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Numéro 37 - 9
septembre 2015
Fête du travail 2015
Les travailleurs canadiens pour
le renouveau démocratique et une direction prosociale de
l'économie
- Centre ouvrier du Parti communiste
du
Canada
(marxiste-léniniste) -
Utilisation
scandaleuse
de
la
mort des réfugiés
à des fins
bellicistes et électoralistes
• Le rôle criminel du Canada dans les
affaires internationales
- Philip Fernandez -
• Les politiques draconiennes du gouvernement
Harper
en matière de citoyenneté et d'immigration
Importants
anniversaires et événements
• À la mémoire des victimes du
fascisme
- Pauline Easton -
• La désinformation au sujet de
l'invasion de la Pologne
- Hardial Bains -
• L'amnésie politique des
autorités polonaises
- Valéry Vrublevsky -
• La contribution unique de la Chine dans la
Deuxième Guerre mondiale
• Au sujet de la date du début de la
Deuxième Guerre mondiale
• Le peuple japonais s'oppose à la
résurgence du militarisme et
à la poursuite de
l'occupation militaire du Japon par les États-Unis
• Fondation de la Corée
démocratique le 9 septembre 1948
• Le 10e anniversaire de l'ouragan Katrina
marqué par
la résistance et la demande de reddition de
comptes
- Organisation marxiste-léniniste des
États-Unis -
• Note aux
lecteurs
Fête du travail 2015
Les travailleurs canadiens pour
le renouveau
démocratique et une direction
prosociale de l'économie
- Centre ouvrier du Parti communiste du
Canada (marxiste-léniniste) -
La Fête du travail cette année tombe en
pleine élection fédérale. Cela donne aux
travailleurs qui sont préoccupés par la direction de
l'économie l'occasion de faire entendre leur voix et de prendre
part à des actions pour le renouveau. Les défis auxquels
les travailleurs font face à cause de l'assaut
néolibéral généralisé sont grands
mais leur
capacité à se défendre et à renouveler les
conditions politiques, économiques et sociales est plus grande
encore. La classe ouvrière moderne est éduquée,
elle a l'expérience des affaires politiques, elle est
placée stratégiquement au centre de l'économie et
a tout à gagner du renouveau démocratique et d'une
nouvelle direction prosociale de
l'économie.
Bien que les travailleurs soient les
véritables
producteurs de tous les biens et services et forment la classe sociale
de loin la plus nombreuse, on empêche leurs points de vue
indépendants et leur projet d'édification nationale
d'assumer le pouvoir économique et politique d'État.
L'élite capitaliste au pouvoir et ses monopoles mondiaux ont
façonné un État néolibéral hostile
afin de priver la classe ouvrière de ses droits et de
l'empêcher de jouer son rôle historique de faire avancer le
pays vers le nouveau. Malgré les obstacles évidents, la
classe ouvrière a devant elle la possibilité de terminer
la transition d'un pays essentiellement rural reposant sur une petite
production dispersée et la
famille élargie vers un État moderne urbain qui repose
sur la grande production industrielle concentrée dans une
économie
socialisée aux éléments interreliés, qui
subvient à ses besoins, et sur un projet d'édification
nationale qui garantit le bien-être et les droits de tous.
L'élite capitaliste au pouvoir a montré
qu'elle n'est pas capable de résoudre les problèmes de ce
système capitaliste transitoire parce qu'elle refuse de renoncer
à son privilège de classe, à ses droits de
propriété d'une autre époque et à son
contrôle de l'économie socialisée, lesquels sont un
héritage du système précédent qui reposait
sur la petite
production dispersée et la famille élargie. Elle refuse
de reconnaître que les forces productives ont profondément
changé et que le pays ne repose plus sur le passé rural
de pionnier de la petite production. Pour résoudre ses
problèmes récurrents, l'économie urbaine
socialisée, avec sa grande production industrielle
concentrée a besoin de rapports de
production socialisés qui sont sous le contrôle et la
direction de la classe ouvrière, la classe des vrais producteurs.
L'intransigeance de
l'élite au pouvoir à
refuser que le peuple soit investi du pouvoir par le renouveau
démocratique et une nouvelle direction prosociale de
l'économie a plongé le pays dans des crises
récurrentes. La domination du Parlement et des élections
par les partis politiques cartellisés rivaux,
contrôlés par des intérêts privés, a
empoisonné
l'atmosphère politique et mène tout droit à la
corruption et à l'effondrement des vieilles institutions
canadiennes, comme on le voit avec le Sénat par exemple. Lorsque
le renouveau démocratique est bloqué, l'économie
souffre de problèmes non résolus et connaît des
récessions récurrentes, la destruction du secteur
manufacturier, le chômage de
masse chronique et une pauvreté et des problèmes sociaux
croissants. Le libre-échange sous contrôle des monopoles
et la braderie des ressources et des avoirs du pays aux monopoles
mondiaux règnent en maître et le bien-être et la
sécurité du peuple de même que ses droits sont sans
cesse assiégés et niés par le droit de monopole et
ses
représentants politiques néolibéraux.
Les formes politiques sont
toujours en crise parce que
l'élite au pouvoir et ses monopoles mondiaux ont établi
leur contrôle privé au sein d'un État
néolibéral qui purge le pouvoir d'État de toute
autorité publique. Dans ce contexte, l'État
néolibéral est constamment en campagne pour privatiser
les avoirs publics, détruire les programmes sociaux
et les services publics et priver la classe ouvrière et tous les
membres de la société de leurs droits saufs les
très riches.
La classe ouvrière n'est pas impuissante face
à
cette situation. En fait, l'imposition de l'État
néolibéral montre la faiblesse et l'effort
désespéré de l'élite capitaliste pour
s'accrocher au pouvoir à tout prix. Les attaques contre ses
droits et la soif insatiable de richesses et de pouvoir des riches
poussent
la classe ouvrière à s'unir et à forger une
nouvelle conscience sociale quant au rôle clé qui lui
revient, en tant que facteur humain, pour sauver le pays et la
société de la ruine.
La classe ouvrière
répond aux provocations
de l'État néolibéral par son propre projet
d'édification nationale. Avec une confiance et une force
organisationnelles accrues, elle développe sa politique pratique
et ses actions avec analyse. Dans cette élection, les
travailleurs avertissent les riches et leurs monopoles qu'ils ne vont
pas tolérer leurs
politiques d'austérité, de guerre et de destruction
nationale. Une défaite décisive des conservateurs de
Harper et des libéraux de Trudeau va nous placer dans un
face-à-face avec le NPD qui va devoir nous montrer s'il ose
agiter le drapeau blanc du pragmatisme suite à son
élection et refuser de retirer la loi C-51 et de créer le
programme national de garderies
qu'il a promis et s'il va ramener nos soldats et nos avions de guerre
qui
contribuent à l'anarchie et à la violence
créées par les guerres prédatrices des
États-Unis.
En infligeant une défaite décisive
à Harper et aux libéraux, la classe ouvrière va
montrer de quelle étoffe elle est faite et sa
détermination à bâtir le nouveau. Elle pourra
poursuivre sur son élan et occuper l'espace créé
par cette victoire pour étendre le mouvement pour le renouveau
démocratique et pour une nouvelle direction prosociale de
l'économie et mettre de l'avant un audacieux programme
d'édification nationale et d'habilitation du peuple, qu'elle va
elle-même façonner, discuter et adopter.
Alors mettons tout en oeuvre pour défaire les
conservateurs et les libéraux dans cette élection et
développer la confiance et la conscience de la classe
ouvrière qu'elle est capable de sauver le Canada de la
destruction aux mains des néolibéraux, qu'elle a le
courage de résister au droit de monopole, de défendre les
droits du peuple et de servir l'intérêt
public. Laissons derrière toute hésitation et
indécision et assumons le rôle central et le
contrôle dans le pays. On apprend à faire de la politique
et à construire la nation en le faisant. Nouvelle direction
prosociale de l'économie et programme politique de renouveau
démocratique vont de pair.
Tous pour le renouveau ! Apprenons à agir
politiquement par des actes d'organisation et d'engagement conscient
dans la politique pratique de la classe ouvrière !
Une nation dynamique et pleine de possibilités
cherche à naître et la classe ouvrière en est
l'accoucheuse !

Utilisation scandaleuse de la mort des
réfugiés
à des fins bellicistes et
électoralistes
Le rôle criminel du Canada
dans les affaires
internationales
- Philip Fernandez -

