Le Marxiste-Léniniste

Numéro 37 - 9 septembre 2015

Fête du travail 2015

Les travailleurs canadiens pour
le renouveau démocratique et une direction prosociale de l'économie


Utilisation scandaleuse de la mort des réfugiés
à des fins bellicistes et électoralistes

Le rôle criminel du Canada dans les affaires internationales
- Philip Fernandez -
Les politiques draconiennes du gouvernement Harper
en matière de citoyenneté et d'immigration


Importants anniversaires et événements
À la mémoire des victimes du fascisme
- Pauline Easton -
La désinformation au sujet de l'invasion de la Pologne
- Hardial Bains -
L'amnésie politique des autorités polonaises
- Valéry Vrublevsky -
La contribution unique de la Chine dans la Deuxième Guerre mondiale
Au sujet de la date du début de la Deuxième Guerre mondiale
Le peuple japonais s'oppose à la résurgence du militarisme et
à la poursuite de l'occupation militaire du Japon par les États-Unis

Fondation de la Corée démocratique le 9 septembre 1948
Le 10e anniversaire de l'ouragan Katrina marqué par
la résistance et la demande de reddition de comptes

- Organisation marxiste-léniniste des États-Unis - 

Note aux lecteurs


Fête du travail 2015

Les travailleurs canadiens pour
le renouveau démocratique et une direction
prosociale de l'économie


La Fête du travail cette année tombe en pleine élection fédérale. Cela donne aux travailleurs qui sont préoccupés par la direction de l'économie l'occasion de faire entendre leur voix et de prendre part à des actions pour le renouveau. Les défis auxquels les travailleurs font face à cause de l'assaut néolibéral généralisé sont grands mais leur capacité à se défendre et à renouveler les conditions politiques, économiques et sociales est plus grande encore. La classe ouvrière moderne est éduquée, elle a l'expérience des affaires politiques, elle est placée stratégiquement au centre de l'économie et a tout à gagner du renouveau démocratique et d'une nouvelle direction prosociale de l'économie.

Bien que les travailleurs soient les véritables producteurs de tous les biens et services et forment la classe sociale de loin la plus nombreuse, on empêche leurs points de vue indépendants et leur projet d'édification nationale d'assumer le pouvoir économique et politique d'État. L'élite capitaliste au pouvoir et ses monopoles mondiaux ont façonné un État néolibéral hostile afin de priver la classe ouvrière de ses droits et de l'empêcher de jouer son rôle historique de faire avancer le pays vers le nouveau. Malgré les obstacles évidents, la classe ouvrière a devant elle la possibilité de terminer la transition d'un pays essentiellement rural reposant sur une petite production dispersée et la famille élargie vers un État moderne urbain qui repose sur la grande production industrielle concentrée dans une économie socialisée aux éléments interreliés, qui subvient à ses besoins, et sur un projet d'édification nationale qui garantit le bien-être et les droits de tous.

L'élite capitaliste au pouvoir a montré qu'elle n'est pas capable de résoudre les problèmes de ce système capitaliste transitoire parce qu'elle refuse de renoncer à son privilège de classe, à ses droits de propriété d'une autre époque et à son contrôle de l'économie socialisée, lesquels sont un héritage du système précédent qui reposait sur la petite production dispersée et la famille élargie. Elle refuse de reconnaître que les forces productives ont profondément changé et que le pays ne repose plus sur le passé rural de pionnier de la petite production. Pour résoudre ses problèmes récurrents, l'économie urbaine socialisée, avec sa grande production industrielle concentrée a besoin de rapports de production socialisés qui sont sous le contrôle et la direction de la classe ouvrière, la classe des vrais producteurs.

L'intransigeance de l'élite au pouvoir à refuser que le peuple soit investi du pouvoir par le renouveau démocratique et une nouvelle direction prosociale de l'économie a plongé le pays dans des crises récurrentes. La domination du Parlement et des élections par les partis politiques cartellisés rivaux, contrôlés par des intérêts privés, a empoisonné l'atmosphère politique et mène tout droit à la corruption et à l'effondrement des vieilles institutions canadiennes, comme on le voit avec le Sénat par exemple. Lorsque le renouveau démocratique est bloqué, l'économie souffre de problèmes non résolus et connaît des récessions récurrentes, la destruction du secteur manufacturier, le chômage de masse chronique et une pauvreté et des problèmes sociaux croissants. Le libre-échange sous contrôle des monopoles et la braderie des ressources et des avoirs du pays aux monopoles mondiaux règnent en maître et le bien-être et la sécurité du peuple de même que ses droits sont sans cesse assiégés et niés par le droit de monopole et ses représentants politiques néolibéraux.

Les formes politiques sont toujours en crise parce que l'élite au pouvoir et ses monopoles mondiaux ont établi leur contrôle privé au sein d'un État néolibéral qui purge le pouvoir d'État de toute autorité publique. Dans ce contexte, l'État néolibéral est constamment en campagne pour privatiser les avoirs publics, détruire les programmes sociaux et les services publics et priver la classe ouvrière et tous les membres de la société de leurs droits saufs les très riches.

La classe ouvrière n'est pas impuissante face à cette situation. En fait, l'imposition de l'État néolibéral montre la faiblesse et l'effort désespéré de l'élite capitaliste pour s'accrocher au pouvoir à tout prix. Les attaques contre ses droits et la soif insatiable de richesses et de pouvoir des riches poussent la classe ouvrière à s'unir et à forger une nouvelle conscience sociale quant au rôle clé qui lui revient, en tant que facteur humain, pour sauver le pays et la société de la ruine.

La classe ouvrière répond aux provocations de l'État néolibéral par son propre projet d'édification nationale. Avec une confiance et une force organisationnelles accrues, elle développe sa politique pratique et ses actions avec analyse. Dans cette élection, les travailleurs avertissent les riches et leurs monopoles qu'ils ne vont pas tolérer leurs politiques d'austérité, de guerre et de destruction nationale. Une défaite décisive des conservateurs de Harper et des libéraux de Trudeau va nous placer dans un face-à-face avec le NPD qui va devoir nous montrer s'il ose agiter le drapeau blanc du pragmatisme suite à son élection et refuser de retirer la loi C-51 et de créer le programme national de garderies qu'il a promis et s'il va ramener nos soldats et nos avions de guerre qui contribuent à l'anarchie et à la violence créées par les guerres prédatrices des États-Unis.

En infligeant une défaite décisive à Harper et aux libéraux, la classe ouvrière va montrer de quelle étoffe elle est faite et sa détermination à bâtir le nouveau. Elle pourra poursuivre sur son élan et occuper l'espace créé par cette victoire pour étendre le mouvement pour le renouveau démocratique et pour une nouvelle direction prosociale de l'économie et mettre de l'avant un audacieux programme d'édification nationale et d'habilitation du peuple, qu'elle va elle-même façonner, discuter et adopter.

Alors mettons tout en oeuvre pour défaire les conservateurs et les libéraux dans cette élection et développer la confiance et la conscience de la classe ouvrière qu'elle est capable de sauver le Canada de la destruction aux mains des néolibéraux, qu'elle a le courage de résister au droit de monopole, de défendre les droits du peuple et de servir l'intérêt public. Laissons derrière toute hésitation et indécision et assumons le rôle central et le contrôle dans le pays. On apprend à faire de la politique et à construire la nation en le faisant. Nouvelle direction prosociale de l'économie et programme politique de renouveau démocratique vont de pair.

Tous pour le renouveau ! Apprenons à agir politiquement par des actes d'organisation et d'engagement conscient dans la politique pratique de la classe ouvrière !

Une nation dynamique et pleine de possibilités cherche à naître et la classe ouvrière en est l'accoucheuse !

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Utilisation scandaleuse de la mort des réfugiés
à des fins bellicistes et électoralistes

Le rôle criminel du Canada
dans les affaires internationales


L'image du petit Syrien de trois ans, Alan Kurdi, échoué la tête dans l'eau sur une plage de la Turquie, a fait le tour du monde le 2 septembre. La photo expose l'inhumanité totale des conditions qui sévissent dans le monde. Pour les Canadiens, elle a aussi mis en lumière l'inhumanité flagrante et le racisme du gouvernement Harper, de même que le rôle criminel que joue le Canada dans les affaires internationales.

On dit que cette crise des réfugiés est la plus grande de l'histoire du monde moderne, plus grande encore que l'exode qu'ont provoqué les ravages de la Deuxième Guerre mondiale.

Dire de cette catastrophe qu'elle est « européenne » ne sert qu'à en cacher la cause. Cette désinformation nie la responsabilité des États-Unis, du Canada et des autres puissances de l'OTAN. Pour ajouter à la diversion, on qualifie de « migrants » ceux qui cherchent refuge contre la guerre, la destruction nationale et l'anarchie déchaînée par les impérialistes américains et les puissances de l'OTAN, dont le Canada, contre l'Irak, la Syrie, la Palestine, la Libye, l'Afghanistan, la Somalie, le Soudan et le Yémen.[1] On suggère que des millions de personnes cherchent à quitter leur patrie en direction de l'Europe pour des raisons économiques, courant volontairement le risque de perdre leur vie en route et mourant de faim ou des conséquences de voyages périlleux en haute mer.[2] On cache ainsi pourquoi ils sont affamés, persécutés et soumis aux traitements les plus brutaux, violents et inhumains par les intervenants occidentaux soi-disant civilisés des États-Unis, du Canada et de l'Europe.

On suggère que ces gens fuient « quelque chose », mais ce « quelque chose » n'est pas clairement défini sinon qu'on évoque un groupe sinistre du nom d'État islamique. Nulle mention n'est faite du fait que depuis un siècle l'impérialisme anglo-américain, par le biais de guerres prédatrices et d'autres tactiques d'ingérence, n'a pas permis à l'Asie de l'Ouest et à l'Afrique du Nord de se débarrasser du legs du colonialisme et de donner naissance à leurs projets d'édification nationale moderne. Surtout depuis la fin de la division bipolaire du monde, à chaque fois que les peuples ont voulu avancer dans leur projet national, l'ingérence, les bombes, les troupes et les mercenaires des impérialistes anglo-américains ont été lancés contre eux pour les écraser.

