Journée de la libération de l’Afrique, 25 mai
Saluons la Journée de la libération de l’Afrique!
Victoire aux peuples combattants d’Afrique!
Impérialistes, hors d’Afrique!

Célébration de l’indépendance de la République du Congo le 7 juillet 1960 – un des 17 États africains à conquérir leur indépendance cette année-là
La Journée de la libération de l’Afrique, le 25 mai, marque la convergence historique des peuples d’Afrique pour avancer leurs projets souverains d’édification nationale et exercer la prise de décision basée sur leur propre expérience et matière intellectuelle, et de se libérer une fois pour toutes de l’esclavage, du colonialisme et de l’impérialisme des puissances étrangères. Cette journée commémore la fondation, en 1963, de l’Organisation de l’unité africaine, comme aboutissement de plusieurs siècles de lutte contre l’exploitation coloniale et pour la libération nationale et l’indépendance.
La Journée de la libération de l’Afrique est née de la conscience des peuples africains que leur libération est le fait de leur propre acte et qu’elle fait partie de la lutte mondiale contre l’impérialisme et du front uni de la classe ouvrière et des peuples pour mettre fin à l’exploitation de l’humain par l’humain. Elle a été établie lors de la première Conférence des États africains indépendants tenue à Accra, au Ghana, le 15 avril 1958, à laquelle ont participé huit chefs d’États africains indépendants[1]. Cette journée a été proclamée « Journée africaine de la liberté » pour souligner les progrès du mouvement de libération.
La conférence de 1958 était importante en ce qu’elle représentait la première conférence panafricaine tenue sur le sol africain. Elle était également significative en ce qu’elle représentait l’expression collective du rejet par les peuples africains du système colonialiste et impérialiste qui causait tant de souffrances aux peuples africains. De plus, elle représentait la volonté collective de voir ce système définitivement chassé du continent. The Talking Drum Collective écrit à ce sujet :
« Après 500 ans de souffrances les plus brutales qu’ait connues l’humanité, le viol de l’Afrique et la traite des esclaves qui a suivi, qui a coûté à l’Afrique plus de 100 000 000 de ses enfants, les masses des Africains isolément, séparément, individuellement, en petits groupes séparés pendant des siècles avaient dit ‘assez’ ! Mais en 1958, lors de la Conférence d’Accra, cela a été dit d’une manière qui mettait l’accent sur une action commune, coordonnée et unifiée.
« Cette conférence a donné une clarté et une définition nette au panafricanisme, à la libération totale et à l’unification de l’Afrique. La conférence a également jeté les bases et la stratégie pour l’intensification et la coordination de la prochaine étape de la Révolution africaine, pour la libération du reste de l’Afrique et pour une éventuelle et complète unification. »
En 1960, dix-sept États africains ont conquis leur souveraineté et déclaré cette année « l’Année de l’Afrique ».
Le 25 mai 1963, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a été fondée à Addis-Abeba, en Éthiopie, avec la participation de plus de 1100 personnes représentant 31 États africains, 21 mouvements de libération africains et des centaines de sympathisants[2]. L’OUA a proclamé que le 25 mai serait désormais célébré comme la « Journée de la libération de l’Afrique » à observer chaque année. La Journée de la libération de l’Afrique est demeurée une occasion de souligner et de poursuivre les aspirations des peuples d’Afrique à la liberté, à la souveraineté et à une nouvelle société.

