économie canadienne « la plus forte du G7 » est l'un des objectifs que le premier ministre s'est fixés pour le Canada.
Mark Carney ne reconnaît pas que les techniques de production modernes ont dépassé la capacité des financiers, des gestionnaires et des propriétaires de capitaux de les contrôler. La productivité exerce inévitablement une pression à la baisse sur les profits, car le temps de travail passé qui se retrouve dans les machines et les matériaux est plus grand que le temps de travail présent. Il n'est pas possible de tirer un profit capitaliste d'une machine quand tous les concurrents possèdent la même machine. Le profit provient du temps de travail des travailleurs actifs.
Au lieu de répondre à la situation objective et de trouver de vraies solutions et une nouvelle orientation pour l'économie socialisée moderne, pour que la croissance de la productivité profite aux personnes et à la société, les gourous de la finance, les gestionnaires et les propriétaires de capitaux d'aujourd'hui restent coincés dans les vieilles façons de faire. Ils nient que les problèmes actuels de l'économie sont la conséquence de cette façon de faire depuis le milieu des années 1980, lorsque l'offensive néolibérale antisociale a été lancée par les néoconservateurs Ronald Reagan et Margaret Thatcher et, au Canada, par Brian Mulroney. Ce qui se passe aujourd'hui est le résultat des crises récurrentes que cette approche a générées, ce qui indique que la nécessité de changement est encore plus urgente aujourd'hui que jamais.
Quoi que fassent Mark Carney et ses acolytes, ils ne feront en fin de compte que répéter ce qui a été fait par le passé. Il y a quarante ans, le libre-échange avec les États-Unis, puis avec le Mexique, a été présenté comme la panacée pour tous les maux de la société et un salut pour la classe capitaliste monopoliste au pouvoir. Cela a conduit à la destruction de l'édifice national, y compris la destruction des syndicats, la multiplication des attaques de l'État contre les travailleurs qui se battent pour leurs droits, la criminalisation des citoyens canadiens et des résidents de tous horizons qui expriment leur droit de conscience et des peuples autochtones qui luttent pour leur droit d'être et ne permettent pas à l'État anglocolonial de définir qui ils sont, l'augmentation des préparatifs de guerre, le soutien des néonazis en Ukraine, le génocide contre les Palestiniens et la désintégration sur plusieurs autres fronts.
Comme depuis 40 ans, en désespoir de cause le gouvernement Carney et ses homologues provinciaux ont fait savoir qu'ils allaient intensifier la pression sur la classe ouvrière pour lui soutirer des concessions, notamment en volant et en jouant au casino avec les deniers publics et en s'engageant dans des guerres prédatrices pour ouvrir des débouchés.
Malgré
tout le discours sur l'unité nationale et la multiplication des
projets dits d'intérêt national, la classe dirigeante est
incapable de construire une nation. Il appartient à la classe
ouvrière d'empêcher la bourgeoisie de dilapider les ressources
du pays, de sacrifier son indépendance et le bien-être de sa
population. En proposant une utilisation des ressources du pays
au profit des intérêts collectifs du peuple, la classe ouvrière
peut mobiliser et rallier le peuple pour contester le mantra de
la bourgeoisie, à savoir que tout progrès passe par la création
d'un environnement propice à la réussite des entreprises sur les
marchés mondiaux. Elle convie tous et chacun à prendre la place
qui leur revient et à créer une société qui leur soit favorable.
Le programme de la classe ouvrière doit être établi en tenant compte des besoins de la société à ce moment précis. La classe ouvrière rejette les narratifs basés sur ce qu'il y a dans la tête d'un individu et l'idée ridicule qu'un dieu sortira de la machine comme au théâtre pour sauver les humains des calamités d'une société prise dans le bourbier. La société canadienne n'a pas besoin d'un sauveur à la Mark Carney, elle a besoin d'un but. Les Canadiennes et les Canadiens ont besoin d'un but qui puisse être compris et adopté par tous. L'édification nationale est le seul but possible dans les conditions actuelles.
Le contenu principal de ce projet est que la classe ouvrière doit devenir la nation. Le but de la classe ouvrière doit devenir le but de la nation, tout comme la bourgeoisie l'a fait dans son ascension : elle a fait de la défense de l'intérêt individuel, de la propriété privée, le but de la nation et y a même subordonné la nation. Ce but est aujourd'hui épuisé depuis longtemps. Les oligopoles fonctionnent en cartels et en coalitions sur un plan supranational. Ils ont usurpé les pouvoirs des États-nations créés pour mettre fin à la guerre civile anglaise et aux guerres étrangères dans lesquelles l'Angleterre, la France et les pays de la vieille Europe ont été embourbés pendant 100 ans. Les sociétés établies pour défendre la propriété privée et reconnaître les droits des classes possédantes sur cette base ne peuvent plus durer parce que les classes possédantes elles-mêmes s'emparent des terres, des ressources et de la souveraineté de pays entiers par des guerres de destruction contre quiconque refuse de se soumettre au vol. Les banques créées pour stocker l'or des nations souveraines volent maintenant l'or qu'elles sont censées garder en réserve pour répondre à des intérêts privés étroits. Où est l'état de droit qui défend la propriété aujourd'hui ? Il n'existe plus. Des intérêts privés étroits ayant usurpé les pouvoirs de l'État dans les différents pays, l'état de droit international établi par les Nations unies au nom de « Nous, les peuples » s'est avéré incapable de défendre les peuples qui luttent pour leur droit à l'existence.
Le moment est venu pour la classe ouvrière de devenir la nation, en établissant son propre but comme but de la nation. En d'autres termes, la classe ouvrière doit elle-même entreprendre l'édification nationale. Elle doit amener les larges masses populaires à s'emparer de ce but. Il n'est pas possible pour la classe ouvrière de canaliser toutes ses ressources à l'heure actuelle sans se donner pour but de satisfaire les intérêts collectifs de la société. C'est la base de l'édification nationale.
L'édification nationale de Mark Carney est une escroquerie. Au Canada, l'édification nationale ne peut signifier qu'une chose : la classe ouvrière doit doter la société d'une constitution moderne, d'un mécanisme politique moderne, d'une nouvelle direction pour l'économie et de l'indépendance.
Que la bataille pour que la classe ouvrière constitue la nation à son image commence. Sans cette bataille, de graves dangers nous attendent.
De la presse du Parti
Que cache la demande de la bourgeoisie d'une hausse de la productivité?
Récemment, il a coulé beaucoup d'encre dans la presse bourgeoise sur le besoin d'augmenter la productivité du Canada. Dans un article du Globe and Mail intitulé « Faster, Bigger, Better » (Plus vite, plus grand, mieux), on lit : « Le Canada a un problème de productivité et notre niveau de vie baisse à cause de cela... Mais ne nous laissons pas effrayer par l'idée de productivité. Au contraire, c'est un mot prosaïque qui recèle une idée merveilleuse. Lorsque, grâce à l'innovation, à l'éducation ou à l'investissement de capitaux, les gens sont capables de produire plus de biens et de services en une heure de travail qu'auparavant, ils peuvent travailler moins et, eux-mêmes et leurs compatriotes, être mieux. »
La productivité sous le capitalisme monopoliste
L'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) vient juste d'avertir le Canada que son niveau de vie pourrait baisser et tomber derrière celui des autres pays industrialisés si des mesures ne sont pas prises sur plusieurs fronts. Dans ce rapport, on recommande fortement au Canada de réduire ses impôts, de mettre plus de gens et de capitaux au travail, d'éliminer les barrières interprovinciales dans le domaine économique et de devenir plus productif.
En octobre, dans un autre rapport important, le Conference Board du Canada déclare : « La productivité est à la base de la capacité d'un pays de bâtir une qualité de vie élevée et durable. Ce n'est par hasard qu'un ralentissement de la productivité ait joué contre notre capacité à soutenir les programmes sociaux mis en place dans les années soixante, une décennie de croissance rapide de la productivité. »
Que cachent ces discours sur le besoin d'une productivité plus élevée ? Un examen de la situation actuelle montre que la question de la productivité est soulevée non pas parce que l'on s'inquiète du bien-être de la grande majorité des Canadiennes et des Canadiens mais pour trouver une solution à la crise des entreprises monopolistes : la tendance à la chute du taux de profit.
Par exemple, dans les secteurs de l'industrie automobile et des banques, l'adoption de la technologie informatisée a permis une augmentation de la production accompagnée d'une réduction de l'utilisation du travail vivant. Chez Chrysler, la production est nettement plus élevée que les niveaux de 1989, cependant seulement un cinquième des travailleurs ont été rappelés et il y a de nouvelles rumeurs de licenciements imminents et des fermetures d'usines. La production par ouvrier a augmenté et c'est ce qu'on appelle augmentation de la productivité. Mais il y a également eu une augmentation de la masse des capitaux. Il y a eu une augmentation des investissements pour les robots et la machinerie informatisée.
Le rapport entre le travail vivant utilisé dans la production et le travail mort contenu dans les édifices, la machinerie et les matières premières a considérablement changé. Moins de travail vivant produit la même somme ou plus de biens et services. La loi de la valeur veut que ce phénomène entraîne une baisse de la valeur de chaque unité de production et une baisse du taux de profit qui doit se traduire par une pression à la baisse sur le prix des produits sur le marché. Les profits élevés auraient dû attirer d'autres capitaux concurrents dans ce secteur, provoquant une hausse de la production et une baisse des prix.
Ce n'est pas ce qui s'est produit et la raison est toute simple : Les monopoles sont si puissants qu'ils ont mis à leur service toutes les ressources humaines et matérielles du pays. Le monopole économique se traduit par le monopole politique et la domination de l'État. Les monopoles utilisent donc leur position de dominants pour piller le trésor public en arrachant des subventions, des prêts sans intérêts, la construction d'infrastructures aux frais de l'État et la garantie de leurs investissements par l'État.
Ils écrasent ou s'approprient rapidement tout nouveau capital dans leur secteur de l'économie. La domination incontestée de secteurs entiers de l'économie leur permet de garder les prix sur le marché élevés même si la valeur réelle de leur marchandise baisse toujours. De cette manière, les énormes investissements dans la machinerie n'entraînent pas une chute du taux de profit. Cette baisse est retardée mais cela a des conséquences désastreuses pour l'ensemble de l'économie parce que les prix élevés imposés par les monopoles doivent être payés à même la valeur produite par d'autres secteurs de l'économie. Le fardeau de ces conséquences désastreuses est porté par la classe ouvrière, les couches moyennes et les petits et moyens capitalistes. Certains monopoles ont réussi à rejeter le fardeau de la baisse du taux de profit sur la classe ouvrière et les autres secteurs de l'économie. Cela a engendré une crise permanente de l'ensemble de l'économie.
