Préparation du gouvernement fédéral au lancement de la stratégie industrielle de défense

– Philip Fernandez –


Manifestation contre la guerre au salon de l'armement CANSEC à Ottawa, le 25 mai 2025

L'annonce officielle de la stratégie industrielle de défense est attendue après la publication du budget d'automne, le 4 novembre, selon les agences de presse. Le Globe and Mail rapportait le 25 septembre que le gouvernement « prévoit donner la priorité aux technologies ayant des applications civiles et militaires ». À cette fin, le ministre de la Défense, David McGuinty, « s'est entretenu avec environ 300 entreprises afin de connaître le point de vue de l'industrie et s'inspire des stratégies de ses alliés pour trouver des exemples de ce qui est possible ».

Ce qui est possible selon le gouvernement Carney

À la suite des annonces faites le 5 septembre à Mississauga concernant les mesures de financement des entreprises et des travailleurs en vue de la nouvelle stratégie industrielle de défense de son gouvernement, le premier ministre Mark Carney a annoncé le 8 septembre à St. John's, Terre-Neuve-et-Labrador, que 80 millions de dollars sur le milliard de dollars de l'Initiative régionale de réponse tarifaire, annoncée pour la première fois en mars de cette année, seraient consacrés aux entreprises du Canada atlantique. Il a dit que cet investissement soutenait le secteur des produits de la mer.

S'adressant à la presse à Montréal le 8 septembre aux côtés de Jean Simard, président de l'Association de l'aluminium du Canada, la ministre de l'Industrie Mélanie Joly a dit que le secteur de l'aluminium du Québec recevrait des centaines de millions de dollars provenant du fonds de 5 milliards de dollars destiné à aider les secteurs touchés par les droits de douane étasuniens. Elle a fait référence aux « projets qui sont actuellement en discussion avec Alcoa, Rio Tinto et Alouette ». Alcoa et Rio Tinto sont deux monopoles étrangers qui cherchent à obtenir davantage de fonds publics canadiens. M. Simard a ajouté que sur les 3,3 millions de tonnes de métal produites en 2024, une année record, 90 % étaient destinées à l'exportation et 90 % des exportations étaient destinées aux États-Unis, et que l'industrie ne pouvait pas rompre complètement ses liens avec le marché étasunien, ce qui signifie une intégration plus poussée à la machine de guerre des États-Unis.

Le Canada a annoncé qu'il suspendrait son mandat sur les véhicules électriques pour l'année prochaine, abandonnant l'exigence que 20 % des ventes totales de véhicules en 2026 devaient être des véhicules électriques. Un éditorial du Globe publié en septembre appelait le gouvernement à supprimer complètement ce mandat, le qualifiant de trop strict et inflexible et de « subvention déguisée pour l'industrie des véhicules électriques ». Il proposait plutôt d'appliquer la réglementation en vigueur depuis 2010, dans le cadre des normes d'émission de gaz à effet de serre pour les véhicules et les camions légers. Cette réglementation fixe des objectifs spécifiques à chaque entreprise en matière d'émissions moyennes. Selon l'éditorial du Globe, ces objectifs pourraient être renforcés au fil du temps, de sorte que la seule façon de les atteindre serait de proposer une gamme de produits exclusivement composée de véhicules électriques. Au lieu de mettre en place des mesures incitatives, le gouvernement devrait investir dans la mise en place d'une infrastructure de recharge, selon le Globe.

Le gouvernement Carney bénéficie de la pleine coopération du Congrès du travail du Canada et d'Unifor. Appelant à une stratégie pour développer l'industrie canadienne, les deux syndicats ont néanmoins salué ces mesures comme un soulagement temporaire. Ils ont déclaré que certaines d'entre elles, comme les modifications apportées aux conditions d'admissibilité à l'assurance-emploi, nécessitaient des clarifications et des ajustements afin de les rendre plus larges et permanentes. Ils ont souligné que les modifications apportées à l'assurance-emploi ne corrigeaient pas le problème de nombreux travailleurs qui ne sont pas du tout admissibles et que la modification visant à étendre les prestations aux « travailleurs de longue date » pourrait exclure les travailleurs qui ont été confrontés à des fermetures et des licenciements périodiques, entre autres.

C'est tout. Une plainte. Pendant ce temps, contrairement aux intérêts de la classe ouvrière et des personnes qu'ils soutiennent, ils appuient l'orientation générale des mesures de Carney, qui sont conformes à ce qui est décidé dans les salles de réunion des intérêts privés supranationaux étroits. Cela n'a rien à voir avec le développement de l'industrie canadienne ou les secteurs de l'économie qui sont nécessaires à cet effet si la stratégie vise à servir la population et à répondre à ses besoins.

La présidente d'Unifor, Lana Payne, a déclaré : « Nous ne pouvons pas abandonner l'avenir de la production de véhicules électriques aux constructeurs automobiles étrangers. [...] Le Canada a besoin de mesures incitatives pour les consommateurs, d'investissements dans les chaînes d'approvisionnement nationales de véhicules électriques et que les constructeurs automobiles commencent à fabriquer des véhicules électriques abordables ici, au Canada. Un mandat seul ne suffira pas à garantir l'avenir de l'industrie canadienne des véhicules électriques – nous avons besoin d'une stratégie industrielle complète qui nous permette à la fois de fabriquer et de vendre des véhicules électriques dans ce pays. »



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Volume 55 Numéro 10 - Octobre 2025

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