Après la Deuxième Guerre mondiale, afin de détruire la voie moderne de l'édification nationale, les impérialistes ont entretenu l'esprit de violence raciste et sectaire dans la région en déployant la bannière du sionisme. C'est ce qui a permis à certains réfugiés juifs d'Europe d'aller s'installer en Palestine. Cela a servi à créer un État raciste, d'abord sur un territoire restreint de la Palestine mais s'étendant bientôt dans toutes les directions et faisant fuir des millions de nouveaux réfugiés, presque tous palestiniens au début.

L'impérialisme anglo-américain a cherché de manière désespérée à contrôler la région et a fomenté dans ce but un coup d'État en Iran pour y installer la dictature brutale des Pahlavi. Après 1990, dans le but d'assouvir leurs propres ambitions de domination, les États-Unis ont déclenché des guerres directes pour écraser la Yougoslavie et concurrencer les Allemands et les Français pour le contrôle des Balkans puis de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Libye et maintenant de la Syrie. Aux réfugiés palestiniens dispersés dans les camps de ces pays se sont ajoutés des millions d'autres réfugiés à mesure que se désintègrent ces États sous le poids des guerres prédatrices des États-Unis aidés par leurs partenaires voyous de l'OTAN, dont le Canada. Une masse critique de réfugiés a été atteinte avec deux millions de réfugiés syriens en Turquie seulement et plusieurs autres millions au Liban, en Jordanie et ailleurs, tandis que les ressources pour répondre à la situation se font rares. Dans un geste désespéré pour fuir l'anarchie, la violence et une mort certaine causées par les guerres impérialistes et les voyous armés et financés par les impérialistes, ils ont entrepris ces voyages périlleux à la recherche de la sécurité en Europe.

Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre


Toronto, 4 septembre 2015

Confronté à la responsabilité du Canada dans la création des obstacles qui empêchent les réfugiés de venir au Canada et mènent à leur mort, Stephen Harper s'est vu forcé d'avouer que des changements aux politiques en matière de réfugiés sont nécessaires. Il a aussi mis de l'avant son argument criminel à l'effet que le Canada doit aussi continuer « de lutter contre la source du problème qui prend la forme d'une violente campagne menée contre ces peuples par l'EIIL ». Il a ajouté : « Nous devons aider les gens qui sont sur le terrain et qui ne peuvent s'enfuir et nous pouvons le faire en mettant fin à la violence sans nom qui les cible, qui les déplace et qui les tue. »

En d'autres mots, le gouvernement Harper s'engage à créer de plus grandes tragédies, où les gens seront tués directement par l'agression de l'OTAN (des morts qu'on nommera dommage collatéral) ou mourront en haute mer en tentant de fuir la destruction et l'instabilité.

La position de Harper est essentiellement la même que celle exprimée par le ministre de la Défense Jason Kenney, plus tôt cette année, lorsqu'interrogé par les médias au sujet de la destruction qui avait été causée à la Libye par l'OTAN et les bombardements canadiens. David Pugliese du Ottawa Citizen a tenté d'expliquer pourquoi les navires canadiens n'étaient pas venus au secours des gens dont la vie était en péril dans leurs vaisseaux de fortune, des réfugiés de l'Afrique vers l'Europe. Il écrit : « En avril, le ministre de la Défense, Jason Kenney, a dit que le Canada n'avait aucune responsabilité pour ce qui est des migrants. À ce moment là, un porte-parole du ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson avait déclaré que ce qui était prioritaire était de confronter l'EIIL 'directement au moyen d'actions militaires menées avec nos alliés' ».

Le ministre de la Défense Kenney a dit ceci lors d'une entrevue au réseau CBC : « Il s'agit d'un défi posé aux pays d'Afrique et d'Europe dans la région de la Méditerranée... Nous ne pouvons être tenus responsables de décisions prises par des gens qui embauchent des trafiquants humains sans scrupules qui mettent leurs vies en danger. »

« Les trafiquants humains sont apparus partout en Libye à la faveur du chaos qui a été créé par le renversement en 2011 du leader du pays, Mouammar Kadhafi », écrit Pugliese. Il poursuit :

« Kenney a admis que le Canada a joué un rôle de premier plan dans la mission de l'OTAN qui a chassé Kadhafi du pouvoir mais il a dit que la crise des migrants n'a rien à voir avec la situation en Libye. »

Le refus total du ministre de l'Immigration de Harper, Chris Alexander, d'approuver les demandes de la plupart des réfugiés syriens est vraiment cynique. Le Canada contrevient aux conventions internationales sur l'asile qu'il bafoue délibérément. Dans la foulée des décès des petits Kurdi et de leur mère le 2 septembre, les médias monopolisés ont spéculé sur la nécessité pour le Canada de recevoir plus de réfugiés de la Syrie et de l'Irak ravagés par la guerre et d'autres pays. Les Canadiens ont massivement répondu oui, mais plusieurs disent que cela ne doit pas nous détourner du fait que ces réfugiés proviennent tous de pays qui sont victimes des guerres de l'OTAN.

Le problème central auquel les Canadiens doivent s'attaquer avant que des désastres encore plus grands ne frappent l'humanité c'est d'établir un gouvernement antiguerre qui va faire échec à la quête de domination des impérialistes américains et des vieilles puissances européennes, une quête dans laquelle le Canada a été intégré au nom du changement de régime et de la « responsabilité de protéger ». Un gouvernement antiguerre doit affirmer la nécessité de régler les conflits pacifiquement et condamner les crimes contre la paix.

Le Canada a joué et continue de jouer un sale rôle en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie et cela doit cesser. Lors du soi-disant débat des chefs organisé par le Maclean's Magazine le 6 août, ce n'est pas seulement Stephen Harper qui a défendu la guerre et l'ingérence dans les affaires des pays souverains et le règlement des conflits par la violence. En fait, les autres chefs ont rivalisé entre eux à savoir comment mieux mener ces guerres prédatrices. Certains ont poussé la duperie jusqu'à demander que les guerres d'agression et d'occupation soient menées de manière humaine. Ils essaient en pontifiant de faire passer cette tyrannie brutale pour une opposition à la tyrannie.

« Le problème des réfugiés » est en train d'être utilisé d'une façon vraiment cynique pour augmenter les chances électorales de tel ou tel parti. « C'est moi qui ai la bonne position sur les réfugiés : votez pour moi ! » Difficile de tomber plus bas. Le chef du NPD Thomas Mulcair et le chef libéral Justin Trudeau demandent que le Canada augmente son quota de réfugiés. Est-ce que c'est leur version du « fardeau de l'homme blanc », un petit sacrifice que les Canadiens devraient consentir pour le bien-être de l'humanité ? En autant bien sûr que ça soit « viable » et dans les confins des « limites raisonnables ». Pensent-ils vraiment que cela va les absoudre de l'appui qu'ils donnent à la participation du Canada dans les guerres d'agression et l'ingérence en Asie de l'Ouest et en Afrique du Nord, qui sont devenues si vastes, extrêmes et violentes qu'elles ont causé une crise de réfugiés sans précédent ?

Tous ces supposés grands partis qui veulent être élus appuient la participation du Canada à l'OTAN dominée par les États-Unis qui encercle maintenant la Russie avec un bellicisme criminel. Le Canada participe dans les exercices de l'OTAN aux frontières de la Russie qui visent à l'entourer d'un bouclier nucléaire. L'OTAN sous la gouverne des États-Unis est en train de diviser l'Ukraine et d'armer les forces nazies dans le pays, qu'elle appelle des combattants de la liberté.

Avec leur pivot vers l'Asie, les États-Unis ont organisé des exercices de guerre nucléaire pour simuler la prise de la capitale de la République populaire démocratique de Corée, aux portes de la Chine. Toutes ces actions criminelles sèment la violence et l'anarchie dans le monde, la destruction et le déplacement forcé de dizaines de millions de femmes et d'enfants qui fuient pour sauver leur vie.

Les Canadiens sont humanitaires mais l'État canadien ne l'est pas. Pour les riches, qui ont usurpé le pouvoir politique par la force et dominent les gouvernements, l'usage de la force est le moyen de s'emparer des territoires et des ressources des peuples pour les faire servir leurs propres intérêts. C'est ce que les plus grands monopoles font ici même au Canada. C'est ce qu'a fait US Steel avec sa prise de contrôle et la destruction de Stelco. C'est ce que font d'autres monopoles qui s'emparent des territoires et des ressources du Canada et les utilisent dans leur propre intérêt, sans que les Canadiens, surtout les peuples autochtones, y aient leur mot à dire et y exercent aucun contrôle.

Les Canadiens sont humanitaires dans le sens le plus profond du terme parce qu'ils sont des internationalistes venus de tous les pays et coins du monde. Leur devise c'est « donne ta chemise aux gens dans le besoin », pas « regarde si tu as une chemise de trop ». En ce moment-ci de notre histoire collective comme Canadiens, donner notre chemise à ceux qui en ont désespérément besoin signifie établir un gouvernement antiguerre qui exprime notre désir collectif de vivre en paix et en sécurité avec les nations et les peuples du monde. Un gouvernement antiguerre va tout faire pour mettre fin au déplacement forcé des peuples causé par les guerres d'agression et d'occupation et aider aussi les peuples qui sont victimes de catastrophes naturelles.

Notes

1. Le journal The Guardian a publié un éditorial qui dit que la distinction entre un réfugié et un migrant est devenue vague. Un réfugié, selon The Guardian, est quelqu'un qui cherche asile face à un danger imminent tandis qu'un migrant fait partie de la catégorie de gens beaucoup plus grande qui migrent en quête d'un avenir meilleur pour eux et leurs familles. Cependant, dans plusieurs pays, écrit The Guardian, l'activité économique et la loi et l'ordre se sont effondrées, de sorte que la démarcation entre les deux catégories est « difficile à définir d'un point de vue technique et éthique ».

2. Il existe trois routes principales que les individus qui cherchent asile en Europe empruntent pour s'y rendre : la route de l'est de la Méditerranée qui va de la Turquie à la Grèce et aux Balkans, la route de la Méditerranée centrale qui va de l'Afrique du Nord à l'Italie et la route de l'ouest de la Méditerranée qui va de l'Algérie à l'Espagne.

Les données publiées par l'ONU permettent de croire que la route allant de la Turquie à la Grèce est la plus utilisée aujourd'hui, alors que par les années passées c'était la route plus dangereuse allant de l'Afrique du Nord à l'Italie qui l'était.

