La propagande belliciste à son plus bas

Alors que la frénésie sanguinaire pour la guerre dans les
cercles dirigeants de l'Occident ne cesse de s'intensifier, le
rôle servile de la presse grand public apparaît de plus en plus
clairement. Cette réalité a été mise en évidence par la
couverture médiatique trompeuse du génocide à Gaza, ainsi que
par le soutien éditorial massif apporté aux déclarations de Mark
Carney concernant la soi-disant « nécessité » d'une
présence militaire canadienne accrue en Europe de l'Est.
Un article récent du magazine Maclean's, intitulé « Le Canada a besoin d'un service national obligatoire », atteint toutefois un nouveau niveau de bassesse. L'article soutient que, pour permettre au Canada de « projeter sa puissance » sur la scène internationale et de contrer la Russie et la Chine, il faudrait instaurer un programme de service militaire obligatoire pour les jeunes. Quelle arrogance !
L'auteur est contraint d'admettre que les jeunes Canadiens ont perdu confiance non seulement dans les forces armées, mais aussi dans l'État canadien dans son ensemble. Est-ce vraiment si surprenant ? Peut-être que cette « crise de confiance » s'explique par la complicité du Canada dans le génocide en cours du peuple palestinien, avec son aide continue à Israël. Elle peut peut-être également s'expliquer par la participation directe du Canada à la soi-disant « guerre mondiale contre le terrorisme », menée depuis plus d'une décennie contre les peuples du Moyen-Orient et qui a fait des millions de morts au nom de profits ensanglantés. Peut-être encore dans la relation servile du gouvernement canadien avec l'OTAN, car le Canada envoie toujours plus de soldats et de matériel aux frontières de l'alliance, attisant ainsi les tensions en Europe.
Malgré tout cela, l'auteur de l'article soutient que la seule façon de combattre cette « crise » est d'introduire la conscription en temps de paix. Ce n'est qu'en portant l'uniforme, affirme-t-il, que les jeunes pourraient apprendre à aimer « notre » armée et « notre » État. Comme cela arrange bien les bellicistes.
L'auteur de l'article du Maclean's régale ses lecteurs de contes de fées fantaisistes sur la façon dont l'armée « forge le caractère » et inculque un « esprit patriotique ». C'est tout simplement absurde. L'armée n'est ni les scouts ni une garderie; toute cette posture sur le « développement personnel » ne peut masquer le fait que s'engager dans l'armée est une question de vie ou de mort si le Canada est entraîné dans une nouvelle guerre.
Pendant la Première Guerre mondiale, 66 000 soldats canadiens sont morts dans les tranchées en France et en Belgique. Si l'on ajuste ce chiffre à la population actuelle, cela équivaut à la mort d'environ 350 000 jeunes. Bien entendu, ce chiffre n'inclut pas les centaines de milliers d'anciens combattants qui sont revenus blessés, amputés, ou atteints de troubles mentaux. Cela a-t-il vraiment contribué à leur « développement personnel » ?
La jeunesse canadienne ne peut pas revivre une telle tragédie. Brandir à nouveau le spectre de la conscription ne suffira pas à effacer l'horreur gravée dans la mémoire du peuple canadien.
Malgré tous les discours éculés sur le patriotisme et l'amour du Canada, il n'y a rien d'honorable à envoyer toute une génération de jeunes, enveloppés dans des drapeaux canadiens, mourir dans des guerres à l'étranger pour défendre une notion vague et intéressée de « l'intérêt national ».
L'histoire du Canada a montré à maintes
reprises que la jeunesse canadienne a catégoriquement refusé, et
continuera de refuser, d'être conduite comme des agneaux à
l'abattoir devant le terrible autel de la guerre impérialiste.
Les bellicistes feraient bien de se souvenir de la réponse que
le peuple québécois a donnée au gouvernement canadien lorsqu'il
a instauré la conscription en 1917 afin que les Québécois
meurent dans cette « grande » guerre
inter-impérialiste. Il serait également utile qu'ils se
souviennent des nombreuses manifestations militantes organisées
à travers le Canada contre les guerres de Corée, du Vietnam, de
Yougoslavie, d'Afghanistan, d'Irak et de Libye, qui ont
rassemblé des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes
dans les rues pour parler en leur propre nom.
Aujourd'hui, les jeunes Canadiens ont compris la situation et se rendent compte que leur intérêt n'est pas de se battre pour « notre » classe dirigeante, mais dans la lutte pour un gouvernement anti-guerre. Les cercles dirigeants du Canada veulent clairement oublier ces faits, mais la jeunesse combattante du Canada et du Québec ne le leur permettra pas !
Cet article est paru dans

Volume 55 Numéro 10 - Octobre 2025
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