Les fusions actuelles, que ce soient les grandes banques, les monopoles pétroliers ou les monopoles automobiles comme Daimler et Chrysler, ont toutes pour but de fusionner les actifs pour augmenter la valeur des actions sur les marchés boursiers et réaliser d'énormes profits. Sans aucune augmentation des biens et services produits, les entreprises monopolistes utilisent l'immense valeur produite socialement à leur disposition pour centraliser et concentrer les capitaux en un nombre de plus en plus réduit de mains et réaliser d'énormes profits de l'augmentation temporaire de la valeur de leurs actions. C'est un des facteurs qui provoquent les crises du marché financier, parce que tôt ou tard les dividendes et les biens et services produits doivent se révéler. On ne peut distribuer ce qui n'a pas été produit. Au bout du compte la valeur réelle des actions se révèle, mais les plus grands monopoles ont déjà récolté leurs profits parce que les fonds de pensions, les caisses mutuelles, les obligations du gouvernement, les REER et maintenant le Régime des rentes du Canada sont tous à la disposition des monopoles pour se livrer aux spéculations sur les marchés boursiers.
Les articles parus dans la presse bourgeoise demandent à ce que tous les ordres de gouvernement aident les entreprises monopolistes à rejeter les conséquences de la chute du taux de profit sur le dos de la classe ouvrière et sur l'ensemble de l'économie. Selon le Globe & Mail, pour augmenter la productivité, il faut :
1) éliminer les entraves à l'embauche, au licenciement et à la
relocalisation des travailleurs;
2) supprimer l'assurance-emploi aux travailleurs saisonniers et obliger les travailleurs à déménager ou à se recycler;
3) supprimer les barrières au commerce intérieur;
4) abaisser le salaire minimum et, pour compenser, réduire les impôts des personnes à faible revenu;
5) privatiser les services gouvernementaux, c'est-à-dire briser les monopoles provinciaux d'électricité, privatiser les ports, les aéroports, les mines de charbon, les services de voirie, les transports en commun, les services d'inspection, etc.
La chute du taux de profit
Hardial Bains, dans un article intitulé « La société peut-elle surmonter les conséquences de la baisse du taux de profit et les conséquences des efforts des monopoles pour les éviter ? », écrivait : « La loi de la baisse du taux de profit est une menace constante à la viabilité des monopoles, à leur existence même. C'est un obstacle important à la réalisation de leur but : le profit maximum. Leurs efforts pour contrecarrer les effets de cette loi sont destructeurs pour l'économie dans son ensemble, les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière. Les licenciements, les faillites, l'offensive antisociale, l'augmentation du chômage et de la pauvreté, une plus forte concentration du capital dans un nombre de mains plus réduit, la destruction des forces productives, la guerre et l'aventurisme à l'extérieur sont des conséquences désastreuses de la lutte des monopoles pour contrer cette loi. »
Il écrivait également :
« La plus grande invention de la révolution capitaliste, la science et la technologie, a la caractéristique inhérente de rendre la force de travail humaine plus productive. Sous le capitalisme, l'application de la science à la production conduit à une plus grande utilisation des machines et à la non-utilisation du travail qui entraîne une baisse des profits. Cette tendance n'est pas modifiée par l'augmentation de la plus-value; elle est au contraire accélérée, car cette plus-value est utilisée pour les acquisitions ou les fusions d'entreprises et la création de centres de production encore plus grands. Dans certaines circonstances, la domination politique et économique des monopoles et leur recherche permanente du profit maximum les conduisent à détruire les forces productives modernes, à utiliser la main-d'oeuvre à bon marché dans les pays pauvres, à sous-traiter leur production auprès de petites et moyennes entreprises pour une certaine période de temps, quitte à les détruire par la suite.
« Le processus de production moderne, son organisation en d'immenses centres de production intégrés nationalement et internationalement, de l'extraction des matières premières à la vente au détail devient de plus en plus sociale et scientifique. L'organisation scientifique de la production provoque une intensification de l'exploitation du travail, la normalisation de l'exploitation optimum, la production d'une plus grande plus-value et la réduction du nombre de travailleurs employés proportionnellement aux investissements de capitaux concentrés entre les mains d'une poignée de capitalistes monopolistes. La production sociale s'élargit sans cesse et s'étend au monde entier tandis que la propriété est entre les mains d'un nombre de plus en plus restreint de capitalistes. La contradiction entre le caractère social de la production et le caractère privé de l'appropriation des fruits de la production s'intensifie. Un pouvoir grandissant permet d'influencer les affaires nationales et internationales en faveur d'un monopole ou d'un groupe de monopoles. Les monopoles « frappent d'un tribut la société tout entière » et demandent que la gestion des affaires de l'État serve à renforcer leur pouvoir, la richesse et le prestige de leur entreprise ou de leur groupe d'entreprises.
« Pourtant, la croissance de la masse absolue de la plus-value produite n'est en soi d'aucune utilité aux capitalistes monopolistes. Des contradictions aux conséquences menaçantes pour eux surgissent continuellement. L'augmentation de la production et des capitaux investis ne donne pas les résultats escomptés. La diminution de la demande de main-d'oeuvre s'accompagne de la croissance de l'armée des chômeurs, d'une pression sur les salaires, et entraîne une chute de la consommation. La contradiction entre la production et la consommation s'exacerbe. Actuellement, on compte 35 millions de chômeurs dans les pays industrialisés. En Allemagne, le taux de chômage atteint les 10 %. Les monopoles orientent leur production vers de nouveaux consommateurs : les produits de luxe pour les riches et les armements pour l'État. La réalisation de la plus-value est nécessaire. Pour cela, la production doit être vendue et transformée en capital ayant la rentabilité maximum par rapport aux capitaux déjà investis. Autant que possible, les capitalistes monopolistes utilisent l'État pour rentabiliser leurs investissements, pour les défendre contre l'action destructrice de la loi de la chute du taux de profits, la pénurie de consommateurs et pour protéger leurs intérêts à l'échelle nationale et internationale.
« La production elle-même est accessoire à la réalisation du profit maximum. On cherche les moyens d'y parvenir sans la production, sans les travailleurs. Les impérialistes les plus puissants préféreraient piller au lieu de produire. Le meilleur exemple de cela est l'Allemagne nazie, mais les autres puissances impérialistes se livrent également au pillage, limitées uniquement par la concurrence des autres et la détermination des peuples à se défendre. La restauration du capitalisme dans l'ancienne Union soviétique a ouvert à nouveau le monde au pillage des capitalistes monopolistes les plus puissants.
« La tendance à utiliser la science et la technologie dans la production pour maintenir une position concurrentielle sur le marché et mieux contrôler la main-d'oeuvre conduit à la destruction de la quantité et de la qualité du travail. Les crises de surproduction atteignent peu à peu tous les secteurs, empêchant les capitalistes de vendre leurs marchandises. Ils introduisent sur le marché de plus en plus de produits de luxe et d'armements et se lancent dans des guerres détruisant les forces productives. Toutes les guerres du vingtième siècle ont été des guerres pour le profit maximum, menées contre la classe ouvrière et le progrès.
« Les intérêts privés des capitalistes ne peuvent résister aux forces productives sociales. L'ensemble des intérêts individuels des capitalistes n'est pas l'équivalent de l'intérêt général de la société. Les intérêts individuels des capitalistes sont trop divergents pour que les forces productives sociales, propriété privée d'une poignée de capitalistes, puissent agir en harmonie pour le bien-être du peuple et l'intérêt général de la société. La seule solution est la propriété sociale, l'abolition de la propriété privée des moyens de production.
« Une économie moderne demande la maîtrise consciente des énormes capacités de production des forces productives sociales. Elle nécessite la collaboration des individus pour harnacher la puissance productive de la force de travail sociale. Les prolétaires, ces titans auxquels l'humanité a donné naissance, déclare le PCC(M-L), seront nécessaires pour transformer la propriété privée en propriété sociale. Les capacités de tous les êtres humains et l'activité consciente seront nécessaires pour accroître la qualité et la quantité du travail, pour maîtriser et diriger la capacité actuelle et future des forces productives au service de la société. »
Les jeunes forgent leur identité en luttant
pour leurs droits, pas en exprimant leur «gratitude» envers la
«Couronne» par des dons à une organisation caritative
Selon le ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Steven Guilbeault, la « visite royale » méritait une contribution de 50 000 dollars du gouvernement canadien à la « Fondation du Roi au Canada ».
Ce qui s'appelle aujourd'hui la
« Fondation du Roi au Canada » a été établie sous le
nom de « Fondation du prince au Canada » par Charles
III en 2011, alors qu'il était prince de Galles. Selon
Patrimoine Canada, l'organisation « oeuvre auprès de
partenaires communautaires, d'employeurs et d'établissements
d'enseignement pour soutenir l'insertion professionnelle de 100
000 jeunes à travers le pays ».
Lors de ce don, le bureau de M. Guilbeault a publié une déclaration dans laquelle il affirmait que « la visite royale a mis en lumière la richesse de l'identité canadienne, notre diversité culturelle et la vitalité de nos institutions démocratiques ».
Dans une tirade stéréotypée aussi ridicule que honteuse, le ministre Guilbeault a déclaré, selon Patrimoine canadien :
« La visite de Leurs Majestés a été un moment profondément marquant pour notre pays, illustrant la stabilité de notre démocratie et la force des liens qui unissent le Canada et la Couronne. Ce don à la Fondation du Roi au Canada reflète notre engagement commun envers l'inclusion, le service et le soutien à la jeunesse. En soutenant cette mission, nous contribuons à bâtir un avenir plus équitable et prometteur pour les jeunes d'un océan à l'autre. »
C'est là le jargon typique de l'État canadien qui ne mérite que le mépris. Qu'advient-il des travailleuses et travailleurs des postes, des travailleuses et travailleurs d'Amazon et de tous celles et ceux qui ne sont pas dans la « charité » du « Roi » ? Si c'est une démocratie stable, où est l'égalité des droits pour toutes et tous pour ce qui est de l'emploi, du logement, de la nourriture, des soins de santé, de l'éducation et de tout ce qui nous revient de droit en vertu de la richesse produire par la classe ouvrière ?
Pourquoi le Canada est-il fondé sur le modèle britannique du XIXe siècle et son invention utilitariste du « plus grand bien pour le plus grand nombre » et la charité pour les pauvres ? Aujourd'hui, « le plus grand nombre » est appelé « la classe moyenne », non pas en fonction de son rapport aux moyens de production, mais pour apaiser la rébellion de la classe ouvrière et des couches moyennes contre la détérioration de leurs conditions économiques et sociales, conséquence de l'ordre du jour de payer les riches que poursuivent les gouvernements néolibéraux successifs.
Ce ministre est considéré comme un traître au Québec pour avoir défendu l'ordre du jour néolibéral en matière d'environnement en échange de postes de pouvoir et de privilèges. Et il vient du Québec, rien de moins, où, en 1837-1838, les patriotes se sont rebellés pour former une république afin de mettre fin au régime colonial britannique brutal et à ses valeurs de bâtisseur d'empire. L'idée même qu'il soit chargé de voir à ce que le premier ministre Carney comprenne la culture québécoise, alors que lui-même trahit le patrimoine du Québec, en dit long sur ce que représente le nouveau gouvernement et sur le genre de ministres dont Mark Carney s'est entouré.
