Le Marxiste-Léniniste

Numéro 51 - 14 décembre 2015

Oui au droit public! Non au droit de monopole!

Les travailleurs de l'acier n'ont pas besoin du financier Ed Clark pour décider à leur place


Oui au droit public! Non au droit de monopole!
Les travailleurs de l'acier n'ont pas besoin du financier Ed Clark pour décider à leur place
L'élite capitaliste au pouvoir prétend pouvoir penser pour la classe ouvrière
La nomination de Clark ne sert aucun but utile


Oui au droit public! Non au droit de monopole!

Les travailleurs de l'acier n'ont pas besoin du financier Ed Clark pour décider à leur place

Ce sont les travailleurs de l'industrie de l'acier qui doivent mener la discussion sur la direction qu'elle doit prendre. Les métallos, les salariés, les fournisseurs et les autres personnes liées à l'industrie sont les mieux placées pour connaître ses problèmes et ses perspectives d'avenir. Tout gouvernement qui se respecte doit mobiliser les travailleurs d'une industrie donnée pour mener l'analyse et la discussion sur son avenir.

La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne a fait le contraire. Elle a nommé l'activiste de longue date du Parti libéral et riche banquier Ed Clark pour examiner les perspectives d'avenir de ce qui reste de l'ancienne Stelco et de l'industrie canadienne de l'acier. Cette nomination bloque la participation des travailleurs à l'examen par le gouvernement de l'industrie de l'acier et va la rendre inutile et même nuisible. Elle deviendra en fait une entrave à une enquête et une discussion publique sérieuse.

Ed Clark est un membre bien connu de l'oligarchie financière qui a toujours préconisé ouvertement l'ordre du jour néolibéral de privatisation et été au service des propriétaires de grande richesse sociale. Sa nomination par le gouvernement de l'Ontario rappelle celle du banquier Don Drummond il y a plusieurs années pour préparer un rapport sur les services publics de l'Ontario afin de justifier un ordre du jour d'austérité antisociale dans la province. Drummond avait fait le travail demandé et cela avait contribué à aggraver la situation économique de la province. On est en droit de se demander quel plan antisocial les partis libéraux fédéral et provincial ont déjà manigancé pour absoudre US Steel de ses obligations envers les métallos, les retraités et les communautés qui dépendent de l'acier.

Ed Clark, activiste du Parti libéral et membre de l'oligarchie financière

Ed Clark dirige en ce moment le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux de l'Ontario. Le Conseil s'est rendu tristement célèbre par sa proposition du programme de pillage de privatisation d'Hydro One Ontario. Clark et son Conseil appellent à encore plus d'austérité néfaste pour le peuple et à la remise des plus grands avoirs publics aux riches investisseurs mondiaux afin d'en faire une source de profit privé pour eux et de les aider à consolider leur mainmise sur l'économie et leur privilège de classe.

Ed Clark est le PDG à la retraite du Groupe Banque TD. Il siège sur le conseil d'administration de l'institut C.D. Howe, un forum de propagande néolibéral des monopoles bien connu pour ses études pseudo-scientifiques et antiouvrières qui font la promotion, entre autres choses, de la privatisation des avoirs publics pour enrichir l'élite et de l'austérité et de l'abaissement du niveau de vie pour le peuple. La privatisation de Postes Canada et de la collecte des déchets dans le grand Toronto sont deux des causes préférées de l'institut.

Clark fait aussi partie du comité directeur du Groupe Bilderberg, un groupe qu'ont formé certains des individus les plus riches et les plus puissants des pays impérialistes et qui tient des sommets annuels secrets auxquels sont conviés, par invitation seulement, les représentants de gouvernements et d'autres individus triés sur le volet pour faire avancer les plans de construction d'empires.

De 1974 à 1984, Clark a occupé de hautes fonctions au gouvernement fédéral libéral du premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

Sa carrière dans les entreprises financières privées :

En 1985, Clark s'est joint à Merrill Lynch et est devenu PDG de Morgan Financial Corporation en 1988.

En 1991, il est devenu le PDG de Canada Trust Financial Services Inc. et a organisé son acquisition par la Banque TD en 2000.

Pour services rendus à l'expansion de l'empire TD, Clark a été nommé président du Groupe Banque TD et PDG de TD Canada Trust.

De 2002 à 2014, Cark a été le PDG du Groupe Banque TD.

