Les peuples autochtones affirment leur droit d'être et exigent le retrait des lois antisociales

Plusieurs actions en Ontario contre la Loi C-5 et la Loi 5 de l'Ontario

Des manifestations ont eu lieu contre la Loi C-5 du Canada et la Loi 5 de l'Ontario, qui constituent une attaque générallisée contre l'environnement social et naturel.

Queens' Park, 26 juillet

Okiniwak, une organisation de jeunes autochtones, a tenu un rassemblement conjoint avec le Mahmo Inninuwuk Wiibuseego-Stamok et Youth Rising Together, deux autres groupes autochtones dirigés par des jeunes, pour s'opposer à la Loi C-5 du fédéral et la Loi 5 de l'Ontario.

Colline du Parlement, 17 juillet



Thunder Bay, 12 juin


Environ 300 personnes ont participé à un rassemblement devant le bureau de circonscription de Kevin Holland, député provincial de Thunder Bay-Atikokan et ministre associé des Forêts et des Produits forestiers, pour dénoncer la Loi 5, intitulée Loi de 2025 pour protéger l'Ontario en libérant son économie. Le ministre était absent et a dit à son personnel qu'il ne pouvait pas sortir de son bureau pour écouter les préoccupations de ses électeurs. Des membres de nombreuses Premières Nations, leurs alliés, des écologistes et des personnes issues de nombreux secteurs se sont rassemblés pour exprimer leur mécontentement à l'égard de ce projet de loi omnibus.

Les intervenants ont souligné que contrairement aux déclarations de M. Holland à la presse, pour qui la Loi 5 ne vise pas à supprimer des droits, c'est exactement ce qu'il fait. Selon eux, la Loi 5 érodera considérablement les droits des Autochtones, la protection de l'environnement et la primauté du droit.





Kenora, 9 juin

Un groupe de Premières Nations de la région du Traité n• 3 s'est rassemblé devant le bureau de circonscription du ministre ontarien des Affaires autochtones, Greg Rickford, à Kenora, le 9 juin, pour demander l'abrogation de la Loi 5 de l'Ontario et la démission du député.

Timmins, 6 juin


Des actions lors de la fête du Canada à la défense des droits des peuples autochtones et des droits de toutes et tous

De l'île de Vancouver à Terre-Neuve-et-Labrador, des rassemblements, conférences, pique-niques et caravanes d'automobiles ont eu lieu le 1er juillet pour exprimer l'engagement des Canadiens et des Québécois à défendre les droits des peuples autochtones, à dénoncer les lois qui portent atteinte au bien-être des populations et à l'environnement et qui servent la machine de guerre des États-Unis, et pour exiger que le Canada respecte son obligation en vertu du droit canadien et du droit international de mettre fin au génocide perpétré par les États-Unis et Israël à Gaza.

Toronto

Deux actions ont eu lieu devant l'Assemblée législative de l'Ontario à Queen's Park pour dénoncer l'État canadien raciste et ses violations sans fin des droits ancestraux et issus de traités des peuples autochtones dans tout le pays, ainsi que la violation des droits de tous les Canadiens et Québécois par l'imposition de nouvelles lois : la Loi 5 de l'Ontario, Loi de 2025 pour protéger l'Ontario en libérant notre économie, et la Loi C-5 du gouvernement Carney, Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'oeuvre au Canada et Loi visant à bâtir le Canada.

La première action fut un rassemblement matinal suivi d'une courte marche, organisé par les jeunes autochtones du Mouvement Okiniwak, composé de jeunes de la Nation Nishnawbe Aski du nord de l'Ontario et de communautés autochtones du sud de la province. L'événement a commencé au campement Okiniwak, au nord de l'Assemblée législative, où les jeunes campent depuis plus de 27 jours pour protester d'abord contre la Loi 5 de l'Ontario et maintenant contre la Loi C-5. Ils y entretiennent un feu sacré.



Campement Okiniwak

Un représentant du Mouvement Okiniwak a rappelé que ces jeunes sont la génération du Septième Feu, qui assume sa responsabilité sociale en suivant les enseignements des prophéties anishinaabées, qui préconise de reconstruire leurs nations après des siècles d'oppression coloniale et de politiques génocidaires de l'État canadien. Il a souligné que la Couronne n'a jamais respecté ses obligations issues de traités, comme en témoignent les lois C-5 et 5 imposés par le gouvernement fédéral de Carney et le gouvernement ontarien de Ford respectivement. Les intervenants se sont engagés à renforcer le mouvement afin d'empêcher ces gouvernements de mettre à exécution leurs menaces envers les peuples autochtones du nord, notamment dans la région du Cercle de feu, où les communautés vivent depuis les temps immémoriaux et dépendent de la terre et de l'eau pour leur bien-être.

