Le voyage de Carney au Royaume-Uni

Le premier ministre Carney s'est rendu à Londres, en Angleterre, du 25 au 28 septembre, où il a participé à des réunions qu'il a qualifiées d'essentielles pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits canadiens. Selon un communiqué de presse du bureau du premier ministre :

« Au cours de sa visite, le premier ministre Carney a rencontré les premiers ministres du Royaume-Uni, de l'Australie, de l'Espagne et de l'Islande afin de resserrer les liens en matière de commerce et de sécurité, et de faire progresser la collaboration à l'égard de priorités mondiales cruciales liées à la sécurité, notamment l'instauration d'une paix durable en Europe, particulièrement en Ukraine, et au Moyen-Orient. Le premier ministre a également rencontré des dirigeants étrangers du secteur de l'investissement et du capital privé afin de les inciter à investir au Canada. »

Mark Carney a déclaré que sa rencontre avec le premier ministre britannique Keir Starmer visait à s'assurer que les deux dirigeants étaient en bonne voie pour faire avancer les mesures économiques et sécuritaires qu'ils avaient convenues lors de leur rencontre à Ottawa le 15 juin, avant le sommet du G7 à Kananaskis, en Alberta. Les domaines d'intérêt commun identifiés lors de la réunion de juin comprenaient : le commerce, les semi-conducteurs, les communications transatlantiques basées sur les technologies quantiques, les infrastructures numériques, l'intelligence artificielle, la biofabrication, la technologie nucléaire civile et les minéraux critiques. Également abordés en juin : l'Ukraine, la coopération militaire entre le Canada et le Royaume-Uni, le partage de renseignements – de manière bilatérale ainsi que via l'OTAN et le réseau d'espionnage Five Eyes (Groupe des cinq) dirigé par les États-Unis –, la sécurité nationale et la sécurité frontalière.

Lors de ses rencontres avec des sociétés d'investissement venant de Grande-Bretagne, d'Europe, d'Afrique et d'Asie, Mark Carney a vanté les mérites du Canada comme destination d'investissement, en mettant en avant « les grands projets d'infrastructure en cours au Canada et la manière dont le pays cherche à attirer davantage de capitaux mondiaux », selon La Presse canadienne. Cette dernière a rapporté que Carney avait déclaré que ses discussions à New York et à Londres portaient « sur le climat général d'investissement, et non sur des transactions ou des ententes spécifiques » et aussi sur la perception qu'ont les investisseurs potentiels du Canada et sur la façon de rehausser son « profil d'investissement ».

Mark Carney a également participé au Sommet mondial pour l'action et le progrès à Londres le 26 septembre, où, selon le bureau du premier ministre, divers dirigeants mondiaux se sont réunis « pour faire avancer des politiques favorisant une croissance économique durable – afin que les travailleurs canadiens soient soutenus et que nos entreprises puissent prospérer dans ce paysage géopolitique transformé ».

L'un des organisateurs de l'événement était le groupe de réflexion canadien Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), qui a qualifié l'événement de « plus grand rassemblement de dirigeants et penseurs progressistes au monde ». Le thème de la conférence de cette année était « gouverner pour les travailleurs », comme si les travailleurs avaient quoi que ce soit à voir avec les politiques d'enrichissement des riches que ces « dirigeants et penseurs progressistes » mettent en oeuvre en utilisant leur position de pouvoir et de privilège.

Prétendre que Carney et son gouvernement sont progressistes et gouvernent pour les travailleurs dépasse l'entendement – tout comme c'est le cas pour le premier ministre britannique Keir Starmer. Un article du Globe and Mail a rapporté que « l'essentiel des discussions portait sur la manière de contrer la montée de l'extrême droite et de gérer la situation avec le président étasunien Donald Trump ». Starmer a évoqué un important rassemblement d'extrême droite ayant eu lieu à Londres plus tôt en septembre, affirmant que son importance résidait dans le fait que les participants exprimaient une croyance « toxique » en « une lutte à venir, une lutte décisive, une lutte violente pour la nation, pour toutes nos nations ». Faisant référence à l'Allemagne nazie, Starmer a ajouté : « Et il n'est pas nécessaire d'être un grand historien pour savoir où mène ce genre de poison. »

C'est ainsi que les politiques extrêmes d'enrichissement des riches, de militarisation de l'économie, de préparation à la guerre et de recours aux pouvoirs de police et à la violence pour faire taire la dissidence sont présentées comme progressistes. Starmer se trompe s'il croit que la longue histoire de la collaboration de l'État britannique avec les nazis, et l'utilisation d'un racisme organisé par l'État contre les Irlandais, les peuples d'Afrique, des Caraïbes et d'Asie pour diviser la population et maintenir le pouvoir, imitée au Canada, aux États-Unis et ailleurs, est oubliée.

Pendant ce temps, Mark Carney a présenté son gouvernement à la conférence comme ayant remporté les élections grâce à un « malaise croissant » lié à une « perte de contrôle » sur des questions comme l'inflation et l'immigration. « Notre élection et ce que ressentaient les Canadiens, comme dans de nombreux autres pays mais de manière légèrement différente, c'était un sentiment de perte de contrôle. C'est ce qui se produit lorsque l'inflation est trop élevée, c'est ce qui se produit lorsque la migration semble mal gérée », a-t-il déclaré.

Il a décrit les priorités de son gouvernement comme étant la lutte contre les tarifs douaniers des États-Unis, le soutien aux travailleurs et de bâtir l'économie. « Les gens veulent et méritent ce programme positif, qui n'a rien à voir avec le programme plus négatif », a-t-il déclaré.

On se demande ce qu'il y a de progressiste dans un gouvernement qui nie fondamentalement les droits, comme il le fait avec le projet de loi C-2, qui bafoue les règlements environnementaux et le droit du peuple de décider comment et si les ressources naturelles doivent être extraites et utilisées, comme avec la Loi C-5, qui propose un plan de logement basé sur l'enrichissement des riches sans garantir le droit au logement, qui impose des diktats aux travailleurs défendant leurs droits, qui prévoit la suppression massive de postes dans la fonction publique – entre autres éléments de l'ordre du jour du gouvernement Carney.

Le dernier voyage de Mark Carney à l'étranger confirme que les travailleurs doivent se préparer à l'avenir que le gouvernement Carney est en train de façonner. La défense des droits et l'opposition à l'ordre du jour antisocial, antinational et belliciste du gouvernement sont à l'ordre du jour.



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Volume 55 Numéro 10 - Octobre 2025

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