En un an, Clark, en tant que PDG de Banque TD, a réclamé pour lui-même 15 188 391 $ des profits réalisés de la banque en 2009. Cette réclamation en un an aux profits de la banque est en sus d'autres réclamations aux profits d'autre richesse sociale dont il était propriétaire à ce moment là.

En 2014, Clark s'est joint au comité directeur de l'organisation impérialiste américaine Brookings Institution.

C'est pendant cette même année qu'il a été nommé à la présidence du Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux (de l'Ontario).

En 2015, Clark a organisé la privatisation partielle d'Hydro One et de la vente de la bière en Ontario. Ces privatisations vont causer une perte substantielle de revenus au trésor public de la province en détournant ce qui était une réclamation publique à la valeur ajoutée réalisée vers des intérêts privés.

La vente d'Hydro One sous forme d'actions détenues par des entités privées est très payante pour les acheteurs des actions et pour les entreprises financières qui mettent sur le marché boursier capitaliste une plus grande part d'Hydro One.

(Source : Ontario Political Forum)

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L'élite capitaliste au pouvoir prétend pouvoir penser pour la classe ouvrière

Lorsque le gouvernement libéral de l'Ontario a nommé le riche banquier Ed Clark pour « examiner les perspectives qui s'offrent aux opérations de l'ancienne Stelco et à l'industrie de l'acier de l'Ontario dans son ensemble », les médias de Hamilton ont tout de suite salué la nomination et appelé tout le monde à retenir son souffle dans l'attente d'une solution. Le Hamilton Spectator a publié de grands titres suggérant qu'une économie post-acier est déjà en vue, ce qui veut dire adieu au secteur local de l'acier. « Les malheurs de l'acier : appelez Ed, il va trouver une solution pour US Steel » ; « Le point de vue du Spectator : à la recherche d'une ville post-acier » ; « Nous accueillons toute suggestion de la part d'Ed Clark ».

Dans son enthousiasme enfantin, le Spec écrit : « Une vraie bonne nouvelle que le gouvernement de l'Ontario ait demandé à l'ancien président de Groupe Banque TD d'examiner l'avenir des opérations de l'ancienne Stelco à Hamilton et de l'industrie de l'acier de la province dans son ensemble ».

Cette manoeuvre du gouvernement libéral vise à placer la classe ouvrière dans une position de passivité. L'élite capitaliste au pouvoir veut que les travailleurs attendent que Clark produise son rapport puis lui répondent, se mettant ainsi dans une mauvaise position. Au lieu d'assumer leur rôle de dirigeants de la société, les travailleurs qui sont les vrais producteurs de toute la valeur et devraient décider de la direction de l'économie et la contrôler sont censés exprimer leur accord ou leur désaccord avec ce que l'élite capitaliste au pouvoir dit et propose.

La classe ouvrière doit diriger la société et donner son point de vue sur comment l'économie et la société peuvent et doivent aller de l'avant sous une nouvelle direction prosociale, sans quoi le secteur de l'acier et l'économie vont continuer de connaître crise après crise. La classe ouvrière, et dans ce cas-ci les travailleurs de l'industrie de l'acier et tous ceux qui en dépendent, est tout à fait capable de formuler ses propres points de vue et son propre ordre du jour pour trouver une solution à la crise actuelle. La classe ouvrière peut ensuite informer le peuple de ses points de vue et mobiliser l'opinion publique autour d'une nouvelle direction. En agissant ainsi, elle force l'élite dirigeante et le gouvernement à répondre à son ordre du jour prosocial et non l'inverse, où les travailleurs doivent toujours répondre aux attaques qui leur sont faites, ce qui les met dans une position passive et subordonnée et aggrave leur situation.

L'enquête de Clark n'est pas une enquête

La soi disant enquête menée par Clark sur l'industrie de l'acier est une façon de mettre la classe ouvrière sur la défensive en l'amemant à répondre à telle ou telle proposition idiote de l'élite au pouvoir. La classe ouvrière sait déjà ce qu'Ed Clark va dire. Il ne connaît rien au secteur de l'acier sauf que ce peut être une bonne affaire pour les institutions financières privées. Clark va proposer ce qui favorise l'oligarchie financière. Il ne va rien dire ou proposer qui traite du problème de l'édification d'une industrie de l'acier souveraine qui satisfait aux besoins de l'économie et du peuple.

