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Numéro 66 - 13 mai 2016
La propriété de US Steel
US Steel prépare-t-il un autre
coup?
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La
propriété
de
US
Steel
• US Steel prépare-t-il un autre coup?
• La nécessité de confronter le
privilège de monopole de US Steel
• Contrôle et propriété des
monopoles
La propriété de US Steel
US Steel prépare-t-il un autre coup?
US Steel a récemment dévoilé une
nouvelle structure d'entreprise pour ce qui a trait à ses
activités tubulaires. La propriété des
activités tubulaires sans soudure de US Steel a
été transférée à une nouvelle
société de portefeuille, une filiale en
propriété exclusive de US Steel appelée US Steel
Tubular Product Holdings, LLC.
La nouvelle a été accueillie avec
scepticisme non seulement au Canada, où ce stratagème a
une odeur de réchauffé, mais aussi là où US
Steel concentre ses opérations. Le Pittsburgh Post-Gazette,
habituellement
un
meneur
de claques pour US Steel, a publié un
article intitulé « Revamp at US Steel Raises
Eyebrows » (« Une
restructuration à U.S, Steel qui fait sourciller »)
dont on trouvera des extraits ci-dessous.
Au Canada, USS a restructuré la
propriété de l'ancienne Stelco avant de la placer sous la
protection de la faillite en septembre 2014. De la manière
la plus intéressée, USS a déclaré aux
observateurs incrédules qu'il avait transformé par magie
sa participation au capital de Stelco en une dette qui doit lui
être remboursée.
Le refus de reconnaître l'économie
socialisée
est au centre des crises récurrentes

Les gens qui contrôlent US Steel nient le
caractère social de l'économie moderne, marqué pas
ses inter-relations, qui repose sur la production industrielle de
masse. Selon eux, la production d'acier est une affaire privée
et non publique et la propriété et le contrôle
privés sont le facteur le plus important dans la production. Au
lieu d'aborder les
problèmes de l'entreprise et du secteur de l'acier selon un
point de vue social éclairé, ils cherchent seulement
à protéger leur propriété et leur
contrôle de la richesse sociale, leurs intérêts
privés étroits.
Ils sont passés maîtres dans l'art de
blâmer les métallos et les concurrents étrangers
pour les problèmes dans le secteur de l'acier et de
l'économie américaine en général. Ils
refusent de faire face aux grands problèmes que connait le
secteur en procédant à des réformes
véritables qui servent l'intérêt public. Par
exemple, ils rejettent d'emblée
toute suggestion d'instaurer une réglementation et un
contrôle sur les prix et sur l'offre au moyen d'une
autorité publique dans le secteur de gros, disant que cela
porterait atteinte à leur droit de monopole de tout
contrôler. En effet, toute solution aux problèmes de
l'économie mènerait à la limitation du droit de
monopole et arracherait le contrôle de
l'économie à la domination des intérêts
monopolistes privés et la placerait sous la garde de
l'intérêt public et des vrais producteurs.
Les dirigeants et les administrateurs rejettent toutes
les propositions qui serviraient l'intérêt et le bien
public. Ils préfèrent hurler contre les autres pays,
congédier les travailleurs, s'attaquer aux droits du peuple,
détruire la capacité de production et se livrer à
de la manipulation afin de rejeter autant que possible le fardeau des
pertes sur les
autres plutôt que de résoudre les problèmes
fondamentaux. Les problèmes reviennent nous hanter de plus belle
parce qu'ils proviennent du caractère socialisé
inhérent de la production industrielle de masse et ne peuvent
pas être résolus avec des solutions qui servent les
intérêts privés étroits. Des solutions d'un
caractère social large qui servent
l'intérêt public sont nécessaires, mais ceux qui
sont en position de contrôle refusent même de discuter des
propositions que les vrais producteurs ont mises de l'avant depuis
longtemps. La situation a atteint un point de non-retour où la
seule voie qui s'offre à la classe ouvrière est de priver
l'élite dirigeante impérialiste du pouvoir de
contrôler les
secteurs fondamentaux de l'économie afin que les travailleurs
puissent mettre en oeuvre leur propre programme prosocial.
