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Numéro 43 - 21
novembre 2015
Le gouvernement de l'Alberta
dépose son budget
L'alternative est dans la politique
indépendante de la classe ouvrière
Le
gouvernement de l'Alberta dépose son budget
• L'alternative est dans la politique
indépendante de la classe ouvrière
• Un budget prosocial, l'alternative aux
«solutions» néolibérales - Peggy
Morton
Réactions au
budget
• Analyse du budget 2015 pour les membres du
Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta
Le gouvernement de l'Alberta
dépose son budget
L'alternative est dans la politique
indépendante de la classe ouvrière
Le budget de l'Alberta déposé le 27
octobre révèle que l'Alberta a besoin de nouvelles
sources de revenus tirées de l'économie pour assumer ses
responsabilités sociales envers la population de la province.
Dans le numéro du 4 novembre du Marxiste-Léniniste, la
question
est soulevée : « On lit dans son
communiqué
que ' le budget 2015 adopte une approche prudente et responsable de la
gestion des finances du gouvernement, réduisant progressivement
le déficit sans coupes drastiques dans les services de
première ligne dont dépendent les Albertains '. On voit
que le gouvernement considère le budget dans le cadre habituel
selon lequel les budgets sont une
question de taxes, de dépenses et de déficits et le
dilemne entre un budget équilibré ou
déficitaire. »
L'oligarchie financière intensifie la pression
sur le gouvernement néo-démocrate pour qu'il s'engage
dans la même voie que les gouvernements libéraux en
Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique et s'attaque aux
travailleurs du secteur public, coupe les services et privatise les
biens publics. Ces gouvernements sont maintenant rejoints
par le gouvernement libéral à Ottawa dont les nominations
au cabinet indiquent la direction qu'il va prendre, soit la poursuite
des privatisations et l'utilisation des « partenariats
publics-privés » (PPP) pour le développement
des infrastructures.
Le NPD de l'Alberta s'est opposé à
la privatisation des avoirs publics et à l'utilisation des PPP
pour le développement des infrastructures. Après avoir
été élu en mai 2015, il a arrêté la
privatisation des laboratoires des hôpitaux d'Edmonton. Le
ministre de l'Infrastructure Brian Mason a déclaré le 11
novembre que le gouvernement a procédé à
un examen des PPP pour évaluer leur pertinence en Alberta. Le
gouvernement subit sans doute la pression énorme des monopoles
mondiaux les plus puissants qui méprisent le NPD pour son refus
d'adopter le programme de privatisation des riches.
Le NPD est également attaqué par les
riches parce qu'il n'a pas imposé un gel sur les dépenses
des services publics et des programmes sociaux. Cette attaque contre le
gouvernement est un assaut contre les droits des Albertains aux soins
de santé, à l'éducation, aux pensions, aux soins
aux aînés et aux services offerts aux plus
vulnérables. C'est
un assaut contre les travailleurs qui fournissent ces services et
contre leur droit à des salaires et à des conditions qui
correspondent au travail qu'ils font et à leurs qualifications.
L'assaut néolibéral procède par la
présentation d'une série d'options qui sont
décidées par les monopoles. Le peuple est censé
choisir ces options selon un ordre de préférence. Les
choix fondamentaux qui sont présentés sont des
compressions dans les services publics, des déficits publics au
profit des prêteurs privés ou une combinaison des
deux. Les augmentations des impôts ne sont jamais loin comme une
menace à être brandie si ces deux options ne sont pas
acceptées.
Ces options ne présentent pas de solution aux
problèmes de l'économie. Nous, les travailleurs, devons
rejeter avec mépris les prétentions des monopoles
mondiaux que le néolibéralisme et ses programmes
antisociaux d'austérité sont la seule voie possible. Nous
pouvons tous voir de nos propres yeux qu'il n'y a aucune solution dans
ce monde de
déficits publics au profit des riches versus des compressions
dans les programmes sociaux. Il nous faut une approche prosociale qui
vise l'augmentation des revenus au sein de l'économie.