Selon l'ONU, les Syriens sont ceux qui empruntent le plus la route de l'est de la Méditerranée, suivis des Afghans et des Kosovars. En ce qui concerne la route de l'ouest de la Méditerranée, ce sont les Syriens qui viennent en tête, encore une fois suivis des Afghans et des Pakistanais.

Quant à la route de la Méditerranée centrale, ce sont les Érythréens qui fuient les conflits civils dans leur pays qui l'empruntent le plus, suivis des Nigériens et des peuples des autres pays sous-sahariens.

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Les politiques draconiennes du gouvernement Harper en matière de citoyenneté et d'immigration

Le 1er septembre, No One Is Illegal à Vancouver a publié « Never Home : Legislating Discrimination in Canadian Immigration » (Jamais de domicile : légiférer la discrimination en matière d'immigration canadienne), une document multimédia en ligne qui revoit près de 10 ans d'un régime de discrimination et de terreur du gouvernement Harper contre les citoyens, les immigrants, les travailleurs étrangers temporaires et les réfugiés au Canada. Il fournit des renseignements précieux pour la lutte du peuple en faveur de lois justes et humaines en matière de citoyenneté et d'immigration, qui respectent les droits de tous.

Des témoignages vidéo, accompagnés de tableaux et de statistiques, montrent comment les politiques racistes et restrictives du gouvernement Harper détruisent des vies.

Une des principales conclusions que tire « Never Home », c'est qu'il est devenu de plus en plus difficile d'obtenir la citoyenneté canadienne et que celle-ci peut aisément être refusée ou retirée par l'État. Le document révèle, par exemple, qu'entre 2000 et 2008, le nombre d'immigrants qui sont arrivés et sont devenus citoyens par la suite a diminué de 79 % à 26 %. Cela a particulièrement affecté les candidats musulmans qui sont plus susceptibles d'être considérés comme « non canadiens », selon le document.

Selon les auteurs, le nombre de travailleurs étrangers temporaires a triplé depuis 2004 et le gouvernement Harper a éliminé près de 280 000 applications au Programme fédéral des travailleurs qualifiés dans la même période. Un « système de porte tournante » contrôle l'admission des travailleurs étrangers temporaires au Canada comme main-d' oeuvre à bon marché. Sous le régime du « quatre-quatre » que le gouvernement Harper a introduit en avril 2011, les travailleurs étrangers temporaires, à quelques exceptions près, sont obligés de quitter le Canada après quatre ans et ne peuvent pas présenter une nouvelle demande de travailler au Canada avant quatre ans. En avril 2015 s'est terminée la première période de « quatre » années et plus de 70 000 travailleurs étrangers temporaires actuellement au Canada, la plupart d'entre eux de minorités nationales, sont menacés de déportation. Ce régime est une tactique délibérée pour faire en sorte que ces travailleurs, qui sont une composante de l'économie canadienne, ne soient pas capables de s'organiser collectivement à la défense de leurs droits, sans parler d'y prendre racine et de s'établir ici.

« Never Home » donne des faits sur la criminalisation généralisée des immigrants et des réfugiés qui a mené entre 2006 et 2014 à l'expulsion de 117 351 personnes et à la détention sans inculpation de 8317 autres, dont 807 enfants, pour la seule période de 2009-2010.

Les auteurs soulignent que le gouvernement Harper a dépensé 15 millions $ pour atteindre un quota annuel de 875 retraits de statut de réfugié ce qui fait que le nombre de réfugiés qui ont perdu leur statut a été multiplié par cinq. En faisant de la désinformation à propos de « faux réfugiés », le gouvernement Harper a limité le nombre de demandes d'asile de 50 % et a réduit le nombre de demandeurs d'asile déjà au Canada de 30 %. Ces mesures et d'autres mesures arbitraires ont aggravé les problèmes des réfugiés dont beaucoup sont privés du droit aux soins de santé et aux autres programmes sociaux.

« Never Home » souligne également que le projet de loi C-51, la nouvelle loi antiterroriste, accorde à la police secrète de l'État des pouvoirs extraordinaires pour cibler les immigrants et les réfugiés, et que les dispositions du projet de loi C-24, la soi-disant Loi renforçant la citoyenneté canadienne, permettent à l'État de persécuter et de révoquer la citoyenneté de certains Canadiens qui ont été accusés de « terrorisme » dans des termes très généraux.

Le rapport s'oppose à la désinformation utilisée par la bande à Harper depuis son arrivée au pouvoir pour imposer des lois d'immigration et de citoyenneté plus restrictives et racistes. Ces lois sont utilisées pour attaquer l'unité politique de tous ceux qui vivent au Canada et au Québec, immigrants, réfugiés, travailleurs étrangers temporaires et citoyens, et justifier l'exploitation brutale des travailleurs les plus vulnérables.

Face à un tel assaut généralisé contre les droits des immigrants, des réfugiés, des travailleurs étrangers temporaires et des citoyens, les auteurs appellent à une action politique concertée pour obtenir une politique juste d'immigration et de citoyenneté qui ne discrimine pas et ne brutalise pas telle ou telle section du peuple sur une base raciste et coloniale. Le rapport complet est disponible à : www.neverhome.ca.

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Importants anniversaires et événements

À la mémoire des victimes du fascisme


Concert antifasciste de Zhengzhou en Chine auquel plus de 40 000 personnes ont assisté le 30 août 2015 dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme le 2 septembre 1945. (Xinhua)

En septembre, nous commémorons plusieurs anniversaires importants liés à la Deuxième Guerre mondiale. Nous nous rappelons les actes et le courage défiant la mort des peuples des pays occupés et des nations alliées qui ont rejoint le combat pour vaincre le fascisme. Nous rendons hommage aux victimes du fascisme.

Cette année, des cérémonies ont eu lieu en Russie pour commémorer le 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme en Europe le 9 mai et en Chine le 3 septembre. La Journée internationale de commémoration des victimes du fascisme, soulignée le deuxième dimanche de septembre chaque année depuis 1962, sera célébrée le 13 septembre cette année. Le monde entier rend hommage aux victimes du fascisme.

La Deuxième Guerre mondiale a été déclenchée en Europe le 1er septembre 1939 quand les nazis ont envahi la Pologne. Cependant, la guerre avait déjà éclaté quand les militaristes japonais ont envahi la Chine le 7 juillet 1937. Elle s'est terminée le 2 septembre 1945 avec la capitulation du Japon.

La Deuxième Guerre mondiale a impliqué 61 pays, plus de 80 % de la population mondiale. Plus de 55 millions de personnes ont été tuées. Les hostilités ont éclaté sur le territoire de 40 pays et dans les vastes bassins des océans Atlantique, Arctique, Pacifique et Indien. L'Union soviétique a subi les plus grandes pertes matérielles et les plus grandes pertes humaines, s'élevant à 27 millions de civils et à 8,7 millions de soldats.[1] Malgré ces énormes sacrifices, la désinformation sur ce qui a eu lieu réellement se poursuit encore aujourd'hui.[2]


De gauche à droite : Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini et Ciano à la signature des accords honteux de Munich en 1938.

Le Canada est en train d'ériger des monuments qui font l'amalgame du nazisme et du communisme dans le but de réhabiliter les nazis en déclarant qu'ils étaient des combattants de la liberté qui luttaient contre les communistes. À leur plus grande honte, le gouvernement du Canada de Stephen Harper, le Parti libéral et le NPD sont tous sur la même page en ce qui concerne le 23 août, qui est l'anniversaire de la signature par l'Union soviétique du Pacte de non-agression avec l'Allemagne de Hitler en 1939 pour gagner du temps et s'armer face à l'agression nazie inévitable. Le Canada appelle honteusement ce jour la journée du Ruban noir pour cacher les crimes commis à Munich le 29 septembre 1938.

Le Pacte de non-agression a été imposé à l'Union soviétique parce que la Grande-Bretagne et la France avaient refusé de s'engager dans une alliance de sécurité collective en Europe pour empêcher les hitlériens d'envahir d'autres pays. Elles avaient signé auparavant avec les nazis les accords de Munich en septembre 1938. Cet acte déshonorant d'apaisement et de collaboration a permis à l'Allemagne d'annexer les Sudètes de Tchécoslovaquie, a ordonné aux Tchèques de ne pas résister à l'agression nazie, et a donné le feu vert aux nazis pour leur invasion de l'Europe.[3]

Malgré cela, le gouvernement du Canada, par une déclaration du premier ministre Stephen Harper cette année, soutient :

« En ce jour en 1939, l'Allemagne nazie et l'Union soviétique communiste ont signé le fameux Pacte de non-agression Molotov-Ribbentrop, qui a entraîné la Deuxième Guerre mondiale. Ces régimes tyranniques ont occupé la majeure partie du Centre et de l'Est de l'Europe, causant une destruction incalculable et des souffrances insensées, et tuant brutalement des millions d'innocents hommes, femmes et enfants.

« Aujourd'hui, tous les Canadiens se joignent à moi afin de rendre hommage à la mémoire des dizaines de millions de victimes européennes de la tyrannie communiste et nazie, et d'honorer les courageux hommes et femmes qui ont combattu ces régimes afin de défendre leurs valeurs, leurs croyances et leur foi. »

Harper a utilisé cette désinformation pour justifier l'intervention illégale de son gouvernement en Irak et en Syrie, son soutien aux fascistes en Ukraine, l'encerclement de la Russie par l'OTAN et la réhabilitation des criminels de guerre nazis dans les républiques baltes et en Pologne. Il utilise également cet anniversaire pour promouvoir le monument anticommuniste des harpériens à Ottawa. Il termine sa déclaration par :

« En 2009, le Parlement a déclaré que la journée du Ruban noir est une journée nationale de souvenir, et j'encourage tous les Canadiens à participer aux cérémonies de commémoration de la journée du Ruban noir qui ont lieu partout au pays. J'encourage également les Canadiens à continuer à protéger et à promouvoir les valeurs canadiennes de liberté, de démocratie, de droits de la personne et de primauté du droit afin d'assurer qu'un tel mal ne se reproduise jamais plus. »[4]

Le NPD et les libéraux ont fait des déclarations étrangement similaires.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a déclaré :

« Aujourd'hui marque le triste anniversaire de la signature, en 1939, du Pacte germano-soviétique, prélude au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

« C'est à la suite de cette alliance que l'Allemagne nazie et l'Union soviétique ont envahi la Pologne voisine.