La destruction des forces productives et les attaques
aux droits des travailleurs ne sont pas des solutions
Au Canada, US Steel a décidé de
détruire une grande partie de la capacité de production
de l'ancienne Stelco, réduisant ainsi à presque rien un
de ses anciens concurrents. En agissant ainsi, USS a vu une occasion de
faire un coup d'argent. Pourquoi ne pas se placer sous la protection de
la faillite pour éliminer la dette de Stelco et les
obligations envers les retraités de Stelco qui sont un legs de
l'achat de la société en 2007? Cette dette provient
d'un prêt de 150 millions $ du gouvernement de
l'Ontario, et d'une responsabilité sociale de plus d'un milliard
de dollars en pensions et autres avantages sociaux après
retraite sans parler des multiples responsabilités
environnementales.
La manoeuvre de US Steel comprend la transformation du
capital-actions de Stelco en une dette prioritaire due à
lui-même. Une fois que la participation en capital est
transformée en dette, la dette s'empile en comprend maintenant
toute facture payée pour le fonctionnement des opérations
de Stelco, ou plutôt pour le non fonctionnement ou
leur fonctionnement continuel à perte. Tout cela va maintenant
être considéré comme une dette envers la
maison-mère à Pittsburgh, qui va vouloir être
compensée en premier lorsque Stelco sera liquidée.
Étant donné la requête récente du 29
avril de US Steel pour que le tribunal de la faillite mette fin aux
procédures le plus rapidement
possible, la liquidation des actifs restants de Stelco doit se faire au
plus vite, selon les comploteurs. Cela ne doit pas passer !
« La restructuration chez US Steel fait
sourciller »

Les Canadiens qui ont pris connaissance du plan de US
Steel de transformer ses opérations tubulaires en une LLC,
avertissent leurs collègues américains et les autres
personnes touchées par les opérations de USS qu'ils
doivent être vigilants et renforcer leur résistance face
aux attaques contre leurs droits. Les Canadiens ont vécu une
expérience
directe négative avec US Steel et savent bien que les manigances
de ce monopole n'ont pas de limites lorsque vient le temps de servir
les intérêts privés étroits de ceux qui le
possèdent et le contrôlent.
En ce qui concerne la plus récente
réorganisation administrative de US Steel aux États-Unis,
l'article du Pittsburgh Post-Gazette « Revamp at US
Steel Raises Eyebrows » mentionne que, « pendant des
semaines, des employés inquiets aux installations tubulaires en
difficulté de US Steel ont fait circuler des rumeurs sur ce que
les
gestionnaires au 600 rue Grant ont en réserve pour leur
unité de production, y compris la mise en place d'une
éventuelle coentreprise ou la vente ».
L'article continue :
« Le mardi, US Steel a dévoilé une
nouvelle structure d'entreprise pour ses activités tubulaires,
qui l'an dernier ont enregistré une perte d'exploitation
de 179 millions $. Ce que la divulgation laisse
présager demeure une question de conjectures. Très
probablement, le moulin à rumeurs n'est pas prêt de
ralentir étant donné le taux
de fonctionnement des usines de production tubulaire de US Steel
pendant le quatrième trimestre, qui a été
de 21 % selon un analyste.
« Dans un communiqué émis jeudi,
l'entreprise a déclaré qu'elle avait
transféré la propriété de ses
activités de production tubulaire sans soudure de Lorain, en
Ohio et Fairfield, en Alabama, à une nouvelle filiale en
propriété exclusive, appelée US Steel Tubular
Products Holdings LLC.
« LLC signifie ' société à
responsabilité limitée ' (SARL), une structure
d'entreprise qui peut offrir des avantages fiscaux, protéger la
société-mère des dettes et se débarrasser
plus facilement du capital.
« Selon un organigramme que David J. Rintoul,
responsable des activités tubulaires, a distribué la
semaine dernière aux employés de US Steel, les
activités de la société de portefeuille
comprennent deux unités : l'une qui inclut les
activités acquises dans le cadre de l'acquisition
désastreuse en 2007 par US Steel du producteur
tubulaire texan Lone Star Technologies, ainsi que ce qui est
appelé des ' opérations à l'étranger ', et
une SARL qui contient les entreprises de Lorain et Fairfield.