Une jeune femme de la Nation Oneida de la rivière Thames, membre de la Confédération haudenosaunee, a souligné que, bien avant la Confédération, les peuples autochtones avaient leurs propres lois et systèmes de gouvernement. Elle a mentionné plusieurs traités historiques comme la Chaîne d'Alliance d'Argent, la Grande Paix de Montréal (Traité de 1701 conclu entre la Confédération iroquoise et les Français), ou encore le wampum du plat à une cuillère. Elle a rappelé : « Les gouvernements canadiens n'ont cessé de violer ces traités – et nous ne l'acceptons pas. Nous sommes les Premiers Peuples de cette terre. Nous sommes toujours là en tant que nations souveraines. »

La grande cheffe adjointe de la Nation Nishnawbe Aski, Anna Betty Achneepineskum, a rappelé que son grand-père avait participé aux négociations du Traité 9 entre la Couronne et les Cris de la baie James et de la baie d'Hudson. Elle a dénoncé le fait que la Couronne avait alors imposé un document écrit sans aucune participation des Premières Nations – comme c'est encore le cas avec les lois 5 et C-5.

Après les discours, les participants ont marché jusqu'à la statue de John A. Macdonald. Au pied du monument, les jeunes ont dénoncé la poursuite des politiques coloniales, soulignant qu'alors que les gouvernements accélèrent des projets comme l'exploitation minière et la construction de routes dans le Cercle de feu, les communautés autochtones du nord vivent sous des avis d'ébullition de l'eau depuis des décennies et manquent de soins de santé, de logements et d'éducation. Beaucoup de jeunes se suicident sous l'effet de cette oppression. « Ça doit cesser immédiatement », ont-ils martelé. L'action s'est terminée au retour au campement.






La deuxième action, organisée à 14h par Idle No More Ontario, a rassemblé des centaines de personnes, y compris des syndicalistes et des gens de tous horizons, qui ont marché aux côtés des jeunes autochtones. Tori Cress, cofondatrice du chapitre ontarien d'Idle No More, a appelé à l'abrogation des lois fédérale et provinciale qui violent la souveraineté autochtone, les traités, l'environnement et mettent en danger tous les habitants de l'Île de la Tortue.

Eve Saint, qui défend les terres wet'suwet'en et milite pour le désinvestissement financier au poste de contrôle Gidimt'en, a dénoncé la campagne de terreur de la GRC contre les défenseurs des terres en Colombie-Britannique. Elle a insisté sur l'importance de la résistance des Autochtones et des Canadiens face aux nouvelles lois.

D'autres intervenants ont souligné la solidarité entre les peuples autochtones du Canada et le peuple palestinien dans leur lutte commune pour la justice et la paix.

Après les allocutions, les participants ont marché vers le sud, passant près des « festivités » du gouvernement ontarien pour la fête du Canada, scandant : « Abrogez la loi 5 ! », « Non, c'est non ! », « Pas de paix sans justice ! »

Lorsque les manifestants ont descendu l'avenue University, la police a attaqué et arrêté trois personnes, forçant les manifestants à marcher sur la rue College. Des danses traditionnelles ont rallié les passants, dont plusieurs se sont joints aux manifestants.

La marche s'est terminée au campement Okiniwak. Les organisateurs ont salué le succès de ces actions et ont invité tout le monde à mobiliser leurs collègues, amis et voisins pour la campagne d'abrogation des lois 5 et C-5.



