Le Marxiste-Léniniste

Numéro 36 - 22 août 2015

Ce sont les États-Unis qui menacent
la paix dans la péninsule coréenne

Les exercices militaires doivent cesser immédiatement! Les États-Unis doivent cesser leur chantage nucléaire!


Protestation contre les exercices de guerre américains devant l'ambassade américaine à Séoul le 17 août 2015. (Voice of the People)

Ce sont les États-Unis qui menacent la paix dans la péninsule coréenne

Les exercices militaires doivent cesser immédiatement!
Les États-Unis doivent cesser leur chantage nucléaire!

Lettre de la République populaire démocratique de la Corée au président du Conseil de sécurité des Nations unies


Ce sont les États-Unis qui menacent la paix dans la péninsule coréenne

Les exercices militaires doivent cesser
immédiatement! Les États-Unis doivent cesser
leur chantage nucléaire!


Les tensions montent dans la péninsule coréenne à cause des exercices militaires de grande envergure des États-Unis appelés « Ulji Freedom Gardian » (UFG). La République démocratique populaire de Corée (RPDC) s'objecte énergiquement à ces exercices chaque année dans une volonté d'établir les conditions de paix sur la péninsule, mais rien n'y fait.

À chaque année le commandement conjoint américano-sud-coréen se livre à ces exercices du 17 au 28 août, qui rappellent le danger constant que représente la présence d'armes nucléaires américaines en Corée du sud. Or, dans un communiqué sur son site Web la United States Forces Korea (USFK) répète ad nauseam que tout cela est inoffensif. C'est prétendre que la présence d'armes nucléaires et de dizaines de milliers de soldats américains dans le sud de la Corée depuis 70 ans, armes braquées contre la souveraineté de la RPDC et avec comme objectif ultime de la détruire, est l'image parfaite de la normalité et non pas une source importante de danger et d'instabilité. Le communiqué se lit :

« L'UFG est un exercice de défense routinier conçu pour améliorer la préparation du commandement conjoint, protéger la région et maintenir la stabilité sur la péninsule coréenne. L'opération est planifiée des mois à l'avance et n'est liée à aucun événement actuel dans le monde. Les forces américaines se joignent aux forces militaires de la République de Corée comprenant tous les services et une participation du gouvernement de la République de Corée.

« Sept pays du Commandement des Nations unies participeront à l'UFG 2015, soit l'Australie, le Canada, la Colombie, le Danemark, la France, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni. De plus, la Commission de surveillance des nations neutres supervisera l'opération pour s'assurer que tout soit conforme à l'Accord d'Armistice. »

Notez bien que l'USFK maintient la fausse impression que les Nations unies ont donné leur approbation pour ces exercices de guerre provocateurs. Le Commandement de l'ONU dominé par les États-Unis fut établi durant la Guerre de Corée et n'est qu'une feuille de vigne pour donner de la légitimité à l'agression américaine. Le communiqué continue :

« Par le biais de sa mission à Panmunjom, la Commission de l'armistice militaire du Commandement des Nations unies a informé l'Armée populaire nord-coréenne des dates de l'exercice et du caractère non provocateur de cet exercice de routine.

« Les exercices d'entraînement de routine sont menés dans l'esprit du Traité de défense mutuelle du 1er octobre 1953 entre les États-Unis et la République de Corée et conformément à l'Armistice. Ces exercices mettent également en valeur le partenariat, l'engagement et l'amitié durables entre les deux pays et contribuent à maintenir la stabilité et la sécurité sur la péninsule. »

Les exercices de guerre UFG sont un événement d'irresponsabilité extrême étant donnée l'histoire de la Guerre de Corée. Les États-Unis ont pris possession du sud de la Corée en 1945 après la victoire de la lutte de libération du peuple coréen contre l'occupant japonais et après la proclamation de la république populaire indépendante le 6 septembre 1945. Peu après, durant la Guerre de Corée, le nord fut littéralement rasé par des bombardements américains parce que la république populaire refusait de se soumettre à l'hégémonie américaine et de renoncer à son droit de tracer une voie indépendante. Les États-Unis ont refusé de mettre fin à la guerre et de signer un traité de paix et ont continué de se livrer à l'espionnage sous toutes ses formes et à faire peser la menace de guerre, en plus d'imposer à la RPDC un blocus économique brutal. Devant cette réalité historique, en quoi exactement les exercices de guerre des États-Unis vont-ils « assurer la stabilité et la sécurité sur la péninsule » ?

Une des séquelles laissées par la guerre de Corée est la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées, où les tensions sont exacerbées par l'armée fantoche sud-coréenne. On sait que la DMZ contient près d'un million de mines antipersonnel non explosées datant de la guerre. Au début du mois d'août, l'armée sud-coréenne a déclaré que deux de ses soldats ont été blessés par des mines antipersonnel et a aussitôt accusé la RPDC d'avoir placé délibérément ces mines pour blesser les soldats, une accusation sans fondement. Le sud a ensuite tiré des dizaines d'obus au-delà de la DMZ, en territoire nord-coréen, et affirmé que c'était en représailles aux tirs d'artillerie venant du nord. Bien sûr, lorsque pressé d'en fournir la preuve, l'armée sud-coréenne a été incapable de prouver ses accusations. Le sud est maintenant allé plus loin et a repris ses opérations de guerre psychologique tout le long de la zone démilitarisée pour la première fois en 11 ans, en violation des accords Nord-Sud. Ces provocations coïncident avec les manoeuvres militaires UFG.