L'image du petit Syrien de trois ans, Alan Kurdi,
échoué la tête dans l'eau sur une plage de la
Turquie, a fait le tour du monde le 2 septembre. La photo expose
l'inhumanité totale des conditions qui sévissent dans le
monde. Pour les Canadiens, elle a aussi mis en lumière
l'inhumanité flagrante et le racisme du gouvernement Harper, de
même
que le rôle criminel que joue le Canada dans les affaires
internationales.
On dit que cette crise des réfugiés est la
plus grande de l'histoire du monde moderne, plus grande encore que
l'exode qu'ont provoqué les ravages de la Deuxième Guerre
mondiale.
Dire de cette catastrophe
qu'elle est
« européenne » ne sert qu'à en
cacher la cause. Cette désinformation nie la
responsabilité des États-Unis, du Canada et des autres
puissances de l'OTAN. Pour ajouter à la diversion, on qualifie
de « migrants » ceux qui cherchent refuge contre
la
guerre, la destruction nationale et
l'anarchie déchaînée par les impérialistes
américains et les puissances de l'OTAN, dont le Canada, contre
l'Irak, la Syrie, la Palestine, la Libye, l'Afghanistan, la Somalie, le
Soudan et le Yémen.[1] On suggère que des millions de
personnes cherchent à quitter leur patrie en direction de
l'Europe pour des raisons économiques, courant
volontairement le risque de perdre leur vie en route et mourant de faim
ou des conséquences de voyages périlleux en haute mer.[2]
On cache ainsi pourquoi ils sont affamés,
persécutés et soumis aux traitements les plus brutaux,
violents et inhumains par les intervenants occidentaux soi-disant
civilisés des États-Unis, du Canada et de l'Europe.
On suggère que ces gens fuient
« quelque chose », mais ce « quelque
chose » n'est pas clairement défini sinon qu'on
évoque un groupe sinistre du nom d'État islamique. Nulle
mention n'est faite du fait que depuis un siècle
l'impérialisme anglo-américain, par le biais de guerres
prédatrices et d'autres tactiques
d'ingérence, n'a pas permis à l'Asie de l'Ouest et
à l'Afrique du Nord de se débarrasser du legs du
colonialisme et de donner naissance à leurs projets
d'édification nationale moderne. Surtout depuis la fin de la
division bipolaire du monde, à chaque fois que les peuples ont
voulu avancer dans leur projet national, l'ingérence, les
bombes, les troupes
et les mercenaires des impérialistes anglo-américains ont
été lancés contre eux pour les écraser.
Après la
Deuxième Guerre mondiale, afin de
détruire la voie moderne de l'édification nationale, les
impérialistes ont entretenu l'esprit de violence raciste et
sectaire dans la région en déployant la bannière
du sionisme. C'est ce qui a permis à certains
réfugiés juifs d'Europe d'aller s'installer en Palestine.
Cela a servi à créer un État raciste,
d'abord sur un territoire restreint de la Palestine mais
s'étendant bientôt dans toutes les directions et faisant
fuir des millions de nouveaux réfugiés, presque tous
palestiniens au début.
L'impérialisme anglo-américain a
cherché de manière désespérée
à contrôler la région et a fomenté dans ce
but un coup d'État en Iran pour y installer la dictature brutale
des Pahlavi. Après 1990, dans le but d'assouvir leurs propres
ambitions de domination, les États-Unis ont
déclenché des guerres directes pour écraser la
Yougoslavie et
concurrencer les Allemands et les Français pour le
contrôle des Balkans puis de l'Afghanistan, de l'Irak, de la
Libye et maintenant de la Syrie. Aux réfugiés
palestiniens dispersés dans les camps de ces pays se sont
ajoutés des millions d'autres réfugiés à
mesure que se désintègrent ces États sous le poids
des guerres prédatrices des États-Unis aidés
par leurs partenaires voyous de l'OTAN, dont le Canada. Une masse
critique de réfugiés a été atteinte avec
deux millions de réfugiés syriens en Turquie seulement et
plusieurs autres millions au Liban, en Jordanie et ailleurs, tandis que
les ressources pour répondre à la situation se font
rares. Dans un geste désespéré pour fuir
l'anarchie, la violence
et une mort certaine causées par les guerres
impérialistes et les voyous armés et financés par
les impérialistes, ils ont entrepris ces voyages
périlleux à la recherche de la sécurité en
Europe.
Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre
Toronto, 4 septembre 2015
Confronté à la responsabilité du
Canada dans la création des obstacles qui empêchent les
réfugiés de venir au Canada et mènent à
leur mort, Stephen Harper s'est vu forcé d'avouer que des
changements aux politiques en matière de réfugiés
sont nécessaires. Il a aussi mis de
l'avant son argument criminel à l'effet que le Canada doit aussi
continuer « de lutter contre la source du problème
qui prend la forme d'une violente campagne menée contre ces
peuples par l'EIIL ». Il a ajouté :
« Nous devons aider les gens qui sont sur le terrain et qui
ne peuvent s'enfuir et nous pouvons le faire en mettant
fin à la violence sans nom qui les cible, qui les déplace
et qui les tue. »
En d'autres mots, le gouvernement Harper s'engage
à créer de plus grandes tragédies, où les
gens seront tués directement par l'agression de l'OTAN (des
morts qu'on nommera dommage collatéral) ou mourront en haute mer
en tentant de fuir la destruction et l'instabilité.
La position de Harper est essentiellement la même
que celle exprimée par le ministre de la Défense Jason
Kenney, plus tôt cette année, lorsqu'interrogé par
les médias au sujet de la destruction qui avait
été causée à la Libye par l'OTAN et les
bombardements canadiens. David Pugliese du Ottawa Citizen a
tenté d'expliquer pourquoi
les navires canadiens n'étaient pas venus au secours des gens
dont la vie était en péril dans leurs vaisseaux de
fortune, des réfugiés de l'Afrique vers l'Europe. Il
écrit : « En avril, le ministre de la
Défense, Jason Kenney, a dit que le Canada n'avait aucune
responsabilité pour ce qui est des migrants. À ce moment
là, un porte-parole du
ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson avait
déclaré que ce qui était prioritaire était
de confronter l'EIIL 'directement au moyen d'actions militaires
menées avec nos
alliés' ».
Le ministre de la Défense Kenney a dit ceci lors
d'une entrevue au réseau CBC : « Il s'agit d'un
défi posé aux pays d'Afrique et d'Europe dans la
région de la Méditerranée... Nous ne pouvons
être tenus responsables de décisions prises par des gens
qui embauchent des trafiquants humains sans scrupules qui mettent leurs
vies en
danger. »
« Les
trafiquants humains sont apparus
partout en Libye à la faveur du chaos qui a été
créé par le renversement en 2011 du leader du pays,
Mouammar Kadhafi », écrit Pugliese. Il poursuit :
« Kenney a admis que le Canada a joué
un rôle de premier plan dans la mission de l'OTAN qui a
chassé Kadhafi du pouvoir mais il a dit que la crise des
migrants n'a rien à voir avec la situation en Libye. »
Le refus total du ministre de l'Immigration de Harper,
Chris Alexander, d'approuver les demandes de la plupart des
réfugiés syriens est vraiment cynique. Le Canada
contrevient aux conventions internationales sur l'asile qu'il bafoue
délibérément. Dans la foulée des
décès des petits Kurdi et de leur mère le 2
septembre, les médias monopolisés
ont spéculé sur la nécessité pour le Canada
de recevoir plus de réfugiés de la Syrie et de l'Irak
ravagés par la guerre et d'autres pays. Les Canadiens ont
massivement répondu oui, mais plusieurs disent que cela ne doit
pas nous détourner du fait que ces réfugiés
proviennent tous de pays qui sont victimes des guerres de l'OTAN.
Le problème central
auquel les Canadiens doivent
s'attaquer avant que des désastres encore plus grands ne
frappent l'humanité c'est d'établir un gouvernement
antiguerre qui va faire échec à la quête de
domination des impérialistes américains et des vieilles
puissances européennes, une quête dans laquelle le Canada
a été intégré au nom du
changement de régime et de la « responsabilité
de protéger ». Un gouvernement antiguerre doit
affirmer la nécessité de régler les conflits
pacifiquement et condamner les crimes contre la paix.
Le Canada a joué et continue de jouer un sale
rôle en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie et
cela doit cesser. Lors du soi-disant débat des chefs
organisé par le Maclean's
Magazine le 6 août, ce
n'est pas seulement Stephen Harper qui a défendu la guerre et
l'ingérence dans les affaires des pays souverains et le
règlement des conflits par la violence. En fait, les autres
chefs ont rivalisé entre eux à savoir comment mieux mener
ces guerres prédatrices. Certains ont poussé la duperie
jusqu'à demander que les guerres d'agression et d'occupation
soient menées de manière humaine. Ils essaient en
pontifiant de faire passer cette tyrannie brutale pour une
opposition à la tyrannie.
« Le problème des
réfugiés » est en train d'être
utilisé d'une façon vraiment cynique pour augmenter les
chances électorales de tel ou tel parti. « C'est moi
qui ai la bonne position sur les réfugiés : votez
pour moi ! » Difficile de tomber plus bas. Le chef du
NPD Thomas Mulcair et le chef libéral Justin
Trudeau demandent que le Canada augmente son quota de
réfugiés. Est-ce que c'est leur version du
« fardeau de l'homme blanc », un petit sacrifice
que les Canadiens devraient consentir pour le bien-être de
l'humanité ? En autant bien sûr que ça soit
« viable » et dans les confins des
« limites
raisonnables ». Pensent-ils vraiment que cela va les
absoudre de l'appui qu'ils donnent à la participation du Canada
dans les guerres d'agression et l'ingérence en Asie de l'Ouest
et en Afrique du Nord, qui sont devenues si vastes, extrêmes et
violentes qu'elles ont causé une crise de réfugiés
sans précédent ?
Tous ces supposés grands partis qui veulent
être élus appuient la participation du Canada à
l'OTAN dominée par les États-Unis qui encercle maintenant
la Russie avec un bellicisme criminel. Le Canada participe dans les
exercices de l'OTAN aux frontières de la Russie qui visent
à l'entourer d'un bouclier nucléaire. L'OTAN sous la
gouverne
des États-Unis est en train de diviser l'Ukraine et d'armer les
forces nazies dans le pays, qu'elle appelle des combattants de la
liberté.
Avec leur pivot vers l'Asie, les États-Unis ont
organisé des exercices de guerre nucléaire pour simuler
la prise de la capitale de la République populaire
démocratique de Corée, aux portes de la Chine. Toutes ces
actions criminelles sèment la violence et l'anarchie dans le
monde, la destruction et le déplacement forcé de dizaines
de millions de
femmes et d'enfants qui fuient pour sauver leur vie.
Les Canadiens sont
humanitaires mais l'État
canadien ne l'est pas. Pour les riches, qui ont usurpé le
pouvoir politique par la force et dominent les gouvernements, l'usage
de la force est le moyen de s'emparer des territoires et des ressources
des peuples pour les faire servir leurs propres intérêts.
C'est ce que les plus grands monopoles font ici
même au Canada. C'est ce qu'a fait US Steel avec sa prise de
contrôle et la destruction de Stelco. C'est ce que font d'autres
monopoles qui s'emparent des territoires et des ressources du Canada et
les utilisent dans leur propre intérêt, sans que les
Canadiens, surtout les peuples autochtones, y aient leur mot à
dire et y exercent aucun contrôle.
Les Canadiens sont humanitaires dans le sens le plus
profond du terme parce qu'ils sont des internationalistes venus de tous
les pays et coins du monde. Leur devise c'est « donne ta
chemise aux gens dans le besoin », pas « regarde
si tu as une chemise de trop ». En ce moment-ci de notre
histoire collective comme
Canadiens, donner notre chemise à ceux qui en ont
désespérément besoin signifie établir un
gouvernement antiguerre qui exprime notre désir collectif de
vivre en paix et en sécurité avec les nations et les
peuples du monde. Un gouvernement antiguerre va tout faire pour mettre
fin au déplacement forcé des peuples causé par les
guerres d'agression
et d'occupation et aider aussi les peuples qui sont victimes de
catastrophes naturelles.
Notes
1. Le journal The
Guardian a publié un
éditorial qui dit que la distinction entre un
réfugié et un migrant est devenue vague. Un
réfugié, selon The
Guardian, est quelqu'un qui
cherche asile face à un danger imminent tandis qu'un migrant
fait partie de la catégorie de gens beaucoup plus grande qui
migrent en quête d'un avenir meilleur pour eux et leurs familles.
Cependant, dans plusieurs pays, écrit The Guardian,
l'activité économique et la loi et l'ordre se sont
effondrées, de sorte que la démarcation entre les deux
catégories est « difficile à définir
d'un point de vue technique et éthique ».
2. Il existe trois routes principales que les individus
qui cherchent asile en Europe empruntent pour s'y rendre : la
route de l'est de la Méditerranée qui va de la Turquie
à la Grèce et aux Balkans, la route de la
Méditerranée centrale qui va de l'Afrique du Nord
à l'Italie et la route de l'ouest de la
Méditerranée qui va de l'Algérie à
l'Espagne.
Les données publiées par l'ONU permettent
de croire que la route allant de la Turquie à la Grèce
est la plus utilisée aujourd'hui, alors que par les
années passées c'était la route plus dangereuse
allant de l'Afrique du Nord à l'Italie qui l'était.
Selon l'ONU, les Syriens sont ceux qui empruntent le
plus la route de l'est de la Méditerranée, suivis des
Afghans et des Kosovars. En ce qui concerne la route de l'ouest de la
Méditerranée, ce sont les Syriens qui viennent en
tête, encore une fois suivis des Afghans et des Pakistanais.
Quant à la route de la Méditerranée
centrale, ce sont les Érythréens qui fuient les conflits
civils dans leur pays qui l'empruntent le plus, suivis des
Nigériens et des peuples des autres pays sous-sahariens.