« US Steel a dit avoir créé la
nouvelle structure le 1er mars pour rendre ' les activités
opérationnelles de notre segment tubulaire ... plus efficaces et
plus transparentes '. Une des raisons du changement, selon le
communiqué, est de faciliter la recherche de clients au
Moyen-Orient. US Steel prévoit qu'il va bientôt ouvrir un
bureau à
Dubaï, aux Émirats arabes unis.
« Lors d'une réunion mardi où il
s'est entretenu avec les employés, M. Rintoul leur aurait dit
que la nouvelle structure va permettre à la
société-mère de ne pas être à la
merci des dettes découlant des activités
tubulaires ».
[Considérons-nous comme avertis. Quand ces
élites impérialistes commencent à parler comme
cela, ça signifie qu'ils vont rejeter le fardeau des
problèmes sur les autres plutôt que de traiter
sérieusement des problèmes en restreignant le droit de
monopole et en servant l'intérêt public.]
« Joseph P. Nicola
jr, associé en fiscalité chez Sisterson &
associés, a dit que le fait de mettre sur pied une SARL 'est une
indication qu'ils sont préoccupés par les obligations
juridiques '.
« ' La création d'une SARL en tant que
filiale a l'avantage de protéger la société-
mère de l'unité visée (par la SARL) ', a dit M.
Nicola. ' Une SARL va assumer ses propres responsabilités en
termes d'obligations. '
« Il a dit que la structure simplifie
également les exigences en matière de déclaration
fiscale et peut réduire les impôts. [...]' Cela facilite
les choses s'il faut se départir de l'entreprise ', a
ajouté M. Nicola.
[Avant d'annoncer la restructuration, le directeur des
relations avec les investisseurs chez US Steel, Dan Lesnak, a dit que
si les gens en position de contrôle ont cru que les installations
tubulaires possèdent une valeur ils « devront rechercher
la bonne structure » pour qu'elles soient vendues. «
Mais présentement, elles font partie de
l'entreprise », a dit Lesnak. Apparemment, «
ils » ont maintenant trouvé « la bonne
structure » avec la SARL, comme ils l'ont fait au Canada
avec leur tentative de transformer leur propriété en
capital dans Stelco en une dette qu'ils se doivent à
eux-mêmes.]
« Le mois dernier [en février], une
porte-parole de la compagnie a dit que les mots employés par M.
Lesnak [à l'effet que les installations tubulaires sont ' une
partie de la société '] étaient toujours exacts.
La déclaration fournie jeudi par la compagnie mentionnait que '
US Steel évalue de façon continuelle les
opportunités stratégiques et
organisationnelles potentielles qui peuvent inclure l'acquisition, la
cession ou la consolidation du capital. '
« Toutes ces paroles à propos
d'évaluer constamment les opportunités ne vont pas mettre
fin aux rumeurs à l'effet que la nouvelle structure rend une
vente plus probable. Plusieurs employés actuels et anciens
disent que le moral au sein de l'entreprise est bas, ce qui explique
pourquoi tant d'employés ne se gênent pas pour participer
aux
rumeurs.
« Mais les rumeurs amènent une question
qui reste sans réponse : qui achèterait
l'entreprise? Avec une capacité excédentaire de
fabrication de tubes, des prix du pétrole inférieurs
à 40 $ le baril et aucun redressement rapide en vue,
les mêmes conditions de dépression qui affligent US Steel
seraient un obstacle important pour
tout prétendant potentiel. »
Ce n'est pas cela la question à laquelle il faut
répondre. La vraie question que les travailleurs canadiens et
américains se posent est de savoir comment s'organiser en une
force qui est assez forte pour prendre le contrôle de leur propre
force productive humaine et des forces productives modernes au sein
desquelles ils oeuvrent et commencer à
résoudre les problèmes dans l'intérêt
public. Il faut mettre fin à l'orientation actuelle faite
d'attaques aux droits et de destruction de forces productives, pendant
que sont « évaluées de façon continuelle les
opportunités stratégiques et organisationnelles
potentielles » de servir les intérêts
privés étroits de quelques-uns.