« Des millions de personnes sont mortes, ont été déportées ou emprisonnées durant ce conflit parmi les plus sanglants de l'histoire.

« Au nom du Nouveau Parti démocratique, j'invite les Canadiens à ne pas oublier ces hommes, femmes et enfants qui ont souffert, de même qu'à honorer la mémoire de ceux qui ont résisté et se sont opposés à ces régimes parmi les plus brutaux que notre monde ait connus.

« Continuons à cultiver les principes d'inclusion et de démocratie qui nous sont chers, et soyons reconnaissants à ceux qui nous ont permis de vivre dans un monde libre. N'oublions jamais que cette liberté reste fragile, et demeurons vigilants face aux tentatives de réduction au silence et d'oppression. »

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a déclaré :

« Aujourd'hui, alors que nous commémorons l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire, nous honorons la mémoire des victimes du communisme et du nazisme dans toute l'Europe.

« Le 23 août marque le triste anniversaire du Pacte Molotov-Ribbentrop. Signé en 1939, cet accord tristement célèbre permettait un réaménagement territorial et politique illégal de l'Europe de l'Est et de l'Europe centrale entre l'Allemagne nazie et la Russie soviétique. Au cours des années qui ont suivi, des millions de personnes ont été violemment expulsées de leur domicile et ont subi des atrocités sans nom aux mains des régimes nazi et soviétique.

« Nous nous souvenons de cette sinistre période de l'histoire pour veiller à ce que le monde ne reste plus jamais passif face à une tyrannie indescriptible. Que cet anniversaire nous donne aussi l'occasion de réaffirmer nos engagements envers les principes de justice et de protection des droits de la personne partout au monde.

« Au nom du Parti libéral du Canada, je me tiens aux côtés de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens du pays pour nous souvenir solennellement des victimes du nazisme et du communisme en cette journée du Ruban noir. »[6]

Accuser l'Union soviétique d'avoir déclenché la Deuxième Guerre mondiale et d'avoir envahi la Pologne est un acte inadmissible qui trahit une mauvaise conscience. Ce n'est pas une simple ou innocente révision de l'histoire. C'est une trahison odieuse des victimes du fascisme dans le but d'avancer aujourd'hui les préparatifs de guerre criminels de ces mêmes pays qui ont collaboré avec Hitler pour attaquer l'Union soviétique dans les années 1930.

Puisse la mémoire de ceux qui ont donné leur vie dans la lutte pour la liberté, la démocratie et la paix vivre dans le combat des générations actuelles pour un monde libéré du fléau des agressions que nous voyons aujourd'hui perpétrée par la puissance anglo-américaine et les puissances européennes au nom du changement de régime et de la « responsabilité de protéger ». On estime que plus de gens ont perdu la vie aujourd'hui à cause des efforts inter-impérialistes de domination des ressources mondiales, du travail, des zones d'investissement et d'influence que pendant la Deuxième Guerre mondiale. La nécessité d'établir des gouvernements antiguerre partout dans le monde n'a jamais été aussi grande.

Faisons notre devoir envers les victimes du fascisme et assurons-nous d'établir un tel gouvernement au Canada.

Notes

1. Ria Novosti

2. À l'initiative de la Russie, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté chaque année depuis 2005 une résolution demandant instamment que soit mis fin à la glorification du nazisme, chaque année. En 2013, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une nouvelle résolution sur la lutte contre les pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance. L'Assemblée générale a exprimé sa profonde inquiétude face aux tentatives de glorification du nazisme, du néonazisme et des anciens membres de la Waffen-SS sous toutes ses formes, notamment la construction de monuments et la tenue de manifestations publiques.

Dans cette résolution, l'Assemblée générale « se déclare préoccupée par les tentatives répétées de profanation ou de démolition de monuments érigés à la mémoire de celles et ceux qui ont combattu le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que d'exhumation ou de levée illégales des dépouilles de ces personnes » et a noté avec préoccupation l'accroissement du nombre des incidents de violence raciste dans le monde.

Le 5 mai 2014, le président russe, Vladimir Poutine, a signé une loi introduisant une peine allant jusqu'à 5 ans de prison pour réhabilitation du nazisme, négation des faits énoncés dans le jugement du Tribunal militaire international de Nuremberg et propagation d'informations notoirement fausses sur les activités de l'URSS lors de la Deuxième Guerre mondiale. Cette loi punit d'amendes également la profanation des Journées de la gloire militaire et des dates anniversaires de la lutte contre l'agression nazie.

Le 24 octobre 2014, la Douma a adopté en troisième lecture une nouvelle loi, que le Conseil de la Fédération a approuvée le 29 octobre 2014, assimilant les symboles des organisations qui ont collaboré avec les fascistes à ceux des nazis. Cela inclut ceux des partisans du mouvement Stepan Bandera. Elle étend la liste de ces organisations à celles qui ont collaboré avec les organisations et mouvements fascistes et à celles qui aujourd'hui collaborent avec les organisations internationales, ou leurs représentants, qui nient le jugement de Nuremberg et les autres jugements de la Deuxième Guerre mondiale.

3. Hardial Bains. Les causes et les leçons de la Deuxième Guerre mondiale. Toronto : MELS, 1990.

4. Conservative.ca.

5. ndp.ca.

6. Liberal.ca.

(Ria Novosti, Archives du LML)

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La désinformation au sujet
de l'invasion de la Pologne

Le 1er septembre marque l'anniversaire de l'invasion de la Pologne par les hitlériens en 1939. Au lieu de condamner les nazis, les forces réactionnaires, comme les harpériens, recourent à la désinformation pour revenir sur la réputation des criminels de guerre nazis et soulever des doutes sur qui étaient les victimes du fascisme au nom desquelles les peuples du monde ont déclaré « Plus jamais ! ». À cette époque de l'année, ils utilisent l'anniversaire du Pacte de non-agression germano-soviétique signé le 23 août 1939 pour déclarer que c'était un acte d'apaisement et non une manoeuvre habile de l'Union soviétique pour gagner du temps et continuer de s'armer face à la confrontation inévitable avec les nazis. La désinformation est également utilisée pour déclarer que ce sont les soviétiques et non les nazis qui ont envahi la Pologne en septembre 1939 et déclenché la guerre en Europe. Elle a pour but de cacher le fait que ce sont les puissances européennes qui ont activement apaisé les nazis et permis l'invasion de la Pologne, tandis que les soviétiques se sont battus pour défendre ce pays et son peuple. En fin de compte, cette désinformation sur les causes de la Deuxième Guerre mondiale sert de justification à la répétition de ces crimes actuellement.

Hardial Bains, dans son livre Les causes et les leçons de la Deuxième Guerre mondiale, souligne qu'au début « la Deuxième Guerre mondiale fut une guerre entre puissances impérialistes et ne revêtit un caractère antifasciste que lorsque l'Union soviétique est entrée dans la guerre en tant que défenseur de la liberté et de la démocratie. Hitler profita de la politique d'apaisement de l'Angleterre et de la France et de leur refus de conclure un pacte d'assistance mutuelle avec l'Union soviétique pour faire des percées dans sa rivalité inter-impérialiste avec l'Angleterre et la France. Il attaqua et occupa leur alliée à l'Est, la République de Pologne, elle-même une puissance impérialiste. Le refus de l'Angleterre et de la France de profiter de la politique de paix et de bon voisinage de l'Union soviétique et de signer un pacte d'assistance mutuelle avec l'Union soviétique conduisit à une très grande tragédie pour la nation polonaise ». Voici un extrait de ce livre.

***


Les partisans de l'Armée du peuple polonais ont combattu aux côtés de l'Armée rouge soviétique et libéré la Pologne de l'occupation nazie.

En 1939 et avant, la Pologne refusa de former un front uni avec l'Union soviétique qui avait offert de signer un traité d'assistance mutuelle avec la Grande-Bretagne, la France et la Pologne prévoyant une entraide militaire en cas d'attaque hitlérienne contre la Pologne. Agissant sur les ordres de la Grande-Bretagne et de la France, et aveuglé par son propre anticommunisme, le gouvernement polonais refusa la demande soviétique de permettre à l'Armée rouge d'entrer sur le territoire polonais afin de mettre en place une ligne de défense en cas d'attaque allemande contre la Pologne. [...]

Dans les années 1930, la Pologne comptait plus ou moins sur une alliance avec la Grande-Bretagne et la France [...]. Les événements qui suivirent démontrèrent de quelle espèce d'alliance il s'agissait, de quelle sorte de garanties les impérialistes français et britanniques avaient offert à la Pologne ! À  4h 45 le 1er septembre 1939, lorsque les forces hitlériennes attaquèrent la Pologne, lorsque les avions des Allemands se mirent à bombarder toutes les villes et tous les villages, tuant des milliers de personnes, le seul appui qu'a pu fournir la Grande-Bretagne fut de condamner l'attaque sur les ondes radio et deux jours plus tard déclarer que la Grande-Bretagne était en guerre. [Au] cours des six années qui ont suivi, pas un seul soldat britannique n'a foulé le sol de la Pologne pour libérer le peuple polonais. Pendant que la Wehrmacht d'Hitler, avec ses 1 850 000 soldats, ses 3 200 chars et ses 2 000 avions de combat, sa flotte de destroyers, soit plus des deux tiers des effectifs de la force de l'Allemagne à l'époque, détruisait l'État polonais et massacrait sa population, la France, avec son armée de quatre millions d'hommes massée devant moins d'un million d'Allemands sur le front de l'Ouest, a mené sa « drôle de guerre », c'est-à-dire qu'elle ne fit rien du tout. Le président américain envoya un télégramme au gouvernement polonais condamnant les nazis allemands pour avoir bombardé les villes polonaises. Pourtant on dit encore aujourd'hui que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et d'autres puissances ont « défendu » la Pologne alors que l'Union soviétique de Staline l'a occupée. On tente de faire croire au monde que Staline était un agresseur de la Pologne au même titre qu'Hitler.