Nord de l'Ontario


Rivière Attawapiskat, 1er juillet

Des chefs et membres des communautés du territoire de la baie James se sont réunis sur la rivière Attawapiskat, sur un nouveau campement établi sur le territoire partagé des Premières Nations de Neskantaga et d'Attawapiskat, pour exiger l'abrogation de la Loi 5 et l'arrêt du développement minier dans le Cercle de feu. Invoquant le fait qu'une route praticable à l'année longue et qui traverserait la rivière Attawapiskat est prévue, les manifestants ont affirmé qu'aucun passage ne sera autorisé sans leur consentement. Le chef Gary Quisess a déclaré :

« La rivière Attawapiskat n'est pas un corridor d'extraction – c'est une ligne de vie. Nos ancêtres sont enterrés sur ses rives, nos enfants y apprennent la vie, et nous la défendrons par tous les moyens nécessaires. »

Parmi les chefs présents au rassemblement, il y avait Elizabeth Kataquapit (Fort Albany), Sylvia Koostachin-Metatawabin (Attawapiskat), Gary Quisses (Neskantaga), Hosea Wesley (Kashechewan) et le grand chef Leo Friday du Conseil de Mushkegowuk. Les chefs se sont tenus debout sur la rive de la rivière Attawapiskat, entourés des drapeaux représentant leurs communautés, pour exprimer leur soutien lors d'un rassemblement diffusé en direct.

À un autre endroit près du lac Supérieur, le chef Louis Kwissiwa de Netmizaaggamig Nishnaabeg a dirigé une marche d'une semaine sur la Transcanadienne, commencée le 30 juin. Il a dénoncé les lois inconstitutionnelles imposées par le Canada et l'Ontario, contraires à la souveraineté autochtone, aux droits environnementaux, aux droits des travailleurs et à la Loi constitutionnelle de 1982. Il a lancé un appel à la solidarité :

« Ce n'est pas qu'un enjeu autochtone. Ces lois anti-démocratiques affectent tous les Canadiens. »

Montréal

Plus de 200 personnes, principalement des jeunes, se sont rassemblées le 1er juillet devant l'édifice de Radio-Canada pour exiger le retrait du projet de loi 97 du Québec, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier, et l'abrogation de la Loi C-5, Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'oeuvre au Canada et Loi visant à bâtir le Canada.

Ces revendications étaient exprimées sur les pancartes qui mettaient en lumière que ce sont les territoires ancestraux des peuples autochtones qui sont sacrifiés pour satisfaire la soif de profits maximums des intérêts privés : « Défendons les droits ancestraux ! », « Fin à la justice coloniale ! », « Pour une économie qui humanise l'environnement ! », « Nos ressources pour le peuple, pas pour les oligarques ! », « Il faut arrêter le gouvernement Legault ! », « Jeunes ambassadeurs autochtones Mamo/Mamu ensemble contre le projet de loi 97 », « L'avenir de nos enfants n'est pas à vendre ! »

Les orateurs ont rappelé qu'il ne fallait pas célébrer le 1er juillet, jour de la Confédération fondée en 1867 sur le génocide des peuples autochtones qui vivent sur ce territoire qui est le Canada depuis des temps immémoriaux. Au contraire, a dit une jeune oratrice, les peuples autochtones ont plutôt raison de commémorer aujourd'hui les jeunes victimes des pensionnats et les femmes et filles autochtones disparues et assassinées.

Elle a rappelé que « de nos jours, ce génocide ne prend plus la forme de fusils ni de pensionnats, il a un autre visage. Il prend la forme de la dépossession lente et systématique de nos terres non cédées. » Cela est clairement visible dans la Loi C-5 du gouvernement Carney et le projet de loi 97 du gouvernement Legault au Québec.

En ce qui concerne le projet de loi 97, les intervenants ont réitéré l'importance de la forêt boréale pour le maintien de la biodiversité et son rôle essentiel pour assurer la vitalité de toutes les espèces vivantes, y compris les êtres humains. Ils ont souligné le rôle vital des forêts dans le stockage du carbone afin de contrer les effets dévastateurs des changements climatiques, notamment les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses. Ils ont mis en lumière le rôle destructeur des grandes entreprises forestières, qui ont carte blanche pour pratiquer davantage de coupes à blanc tout en ne replantant qu'une seule espèce d'arbre commercial, ce qui favorise la propagation et l'intensité des feux de forêt.

L'édifice principal de Radio-Canada a été ciblé par les organisateurs pour dénoncer le manque de couverture, par le diffuseur public, des actions passées et présentes des défenseurs autochtones des terres et de leurs alliés.

Une représentante de Mères au Front a salué ces marches, qui sont non seulement une occasion de réaffirmer les droits des peuples autochtones au Québec, mais aussi les droits de tous les peuples du monde qui résistent.

