Les voyages à l'étranger de Mark Carney
Vendre le Canada comme un « partenaire fiable » pour les monopoles et les machines de guerre des États-Unis et d'Europe
Le premier ministre du Canada poursuit ses
voyages en Europe dans le but de « renforcer les relations
avec les alliés européens et à promouvoir la coopération dans
des domaines importants, notamment le commerce, l'énergie, les
minéraux critiques et la défense collective ».
Selon Mark Carney, « alors que notre monde devient de plus en plus dangereux et divisé, le Canada travaille à renforcer et à diversifier ses partenariats internationaux. Le Canada intensifie sa coopération avec ses alliés européens de longue date dans les domaines du commerce, de l'énergie et de la défense. Ensemble, nous allons accroître la sécurité, la stabilité et la prospérité des deux côtés de l'Atlantique. »
Loin d'accroître « la sécurité, la stabilité et la prospérité des deux côtés de l'Atlantique », les réunions et déclarations de Mark Carney montrent l'essence même de la poursuite irresponsable par son gouvernement de la militarisation de l'économie et de l'engagement dans la production de guerre, qui, selon lui, fera du Canada la première économie du G7. Il va jusqu'à affirmer qu'en piétinant l'environnement social et naturel ainsi que les droits inhérents des peuples qui composent le Canada et ceux des pays d'Europe, le Canada remplacera les États-Unis comme gardien mondial du pouvoir responsable de protéger les intérêts impérialistes anglo-américains.
Mark Carney a résumé cela de manière succincte le 22 septembre lorsqu'il s'est adressé au Council on Foreign Relations (CFR) à New York, en marge de la 80e Assemblée générale des Nations unies, où c'est la ministre canadienne des Affaires étrangères qui a pris la parole, et non M. Carney. Sans nommer les États-Unis, M. Carney a qualifié les récents changements dans le commerce et les relations internationales de « transition ». Il a déclaré : « Il s'agit d'une rupture » et ajouté que le Canada pouvait prospérer dans cette situation.
L'idée que le Canada puisse prospérer dans la situation de « rupture » créée par le président des États-Unis, Donald Trump, semble séduire M. Carney, qui utilise constamment le jargon des vendeurs d'intérêts bancaires à la recherche de fonds d'investissement.
Qualifiant le Canada de « puissance moyenne », M. Carney a présenté le Canada comme un partenaire commercial fiable qui offre aux autres pays ce qu'ils souhaitent en termes de ressources humaines et naturelles et d'élimination des réglementations protégeant ces ressources. Se vantant que son gouvernement a « supprimé toutes les barrières fédérales au commerce interprovincial », il a déclaré : « Nous avons adopté une loi historique pour accélérer la mise en oeuvre de projets représentant littéralement des centaines de milliards de dollars dans les domaines de l'énergie, de l'intelligence artificielle, des minéraux critiques et des nouveaux corridors commerciaux. Nous doublons nos dépenses de défense d'ici 2030. Nos capacités fondamentales en matière de défense, d'intelligence artificielle, de technologie quantique, de cybersécurité et de minéraux critiques offrent des opportunités uniques à double usage [civil et militaire] et des avantages économiques, et nous avons l'intention de les exploiter pleinement. »
Mark
Carney a précisé : « Nous diversifions nos relations
commerciales et nos partenariats en matière de sécurité. Nous
avons signé l'accord le plus complet jamais conclu avec l'Union
européenne conclu par un pays non membre de l'UE, le Partenariat
de sécurité et de défense entre l'Union européenne et le Canada.
Nous l'avons signé à la fin du mois de juin. [...] Nous sommes
en bonne voie pour devenir un membre à part entière du SAFE,
l'accord européen de défense, ce qui nous permet de diversifier
et d'accélérer nos acquisitions dans le domaine de la
défense. »
La question fondamentale de la politique étrangère de Mark Carney est de savoir qui est ce « nous » dont il parle avec tant de désinvolture. Lorsque nous disons Qui décide, nous décidons, cela met sur la table des décisions prises par un « nous ». Cela place les décisions au centre de la question du pouvoir, de l'énergie humaine.
Ce qui est fondamental dans nous décidons, c'est que nous rendons les jugements. Le « nous » renvoie à celles et à ceux qui portent des jugements, aux peuples qui font l'histoire. Tout ce contenu se perd aujourd'hui, lorsque la classe dirigeante affirme avec désinvolture que ses intérêts constituent le « nous, le peuple ». Quand Mark Carney parle, il n'y a ni argument, ni raisonnement. Seulement de l'incohérence.
Cet article est paru dans

Volume 55 Numéro 10 - Octobre 2025
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