L'alternative est dans la politique indépendante de la classe
ouvrière qui prend position en faveur de solutions prosociales
et met de l'avant ces solutions pour
discussion. Il n'y a pas d'autre force politique qui va le faire.
Alberta Worker va contribuer de son mieux
à cette discussion. Dans ce numéro, nous discutons de
deux options présentées dans le numéro du 4
novembre 2015 du LML. Elles consistent à restaurer le
rôle de la Banque du Canada et à investir dans
l'entreprise publique.
Joignez-vous
à
la discussion ! Disons non aux
« options » proposées par les riches !
Élaborons nous-mêmes nos positions et développons
la politique indépendante de la classe ouvrière !

Un budget prosocial, l'alternative
aux «solutions» néolibérales
- Peggy Morton -
Le gouvernement devrait contester
l'exigence qui est faite aux provinces d'emprunter de banques et
d'institutions financières privées. La Banque du Canada a
été fondée en 1934 en vertu de la Loi sur la
Banque du Canada en tant que société privée.
En 1938, la Banque est devenue une société d'État
qui appartient au gouvernement
fédéral. La Loi sur la Banque du Canada
autorise le gouvernement fédéral à emprunter de
l'argent de la Banque du Canada, essentiellement sans
intérêt, et à mettre des fonds à la
disposition des gouvernements provinciaux et municipaux. C'est cet
arrangement qui a servi à financer les travaux publics pendant
la grave crise économique
des années 30 et à financer les dépenses
militaires du Canada au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
Ces arrangements ont perduré jusqu'au début des
années 1970. Depuis ce temps-là, les gouvernements ont
emprunté d'institutions financières privées au
pays et à l'étranger, ce qui a créé une
énorme dette publique envers les intérêts
privés et
un transfert de la richesse sociale du trésor public vers les
entreprises privées au pays et à l'échelle
internationale.
Tandis que le gouvernement emprunte présentement
des institutions financières privées aux taux
d'intérêt en vigueur, les banques privées peuvent
se tourner vers la Banque du Canada et d'autres institutions
gouvernementales pour des mesures de sauvetage. Le Centre canadien de
politiques alternatives (CCPA) estime que les cinq plus
importants membres de l'oligopole bancaire canadien, RBC, Banque TD,
BMO, CIBC et Scotiabank, ont reçu collectivement au bas mot 114
milliards de dollars d'institutions d'État canadiennes et
étasuniennes. C'est ce qui les a empêché de couler
suite aux pertes encourues lors de la crise économique qui a
éclaté en 2008. De ce montant, 31
milliards $ ont été fournis par la Banque du
Canada.[1]
Les paiements assignés au service de la dette, en
particulier l'intérêt composé, privent les
gouvernements d'un revenu qui pourrait être investi dans les
programmes sociaux et les services publics, mais ils sont profitables
et sécuritaires pour les grandes banques et les institutions
financières. Celles-ci sont payées deux fois :
d'abord en
paiement d'intérêts, ensuite par le biais des subsides et
des mesures incitatives qu'elles exigent des gouvernements et qui sont
versés à même le trésor public. Les
provinces n'ont aucune raison valable de ne pas presser le gouvernement
fédéral d'avoir de nouveau recours à la Banque du
Canada pour fournir du financement à tous les niveaux de
gouvernement, en particulier des prêts sans intérêt,
comme elle l'a fait entre 1935 et 1970. Cela permettrait de conserver
une grande partie des emprunts et du remboursement de la dette au sein
du secteur public. Si le gouvernement fédéral venait
à refuser, Québec et les provinces auraient l'option de
mettre en place leurs propres institutions
financières. (La création d'institutions
financières dans le but de répondre aux besoins des
Canadiens et aux besoins de financement de tous les niveaux de
gouvernement fera l'objet d'un article ultérieur.)
