108e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’octobre
7 novembre 1917
D’importants développements sur
le plan de la théorie politique
La Grande Révolution d’Octobre a entre autres donné naissance à d’importants développements sur le plan de la théorie politique. Pour la première fois dans l’histoire humaine, la théorie politique accordait la souveraineté à la classe ouvrière et aux travailleurs en général. Selon cette théorie politique, le pouvoir exécutif est subordonné au pouvoir législatif et le pouvoir législatif est subordonné à la classe ouvrière et aux travailleurs. Les citoyens avaient le droit d’élire et d’être élus et ils avaient le droit de révoquer les élus. Mais puisque le socialisme n’en était encore qu’à l’étape initiale, il fallait développer davantage cette théorie politique afin de faciliter le développement ultérieur du socialisme. Les conditions économiques pour le progrès de cette théorie politique existaient, mais ce progrès n’a pas eu lieu. La classe ouvrière commence aujourd’hui la lutte pour une société socialiste à partir d’une théorie politique avancée. Selon cette théorie avancée, les partis politiques ont pour rôle d’éduquer et de politiser les masses, d’offrir aux masses un mécanisme par lequel se gouverner elles-mêmes.
Le progrès le plus important qu’ait apporté la Grande Révolution d’Octobre fut dans le domaine de la théorie économique. Pour la première fois dans l’histoire humaine, durant l’étape initiale de la construction du socialisme, on établit que le but de la production est la satisfaction des besoins matériels et culturels toujours croissants de la classe ouvrière et des travailleurs en général. D’importants développements se produisirent sur le plan économique et les forces productives progressèrent à une vitesse sans précédent. L’Union soviétique fut industrialisée en moins de dix ans, ce que l’Angleterre a pris plusieurs siècles à faire. L’Union soviétique a su se remettre de la Deuxième Guerre mondiale en moins de quelques années.
Le développement ultérieur du socialisme exigeait que la classe ouvrière et les travailleurs puissent eux-mêmes déterminer le prix de leurs produits et la rémunération qui leur est due. La planification socialiste centralisée est une tâche qui appartient à la société tout entière, mais la distribution de la production appartient aux collectifs et aux individus. Il appartient à toute la société de décider quoi produire et combien et il appartient au gouvernement de le réaliser par la planification centralisée. La décision sur la rémunération du travail accompli et la détermination des prix de ce qui est produit appartient aux individus et à leurs collectifs. Même dans les jours les plus sombres du moyen âge, le paysan pouvait dans une certaine mesure marchander le prix de ce qu’il avait produit. Sous le capitalisme, la classe ouvrière acquiert dignité et culture en n’acceptant pas le salaire offert par le capitaliste et en mettant de l’avant ses propres revendications salariales. Si la classe ouvrière ne lutte pas pour la rémunération à laquelle elle croit avoir droit, elle perd le respect de soi.
En Union soviétique, une fois que le pouvoir soviétique fut abandonné, la classe ouvrière est devenue apathique et indifférente car elle n’avait pas de rôle à jouer dans la distribution. Il fallait établir sur le plan de la théorie économique que tous les citoyens ont droit au produit social du seul fait qu’ils sont des êtres humains. Le produit social doit être partagé en fonction du principe d’harmonisation de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif, et de l’intérêt individuel et collectif avec l’intérêt général de la société. Mais ce développement de la théorie économique n’a pas eu lieu en Union soviétique.
D’importants développements sur le plan de la théorie, de la philosophie et de l’idéologie ont commencé à se produire même avant la Grande Révolution d’Octobre. La Grande Révolution d’Octobre a affirmé ces développements et créé les conditions pour des changements nouveaux et de longue portée. Le rôle des masses travailleuses dirigées par l’avant-garde de la classe ouvrière, le Parti bolchevik, dans les changements révolutionnaires était évident durant les différentes étapes de la Révolution d’Octobre, surtout durant la période de la révolution socialiste et de la construction socialiste à l’étape initiale.
Le principal changement fut dans le domaine des rapports de production, l’expropriation des vieilles classes exploiteuses et la création de la fraternité des masses travailleuses. Le rôle de la théorie, de la philosophie, de l’idéologie et du travail idéologique fut décisif durant toute cette période de révolution socialiste et de construction socialiste. Pour que le socialisme avance, le rôle de la théorie, de la philosophie, de l’idéologie et du travail idéologique devait être élevé pour garantir la révolutionnarisation ininterrompue des rapports de production. Mais pour mettre en valeur ce rôle, la théorie de la connaissance, la philosophie et l’idéologie devaient reconnaître que la progression de la conscience révolutionnaire obéit également à la dialectique. Le passage du socialisme à l’étape suivante nécessitait la poursuite de la lutte de classe sur les différents fronts : la lutte idéologique, la lutte théorique ou philosophique et la lutte polémique. Les masses travailleuses avaient pour seul rôle de discuter de la ligne du Parti de façon passive plutôt que d’être des participants actifs dans ces différentes formes de lutte.
La classe ouvrière doit commencer la lutte pour la révolution socialiste et la construction du socialisme à partir de ce niveau, c’est-à-dire en amenant le rôle des différentes formes de lutte de classe sur le plan des idées à correspondre aux besoins de la révolutionnarisation des rapports de production et le concept que les masses doivent se gouverner elles-mêmes. En d’autres mots, la théorie, la philosophie et l’idéologie doivent devenir la préoccupation des masses travailleuses.
Une pression est exercée sur la classe ouvrière pour qu’elle se déshonore en faisant appel à la bienveillance des exploiteurs capitalistes monopolistes afin qu’ils lui rendent les « gains » qu’ils lui ont retirés dans le cadre de leur offensive antisociale. Plutôt que d’être comme la poule qui se démène désespérément dans une vaine tentative de voler, la classe ouvrière doit agir comme un aigle majestueux qui s’élève à la hauteur requise par les conditions. L’oeil bien ouvert, les travailleurs doivent acquérir une compréhension approfondie de la lutte contemporaine pour l’établissement d’une société socialiste sur de nouvelles bases.
Tout ce qui empêche la classe ouvrière d’y parvenir doit devenir la cible de notre polémique. Le but de cette polémique est d’apporter à la classe ouvrière la conscience nécessaire pour se préparer aux batailles décisives dans lesquelles elle est engagée. Tout en participant aux luttes quotidiennes et aux combats de classe défensifs et nécessaires d’aujourd’hui, elle doit s’assurer qu’elle se positionne pour les combats à venir. En d’autres termes, la polémique doit garantir que la classe ouvrière ne se détourne pas de la défense de ses intérêts immédiats, qui consistent à lutter pour la tendance prosociale, et de ses intérêts à long terme, qui consistent à établir une société socialiste sur la base de l’expérience de la Grande Révolution d’Octobre.
Le but ultime de la classe ouvrière est la création d’une société communiste, lequel elle peut atteindre seulement si elle entreprend la polémique dès maintenant et se donne la conscience nécessaire pour cette société socialiste. Le rôle de la polémique dans ce travail est indispensable, tout autant que la lutte idéologique, la lutte théorique et philosophique et le travail idéologique.
(1995 — Archives, Centre de ressources Hardial Bains)
|
|
[RETOUR]