Les participants ont ensuite marché jusqu'à la Place Émilie-Gamelin, le long de la rue Sainte-Catherine, passant devant des commerces et des terrasses de restaurants. De nombreux passants et clients des terrasses ont salué les marcheurs en prenant des photos, en se joignant à eux ou en levant le poing pour exprimer leur soutien. La marche s'est terminée lorsque les organisateurs ont invité tout le monde à participer à des danses traditionnelles accompagnées de tambours.



Québec

Le 29 juin, une action militante a été organisée par Intifada QC et Triangle Québec pour s'opposer à un pique-nique tenu près du parc De Bergerville à Québec pour célébrer la journée de la Confédération coloniale. Le pique-nique était organisé par les députés libéraux Jean-Yves Duclos, député de Québec Centre et président du Comité permanent de la sécurité publique et nationale à la Chambre des communes, et Joël Lightbound, député de Louis-Hébert et ministre de la Transformation gouvernementale, des Travaux publics et de l'Approvisionnement. Les manifestants ont scandé : « Pas de pique-nique pendant un génocide ! » Ils ont dénoncé le génocide américano-sioniste et la complicité du gouvernement Carney avec ce génocide.

L'appel à l'action était très clair : « Mark Carney affirme que le Canada est 'le pays le plus européen en dehors de l'Europe'. Il soutient l'idée d'un 'État palestinien sioniste' et propose d'augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB du Canada, soit 150 milliards de dollars par an, alors que nous ne sommes en guerre avec personne. Pendant ce temps, le gouvernement ferme les yeux sur un génocide en cours à Gaza, continue de voler des terres autochtones ici et laisse les Palestiniens vivant au Canada sans assurance-santé ni assistance sociale.

« Alors qu'on nous invite à célébrer le Canada avec des pique-niques et des feux d'artifice, nous ne pouvons ignorer les profondes injustices qui se déroulent sous nos yeux. Célébrer dans ce contexte ? Cela n'a tout simplement aucun sens. »

Lors de la manifestation, les orateurs ont dénoncé le fait d'organiser un pique-nique alors que le Canada continue d'exporter des biens destinés à l'armée israélienne via les États-Unis.

Ils ont rappelé que le droit international interdit d'armer un État susceptible de commettre des violations des droits humains. La Cour pénale internationale a jugé que les sionistes sont présumés coupables de tels crimes, y compris de génocide, et a averti que les États qui collaborent avec eux seront également poursuivis.

Les manifestants ont exigé un embargo bilatéral, pas exclusivement sur les armes, et la fin de toute collaboration avec cet État génocidaire, qu'elle soit directe ou indirecte. Ils ont dénoncé l'hypocrisie et l'impunité du gouvernement libéral ainsi que des deux députés qui ont organisé le pique-nique. Des informations détaillées ont été fournies sur les acteurs gouvernementaux et les entreprises collaborant avec les sionistes. Les manifestants ont dénoncé les Forces d'occupation israéliennes à Gaza pour avoir tué des personnes affamées cherchant désespérément à récupérer de la farine et pour avoir contaminé cette farine avec du sable et des drogues.

Les intervenants ont dénoncé le colonialisme, l'apartheid et le génocide contre le peuple palestinien, ainsi que les attaques contre l'Iran, le Liban, le Yémen, la Cisjordanie, le Congo, le Soudan, le Mali, Haïti et d'autres pays. Ils ont aussi dénoncé les compagnies minières canadiennes et leurs activités destructrices qui alimentent les guerres et les agressions.

Une oratrice a dénoncé le génocide des Premières Nations par l'État canadien et énuméré les noms de tous les pensionnats au Québec qui ont été ignorés à ce jour et sur lesquels le gouvernement canadien refuse toujours d'enquêter. Ces enfants, a-t-elle déclaré, sont aussi ceux de Gaza.

La Loi C-5, Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'oeuvre au Canada et Loi visant à bâtir le Canada, adoptée sous bâillon, a également été dénoncé, tout comme le projet de loi C-2, Loi concernant certaines mesures relatives à la sécurité de la frontière entre le Canada et les États-Unis et d'autres mesures connexes liées à la sécurité. La projet de loi C-2 nie le droit d'asile, contrevenant ainsi au droit international, et trahit la promesse du Canada d'accueillir les réfugiés en ciblant des personnes d'origine africaine, arabe et musulmane.