Investir dans l'entreprise publique
Le récent budget de l'Alberta alloue de petites
subventions (5 000 $ par nouvel employé) aux petites
entreprises et aux ONG qui embauchent de nouveaux employés. Le
Parti Wildrose s'est soulevé contre cela en disant que cela
ouvre la porte aux abus et aux doubles déductions. La
solution proposée par le chef de Wildrose, Brian Jean, est de
verser davantage d'argent directement aux entreprises sans obligation
aucune de leur part.
La qestion qui n'est pas soulevée,
c'est pourquoi les fonds publics devraient être mis à la
disposition des intérêts privés. Une alternative
serait de mettre sur pied des entreprises publiques où la valeur
réalisée produite par les travailleurs serait l'objet de
seulement deux réclamations, celles des travailleurs et celles
du gouvernement. Avec la mise
sur pied d'entreprises publiques, la réclamation que font les
propriétaires privés à la richesse sociale pour le
profit serait presque éliminée et la plus grande partie
de la valeur ajoutée irait au trésor public et servirait
à l'intérêt général de la
société.
Cette perpective est riche en possibilités et
plusieurs propositions pourraient être mises de l'avant pour
développer l'entreprise publique. Par exemple, Edmonton a un
secteur de recherche médicale florissant qui a permis
d'importants progrès dans différents domaines, dont le
traitement du diabète, de l'hépatite et d'autres
maladies. En ce
moment, la recherche est faite par des institutions financées
par des fonds publics fournis par des agences subventionnaires
publiques. Le fruit de leurs recherches, cependant, est refilé
aux monopoles pharmaceutiques pour une bouchée de pain. Ils
touchent des profits faramineux tout en acculant à la faillite
le système de santé et en refusant aux
gens qui n'ont pas la capacité de payer les médicaments
dont ils ont besoin. En mettant sur pied des entreprises publiques
albertaines qui mettraient en marché de nouveaux
médicaments et équipements médicaux, on ferait
oeuvre de pionnier pour le reste du Canada.
L'entreprise publique qui facilite la recherche et
développe des sources d'énergie alternatives qu'elle
valorise, raffine et transforme a un brillant avenir. L'Alberta
possède les travailleurs et les professionnels qui ont les
compétences et les connaissances nécessaires pour relever
le défi. On devrait fournir du financement aux syndicats, aux
associations et aux organisations professionnelles pour qu'ils mettent
de l'avant des propositions visant à stimuler l'entreprise
publique pour qu'elle bâtisse des industries
manufacturières qui sont prémunies contre les
fluctuations dramatiques du secteur privé et contribuent
à l'édification nationale. L'entreprise publique est
l'une des étapes
nécessaires qui permettent au peuple de contrôler ce qui
est produit et comment c'est produit et de réaliser et
d'utiliser la valeur ajoutée dans l'intérêt
général de la société.
Pout faire croître le secteur public, il faut
aussi renverser la vapeur en ce qui concerne la privatisation des
services publics et les compressions imposées aux programmes
sociaux. Dans des articles à venir, nous allons discuter de
façons modernes de réaliser la valeur qui est
créée dans le secteur public au sein des unités
économiques qui en consomment la valeur. Il faut aussi discuter
de la nécessité d'établir une autorité
publique qui
va déterminer les prix de production des biens indispensables,
dans le secteur énergétique par exemple. Pour que ces
prix soient traduits en prix de gros sur le marché domestique et
international, le gouvernement a besoin d'une autorité publique
qui gouverne le secteur de gros, en commençant par le secteur
énergétique.
Note
1. Le
Marxiste-léniniste, 3 juin 2012

Réactions au budget
Analyse du budget 2015 pour les membres du Syndicat des
employés provinciaux de l'Alberta
Dans son communiqué 29 octobre, le Syndicat des
employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) écrit ceci au
sujet du budget :
« Mardi, le ministre des Finances de
l'Alberta Joe Ceci a présenté le premier budget du
gouvernement NPD. Ce budget fournit un plan à long terme pour
aider à stabiliser et stimuler l'économie affaiblie de
l'Alberta, créer et protéger des emplois et investir dans
les infrastructures qui en ont cruellement besoin.
