Mexique et Caraïbes
Les États-Unis préparent une opération militaire dans les Caraïbes et sur la frontière sud
Le président Donald Trump a ordonné aux forces armées des États-Unis de mener des opérations directes contre les cartels latino-américains, y compris sur des territoires étrangers et dans des eaux internationales. Le New York Times a rapporté le 8 août : « Le président Trump a secrètement signé une directive à l'attention du Pentagone pour commencer à utiliser la force militaire contre certains cartels de drogue latino-américains que son administration a désignés comme organisations terroristes. »
« L'ordre servira de prétexte
officiel pour possiblement mener des opérations militaires
directes en mer et sur sol étranger contre les cartels »,
ajoute le New York Times. Des forces militaires sont
actuellement déployées dans les Caraïbes, notamment au large des
côtes du Venezuela.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que placer les cartels sur la liste des Organisations terroristes mondiales spécialement désignées (SDGT) permet l'utilisation « d'autres éléments de la puissance américaine – agences de renseignement, département de la Défense, etc. – pour cibler ces groupes, si l'occasion se présente. »
Rubio, via les réseaux sociaux du Département d'État, a souligné que les États-Unis feraient face à « toute menace » dans la région, déclarant : « Le président a été très ferme là-dessus. Tout ce qui constitue une menace pour les États-Unis d'Amérique, il y fera face. » Invoquant les cartels comme justification pour intervenir même dans les eaux internationales, Rubio a affirmé : « Il existe des groupes narcoterroristes désignés opérant dans la région. Certains utilisent les routes et les eaux internationales pour transporter du poison aux États-Unis. Ces groupes seront confrontés. »
Le problème majeur ici est que, muni d'une grande impunité, le président Trump décide de ce qui est ou non une « menace » et commet des crimes sur cette base.
Déploiement de marines et de navires dans les Caraïbes
Trump a désormais ordonné le déploiement de 4000 marines et marins ainsi qu'un sous-marin nucléaire d'attaque dans la mer des Caraïbes et dans les eaux autour de l'Amérique latine, toujours sous prétexte de cibler les cartels de drogue. Le Iwo Jima Amphibious Ready Group (ARG), comprenant trois navires amphibies et la 22e Unité expéditionnaire des marines (MEU), est en cours de déploiement sous le commandement militaire du commandement méridional (SOUTHCOM). Des avions de reconnaissance P-8 Poseidon supplémentaires, plusieurs destroyers et un croiseur lance-missiles sont également affectés à SOUTHCOM dans le cadre de cette mission, selon des responsables militaires.
Cela concerne le Mexique, mais aussi d'autres pays de la région. Selon le concept étasunien de « gendarme mondial », le SOUTHCOM affirme que sa zone de responsabilité couvre 31 pays et 15 zones de souveraineté spéciale en Amérique centrale, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.
Les marines de la MEU ne sont pas formés pour mener des opérations antidrogues, ce qui laisse entendre qu'ils pourraient être déployés à des fins plus agressives.
Rubio a directement menacé le Venezuela en
invoquant le gang Tren de Aragua, une autre organisation que
Trump a désignée comme « terroriste ». C'est le même
groupe que l'exécutif étasunien a invoqué pour arrêter et
expulser des personnes n'ayant aucun lien avec le Tren de Aragua
et n'ayant commis aucun crime, y compris des centaines de
Vénézuéliens. Des navires de guerre sont positionnés au large
des côtes du Venezuela. Tel un chef mafieux, Donald Trump a
doublé la prime à 50 millions de dollars pour toute information
menant à l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro.
Le président Maduro a réagi à l'escalade le 18 août : « Nous défendons nos mers, notre ciel et notre terre. Nous les avons libérés. Nous les surveillons et les patrouillons. Aucun empire ne touchera au sol sacré du Venezuela, ni à celui de l'Amérique du Sud. » Le pays dispose, selon lui, de 4,5 millions de miliciens prêts, activés et armés.
La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a fermement écarté toute possibilité d'invasion militaire par les États-UNis visant les cartels au Mexique. Elle a déclaré :
« Les États-Unis ne viendront pas au Mexique avec l'armée. »
« Nous coopérons, nous collaborons, mais il n'y aura pas d'invasion. C'est exclu, absolument exclu. »
Le ministre de Cuba des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a réagi, le 18 août, à l'escalade dans les Caraïbes en déclarant : « Nous dénonçons la présence des forces navales et aériennes étasuniennes dans le sud des Caraïbes qui, sous de faux prétextes, répondent à l'agenda corrompu du secrétaire d'État. L'Amérique latine et les Caraïbes doivent être respectées en tant que Zone de paix. »
Le président de la Colombie Gustavo Petro, réagissant aux menaces contre le Venezuela, a déclaré : « Envahir le Venezuela serait la pire erreur. » Il s'est opposé à ce que la Colombie soit entraînée dans cette situation. « Les gringos sont fous s'ils pensent qu'envahir le Venezuela réglera leur problème. »
Celso Amorim, conseiller en politique étrangère du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, a averti contre un « risque d'escalade » et a souligné que « le principe de non-intervention est fondamental. »
Les Canadiens, Québécois et Étasuniens se joignent aux peuples d'Amérique latine et des Caraïbes pour exiger que toutes les Amériques soient une Zone de Paix. Tous dénoncent l'ingérence et l'agression des États-Unis dans la région et déclarent : Bas les pattes ! Rapatriez toutes les forces militaires étasuniennes !
Cuba, le Venezuela, le Mexique, le Panama et les peuples de toute la région, y compris dans de nombreuses îles des Caraïbes, se lèvent contre l'agression et l'ingérence des États-Unis et défendent leur droit à l'autodétermination.
(Avec de l'information de : The Hill, La Jornada, CNN)
Cet article est paru dans

Volume 55 Numéro 7 - Juillet-août 2025
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