Plusieurs personnes se sont jointes au pique-nique pour dénoncer les crimes de l'État canadien contre le peuple palestinien et contre les peuples autochtones, les Canadiens et les Québécois, prenant la parole pendant plusieurs minutes pour dénoncer la vision du Canada embrassée par le gouvernement libéral.

Idle No More exige l'abrogation de tous les projets de loi fédéraux et provinciaux de 2025 qui empiètent sur les droits des peuples autochtones à l'autodétermination

L'appel suivant à un rassemblement le 1er juillet à Queen's Park, à Toronto, a été lancé le 26 juin par Idle No More Toronto, Idle No More Ontario et Idle No More, sous le titre : « Libérer la force des relations, rôles, responsabilités et réciprocité matriarcales anishinabées pour la justice climatique ».

Les chapitres de Toronto et de l'Ontario de Tkaronto-Idle No More réclament une abrogation complète de la Loi 5 (Ontario), du projet de loi 6 (Nouvelle-Écosse), du projet de loi 97 (Québec), de la Loi 54 (Alberta), des Lois 14 et 15 (Colombie-Britannique) et de la Loi C-5 fédérale et du projet de loi fédéral C-2. Le recours au cri de ralliement « Levez les coudes » est un cheval de Troie visant à anéantir des droits autochtones reconnus internationalement et à rendre plus efficace l'économie du Canada qui veut se démarquer en tant que superpuissance mondiale en matière d'énergie et de minéraux.

Nos territoires traditionnels contiennent 34 des minéraux critiques considérés comme essentiels à la transition énergétique mondiale. Ces projets de loi provinciaux et fédéraux donneront lieu à une plus grande exploitation qui va continuer de créer des zones sacrifiées ayant des répercussions néfastes sur la santé humaine et sur des territoires de biodiversité jadis intacts – tout cela pour des emplois temporaires, principalement masculins et pour les gains économiques à court terme d'entreprises géantes.

Le Canada continue d'être aux premiers rangs pour ce qui est de la violation des droits autochtones, causant des dommages irréparables à nos cours d'eau partagés, à la terre, à la biodiversité précaire, et détruisant en premier lieu les personnes autochtones sur nos territoires ancestraux.

En réponse à cet assaut législatif d'envergure contre les Détenteurs de titres et de droits inhérents et issus de traités, nous appelons les gens des communautés à s'opposer à cet empiètement majeur sur les droits autochtones, environnementaux et de travail qu'on présente comme étant une réponse économique du Canada aux tarifs de Trump. La dernière fois que nous avons vu des législations aussi dommageables aux droits autochtones, à l'eau, à nos territoires et aux personnes autochtones est lorsque Harper a adopté le projet de loi C-45, Loi sur l'emploi et la croissance, et le projet de loi C-38, Loi sur l'emploi, la croissance et la prospérité durable.

Nous appelons tous les citoyens sur nos territoires ancestraux partagés à résister activement aux systèmes qui continuent de causer des dommages aux communautés autochtones, à notre eau, à notre terre et à nos générations futures, et à se solidariser avec les communautés et les nations autochtones. Joignez-vous à Idle No More Toronto/Ontario le 1er juillet 2025 à Queen's Park, Tkaronto, à 14 heures pour passer un message clair.

La reconnaissance des terres ne suffit pas. Nous traversons une période cruciale qui exige une réponse immédiate et une alliance en action. Les communautés et les nations autochtones sont toujours évacuées loin de leurs demeures, dont plusieurs dans différentes provinces où elles ont fui, alors que des feux de forêt brûlent toujours en Ontario, au Manitoba, au Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique et au Yukon, tel que rapporté par la carte interactive de Ressources naturelles Canada.

Nous sommes confrontés à un système capitaliste sans entraves qui tente d'arracher à la terre jusqu'aux derniers minéraux, jusqu'à la dernière goutte d'eau potable, ne laissant qu'une planète polluée dans son sillage. Alors que les phénomènes météorologiques extrêmes font les manchettes à l'année longue et que l'été s'annonce l'un des plus chauds de l'histoire, les changements climatiques causés par l'extraction massive des ressources sont une réalité qu'on ne peut plus nier.

Notre jeunesse ne demande plus mais exige un changement significatif et transformateur, car c'est elle qui est aux premières lignes des changements climatiques, des alertes météorologiques extrêmes, de feux de forêts, de déplacements dus aux évacuations, tout en reprenant possession de nos langues, nos pratiques culturelles et reconstruisant nos cercles familiaux. Nous contribuons le moins à la dévastation de la planète mais nous sommes les premiers à en subir les conséquences les plus dévastatrices.