Le 17 septembre 1939, les chefs de l'État polonais qui avaient conduit la nation dans une si tragique impasse, et dont les rejetons politiques reprennent aujourd'hui le langage chauvin des impérialistes, fuirent la Pologne et furent internés en Roumanie. Une clique formée de personnalités politiques de la même trempe fut nommée gouvernement polonais en exil, lequel, prétendent les chauvins d'aujourd'hui, aurait été la « continuation » de l'État polonais.

L'Armée rouge soviétique est entrée sur le territoire de la Pologne seulement après que l'État polonais se soit complètement effondré. Elle a avancé dans les territoires de l'Ukraine et de la Biélorussie que la Pologne avait annexés durant la guerre russo-polonaise de 1919-1920. La majorité de la population vivant dans ces territoires était ukrainienne ou biélorusse et relativement moins était polonaise. Sur une population totale de 13 millions de personnes, il y avait, dans ces régions, plus de sept millions d'Ukrainiens, trois millions de Biélorusses, plus d'un million de juifs et plus d'un million de Polonais. De toute évidence, si l'ancien État polonais ne voulait pas d'un traité d'assistance mutuelle de défense avec l'Union soviétique, c'était par crainte que les nationalités opprimées dans ses frontières demandent l'autodétermination et expriment le désir d'être réunifiées avec l'Ukraine et la Biélorussie.

Le gouvernement en exil de Londres ne renonça jamais à réintégrer ces territoires dans l'État polonais, et les chauvins polonais continuent encore aujourd'hui de se plaindre de leur « perte ». Ils en blâment Staline et l'Armée rouge. La réaction polonaise n'a jamais accepté la perte de ses territoires conquis, la perte d'une masse d'ouvriers et de paysans ukrainiens, biélorusses et juifs que la bourgeoisie et les propriétaires fonciers polonais pouvaient exploiter et opprimer à volonté, laissa à la réaction polonaise un goût amer. L'annexion de ces territoires n'avait jamais été dans l'intérêt de la nation polonaise. Lorsque la réaction polonaise parle de l'« invasion » de la Pologne par Staline, elle oublie de mentionner que l'Union soviétique a remis à la Lituanie la ville et le district de Vilnius. Non pas que Vilnius eût une population majoritairement lituanienne, mais bien parce que la Pologne l'avait arrachée de force aux Lituaniens et que cette ville était liée à l'histoire de la Lituanie et aux aspirations du peuple lituanien. Elle devint la capitale de la Lituanie.

L'ancien État polonais avait également mauvaise conscience à cause des territoires tchécoslovaques qu'il avait annexés. Le 2 octobre 1938, lorsque la trahison de la Grande-Bretagne et de la France à Munich permit à Hitler d'annexer les territoires sudètes dans la partie ouest de la Tchécoslovaquie, au nom de la minorité allemande qui y vivait, l'armée polonaise entra en Tchécoslovaquie et occupa l'ouest de Cieszyn et de Frystat au nom de la minorité polonaise qui y vivait. Le gouvernement semi-fasciste de Pologne agissait à l'unisson avec Hitler, Chamberlain, Daladier et Mussolini pour démembrer la Tchécoslovaquie, bien qu'il n'ait pas directement participé à la trahison de Munich. Il agit comme un brigand. Aujourd'hui les chauvins polonais préfèrent ne pas se rappeler du 2 octobre 1938. Ils l'ont rayé de leur calendrier officiel des événements conduisant à la tragédie du 1er septembre 1939. Ils voudraient qu'on oublie la géopolitique impérialiste et les manoeuvres sans principe du gouvernement polonais de l'époque, justement parce qu'ils [...] suivent aujourd'hui la même voie chauvine et désastreuse de géopolitique inter-impérialiste.

Une fois la Pologne dans les griffes d'Hitler, les nazis commirent les pires crimes jamais commis contre une nation. De tous les pays d'Europe, c'est la Pologne qui a subi les plus grandes pertes humaines en termes du nombre de morts par millier d'habitants. Environ 5 500 000 Polonais furent tués. Quelque 1 750 000 Polonais furent tués dans les camps de la mort et par d'autres méthodes directes d'extermination de masse ; 2 700 000 juifs polonais furent exterminés ; plus de 50 000 des 75 000 gitans vivant en Pologne furent exterminés ; quelque 12 000 patients psychiatriques et handicapés mentaux furent assassinés ; des milliers de prisonniers de guerre, de soldats et d'officiers polonais furent systématiquement fusillés. En moins de six semaines après le début de l'occupation nazie, la S.S. avait fusillé quelque 40 000 intellectuels, personnalités politiques et autres leaders polonais dans le cadre d'un projet spécial pour « déblayer le terrain politique ». Environ 38-39 % des biens et capitaux de la Pologne de 1938, d'une valeur d'environ 49,2 milliards de dollars (en $ É.-U. d'avant guerre), furent détruits. Varsovie fut entièrement rasée. De tous les pays d'Europe, c'est la Pologne qui subit les plus grandes pertes matérielles calculées au prorata de la population.

(Hardial Bains. Les causes et les leçons de la Deuxième Guerre mondiale. Toronto : MELS, 1990, pp. 18-22.)

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L'amnésie politique des autorités polonaises

La Pologne souffre d'amnésie politique. Cette condition s'aggrave chaque fois que l'on mentionne les crimes de masse perpétrés contre des Polonais. Il existe de nombreux exemples qui le confirment. Le massacre des Polonais en Volhynie est sans doute le meilleur exemple. Des nationalistes ukrainiens ont brutalement torturé et tué des dizaines de milliers de vieillards, de femmes et d'enfants. Malgré cela, le gouvernement polonais soutient les successeurs de Stepan Bandera qui ont pris le pouvoir en Ukraine.

Il y a un autre exemple, les pogroms à Wola qui ont eu lieu pendant l'insurrection de Varsovie (Wola est un quartier de l'ouest de Varsovie). Les fascistes allemands ont massacré 60 000 Polonais en deux jours (les 5 et 6 août 1944). Ce fut le plus grand massacre de la Deuxième Guerre mondiale.

Aujourd'hui, les autorités polonaises font de leur mieux pour éviter de parler des circonstances qui ont conduit à cette tragédie. Beaucoup a été dit en Pologne au sujet de l'insurrection de Varsovie. De manière générale, cela se résume à dénigrer l'armée soviétique en affirmant qu'elle est délibérément restée sur ses positions pour laisser le temps à la Wehrmacht de se regrouper et d'écraser l'insurrection. On prétend, malgré tout ce disent les Russes au sujet de la libération de la Pologne, que « les bolcheviks sont encore pires que les hitlériens », alors que ce sont les fascistes allemands qui massacraient les Polonais pour la simple raison qu'ils étaient des Slaves. C'est exactement ce qu'ils ont fait à Wola.

La raison pour laquelle les Allemands étaient si inhumains envers les Polonais n'est un secret pour personne. Dans leurs déclarations, les hauts responsables nazis ont été très directs pour expliquer leur attitude. Mais les officines de propagande polonaises et ukrainiennes n'en parlent pas. Les exemples suivants sont assez éloquents.

Une semaine avant d'attaquer la Pologne, Hitler a fait un discours devant ses commandants militaires à Obersalzberg le 22 août 1939 dans lequel il dit : « Notre force est notre rapidité et notre brutalité. Ghengis Khan a envoyé des millions de femmes et d'enfants à la mort, en toute conscience et avec joie. L'Histoire voit en lui un grand fondateur d'État. Ce que la faible civilisation d'Europe de l'Ouest peut dire de moi est insignifiant. J'ai donné l'ordre, et je ferai exécuter celui qui exprimera un seul mot de critique, que le but de la guerre n'est pas d'atteindre certains objectifs, mais réside en l'anéantissement physique de l'adversaire. J'ai donc, d'abord à l'Est, préparé mes Commandos de la mort avec l'ordre d'envoyer sans pitié et sans merci, les hommes, femmes et enfants d'origine et de langue polonaise à la mort. C'est uniquement ainsi que nous gagnerons l'espace vital (lebensraum) dont nous avons besoin. »

Hans Frank a été nommé le gouverneur général des provinces polonaises occupées par décret de Hitler le 12 octobre 1939. Le 1er janvier 1940, il déclare à une conférence des responsables locaux qu'il avait reçu l'ordre de détruire le territoire polonais et de ne laisser aucune trace de l'économie, de la culture et des structures sociales et politiques. Il dit que la Pologne était un butin de guerre qui devait être traité comme tel.

Les nazis ne faisaient pas de distinction entre leurs paroles et leurs actes. La destruction de Varsovie et le massacre de Volhynie en sont la preuve. Ni la propagande belliciste des russophobes polonais contemporains ni celle des narrateurs étrangers ne dit qui était derrière ces événements tragiques. Il faut se tourner vers les témoignages fournis juste après ce massacre par les témoins de ces événements.

Le journal clandestin du Parti ouvrier polonais, le Trybuna Wolnosci (N.64, 1944), a publié un article signé par le Lieutenant Zenon (son vrai nom Zenon Kliszko), qui était commandant-adjoint de l'Armia Ludowa (Armée du Peuple) lors de l'insurrection de Varsovie. Il écrit : « La pensée du bain de sang à Varsovie, la ville en ruines, ne quitte jamais l'esprit de ceux qui luttent pour la libération complète du pays du joug d'Hitler. Plus la douleur est grande, plus clairement nous nous rendons compte à quel point notre peuple a souffert, et combien il est important d'identifier les vrais coupables. Tous les détails doivent être éclaircis et révélés. Le problème de l'insurrection en Pologne a été maintes fois discuté dans la presse du parti. La direction du parti a souligné qu'une telle action ne s'improvise pas. Elle doit être soigneusement planifiée en tenant compte de l'expérience acquise par le mouvement de guérilla. Elle doit coïncider avec une phase active de lutte de masse. Il est impératif de la coordonner avec les armées alliées, en particulier avec l'Armée rouge qui libère la Pologne. ...

« À ce temps-là, le Front de l'Est allemand reculait. On comprenait que l'Armée rouge et le peuple polonais se préparaient à libérer Varsovie des occupants hitlériens. Les grandes victoires de l'Armée rouge ont semé la panique parmi les dirigeants de l'Armia Krajowa (l'Armée de l'intérieur). Ils ont décidé de s'emparer de Varsovie et de porter leur clique réactionnaire au pouvoir.