Les propos que tient Steven Guilbeault illustrent bien les idéaux victoriens d'expansion impériale qui considèrent les réalisations de la civilisation comme le produit spirituel de « l'élite » britannique et de sa mission civilisatrice. Toute tentative d'imposer de tels idéaux à la jeunesse québécoise et canadienne est vouée à un échec total.
La jeunesse de ce pays forge son identité en se battant pour les droits de toutes et tous afin d'humaniser l'environnement naturel et social. Elle n'aura a jamais de « gratitude » envers la « Couronne » pour oeuvre caritative. Si l'État remplit ses devoirs, pourquoi de tels organismes seraient-ils nécessaires pour venir en aide et recueillir des fonds pour les personnes dans le besoin ?
Les organisations caritatives
sont un fardeau pour la société. Non seulement il faut beaucoup
d'argent pour les faire fonctionner, avec des gouvernements qui
leur accordent toutes sortes d'allégements fiscaux, mais elles
sont également connues pour être entachées de scandales. Les
exemples sont nombreux, notamment les liens entre le
gouvernement Trudeau et l'organisme Unis, anciennement connue
sous le nom de Enfants Entraide. Non seulement le gouvernement
Trudeau a imposé son programme aux écoles primaires publiques
comme si c'était une chose allant de soi, mais la corruption
criante a été balayée sous le tapis à la suite du scandale
autour des 900 millions de dollars que le gouvernement a versés
à l'organisation pour lesquels il a refusé de rendre des
comptes. L'organisation continue de fonctionner à l'étranger et
de prétendre qu'elle est « une organisation caritative
internationale de développement et un mouvement de
responsabilisation des jeunes fondé en 1995 par les défenseurs
des droits humains Marc et Craig Kielburger ».
Une démocratie moderne a le devoir de garantir les droits. La constitution dans sa forme actuelle ne reconnaît pas les droits du peuple, seulement les droits d'intérêts privés étroits. En conséquence, les collectivités vulnérables sont forcées d'embaucher des gens pour présenter des demandes de fonds aux gouvernements, demandes qui sont toujours insuffisantes, temporaires et doivent être renouvelées chaque année. Dans bien des cas, la rédaction de ces demandes de financement est un travail à temps plein, ce qui fait que si des fonds sont accordés, ils servent généralement à couvrir le salaire de la personne employée pour demander le financement et prouver que l'organisation est admissible. C'est ridicule.
Les organismes qui dépendent de la générosité du gouvernement ou des organisations caritatives ne peuvent jamais avoir de stabilité dans leur travail parce qu'elles ne savent jamais quel gouvernement, à sa « discrétion », va les couper ou leur accorder une somme dérisoire. Les sans-abris, les femmes victimes de violence, les jeunes vulnérables, les réfugiés, les autochtones, les personnes âgées, les chômeurs, les travailleurs accidentés et tous les groupes vulnérables de la société sont opprimés et humiliés par une société qui incite les organisations caritatives à accorder des déductions fiscales aux entreprises tout en contournant les obligations d'un État moderne de garantir les droits de toutes et de tous.
Aujourd'hui, le gouvernement Carney adopte une nouvelle fois des lois pour accorder des allégements fiscaux à la soi-disant classe moyenne, tandis que les travailleurs sans emploi devront se soumettre à des démarches compliquées pour accéder aux programmes. Parallèlement, l'Agence du revenu du Canada continue de poursuivre de nombreuses personnes qui avaient droit à des subventions pendant la pandémie de COVID pour qu'elles soumettent à nouveau tous les documents prouvant qu'elles étaient admissibles ou qu'elles remboursent les allocations qu'elles ont reçues.
Le système caritatif est un boulet pour la société moderne, à la fois un lourd fardeau et une source de culpabilité. Il disparaîtra lorsque la classe ouvrière aura pris le contrôle de la direction de l'économie et du pouvoir décisionnel.
«Le problème, c'est la Chine!», s'exclame le conseiller de Carney en matière de relations avec les États-Unis
En entrevue à Radio-Canada le 3 juin, l'ancien premier ministre libéral du Québec et, avant cela, chef du Parti progressiste-conservateur du Canada, Jean Charest, qui est aujourd'hui conseiller du premier ministre Carney en matière de relations avec les États-Unis, a déclaré au sujet des droits de douane imposés par l'administration Trump : « C'est clair que le problème, c'est la Chine. » M. Charest a conclu son entrevue en disant qu'en ce qui concerne l'administration Trump, le gouvernement Carney doit continuer de lui faire savoir que nous sommes prêts à encaisser le coup et que nous ne prendrons pas de mesures de rétorsion.
Les États-Unis bousculent le Canada pour qu'il se soumette, mais « c'est clair que le problème, c'est la Chine ».
Et avec ces deux petites phrases, Jean Charest révèle tout : malgré toutes les bravades sur la « diversification » de l'économie du Canada, le gouvernement Carney est encore plus militant à engager le Canada dans la stratégie commerciale mondiale des États-Unis. Bientôt on nous dira qu'il faut une offensive militaire dans l'Arctique parce que « les Russes s'en viennent ! »
M. Charest était appelé à commenter la nouvelle que Donald Trump a signé un décret doublant les droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium utilisés dans toutes sortes de produits, des voitures aux conserves, pour la deuxième fois depuis le mois de mars, les faisant passer de 25 % à 50 %.
Cette augmentation est entrée en vigueur le 4 juin. Le président Trump a déclaré que ces droits de douane visaient à garantir l'avenir de l'industrie sidérurgique des États-Unis.
Opposons-nous à la militarisation accrue et aux préparatifs de guerre du nouveau gouvernement !
Le 27 mai, conformément au
programme annoncé par le gouvernement Carney dans son discours
du Trône, le Canadian Club de Toronto a organisé une table ronde
sur le thème « Sécurité et prospérité : arguments
économiques en faveur de l'investissement dans la base
industrielle de défense du Canada ». Ce même jour, les
Canadiens et les Québécois manifestaient contre la foire CANSEC
2025 à Ottawa et dans tout le pays, exigeant que le Canada mette
fin à son commerce d'armes et que le rassemblement des marchands
de mort CANSEC soit démantelé et interdit.
Dans son discours du Trône, le gouvernement Carney s'est engagé à « reconstruire, réarmer et réinvestir » dans l'armée canadienne et à renforcer les relations avec les alliés de l'Union européenne en dépensant des centaines de milliards pour rejoindre le réarmement de l'Europe, dont l'objectif actuel déclaré est d'écraser la Russie.
Le Canadian Club se présente comme une institution qui, depuis 128 ans, « s'est acquittée d'une mission ambitieuse et opportune : mettre en relation les Canadiens avec des dirigeants, des décideurs et des leaders d'opinion de renommée mondiale sur les questions qui comptent le plus ».
Les panélistes de l'événement du Canadian Club étaient des dirigeants de Bombardier, d'ATCO Ltd. et du Régime de retraite des employés municipaux de l'Ontario (OMERS). Bombardier fabrique des avions militaires, ATCO exploite des stations radar dans l'Arctique et fournit des services pour des opérations militaires, tandis que OMERS, comme d'autres fonds de pension canadiens, est sous pression pour investir afin de soutenir le programme des oligarques. Sur le même ton, les panélistes ont appelé le gouvernement Carney à travailler avec les entreprises du secteur privé, les syndicats, les universitaires et les institutions financières pour réaliser ce projet afin de faire face aux menaces de l'administration Trump et de se préparer à l'agression contre la Chine et la Russie.
Nancy Southern, présidente et directrice générale d'ATCO, a déclaré : « Nous n'avons pas de temps à perdre, nous avons passé les dernières années à nous regarder le nombril. » La reconstruction et l'augmentation des dépenses de défense sont « le meilleur moyen de relancer l'économie et de remettre la productivité et la prospérité au coeur de nos concepts et de notre réflexion », a-t-elle ajouté.
En réalité, la militarisation de l'économie a des effets désastreux sur la vie économique et financière du pays, l'un des principaux étant sa contribution à l'inflation. Les dépenses militaires importantes entraînent une inflation car, en dernière analyse, l'augmentation de ces dépenses et la militarisation de l'économie en général représentent une réduction de la production de biens matériels pour les masses populaires – et donc une réduction de la circulation de ces biens – et la production, à la place, de biens qui servent au maintien d'une armée permanente et de l'arsenal militaire bourgeois. Les armes produites n'entrent pas dans la circulation économique. Les dépenses militaires massives contribuent à l'explosion du déficit public, que le gouvernement cherche à combler en imprimant davantage de billets de banque (ainsi qu'en augmentant les impôts, en réduisant les services, etc.). Il en résulte un déséquilibre inflationniste, « trop de dollars pour trop peu de biens et de services ».
Les promoteurs des dépenses militaires, depuis le gouvernement Carney jusqu'à tous ceux qui tirent d'énormes profits de la production de guerre, parlent de création d'emplois, de sécurité, de défense de la souveraineté, etc. C'est une grande imposture à laquelle il est urgent de s'opposer. Ils ne font que répéter les discours des dirigeants parce qu'ils le peuvent. Leurs positions de pouvoir et leurs privilèges sont protégés et le gouvernement va verser des milliards de dollars dans leurs poches.
Le PDG d'OMERS, Blake Hutcheson, qui gère 138 milliards de dollars d'actifs, dont 19 % seraient au Canada, a clairement indiqué ce qu'il compte faire avec les fonds de retraite des employés municipaux de l'Ontario. Il a souligné que le Canada n'avait pas respecté ses engagements envers l'OTAN et le NORAD. « Nous avons laissé tomber nos alliés partout dans le monde. Nous avons laissé tomber notre pays partout dans le monde », a-t-il déploré.
Éric Martel, PDG de Bombardier, a affirmé que le Canada dispose des compétences techniques nécessaires pour poursuivre l'objectif de renforcement de l'industrie « de défense ». Le renforcement des capacités de défense créera « de bons emplois », a-t-il déclaré. Il s'est dit convaincu que le capital canadien est disponible pour soutenir l'expansion de la production d'armes, affirmant que « le capital existe au Canada. C'est une question de volonté, de priorité et de décision de dire que c'est ce sur quoi nous nous concentrons. » Faisant écho à la bravade de Carney, il a ajouté : « Nous allons y arriver. »
Éric Martel sait tout des gouvernements qui distribuent de l'argent à des intérêts privés. Depuis 1966, Bombardier a reçu plus de 1,1 milliard de dollars en subventions gouvernementales tout en licenciant des milliers de travailleurs.
