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29-30 septembre 1941 – 6 novembre 1943
85e anniversaire des atrocités commises par les nazis et leurs collaborateurs à Babi Yar, Ukraine

Comment les pays de l’OTAN réécrivent l’histoire pour faire passer les nazis pour des victimes

Monument aux citoyens et prisonniers de guerre soviétiques dans le ravin de Babi Yar

Certains événements qui ont eu lieu en lien avec commémorations du 80e anniversaire du massacre de Babi Yar en octobre 2021 illustrent parfaitement la manière dont les pays de l’OTAN falsifient l’histoire afin de créer la désinformation sur qui constitue aujourd’hui une menace pour la paix dans le monde. C’est également fait pour disculper ceux qui prônent la réaction et le néonazisme, car ils servent bien les intérêts des États-Unis et de l’OTAN en matière de militarisation et de bellicisme à l’heure actuelle.

Cette année-là, Christelle Néant, journaliste et fondatrice de Donbass Insider, a écrit au sujet d’une tentative de l’ancien président allemand Frank-Walter Steinmeier, lors des commémorations des victimes des massacres commis par les nazis et leurs collaborateurs ukrainiens à Babi Yar, de falsifier l’histoire sur les auteurs de ces atrocités.

Néant écrit que le 6 octobre 2021, « Steinmeier s’est rendu en Ukraine pour inaugurer un mémorial dédié aux victimes du massacre de Babi Yar. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce discours, révoltant du point de vue de la vérité historique, a choqué ceux qui connaissent l’histoire ».

La journaliste commence par exposer les faits concernant les événements qui ont commencé en septembre 1941 :

« Quelques jours après l’arrivée de la Wehrmacht à Kiev le 19 septembre 1941, le NKVD (police secrète soviétique) qui avait anticipé que l’occupant allemand irait s’installer dans les locaux administratifs soviétiques fait exploser des charges placées à l’avance dans ces bâtiments. Ces explosions et les incendies qui ont suivi ont tué plusieurs milliers de soldats allemands.

« Les Allemands décident d’utiliser ces explosions comme justification pour massacrer les juifs de Kiev, et un ordre est publié demandant aux juifs de la ville de se rassembler le 29 septembre à 8 h à l’angle des rues Melnikova et Dokterivskaya, non loin du ravin de Babi Yar.

« Sur place, pour tuer les juifs se trouvent non seulement des SS, des policiers allemands du Sonderkommando et des membres de la Waffen SS, mais aussi le 201e bataillon Schutzmannschaft, un bataillon de collaborateurs ukrainiens des nazis issus de l’OUN-B de Stepan Bandera, qui est appelé dans certaines sources sous le terme ‘police auxiliaire ukrainienne’. Roman Choukhevitch, membre de l’OUN-B est capitaine de la première compagnie de ce bataillon. »

Il convient de noter que Bandera, Shukhevich et l’OUN-B sont tristement célèbres pour leurs crimes de guerre, alors que ceux qui composent le régime néonazi porté au pouvoir lors du coup d’État de 2014 en Ukraine soutenu par les États-Unis, et les bataillons néonazis qui combattent aujourd’hui en Ukraine pour les intérêts de l’OTAN, les tiennent en haute estime. Il en va de même pour ceux qui, au Canada, constituent le Congrès ukrainien canadien, qui compte parmi ses membres des collaborateurs nazis avoués.

Relatant les événements qui se sont déroulés de septembre 1941 à novembre 1943, Christelle Néant écrit :

« En deux ans, près de 140 000 personnes seront abattues ou enterrées vivantes dans le ravin : juifs, Polonais, Tziganes, prisonniers de guerre, malades mentaux, et opposants aux nazis. En 1942, 621 membres de l’OUN (l’organisation des nationalistes ukrainiens qui a collaboré avec les nazis et participé à l’Holocauste) seront tués par les nazis à Babi Yar (comme quoi fallait pas faire alliance avec le diable). »

En 1944, découverte des charniers à Babi Yar par l’Armée rouge qui avance sur les nazis en déroute.