Les événements à la DMZ et les objections légitimes de la RPDC aux manoeuvres militaires sont rapportés d'une manière totalement décontextualisée par les médias monopolisés afin de présenter la RPDC comme la partie belligérante, alors que celle-ci cherche depuis des décennies à préserver la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne, notamment en exigeant que les États-Unis cessent leur agression et signent un traité de paix pour mettre fin officiellement à la guerre de Corée.

Pour aider à contrer cette désinformation, LML publie ci-dessous la lettre de Ja Song Nam, ambassadeur et représentant permanent de la RPDC à l'ONU, adressée au président du Conseil de sécurité de l'ONU dans laquelle la RPDC demande la convocation immédiate d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité pour discuter et prendre des mesures contre les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes de grande ampleur.

LML invite les Canadiens à s'informer et à dénoncer l'hystérie et la désinformation des médias entourant ces événements. Blâmer la RPDC et sa direction est un mensonge pour camoufler ce que préparent les Américains et les Sud-Coréens. Les États-Unis doivent quitter la Corée. Ils doivent immédiatement signer un traité de paix et retirer leurs troupes et les armes nucléaires de Corée du sud ! Les Canadiens doivent exiger que le Canada cesse de participer à ces manoeuvres militaires provocatrices et s'assurer de cela en luttant pour un gouvernement antiguerre qui défendra la paix internationale.

Actions en Corée du sud pour exiger que cessent
les exercices militaires américains


Séoul


Incheon; Gwangju


Gyeonggi


Mokpo; District de Muan


À l'université nationale de Chonbok, à Jeonju


Devant la garnison américaine à Daegu (Camp Walker)

(Photos: SPARK)


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Lettre de la République populaire démocratique
de la Corée au président du Conseil de sécurité
des Nations unies

Votre Excellence,

Selon les instructions reçues de mon gouvernement, j'ai l'honneur de porter à votre attention que les États-Unis tiennent en ce moment en Corée du sud les exercices militaires conjoints appelés « Ulji Freedom Guardian (UFG) » (Gardien de la liberté Ulchi — UFG) » qui sont dirigés contre la République populaire démocratique de Corée.

Les exercices militaires conjoints que les États-Unis organisent chaque année, dont font partie les « UFG », sont une grave provocation et un exemple typique de la politique hostile des États-Unis envers la RPDC.

Les États-Unis tentent encore une fois de masquer le caractère agressif et dangereux de ces exercices en disant qu'ils sont « annuels » et « défensifs ».


Manifestation contre la guerre à la base navale de commande des États-Unis à Séoul le 15 août 2015 (SPARK)

En fait, ces maoeuvres militaires qui simulent une guerre véritable et mobilisent de vastes forces militaires équipées d'armement nucléaire et visent à occuper Pyongyang, la capitale de la RPDC, ne sauraient être qualifiés de « défensifs » ou de « routiniers » sous prétexte qu'ils se tiennent « chaque année ».

Les États-Unis, par leurs exercices de guerre incessants et l'accroissement de leur capacité militaire, entraînent la RPDC dans une course aux armements afin de nuire à ses efforts sur le plan de l'économie et pour améliorer le niveau de vie du peuple, et ils cherchent à créer une occasion de lancer une attaque préventive contre la RPDC en la rendant inattentive aux cycles des tensions qui ne cessent de s'accroître.

Les exercices de guerre des États-Unis sont la preuve que ce sont les États-Unis qui instiguent ces cycles malsains de confrontations et de tensions croissantes et sont la source du danger de guerre sur la péninsule coréenne.

Les vastes exercices militaires agressifs et provocateurs conjoints que tiennent les États-Unis ne sont plus une affaire confinée aux relations RPDC-États-Unis ou aux relations inter-coréennes, c'est une affaire internationale car cela représente une menace à la paix et à la sécurité en Asie du Nord-Est et au-delà.

En conséquence, je requiers que la question des exercices militaires conjoints des États-Unis soit mise à l'ordre du jour du Conseil de sécurité et que le Conseil de sécurité se réunisse d'urgence conformément aux articles 34 et 35 de la Charte des Nations unies.

Je voudrais rappeler que le Conseil de sécurité n'a tenu aucun compte, sans justification valable, des multiples requêtes présentées par la RPDC pour que la question des exercices militaires conjoints tenus sous l'égide des États-Unis soit mise à l'ordre du jour du Conseil de sécurité.

Si le Conseil de sécurité devait faire fi une fois de plus de la juste requête de la RPDC de discuter de ces exercices militaires organisés par les États-Unis, il montrerait à la face du monde qu'il a abandonné sa mission première de maintenir la paix et la sécurité internationale et est devenu l'instrument d'une seule puissance.

Si les États-Unis persistent dans la voie de la confrontation militaire en dépit des avertissements répétés de la RPDC et des dénonciations de la communauté internationale, ils seront les seuls responsables des conséquences qui s'ensuivront.

La RPDC ne va pas attendre indéfiniment que les États-Unis changent leur politique envers la RPDC pendant que la souveraineté et la sécurité du pays sont menacées ; elle va prendre les mesures de dissuasion nécessaires face aux provocations nucléaires des États-Unis.

Je vous saurai gré de faire circuler cette lettre à titre de document officiel du Conseil de sécurité.

Veuillez accepter, Votre Excellence, l'expression de ma plus haute considération.

Le 19 août 2015

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