Réunion de fondation de l’OUA, 25 mai 1963

Les chefs d’État africains à la fondation de l’Organisation de l’unité africaine le 25 mai 1963
Aujourd’hui, alors que presque tous les pays d’Afrique ont atteint nominalement leur indépendance, les peuples africains poursuivent leur lutte pour bloquer le diktat impérialiste et l’exploitation des ressources humaines et naturelles de leurs pays. Pas une année ne se passe sans que le revanchisme des puissances impérialistes et des puissances de la vieille Europe ne pointe le nez. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni continuent leur ingérence et maintiennent leur présence militaire, en particulier en Afrique du Nord, de l’Est, de l’Ouest et centrale.
Un exemple odieux des crimes commis par les puissances impérialistes contre les peuples d’Afrique est la destruction de la Libye, dont le gouvernement a été renversé par l’alliance militaire dirigée par les États-Unis, l’OTAN et les forces à leur solde en 2011. Les impérialistes assenaient leur vengeance brutale au peuple libyen et à ses dirigeants qui se sont battus pour défendre les intérêts de la Libye et n’ont pas voulu se soumettre. Une conséquence particulière de la campagne de bombardements de l’OTAN a été la terreur raciale contre les Libyens d’origine africaine subsaharienne, dont beaucoup ont été tués brutalement et des villes entières comme Tawergha ont été vidées de leurs habitants. Les puissances de l’OTAN et leurs médias monopolisés ont tout fait pour répandre des mensonges sur les « mercenaires africains » et ont ciblé et attaqué les Libyens noirs.
Accra, Ghana, 22 septembre 2011 |
Les conséquences du « changement de régime » en Libye ont accentué l’instabilité, l’anarchie et le terrorisme non seulement dans ce pays, mais dans toute l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest. Les pays responsables comprennent toutes les anciennes puissances coloniales, ainsi que le Canada. Ces pays doivent rendre des comptes et des réparations doivent être versées pour ce crime et tous les crimes du passé et du présent contre les peuples africains. Les États-Unis et l’OTAN préparent d’autres tragédies de ce genre qu’il ne faut pas laisser passer.
Dans les pays d’Afrique australe, dont beaucoup ont mené des luttes de libération glorieuses et héroïques tout au long des années 1960 à 1980 contre les puissances coloniales et le régime raciste de l’apartheid, les peuples font preuve du même héroïsme alors qu’ils sont confrontés aujourd’hui aux problèmes de l’édification nationale. Un problème majeur auquel ils sont confrontés est le contrôle d’importants secteurs de l’économie par le capital monopoliste raciste, qu’il soit étranger ou qu’il provienne de l’héritage de la domination de la minorité raciste. Les peuples de pays comme le Zimbabwe, l’Afrique du Sud et l’Angola, qui ont porté des coups durs à l’impérialisme, se battent sans relâche pour que cet héritage colonial ne prenne pas le dessus.
La question de la terre et de son vol historique des mains du peuple demeure de la plus haute importance. Les réformes agraires et la redistribution ont été une étape historique pour donner aux peuples une base économique qui puisse garantir leur subsistance et leur développement.
Les Canadiens et les Québécois, qui comptent fièrement dans leurs rangs des filles et fils d’Afrique, doivent veiller à ce que le Canada ait un gouvernement qui entretienne des relations étrangères fondées sur le respect et l’avantage réciproques avec les pays d’Afrique. Le Canada doit rejeter toute participation aux agressions impérialistes contre les pays africains. Au lieu de protéger les intérêts miniers et de s’assurer qu’ils peuvent commettre des crimes en toute impunité en Afrique, le Canada doit s’assurer qu’ils soient traduits en justice et punis pour les crimes qu’ils commettent.
Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) rejette fermement l’attitude paternaliste des gouvernements canadiens envers les pays d’Afrique pour justifier les relations basées sur l’exploitation ou l’intervention étrangère. Le PCC(M-L) appelle ses membres et ses amis à s’opposer aux agressions contre les pays d’Afrique, à appuyer les luttes des peuples et à s’informer et à informer sur les développements qui ont lieu aujourd’hui parmi les 54 nations indépendantes et les plus de 3000 groupes ethniques et peuples qui représentent 20 % de la population mondiale.
Dans son chef-d’oeuvre Le monde et l’Afrique, l’éminent leader afro-américain, panafricaniste et révolutionnaire communiste W.E.B. Du Bois souligne les contributions considérables et variées de l’Afrique au progrès de l’humanité dans les domaines de la philosophie, des sciences, des arts et de la culture, de l’économie, de la gouvernance et bien d’autres encore. Il souligne que les colonisateurs européens ont délibérément occulté ces contributions pour justifier la traite transatlantique des esclaves.
À l’occasion de la Journée de la libération de l’Afrique, le PCC(M-L) transmet ses salutations révolutionnaires militantes à tous les peuples d’Afrique qui luttent pour exercer un contrôle sur leur vie, leur pays et leur économie afin de se créer un avenir brillant, pour eux-mêmes et leurs enfants. Le PCC(M-L) salue leurs réalisations et leurs contributions au mouvement mondial de libération nationale, qui sont sans égal et ont inspiré l’humanité tout entière.
Notes
1. Des représentants des gouvernements de l’Éthiopie, du Ghana, du Libéria, de la Libye, du Maroc, du Soudan, de la Tunisie, de la République arabe unie (qui était la fédération de l’Égypte et de la Syrie) et des représentants du Front de libération nationale d’Algérie et de l’Union des peuples camerounais y ont assisté.
2. À cette époque, plus des deux tiers du continent avaient obtenu leur indépendance de la domination coloniale.
(Archives du LML, www.thetalkingdrum.com. Photos Bettman, This Is Africa)
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