« Contre toute raison et logique et en ignorant l'opinion des autres, l'Armia Krajowa poussé à l'insurrection le 1er août. La rébellion déclenchée par Bor (la « forêt », le nom de code du comte général Tadeusz Komorowski, commandant en chef) et ses complices la veille de la capitulation de l'insurrection de Varsovie, a été une aventure politique criminelle.

« Dès que l'insurrection a commencé, les intentions réelles de ses dirigeants sont devenues claires. L'état-major de l'Armia Krajowa n'a pas élaboré de plan opérationnel. L'action était mal préparée. Certes, l'état d'alerte avait été déclaré plusieurs fois comme entraînement. Il y avait de la confusion sur l'heure du déclenchement de l'action, l'heure H a été changée plusieurs fois. Nombre d'unités de l'Armia Krajowa n'ont pas du tout été engagées dans l'opération. L'intention réelle n'était pas d'organiser un soulèvement contre les Allemands, mais plutôt de libérer la ville sans la participation des forces soviétiques. Voilà ce qui a été la racine du problème et pourquoi l'action était vouée à l'échec. Deux jours avant l'insurrection, la « convention des organisations indépendantes » a distribué des tracts dénigrant l'Armée rouge. La direction de l'Armia Krajowa était aveuglée par la haine. Elle a oublié les Allemands à Varsovie. Elle a déclaré que les unités de l'Armée rouge déployées à la pointe de la zone de combat étaient des dizaines de divisions blindées prêtes à entrer dans la ville à tout moment. Les commandants de l'Armia Krajowa ne considéraient plus les Allemands comme l'ennemi.

« Ils considéraient l'Union soviétique et l'ensemble du camp de la démocratie polonaise comme la cible principale. C'est la raison pour laquelle la direction de l'Armia Krajowa et le gouvernement polonais en exil de Londres ont commis ce crime grave à Varsovie. »

Ce témoignage fournit une preuve incontestée qui permet d'identifier clairement les causes des événements tragiques de Wola.

(Publié d'abord sous le titre « Wola Massacre and Polish Authorities : Another Case of Political Amnesia », Valéry Vrublevsky, Strategic Culture Foundation, 1 juin 2015. Traduction LML.)

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La contribution unique de la Chine
dans la Deuxième Guerre mondiale


Parade de la Journée de la Victoire, 3 septembre 2015

Le 3 septembre était le 70e anniversaire de la victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de la guerre antifasciste mondiale. La Chine a fait une contribution exceptionnelle à la cause de la libération de l'humanité du fléau du nazi-fascisme et du militarisme japonais. Avec un courage exceptionnel le peuple chinois a fait face à la brutalité des impérialistes japonais, éliminant environ 1,86 million de soldats japonais, soit 50 % des effectifs du Japon. On estime que le nombre de Chinois tués pendant la guerre dépasse les 14 millions. Cent millions de Chinois sont devenus des réfugiés. Entre 1939 et 1945, la Chine a perdu quelque 2,2 millions de soldats, au deuxième rang derrière l'Union soviétique parmi les pays alliés, qui en a perdu 7,5 millions. Si on compte le nombre de personnes tuées ou blessées à partir de 1931 lorsque les Japonais ont envahi la Mandchourie, c'est plus de 35 millions de personnes qui ont péri sous les atrocités japonaises jusqu'à la défaite du Japon le 2 septembre 1945.

Pour célébrer le 70e anniversaire de la victoire sur les impérialistes japonais, des célébrations ont eu lieu partout en Chine dont un grand défilé à Beijing le 3 septembre. Les dirigeants chinois ont dit que le but des célébrations était de démontrer l'engagement de la Chine à respecter les résultats de ces guerres et à contribuer aujourd'hui à la paix internationale. L'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, lors d'une entrevue avec Xinhua, l'a confirmé. « C'est une belle occasion pour la Chine de montrer sa puissance militaire tout en montrant qu'elle ne cherche pas la guerre. Avec ce défilé militaire, la Chine va démontrer les progrès qu'elle a accomplis de même que sa stratégie de développement pacifique. Cette vision chinoise de construction d'un monde pacifique multipolaire est très importante dans un monde d'incertitudes », a-t-il déclaré.

Des délégations de haut niveau, incluant plusieurs chefs d'État et d'anciens chefs d'État, sont venues de partout dans le monde pour rendre hommage à la contribution de la Chine lors de la Deuxième Guerre mondiale. Cela comprend 30 chefs d'État et de gouvernement et d'organisations non étatiques comme le secrétaire général de l'ONU. « La contribution et les sacrifices de la Chine lors de la Deuxième Guerre mondiale sont très reconnus. Tous connaissent les souffrances qui lui ont été causées et la Chine jouit de la sympathie des peuples du monde », a déclaré Ban Ki-moon aux journalistes à l'ONU le 30 août.

Alors que le président Poutine représentait la Russie à la célébration, aucune délégation de haut niveau des autres puissances alliées, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, Australie et Canada compris, n'y était présente, un geste honteux de la part de ces pays. Le U.S. Council on Foreign Relations déclare : « La liste des participants de haut niveau ne comprend aucun chef d'État occidental. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada, la France et l'Allemagne y enverront leurs ambassadeurs ou d'autres 'envoyés spéciaux', mais on n'y verra aucun dirigeant des États-Unis et de leurs alliés... »

Au Canada, le bureau du premier ministre et le ministère des Affaires étrangères n'ont rien dit au sujet de cet anniversaire significatif et les médias monopolisés ont été particulièrement silencieux. L'ambassade du Canada en Chine n'a pas cru bon de partager même un gazouilli sur les célébrations ou de transmettre les bons voeux des Canadiens à la Chine pour son héroïsme, son sacrifice et sa contribution importante aux efforts mondiaux pour défaire le fascisme. La Chine par contre a grandement honoré la contribution du médecin canadien Norman Bethune au combat contre les occupants japonais lors des célébrations à Beijing.

Dans le cadre des efforts pour assurer la paix dans la région, le Japon avait aussi été invité à assister à l'événement mais il a refusé d'y participer. Le peuple japonais mène une bataille importante pour empêcher l'élite dirigeante du Japon de réviser la constitution du pays pour éliminer l'Article 9 qui interdit au Japon de déployer ses troupes pour autre chose que l'autodéfense nationale.

Défilé historique de la Victoire à Beijing


Le défilé de la Journée de la victoire a eu lieu à Beijing à la place Tian'anmen avec la présence de Xi Jingping et d'autres dirigeants chinois. Quelque 40 000 personnes étaient présentes sur la place et des millions d'autres ont suivi le défilé à la télévision et sur Internet.

La Chine n'avait pas tenu un événement d'une telle ampleur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont dit les agences de presse. C'était aussi le plus grand défilé militaire à se tenir lors d'une journée de célébration non nationale. Il comprenait 12 000 soldats et 500 unités blindées défilant à la place Tian'anmen avec 200 avions volant en formation. La Chine a montré sa sophistication militaire en déployant 27 formations d'armements. La plus grande partie de l'armement et de l'équipement n'avait jamais été montrée au public, rapporte Xinhua.



Des unités de l'Armée populaire de libération participent à la parade.





De haut en bas, de gauche à droite : troupes de la Mongolie, de Cuba, du Venezuela, de l'Égypte, de la Biélorussie et de la Russie

Participaient aussi pour la première fois dans un défilé militaire chinois quelque 1 000 soldats étrangers de 17 pays, incluant la Mongolie, la Russie, le Laos, le Pakistan, la Serbie, l'Égypte, le Mexique, Cuba et le Venezuela.

Des vétérans de l'Armée de Libération du peuple ont été réunis pour la première fois depuis des décennies avec des vétérans du Kuomintang (KMT) avec qui ils ont combattu pour défaire les occupants japonais il y a 70 ans.

Bien en vue dans la parade était la Phalange médicale internationale Bethune, une brigade de femmes soldats médecins nommée d'après le chirurgien canadien Norman Bethune pour honorer sa contribution à la lutte du peuple chinois contre les agresseurs Japonais. Il est clair que la Chine continue d'être inspirée par l'internationalisme profond du Dr Bethune et ses contributions brillantes en tant que chirurgien sur le champ de bataille, antifasciste et communiste.


Phalange médicale internationale Bethune

Le président Xi a parlé avant le défilé de la grande signification de l'anniversaire :

« Aujourd'hui est un jour mémorable pour les peuples du monde. Il y a 70 ans jour pour jour, le peuple chinois, après 14 ans de combat d'une âpreté inouïe, a remporté la grande victoire de la Guerre de résistance contre l'agression japonaise, ce qui a marqué la victoire totale de la Guerre mondiale antifasciste et permis au soleil de la paix de briller de nouveau sur notre terre. »

« La victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise est la première victoire totale de la Chine contre l'agression étrangère des temps modernes », a dit le président Xi. « Cette grande victoire a brisé complètement la tentative des militaristes japonais de coloniser et d'asservir la Chine et lavé les humiliations subies par la Chine depuis les temps modernes dans une succession d'échecs face aux agresseurs étrangers. Cette grande victoire a permis à la Chine de retrouver sa place de grand pays dans le monde et au peuple chinois de gagner le respect de tous les peuples épris de paix. Cette grande victoire a ouvert un avenir radieux pour le grand renouveau de la nation chinoise et inauguré une nouvelle ère de renaissance pour la Chine, une nation très ancienne. »

« Le peuple chinois, au prix d'un énorme sacrifice national, a apporté une contribution de poids à la victoire de cette guerre. Il a bénéficié, dans sa résistance contre l'agression japonaise, d'un large soutien de la communauté internationale, et il n'oubliera jamais la contribution des autres peuples du monde à la victoire de sa guerre de résistance. »

Il a affirmé l'engagement de la Chine envers la paix basé sur son expérience de la guerre : « Nous commémorons le 70e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste pour nous souvenir du passé, rendre hommage aux martyrs, chérir la paix et bâtir l'avenir. » Il a parlé de l'importance de la primauté du droit dans les relations internationales et de la responsabilité qui incombe à toutes les nations d'assurer que la paix et la coopération prévalent.

Le président Xi a dit que « la Chine ne recherchera jamais l'hégémonie ni l'expansion et ne causera jamais aux autres les souffrances qu'elle a vécues. » Pour donner l'exemple, il a déclaré que la Chine réduira de 300 000 hommes et femmes les effectifs de l'Armée populaire de libération (APL). L'APL compte quelque 2,3 millions de soldats.