Nous ne nous laisserons plus expulser de nos territoires ancestraux pour faire plaisir aux entreprises d'exploration minière et des ressources, qui, nous le constatons, ont maintenant reçu l'approbation de deux niveaux de gouvernement pour aller de l'avant sans le consentement préalable, libre et éclairé des détenteurs de droits et de titres.

À cette fin, nous allons nous défendre, défendre notre terre, notre eau et notre droit d'exister, comme l'ont fait nos ancêtres avant nous, depuis des temps immémoriaux :

- Nous encourageons toutes les matriarches autochtones à organiser partout des espaces de guérison et des cérémonies de l'eau.

- Nous encourageons tous les peuples autochtones des communautés à faire des recherches et à bien documenter votre lignée familiale, votre présence ancestrale, l'utilisation de la terre, et à créer une documentation de vos liens profonds avec la terre.

- Nous encourageons les chercheurs autochtones à lire « Living Proof : The Essential Data-Collection Guide for Indigenous Use-and-Occupancy Map Surveys » (« La Preuve vivante : guide essentiel pour la collecte de données destinées aux enquêtes cartographiques sur l'utilisation et l'occupation des terres autochtones ») et le mettre en oeuvre avec d'autres au sein de votre communauté et de vos territoires ancestraux.

- Nous encourageons tous les peuples autochtones des communautés à lire le dépliant « Getting Organized », une publication de La vérité avant la réconciliation 2020 et à se familiariser avec l'article 18 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones pour que nous puissions rétablir notre souveraineté des soi-disant Conseils de bande issus de la loi canadienne sur les Indiens, et la rendre à qui elle appartient de droit. Notre autodétermination appartient à nos peuples et ne nécessite pas l'approbation de l'État colonial.

- Appuyez le leadership autochtone : des organisations comme l'Association des médecins autochtones du Canada (IPAC) et la Première Nation de Neskantaga se sont publiquement opposées au projet de loi 5 en Ontario. Vous pouvez aider en amplifiant leurs messages, en participant à leurs rencontres et événements d'éducation publique et en les faisant connaître.

- Nous exigeons que soit abrogée toute législation provinciale et fédérale de 2025 – adoptée ou en voie de l'être – qui priorise le profit colonial au détriment des droits constitutionnels et issus des traités des Premiers Peuples de cette terre où vous vivez.

Célébration de la Journée nationale des peuples autochtones à Gatineau

Lors des journées consacrées aux peuples autochtones, y compris durant le Mois national de l'histoire autochtone, les peuples autochtones affirment leur droit d'être et revendiquent leurs droits ancestraux et issus de traités. La Journée nationale des peuples autochtones, le 21 juin, ne fait pas exception. En 1982, la Fraternité nationale des Indiens, aujourd'hui connue sous le nom d'Assemblée des Premières Nations, avait proposé la création de la Journée nationale de solidarité autochtone. Ce n'est qu'en 1996 que le gouverneur général du Canada a proclamé le 21 juin Journée nationale des peuples autochtones.

Cette année, la Journée nationale des peuples autochtones a été célébrée à Gatineau avec des discours, des kiosques de nourriture et d'artisanat autochtones, des danses et des performances musicales. L'événement était organisé par le Centre d'innovation des Premiers Peuples et le Centre d'amitié autochtone de Maniwaki, en collaboration avec la Ville de Gatineau, qui avait aménagé la Place Laval pour l'occasion. Une porte-parole du Centre d'innovation des Premiers Peuples, dans son discours d'ouverture, a déclaré que cette journée était une occasion pour les Canadiens et les Québécois de célébrer le patrimoine, les traditions et les savoirs des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Elle a affirmé : « Le solstice d'été reflète nos liens profonds avec la terre et les uns avec les autres. »