Le défi que doivent relever les travailleurs qui
vivent et travaillent au sein d'une économie complètement
socialisée interdépendante de production industrielle de
masse est de résoudre la contradiction entre les gens en
position de contrôle qui servent les intérêts
privés étroits des propriétaires de la richesse
sociale et leurs propres intérêts, et la
classe ouvrière, la classe des vrais producteurs qui doivent
contrôler l'économie dans l'intérêt public.

La nécessité de confronter
le privilège de monopole de US Steel
Dernières nouvelles du tribunal de
la LACC
LML a reçu un exemplaire
de la décision du 4 mai du juge Herman
Wilton-Siegel dans laquelle il refuse une fois de plus de rendre public
l'accord secret qu'avaient conclu le gouvernement fédéral
et US Steel.
L'arrangement avait mis fin à la poursuite judiciaire du
gouvernement
fédéral contre US Steel pour sa violation flagrante des
conditions
qu'il avait acceptées en vertu de la Loi sur investissement
Canada en
faisant l'acquisition de Stelco en 2007. Wilton-Siegel est le juge
ontarien responsable des procédures juridiques en vertu de la Loi
sur
les
arrangements
avec les créanciers des compagnies qui
traitent
du recours de US Steel à la protection de la faillite et de sa
liquidation de l'ancienne Stelco, qu'il nomme désormais US Steel
Canada. LML
publiera des opinions et des commentaires sur le jugement dans un
numéro subséquent. La décision de Wilton-Siegel
est disponible ici.
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Le 29 avril, US Steel (USS) a de nouveau
plaidé contre la réouverture de l'Accord de
règlement définitif conclu en vertu de la Loi sur
investissement Canada (LIC). L'accord secret avait mis fin à
la poursuite judiciaire du gouvernement fédéral contre
USS qui n'avait pas respecté les conditions de l'accord initial
de la LIC conclu
au moment de l'achat du fabricant d'acier Stelco. Selon USS, rendre
l'accord public irait à l'encontre de son privilège de
monopole.
On voit à l'oeuvre
ici les intérêts
monopolistes privés s'opposant à l'intérêt
public. USS ne veut aucune remise en cause de son droit de monopole de
la part du droit public général des Canadiens, et encore
moins de la part des métallos et de leurs communautés
directement affectées par ses actions antisociales. Le monopole
américain veut
éviter tout examen sérieux de la saga de Stelco, depuis
sa première incursion dans les procédures de la
protection de la faillite en vertu de la Loi sur les arrangements
avec les créanciers des compagnies (LACC) jusqu'à
aujourd'hui. Un examen public sérieux exposerait la manipulation
financière de US Steel, ses attaques contre les droits des
travailleurs et contre l'économie canadienne et ses autres
actions antisociales au service de son droit de monopole et de ses
intérêts privés étroits. Un tel examen
mettrait aussi en cause le système et les autorités
publiques actuels qui ont permis que ces attaques soient
perpétrées en toute impunité.
Depuis le premier recours de Stelco à la LACC
en 2004, les autorités publiques au Canada et en Ontario
n'ont rien fait pour défendre l'intérêt public.
Elles se sont pliées en quatre pour accommoder ceux qui sont aux
commandes de Stelco et de US Steel, qui ont agi impunément au
service de leurs intérêts privés étroits,
contre l'intérêt
public et les travailleurs, les retraités et les
communautés directement concernés. Les autorités
publiques ont accordé une concession après l'autre au
droit de monopole, allant même à l'encontre de la loi
ontarienne régissant les fonds de retraite et permettant
à USS de renier ses propres engagements en vertu de la LIC. Le
gouvernement ontarien a
même accordé un prêt de 150 millions $ aux
conspirateurs de Stelco qu'ils refusent maintenant de rembourser.
