55e anniversaire de la proclamation des mesures de guerre
le 16 octobre 1970
Les pouvoirs policiers utilisés pour emprisonner injustement des centaines de personnes pendant
la « crise d’octobre » de 1970

Des jeunes remplissent l’aréna Paul-Sauvé à Montréal pour soutenir la lutte de libération nationale du Québec la veille de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre en octobre 1970.
Ce 16 octobre est le 55e anniversaire de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre par Pierre Elliot Trudeau et son gouvernement libéral. À cette occasion, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) salue tous ceux et celles qui ont été injustement emprisonnés et persécutés à la suite de cette proclamation et tous ceux et celles qui ont milité pour la défense des droits et libertés démocratiques et qui, à ce jour, continuent de défendre le droit du Québec à l’autodétermination, jusqu’à la sécession si tel est le désir du peuple.
L’anniversaire de cette année survient au moment où le gouvernement de François Legault a déposé le malintentionné projet de loi 1, la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, qu’il qualifie de point culminant de toutes les mesures prises par son gouvernement et donc de « loi des lois » au Québec. Loin de défendre le droit du Québec au statut de nation, sans parler des droits fondamentaux du peuple, cette loi consacre le type d’impunité dont les Québécois ont été victimes il y a 55 ans.
Cet anniversaire survient à un moment où les Québécois, ainsi que la classe ouvrière et les peuples autochtones de tout le Canada, se battent pour faire valoir les réclamations qu’ils sont en droit de faire à la société et les droits de tous et toutes. Cela comprend avant tout le droit d’exercer leur souveraineté de la manière qu’ils l’entendent, sur la base de leur droit d’être ce qu’ils sont et non pas tels qu’ils sont définis par l’État canadien et ses composantes provinciales. La constitution mal intentionnée et fallacieuse du gouvernement Legault est une tentative mesquine de perpétuer les institutions anglo-canadiennes au Québec. Elle suit le modus operandi de l’État anglo-canadien oppresseur, en plaçant le Québec au service de l’impérialisme étasunien et en se joignant à des actes de violence d’État fondés sur le racisme et l’idéologie anti-ouvrière et anticommuniste au nom du peuple québécois. Il s’agit d’une provocation de premier ordre, d’une usurpation des pouvoirs de l’Assemblée nationale au nom de grands idéaux. C’est précisément le modus operandi utilisé par Pierre Elliot Trudeau en 1970 pour promulguer la Loi sur les mesures de guerre.
Le PCC(M-L) rejette aujourd’hui cette utilisation des pouvoirs de police, comme il l’a fait en 1970 lorsqu’il a participé activement à l’organisation des Canadiens partout au pays pour s’opposer à l’utilisation de la Loi sur les mesures de guerre, aux mesures arbitraires et à la violence de l’État. Au Québec, les membres du Parti ont mobilisé sans relâche contre la violence et les attaques de l’État et pour la libération des prisonniers politiques.

L’armée dans les rues de Montréal le 15 octobre 1970, la veille de la promulgation de la
Loi sur les mesures de guerre
Parmi les victimes de la persécution en vertu de la Loi sur les mesures de guerre en 1970 et des mesures spéciales prises avant et après, on compte de nombreux membres du PCC(M-L) qui font partie des 497 Québécois qui ont été injustement arrêtés et emprisonnés et des 36 000 personnes qui ont fait l’objet d’une fouille abusive en raison de leur allégeance politique indépendantiste.
Mentionnons que jamais la liste des personnes emprisonnées en vertu de la Loi sur des mesures de guerre n’a été rendue publique. Les journalistes et les historiens qui se sont penchés sur ces événements estiment à entre 500 et 1000 le nombre des arrestations et à entre 10 000 et 15 000 le nombre des perquisitions.