Le président-directeur général du Conseil canadien des affaires (CCA), Goldy Hyder, a renchéri en disant que l'augmentation des dépenses militaires est une mesure « à long terme » et que « ce gouvernement et ce premier ministre » offrent l'occasion de le faire.
Depuis deux ans, le CCA réclame une augmentation des dépenses militaires afin de « garantir l'avenir économique du Canada ». Il demande que le budget de la défense du Canada passe de 41 milliards de dollars, soit 1,35 % du PIB, à 2,5 % d'ici 2034, ce qui correspond à un budget de 110 milliards de dollars. Il a également salué l'appel de l'administration Trump demandant aux pays de l'OTAN de consacrer 5 % de leur PIB à la défense. Le CCA, qui représente les plus grandes entreprises privées du Canada, réclame des coupes dans les programmes sociaux et une réduction du nombre de travailleurs dans la fonction publique afin de disposer des fonds nécessaires pour répondre aux exigences des oligarques de l'armement.
Le gouvernement Carney met tout en oeuvre pour que l'État canadien réponde aux exigences de l'OTAN et des impérialistes étasuniens afin d'alimenter la machine de guerre de l'OTAN dirigée par les États-Unis, notamment en réduisant les dépenses des États-Unis dans l'Arctique et en Europe.
Les
Canadiens et les Québécois veulent que le Canada soit une zone
de paix, et non un promoteur de la guerre au nom de la paix. Ils
s'opposent à la destruction des programmes sociaux pour
alimenter la machine de guerre des États-Unis et de l'OTAN. Les
besoins de la population en matière de sécurité et de prospérité
pour tous peuvent être satisfaits en réorientant l'économie afin
de répondre à leurs besoins et de contribuer à la même chose à
l'échelle internationale. Le gouvernement Carney est un
gouvernement de guerre, ce qui signifie qu'en plus d'augmenter
les dépenses militaires, ce qu'il appelle des projets de
reconstruction nationale serviront également à augmenter les
fonds d'investissement pour alimenter l'économie de guerre et la
machine de guerre des États-Unis. Il augmentera également la
militarisation de tous les aspects de la vie, ce qui signifie
une intensification des attaques contre les travailleurs qui
luttent pour leurs droits et contre la criminalisation du droit
de conscience.
Le cabinet de guerre de Carney et l'industrie de la guerre représentent ce que le peuple méprise. Il est urgent d'intensifier la résistance organisée contre le bellicisme et la promotion de la production de guerre. Le peuple exige que le Canada se retire de l'OTAN et du NORAD, rejette la participation du Canada au réarmement de l'Europe et au « Dôme d'or » de Trump et fasse du Canada une zone de paix !
(Avec des informations provenant du Canadian Club, du Conseil canadien des affaires et du discours du Trône)
L'Assemblée nationale du Québec adopte le projet de loi 89
La résistance des travailleurs aux lois
antiouvrières et antisociales de Legault entre dans une nouvelle
phase


Manifestation contre le projet de loi 89 devant l'Assemblée
nationale à Québec le 21 mai 2025
Le jeudi 29 mai, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi 89 frauduleusement appelé Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lockout. Le vote était de 94 pour, 17 contre et aucune abstention. La loi entrera en vigueur dans six mois, soit en novembre prochain[1].
Depuis son dépôt le 19 février par le ministre du Travail, Jean Boulet, une opposition vigoureuse s'est développée aux quatre coins du Québec pour exiger le retrait du projet de loi, rien de moins. Il en va de la défense de leur droit de grève pour obtenir de meilleures conditions de vie et de travail et la sécurité. Ils rejettent le mépris du gouvernement pour ceux et celles qui produisent la richesse dont la société dépend ainsi que l'usurpation du pouvoir de l'État par des intérêts privés étroits.
Vingt-six mémoires ont été déposés à la Commission de l'économie et du travail et trois jours d'audition ont eu lieu les 18, 19 et 20 mars. La transcription de ces auditions, plus de 2 mois plus tard, n'est toujours pas disponible, ni celle des cinq séances de la commission sur l'étude du projet de loi. Mais les nombreuses manifestations à Montréal, à Québec, en Abitibi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs pour exiger le retrait du projet de loi 89 sont disponibles au su et au vu de tous !
En disant dans le titre du projet de loi vouloir « considérer davantage les besoins de la population », comme prétexte et justification de sa loi anti-ouvrière, la CAQ attaque les travailleurs et leurs organisations syndicales. Le fait est que le gouvernement dicte déjà de manière très minutieuse les faits et gestes des travailleurs et travailleuses du Québec. Il a été établi que le Québec est un des lieux dans le monde les plus réglementés en ce qui a trait à l'exercice du droit de grève : services essentiels, négociations, termes de négociation fixés, date fixée pour pouvoir tenir une grève, etc.
Mélanie Laroche, professeure et chercheuse en relation industrielle à l'Université de Montréal, a expliqué dans une vidéo produire par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) en avril dernier que le code du travail québécois est l'un des plus restrictif au monde[2]. La grève n'est permise que dans les limites de la négociation des conditions de travail auprès de l'employeur attaché à l'accréditation détenu par le syndicat, dit-elle. Donc pas de grève sociale, de solidarité. etc. Contrairement à la plupart des pays, tels que la France, l'Angleterre, l'Allemagne, le Québec est réputé pour avoir les conventions collectives parmi les plus longues garantissant la paix industrielle. Le fait que le droit de grève n'est acquis qu'au terme d'une convention à des dates et conditions déterminées par le Code, a pour effet de réduire la fréquence des grèves. »
Alors pourquoi un tel acharnement ? Une chose certaine est que dans les différentes prises de parole des représentants des employeurs, la chaine d'approvisionnement pour la livraison des pièces détachées doit être protégée, coûte que coûte, non seulement les divers moyens de distribution des marchandises, mais aussi et surtout leurs productions.
Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a récemment commenté en ces termes l'actuelle grève dans le secteur de la construction résidentielle : « Rappelons que le CPQ avait demandé que l'industrie de la construction soit expressément incluse dans l'application du projet de loi 89, compte tenu des répercussions majeures que des conflits de travail dans ce secteur peuvent avoir sur le bien-être de la population. Exclure cette industrie revient à accepter que des arrêts de travail puissent s'étirer indéfiniment, au détriment des chantiers résidentiels, des projets d'infrastructure et de la stabilité économique du Québec. La démobilisation prolongée des travailleurs engendre des retards coûteux, accentue la crise du logement et freine les investissements essentiels à notre prospérité collective. » (28 mai 2025)
La réponse du ministre Boulet en commission parlementaire a été : « l'industrie de la construction n'est pas couverte par les dispositions anti-briseurs de grève prévu au Code du travail. »
Le site de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), regorge de directives et guides concernant le maintien des opérations sur les chantiers de construction en temps de grève, et au maintien de la loi et l'ordre. De telles mesures seront élaborées pour les services minima prévus à la Loi 89.
Les travailleurs du Québec étant syndiqués à près de 40 %, ils disposent de ce fait d'une grande capacité à combattre, par la grève lorsque nécessaire, à la défense de leurs conditions de vie, de celles de leurs familles et de leur communauté. Le taux de syndicalisation plus bas dans les autres provinces, explique entre autres pourquoi les travailleurs du Québec sont au premier rang de la lutte.
C'est de ce militantisme dont le Québec est affligé selon le ministre Boulet. Des travailleurs et travailleuses organisés se tenant debout à la défense de leurs droits et des droits de tous.
Les travailleuses et travailleurs du Québec prennent acte aujourd'hui avec mépris de l'adoption du projet de loi 89 contre leur droit de grève. Cela signifie que le gouvernement ne prend pas ses responsabilités sociales en veillant à ce que tous bénéficient des salaires et des conditions de travail dont ils ont besoin pour offrir ces services essentiels à la société et ne soient pas toujours contraints de faire la grève pour les obtenir.
Leur résistance à la défense de leurs droits entre dans une
nouvelle phase et mérite l'appui de tous.
Note
1. Plus plus d'information,
lire LML
Actualités du 4 mars 2025
2. Pour voir la vidéo, cliquer
ici.
Le gouvernement de l'Alberta incite à la séparation
Les travailleurs poursuivent résolument leur résistance à l'offensive antisociale destructrice

Rassemblement du Front commun devant l'Assemblée législative, le
26 avril 2025
Si les Canadiennes et les Canadiens devaient se fier aux grands titres alarmants, aux résultats des nombreux sondages et au bavardage incessant des experts médiatiques, ils en arriveraient à la conclusion que les Albertains sont à couteaux tirés parce que certains veulent déclarer l'Alberta un « État » indépendant » ou même se joindre aux États-Unis. Il est clair que tout ce vacarme entretient l'idée d'une cause perdue, d'un peuple divisé et obsédé par la séparation. En outre, il vise à retirer l'initiative des mains des Albertains et à les détourner de la question fondamentale, qui est le mécontentement envers les arrangements politiques actuels qui les privent du pouvoir décisionnel, et du fait que le renouveau est à l'ordre du jour.
En réalité, c'est que la résistance des travailleurs, des jeunes, des femmes, des aînés et des peuples autochtones à l'offensive antisociale, à la corruption, au règne des pouvoirs de police et d'attaques contre leurs droits se poursuit avec détermination. À chaque jour, ou presque, il y a des rassemblements, des réunions ou des manifestations où les gens s'affirment et défendent leurs droits et les droits de toutes et tous.
La classe ouvrière de l'Alberta n'a de leçon à prendre de personne quand il s'agit de la lutte de la classe ouvrière à la défense de la dignité du travail et pour garantir les droits de toutes et tous.

Rassemblement de travailleurs de l'éducation en grève à Calgary,
le 24 février 2025
Plus de 100 000 travailleurs en Alberta ont eu recours à la grève, ont voté pour la grève ou vont le faire sous peu. Des milliers de travailleurs de soutien en éducation ont mené une bataille résolue, défendant leurs lignes de piquetage en plein coeur de l'hiver albertain, se sont mérités l'appui massif du public et ont forcé le gouvernement à abandonner ses « mandats » et à accepter des augmentations salariales substantielles et d'autres améliorations importantes. Les enseignants ont voté contre une entente de principe qui offrait des augmentations de salaires sans proposer de solutions aux conditions de travail et aux conditions d'apprentissage insoutenables dans la salle de classe. Les enseignants ont maintenant voté à 99 % pour autoriser le syndicat à procéder à un vote de grève.
Les infirmières ont aussi rejeté une entente de principe et, après avoir obligé le gouvernement à retourner à la table de négociation, ont obtenu une augmentation salariale immédiate de 15 % et plusieurs autres améliorations.
Près de 20 000 travailleurs
gouvernementaux ont voté à 90 % en faveur de la grève si le
gouvernement ne répond pas à leurs revendications.
Les travailleurs de Safeway ont rejeté des baisses de salaires et des concessions imposées par l'employeur. Une des revendications des travailleurs a été d'augmenter les salaires des jeunes travailleurs au bas de l'échelle de salaire, en éliminant des échelons, entre autres.