Tout au long de cette dure épreuve, les
dirigeants des métallos ont mis de l'avant des solutions qui
sont dans l'intérêt public et qui touchent non seulement
Stelco mais tout le secteur canadien et l'économie en
générale qui font face depuis plusieurs années
à un siège néolibéral de la part du droit
de monopole. Cela fait maintenant trois fois
qu'Algoma (Essar) Steel à Sault Ste. Marie a recours à la
LACC. Les autorités publiques et leurs institutions ont tout
simplement ignoré et rejeté les solutions mises de
l'avant par les métallos. Aucune discussion sérieuse et
aucun débat au sujet de leurs propositions n'ont
été tenus par les cercles officiels, les médias de
masse, les universités ou
quelque autorité publique, ce qui est un sérieux
problème auquel le peuple fait face. Le droit de monopole et ses
intérêts privés étroits dominent la
discussion publique, les autorités publiques et l'espace public.
Il n'existe aucune forme
organisationnelle publique qui
puisse tenir et soutenir une discussion sur comment résoudre les
problèmes de l'économie comme ceux qui affectent le
secteur de l'acier. On ne permet aucune discussion cohérente en
cour, au Parlement ontarien ou fédéral, dans les
universités ou dans les médias de masse. Le droit de
monopole et ses intérêts privés dominent tous les
espaces publics où cette discussion devrait se tenir afin de
résoudre les problèmes, créer l'opinion publique
et ouvrir une voie vers l'avant.
C'est seulement lorsque les métallos organisent
eux-mêmes la discussion sur les problèmes du secteur de
l'acier et de l'économie que cela se produit, comme c'est le cas
avec les réunions du jeudi de la section locale 1005 et les
manifestations, les rassemblements et les assemblées de masse
que les métallos organisent, et une telle
discussion se retrouve aussi dans les publications de l'Opposition
ouvrière et dans Information Update et Le
Marxiste-Léniniste. Voilà la réalité
à laquelle le mouvement ouvrier est confronté. Il doit
bâtir ses propres institutions où le droit public
confronte le privilège de classe du droit de monopole et lutte
pour la reconnaissance et la
réalisation de l'intérêt public et pour
l'édification d'une économie moderne, stable et qui
subvient à ses besoins.
Une économie qui subvient à ses besoins
et qui est au service de l'intérêt public a son point de
départ dans une région ou dans un pays où le
peuple bâtit ses propres autorités publiques qui exercent
leur juridiction souveraine sur leurs affaires, où il instaure
son propre gouvernement de droit qu'il contrôle parce qu'il est
doté du pouvoir. Une
économie mue par sa propre force interne diversifiée qui
permet de garantir les droits et le bien-être de tous s'engage
dans un commerce international fondé sur l'avantage
réciproque qui vient compléter l'économie
intérieure au lieu de l'affaiblir.
En résistant résolument au
privilège de monopole et aux attaques contre les droits des
travailleurs et en veillant au développement de ses propres
institutions, la classe ouvrière peut développer une
opinion publique et un mouvement populaire puissants permettant de
résoudre les problèmes et de bâtir un Canada
démocratique moderne.

Contrôle et propriété des monopoles
Le temps d'une nouvelle direction

Plusieurs Canadiens se demandent comment US Steel (USS)
a bien pu désavouer la propriété de sa filiale
canadienne en propriété exclusive et faire adopter son
point de vue par une cour de justice. En abandonnant la
propriété de l'ancienne Stelco, il semble que USS volait
transformer la propriété en une dette avant de demander
la protection de la faillite en vertu de la Loi sur les arrangements
avec les créanciers des compagnies (LACC). De cette
façon, si la cour accepte, le processus frauduleux de la LACC
va permettre à USS de gagne environ 2,2 milliards $,
si et quand les anciens actifs de Stelco sont vendus. USS empocherait
cet argent sans avoir rien à payer en nettoyage environnemental
ou en obligations envers les régimes de retraite et les
avantages sociaux à la retraite et il éliminerait
essentiellement Stelco en tant que fabricant d'acier concurrent.