Les politiques draconiennes du gouvernement Harper en
matière de citoyenneté et d'immigration
Le 1er septembre, No One Is
Illegal à Vancouver a
publié « Never Home : Legislating Discrimination
in Canadian Immigration » (Jamais de domicile :
légiférer la discrimination en matière
d'immigration canadienne), une document multimédia en ligne qui
revoit près de 10 ans d'un régime de discrimination et de
terreur du gouvernement Harper contre les citoyens, les immigrants, les
travailleurs étrangers temporaires et les réfugiés
au Canada. Il fournit des renseignements précieux pour la lutte
du peuple en faveur de lois justes et humaines en matière de
citoyenneté et d'immigration, qui respectent les droits de tous.
Des témoignages vidéo, accompagnés
de tableaux et de statistiques, montrent comment les politiques
racistes et restrictives du gouvernement Harper détruisent des
vies.
Une des principales conclusions que tire
« Never Home », c'est qu'il est devenu de plus en
plus difficile d'obtenir la citoyenneté canadienne et que
celle-ci peut aisément être refusée ou
retirée par l'État. Le document révèle, par
exemple, qu'entre 2000 et 2008, le nombre d'immigrants qui sont
arrivés et sont devenus citoyens par
la suite a diminué de 79 % à 26 %. Cela a
particulièrement affecté les candidats musulmans qui sont
plus susceptibles d'être considérés comme
« non canadiens », selon le document.
Selon les auteurs, le nombre de travailleurs
étrangers temporaires a triplé depuis 2004 et le
gouvernement Harper a éliminé près de 280 000
applications au Programme fédéral des travailleurs
qualifiés dans la même période. Un
« système de porte tournante »
contrôle l'admission des travailleurs étrangers
temporaires au Canada
comme main-d' oeuvre à bon marché. Sous le régime
du « quatre-quatre » que le gouvernement Harper a
introduit en avril 2011, les travailleurs étrangers temporaires,
à quelques exceptions près, sont obligés de
quitter le Canada après quatre ans et ne peuvent pas
présenter une nouvelle demande de travailler au Canada avant
quatre
ans. En avril 2015 s'est terminée la première
période de « quatre » années et
plus de 70 000 travailleurs étrangers temporaires actuellement
au
Canada, la plupart d'entre eux de minorités nationales, sont
menacés de déportation. Ce régime est une tactique
délibérée pour faire en sorte que ces
travailleurs, qui sont une composante de
l'économie canadienne, ne soient pas capables de s'organiser
collectivement à la défense de leurs droits, sans parler
d'y
prendre racine et de s'établir ici.
« Never
Home » donne des faits sur
la criminalisation généralisée des immigrants et
des réfugiés qui a mené entre 2006 et 2014
à l'expulsion de 117 351 personnes et à la
détention sans inculpation de 8317 autres, dont 807 enfants,
pour la seule période de 2009-2010.
Les auteurs soulignent que le gouvernement Harper a
dépensé 15 millions $ pour atteindre un quota annuel
de 875 retraits de statut de réfugié ce qui fait que le
nombre de réfugiés qui ont perdu leur statut a
été multiplié par cinq. En faisant de la
désinformation à propos de « faux
réfugiés », le gouvernement Harper a
limité
le nombre de demandes d'asile de 50 % et a réduit le nombre
de demandeurs d'asile déjà au Canada de 30 %. Ces
mesures et d'autres mesures arbitraires ont aggravé les
problèmes des réfugiés dont beaucoup sont
privés du droit aux soins de santé et aux autres
programmes sociaux.
« Never Home » souligne
également que le projet de loi C-51, la nouvelle loi
antiterroriste, accorde à la police secrète de
l'État des pouvoirs extraordinaires pour cibler les immigrants
et les réfugiés, et que les dispositions du projet de loi
C-24, la soi-disant Loi
renforçant la citoyenneté
canadienne, permettent à l'État
de persécuter et de révoquer la citoyenneté de
certains Canadiens qui ont été accusés de
« terrorisme » dans des termes très
généraux.
Le rapport s'oppose à la désinformation
utilisée par la bande à Harper depuis son arrivée
au pouvoir pour imposer des lois d'immigration et de citoyenneté
plus restrictives et racistes. Ces lois sont utilisées pour
attaquer l'unité politique de tous ceux qui vivent au Canada et
au Québec, immigrants, réfugiés, travailleurs
étrangers temporaires et
citoyens, et justifier l'exploitation brutale des travailleurs les plus
vulnérables.
Face à un tel assaut
généralisé contre les droits des immigrants, des
réfugiés, des travailleurs étrangers temporaires
et des citoyens, les auteurs appellent à une action politique
concertée pour obtenir une politique juste d'immigration et de
citoyenneté qui ne discrimine pas et ne brutalise pas telle ou
telle section du peuple sur une base raciste et
coloniale. Le rapport complet est disponible à : www.neverhome.ca.

Importants anniversaires et
événements
À la mémoire des victimes du fascisme
- Pauline Easton -
Concert antifasciste de
Zhengzhou en Chine auquel plus
de 40 000 personnes ont assisté le 30 août 2015 dans le
cadre des célébrations du 70e anniversaire de la victoire
sur le fascisme le 2 septembre 1945. (Xinhua)
En septembre, nous commémorons plusieurs
anniversaires importants liés à la Deuxième Guerre
mondiale. Nous nous rappelons les actes et le courage défiant la
mort des peuples des pays occupés et des nations alliées
qui ont rejoint le combat pour vaincre le fascisme. Nous rendons
hommage aux victimes du fascisme.
Cette année, des cérémonies ont eu
lieu en Russie pour commémorer le 70e anniversaire de la
victoire sur le fascisme en Europe le 9 mai et en Chine le 3 septembre.
La Journée internationale de commémoration des victimes
du fascisme, soulignée le deuxième dimanche de septembre
chaque année depuis 1962, sera célébrée le
13 septembre
cette année. Le monde entier rend hommage aux victimes du
fascisme.
La Deuxième Guerre mondiale a été
déclenchée en Europe le 1er septembre 1939 quand les
nazis
ont envahi la Pologne. Cependant, la guerre avait déjà
éclaté quand les militaristes japonais ont envahi la
Chine le 7 juillet 1937. Elle s'est terminée le 2 septembre 1945
avec la capitulation du Japon.
La Deuxième Guerre mondiale a impliqué 61
pays, plus de 80 % de la population mondiale. Plus de 55 millions
de personnes ont été tuées. Les hostilités
ont éclaté sur le territoire de 40 pays et dans les
vastes bassins des océans Atlantique, Arctique, Pacifique et
Indien. L'Union soviétique a subi les plus grandes pertes
matérielles et les
plus grandes pertes humaines, s'élevant à 27 millions de
civils et à 8,7 millions de soldats.[1] Malgré ces
énormes sacrifices, la désinformation sur ce qui a eu
lieu réellement se poursuit encore aujourd'hui.[2]