Vingt-neuf syndicats ont formé un Front commun sur la base du « principe de défense collective et sur le fait qu'une attaque par le gouvernement albertain, le gouvernement du Canada, un gouvernement municipal, une commission scolaire ou un employeur du secteur privé contre un syndicat partenaire est une attaque contre tous les syndicats partenaires ».
Parmi les autres préoccupations des Albertains, le gouvernement du Parti des conservateurs unis fait face à la colère et au mépris à mesure que sont exposés les stratagèmes de privatisation favorables aux personnes d'affaires riches aux dépens de la santé de la population. L'éducation est en crise et son financement est de loin inférieur à celui de toute autre province au Canada, les salles de classe sont surpeuplées, les burn-out sont monnaie courante et les besoins des enfants sont négligés. Les loyers, la nourriture et les autres nécessités de la vie sont de plus en plus inabordables, et les gens ont de la difficulté à joindre les deux bouts.

Piquetage par les travailleurs d'Extendicare, le 5 mai 2025
Les Albertains combattent une fois de plus des feux de forêts qui sont hors de contrôle parce que le gouvernement refuse d'investir dans des mesures préventives qui ont fait leur preuve. Ils font ce qu'ils peuvent pour soutenir les résidents dans les zones affectées qui sont forcés d'évacuer, se fiant à des organisations caritatives ou se débrouillant seuls.
Une économie basée sur l'exportation de matières premières, surtout le pétrole et le gaz, dont les prix sont particulièrement volatiles, engendre l'incertitude et une vie précaire pour les travailleurs. Plutôt que de tenter de régler ce problème en établissant une nouvelle direction pour l'économie, les autorités s'entre-déchirent pour tenter d'empêcher la classe ouvrière et le peuple de trouver des solutions et d'aller de mal en pis.
Ce sont les milliardaires et les oligarques qui s'attaquent mutuellement. Les barons du pétrole et du gaz s'imaginent un vrai scénario du Far West où ils exercent un contrôle total en fonction de ce qui produit un profit maximum dans le plus court lapse de temps. Les attaques sans fin contre les libéraux comme étant « anti-pétrole et anti-gaz » est une diversion qui cache la stratégie économique actuelle du gouvernement Carney et son ordre du jour d'enrichir les riches et d'accélérer les préparatifs de guerre. La première ministre de l'Alberta Danielle Smith concilie avec Carney qui compte faire du Canada une « superpuissance énergétique » – ce qui signifie d'immenses stratagèmes pour payer les riches pour des pipelines et d'autres infrastructures et possiblement des milliards pour le « captage et stockage du dioxyde de carbone » et d'autres stratagèmes devant favoriser une « économie verte ».
Ils refusent l'alternative, qui est d'arrêter de payer les riches et d'investir dans les programmes sociaux. Néanmoins, l'alternative est une nouvelle direction pour l'économie qui satisfait les besoins du peuple.
Une autre caractéristique du gouvernement albertain et des gouvernements à tous les niveaux est le recours accéléré aux pouvoirs de prérogative, y compris le contrôle des instances réglementaires et de surveillance, des municipalités, des autorités de la santé, et de tout ce qu'ils peuvent accaparer. La première ministre Danielle Smith affirme aussi sa juridiction provinciale sur tout, de la frontière entre le Canada et les États-Unis aux données sur les émissions de gaz à effet de serre, et cherche l'autorité exclusive sur les endroits où les pipelines devront être construites, au mépris des droits des peuples autochtones et de l'environnement naturel, de la Terre Mère et de la crise de réchauffement climatique dont la défense serait « anti-albertain ».
Peu importe pour qui les Albertains ont voté, que ce soit pour les conservateurs, les libéraux, le NPD ou des petits partis, ou qu'ils aient choisi de ne pas voter du tout, le mécontentement envers le système politique est profond. Le peuple veut exercer un contrôle sur sa vie, tandis qu'un « non » ou un « oui » dans un référendum sur la séparation ne fait que préserver les institutions conçues pour écarter le peuple du pouvoir.
Un référendum sur la « séparation » n'a absolument rien à voir avec investir le peuple de la souveraineté. La cabale de personnages douteux qui agitent en faveur d'un référendum affirme vouloir une rencontre avec les représentants de Donald Trump pour discuter de l'annexion de l'Alberta aux États-Unis.
Une pétition favorable au « oui » a été lancée par un ancien député du Parti progressiste-conservateur, le parti qui a été au pouvoir en Alberta pendant 44 ans au service des oligarques de l'énergie et de l'intégration à l'économie de guerre des États-Unis et qui a mené une offensive antisociale dans les années 1980 et qui, en outre, avait encouragé l'expansion impérialiste étasunienne en Alberta dans les années 1960 et 1970.
Les « institutions démocratiques » qui ont pris naissance il y a plusieurs siècles et la constitution coloniale fondée sur l'Acte de l'Amérique du Nord britannique ont besoin d'être renouvelées. Comme c'est là, le pouvoir suprême ou souverain est investi dans une personne d'État représentant les milliardaires et les oligarques, les intérêts privés de la classe capitaliste au pouvoir. Les partis cartellisés au pouvoir se servent de leur prérogative royale ou de leurs pouvoirs de police et de leurs majorités à l'Assemblée législative pour gouverner par décret. Un exemple de ce qui a été normalisé est la vitesse inhabituelle avec laquelle des changements ont été faits à la loi régissant les élections, les référendums et le rappel. Aucune discussion, aucune étude ni aucun débat n'a eu lieu dans l'Assemblée législative, surtout pas de consultation avec le corps politique.
Pour la classe ouvrière et le peuple, le besoin de pouvoir politique pour être en mesure d'exercer un contrôle sur les prises de décision et apporter des solutions est le problème posé et à résoudre. Cela peut se faire en mettant de l'avant le programme d'Arrêter de payer les riches, investir dans les programmes sociaux et si les Albertains s'organisent politiquement pour renouveler le processus démocratique et se dotent d'une constitution moderne.

Rassemblement de travailleurs de l'éducation en grève devant
l'Assemblée législative, le 28 février 2025
Les nations autochtones dénoncent
le projet de loi 54 de l'Alberta et défendent leurs droits
inhérents et issus de traités

Le 15 mai, des centaines de personnes ont participé à un rassemblement militant organisé par les chefs des Premières Nations des quatre coins de l'Alberta devant l'Assemblée législative albertaine. Le rassemblement a débuté avec la Grande entrée, une procession cérémoniale qui symbolise la convergence de peuples autochtones, chaque nation de la province portant son drapeau, le tout suivi de discours des chefs et les représentants des Premières Nations signataires des Traités Six, Sept et Huit en Alberta.
Le rassemblement a eu lieu au lendemain de l'adoption du projet de loi 54 dans l'Assemblé législative, une tentative d'inciter les passions au sujet de la séparation et de l'annexion de l'Alberta aux États-Unis. Il ne s'agissait pas d'une manifestation, ont souligné les orateurs, puisque les participants n'étaient pas là en tant que citoyens d'une autorité soit fédérale ou provinciale, mais en tant que peuples souverains profondément enracinés dans leurs propres nations. Ils ont dénoncé le projet de loi 54 et souligné que le rassemblement était l'expression de l'unité des Premières Nations de l'Alberta contre un référendum illégitime et illégal.
En réponse à l'opposition des nations autochtones, le gouvernement du Parti conservateur uni a tenté d'ajuster ses flûtes en adoptant à la dernière minute un amendement au projet de loi, ajoutant un article affirmant qu'aucune question référendaire ne pouvait menacer les droits issus de traités des Premières Nations. Ce rajout n'a pas impressionné personne et a vite été dénoncé comme étant vide de sens.
Les terres au sein de la province de l'Alberta sont toutes issues de traités, ont souligné les orateurs. Les traités sont des traités internationaux de paix, d'amitié et de partage du territoire, qui n'a jamais été vendu ou cédé.
Le chef Tony Alexis du Traité Six, de la Première-Nation
Alexis, a dit que les Premières Nations ont réussi à faire
reculer le Livre blanc du gouvernement libéral en 1969 ainsi que
l'Accord du Lac Meech en 1990, et qu'elles « le feront à
nouveau ». « Vous ne pouvez pas légiférer la
disparition de nos droits », a-t-il dit « et nous
n'allons nulle part[1]. »
« La réponse à toute tentative d'empiéter sur nos droits issus de traités sera une résistance farouche », a dit la gardienne du contenu des traités Tsuut'ina Regena Crowchild, qui a parlé au nom du Chef Roy Whitney représentant le Traité Sept.
« Nous avons accepté de vivre côte à côte sans ingérence, et pendant toutes ces années, les gouvernements fédéral et provincial se sont ingérés dans nos vies au moyen de leurs législations sans notre consentement préalable, libre et éclairé. Nous avons ce droit. Nous sommes les premiers peuples ici et le Canada ne peut éteindre nos droits et notre identité, notre langue et ce que le Créateur nous a donné. Il est de notre responsabilité d'enseigner à nos enfants qui ils sont, ce qu'est leur autorité, leur histoire, ce que signifient les traités pour qu'ils puissent poursuivre le travail de protéger et d'améliorer nos traités, et pour que jamais le Canada ne puisse avoir le dernier mot », a-t-elle dit.
Qualifiant la journée d'historique, le chef Sheldon Sunshine de la nation crie de Sturgeon Lake a dit : « Nous partageons les mêmes préoccupations dans nos communautés. Et, vous savez, lorsqu'il s'agit de différentes législations qui vont avoir des répercussions sur nos vies, ...pensons au scandale des soins de santé et la récente annonce affirmant que mon espérance de vie sera inférieure de 19 ans à celle du Canadien moyen. Vous comprendrez que toutes ces choses combinées ont un impact réel sur notre vie quotidienne...Je tiens à vous rappeler que lorsque vous partirai d'ici, retourner chez vous et parlez à vos cercles d'amis. Nous pouvons doubler notre nombre, le tripler, le quadrupler. Il y a beaucoup de gens parmi nous qui ont les mêmes problèmes, les mêmes défis que nous avons.
« Élevons la voix et affirmons sans ambiguïté qu'aucun gouvernement provincial ne peut tenir un référendum pour mettre fin à nos traités », a dit le grand chef de la Confédération des Premières Nations du Traité Six, Greg Desjarlais. « Nous n'avons pas de comptes à rendre au gouvernement provincial. J'affirme clairement que cette question de séparation de l'Alberta n'est pas seulement dangereuse, elle est en violation de notre traité, de la loi naturelle et de la terre elle-même », a-t-il dit.
Le chef Billy Tuccaro de la nation crie de Mikisew a dénoncé Jeffrey Rath, qui a récemment présenté lors d'une conférence de presse une question référendaire favorable à la séparation, disant que Rath avait fait sa fortune sur le dos des peuples autochtones. Rath est un avocat dont la spécialité serait « les droits autochtones issus de traités, le droit environnemental et les litiges ».
