Voyages en septembre aux États-Unis et au Royaume-Uni
Discours au Council on Foreign Relations
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a prononcé un discours devant le Council on Foreign Relations (CFR), de New York, le 22 septembre. Le CFR est un groupe de réflexion influent auprès des dirigeants étasuniens. Le discours portait sur « les priorités de la politique étrangère du Canada et la nouvelle économie mondiale. » Le Canada, a déclaré Mark Carney, bien qu'étant une « puissance moyenne », a ce qu'il faut pour faire face à une situation internationale où « l'ordre fondé sur des règles s'érode, la rivalité entre grandes puissances s'intensifie et les modèles autoritaires se durcissent. [...] Nous avons prospéré sous l'ancien système, et nous avons pu poursuivre une politique étrangère fondée sur des valeurs, sur un système commercial multilatéral fondé sur des règles, un système financier mondial ouvert. »
Mark Carney a décrit les changements en cours aux États-Unis et dans leur politique étrangère comme une « rupture » par rapport aux arrangements passés. Il a dit que Canada devait remplir l'espace laissé par le déclin de l'influence et de la fiabilité des États-Unis afin de se donner, à lui-même et aux autres, de la stabilité. Il a déclaré que le Canada « a ce que le monde veut ».
Mark Carney a précisé : « Prenons, par exemple, notre secteur de l'énergie. Nous sommes une superpuissance énergétique de plus en plus visible. À l'heure actuelle, 85 % de notre énergie est propre. Nous sommes l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié et nous possédons certaines des plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Pour vous donner une idée, nous mesurons les ajouts à notre réseau électrique en tranches de 10 gigawatts. Nous figurons parmi les cinq premiers pays possédant les dix minéraux critiques les plus importants au monde. Au total, 40 % des sociétés minières cotées en bourse dans le monde sont situées au Canada. Nous sommes l'un des principaux développeurs d'intelligence artificielle, ou IA, et nos universités de recherche figurent parmi celles qui produisent le plus grand nombre de personnes de talent en IA, en informatique et en quantique au monde. [...] Nous disposons de capitaux. Nos fonds de pension comptent parmi les investisseurs en infrastructures les plus sophistiqués au monde, voire les plus sophistiqués. [...] Et nous avons un gouvernement qui a encore la capacité budgétaire pour agir de manière décisive à un moment où les gouvernements doivent le faire. »
Un véritable vendeur au service
d'intérêts privés supranationaux, s'il en est.
Sans le dire directement, Mark Carney a ensuite évoqué les « valeurs partagées » (contrairement à ceux qui ne partagent pas ces « valeurs universelles » ou « canadiennes »). Selon lui, le Canada peut prospérer dans la situation incertaine actuelle parce qu'il possède « des valeurs auxquelles une grande partie du monde – pas tout le monde; une grande partie du monde – aspire encore. Notre société plurielle fonctionne bien. Nos villes sont parmi celles où il y a la plus grande diversité dans le monde. La place publique est pleine de gens diversifiés qui s'expriment en toute liberté. Par définition, notre fédération nous incite à collaborer et à travailler en partenariat. Et notre pays privilégie encore les mesures durables. »
Un véritable blanchiment de l'ordre du jour du gouvernement Carney visant à étendre les pouvoirs de police, violer les droits et criminaliser la dissidence tout en canalisant le pouvoir de l'État pour enrichir les riches, militariser l'économie et préparer la guerre. Selon Mark Carney, les changements introduits au cours de ses quatre premiers mois au pouvoir sont autant de raisons pour lesquelles d'autres pays devraient se tourner vers le Canada, ou pourquoi les entreprises aux États-Unis devraient rester avec le Canada face à « l'incertitude intérieure ».
Mark Carney a déclaré : « Nous avons éliminé tous les obstacles fédéraux au commerce interprovincial. Nous avons adopté des lois sans précédent pour accélérer des centaines de milliards de dollars de projets dans les secteurs de l'énergie, de l'intelligence artificielle, des minéraux critiques et des corridors commerciaux. Nous allons doubler nos dépenses militaires d'ici 2030. Nos capacités de base en matière de défense, d'intelligence artificielle, d'informatique quantique, de cyberactivités et de minéraux critiques offrent des possibilités uniques de double emploi [civil et militaire] et de retombées économiques, et nous avons bien l'intention de les saisir. »
« Nous diversifions nos relations commerciales et nos partenariats en matière de sécurité. Nous avons signé l'accord le plus complet jamais conclu avec l'Union européenne conclu par un pays non membre de l'UE, le Partenariat de sécurité et de défense entre l'Union européenne et le Canada. Nous l'avons signé à la fin du mois de juin. [...] Nous sommes en bonne voie pour devenir un membre à part entière du SAFE, l'accord européen de défense, ce qui nous permet de diversifier et d'accélérer nos acquisitions dans le domaine de la défense. »
En parlant de souveraineté arctique dans
son discours, Mark Carney a déclaré que le Canada « coopère
très étroitement avec les huit pays nordiques et baltes (le
groupe NB8) pour la protection physique là-haut, le
développement économique, et aussi la défense du flanc
occidental de l'OTAN. » Cette politique étrangère arctique
se fonde sur la conception étasunienne d'un « Arctique
nord-américain » qui intègre et subordonne l'Arctique
canadien et le Groenland aux objectifs militaires des
États-Unis. Pourtant Mark Carney affirme que le Canada est
désormais indépendant des visées guerrières des États-Unis.
Rien de tout cela ne reflète les préoccupations du peuple canadien, qui veut un gouvernement qui défend son bien-être et entretient des relations pacifiques et fondées sur des principes avec les autres pays. Offrir le Canada, ses ressources et son peuple sur un plateau d'argent n'est pas de l'édification nationale. C'est du démantèlement national qui causera de graves dommages si l'on laisse Mark Carney faire à sa guise. C'est inacceptable que le premier ministre du Canada agisse en colporteur cherchant à vendre ce qui ne lui appartient pas.
Cet article est paru dans

Volume 55 Numéro 10 - Octobre 2025
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