Le caractère frauduleux de la LACC en
amène plusieurs à se questionner au sujet de la
propriété dans l'économie d'aujourd'hui
dominée complètement par les monopoles. Si USS peut si
facilement désavouer sa participation au capital de Stelco dans
le cadre d'un plan plus
vaste d'accaparement de ses actifs sous la protection de la faillite,
quelle est donc l'essence de la propriété en ce qui
concerne ces grandes entreprises ? Elle n'est certainement pas
semblable à la propriété d'un petit groupe ou
d'une famille possédant une unité économique et
dépendant de cette unité et de ses actifs productifs pour
leur subsistance.
La question n'est pas simplement académique car
elle concerne le contrôle de nos industries de base et l'objectif
que nous donnons à l'économie en tant que peuple. Qui a
le contrôle juridique sur les monopoles, en particulier ceux
détenus principalement par le biais d'actions ? Si la
propriété peut si facilement être
répudiée pour des raisons intéressées,
comme l'a fait USS avec Stelco, peut être le peuple doit-il
maintenant concentrer son attention sur le contrôle et non la
propriété officielle des géants de l'industrie,
qui est crucial au
fonctionnement de l'économie et au bien-être du peuple.
Peut-être que la
propriété devrait être déclassée en
importance et considérée seulement comme un facteur dans
le fonctionnement d'un monopole. Le contrôle pourrait être
exercé dans l'intérêt public par une
autorité publique et les
propriétaires toucheraient un taux moyen de profit sans exercer
de contrôle direct sur les opérations et leur objectif.
D'autres facteurs cruciaux en ce qui concerne le monopole pourraient
alors être abordés, en particulier sa comptabilité
et la réclamation des gouvernements à la valeur que les
travailleurs produisent de même que, dans un sens plus large, le
contrôle des prix de gros et des importations et des exportations
et le développement d'une relation stable positive entre l'offre
et la demande au sein de l'économie nationale.
La séparation du contrôle et de la
propriété n'est pas si farfelue compte tenu du fait que
la plupart des grandes entreprises sont dirigées par des cadres
professionnels qui ne sont pas propriétaires directs autrement
que par les actions qui leur sont données en tant que pots-de-
vin pour qu'ils
suivent ligne de pensée centrée sur le capital et
adoptent l'intérêt étroit des propriétaires.
La plus grande partie de la propriété des monopoles est
détenue sur une base très large. Si le capital de la
société est coté sur le marché boursier, la
propriété est partagée parmi les compagnies ou les
institutions qui possèdent les actions. À leur tour, ces
institutions sont détenues par d'autres sociétés,
et le tout forme l'oligarchie financière mondiale qui domine
l'économie et le pays. La question clé en ce qui
concerne le contrôle est de transformer le but, qui est
présentement de servir les intérêts privés
étroits et l'édification d'empire en un but qui est de
servir l'intérêt public pour le plus grand bien d'une
économie diversifiée stable qui contribue à
l'édification nationale afin de garantir les droits de tous.
La propriété de US Steel
La propriété de USS existe dans la
propriété des actions et la propriété de la
dette. Les mêmes propriétaires peuvent détenir et
détiennent les actions et la dette comme c'est le cas avec USS.
Les deux groupes de propriété, qui se chevauchent,
exercent
une influence dans le choix des administrateurs et des dirigeants d'une
entreprise afin d'assurer que « leurs gens » sont
nommés à des postes de contrôle.
Dans le cas de USS, la propriété
d'actions et de dette en valeur monétaire est à peu
près égale dépendant du prix de l'action de USS.
Les prêteurs détiennent environ 2,5 milliards $
de la dette de USS. Les actions totalisent à l'heure actuelle
environ 2,7 milliards $ mais ont récemment
chuté en dessous du total de la dette.