Le grand chef du Traité Huit, Trevor Mercredi, a souligné que cela comprend aussi bien les personnes non-autochtones. « Si vous êtes en Alberta, au Canada, vous êtes reconnus comme faisant partie du traité », a-t-il dit.
Le chef Wilfred Hooka-Nooza de la Première Nation Déné Tha' du Traité Huit a dit : « Nous sommes rassemblés non pas comme des gens qui manifestent, mais en tant que gardiens d'une promesse plus ancienne que la province de l'Alberta elle-même. »
« Nos traités ne sont pas des reliques. Ce ne sont pas des documents qu'on peut ranger et oublier », a dit le chef Hooka-Nooza, ajoutant : « Ce sont des engagements vivants, qui respirent. Ce sont des promesses de coexistence, de respect mutuel et de responsabilité partagée à cette terre que nous appelons notre demeure ».
« Nous nous rassemblons ici dans l'unité, non pas pour manifester, mais pour nous unir avec un objectif », a dit le chef Andy Alook de la nation crie de Bigstone. « Je veux qu'on me comprenne bien. Ce n'est pas qu'un rassemblement. Nous défendons nos traités. Nos traités ne sont pas symboliques. Ils ne sont pas optionnels. Ce sont des ententes vivantes et contraignantes conclues de nation à nation, avec la Couronne, et non avec la province de l'Alberta. Le gouvernement de la première ministre Smith met de l'avant un ordre du jour dangereux et trompeur. Les projets de loi comme le projet de loi 54 tentent de nous embourber dans une bataille provinciale qui n'a jamais été la nôtre. L'Alberta parle de souveraineté, mais ce qu'ils veulent vraiment c'est de nous faire oublier leurs responsabilités tout en menaçant les traités mêmes qui nous protègent tous », a-t-il dit.
Comme l'a souligné le chef Alexis, les peuples autochtones ont
défait les tentatives d'imposer de nouveaux arrangements
constitutionnels conçus dans notre dos et qui tiennent le peuple
à l'écart du pouvoir et cherchent à éteindre leurs droits
inhérents. Une constitution moderne est requise pour mettre fin
à l'injustice coloniale et aux vieux arrangements, une
constitution qui défend le principe des relations de nation à
nation, reconnaît que les peuples autochtones ont le dernier mot
sur leurs territoires non cédés, investit le peuple de la
souveraineté et défend le droit du Québec à l'autodétermination.
Note
1. Le Livre blanc mis de l'avant par le gouvernement libéral de Pierre Trudeau appelait à l'assimilation, à l'abrogation de son obligation de défendre les droits issus de traités et de sa responsabilité face aux injustices historiques, et a « refilé le problème aux provinces », comme l'avait soulevé Harold Cardinal, chef de l'Association indienne de l'Alberta à l'époque. Les libéraux ont été forcés de retirer leur Libre blanc en raison de l'opposition militante des nations autochtones.
L'Accord du lac Meech était un ensemble d'amendements à la Constitution du Canada négociés en vase clos par le premier ministre Brian Mulroney et les premiers ministres provinciaux. L'accord n'investissait pas le peuple du pouvoir, n'établissait pas des relations de nation à nation avec les peuples autochtones et ne reconnaissait pas le droit du Québec à l'autodétermination. Elijah Harper, un membre cri An Oji de l'Assemblée législative manitobaine, a levé une plume blanche à l'Assemblée législative, empêchant ainsi le consentement unanime requis pour débattre de l'accord, ce qui a mené à sa défaite.
La Colombie-Britannique bafoue les lois existantes et les droits autochtones
Opposition généralisée à la loi accélérant
les projets d'infrastructures
Le 29 mai, l'assemblée législative de la Colombie-Britannique a adopté les projets de loi controversés du gouvernement néodémocrate, à savoir le projet de loi 14 (sur l'accélération des permis pour les projets d'énergie renouvelable) et le projet de loi 15 (Loi sur les projets d'infrastructures), sans tenir compte des préoccupations des experts juridiques et des gouvernements locaux, ni de l'opposition résolue des dirigeants autochtones et des organisations environnementales. Le projet de loi 14 a été déposé le 30 avril et le projet de loi 15 le 1er mai. Les deux ont été adoptés par 47 voix contre 46. Tous les députés néodémocrates ont voté en faveur du projet de loi. Les 41 conservateurs, les deux verts et les trois indépendants se sont opposés aux deux projets de loi. Le président de la Chambre des représentants, qui est néodémocrate, a eu le vote décisif pour briser l'égalité en faveur du gouvernement.
La loi donne au gouvernement des pouvoirs considérables pour faire avancer les projets d'infrastructure jugés « importants pour la province », notamment les projets d'énergie renouvelable et les lignes de transport d'électricité dans toute la province. Pour faciliter ces changements, le gouvernement a créé un nouveau ministère des Infrastructures en novembre 2024, en le présentant de manière à ce que personne ne puisse s'y opposer, c'est-à-dire comme un moyen d'accélérer la construction d'écoles, d'hôpitaux et de maisons de soins pour les personnes âgées.
Les Britanno-Colombiens n'acceptent pas que le gouvernement provincial se donne le droit de passer outre aux lois et règlements établis, y compris ceux des municipalités et des districts régionaux, pour construire des écoles, des hôpitaux et des maisons de soins, sans compter que ces projets de loi importants ont fait l'objet d'une procédure accélérée au sein de la législature pour que le public n'en soit pas informé. Les deux nouvelles lois contiennent des clauses qui donnent au gouvernement provincial le pouvoir de considérer à peu près n'importe quel projet public ou privé, y compris les mines, les ports, les projets d'énergie conventionnelle et d'énergie propre, comme étant « d'importance provinciale ».
« Tout projet ainsi désigné serait placé en tête de la file d'attente pour les permis provinciaux et potentiellement exempté d'une évaluation environnementale complète et transparente, évitant ainsi l'examen minutieux du public, des scientifiques, des gouvernements locaux et des Premières Nations », rapporte The Narwhal.
Dans un communiqué de presse publié le 6 mai, le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC), affirme : « Lors de l'élaboration du projet de loi 15, la province n'a pas mené de véritable consultation ni coopéré avec les Premières Nations et n'a pas respecté sa propre approche provisoire sur l'harmonisation des lois ». Il faisait référence à l'engagement déclaré du gouvernement de la Colombie-Britannique de mettre en oeuvre « des processus clairs et transparents sur la manière dont [les ministères et les secteurs gouvernementaux] doivent collaborer avec les peuples autochtones dans l'élaboration des lois, des politiques et des pratiques provinciales, comme l'exige la loi sur la déclaration [sur les droits des peuples autochtones] ».
Dans son communiqué de presse, l'UBCIC affirme que « le projet de loi 15 pourrait avoir un impact considérable sur les droits inhérents et autochtones, les titres et les compétences des Premières Nations, tant dans son application que dans ses résultats escomptés. [...] Il ne se contente pas d'accélérer l'approbation et la construction d'écoles et d'hôpitaux, il pourrait également permettre d'accélérer la mise en oeuvre de grands projets d'extraction. [...] Le projet de loi 15 va trop loin et permet à la province de contourner les procédures d'autorisation et d'accélérer l'évaluation environnementale de tout projet qu'elle juge prioritaire. La province fait passer en force le projet de loi 15 sans que les Premières Nations, qui risquent d'en subir les conséquences, ne soient consultées. Cette loi pourrait enfreindre les obligations constitutionnelles en matière de consultation et n'est pas conforme à la Déclaration des Nations unies. »
L'Union des municipalités de la Colombie-Britannique s'inquiète du fait que le projet de loi 15 « confère au cabinet le pouvoir extraordinaire d'outrepasser les réglementations, y compris les plans communautaires des municipalités, les modifications des règlements de zonage et les processus d'approbation des lotissements » et que le processus menant à la rédaction de la loi a été précipité et n'a pas inclus de consultation significative avec les municipalités, avertissant qu'une telle approche peut entraîner des conséquences inattendues.
Le Wilderness Committee a condamné les deux projets de loi et les méthodes du gouvernement : « Ces lois passent passe outre aux évaluations environnementales critiques actuellement requises pour les projets d'extraction de ressources en Colombie-Britannique. [...] L'adoption du projet de loi 15 est un abandon honteux des responsabilités de la province en matière de protection de l'environnement et des droits des autochtones – une trahison déguisée en progrès. »
Le 30 mai, le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, Terry Teegee, s'est retiré d'une mission commerciale au Japon, en République de Corée et en Malaisie organisée par le premier ministre, en raison de l'adoption des projets de loi. « Comment pouvons-nous participer à des missions commerciales visant à promouvoir le développement des ressources alors que ce gouvernement vient de faire adopter une loi qui bafoue nos droits et menace nos territoires ? », a-t-il demandé.
Événements
significatifs au mois de mai
Non à la privatisation de Postes Canada!
Des rassemblements partout au Canada le 31 mai

Ottawa, 31 mai 2025
Partout au pays, le 31 mai, les postiers et les travailleurs de nombreux syndicats et fédérations syndicales se sont rassemblés pour dénoncer les attaques de l'État contre les postiers et leur syndicat et les soutenir dans leur lutte pour une convention collective qui leur est acceptable. Les rassemblements avaient pour thème « Ne touchez pas à mon bureau de poste ! » et soulignaient la demande des Canadiennes et des Canadiennes que cesse la privatisation et que le service postal public pour tous soit protégé et élargi.
L'action à Ottawa a commencé au Monument pour les droits de la personne. Parmi les groupes de travailleurs, il y avait des postiers de Montréal. Un certain nombre de représentants syndicaux ont pris la parole, notamment la présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), Jan Simpson, le directeur national du STTP – Centre, Peter Denley, et Sean McKenny, président du Conseil du travail d'Ottawa et de district, ainsi que les députés néodémocrates Leah Gazan et Gord Johns.
Jan Simpson a dit que Postes Canada devait élargir ses services en tant que bureau de poste public. « Notre vision est audacieuse : nous voulons des centres communautaires, des services bancaires postaux, des services de vigilance auprès des personnes âgées, une vision appelée 'Vers les collectivités durables'. » Elle a souligné que l'employeur s'attaque aux conventions collectives des postiers, qu'il veut réduire les normes communautaires, fermer les bureaux de poste et éliminer la livraison à domicile. Elle a dit que Postes Canada avaient refusé une trêve et qu'elles répandaient maintenant des mensonges dans les médias et demandaient au gouvernement d'intervenir encore une fois, tout en essayant de dresser les travailleurs les uns contre les autres. Elle a rappelé à tous les gains, comme le congé de maternité, que les postiers ont faits et qui profitent désormais à l'ensemble de la population.