« Le gouvernement a déposé des
augmentations responsables aux services gouvernementaux, soins de
santé et en éducation postsecondaire. Ce sont des
domaines où des milliers de membres de l'AUPE fournissent
fièrement quotidiennement les services cruciaux dont les
Albertains ont besoin.
Les services gouvernementaux
« Le gouvernement a déclaré
qu'une de ses priorités clés est de stabiliser les
services de première ligne. C'est une bonne chose compte tenu
des attaques qui ont été faites ces dernières
années par les gouvernements précédents.
« Le budget prévoit une augmentation
moyenne du financement des opérations ministérielles
à 2,75 % mais ce ne sont pas tous les ministères qui
verront une augmentation. C'est quelque chose qu'AUPE suivra de
près. Il est extrêmement important, surtout pendant les
périodes de ralentissement économique, d'investir de
manière
responsable dans les services publics dont dépendent les
Albertains.
« Alors que le budget fait un effort pour
protéger et stabiliser les lignes de front, nous savons que les
travailleurs de première ligne sont déjà
surchargés de travail. L'AUPE continuera d'appuyer le
gouvernement pour remédier à ces pressions accrues qui
viennent du fait que la province est en pleine expansion.
Soins de santé
« Le budget prévoit un financement
prévisible à long terme dans de nombreux domaines des
soins de santé. Alors que plus de 52 000 membres de l'AUPE
travaillent dans le secteur public, sans but lucratif et des soins de
santé privés à l'échelle provinciale, cet
investissement est des plus à point et apporte
une bouffée d'air frais.
« Le budget annonce le financement de plus
d'espaces de soins de longue durée et un meilleur financement
pour les soins à domicile, la santé des
aînés et la santé mentale. On peut s'attendre
à ce que le nombre de travailleurs de première ligne
augmente à long terme.
« Toutefois, près de 40 000 membres de
l'AUPE travaillant dans les services de santé de l'Alberta sont
toujours sans contrat de travail. Afin de mettre pleinement en oeuvre
son plan pour stabiliser les services de première ligne, le
gouvernement doit demander au ministère de la Santé de
l'Alberta de se présenter à la table de
négociation
avec un mandat pour un contrat équitable. Nous allons continuer
d'exhorter le gouvernement à le faire.
Éducation postsecondaire
« Nous apprécions que le financement
des collèges et des universités augmentera de 5,5 %
et que le budget opérationnel d'ensemble de l'éducation
avancée augmentera de 2 %. Cette saine augmentation est une
excellente nouvelle pour les membres de l'AUPE et les institutions pour
lesquelles ils travaillent. Elle contribue également à
compenser une partie du terrain perdu sous l'ère Redford. Par
ailleurs, d'autres augmentations sont prévues pour les deux
prochaines années, ce qui aidera à protéger les
emplois.
« Ceci, couplé avec les consultations
en cours entre les établissements postsecondaires et le
gouvernement, montre l'importance que le gouvernement accorde à
l'éducation postsecondaire [...]
« Dans l'ensemble, le budget 2015 est un vent
d'air frais par rapport aux budgets de terre brûlée que
nous avons vus dans le passé. Les politiques irresponsables
mises de l'avant par d'anciens gouvernements ont fait mal à la
province et contribué à pousser l'Alberta dans la
situation financière difficile dans laquelle elle se trouve.
« La province doit encore s'attaquer aux
sérieuses lacunes qui maintiennent l'Alberta dans un état
incertain en ce qui concerne les revenus. Nous espérons que cela
sera abordé dans un avenir proche.
« En général, le premier budget
du NPD investit de manière raisonnable dans les emplois, les
services et les infrastructures dans un effort pour réparer les
dommages causés par les administrations
précédentes. »
Note
Pour lire les réactions au budget de la
Fédération du travail de l'Alberta (AFL) et de
l'Association des enseignants de l'Alberta (ATA), lire le numéro du 31
octobre 2015 du TML Weekly (en anglais)

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