Tentatives inacceptables de convaincre les travailleurs canadiens que la production de guerre crée de « bons emplois »

Les travailleurs condamnent largement le gouvernement canadien
pour sa complicité dans les crimes génocidaires d'Israël et
exigent que le gouvernement mette en place un embargo bilatéral
sur les armes avec Israël, y compris les armes envoyées
indirectement à Israël via les États-Unis. En même temps, le
gouvernement Carney multiplie les tentatives de convaincre les
travailleurs de lier leur moyen de subsistance à ses projets
d'intensification de la production de guerre.
Les dernières déclarations de la ministre
de l'Industrie, Mélanie Joly, font suite à celles qu'elle a
faites il y a un mois lors d'une retraite du cabinet libéral et
s'inscrivent dans le cadre des efforts continus visant à
amadouer les travailleurs et à préparer le terrain pour la
stratégie industrielle de défense à part entière du gouvernement
Carney qui sera dévoilée en novembre. Cette stratégie est un
élément clé de son programme de destruction de l'édifice
national mené au nom de l'édification nationale et de la défense
de « l'intérêt national » contre l'agression
économique des États-Unis.
Dans un discours prononcé devant le Canadian Club de Toronto le 9 octobre, la ministre de l'Industrie a réitéré les plans du gouvernement Carney sous la forme d'une stratégie en trois points visant à « protéger les emplois, créer de nouveaux emplois et attirer les talents et les investissements » face aux menaces économiques des États-Unis.
Dans un reportage sur le sujet, CTV indique : « La ministre a détaillé la stratégie industrielle actualisée du Canada et la manière dont les libéraux entendent soutenir les secteurs clés, notamment l'acier, l'aluminium, le bois d'oeuvre et l'automobile, qui souffrent des droits de douane incessants imposés par le président Donald Trump. » Cette stratégie a pour objectif « de libérer le potentiel économique du Canada en renforçant la base industrielle du pays ». Selon Mme Joly, cette stratégie est « un moyen de consolider la souveraineté canadienne à une époque marquée par une instabilité mondiale considérable et une dynamique changeante en matière de commerce, de défense et de sécurité », a rapporté CTV.
Dans une interview accordée avant son discours, Mme Joly a confié au Globe and Mail que ce plan en trois points était « le résultat de centaines de conversations avec des dirigeants d'entreprise, des gestionnaires de fonds de pension, des associations professionnelles et des responsables universitaires et de la haute technologie » dont le gouvernement défend les intérêts. Outre le financement fédéral accordé aux secteurs touchés par les droits de douane, notamment l'automobile, l'acier, l'aluminium, le cuivre et le bois d'oeuvre, elle a dit que la protection à court terme du marché devait également permettre aux entreprises de « pivoter ». Elle a donné les exemples du financement fédéral accordé à Algoma Steel, des 1,25 milliard de dollars versés au secteur du bois d'oeuvre résineux et du programme Maisons Canada, doté de 13 milliards de dollars, destiné à payer les promoteurs immobiliers. Elle a souligné que les plans de logement, la politique « Achetez canadien » et la nouvelle Agence d'investissement pour la défense, annoncée le 2 octobre, attireraient les investissements et créeraient des emplois. Cela permettrait aux monopoles canadiens liés à la production de guerre d'être compétitifs à l'échelle internationale en utilisant de l'acier, de l'aluminium et du bois d'oeuvre canadiens.
La ministre a précisé que des entreprises telles que General Dynamics et CAE pouvaient compter sur des contrats de défense à long terme. General Dynamics, en particulier, a été désignée par le mouvement populaire de soutien à la Palestine comme l'une des entreprises auxquelles le Canada autorise l'expédition d'armes vers Israël. Pas plus tard qu'en juillet, les données d'expédition de l'aéroport Dorval de Montréal indiquent que des munitions provenant de l'usine de fabrication de cartouches de General Dynamics Ordnance and Tactical Systems à Repentigny, au Québec, ont été expédiées directement vers Israël.
Selon Mme Joly, dans le cadre des projets du gouvernement Carney, « pour la première fois depuis des décennies, nous allons recréer une industrie militaire dans notre pays. Le Canada possède l'une des capacités les plus importantes en matière de construction navale au sein de l'OTAN, et je souhaite que nos chantiers navals puissent exporter et vendre leurs produits dans le monde entier ».
Elle a ajouté : « Nous pouvons
vraiment créer de bons emplois dans le secteur [de la défense].
Nous pouvons créer de bons emplois dans le domaine technologique
dans ce secteur et nous pouvons avoir d'excellents chercheurs
qui mènent des recherches à double usage. » Elle a déclaré
que le gouvernement allait dévoiler des mesures visant à attirer
les investisseurs étrangers et « les talents et les
chercheurs de haut niveau » des États-Unis.
Une fois de plus, la ministre Joly montre l'opportunisme et le détachement total du gouvernement Carney par rapport à la réalité et aux préoccupations des travailleurs, des jeunes et des étudiants. Le gouvernement Carney ne voit que l'opportunité d'utiliser la situation à ses fins étroites, qui consistent notamment à se plier aux exigences des États-Unis en matière de production de guerre et à participer au système de missiles Dôme d'or de Donald Trump. Le Canada, qui se proclame sans cesse « défenseur des droits de la personne », n'a rien dit sur les violations généralisées des droits aux États-Unis par les raids de l'agence de l'immigration et des douanes (ICE) et le déploiement de l'armée, y compris les raids contre les chercheurs, les professeurs et les étudiants universitaires.
Pendant ce temps, les professeurs et les étudiants universitaires se battent depuis deux ans pour que leurs universités rendent des comptes et cessent toute recherche soutenant la production de guerre, en particulier celle qui soutient le génocide perpétré par Israël à Gaza. Ils se battent pour que les étudiants de Gaza acceptés dans les établissements canadiens puissent effectivement venir au Canada. Les politiques d'immigration racistes du Canada et sa politique d'apaisement envers Israël font qu'aucun d'entre eux n'a encore pu venir. Sur tout cela, la ministre Joly reste silencieuse.
Les gens de tous horizons font savoir depuis des années qu'ils ne veulent pas que le Canada participe à des guerres d'agression, y compris à la production pour la guerre. Il est inacceptable que le gouvernement Carney affirme, sur la base de ses consultations avec le secteur privé, que la production de guerre renforcera l'économie canadienne et défendra sa souveraineté.
Pendant ce temps, la volonté démocratique du peuple contre l'agression impérialiste et la guerre peut être ignorée. La négation du droit de celles et ceux qui produisent toute la richesse de la société à avoir leur mot à dire sur la direction de l'économie au nom de la « souveraineté » est une insulte aux travailleurs.
Cet article est paru dans

Volume 55 Numéro 10 - Octobre 2025
Lien de l'article:
https://cpcml.ca/francais/Lml2025/Articles/LM55105.HTM
Site Web: www.pccml.ca Courriel: redaction@pccml.ca