De
gauche à droite : Chamberlain, Daladier,
Hitler, Mussolini et Ciano à la signature des accords honteux de
Munich en 1938.
|
Le Canada est en train d'ériger des monuments qui
font l'amalgame du nazisme et du communisme dans le but de
réhabiliter les nazis en déclarant qu'ils étaient
des combattants de la liberté qui luttaient contre les
communistes. À leur plus grande honte, le gouvernement du Canada
de Stephen Harper, le Parti libéral et le NPD sont tous sur la
même page en ce qui concerne le 23 août, qui est
l'anniversaire de la signature par l'Union soviétique du Pacte
de non-agression avec l'Allemagne de Hitler en 1939 pour gagner du
temps et s'armer face à l'agression nazie inévitable. Le
Canada appelle honteusement ce jour la journée du Ruban noir
pour cacher les crimes commis à Munich le 29
septembre 1938.
Le Pacte de non-agression a été
imposé à l'Union soviétique parce que la
Grande-Bretagne et la France avaient refusé de s'engager dans
une alliance de sécurité collective en Europe pour
empêcher les hitlériens d'envahir d'autres pays. Elles
avaient signé auparavant avec les nazis les accords de Munich en
septembre 1938. Cet acte déshonorant
d'apaisement et de collaboration a permis à l'Allemagne
d'annexer les Sudètes de Tchécoslovaquie, a
ordonné aux Tchèques de ne pas résister
à l'agression nazie, et a donné le feu vert aux nazis
pour leur invasion de l'Europe.[3]
Malgré cela, le gouvernement du Canada, par une
déclaration du premier ministre Stephen Harper cette
année, soutient :
« En ce jour en 1939, l'Allemagne nazie et
l'Union soviétique communiste ont signé le fameux Pacte
de non-agression Molotov-Ribbentrop, qui a entraîné la
Deuxième Guerre mondiale. Ces régimes tyranniques ont
occupé la majeure partie du Centre et de l'Est de l'Europe,
causant une destruction incalculable et des souffrances
insensées, et tuant brutalement des millions d'innocents hommes,
femmes et enfants.
« Aujourd'hui, tous les Canadiens se joignent
à moi afin de rendre hommage à la mémoire des
dizaines de millions de victimes européennes de la tyrannie
communiste et nazie, et d'honorer les courageux hommes et femmes qui
ont combattu ces régimes afin de défendre leurs valeurs,
leurs croyances et leur foi. »
Harper a utilisé cette désinformation pour
justifier l'intervention illégale de son gouvernement en Irak et
en Syrie, son soutien aux fascistes en Ukraine, l'encerclement de la
Russie par l'OTAN et la réhabilitation des criminels de guerre
nazis dans les républiques baltes et en Pologne. Il utilise
également cet anniversaire pour promouvoir le
monument anticommuniste des harpériens à Ottawa. Il
termine sa déclaration par :
« En 2009, le Parlement a
déclaré que la journée du Ruban noir est une
journée nationale de souvenir, et j'encourage tous les Canadiens
à participer aux cérémonies de
commémoration de la journée du Ruban noir qui ont lieu
partout au pays. J'encourage également les Canadiens à
continuer à protéger et à promouvoir les valeurs
canadiennes de liberté, de démocratie, de droits de la
personne et de primauté du droit afin d'assurer qu'un tel mal ne
se reproduise jamais plus. »[4]
Le NPD et les libéraux ont fait des
déclarations étrangement similaires.
Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a
déclaré :
« Aujourd'hui marque le triste anniversaire
de la signature, en 1939, du Pacte germano-soviétique,
prélude au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
« C'est à la suite de cette alliance
que l'Allemagne nazie et l'Union soviétique ont envahi la
Pologne voisine.
« Des millions de personnes sont mortes, ont
été déportées ou emprisonnées durant
ce conflit parmi les plus sanglants de l'histoire.
« Au nom du
Nouveau Parti
démocratique, j'invite les Canadiens à ne pas oublier ces
hommes, femmes et enfants qui ont souffert, de même qu'à
honorer la mémoire de ceux qui ont résisté et se
sont opposés à ces régimes parmi les plus brutaux
que notre monde ait connus.
« Continuons à cultiver les principes
d'inclusion et de démocratie qui nous sont chers, et soyons
reconnaissants à ceux qui nous ont permis de vivre dans un monde
libre. N'oublions jamais que cette liberté reste fragile, et
demeurons vigilants face aux tentatives de réduction au silence
et d'oppression. »
Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a
déclaré :
« Aujourd'hui, alors que nous
commémorons l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire,
nous honorons la mémoire des victimes du communisme et du
nazisme dans toute l'Europe.
« Le 23 août marque le triste
anniversaire du Pacte Molotov-Ribbentrop. Signé en 1939, cet
accord tristement célèbre permettait un
réaménagement territorial et politique illégal de
l'Europe de l'Est et de l'Europe centrale entre l'Allemagne nazie et la
Russie soviétique. Au cours des années qui ont suivi, des
millions de personnes ont été
violemment expulsées de leur domicile et ont subi des
atrocités sans nom aux mains des régimes nazi et
soviétique.
« Nous nous souvenons de cette sinistre
période de l'histoire pour veiller à ce que le monde ne
reste plus jamais passif face à une tyrannie indescriptible. Que
cet anniversaire nous donne aussi l'occasion de réaffirmer nos
engagements envers les principes de justice et de protection des droits
de la personne partout au monde.
« Au nom du Parti libéral du Canada,
je me tiens aux côtés de toutes les Canadiennes et de tous
les Canadiens du pays pour nous souvenir solennellement des victimes du
nazisme et du communisme en cette journée du Ruban
noir. »[6]
Accuser l'Union soviétique d'avoir
déclenché la Deuxième Guerre mondiale et d'avoir
envahi la Pologne est un acte inadmissible qui trahit une mauvaise
conscience. Ce n'est pas une simple ou innocente révision de
l'histoire. C'est une trahison odieuse des victimes du fascisme dans le
but d'avancer aujourd'hui les préparatifs de guerre
criminels de ces mêmes pays qui ont collaboré avec Hitler
pour attaquer l'Union soviétique dans les années 1930.
Puisse la mémoire de ceux qui ont donné
leur vie dans la lutte pour la liberté, la démocratie et
la paix vivre dans le combat des générations actuelles
pour un monde libéré du fléau des agressions que
nous voyons aujourd'hui perpétrée par la puissance
anglo-américaine et les puissances européennes au nom du
changement de régime et de la
« responsabilité de protéger ». On
estime que plus de gens ont perdu la vie aujourd'hui à cause des
efforts inter-impérialistes de domination des ressources
mondiales,
du travail, des zones d'investissement et d'influence que pendant la
Deuxième Guerre mondiale. La nécessité
d'établir des gouvernements antiguerre partout dans le monde
n'a jamais été aussi grande.
Faisons notre devoir envers les victimes du fascisme et
assurons-nous d'établir un tel gouvernement au Canada.
Notes
1. Ria Novosti
2. À l'initiative de la Russie,
l'Assemblée générale de l'ONU a adopté
chaque année depuis 2005 une résolution demandant
instamment que soit mis fin à la glorification du nazisme,
chaque année. En 2013, l'Assemblée générale
de l'ONU a adopté une nouvelle résolution sur la lutte
contre les pratiques qui contribuent à alimenter les formes
contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de
xénophobie et d'intolérance. L'Assemblée
générale a exprimé sa profonde inquiétude
face aux tentatives de glorification du nazisme, du néonazisme
et des anciens membres de la Waffen-SS sous toutes ses formes,
notamment la construction de monuments et la tenue de manifestations
publiques.
Dans cette résolution, l'Assemblée
générale « se déclare
préoccupée par les tentatives
répétées de profanation ou de démolition de
monuments érigés à la mémoire de celles et
ceux qui ont combattu le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale,
ainsi que d'exhumation ou de levée illégales des
dépouilles de ces personnes » et a
noté avec préoccupation l'accroissement du nombre des
incidents de violence raciste dans le monde.
Le 5 mai 2014, le président russe, Vladimir
Poutine, a signé une loi introduisant une peine allant
jusqu'à 5 ans de prison pour réhabilitation du nazisme,
négation des faits énoncés dans le jugement du
Tribunal militaire international de Nuremberg et propagation
d'informations notoirement fausses sur les activités de l'URSS
lors de la
Deuxième Guerre mondiale. Cette loi punit d'amendes
également la profanation des Journées de la gloire
militaire et des dates anniversaires de la lutte contre l'agression
nazie.
Le 24 octobre 2014, la Douma a adopté en
troisième lecture une nouvelle loi, que le Conseil de la
Fédération a approuvée le 29 octobre 2014,
assimilant les symboles des organisations qui ont collaboré avec
les fascistes à ceux des nazis. Cela inclut ceux des partisans
du mouvement Stepan Bandera. Elle étend la liste de ces
organisations à
celles qui ont collaboré avec les organisations et mouvements
fascistes et à celles qui aujourd'hui collaborent avec les
organisations internationales, ou leurs représentants, qui nient
le jugement de Nuremberg et les autres jugements de la Deuxième
Guerre mondiale.
3. Hardial Bains. Les causes et les leçons
de la Deuxième Guerre mondiale. Toronto : MELS, 1990.
4. Conservative.ca.
5. ndp.ca.
6. Liberal.ca.