Il a conclu son discours par ces mots : « Gardons tous en tête la grande vérité de l'histoire. La justice va triompher ! La paix va triompher ! Le peuple va triompher ! »

(Sources : Xinhua. Photos Xinhua et New China)

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Au sujet de la date du début de la
Deuxième Guerre mondiale


Le 22e congrès du Comité international des sciences historiques, tenu en août 2015 à Jinan, en Chine, a discuté des contributions de la Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale. Sur la photo : la cérémonie d'ouverture du Congrès

Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les livres d'histoire écrits en Europe et aux États-Unis tendent à promouvoir une vision eurocentrique du monde qui dénigre l'existence des nations et des peuples d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes et leur rôle dans le façonnement des événements mondiaux. Dans ces livres, la Deuxième Guerre mondiale est présentée comme une guerre mondiale dont l'histoire se limite à l'Europe et à l'holocauste européen, suivis du « théâtre du Pacifique » et de « la campagne d'Afrique du Nord ». L'holocauste perpétré par les Japonais en Chine ou celui commis par les Américains en Corée, quand ils ont déclenché la guerre de Corée après la Deuxième Guerre mondiale, sont à peine mentionnés.


Robert Frank présente le livre 1937-1947 : la guerre-monde

Dans cette optique, la date du début de la Deuxième Guerre mondiale est généralement présentée comme étant le 1er septembre 1939, quand les hitlériens ont envahi la Pologne, sans intervention de la Grande-Bretagne et de la France qui avaient signé des pactes de non-agression et d'assistance mutuelle avec la Pologne. Cette date est maintenant remise en question par un nombre croissant d'historiens. En mai de cette année, un livre intitulé 1937-1947 : la guerre-monde  a été publié en France. Le livre, écrit par un collectif d'une cinquantaine d'historiens, affirme que la Deuxième Guerre mondiale a commencé en Asie et non en Europe comme cela est généralement accepté. Le livre aborde les contributions faites par les Chinois et les peuples d'Asie à la victoire alliée sur le nazisme pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Robert Frank, secrétaire général du Comité international des Sciences historiques et un des coauteurs du livre, a déclaré récemment que le début de la Deuxième Guerre mondiale pourrait remonter à 1931 quand le Japon a attaqué et occupé la Mandchourie au Nord-Est de la Chine. Cependant, il donne 1937 comme le début de la guerre quand a éclaté la guerre généralisée entre le Japon et la Chine. Frank pense qu'il est important de rétablir les faits puisque la Deuxième Guerre mondiale a été une guerre mondiale et ne s'est pas limitée à l'Europe. Il souligne qu'une perspective globale est nécessaire pour qu'on puisse le comprendre. Il fait également remarquer qu'un nombre croissant d'historiens commencent à se rallier à ce point de vue.

Un autre universitaire qui a fait sien ce nouvel objectif de rétablir la date du début de la Deuxième Guerre mondiale est le professeur Rana Mitter, de l'Université d'Oxford, qui a publié en 2013 en Angleterre le livre « L'allié oublié : la Seconde Guerre mondiale de la Chine, 1937-1945 ». Il écrit : « La Chine a été le premier pays à faire face à l'agression des puissances de l'axe en 1937, deux ans avant la Grande-Bretagne et la France et quatre ans avant les États-Unis... Si on veut comprendre le rôle de la Chine dans la société mondiale d'aujourd'hui, nous ferions bien de nous rappeler la lutte tragique, titanesque qu'a mené le pays dans les années 1930 et 1940, non seulement pour sa propre dignité nationale et sa survie, mais pour la victoire de tous les alliés, Occident et Orient, contre certaines des forces les plus sombres que l'histoire ait jamais produites. »

Dans un commentaire publié par CNN le 31 août, Mitter souligne que la Chine a contenu 600 000 soldats japonais avec peu de ressources avant que d'autres puissances alliées ne commencent à combattre le Japon. Une victoire japonaise en Chine aurait signifié que la guerre se serait étendue à d'autres régions de l'Asie et de l'Europe avec des conséquences désastreuses pour l'avenir de la Chine pendant une génération ou plus de même que pour d'autres pays et peuples d'Asie.

Au récent Congrès du Comité international des sciences historiques, qui s'est tenu en Chine en août à la veille de la commémoration du 70e anniversaire de la fin de la guerre, 2 800 historiens de partout dans le monde ont discuté des contributions de la Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un des participants-hôtes, Zhang Haipeng, président de l'Association des historiens chinois, a expliqué que les troupes japonaises auraient pu avancer vers l'Asie du Sud, l'Inde ou le Moyen-Orient et faire la jonction avec les troupes allemandes, si les soldats chinois ne les avaient pas arrêtées.

(Photos : Xinhua)

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Le peuple japonais s'oppose à la résurgence du militarisme et à la poursuite de l'occupation militaire du Japon par les États-Unis


Environ 120 000 personnes ont entouré la Diète (le parlement japonais) le 30 août dans une manifestation de masse contre la tentative de l'élite au pouvoir de faire revivre le militarisme japonais 70 ans après qu'il ait été vaincu par les peuples du monde. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté en même temps dans plus de 1000 endroits dans toutes les préfectures du Japon. Ce fut la plus grande mobilisation de masse contre le militarisme à l'échelle du Japon depuis que les États-Unis ont annoncé leur plan militaire de « pivot vers l'Asie » auquel le gouvernement Abe a adhéré en déclarant son intention d'adopter une législation proguerre.

La Diète débat présentement de deux projets de loi sur la « sécurité » qui entre autres choses vont altérer la constitution en en retirant l'Article 9 qui interdit au Japon d'envoyer des troupes à l'étranger à des fins agressives. Ces lois vont incorporer dans la législation nationale et au sein de l'accord militaire États-Unis/Japon récemment renouvelé le concept frauduleux « d'autodéfense collective » qu'utilise l'alliance agressive de l'OTAN dirigée par les États-Unis pour justifier ses guerres illégales basées sur la loi du plus fort.

Sur sa page Facebook, la Campagne mondiale sur l'Article 9 décrit ainsi l'action du 30 août :

« Une nouvelle page de l'histoire du Japon vient d'être tournée. Notre démocratie se tient à nouveau debout !

« Plus de 120 000 personnes se sont rassemblées devant la Diète nationale du Japon pour protester contre les nouveaux projets de loi sur la sécurité ! Ce nombre toutefois ne comprend pas les gens qui ont protesté en d'autres points du pays...

« Quelle est la signification de cet événement ? Simplement que les Japonais sont choqués contre le premier ministre Abe ? Est-ce vraiment tout ? Non. C'est notre avenir, la sécurité du Japon et la paix dans le monde qui nous préoccupent. Nous pensons que ces projets de lois vont faire du monde un endroit moins pacifique et menacent notre avenir. C'est pour cela que nous protestons. »

Les nombreuses organisations qui s'opposent aux projets de loi et à la présence continue des forces militaires des États-Unis ont émis une déclaration conjointe pour l'occasion qui est reproduite plus bas.

Le Japan Times écrivait ce qui suit au sujet de l'état actuel des projets de loi le 5 septembre dernier : « Le gouvernement et la coalition au pouvoir pensent à annuler les audiences publiques régionales sur les projets de loi, ont rapporté des sources vendredi le 4 septembre.

« Le gouvernement et la coalition dirigée par le Parti libéral-démocrate espèrent qu'en passant outre aux audiences ils vont sauver du temps et pouvoir adopter les lois pendant la semaine du 14 septembre, selon certaines sources. [...]

« Cependant, ne pas tenir des audiences régionales publiques va créer de la colère parmi l'opposition. [...]

« La Diète tient des audiences publiques sur des questions importantes afin d'entendre les opinions d'experts et de représentants officiels et d'autres personnes.

« Le comité spécial de la Chambre basse sur les projets de loi a tenu une audience publique à la Diète le 13 juillet avant d'adopter ces mesures le 15 juillet, soit la veille du jour où la législation a passé l'étape de la Chambre basse. »

Déclaration conjointe des organisations non gouvernementales japonaises contre les projets de loi sur la sécurité, Osaka, 30 août 2015


Osaka, 30 août 2015

Les ONG suivantes expriment leur profonde préoccupation et opposition face aux projets de loi sur la sécurité proposés au Japon.

1. Par son règne colonial et ses guerres agressives dans la région de l'Asie-Pacifique, le Japon a causé beaucoup de pertes de vie et violé les droits humains et les plaies qui en ont résulté ne sont pas encore guéries. Depuis sa défaite il y a 70 ans, et s'appuyant sur le regret profond pour les grandes souffrances que la guerre instiguée par le Japon a causées, le pays a décidé de mettre fin au militarisme et, en vertu de l'article 9 de la Constitution, s'est engagé envers le monde à abandonner la voie de la guerre. Cet « engagement à ne pas faire la guerre » a fait en sorte que le Japon n'a pas participé à des activités de combat à l'étranger pendant les 70 dernières années.

2. Les projets de loi sur la sécurité présentement débattus au Japon vont permettre l'usage du droit d'autodéfense collective et donc la participation du Japon à des guerres opposant d'autres pays et permettre l'usage de la force à l'étranger dans le cas d'une attaque armée contre les États-Unis ou d'autres proches pays alliés. Ils permettraient également, au nom de la coopération internationale pour la paix, d'entreprendre de vastes opérations logistiques qui accompagnent l'utilisation de la force comme le transport de munitions pour des conflits entre d'autres pays. Les conflits armés ou les opérations militaires logistiques dans lesquels le Japon serait autorisé à participer ne sont pas confinés géographiquement et comprendraient l'Asie, le Moyen-Orient et l'Afrique.

3. Plusieurs experts constitutionnels du Japon ont déclaré que ces projets de lois enfreignent l'Article 9 de la constitution japonaise et la majorité des citoyens du pays s'y oppose elle aussi. En dépit de cela, les projets de lois proposés ont été adoptés par la Chambre des représentants sans avoir été suffisamment débattus et ils sont maintenant en train d'être débattus à la Chambre des conseillers.

4. Nous nous opposons fermement à ce que les populations de l'Asie-Pacifique puissent une fois de plus être tuées et être mises en position de tuer à cause des actions guerrières du Japon et à ce que la région connaisse une fois de plus le désastre de la guerre. Nous nous opposons à toute participation du Japon à la guerre où le pays contribuerait à des bains de sang au Moyen-Orient et en Afrique qui endurent déjà les misères de la guerre.