Jan Simpson a déclaré : « Un oui à ce contrat n'est pas ce dont nous avons besoin. Nous devons rester unis et voter fermement NON pour envoyer un message à l'employeur et au gouvernement. Nous nous battons pour l'expansion du service postal public. Nous ne nous battons pas pour le profit, pas pour la cupidité, nous nous battons pour un bureau de poste public et nous ne reculerons pas. »
Après les discours, les travailleurs ont marché sur la rue Elgin jusqu'au bureau du premier ministre en scandant : « Ne touchez pas à notre bureau de poste ! »
À Scarborough, à l'extérieur du nouveau Centre de traitement Albert-Jackson, des postiers de la région ont été rejoints par des dirigeants de la Fédération du travail de l'Ontario, du Conseil du travail de la région de Toronto et de York, du Syndicat des employés du secteur public de l'Ontario, du Syndicat des Métallos et d'autres. Les uns après les autres, les orateurs ont dénoncé les attaques de la direction de Postes Canada et du gouvernement fédéral contre les postiers, notamment le gouvernement qui est intervenu pour priver les postiers de leur droit de négocier une convention qu'ils jugent acceptable. Plusieurs ont souligné que le combat mené par les postiers est un combat pour défendre les droits de tous les travailleurs.
Les postiers et les représentants de la Fédération du travail de l'Ontario (FTO) ont organisé le même jour une action au bureau de Shafqat Ali, président du Conseil du Trésor à Brampton, pour exiger que le gouvernement ordonne à Postes Canada de négocier et de mettre fin à la privatisation de la Société canadienne des postes. Les métallos et les travailleurs d'autres secteurs ainsi que la FTO se sont joints au rassemblement des postiers à Hamilton.
Des actions ont également eu lieu dans d'autres villes comme Halifax, Edmonton, Vancouver et Courtenay sur l'île de Vancouver.
À Prince George, des membres de la communauté de tous horizons sont venus se joindre aux travailleuses et travailleurs des postes, réclamant une convention équitable et un bureau de poste public qui réponde aux besoins des Canadiennes et des Canadiens dans les petites et grandes communautés.
La lutte pour des salaires et des avantages sociaux adéquats, des conditions de travail sécuritaires, la garantie d'emplois sûrs et à temps plein et, surtout, le maintien et le renforcement d'un service postal national public (non privatisé et accaparé par des monopoles étrangers) sont des questions qui préoccupent tous les Canadiennes et Canadiens.
Soutenons les travailleuses et travailleurs des postes ! Leur combat est notre combat !
St. John's
Halifax
Scarborough
Brampton
Hamilton
London
Edmonton
Vancouver
Prince George
Les travailleurs accidentés de l'Ontario défendent leurs droits
Un rassemblement militant marque la Journée des travailleurs accidentés à Queen's Park à Toronto
Plus de 200 personnes ont participé à un rassemblement animé à Queen's Park le 1er juin pour marquer le 42e anniversaire du jour où, en 1983, les travailleurs accidentés et leurs alliés ont forcé le gouvernement de Bill Davis à faire marche arrière sur les changements majeurs qu'il voulait apporter au système d'indemnisation. Le 1er juin 1983, les travailleurs accidentés et leurs alliés ont convergé vers l'Assemblée législative de l'Ontario pour participer à une audience d'une journée sur les changements proposés. Plus de 3500 personnes sont venues présenter leurs préoccupations concernant les atteintes majeures à l'indemnisation, ce qui a obligé le gouvernement à tenir l'audience sur les marches de l'Assemblée législative. En raison de la résistance organisée, le gouvernement a été contraint de faire marche arrière sur ses principales mesures. Depuis, les travailleurs accidentés et ceux qui les soutiennent n'ont ménagé aucun effort pour exiger que le droit à l'indemnisation et au soutien des travailleurs blessés soit respecté.
Cette année, des rassemblements
de la Journée des travailleurs accidentés ont eu lieu à Toronto,
Peterborough, Thunder Bay, Windsor et London. À Queen's Park, à
Toronto, Steve Mantis, ancien président du Réseau des groupes de
travailleurs accidentés de l'Ontario, a souligné la nécessité
d'intensifier la lutte pour les revendications et la dignité des
travailleurs accidentés dans le contexte de l'assaut du
gouvernement Ford contre tous les travailleurs de l'Ontario.
D'autres intervenants ont souligné que depuis l'arrivée au
pouvoir du gouvernement Ford en 2017, la Commission de la
sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents
de travail (CSPAAT) a remis plus de 8 milliards de dollars aux
employeurs de l'Ontario sous forme de réductions de taux et de
remboursements directs, de l'argent qui aurait dû aller aux
travailleurs accidentés et à leurs familles.
La CSPAAT, qui est l'organisme chargé de verser les indemnités, a été dénoncée pour avoir facilité l'humiliation et la marginalisation des travailleurs accidentés par les employeurs. Par exemple, un intervenant a souligné qu'en Ontario, près de 3000 cas de cancer lié au travail sont identifiés chaque année par les médecins des patients, mais que seulement 15 % de ces cas sont acceptés par la CSPAAT et que seulement la moitié de ces cas sont correctement traités et indemnisés.
Les intervenants des organisations de travailleurs migrants ont décrit les horribles conditions de travail auxquelles sont confrontés de nombreux travailleurs migrants et ont expliqué que beaucoup d'entre eux n'ont même pas accès à la CSPAAT et sont à la merci d'employeurs brutaux qui les exploitent et les maltraitent. Une intervenante a souligné que les gouvernements, à tous les niveaux, tentent de monter les travailleurs les uns contre les autres afin d'exploiter et de marginaliser tous les travailleurs. Elle a insisté sur le fait que c'est en se battant pour les droits de tous les travailleurs que les travailleurs blessés et migrants peuvent progresser.
Les employés de la CSPAAT eux-mêmes, regroupés au sein de la
section locale 1750 du Syndicat canadien de la fonction
publique, sont actuellement en grève pour obtenir une
augmentation des salaires et une amélioration des conditions de
travail, pour la première fois de leur histoire. Un représentant
de la section locale a pris la parole lors du rassemblement et a
expliqué que la CSPAAT avait empêché les quelque 4000
travailleurs des bureaux de la CSPAAT de l'Ontario de faire leur
travail correctement en réduisant le personnel et en augmentant
la charge de travail. Il a ajouté que les travailleurs de la
CSPAAT eux-mêmes s'opposent aux mesures contre les travailleurs
accidentés, qui comprennent la pratique de la
« présomption » qui est utilisée pour refuser de
nombreuses demandes d'indemnisation justifiées. Il a dit que les
travailleurs accidentés ont droit à une indemnisation et à un
soutien équitables, que c'est l'affaire de tous, et il a appelé
tout le monde à soutenir les revendications des employés de la
CSPAAT, y compris sur le plan des salaires et des conditions de
travail.
Le rassemblement s'est accompagné d'un programme culturel comprenant des chansons de travailleurs et un sketch de la South Asian Women's Rights Organization (SAWRO) décrivant l'exploitation grave et les vies ruinées des femmes migrantes blessées sur leur lieu de travail.
Le rassemblement s'est terminé par une promesse de soutien au
Réseau des groupes de travailleurs accidentés de l'Ontario et à
d'autres organisations de défense des travailleurs accidentés
dans leur campagne pour leurs droits et leurs revendications, et
pour la défense des droits de toutes et tous.
Manifestation audacieuse contre la foire d'armes CANSEC à Ottawa
Des manifestants défient les fauteurs de guerre et la police et exigent que CANSEC soit démantelé!

Plus de 300 personnes ont manifesté devant la foire d'armes CANSEC organisée par l'Association canadienne des industries de défense et de sécurité (ACIDS), le lobby lié à Affaires mondiales Canada. L'ACIDS, qui se dit la « voix » de l'« industrie de défense nationale », représente les compagnies canadiennes de « défense et de sécurité » qui, ensemble, génèrent plus de 10 milliards de dollars en revenus annuels, dont près de 60 % proviennent d'exportations.
Les manifestants ont clairement exprimé l'opposition des Canadiennes et des Canadiens à la production et au commerce d'armes utilisées dans les guerres d'agression et de destruction, particulièrement dans le génocide commis par les sionistes étasuniens et israéliens à Gaza et visant à éliminer le peuple palestinien, avec la participation du Canada et les autres pays du G7. Ils s'opposent aussi aux armes utilisées dans la guerre par procuration des États-Unis/OTAN en Ukraine et dans d'autres zones de guerre ou dans des zones en Asie Pacifique, en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes où le Canada participe avec les États-Unis dans leurs préparatifs de guerre.
Alors que revendications
légitimes des manifestants étaient clairement exprimées sur
leurs bannières, la police a brutalement arrêté 13 personnes, y
compris un médic et un photographe. Selon les rapports, la
police a délibérément arrêté les manifestants après que les
organisateurs de la manifestation ont clairement communiqué avec
l'équipe de liaison de la police que la manifestation tirait à
sa fin. Malgré cela, les agents du Service de police d'Ottawa
ont été agressifs, bousculant et arrêtant les manifestants à la
fin de l'action. Les arrestations ont eu lieu après que les
journalistes des médias monopolisés ont quitté. Un des
manifestants a subi des blessures et a dû être conduit à
l'hôpital.
Les organisateurs de la manifestation se posent bien des questions au sujet des tactiques agressives de la police et de l'arsenal déployé contre la manifestation.
L'information suivante publiée par l'activiste antiguerre Brent Paterson explique bien pourquoi il y a tant d'opposition à cette foire de l'armement au Canada.
Des compagnies que le Comité de service des amis américains (les Quakers) a évaluées profitaient du génocide à Gaza à la suite de l'expédition d'armes en Israël étaient parmi les exposants à CANSEC, malgré une décision préliminaire de la Cour internationale de justice (CIJ) des Nations unies en janvier 2024 à l'effet que le tribunal a trouvé qu'il était « plausible » qu'Israël commet un génocide contre le peuple palestinien.

Les Quakers étaient présents à la manifestation contre la foire
d'armes de CANSEC, le 28 mai 2025.
Les obligations découlant de la décision de la CIJ
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Suite à la décision de la CJI, trois professeurs de droit de Toronto ont expliqué : « Pour être conforme à cette décision, il faut comprendre que celle-ci devrait changer de façon dramatique les décisions politiques étrangères et domestiques des alliés d'Israël, y compris le Canada et les États-Unis. »
« L'obligation de prévenir le génocide, de pair avec le fait que la cour a évalué qu'il y avait un grave risque de génocide, signifie que tous les partis à la Convention sur le génocide [ratifiée par le Canada en 1952] doivent cesser de prendre des mesures qui entraveraient dans les faits la mise en oeuvre de l'ordre du tribunal. «
Ils ajoutent : « Parce que la CIJ a évalué un grave risque de génocide à Gaza, le fait de continuer d'exporter des armes en Israël serait illégal [en vertu de la loi sur les permis d'exportation et d'exportation qui confirme l'adhésion du Canada au Traité du commerce d'armes]. En outre, cela irait ouvertement à l'encontre de l'obligation du Canada de prévenir le génocide, et pourrait exposer le Canada et des représentants canadiens à des accusations de participation à un génocide. »
Des crimes de « complicité »
Amnistie internationale a aussi souligné que les concepts juridiques de « complicité des entreprises » et de « complicité » dans des crimes internationaux pourraient s'appliquer à des compagnies d'armes qui continuent de fournir des armes en sachant que celles-ci pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations des droits humains.