La désinformation au sujet
de l'invasion de la
Pologne
- Hardial Bains -
Le 1er septembre marque l'anniversaire de l'invasion de
la Pologne par les hitlériens en 1939. Au lieu de condamner les
nazis, les forces réactionnaires, comme les harpériens,
recourent à la désinformation pour revenir sur la
réputation des criminels de guerre nazis et soulever des doutes
sur qui étaient les victimes du fascisme au nom
desquelles les peuples du monde ont déclaré
« Plus jamais ! ». À cette
époque de l'année, ils utilisent l'anniversaire du Pacte
de non-agression germano-soviétique signé le 23
août 1939 pour déclarer que c'était un acte
d'apaisement et non une manoeuvre habile de l'Union soviétique
pour gagner du temps et continuer de
s'armer face à la confrontation inévitable avec les
nazis. La désinformation est également utilisée
pour déclarer que ce sont les soviétiques et non les
nazis qui ont envahi la Pologne en septembre 1939 et
déclenché la guerre en Europe. Elle a pour but de cacher
le fait que ce sont les puissances européennes qui ont
activement apaisé les nazis et
permis l'invasion de la Pologne, tandis que les soviétiques se
sont battus pour défendre ce pays et son peuple. En fin de
compte, cette désinformation sur les causes de la
Deuxième Guerre mondiale sert de justification à la
répétition de ces crimes actuellement.
Hardial Bains, dans son livre Les causes et les
leçons de la Deuxième Guerre mondiale, souligne
qu'au début « la Deuxième Guerre mondiale fut
une guerre entre puissances impérialistes et ne revêtit un
caractère antifasciste que lorsque l'Union soviétique est
entrée dans la guerre en tant que défenseur de la
liberté et de la
démocratie. Hitler profita de la politique d'apaisement de
l'Angleterre et de la France et de leur refus de conclure un pacte
d'assistance mutuelle avec l'Union soviétique pour faire des
percées dans sa rivalité inter-impérialiste avec
l'Angleterre et la France. Il attaqua et occupa leur alliée
à l'Est, la République de Pologne, elle-même une
puissance
impérialiste. Le refus de l'Angleterre et de la France de
profiter de la politique de paix et de bon voisinage de l'Union
soviétique et de signer un pacte d'assistance mutuelle avec
l'Union soviétique conduisit à une très grande
tragédie pour la nation polonaise ». Voici un extrait
de ce livre.
***
Les partisans de
l'Armée du peuple polonais ont
combattu aux côtés de l'Armée rouge
soviétique et libéré la Pologne de l'occupation
nazie.
En 1939 et avant, la Pologne refusa de former un front
uni avec l'Union soviétique qui avait offert de signer un
traité d'assistance mutuelle avec la Grande-Bretagne, la France
et la Pologne prévoyant une entraide militaire en cas d'attaque
hitlérienne contre la Pologne. Agissant sur les ordres de la
Grande-Bretagne et de la France, et aveuglé
par son propre anticommunisme, le gouvernement polonais refusa la
demande soviétique de permettre à l'Armée rouge
d'entrer sur le territoire polonais afin de mettre en place une ligne
de défense en cas d'attaque allemande contre la Pologne. [...]
Dans les années 1930, la Pologne comptait plus ou
moins sur une alliance avec la Grande-Bretagne et la France [...]. Les
événements qui suivirent démontrèrent de
quelle espèce d'alliance il s'agissait, de quelle sorte de
garanties les impérialistes français et britanniques
avaient offert à la Pologne ! À 4h 45 le 1er
septembre 1939, lorsque
les forces hitlériennes attaquèrent la Pologne, lorsque
les avions des Allemands se mirent à bombarder toutes les villes
et tous les villages, tuant des milliers de personnes, le seul appui
qu'a pu fournir la Grande-Bretagne fut de condamner l'attaque sur les
ondes radio
et deux jours plus tard déclarer que la Grande-Bretagne
était en guerre. [Au] cours des six années qui ont suivi,
pas un seul soldat britannique n'a foulé le sol de la Pologne
pour libérer le peuple polonais. Pendant que la Wehrmacht
d'Hitler, avec ses 1 850 000 soldats, ses 3 200 chars et
ses 2 000 avions de combat, sa flotte de destroyers, soit plus des deux
tiers des effectifs de la force de l'Allemagne à
l'époque, détruisait l'État polonais et massacrait
sa population, la France, avec son armée de quatre millions
d'hommes massée devant moins d'un million d'Allemands sur le
front de l'Ouest, a mené sa « drôle de
guerre », c'est-à-dire qu'elle ne fit rien du tout.
Le président américain envoya un télégramme
au gouvernement polonais condamnant les nazis allemands pour avoir
bombardé les villes polonaises. Pourtant on dit encore
aujourd'hui que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et
d'autres puissances ont « défendu » la
Pologne alors que l'Union soviétique de Staline l'a
occupée. On tente de faire croire au monde que Staline
était un agresseur de la Pologne au même titre qu'Hitler.
Le 17 septembre 1939, les chefs de l'État
polonais qui avaient conduit la nation dans une si tragique impasse, et
dont les rejetons politiques reprennent aujourd'hui le langage chauvin
des impérialistes, fuirent la Pologne et furent internés
en Roumanie. Une clique formée de personnalités
politiques de la même trempe fut nommée gouvernement
polonais en exil, lequel, prétendent les chauvins d'aujourd'hui,
aurait été la « continuation » de
l'État polonais.
L'Armée rouge soviétique est entrée
sur le territoire de la Pologne seulement après que
l'État polonais se soit complètement effondré.
Elle a avancé dans les territoires de l'Ukraine et de la
Biélorussie que la Pologne avait annexés durant la guerre
russo-polonaise de 1919-1920. La majorité de la population
vivant dans ces territoires était
ukrainienne ou biélorusse et relativement moins était
polonaise. Sur une population totale de 13 millions de personnes, il y
avait, dans ces régions, plus de sept millions d'Ukrainiens,
trois millions de Biélorusses, plus d'un million de juifs et
plus d'un million de Polonais. De toute évidence, si l'ancien
État polonais ne voulait pas d'un traité
d'assistance mutuelle de défense avec l'Union soviétique,
c'était par crainte que les nationalités opprimées
dans ses frontières demandent l'autodétermination et
expriment le désir d'être réunifiées avec
l'Ukraine et la Biélorussie.
Le gouvernement en exil de Londres ne renonça
jamais à réintégrer ces territoires dans
l'État polonais, et les chauvins polonais continuent encore
aujourd'hui de se plaindre de leur « perte ». Ils
en blâment Staline et l'Armée rouge. La réaction
polonaise n'a jamais accepté la perte de ses territoires
conquis, la perte d'une masse
d'ouvriers et de paysans ukrainiens, biélorusses et juifs que la
bourgeoisie et les propriétaires fonciers polonais pouvaient
exploiter et opprimer à volonté, laissa à la
réaction polonaise un goût amer. L'annexion de ces
territoires n'avait jamais été dans
l'intérêt de la nation polonaise. Lorsque la
réaction polonaise parle de l'« invasion »
de la Pologne par Staline, elle oublie de mentionner que l'Union
soviétique a remis à la Lituanie la ville et le district
de Vilnius. Non pas que Vilnius eût une population
majoritairement lituanienne, mais bien parce que la Pologne l'avait
arrachée de force aux Lituaniens et que cette ville
était liée à l'histoire de la Lituanie et aux
aspirations du
peuple lituanien. Elle devint la capitale de la Lituanie.
L'ancien État polonais avait également
mauvaise conscience à cause des territoires
tchécoslovaques qu'il avait annexés. Le 2 octobre 1938,
lorsque la trahison de la Grande-Bretagne et de la France à
Munich permit à Hitler d'annexer les territoires sudètes
dans la partie ouest de la Tchécoslovaquie, au nom de la
minorité allemande qui y vivait,
l'armée polonaise entra en Tchécoslovaquie et occupa
l'ouest de Cieszyn et de Frystat au nom de la minorité polonaise
qui y vivait. Le gouvernement semi-fasciste de Pologne agissait
à l'unisson avec Hitler, Chamberlain, Daladier et Mussolini pour
démembrer la Tchécoslovaquie, bien qu'il n'ait pas
directement participé à la trahison de Munich. Il
agit comme un brigand. Aujourd'hui les chauvins polonais
préfèrent ne pas se rappeler du 2 octobre 1938. Ils l'ont
rayé de leur calendrier officiel des événements
conduisant à la tragédie du 1er septembre 1939. Ils
voudraient qu'on oublie la géopolitique impérialiste et
les manoeuvres sans principe du gouvernement polonais de
l'époque, justement
parce qu'ils [...] suivent aujourd'hui la même voie chauvine et
désastreuse de géopolitique inter-impérialiste.
Une fois la Pologne dans les griffes d'Hitler, les nazis
commirent les pires crimes jamais commis contre une nation. De tous les
pays d'Europe, c'est la Pologne qui a subi les plus grandes pertes
humaines en termes du nombre de morts par millier d'habitants. Environ
5 500 000 Polonais furent tués. Quelque 1 750 000 Polonais
furent tués dans
les camps de la mort et par d'autres méthodes directes
d'extermination de masse ; 2 700 000 juifs polonais furent
exterminés ; plus de 50 000 des 75 000 gitans vivant en
Pologne furent exterminés ; quelque 12 000 patients
psychiatriques et handicapés mentaux furent
assassinés ; des milliers de prisonniers de guerre, de
soldats et d'officiers polonais furent systématiquement
fusillés. En moins de six semaines après le début
de l'occupation nazie, la S.S. avait fusillé quelque 40 000
intellectuels, personnalités politiques et autres leaders
polonais dans le cadre d'un projet spécial pour
« déblayer le terrain politique ». Environ
38-39 % des biens et
capitaux de la Pologne de 1938, d'une valeur d'environ 49,2 milliards
de dollars (en $ É.-U. d'avant guerre), furent
détruits. Varsovie fut entièrement rasée. De tous
les pays d'Europe, c'est la Pologne qui subit les plus grandes pertes
matérielles calculées au prorata de la population.

L'amnésie politique des autorités
polonaises
- Valéry Vrublevsky -
La Pologne souffre d'amnésie politique. Cette
condition s'aggrave chaque fois que l'on mentionne les crimes de masse
perpétrés contre des Polonais. Il existe de nombreux
exemples qui le confirment. Le massacre des Polonais en Volhynie est
sans doute le meilleur exemple. Des nationalistes ukrainiens ont
brutalement torturé et tué des
dizaines de milliers de vieillards, de femmes et d'enfants.
Malgré cela, le gouvernement polonais soutient les successeurs
de Stepan Bandera qui ont pris le pouvoir en Ukraine.
Il y a un autre exemple, les pogroms à Wola qui
ont eu lieu pendant l'insurrection de Varsovie (Wola est un quartier de
l'ouest de Varsovie). Les fascistes allemands ont massacré 60
000 Polonais en deux jours (les 5 et 6 août 1944). Ce fut le plus
grand massacre de la Deuxième Guerre mondiale.
Aujourd'hui, les autorités polonaises font de
leur mieux pour éviter de parler des circonstances qui ont
conduit à cette tragédie. Beaucoup a été
dit en Pologne au sujet de l'insurrection de Varsovie. De
manière générale, cela se résume à
dénigrer l'armée soviétique en affirmant qu'elle
est délibérément restée sur ses positions
pour laisser le
temps à la Wehrmacht de se regrouper et d'écraser
l'insurrection. On prétend, malgré tout ce disent les
Russes au sujet de la libération de la Pologne, que
« les bolcheviks sont encore pires que les
hitlériens », alors que ce sont les fascistes
allemands qui massacraient les Polonais pour la simple raison qu'ils
étaient des Slaves. C'est
exactement ce qu'ils ont fait à Wola.
La raison pour laquelle les Allemands étaient si
inhumains envers les Polonais n'est un secret pour personne. Dans leurs
déclarations, les hauts responsables nazis ont été
très directs pour expliquer leur attitude. Mais les officines de
propagande polonaises et ukrainiennes n'en parlent pas. Les exemples
suivants sont assez éloquents.
Une semaine avant d'attaquer la Pologne, Hitler a fait
un discours devant ses commandants militaires à Obersalzberg le
22 août 1939 dans lequel il dit : « Notre force
est notre rapidité et notre brutalité. Ghengis Khan a
envoyé des millions de femmes et d'enfants à la mort, en
toute conscience et avec joie. L'Histoire voit en lui un
grand fondateur d'État. Ce que la faible civilisation d'Europe
de l'Ouest peut dire de moi est insignifiant. J'ai donné
l'ordre, et je ferai exécuter celui qui exprimera un seul mot de
critique, que le but de la guerre n'est pas d'atteindre certains
objectifs, mais réside en l'anéantissement physique de
l'adversaire. J'ai donc, d'abord à l'Est, préparé
mes
Commandos de la mort avec l'ordre d'envoyer sans pitié et sans
merci, les hommes, femmes et enfants d'origine et de langue polonaise
à la mort. C'est uniquement ainsi que nous gagnerons l'espace
vital (lebensraum) dont nous avons besoin. »
Hans Frank a été nommé le
gouverneur général des provinces polonaises
occupées par décret de Hitler le 12 octobre 1939. Le 1er
janvier 1940, il déclare à une conférence des
responsables locaux qu'il avait reçu l'ordre de détruire
le territoire polonais et de ne laisser aucune trace de
l'économie, de la culture et des structures sociales et
politiques. Il dit que la Pologne était un butin de guerre qui
devait être traité comme tel.
Les nazis ne faisaient pas de distinction entre leurs
paroles et leurs actes. La destruction de Varsovie et le massacre de
Volhynie en sont la preuve. Ni la propagande belliciste des russophobes
polonais contemporains ni celle des narrateurs étrangers ne dit
qui était derrière ces événements
tragiques. Il faut se tourner vers les témoignages fournis
juste après ce massacre par les témoins de ces
événements.
Le journal clandestin du Parti ouvrier polonais, le Trybuna
Wolnosci (N.64, 1944), a publié un article signé
par
le Lieutenant Zenon (son vrai nom Zenon Kliszko), qui était
commandant-adjoint de l'Armia Ludowa (Armée du Peuple) lors de
l'insurrection de Varsovie. Il écrit : « La
pensée du bain de sang à Varsovie,
la ville en ruines, ne quitte jamais l'esprit de ceux qui luttent pour
la libération complète du pays du joug d'Hitler. Plus la
douleur est grande, plus clairement nous nous rendons compte à
quel point notre peuple a souffert, et combien il est important
d'identifier les vrais coupables. Tous les détails doivent
être éclaircis et révélés. Le
problème de
l'insurrection en Pologne a été maintes fois
discuté dans la presse du parti. La direction du parti a
souligné qu'une telle action ne s'improvise pas. Elle doit
être soigneusement planifiée en tenant compte de
l'expérience acquise par le mouvement de guérilla. Elle
doit coïncider avec une phase active de lutte de masse. Il est
impératif de la
coordonner avec les armées alliées, en particulier avec
l'Armée rouge qui libère la Pologne. ...
« À ce temps-là, le Front
de l'Est allemand reculait. On comprenait que l'Armée rouge et
le peuple polonais se préparaient à libérer
Varsovie des occupants hitlériens. Les grandes victoires de
l'Armée rouge ont semé la panique parmi les dirigeants de
l'Armia Krajowa (l'Armée de l'intérieur). Ils ont
décidé de s'emparer de Varsovie
et de porter leur clique réactionnaire au pouvoir.
« Contre toute raison et logique et en
ignorant l'opinion des autres, l'Armia Krajowa poussé à
l'insurrection le 1er août. La rébellion
déclenchée par Bor (la
« forêt », le nom de code du comte
général Tadeusz Komorowski, commandant en chef) et ses
complices la veille de la capitulation de l'insurrection de Varsovie, a
été
une aventure politique criminelle.
« Dès que l'insurrection a
commencé, les intentions réelles de ses dirigeants sont
devenues claires. L'état-major de l'Armia Krajowa n'a pas
élaboré de plan opérationnel. L'action
était mal préparée. Certes, l'état d'alerte
avait été déclaré plusieurs fois comme
entraînement. Il y avait de la confusion sur l'heure du
déclenchement de
l'action, l'heure H a été changée plusieurs fois.
Nombre d'unités de l'Armia Krajowa n'ont pas du tout
été engagées dans l'opération. L'intention
réelle n'était pas d'organiser un soulèvement
contre les Allemands, mais plutôt de libérer la ville sans
la participation des forces soviétiques. Voilà ce qui a
été la racine du problème et pourquoi l'action
était vouée à l'échec. Deux jours avant
l'insurrection, la « convention des organisations
indépendantes » a distribué des tracts
dénigrant l'Armée rouge. La direction de l'Armia Krajowa
était aveuglée par la haine. Elle a oublié les
Allemands à Varsovie. Elle a déclaré que les
unités de l'Armée rouge déployées à
la pointe de la zone de
combat étaient des dizaines de divisions blindées
prêtes à entrer dans la ville à tout moment. Les
commandants de l'Armia Krajowa ne considéraient plus les
Allemands comme l'ennemi.
« Ils considéraient l'Union
soviétique et l'ensemble du camp de la démocratie
polonaise comme la cible principale. C'est la raison pour laquelle la
direction de l'Armia Krajowa et le gouvernement polonais en exil de
Londres ont commis ce crime grave à Varsovie. »
Ce témoignage fournit une preuve
incontestée qui permet d'identifier clairement les causes des
événements tragiques de Wola.