Comme si les faits de Babi Yar n’étaient pas connus, Frank-Walter Steinmeier a déclaré dans son discours : « Ici, à Babi Yar, dans les derniers jours de septembre 1941, les troupes allemandes ont assassiné près de 34 000 Juifs. Ce sont les Allemands qui ont perpétré ces atrocités. Les mots nous manquent face à leur cruauté et leur brutalité absolues. Cet acte – ce n’était pas un acte de représailles. Le meurtre de masse des juifs de Kiev était un crime méticuleusement planifié – planifié et exécuté par des membres de la SS, de la police de sécurité et de la Wehrmacht. Ils étaient tous impliqués. »

Christelle Néant souligne qu’en omettant de mentionner les collaborateurs ukrainiens, « Steinmeier ‘blanchit’ en quelque sorte ces derniers pour le massacre de Babi Yar, puisque selon ses dires, seuls les Allemands sont responsables. D’ailleurs, l’expression ‘collaborateurs ukrainiens’ n’apparaît pas une seule fois dans le discours du président allemand, alors que ces derniers ont pris une part plus qu’active dans l’Holocauste !

« Mais là où son discours a été le plus choquant c’est lorsqu’il met plus tard au même niveau les Roms, les Sinti, les prisonniers de guerre, et les handicapés massacrés à Babi Yar, et les membres de l’armée de libération ukrainienne. »

Frank-Walter Steinmeier poursuit : « Ici aussi, à Babi Yar, après le massacre des juifs de Kiev, la tuerie a continué : jusqu’en 1943, jusqu’à la retraite des Allemands. Des dizaines de milliers de Sinti et de Roms, de membres de l’armée de libération ukrainienne, de personnes handicapées et de prisonniers de guerre ont perdu la vie dans ce ravin. »

Or, rappelle Christelle Néant, « l’armée de libération ukrainienne est un terme qui recouvre en fait toutes les unités ukrainiennes qui se battaient du côté des nazis, y compris celles qui ont massacré des juifs, des Tziganes, des handicapés et des prisonniers de guerre ! Les mettre dans la même phrase que leurs victimes, comme si ces collaborateurs ukrainiens étaient autant à pleurer que ceux qu’ils ont aidé à massacrer est absolument ignoble.

« Le discours de Frank-Walter Steinmeier fut tellement choquant, qu’Édouard Dolinski, directeur du comité ukrainien juif, qui était présent à cette inauguration du mémorial de Babi Yar, a bien failli tomber de sa chaise en l’entendant. »

Dolinski écrit sur Facebook : « Hier, lors de la magnifique cérémonie à Babi Yar, j’ai failli tomber de ma chaise lorsque le président allemand Frank-Walter Steinmeier a déclaré qu’à Babi Yar ‘des milliers de combattants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne [la traduction ukrainienne du discours dit armée insurrectionnelle au lieu d’armée de libération – note de la traductrice] ont été exterminés’. »

Dolinsky poursuit en énumérant les membres de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne que Steinmeier a inclus dans sa commémoration des victimes des nazis :

– Volodymyr Bagazia, membre de l’OUN, maire de Kiev, complice du vol et de l’extermination des juifs de Kiev, qui a ensuite été fusillé par les Allemands.

– Ivan Rogatch, membre de l’OUN qui, dans son journal, a appelé les habitants de Kiev à expulser et à tuer les juifs. Lui-même a été exécuté plus tard par les Allemands.

– Yakiv Chevtchenko, membre de l’OUN, commandant de la police ukrainienne et l’auteur direct du meurtre des juifs du district de Fastov, qui a lui-même été tué par les nazis plus tard.

Dolinsky poursuit en soulignant que les rues adjacentes au charnier de Babi Yar portent le nom d’autres assassins et complices d’assassinat de l’OUN.

Christelle Néant conclut son article comme suit :

« Car en effaçant le rôle des collaborateurs ukrainiens dans le massacre des juifs à Babi Yar, et en plaçant la mort des bourreaux au même niveau que celle de leurs victimes, c’est bien à une réécriture sordide de l’histoire que s’est prêté Frank-Walter Steinmeier. Une réécriture qui permet aux néonazis ukrainiens de blanchir leurs ancêtres idéologiques comme Stepan Bandera ou Roman Choukhevitch, et donc de se présenter comme de simples nationalistes, et non comme des néo-nazis.

« C’est en réécrivant l’histoire qu’on permet au néonazisme de se développer, entre autres en Ukraine. Et le discours de Frank-Walter Steinmeier participe de cette réécriture de l’histoire, faisant de lui le complice du développement du néonazisme en Ukraine. »

(Donbass Insider, 9 octobre 2021. Christelle Néant est une journaliste et fondatrice de Donbass Insider. Photos : J. Boyer, Wikimedia)


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