Le chevauchement entre l'action et la
propriété de la dette provient du fait que la plus grande
partie de la propriété des fonds et de la dette des
monopoles est institutionnelle et répartie largement parmi
l'oligarchie financière. Les institutions sont
généralement un type d'entreprise
financière ou de fond d'investissement qui contrôle et
gère la richesse sociale des individus riches et pas si riches
par le biais du système bancaire, de pension et
d'épargnes. La richesse sociale totale est
contrôlée par ce qu'on pourrait appeler de manière
générique les Fonds
de contrôle de la richesse sociale (FCRS). Ces FCRS, qui sont des
banques, des compagnies d'assurance, des fonds de placement
spéculatifs et mutuels, des fonds de pension, etc, investissent
l'argent qu'ils contrôlent par l'entremise du système
impérialiste d'États de manière à renforcer
leurs intérêts privés et l'édification
d'empire. Cela donne à ces FCRS un contrôle et une
influence énorme sur les opérations de la plupart des
compagnies que ce soit par les actions ou la propriété de
la dette et sur toute l'économie et la politique partout
où ils
sont actifs.
Dans le cas de USS, 329 investisseurs
institutionnels détiennent plus de 77 % des actions.
Presque toutes les institutions sont des FCRS qui investissent dans les
actions, prêtent de l'argent et se livrent à toutes les
pratiques parasitaires mises au point par l'oligarchie
financière. Plusieurs ont
été fortement impliquées dans des manigances
corrompues qui ont donné lieu à des condamnations
pénales ou ont au moins accepté des sanctions des
gouvernements pour des actes répréhensibles
évidents. Les actions, et la dette, qu'ils détiennent
dans USS et
d'autres entreprises sont constamment vendues et achetées
à nouveau par eux-mêmes et par d'autres. Un prix volatile
de l'action est une occasion de faire un gros coup d'argent.
Les mêmes monopoles, tels JPMorgan Chase qui
détient 16 % de toutes les actions en circulation de
USS, UBS, Morgan Stanley, Deutsch Bank etc, qui achètent et
vendent des actions et la dette de USS, publient constamment de
l'information aux investisseurs pour augmenter le prix de l'action ou
le
diminuer. Deux rivaux avec des ordres du jour en apparence
différents en ce qui a trait à l'achat et à la
vente des actions de USS, JPMorgan Chase et UBS, ont récemment
publié des évaluations de l'action totalement
opposées à deux jours d'intervalle.
Une chose est certaine, c'est que la volatilité
des prix des actions est leur pain quotidien car les investisseurs
achètent ou vendent et les FCRS font de l'argent soit
directement, soit par le biais des frais d'usagers en tant que
courtiers. Tout cela n'a rien à voir avec la construction d'une
économie stable qui sert
l'édification nationale, et c'est précisément ce
problème que nous avons connu avec le contrôle de Stelco
par US Steel,.
Le contrôle sur les
industries de base dans l'économie doit être retiré
des mains de l'oligarchie financière et de son
édification d'empire. Un contrôle public amènerait
une nouvelle direction et un nouveau but qui nous libéreraient
des intérêts privés et des
dommages qu'ils causent et de leur refus et de leur incapacité
à résoudre les problèmes. L'ancienne direction est
clairement exprimée par l'histoire récente de l'ancienne
Stelco et les actions de U.S. Steel aux États-Unis, une histoire
faite de destruction de l'industrie et non de son
édification par la résolution des problèmes
fondamentaux de l'édification nationale.
Une nouvelle direction doit être trouvée
et on pourrait par exemple mettre des autorités publiques en
charge des industries de base et ayant la responsabilité sociale
de résoudre les problèmes dans l'intérêt
public pour s'assurer que les monopoles particuliers servent l'ensemble
de
l'économie et jouent un rôle important comme celui de
produire de l'acier, dans le cas de Stelco, pour combler la demande
apparente du Canada. Les propriétaires, sous forme de dette et
des actions, pourraient se voir accorder une réclamation
à la valeur que les travailleurs produisent selon un taux moyen
national de rendement, mais ils seraient privés de tout
contrôle direct sur les usines.
L'autorité publique en position de
contrôle serait guidée par un nouveau but, celui de servir
l'intérêt public et de renforcer l'économie pour
l'édification nationale. Le peuple, en particulier les
travailleurs oeuvrant directement pour un monopole, serait
chargé d'assurer que le nouveau
but est suivi fidèlement.