La contribution unique de la Chine
dans la Deuxième Guerre mondiale
Parade de la
Journée de la Victoire, 3 septembre
2015
Le 3 septembre était le 70e anniversaire de la
victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre
l'agression japonaise et de la guerre antifasciste mondiale. La Chine
a fait une contribution exceptionnelle à la cause de la
libération de l'humanité du fléau du nazi-fascisme
et du militarisme japonais. Avec un courage exceptionnel le
peuple chinois a fait face à la brutalité des
impérialistes japonais, éliminant environ 1,86 million
de soldats japonais, soit 50 % des effectifs du Japon. On estime
que le
nombre de Chinois tués pendant la guerre dépasse les 14
millions. Cent millions de Chinois sont devenus des
réfugiés. Entre 1939 et 1945, la Chine a perdu quelque
2,2 millions de
soldats, au deuxième rang derrière l'Union
soviétique parmi les pays alliés, qui en a perdu 7,5
millions. Si on compte le nombre de personnes tuées ou
blessées à partir de 1931 lorsque les Japonais ont envahi
la Mandchourie, c'est plus de 35 millions de personnes qui ont
péri sous les atrocités japonaises jusqu'à la
défaite du Japon le 2 septembre
1945.
Pour célébrer
le 70e anniversaire de la
victoire sur les impérialistes japonais, des
célébrations ont eu lieu partout en Chine dont un grand
défilé à Beijing le 3 septembre. Les dirigeants
chinois ont dit que le but des célébrations était
de démontrer l'engagement de la Chine à respecter les
résultats de ces guerres et à contribuer aujourd'hui
à la paix
internationale. L'ancien premier ministre français Jean-Pierre
Raffarin, lors d'une entrevue avec Xinhua, l'a confirmé.
« C'est une belle occasion pour la Chine de montrer sa
puissance militaire tout en montrant qu'elle ne cherche pas la guerre.
Avec ce défilé militaire, la Chine va démontrer
les progrès qu'elle a accomplis de même que sa
stratégie de développement pacifique. Cette vision
chinoise de construction d'un monde pacifique multipolaire est
très importante dans un monde d'incertitudes »,
a-t-il déclaré.
Des délégations de haut niveau, incluant
plusieurs chefs d'État et d'anciens chefs d'État, sont
venues de partout dans le monde pour rendre hommage à la
contribution de la Chine lors de la Deuxième Guerre mondiale.
Cela comprend 30 chefs d'État et de gouvernement et
d'organisations non étatiques comme le secrétaire
général de l'ONU.
« La contribution et les sacrifices de la Chine lors de la
Deuxième Guerre mondiale sont très reconnus. Tous
connaissent les souffrances qui lui ont été
causées et la Chine jouit de la sympathie des peuples du
monde », a déclaré Ban Ki-moon aux
journalistes à l'ONU le 30 août.
Alors que le président Poutine
représentait la Russie à la célébration,
aucune délégation de haut niveau des autres puissances
alliées, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France,
Australie et Canada compris, n'y était présente, un geste
honteux de la part de ces pays. Le U.S. Council on Foreign Relations
déclare : « La liste des
participants de haut niveau ne comprend aucun chef d'État
occidental. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, le
Canada, la France et l'Allemagne y enverront leurs ambassadeurs ou
d'autres 'envoyés spéciaux', mais on n'y verra aucun
dirigeant des États-Unis et de leurs
alliés... »
Au Canada, le bureau du premier ministre et le
ministère des Affaires étrangères n'ont rien dit
au sujet de cet anniversaire significatif et les médias
monopolisés ont été particulièrement
silencieux. L'ambassade du Canada en Chine n'a pas cru bon de partager
même un gazouilli sur les célébrations ou de
transmettre les bons voeux des
Canadiens à la Chine pour son héroïsme, son
sacrifice et sa contribution importante aux efforts mondiaux pour
défaire le fascisme. La Chine par contre a grandement
honoré la contribution du médecin canadien Norman Bethune
au combat contre les occupants japonais lors des
célébrations à Beijing.
Dans le cadre des efforts pour assurer la paix dans la
région, le Japon avait aussi été invité
à assister à l'événement mais il a
refusé d'y participer. Le peuple japonais mène une
bataille importante pour empêcher l'élite dirigeante du
Japon de réviser la constitution du pays pour éliminer
l'Article 9 qui interdit au Japon de déployer ses troupes
pour autre chose que l'autodéfense nationale.
Défilé historique de la Victoire à
Beijing
Le défilé de la Journée de la
victoire a eu lieu à Beijing à la place Tian'anmen avec
la présence de Xi Jingping et d'autres dirigeants chinois.
Quelque 40 000 personnes étaient présentes sur la place
et des millions d'autres ont suivi le défilé à la
télévision et sur Internet.
La Chine n'avait pas tenu un événement
d'une telle ampleur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont
dit les agences de presse. C'était aussi le plus grand
défilé militaire à se tenir lors d'une
journée de célébration non nationale. Il
comprenait 12 000 soldats et 500 unités blindées
défilant à la place Tian'anmen avec 200 avions volant en
formation. La Chine a montré sa sophistication militaire en
déployant 27 formations d'armements. La plus grande partie de
l'armement et de l'équipement n'avait jamais été
montrée au public, rapporte Xinhua.

Des unités de
l'Armée populaire de
libération participent à la parade.


De haut en bas, de gauche
à droite : troupes
de la Mongolie, de Cuba, du Venezuela, de l'Égypte, de la
Biélorussie et de la Russie
Participaient aussi pour la première fois dans un
défilé militaire chinois quelque 1 000 soldats
étrangers de 17 pays, incluant la Mongolie, la Russie, le Laos,
le Pakistan, la Serbie, l'Égypte, le Mexique, Cuba et le
Venezuela.
Des vétérans de l'Armée de
Libération du peuple ont été réunis pour la
première fois depuis des décennies avec des
vétérans du Kuomintang (KMT) avec qui ils ont combattu
pour défaire les occupants japonais il y a 70 ans.
Bien en vue dans la parade était la Phalange
médicale internationale Bethune, une brigade de femmes soldats
médecins nommée d'après le chirurgien canadien
Norman Bethune pour honorer sa contribution à la lutte du peuple
chinois contre les agresseurs Japonais. Il est clair que la Chine
continue d'être inspirée par l'internationalisme profond
du Dr Bethune et ses contributions brillantes en tant que chirurgien
sur le champ de bataille, antifasciste et communiste.
Phalange médicale
internationale Bethune
Le président Xi a parlé avant le
défilé de la grande signification de l'anniversaire :
« Aujourd'hui est un jour mémorable
pour les peuples du monde. Il y a 70 ans jour pour jour, le peuple
chinois, après 14 ans de combat d'une âpreté
inouïe, a remporté la grande victoire de la Guerre de
résistance contre l'agression japonaise, ce qui a marqué
la victoire totale de la Guerre mondiale antifasciste et permis au
soleil de la
paix de briller de nouveau sur notre terre. »
« La victoire de
la Guerre de
résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise est la
première victoire totale de la Chine contre l'agression
étrangère des temps modernes », a dit le
président Xi. « Cette grande victoire a brisé
complètement la tentative des militaristes japonais de coloniser
et d'asservir la Chine et lavé
les humiliations subies par la Chine depuis les temps modernes dans une
succession d'échecs face aux agresseurs étrangers. Cette
grande victoire a permis à la Chine de retrouver sa place de
grand pays dans le monde et au peuple chinois de gagner le respect de
tous les peuples épris de paix. Cette grande victoire a ouvert
un avenir radieux pour le
grand renouveau de la nation chinoise et inauguré une nouvelle
ère de renaissance pour la Chine, une nation très
ancienne. »
« Le peuple chinois, au prix d'un
énorme sacrifice national, a apporté une contribution de
poids à la victoire de cette guerre. Il a
bénéficié, dans sa résistance contre
l'agression japonaise, d'un large soutien de la communauté
internationale, et il n'oubliera jamais la contribution des autres
peuples du monde à la victoire de sa guerre de
résistance. »
Il a affirmé l'engagement de la Chine envers la
paix basé sur son expérience de la guerre :
« Nous commémorons le 70e anniversaire de la victoire
de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression
japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste pour nous souvenir du
passé, rendre hommage aux martyrs, chérir la paix
et bâtir l'avenir. » Il a parlé de l'importance
de la primauté du droit dans les relations internationales et de
la responsabilité qui incombe à toutes les nations
d'assurer que la paix et la coopération prévalent.
Le président Xi a dit que « la Chine
ne recherchera jamais l'hégémonie ni l'expansion et ne
causera jamais aux autres les souffrances qu'elle a
vécues. » Pour donner l'exemple, il a
déclaré que la Chine réduira de 300 000 hommes et
femmes les effectifs de l'Armée populaire de libération
(APL). L'APL compte quelque 2,3
millions de soldats.
Il a conclu son discours par ces mots :
« Gardons tous en tête la grande vérité
de l'histoire. La justice va triompher ! La paix va
triompher ! Le peuple va triompher ! »

Au sujet de la date du début de la
Deuxième Guerre mondiale
Le 22e congrès du
Comité international des
sciences historiques, tenu en août 2015 à Jinan, en Chine,
a discuté des contributions de la Chine pendant la
Deuxième Guerre mondiale. Sur la photo : la
cérémonie d'ouverture du Congrès
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les livres
d'histoire écrits en Europe et aux États-Unis tendent
à promouvoir une vision eurocentrique du monde qui
dénigre l'existence des nations et des peuples d'Asie,
d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes et leur
rôle dans le façonnement des événements
mondiaux. Dans ces livres, la Deuxième
Guerre mondiale est présentée comme une guerre mondiale
dont l'histoire se limite à l'Europe et à l'holocauste
européen, suivis du « théâtre du
Pacifique » et de « la campagne d'Afrique du
Nord ». L'holocauste perpétré par les Japonais
en Chine ou celui commis par les Américains en Corée,
quand ils ont déclenché la
guerre de Corée après la Deuxième Guerre
mondiale, sont à peine mentionnés.