On sait qu’un mandat d’Interpol a été émis à l’époque pour l’arrestation du dirigeant du Parti, Hardial Bains, qui a également été la cible de plusieurs attentats, de complots et d’autres actes de persécution politique dans le cadre de l’opération Chaos de la CIA, notamment le refus de citoyenneté pendant 30 ans.
Trois commissions d’enquête publiques tenues par la suite (Duchaine, Keable et McDonald) ont conclu à l’absence totale de justification pour l’adoption de mesures aussi extrêmes et sans précédent que la suspension des droits civils en temps de paix. Aujourd’hui, 55 ans plus tard, la fausse constitution de François Legault légalise la suspension perpétuelle des droits civils au nom de la protection de la démocratie québécoise. C’est pitoyable, mais le fait que le système actuel, qualifié de démocratique, donne au gouvernement le pouvoir de promulguer de telles lois est dangereux, comme c’était le cas il y a 55 ans.
Il convient de rappeler que les procès-verbaux des réunions du cabinet Trudeau des 14 et 15 octobre 1970 ont révélé que le caucus fédéral savait parfaitement que la police arrêterait des centaines de personnes innocentes sans espérer retrouver les deux otages détenus par le Front de libération du Québec (FLQ).
Toute l’étendue des méfaits de l’État canadien et de ses agences au moment de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre et des événements qui l’ont entourée n’a pas encore été révélée. Loin de mettre fin à l’utilisation des pouvoirs de police pour agir en toute impunité, cela est désormais devenu la nouvelle norme, non seulement pour le gouvernement du Canada, mais aussi pour le gouvernement du Québec, dont la nouvelle « loi des lois » est un affront à tout ce que chérissent les Québécois et les Canadiens. À ce jour, l’État canadien criminalise la conscience et la dissidence, mais de manière permanente. Il bafoue les droits et libertés démocratiques de façon routinière, tout cela au nom de grands idéaux.
En cette occasion, rendons hommage à toutes les personnes injustement emprisonnées pendant la « crise d’octobre » de 1970, à leur courage et à celui de leurs conjoints, parents, enfants, amis et collègues qui ont été pris dans la tourmente.
Salut rouge à tous ceux et celles qui continuent de se battre pour les droits de tous et toutes, quelles que soient les conditions et les circonstances.
Les tentatives des gouvernements Carney et Legault d’usurper les pouvoirs décisionnels doivent être condamnées. En vertu des dispositions constitutionnelles imposées au Canada et au Québec en 1867, les gouvernements sont « légalement » habilités à usurper le droit du peuple de décider de ses propres affaires, et François Legault cherche à inscrire cela à perpétuité dans sa nouvelle « constitution » en carton.
Le 16 octobre 2010, un monument commémoratif en l’honneur de ceux qui ont été injustement emprisonnés pendant la crise d’octobre 1970 a été érigé à Montréal, devant les locaux de la Société Saint-Jean-Baptiste. L’idée du monument est simple, a déclaré René Bataille, alors président de la Fondation Octobre 70, qui a recueilli les fonds pour le monument et présidé son inauguration. C’est l’idée qu’intègre l’oeuvre Liberté du peintre et sculpteur Marcel Barbeau. « La liberté est emprisonnée lors de la crise d’Octobre. L’oiseau de la sculpture représente le Québec. Il est emprisonné. Toutefois, il ne manque pas grand-chose pour qu’il puisse prendre son envol et être libre. »
Lors de l’inauguration du monument, Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, a déclaré :
« Nous avons un devoir de mémoire et de gratitude envers ceux et celles qui ont été victimes d’une injustice qui a été la honte du Canada. Est-ce qu’une démocratie envoie 500 personnes en prison brutalement sans accusation, sans qu’elles aient violé la loi ? Ça ne s’oublie pas et ça ne doit pas s’oublier. Des abus de pouvoir sont toujours possibles.
« La meilleure façon d’honorer ceux et celles qui ont été injustement emprisonnés, vous le savez sûrement, c’est de mener à terme le projet de pays », a conclu Bernard Landry.
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