7 mai 2025
57e anniversaire de la Réorganisation des Internationalistes en une organisation marxiste-léniniste de la jeunesse et des étudiants
Un événement décisif dans la vie politique du Canada

Le 7 mai 2025 est le 57e anniversaire de la réorganisation des Internationalistes en une organisation marxiste-léniniste de jeunes et d’étudiants. Les Internationalistes, précurseurs du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), ont été fondés le 13 mars 1963 à Vancouver. La réorganisation des Internationalistes sous la direction de leur fondateur, le camarade Hardial Bains, qui s’est faite à Montréal du 7 au 25 mai 1968, a été un événement d’importance historique dans la vie politique du Canada. Elle marquait un important jalon vers la création du PCC(M-L) en tant que parti de la classe ouvrière canadienne, un parti révolutionnaire capable de, et qui se consacre à, donner aux luttes de la classe ouvrière et du peuple la conscience et l’organisation dont ils ont besoin pour remporter la victoire.
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L’oeuvre des Internationalistes sous la direction du camarade Bains a résolu la question cruciale de « qui décide ? » telle qu’appliquée à l’organisation politique de la classe ouvrière et à son rôle dirigeant dans la société et le problème du rôle indispensable de la conscience et de l’organisation dans la mobilisation du peuple dans la recherche de solutions aux problèmes centraux de la société. Dans un article intitulé « Une attention de premier ordre au besoin de conscience et d’organisation du peuple », le camarade Bains explique l’héritage vivant laissé par les Internationalistes
L’article traite d’un sujet essentiel aujourd’hui, notamment en raison des conditions qui prévalent actuellement dans cette période de transition historique où les anciennes formes de gouvernance ont disparu et où les nouvelles formes n’ont pas encore vu le jour. Ces anciennes formes relevaient du système de gouvernement appelé démocratie libérale, qui a vu le jour après la guerre civile anglaise dans les années 1660 et a ensuite été perfectionné pour créer ce qu’on appelait un système public pour le bien de tous, garantissant « la paix, l’ordre et un bon gouvernement ». Ce système est entré dans le XXe siècle dans le cadre des relations du capitalisme monopoliste d’État, puis est devenu un outil de la quête d’hégémonie mondiale des États-Unis après la Deuxième guerre mondiale. Depuis l’effondrement de l’ancienne Union soviétique dans la période 1989-1991, l’équilibre établi entre les deux superpuissances, les États-Unis et l’Union soviétique, a pris fin et les États-Unis ont cherché à s’imposer comme seule puissance hégémonique.
L’offensive néolibérale et antisociale qu’ils ont lancée, avec leurs alliés de l’OTAN et de l’Union européenne, a semé le chaos pour la classe ouvrière et les peuples partout dans le monde, mais, comme le PCC(M-L) l’a toujours soutenu, la classe ouvrière est une classe qui a ses propres objectifs, son programme politique, sa conscience et son organisation. Dans ces conditions, on ne saurait trop insister sur l’importance des principes élaborés par le camarade Bains et incarnés dans le travail du PCC(ML) pour bâtir et consolider l’organisation. Sans eux, il n’est pas possible d’élaborer et de réaliser les objectifs prosociaux de la classe ouvrière et du peuple. En élaborant ces principes et en s’appuyant sur eux, les Internationalistes de leur époque se sont donné les moyens de répondre aux besoins du moment. Aujourd’hui aussi, les militants du Parti doivent s’appuyer sur ces principes afin de conduire la classe ouvrière à se constituer en la nation et à investir le peuple du pouvoir souverain. C’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui.
Le camarade Hardial Bains écrit :
« En s’attaquant aux problèmes de la conscience et de l’organisation, les Internationalistes ont entre autres adopté le principe de travail collectif et responsabilité individuelle, le principe selon lequel chaque membre a le devoir non seulement d’appliquer les décisions prises collectivement mais aussi de participer aux prises de décisions. La participation aux prises de décisions est ainsi considérée non seulement comme un droit mais aussi comme un devoir. Cela place l’individu au centre de tous les développements et fait de l’organisation le moyen de les réaliser, établissant de ce fait un rapport dialectique entre l’individu et le collectif, entre la forme et le contenu.