Robert
Frank présente le livre 1937-1947 :
la
guerre-monde
|
Dans cette optique, la date du début de la
Deuxième Guerre mondiale est généralement
présentée comme étant le 1er septembre 1939, quand
les hitlériens ont envahi la Pologne, sans intervention de la
Grande-Bretagne et de la France qui avaient signé des pactes de
non-agression et d'assistance mutuelle avec la Pologne. Cette date est
maintenant
remise en question par un nombre croissant d'historiens. En mai de
cette année, un livre intitulé 1937-1947 : la guerre-monde
a
été
publié en France. Le livre, écrit par
un collectif d'une cinquantaine d'historiens, affirme que la
Deuxième Guerre mondiale a commencé en Asie et non en
Europe comme cela est
généralement accepté. Le livre aborde les
contributions faites par les Chinois et les peuples d'Asie à la
victoire alliée sur le nazisme pendant la Deuxième Guerre
mondiale.
Robert Frank, secrétaire général du
Comité international des Sciences historiques et un des
coauteurs du livre, a déclaré récemment que le
début de la Deuxième Guerre mondiale pourrait remonter
à 1931 quand le Japon a attaqué et occupé la
Mandchourie au Nord-Est de la Chine. Cependant, il donne 1937 comme le
début de la guerre quand
a éclaté la guerre généralisée entre
le Japon et la Chine. Frank pense qu'il est important de
rétablir les faits puisque la Deuxième Guerre mondiale a
été une guerre mondiale et ne s'est pas limitée
à l'Europe. Il souligne qu'une perspective globale est
nécessaire pour qu'on puisse le comprendre. Il fait
également remarquer qu'un nombre croissant
d'historiens commencent à se rallier à ce point de vue.
Un autre universitaire qui
a fait sien ce nouvel
objectif de rétablir la date du début de la
Deuxième Guerre mondiale est le professeur Rana Mitter, de
l'Université d'Oxford, qui a publié en 2013 en Angleterre
le livre « L'allié oublié : la Seconde
Guerre mondiale de la Chine, 1937-1945 ». Il
écrit : « La Chine a
été le premier pays à faire face à
l'agression des puissances de l'axe en 1937, deux ans avant la
Grande-Bretagne et la France et quatre ans avant les
États-Unis... Si on veut comprendre le rôle de la Chine
dans la société mondiale d'aujourd'hui, nous ferions bien
de nous rappeler la lutte tragique, titanesque qu'a mené le pays
dans les années 1930
et 1940, non seulement pour sa propre dignité nationale et sa
survie, mais pour la victoire de tous les alliés, Occident et
Orient, contre certaines des forces les plus sombres que l'histoire ait
jamais produites. »
Dans un commentaire publié par CNN le 31
août, Mitter souligne que la Chine a contenu 600 000 soldats
japonais avec peu de ressources avant que d'autres puissances
alliées ne commencent à combattre le Japon. Une victoire
japonaise en Chine aurait signifié que la guerre se serait
étendue à d'autres régions de l'Asie et de
l'Europe avec des
conséquences désastreuses pour l'avenir de la Chine
pendant une génération ou plus de même que pour
d'autres pays et peuples d'Asie.
Au récent Congrès du Comité
international des sciences historiques, qui s'est tenu en Chine en
août à la veille de la commémoration du 70e
anniversaire de la fin de la guerre, 2 800 historiens de partout dans
le monde ont discuté des contributions de la Chine pendant la
Deuxième Guerre mondiale. Un des participants-hôtes, Zhang
Haipeng,
président de l'Association des historiens chinois, a
expliqué que les troupes japonaises auraient pu avancer vers
l'Asie du Sud, l'Inde ou le Moyen-Orient et faire la jonction avec les
troupes allemandes, si les soldats chinois ne les avaient pas
arrêtées.

Le peuple japonais s'oppose à la
résurgence du militarisme et à la poursuite de
l'occupation militaire du Japon par les États-Unis
Environ 120 000 personnes ont entouré la
Diète (le parlement japonais) le 30 août dans une
manifestation de masse contre la tentative de l'élite au pouvoir
de faire revivre le militarisme japonais 70 ans après qu'il ait
été vaincu par les peuples du monde. Des centaines de
milliers de personnes ont manifesté en même temps dans
plus de 1000
endroits dans toutes les préfectures du Japon. Ce fut la plus
grande mobilisation de masse contre le militarisme à
l'échelle du Japon depuis que les États-Unis ont
annoncé leur plan militaire de « pivot vers
l'Asie » auquel le gouvernement Abe a adhéré
en déclarant son intention d'adopter une législation
proguerre.
La Diète débat présentement de deux
projets de loi sur la « sécurité »
qui entre autres choses vont altérer la constitution en en
retirant l'Article 9 qui interdit au Japon d'envoyer des troupes
à l'étranger à des fins agressives. Ces lois vont
incorporer dans la législation nationale et au sein de l'accord
militaire États-Unis/Japon
récemment renouvelé le concept frauduleux
« d'autodéfense collective » qu'utilise
l'alliance agressive de l'OTAN dirigée par les États-Unis
pour justifier ses guerres illégales basées sur la loi du
plus fort.
Sur sa page Facebook, la Campagne mondiale sur l'Article
9 décrit ainsi l'action du 30 août :
« Une nouvelle
page de l'histoire du Japon
vient d'être tournée. Notre démocratie se tient
à nouveau debout !
« Plus de 120 000 personnes se sont
rassemblées devant la Diète nationale du Japon pour
protester contre les nouveaux projets de loi sur la
sécurité ! Ce nombre toutefois ne comprend pas les
gens qui ont protesté en d'autres points du pays...
« Quelle est la signification de cet
événement ? Simplement que les Japonais sont
choqués contre le premier ministre Abe ? Est-ce vraiment
tout ? Non. C'est notre avenir, la sécurité du Japon
et la paix dans le monde qui nous préoccupent. Nous pensons que
ces projets de lois vont faire du monde un endroit moins
pacifique et menacent notre avenir. C'est pour cela que nous
protestons. »
Les nombreuses organisations qui s'opposent aux projets
de loi et à la présence continue des forces militaires
des États-Unis ont émis une déclaration conjointe
pour l'occasion qui est reproduite plus bas.
Le Japan Times
écrivait ce qui suit au
sujet de l'état actuel des projets de loi le 5 septembre
dernier : « Le gouvernement et la coalition au pouvoir
pensent à annuler les audiences publiques régionales sur
les projets de loi, ont rapporté des sources vendredi le 4
septembre.
« Le gouvernement et la coalition
dirigée par le Parti libéral-démocrate
espèrent qu'en passant outre aux
audiences ils vont sauver du temps et pouvoir adopter les lois pendant
la semaine du 14 septembre, selon certaines sources. [...]
« Cependant, ne pas tenir des audiences
régionales publiques va créer de la colère parmi
l'opposition. [...]
« La Diète tient des audiences
publiques sur des questions importantes afin d'entendre les opinions
d'experts et de représentants officiels et d'autres personnes.
« Le comité spécial de la
Chambre basse sur les projets de loi a tenu une audience publique
à la Diète le 13 juillet avant d'adopter ces mesures le
15 juillet, soit la veille du jour où la législation a
passé l'étape de la Chambre basse. »
Déclaration conjointe des organisations non
gouvernementales japonaises contre les projets de loi sur la
sécurité, Osaka, 30 août 2015
Les ONG suivantes expriment leur profonde
préoccupation et opposition face aux projets de loi sur la
sécurité proposés au Japon.
1. Par son règne colonial et ses guerres
agressives dans la région de l'Asie-Pacifique, le Japon a
causé beaucoup de pertes de vie et violé les droits
humains et les plaies qui en ont résulté ne sont pas
encore guéries. Depuis sa défaite il y a 70 ans, et
s'appuyant sur le regret profond pour les grandes souffrances que la
guerre instiguée par le
Japon a causées, le pays a décidé de mettre fin au
militarisme et, en vertu de l'article 9 de la Constitution, s'est
engagé envers le monde à abandonner la voie de la guerre.
Cet « engagement à ne pas faire la
guerre » a fait en sorte que le Japon n'a pas
participé à des activités de combat à
l'étranger pendant les 70 dernières années.
2. Les projets de loi sur la sécurité
présentement débattus au Japon vont permettre l'usage du
droit d'autodéfense collective et donc la participation du
Japon à des guerres opposant d'autres pays et permettre l'usage
de la force à l'étranger dans le cas d'une attaque
armée contre les États-Unis ou d'autres proches pays
alliés. Ils permettraient
également, au nom de la coopération internationale pour
la paix, d'entreprendre de vastes opérations logistiques qui
accompagnent l'utilisation de la force comme le transport de munitions
pour des conflits entre d'autres pays. Les conflits armés ou les
opérations militaires logistiques dans lesquels le Japon serait
autorisé à participer ne sont pas
confinés géographiquement et comprendraient l'Asie, le
Moyen-Orient et l'Afrique.
3. Plusieurs experts constitutionnels du Japon ont
déclaré que ces projets de lois enfreignent l'Article 9
de la constitution japonaise et la majorité des citoyens du pays
s'y oppose elle aussi. En dépit de cela, les projets de lois
proposés ont été adoptés par la Chambre des
représentants sans avoir été suffisamment
débattus et ils sont maintenant en
train d'être débattus à la Chambre des conseillers.
4. Nous nous opposons fermement à ce que les
populations de l'Asie-Pacifique puissent une fois de plus être
tuées et être mises en position de tuer à cause des
actions guerrières du Japon et à ce que la région
connaisse une fois de plus le désastre de la guerre. Nous nous
opposons à toute participation du Japon à la guerre
où le pays
contribuerait à des bains de sang au Moyen-Orient et en Afrique
qui endurent déjà les misères de la guerre.
5. Nous croyons qu'il ne sera pas possible d'endiguer
les conflits dans le monde sans résoudre le problème de
la violence structurelle de la pauvreté, des disparités,
de la discrimination et de la répression des droits humains qui
sont le terrain sur lequel pousse le conflit et le soi-disant
terrorisme. Il n'est pas possible de bâtir un ordre juste dans
le monde sans s'attaquer à ces problèmes fondamentaux et
en s'appuyant uniquement sur la force militaire. Dans un monde qui
devient de plus en plus militarisé et violent, le pacifisme du
Japon, bien qu'imparfait, peut constituer une alternative pour
l'établissement d'une paix internationale qui repose sur
« le non usage de la force armée
pour régler les conflits internationaux ». La
communauté internationale tout entière doit appuyer ce
pacifisme et l'étendre.
Nous réitérons par la présente
notre opposition aux projets de loi sur la sécurité qui
sont présentement débattus à la Diète
japonaise car ils vont à l'encontre des espoirs de la
société civile mondiale.
Tokyo, 30 août 2015

