35e anniversaire du Forum des citoyens sur l’avenir du Canada
La classe dominante tourne le dos aux conclusions de la Commission Spicer à ses risques et périls
Il y a trente-cinq ans, le 1er novembre 1990, le gouvernement fédéral annonçait la création de la Commission Spicer, officiellement connue sous le nom de Forum des citoyens sur l’avenir du Canada. Au cours des audiences publiques, la Commission Spicer a entendu les points de vue de plus de 400 000 Canadiens qui ont été présentés dans le Rapport à la population et au gouvernement du Canada.
Les opinions exprimées par les Canadiens à la Commission Spicer étaient très importantes, car c’était pour eux une rare occasion de s’exprimer à un moment où le mécontentement envers le gouvernement, le parlement, les partis politiques, les politiciens et même des syndicats était à son comble. Les gens voulaient des changements dans la façon de faire les choses et ils voulaient que ces changements leur soient favorables plutôt que des changements qui favorisent ceux qui sont en position de pouvoir et de privilège. Ils avaient amplement de choses à dire et l’ont dit sans hésitation à la Commission.
Entre autres choses, les Canadiens ont dit qu’il y avait des lacunes dans le processus politique. Au sujet de la Commission Spicer, le dirigeant du PCC(M-L) Hardial Bains a écrit :
« Les Canadiennes et les Canadiens réclament des changements qui reflètent la maturation d’un peuple et d’un pays. Ils sont profondément conscients de l’absence de respect des normes les plus élémentaires de responsabilité des élus envers le peuple. Cette capacité de concevoir le manque, d’abstraire ce qui n’est pas et de saisir ce qu’il faut faire pour combler un besoin, est sans doute l’indice le plus important de la maturation du Canada. »
Loin de prêter attention à ce que les Canadiens leur disaient, les cercles dirigeants du Canada ont tout fait pour cacher sous le tapis cette conscience collective des Canadiens. Ils se sont lancés dans un vaste programme de destruction de la nation pour anéantir toutes les réalisations de la société et du peuple. Loin de renoncer à leurs positions privilégiées, ils ont utilisé ces positions pour concentrer de plus en plus de pouvoir entre leurs propres mains. Cela a rendu le processus électoral plus en plus antidémocratique au point que dire que ce processus confère au gouvernement le consentement des gouvernés n’a aucun sens.
En même temps, un peuple ne renonce pas à ses réalisations collectives, surtout pas parce que des dirigeants corrompus lui disent de le faire. Il s’appuie sur ces réalisations. Il apprend à défendre ce qui lui appartient de droit. Il persiste à trouver des solutions pour aller de l’avant et lorsqu’il voit comment contribuer à la solution, il le fait sans hésitation.
Les points de vue et les aspirations exprimés à la Commission Spicer n’ont pas conduit à des réformes du processus politique qui répondent aux aspirations des Canadiens et aux exigences d’une société moderne qui reconnaît et garantit la souveraineté du peuple. Cela signifie que le pouvoir de décision doit être entre les mains du peuple et cela demeure l’objectif des luttes que mènent les travailleurs d’un océan à l’autre. C’est ce qu’ils continuent de vouloir.
L’anniversaire de la Commission Spicer survient à un moment où le gouvernement et toutes les forces réactionnaires appellent à l’unité derrière le programme de restructuration de l’État pour payer les riches et se débarrasser des institutions publiques et des programmes sociaux, au nom de la lutte contre la crise aggravée par les droits de douane imposés par Trump et la crise des arrangements néolibéraux mis en place il y a trente ans pour surmonter la crise dans laquelle le système capitaliste s’est enlisé. Comme jamais auparavant, les pouvoirs de prérogative sont utilisés pour imposer un diktat et maintenir les Canadiens asservis à des arrangements dépassés du XIXe siècle appelés démocratie libérale. L’objectif est de faire payer à l’ensemble de la société le tribut aux riches dans leur quête d’une richesse obscène. Cela montre que les Canadiens doivent intensifier leur travail de défense des droits et de lutte contre les préparatifs de guerre en affirmant leur souveraineté et en renouvelant les institutions démocratiques afin de s’assurer que les dangers qui les guettent soient écartés et que cesse la destruction de l’édifice national.
La classe dominante tourne le dos aux conclusions de la Commission Spicer à ses propres risques et périls. La voie de la destruction qu’elle poursuit montre qu’elle est inapte à gouverner. Les Canadiens ne resteront pas sans rien faire alors que les élites dirigeantes ont choisi une voie dangereuse pour le peuple et son environnement social et naturel.
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