La classe ouvrière est capable de faire sa propre analyse et de proposer des solutions prosociales et de demander que son ordre du jour soit adopté pour qu'on en arrive à un équilibre qui est viable. L'élite capitaliste au pouvoir devrait être forcée de répondre à l'analyse et aux solutions de la classe ouvrière et non l'inverse. C'est un problème que la classe ouvrière doit résoudre. Elle souffre en ce moment d'un refus de diriger et la tendance à laisser l'élite capitaliste dirigeante penser pour elle fait partie de cette faiblesse. La classe ouvrière a la capacité intellectuelle et l'expérience de l'économie socialisée qui lui permettent de mettre de l'avant une nouvelle direction prosociale et elle a pour elle la force, le nombre et la motivation pour mobiliser le peuple pour donner vie à cette nouvelle direction.

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La nomination de Clark ne sert aucun but utile

La destruction par US Steel de l'ancienne Stelco n'est pas un mystère. Les faits sont bien connus. Les Canadiens demandent qu'on élabore et qu'on mette en oeuvre une nouvelle direction vers une industrie de l'acier souveraine et qu'on demande réparation à US Steel pour les crimes qu'il a commis. On n'a a pas besoin d'une nouvelle version néolibérale des opinions de US Steel sur ce qu'il a fait au Canada. Il faut tout de suite s'attaquer à la question des fonds de pensions de Stelco, des avantages sociaux à la retraite qui viennent d'être éliminés, et au renouvellement de la capacité de Stelco de produire de la valeur à Hamilton et Lake Erie.

Ed Clark est un expert en « solutions » néolibérales. Lui et son collègue banquier Don Drummond ont causé un désastre au peuple en poussant l'économie de l'Ontario vers plus d'austérité et de crises. Il ne peut pas proposer de solution prosociale aux problèmes pressants de Stelco parce que cela irait à l'encontre des intérêts privés étroits des entreprises financières à qui il doit sa fortune personnelle et son privilège de classe.

Les entreprises financières privées font entrave à une nouvelle direction. Les banques privées font leur argent à même l'insécurité populaire. Il n'y a qu'à voir leurs publicités. Les institutions financières privées, dont les compagnies d'assurances, adorent l'insécurité populaire parce qu'elles en vivent. Dans notre monde moderne, les entreprises financières privées ne servent aucun but utile. Elles sont un fardeau pour l'économie. Par contre, une banque publique aurait d'emblée les ressources nécessaires pour investir dans le renouvellement de la capacité productive d'Hamilton Works et de Lake Erie Works. Cet investissement éliminerait la pression sur les fonds de pensions et les avantages sociaux à la retraite parce que la valeur future serait garantie. Cela soulagerait les retraités et les travailleurs actifs d'une partie de leur anxiété au sujet de leur sécurité et cela encouragerait les autres Canadiens à élaborer et mettre en pratique des solutions prosociales. Cela démontrerait concrètement que les entreprises financières privées sont caduques et ne servent aucun but utile dans un Canada moderne. Ed Clark, Don Drummond et le gouvernement libéral seraient bien sûr furieux parce qu'une nouvelle direction prosociale de l'économie ne serait pas au service de leur privilège de classe ou de leur fortune personnelle.

La classe ouvrière ne demande pas de faveurs, de subsides ou d'accolades de l'élite capitaliste au pouvoir. Dans la situation actuelle, la classe ouvrière veut travailler et produire de la valeur et s'assurer par son travail sa sécurité dans une situation d'équilibre avec l'élite capitaliste au pouvoir. Cela veut dire que ceux qui sont au pouvoir doivent reconnaître comme légitimes les points de vue et les demandes de la classe ouvrière. Si l'élite au pouvoir veut que les travailleurs produisent de la valeur à laquelle elle réclame des profits, et pour que l'économie puisse fonctionner, il faut qu'elle accepte un ordre du jour prosocial et une situation d'équilibre avec la classe ouvrière.

Une direction prosociale ne requiert pas le renversement du système capitaliste mais elle requiert que l'élite au pouvoir renonce à voir le droit de monopole supplanter le droit public et renonce à son saccage de l'économie et à ses attaques contre le bien-être et la sécurité du peuple. L'élite au pouvoir doit en venir à un accord avec la classe ouvrière, lequel reconnaît le droit public et le désir du peuple d'une économie prosociale qui subvient à ses besoins, qui sert ses intérêts et lui permet de vivre dans la dignité à un niveau de vie canadien.

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