Fondation de la Corée démocratique
le 9
septembre 1948
Célébration
du 65e anniversaire de la
fondation de la RPDC le 9 septembre 2013 (KCNA)
La fondation de la République populaire
démocratique de Corée (RPDC) le 9 septembre 1948 a
été un moment d'une grande signification historique non
seulement pour le peuple coréen qui avait remporté sa
libération du colonialisme japonais juste quelques années
auparavant mais pour tous les peuples du monde. Alors que le peuple
coréen
venait de vaincre le Japon, les États-Unis ont installé
au pouvoir un gouvernement
fantoche dirigé par Syngman Rhee dans la partie sud de la
Corée, qu'ils ont occupée et baptisée
République de Corée le 15 août 1948. Ils ont
divisé la nation coréenne dans le but de détruire
les structures que le peuple était en train de mettre en place
pour établir un nouveau gouvernement de son
choix. Le peuple coréen s'est rebellé et a
répliqué le 9 septembre en établissant la RPDC
pour bloquer l'ingérence des impérialistes
américains dans les affaires coréennes.
Sous la direction du Parti des travailleurs de
Corée dirigé par le président Kim Il Sung, la RPDC
a dû surmonter les grandes difficultés que l'histoire a
placées devant elle, en particulier la guerre brutale qui lui a
été imposée par l'impérialisme
américain de 1950 à 1953.
Après la guerre, la RPDC a poursuivi la
révolution et la construction du socialisme à travers
plusieurs étapes et dans des conditions très difficiles.
En faisaient partie les menaces militaires et les blocus
économiques imposés par les grandes puissances
dirigées par l'impérialisme américain sous
l'égide des Nations unies. Fidèle à ses principes
et
profondément convaincu que sa cause est juste, le peuple
coréen a surmonté les difficultés et les
adversités et poursuit aujourd'hui la voie socialiste qu'il a
choisie qui met le peuple au centre du développement.
La signification de la fondation de la RPDC en tant que
facteur de paix dans la région devient toujours plus
évidente car elle tente avec diligence de donner naissance
à une nation coréenne indépendante unie et digne.
En refusant fermement de se soumettre au chantage des États-Unis
sur la question nucléaire dans le but de chasser de la
péninsule coréenne les impérialistes
américains et leurs armes nucléaires, elle affirme sa
souveraineté et fait entrave à l'hégémonie
des États-Unis.

Le 10e anniversaire de l'ouragan Katrina marqué
par la résistance et la demande de reddition de comptes
- Organisation marxiste-léniniste
des États-Unis -
Une maison laissée
à l'abandon dans le bas
du 9e arrondissement
de la Nouvelle-Orléans le 15 juin 2015
Il y a 10 ans maintenant l'ouragan Katrina frappait la
Nouvelle-Orléans et la Côte du Golfe, suivi d'un
désastre d'origine humaine, causant la mort de plus de 1800
personnes et en forçant plus de 1,5 million à quitter la
région dont plusieurs n'ont jamais pu y revenir. La
dévastation et l'occupation militaire qui ont suivi, où
des dizaines de
milliers de personnes ont été forcées de rester
dans des camps de détention puis dispersées dans le pays,
sont un exemple d'un gouvernement qui a manqué à ses
responsabilités. Le même échec se voit à la
reconstruction de la ville qui a failli à reconnaître le
droit du peuple au logement, aux soins de santé, à des
emplois et de l'éducation.
Le système scolaire public a été
dévasté, l'hôpital public fermé et
remplacé par un hôpital privé et les taux de
chômage et de pauvreté sont demeurés
élevés et pires encore pour les Afro-Américains
à cause du racisme
d'État. Le droit de retour a été bafoué et
dans plusieurs localités, comme le 9e arrondissement, entre 20
et 30 % seulement des résidents ont pu retourner. Le crime
qu'a commis le gouvernement en n'organisant pas l'évacuation,
puis en déplaçant les gens par la force et en refusant de
garantir leur retour est
demeuré impuni. Les résidents de la
Nouvelle-Orléans
et le peuple de tout le pays demandent toujours que le gouvernement
rende des comptes de ce qu'il a fait.
Lors de sa récente visite à la
Nouvelle-Orléans, le président Obama a qualifié la
reconstruction de la ville de « modèle ».
Il n'a pas dit si l'occupation militaire de la Nouvelle-Orléans
et les camps de détention de masse seront le modèle des
futures urgences. Compte tenu des détentions de masse et de la
séparation des familles qui s'y
sont produites et des actions similaires que prend le gouvernement
maintenant envers les immigrants et les réfugiés,
notamment les détentions de masse, tout indique que des actions
du genre vont faire partie des « interventions
d'urgence ». Le gouvernement est d'ailleurs en train
d'augmenter le nombre des camps de détention et de
tenir des exercices simulés « d'urgences »
sous commandement militaire qui comprennent des premiers intervenants
et des agences de police. On le voit aussi à la réponse
militarisée qu'il donne aux protestations comme à
Ferguson ou à Baltimore. Le peuple quant à lui continue
de rejeter l'occupation militaire, de réclamer le
financement nécessaire des premiers intervenants et d'exiger que
le gouvernement assume sa responsabilité de satisfaire les
besoins du peuple plutôt que de le terroriser.
En disant que la reconstruction de la
Nouvelle-Orléans est un modèle, Obama présente
l'usurpation des institutions publiques comme les écoles et les
hôpitaux par des intérêts privés comme une
réponse à la situation. La destruction des écoles
et de l'hôpital public et les hauts taux chroniques de
pauvreté et de chômage illustrent bien que ces
intérêts privés n'ont aucune solution qui soit dans
l'intérêt public. Comme les résidents de la
Nouvelle-Orléans l'ont dit dès le début, on ne
peut pas accepter que le public soit exclu de la gouvernance.
« Si quelque chose qui nous concerne est fait sans nous, il
n'est pas fait pour nous », disent-ils. On ne peut trouver
des solutions qu'en
rejetant le diktat des intérêts privés et en
intensifiant la lutte pour le droit du peuple de se gouverner
lui-même et de décider de ses affaires.
La Nouvelle-Orléans se souvient et poursuit sa
résistance
La Nouvelle-Orléans a marqué le 10e
anniversaire de l'ouragan Katrina et de la dévastation d'origine
humaine par des manifestations, des cortèges de deuxième
ligne, des performances de rue et des forums. Une de ces
deuxièmes lignes a été tenue là où
la digue qui devait
protéger le 9e arrondissement s'est effondrée durant
l'ouragan Katrina, n'ayant pas été construite par le
gouvernement avec la solidité requise. Des torrents d'eaux s'y
sont engouffrés qui ont laissé en ruine le quartier
habité depuis toujours par des Afro-Américains et ses
nombreux propriétaires de maisons.
Les organisateurs ont dit que la résistance est
depuis longtemps la culture de la Nouvelle-Orléans comme on l'a
encore vu suite au désastre d'origine humaine qui a
dévasté la ville et depuis. Ce sont les résidents
eux-mêmes qui ont secouru des gens par milliers et ont
mené des actions pour défendre leurs droits par
après. Ils ont mis sur pied un
tribunal l'année suivante qui a déclaré le
gouvernement coupable de génocide et de violation de nombre de
droits humains. Plusieurs réunions et actions se sont tenues
où on a déclaré que la reconstruction de la ville
n'a pas servi la population mais de riches intérêts
privés. Plusieurs parmi le million de personnes qui ont
été forcés de quitter la
région n'y sont pas revenus et la plupart des gens n'ont rien
reçu en
réparation pour leurs pertes, pour la reconstruction et le
crime qu'a commis le gouvernement en forçant les gens
à quitter à la pointe du fusil. Seulement un tiers des
résidents du 9e arrondissement ont pu y revenir.
Les manifestants ont partout mis de l'avant que le
logement est un droit. Avant Katrina, il y avait plus de 12 270
unités de logement public à la Nouvelle-Orléans et
il n'y en a plus qu'environ 2006. Plus de 90 % des quelque 15 000
familles qui sont sur des listes d'attentes pour du logement public ou
de l'aide en vertu de la Section 8
sont Afro-Américaines.
Les manifestants ont aussi dénoncé le fait
qu'environ 50 % des enfants noirs de la Nouvelle-Orléans
vivent dans la pauvreté, soit plus qu'avant Katrina.
Le système d'éducation publique a
été décimé et les enseignants, la plupart
Afro-Américains, licenciés en masse. Aujourd'hui,
92 % des étudiants vont dans des écoles à
charte. Les politiques de discipline injustes et racistes des
écoles à charte nient à de nombreux
étudiants l'accès égal à
l'éducation. Quinze de ces écoles à la
Nouvelle-Orléans ont des taux de suspension d'étudiants
supérieurs à ceux du reste du pays. En 2013, on a
dénombré 46 625 cas de suspensions, un chiffre qui
dépasse le nombre des étudiants du système
d'éducation local.
Les manifestants sont passés devant la prison
tristement célèbre pour le nombre de gens qui y sont
morts noyés pendant Katrina et pour les attaques aux droits
humains par après. Une vidéo montrant la
résistance en prison a été projetée sur ses
murs pendant que les manifestants défilaient devant elle. Les
prisonniers noirs sont cinq fois plus
nombreux que les blancs dans les prisons de la Louisiane bien que la
population blanche de l'État soit le double de la population
noire. La résistance au racisme d'État et les demandes de
redditions de comptes pour les meurtres commis par la police sont aussi
vivantes aujourd'hui qu'au moment de Katrina.
Les manifestants ont marché, unis à la
défense de leurs droits, avec une ferme détermination et
un grand esprit de résistance.

Note aux lecteurs
Le prochain numéro du Marxiste-Léniniste
paraîtra le 7 octobre 2015. Continuez
de nous envoyer vos articles de nouvelles,
rapports, photos et commentaires. Entre-temps, durant la période
électorale, nous vous invitons à vous abonner au Renouveau,
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