Les fonds contrôlant la richesse sociale
détenant des actions dans U.S. Steel
Voilà ci-dessous la liste des principales
institutions détentrices d'actions de U.S. Steel, les Fonds de
contrôle de la richesse sociale (FCRS), avec le nombre d'actions
détenues.
Nombre total d'actions en
circulation : 146 284 894,00
Évaluation à 18,49 $ par action
le 26 avril : 2 704 807 690,06 $
Actions détenues par les 329
FCRS : 113 943 643 (77,82 %)
évaluées
à 2 106 817 959,07 $
Une majorité des actions institutionnelles
(23 416 059) est détenue par JPMorgan Chase, un
propriétaire traditionnel de U.S. Steel. Bien sûr,
JPMorgan est aussi un grand prêteur tout comme la plupart des
institutions propriétaires. Tous les propriétaires dans
la liste sont des FCRS.
La plupart sont détenteurs d'actions et de dette. Ils se donnent
eux-mêmes le nom de banques, de fonds de placement
spéculatifs ou d'investissements ou de fiducies détenant
parfois des fonds de pension. Ils contrôlent tous une
énorme quantité de richesse sociale qui est
utilisée pour enrichir
l'oligarchie financière, consolider les privilèges de
classe et diriger l'économie pour servir les
intérêts étroits et l'édification mondiale
d'empire. La liste ci-dessous inclut seulement les 45 premiers
FCRS des 329 par ordre du nombre d'actions à la fin
de 2015. La liste
complète peut être consultée ici.
Compagnie
|
Actions
|
JP Morgan Chase
& Co
|
23
416
059
|
Fairpointe Capital
LLC
|
9
777
866
|
Vanguard Group Inc
|
9
518
759
|
State Street Corp
|
5
202
522
|
Blackrock Fund
Advisors
|
4
936
081
|
Amerigo Asset
Management
|
4
386
242
|
Blackrock
Institutional Trust Company, N.A.
|
4
188
640
|
Morgan Stanley
|
4
032
639
|
Susquehanna
International Group, LLP
|
3
376
294
|
Hodges Capital
Management Inc.
|
2
673
689
|
Capital Research
Global Investors
|
2
486
000
|
Luminus Management
LLC
|
2
143
083
|
Dimensional Fund
Advisors LP
|
2
098
047
|
Bank of New York
Mellon Corp
|
1
689
371
|
AQR Capital
Management LLC
|
1
679
479
|
Norges Bank
|
1
513
820
|
Ameriprise Financial
Inc
|
1
382
593
|
Northern Trust Corp
|
1
278
243
|
Goldman Sachs Group
Inc
|
1
259
526
|
Deutsche Bank AG
|
1
198
783
|
UBS Group AG
|
972
539
|
Credit Suisse AG
|
883
963
|
Geode Capital
Management, LLC
|
844
472
|
Managed Account
Advisors LLC
|
776
504
|
Two Sigma
Investments LLC
|
764
933
|
Allianz Asset
Management AG
|
598
366
|
First Trust Advisors
LP
|
572
672
|
Bank of America Corp
/DE/
|
539
329
|
Vollero Beach
Capital Partners LLC
|
527
066
|
Blackrock Investment
Management, LLC
|
500
526
|
California Public
Employees Retirement System
|
495
600
|
Price T Rowe
Associates Inc /MD/
|
490
149
|
Tiaa Cref Investment
Management LLC
|
461
646
|
Principal Financial
Group Inc
|
439
335
|
State of New Jersey
Common Pension Fund D
|
425
000
|
QS Investors, LLC
|
401
595
|
Schwab Charles
Investment Management Inc
|
393
704
|
Creative Planning
|
390
192
|
Wells Fargo &
Company/MN
|
384
267
|
American
International Group Inc
|
365
479
|
Nomura Holdings Inc
|
360
593
|
BBT Capital
Management, LLC
|
360
000
|
Barclays PLC
|
351
320
|
New York State
Common Retirement Fund
|
334
000
|
KCG Holdings, Inc.
|
315
134 |
(Source : NASDAQ)

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