Des compagnies interdites dans certaines foires d'armes
La manifestation contre CANSEC – dont les exposants comprenaient la compagnie d'armes israélienne Elbit Systems et des représentants de l'armée israélienne – a aussi eu lieu à la suite de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) en novembre 2024, qui a émis des mandats d'arrêt contre le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou et l'ancien ministre de la Défense d'Israël Yoav Gallant.
Alors que la France et le Chili ont interdit les compagnies d'armes israéliennes d'exposer aux foires d'armes, l'Association canadienne des industries de défense et de sécurité (ACIDS), le lobby financé par Affaires mondiales Canada qui organise CANSEC, n'a pas emboîté le pas et n'a pas commenté les décisions des tribunaux ni discuté des obligations des compagnies d'armes en vertu du droit canadien et de la Convention sur le génocide.
Pour en savoir davantage, lire : General Dynamics displays artillery shell implicated in controversial deal, Ottawa Police arrest 13 at protest against CANSEC arms show (29 mai 2025).
Reportage photo
(Photos : LML, PBI)
5 mai, Journée de la robe rouge
Les Canadiens exigent que les appels à l'action soient mis en oeuvre

Whitehorse, le 5 mai 2025
Le 5 mai, Journée de la robe rouge, est marqué dans tout le pays comme une journée de sensibilisation au sort des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. La robe rouge a commencé à être utilisée comme symbole de la disparition tragique et de la mort des femmes autochtones en 2010 avec le projet REDress de l'artiste métisse Jaime Black, basée à Winnipeg.
Six ans après les 231 appels à la justice énoncés par la Commission nationale de vérité et réconciliation sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, les meurtres et les disparitions de femmes autochtones à travers le pays n'ont pas cessé.
Le rapport final de la Commission nationale, intitulé « Réclamer notre pouvoir et notre place », décrit le génocide des femmes et des filles des Premières Nations, inuites et métisses, comme le résultat d'une violence « enracinée dans les structures coloniales ».
De nouvelles dispositions constitutionnelles – une union libre entre les peuples autochtones, les Métis et les Inuits, le peuple québécois et le peuple canadien – s'imposent, tout comme la demande que l'État canadien reconnaisse son rôle dans la violence contre les peuples autochtones et qu'il rende des comptes pour ce génocide – ainsi que pour le génocide commis contre le peuple palestinien.
Montréal

La commémoration du 5 mai à Montréal, organisée par le projet Iskweu du Refuge des femmes autochtones de Montréal (qui se consacre à la crise des femmes, filles, personnes trans et bispirituelles autochtones disparues et assassinées au Québec) à la place Cabot, a rassemblé environ 200 personnes.
Faye, une conseillère en violence familiale, a commencé par dire : « Nous sommes unis pour nous souvenir, pour rendre hommage et pour nous dresser debout. » Elle a mis en lumière l'origine de la violence contre les Premières Nations du pays, qu'elle a décrite comme la violence de la colonisation contre l'esprit des peuples autochtones, leurs enseignements et leurs façons d'honorer la vie elle-même.
Bien qu'entre 1980 et 2012, la
GRC ait enregistré 1 181 femmes et filles autochtones disparues
et assassinées, elle a déclaré que la vérité est que « plus
de 4 000 vies » ont été « volées au cours des
dernières décennies ».
Selon elle, il faut « créer un espace » où les gens « ne sont pas seulement protégés, mais célébrés, empouvoirés et chéris. Il faut se tourner vers la voie de nos ancêtres, où les femmes sont sacrées », « où le mot communauté signifie que nous ne nous abandonnons pas les uns les autres ». « Nous sommes le feu qu'ils ont maintenu vivant dans l'obscurité. Nous sommes les protecteurs de l'eau. » « Aujourd'hui, nous ne faisons pas que pleurer », « nous nous réapproprions notre histoire ».
Au nom de tous celles et ceux qui continuent à se battre, elle s'est engagée à le faire « jusqu'à ce que chaque âme et chaque soeur soit commémorée, que chaque famille soit soutenue et que chaque génération future puisse vivre en sécurité, dans la fierté et la liberté ».
Cheryl McDonald, de Kanesatake, qui a perdu une soeur en 1988, a dit : « Je veux que mes soeurs soient en sécurité. ... Et je vois que l'argent qui arrive au sommet du gouvernement roule comme une boule de gomme et que rien n'en ressort. »
Elle a ajouté que les jeunes filles autochtones « grandiront en sécurité parce que nous veillerons toutes sur elles ».
Faisant référence au système colonial de conseil de bande imposé aux Premières Nations par l'État canadien, elle a déclaré : « Je ne me présenterai jamais à la fonction de chef. Je fuirai ce système, car ce sont tous des systèmes d'oppression. Une fois qu'ils vous ont payé, ils ont acheté votre silence. »
Une représentante du projet Iskweu a fait remarquer : « L'héritage sombre des politiques fédérales néfastes des États-Unis et du Canada à l'égard des 'Indiens' est ancré dans le racisme, l'effacement et l'assimilation. » Évoquant les tentatives de génocide des Premières Nations par l'État canadien, elle a ajouté : « Nous avons été victimes de déplacements, de stérilisation forcée, de l'époque des pensionnats, de la 'rafle des années 60', d'une surveillance intensive des familles autochtones par les services de protection de l'enfance et d'une surreprésentation dans nos systèmes de justice pénale. »
« Nous devons protéger nos femmes, nos hommes, notre communauté bispirituelle et LGBTQ+, et nous devons protéger nos enfants. Nous protégeons nos cercles communautaires en nous réunissant ici aujourd'hui pour apprendre à travailler ensemble, à nous affirmer et à assurer la sécurité de celles et ceux que nous aimons. »
Faisant référence à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, elle a ajouté : « Nous nous sommes tenus aux côtés des familles qui réclamaient des enquêtes pour que justice soit faite. Nous avons défendu avec acharnement l'identification correcte de nos 'Jane Doe'. Mais nous sommes toujours là. Nous sommes ici pour demander que tous les niveaux de gouvernement rendent des comptes. »
« Nous ne cesserons de prononcer leurs noms tant que nous lutterons pour la justice. »
Une minute de silence a été observée.
Rappelant les 231 appels à la justice de l'enquête nationale comme l'un des « documents d'orientation et plans d'action fournis grâce au travail acharné des dirigeants autochtones », elle a exprimé l'urgence de mettre en oeuvre ces appels. « Chacun d'entre nous a la responsabilité de veiller à ce qu'il y ait un suivi », « afin de déterminer ce que nous pouvons faire ensemble d'ici notre prochaine rencontre en octobre ».
Ottawa
Une cérémonie sur la Colline du Parlement a marqué la Journée de la robe rouge. Organisée par Bridget Tolley et Kokums de Soeurs par l'esprit, elle était axée sur la résilience des jeunes et des Autochtones face aux crimes génocidaires passés et présents de l'État canadien contre des peuples autochtones de tout le Canada. Des jeunes garçons qui chantaient et jouaient du tambour ont été présentés avec fierté par une enseignante d'immersion et de culture algonquine, qui a souligné que les jeunes chanteraient et parleraient dans leur propre langue magnifique. Elle a souligné qu'« il a fallu beaucoup de travail pour y revenir après que cela nous eu été enlevé. »
Dara, une Algonquine de 28 ans originaire de Kitigan Zibi et du lac Barrière, a été invitée à partager ses connaissances et son point de vue. Elle a expliqué :
« Il est important de
reconnaître nos histoires et nos origines, car cela en dit long
sur le monde dans lequel nous vivons. Surtout réunis ici
aujourd'hui pour parler de ce qui arrive aux femmes autochtones
ici et partout dans le monde. Ce n'est pas un événement isolé.
C'est une violence systématique visant à nous effacer, parce
qu'ils ne veulent pas de nous ici. Ils ne voulaient pas de nous
ici. Mais nous sommes toujours là. Cela ne changera pas. »
Les participants ont applaudi chaleureusement la résilience des
peuples autochtones.
Elle a poursuivi : « Tant de choses se sont produites au cours de l'histoire pour essayer de nous priver de notre identité. La Loi sur les Indiens, les pensionnats, la privation progressive de nos droits pour essayer de nous chasser de nos terres. Même aujourd'hui, ils continuent de nous déplacer, de nous transformer en municipalités, de nous permettre d'aller devant les tribunaux pour régler les choses et ne jamais revenir. Ces systèmes juridiques ne sont pas les systèmes juridiques originels du monde. Les lois algonquines et autochtones sont des lois qui ne peuvent être modifiées. C'est la nature, c'est la création. Une partie de cette loi est la communauté, et ils essaient de nous en priver. Mais nous avons besoin les uns des autres. Nos enfants ont besoin de leurs parents. Nous avons besoin de nos tantes, de nos oncles, de nos cousins, de nos grands-parents. Ils nous privent de cela. Ce n'est pas quelque chose qui appartient au passé. C'est quelque chose qui se poursuit encore aujourd'hui.
« Nous sommes censés nous asseoir ensemble, écouter les uns les autres, nous entraider et aller de l'avant sans laisser personne derrière nous. Mes parents et mes grands-parents ont fréquenté des pensionnats indiens et je suis la première personne de ma famille à avoir fréquenté une école publique régulière. Nous essayons de donner aux jeunes les moyens d'agir, de leur ôter une partie de ce fardeau, une partie de ce traumatisme, et de les protéger. »
Bridget Tolley a ajouté : « Nous devrions être heureux de publier les réalisations de nos jeunes. Au lieu de cela, nous publions des affiches les déclarant disparus ou assassinés. Cela doit cesser. »
Sudbury
Regina
Edmonton
Fort McMurray
Calgary
Kelowna
Prince George

Le 5 mai, Journée de la robe rouge, des résidents de Prince George de tous horizons se sont réunis pour se souvenir et donner une voix aux femmes et filles autochtones assassinées et disparues, ainsi qu'à tous leurs proches, le long de la route 16 – la route des larmes – et au-delà.
Après une prière de bienvenue et des chants et des percussions puissants, les membres des familles et les amis ont partagé leurs histoires de deuil et de détermination. L'événement a mis en évidence le chagrin causé par la perte d'êtres chers, mais aussi, et surtout, la détermination de toutes les personnes présentes à travailler ensemble pour changer la situation. Nous devons être la voix de nos soeurs et de nos frères !
Courtenay
Langford
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