5. Nous croyons qu'il ne sera pas possible d'endiguer les conflits dans le monde sans résoudre le problème de la violence structurelle de la pauvreté, des disparités, de la discrimination et de la répression des droits humains qui sont le terrain sur lequel pousse le conflit et le soi-disant terrorisme. Il n'est pas possible de bâtir un ordre juste dans le monde sans s'attaquer à ces problèmes fondamentaux et en s'appuyant uniquement sur la force militaire. Dans un monde qui devient de plus en plus militarisé et violent, le pacifisme du Japon, bien qu'imparfait, peut constituer une alternative pour l'établissement d'une paix internationale qui repose sur « le non usage de la force armée pour régler les conflits internationaux ». La communauté internationale tout entière doit appuyer ce pacifisme et l'étendre.

Nous réitérons par la présente notre opposition aux projets de loi sur la sécurité qui sont présentement débattus à la Diète japonaise car ils vont à l'encontre des espoirs de la société civile mondiale.



Tokyo, 30 août 2015

(Photos : Xinhua)

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Fondation de la Corée démocratique
le 9 septembre 1948


Célébration du 65e anniversaire de la fondation de la RPDC le 9 septembre 2013 (KCNA)

La fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) le 9 septembre 1948 a été un moment d'une grande signification historique non seulement pour le peuple coréen qui avait remporté sa libération du colonialisme japonais juste quelques années auparavant mais pour tous les peuples du monde. Alors que le peuple coréen venait de vaincre le Japon, les États-Unis ont installé au pouvoir un gouvernement fantoche dirigé par Syngman Rhee dans la partie sud de la Corée, qu'ils ont occupée et baptisée République de Corée le 15 août 1948. Ils ont divisé la nation coréenne dans le but de détruire les structures que le peuple était en train de mettre en place pour établir un nouveau gouvernement de son choix. Le peuple coréen s'est rebellé et a répliqué le 9 septembre en établissant la RPDC pour bloquer l'ingérence des impérialistes américains dans les affaires coréennes.

Sous la direction du Parti des travailleurs de Corée dirigé par le président Kim Il Sung, la RPDC a dû surmonter les grandes difficultés que l'histoire a placées devant elle, en particulier la guerre brutale qui lui a été imposée par l'impérialisme américain de 1950 à 1953.

Après la guerre, la RPDC a poursuivi la révolution et la construction du socialisme à travers plusieurs étapes et dans des conditions très difficiles. En faisaient partie les menaces militaires et les blocus économiques imposés par les grandes puissances dirigées par l'impérialisme américain sous l'égide des Nations unies. Fidèle à ses principes et profondément convaincu que sa cause est juste, le peuple coréen a surmonté les difficultés et les adversités et poursuit aujourd'hui la voie socialiste qu'il a choisie qui met le peuple au centre du développement.

La signification de la fondation de la RPDC en tant que facteur de paix dans la région devient toujours plus évidente car elle tente avec diligence de donner naissance à une nation coréenne indépendante unie et digne. En refusant fermement de se soumettre au chantage des États-Unis sur la question nucléaire dans le but de chasser de la péninsule coréenne les impérialistes américains et leurs armes nucléaires, elle affirme sa souveraineté et fait entrave à l'hégémonie des États-Unis.


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Le 10e anniversaire de l'ouragan Katrina marqué par la résistance et la demande de reddition de comptes


Une maison laissée à l'abandon dans le bas du 9e arrondissement
de la Nouvelle-Orléans le 15 juin 2015

Il y a 10 ans maintenant l'ouragan Katrina frappait la Nouvelle-Orléans et la Côte du Golfe, suivi d'un désastre d'origine humaine, causant la mort de plus de 1800 personnes et en forçant plus de 1,5 million à quitter la région dont plusieurs n'ont jamais pu y revenir. La dévastation et l'occupation militaire qui ont suivi, où des dizaines de milliers de personnes ont été forcées de rester dans des camps de détention puis dispersées dans le pays, sont un exemple d'un gouvernement qui a manqué à ses responsabilités. Le même échec se voit à la reconstruction de la ville qui a failli à reconnaître le droit du peuple au logement, aux soins de santé, à des emplois et de l'éducation.

Le système scolaire public a été dévasté, l'hôpital public fermé et remplacé par un hôpital privé et les taux de chômage et de pauvreté sont demeurés élevés et pires encore pour les Afro-Américains à cause du racisme d'État. Le droit de retour a été bafoué et dans plusieurs localités, comme le 9e arrondissement, entre 20 et 30 % seulement des résidents ont pu retourner. Le crime qu'a commis le gouvernement en n'organisant pas l'évacuation, puis en déplaçant les gens par la force et en refusant de garantir leur retour est demeuré impuni. Les résidents de la Nouvelle-Orléans et le peuple de tout le pays demandent toujours que le gouvernement rende des comptes de ce qu'il a fait.

Lors de sa récente visite à la Nouvelle-Orléans, le président Obama a qualifié la reconstruction de la ville de « modèle ». Il n'a pas dit si l'occupation militaire de la Nouvelle-Orléans et les camps de détention de masse seront le modèle des futures urgences. Compte tenu des détentions de masse et de la séparation des familles qui s'y sont produites et des actions similaires que prend le gouvernement maintenant envers les immigrants et les réfugiés, notamment les détentions de masse, tout indique que des actions du genre vont faire partie des « interventions d'urgence ». Le gouvernement est d'ailleurs en train d'augmenter le nombre des camps de détention et de tenir des exercices simulés « d'urgences » sous commandement militaire qui comprennent des premiers intervenants et des agences de police. On le voit aussi à la réponse militarisée qu'il donne aux protestations comme à Ferguson ou à Baltimore. Le peuple quant à lui continue de rejeter l'occupation militaire, de réclamer le financement nécessaire des premiers intervenants et d'exiger que le gouvernement assume sa responsabilité de satisfaire les besoins du peuple plutôt que de le terroriser.

En disant que la reconstruction de la Nouvelle-Orléans est un modèle, Obama présente l'usurpation des institutions publiques comme les écoles et les hôpitaux par des intérêts privés comme une réponse à la situation. La destruction des écoles et de l'hôpital public et les hauts taux chroniques de pauvreté et de chômage illustrent bien que ces intérêts privés n'ont aucune solution qui soit dans l'intérêt public. Comme les résidents de la Nouvelle-Orléans l'ont dit dès le début, on ne peut pas accepter que le public soit exclu de la gouvernance. « Si quelque chose qui nous concerne est fait sans nous, il n'est pas fait pour nous », disent-ils. On ne peut trouver des solutions qu'en rejetant le diktat des intérêts privés et en intensifiant la lutte pour le droit du peuple de se gouverner lui-même et de décider de ses affaires.

La Nouvelle-Orléans se souvient et poursuit sa résistance

La Nouvelle-Orléans a marqué le 10e anniversaire de l'ouragan Katrina et de la dévastation d'origine humaine par des manifestations, des cortèges de deuxième ligne, des performances de rue et des forums. Une de ces deuxièmes lignes a été tenue là où la digue qui devait protéger le 9e arrondissement s'est effondrée durant l'ouragan Katrina, n'ayant pas été construite par le gouvernement avec la solidité requise. Des torrents d'eaux s'y sont engouffrés qui ont laissé en ruine le quartier habité depuis toujours par des Afro-Américains et ses nombreux propriétaires de maisons.

Les organisateurs ont dit que la résistance est depuis longtemps la culture de la Nouvelle-Orléans comme on l'a encore vu suite au désastre d'origine humaine qui a dévasté la ville et depuis. Ce sont les résidents eux-mêmes qui ont secouru des gens par milliers et ont mené des actions pour défendre leurs droits par après. Ils ont mis sur pied un tribunal l'année suivante qui a déclaré le gouvernement coupable de génocide et de violation de nombre de droits humains. Plusieurs réunions et actions se sont tenues où on a déclaré que la reconstruction de la ville n'a pas servi la population mais de riches intérêts privés. Plusieurs parmi le million de personnes qui ont été forcés de quitter la région n'y sont pas revenus et la plupart des gens n'ont rien reçu en réparation pour leurs pertes, pour la reconstruction et le crime qu'a commis le gouvernement en forçant les gens à quitter à la pointe du fusil. Seulement un tiers des résidents du 9e arrondissement ont pu y revenir.

Les manifestants ont partout mis de l'avant que le logement est un droit. Avant Katrina, il y avait plus de 12 270 unités de logement public à la Nouvelle-Orléans et il n'y en a plus qu'environ 2006. Plus de 90 % des quelque 15 000 familles qui sont sur des listes d'attentes pour du logement public ou de l'aide en vertu de la Section 8 sont Afro-Américaines.

Les manifestants ont aussi dénoncé le fait qu'environ 50 % des enfants noirs de la Nouvelle-Orléans vivent dans la pauvreté, soit plus qu'avant Katrina.

Le système d'éducation publique a été décimé et les enseignants, la plupart Afro-Américains, licenciés en masse. Aujourd'hui, 92 % des étudiants vont dans des écoles à charte. Les politiques de discipline injustes et racistes des écoles à charte nient à de nombreux étudiants l'accès égal à l'éducation. Quinze de ces écoles à la Nouvelle-Orléans ont des taux de suspension d'étudiants supérieurs à ceux du reste du pays. En 2013, on a dénombré 46 625 cas de suspensions, un chiffre qui dépasse le nombre des étudiants du système d'éducation local.

Les manifestants sont passés devant la prison tristement célèbre pour le nombre de gens qui y sont morts noyés pendant Katrina et pour les attaques aux droits humains par après. Une vidéo montrant la résistance en prison a été projetée sur ses murs pendant que les manifestants défilaient devant elle. Les prisonniers noirs sont cinq fois plus nombreux que les blancs dans les prisons de la Louisiane bien que la population blanche de l'État soit le double de la population noire. La résistance au racisme d'État et les demandes de redditions de comptes pour les meurtres commis par la police sont aussi vivantes aujourd'hui qu'au moment de Katrina.

Les manifestants ont marché, unis à la défense de leurs droits, avec une ferme détermination et un grand esprit de résistance.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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