« […] C’était une rupture historique avec l’établissement d’organisations sur la base des vieilles définitions, partant cette fois de définitions actuelles et modernes. Il devenait évident que les Internationalistes ne pouvaient progresser en tant qu’organisation politique que sur la base de l’unité politique et de l’initiative politique, comme cela s’est manifesté concrètement avec leur ligne d’action avec analyse et à la défense des objectifs immédiats et stratégiques. Ces objectifs étaient fixés en fonction des exigences des conditions d’alors, en fonction de l’harmonisation de l’intérêt général de la société avec les intérêts du collectif et de l’individu, attribuant le rôle déterminant aux masses. […]
« [Les internationalistes] ont établi un cadre de travail qui permettait l’épanouissement les paroles et les actes de chacun dans la réalisation des tâches établies en fonction des conditions données. Cela voulait dire qu’il fallait constamment mobiliser dans les prises de décisions tous celles et ceux qui poursuivaient les mêmes objectifs. Ils ont ainsi établi une façon moderne de faire les choses qui liait l’organisation au contenu, les paroles aux actes, l’individu à la responsabilité de s’assurer que rien ne passe sans être scruté au peigne par lui. Une organisation marxiste-léniniste véritablement révolutionnaire était créée par celles et ceux qui ne voulaient rien d’autre que la victoire de la classe ouvrière dans sa marche historique vers l’émancipation. Il s’est produit un changement qualitatif sur les plans de la conscience et de l’organisation, un changement répondant aux conditions concrètes et digne de membres d’une organisation d’avant-garde de la classe ouvrière.
« Les Internationalistes ont créé une autre forme concourant à l’objectif d’apporter conscience et organisation à la classe ouvrière, la forme de la démocratie de masse, que nous appelons aujourd’hui mobilisation politique maximum. C’est la méthode consistant à rechercher les opinions des masses dans le cours du travail comme responsabilité obligatoire envers l’activisme des masses. C’était la seule base solide pour réaliser toute tâche fixée pour la période. Le formalisme bourgeois, la méthode consistant à dépenser des millions de dollars en utilisant les moyens techniques les plus modernes pour semer la confusion, les rumeurs, les attaques personnelles, etc., était remplacé par un travail pour entraîner le peuple dans la discussion. Il fallait constamment, sans relâche et sans exception, poursuivre la discussion parmi le peuple sur ce qu’il fallait faire, quand et comment.
« Pour les Internationalistes, le travail et la mobilisation étaient deux catégories d’un seul tout interdépendantes l’une de l’autre et de tout le reste. C’était le même rapport que celui entre l’action et l’analyse. Le point de départ des Internationalistes était toujours le travail tel qu’exigé par les conditions concrètes données.
« En plus de la méthode de la démocratie de masse, les Internationalistes menaient un travail de mobilisation à plusieurs niveaux pour s’assurer que tous les problèmes à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation soient résolus sur la base de positions avancées, par la critique et l’autocritique et en accordant toujours la première place à l’unité. La lutte n’était jamais séparée de la tâche constante de renforcer l’unité ni de la réalisation des objectifs immédiats fixés en fonction des conditions données ou de l’objectif stratégique. La lutte occupait la première place. Cela voulait dire mettre toute la conscience et l’organisation au service de la lutte de classe comme seul véritable moteur du développement dans la société. Comment mener la lutte de classe, contre qui et quand était pour les Internationalistes les questions les plus importantes. Ils s’y attaquaient avec tout le sérieux et toute l’ardeur exigés. C’est pour cette raison que tout le monde était appelé à participer aux prises de décisions non seulement en tant que droit leur appartenant mais aussi en tant que devoir envers l’organisation. […]
« Enfin, les Internationalistes ont créé des forums internes et externes, privés et publics, pour la mobilisation du peuple. Pour asseoir l’organisation sur les principes du centralisme démocratique, ils devaient en tout temps offrir une ligne dirigeante aux masses pour s’assurer que leur niveau de conscience et d’organisation ne soit pas ravalé à celui de la bourgeoisie. […]
« Après moins de deux ans d’activité politique vigoureuse sur tous les fronts, de mai 1968 à mars 1970, les Internationalistes en vinrent à la conclusion que toutes les conditions matérielles et techniques étaient prêtes pour la fondation du Parti communiste. Le travail théorique et politique et l’organisation correspondante avaient préparé les conditions nécessaires à la fondation du PCC(M-L), laquelle fut proclamée lors d’une réunion publique à Montréal le 31 mars 1970.
« Cette méthode consistant à engager tout le monde dans les prises de décisions, qu’on a plus tard appelée méthode de mobilisation politique maximum, signifiait que tout le travail devait toujours être basé sur l’initiative des masses suivant les conditions données. Pour que la classe ouvrière puisse diriger tout le peuple dans la réalisation de sa mission historique de créer une société nouvelle, il faut reconnaître le droit mais aussi le devoir du peuple de prendre les décisions. »
(Archives, Centre de ressources Hardial Bains – CRHB)
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