Charlotte Commanda, porte-parole du Centre d'amitié autochtone de Maniwaki, a parlé concrètement des défis auxquels font face les communautés anishinabées de Maniwaki. La création même du Centre d'amitié est née du besoin d'un lieu où les gens peuvent pratiquer leur culture, leurs traditions et leurs langues. Le centre offre, entre autres, une clinique de santé et un programme préscolaire pour les enfants de 0 à 6 ans. Elle a expliqué que, lorsqu'elle était plus jeune, elle devait elle-même faire deux heures de route entre Gatineau et Maniwaki pour étudier au collège Heritage. Encore aujourd'hui, les enfants doivent faire deux heures de route pour aller à l'école secondaire. Elle a souligné que les parents des communautés autochtones veulent ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants, qu'ils souhaitent les voir participer à l'économie sociale. Pour cela, les jeunes doivent quitter leurs communautés, au risque de perdre leur identité et leur langue. Elle a ajouté que des milliers d'Autochtones vivent aujourd'hui à Gatineau pour étudier ou travailler. À son avis, en raison de ces réalités et de la nécessité de partager et célébrer la culture autochtone avec tout le monde, il faudrait organiser de telles célébrations à l'année longue.

L'affirmation des droits des peuples autochtones met à l'ordre du jour la nécessité de nouveaux arrangements de nation à nation

Cette année, la Journée nationale des peuples autochtones s'est déroulée dans un contexte où les peuples autochtones expriment leur opposition à divers projets de loi adoptés ou en cours d'adoption par les gouvernements du Canada, du Québec et d'autres provinces, projets présentés au nom de « l'intérêt national » ou autres justifications similaires. Le nouveau chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, met en garde contre la Loi fédérale C-5. Au Québec, il dénonce l'adoption sous bâillon du projet de loi 69, qui donne carte blanche à Hydro-Québec pour augmenter sa production d'électricité. Il critique également le projet de loi 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier. Dans les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Mauricie, des communautés autochtones ont érigé des barrages sur des routes forestières pour exprimer leur opposition à cette réforme.

Il affirme que le projet de loi 97 constitue un recul en matière de respect des droits des peuples autochtones, de conservation de la biodiversité et de durabilité des forêts. Il dénonce aussi le refus persistant du gouvernement Legault d'intégrer dans ses lois et politiques les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). « Il y a un grand pas à faire au niveau législatif. Nous en sommes rendus là en tant que société », dit-il.

Dans un article de Martin Papillon publié dans La Presse quelques jours avant la Journée nationale des peuples autochtones, l'auteur explique que non seulement le gouvernement du Québec refuse d'adopter la DNUDPA, mais qu'il perpétue également des politiques qui vont à l'encontre de la déclaration. Selon lui, François Legault craint que cela n'accorde aux Premières Nations et aux Inuits un « droit de veto » sur les projets de développement, ou que cela limite la pleine compétence législative de l'État québécois sur son territoire.

« Or, ces craintes sont infondées, explique l'auteur. La DNUDPA ne remet pas en question l'intégrité territoriale et la souveraineté des États. Elle vise plutôt à rééquilibrer les relations en établissant certaines balises au pouvoir des États, comme le font les chartes des droits pour les individus. »

Non seulement le Québec refuse de s'engager à adopter une législation pour mettre en oeuvre la DNUDPA, poursuit l'auteur, mais il ignore trop souvent ses principes dans ses actions. Le gouvernement s'est opposé jusqu'en Cour suprême à la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Cette loi, inspirée de la DNUDPA, reconnaît le droit des peuples autochtones à gérer leurs propres services de protection de la jeunesse. Le Québec y voit une atteinte à sa compétence exclusive.

Il rappelle que la DNUDPA a été adoptée en 2007 par l'Assemblée générale des Nations unies, à l'issue d'un long processus de négociation entre les États membres et les représentants autochtones, et qu'elle agit comme une charte internationale des peuples autochtones. Elle affirme leur droit à l'autodétermination, à la préservation de leurs cultures et de leurs systèmes juridiques, ainsi qu'à la participation aux décisions qui les concernent. Elle consacre notamment le principe du consentement libre, préalable et éclairé pour toute mesure affectant leurs droits ou territoires.

L'auteur conclut en disant : « Si le gouvernement Legault envisage réellement un projet de Constitution pour le Québec, pourquoi ne pas saisir cette occasion historique pour y inscrire l'engagement du Québec envers les droits des Premières Nations et des Inuits, en y intégrant explicitement la DNUDPA comme fondement de cette relation ? ».

(Avec des informations de Wawatay News, RadioCanada et La Presse.Photos : Attawapiskat First Nation, Okiniwak Movement. TML. Kataquapit, L. Kwissiwa)



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Volume 55 Numéro 7 - Juillet-août 2025

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