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Numéro 35 - 5
août 2015
Élection
fédérale 2015
La lutte pour le changement
passe en mode accéléré

• La
destruction nationale du gouvernement
Harper
• Le faux discours de Stephen Harper au sujet
de l'économie
Douze ans dans la vie
de la section locale 1005
du Syndicat des métallos (2003- 2015)
• Une édition spéciale du journal
Information Update
• Ce que veut dire être un fier
métallo canadien
- Édition spéciale de Information Update
-
Les Jeux
panaméricains de Toronto
• Vertu et patrie
- Alfonso Nacianceno, Granma -
• Le blocus de Cuba par les États-Unis
affecte beaucoup le domaine du sport
- Enver Villamizar -
• Trafic illégal de joueurs de baseball
cubains
• L'exode des muscles vers les États-Unis
• Le lien sportif entre Toronto et la Havane
- Tony Seed -
• Le baseball et la Guerre froide
- Gabriel Molina -
Anniversaires
importants
• Le Nicaragua célèbre 36
années de révolution sandiniste
• Cuba célèbre le Jour de la
Rébellion nationale
• Les graines semées par ceux qui sont
tombés pour voir Cuba
libre ont donné leur fruit: cette
Révolution invincible
- Allocution de José Ramon Machado
Ventura -
• Un gala artistique et culturel
célèbre les 500 ans de Santiago de Cuba
• Le monde rend hommage au comandante Hugo
Chávez
• La RPDC demande que les États-Unis
signent un traité de paix
pour mettre fin à la guerre de
Corée!
• Note aux lecteurs
Élection fédérale
2015
La lutte pour le changement passe en mode
accéléré
Le véritable thème sous-jacent de
l'élection fédérale qui vient d'être
déclenchée est la nécessité de changement.
Qui définira le changement requis et qui occupera l'espace du
changement ? Ce sont les questions du jour et il faut des
réponses qui favorisent le peuple, pas les riches et leurs
maîtres étrangers.
À cet égard, le renouveau du processus
politique est en tête de liste. Il est crucial de renverser la
tendance actuelle qui élimine les électeurs comme
décideurs dans les élections.
Les changements requis du processus politique sont du
genre à aller directement à l'encontre du maintien des
positions de privilège et de pouvoir qui décident du sort
de la société. Les travailleurs sont ceux qui produisent
la richesse dont dépend la société. Le
renouvellement du processus politique les aiderait à surmonter
leur position de
subordination.
Les changements doivent être du genre à
affirmer le droit de la classe ouvrière de présenter son
ordre du jour pour l'avancement de la société et de
l'appliquer. Ils doivent politiser la classe et l'organiser dans la
défense de ses propres intérêts.
Durant les années de la dictature Harper, la
résistance à l'offensive antisociale s'est accrue sur
tous les fronts, y compris le plus important, celui de la
restructuration de l'État pour répondre aux besoins du
capital monopoliste au pays et à l'étranger.
L'autorité politique est devenue le monopole privé d'une
poignée de privilégiés qui
s'enrichissent en utilisant les fonds publics et qui se servent des
organes de l'État pour réprimer la classe ouvrière
et les droits de tous.
Dans cette élection
fédérale, le
Parti marxiste-léniniste du Canada présentera au moins 70
candidats, comme il l'a fait en 2011. Il concentrera son attention sur
la création des conditions qui permettent aux travailleurs de
contribuer de façon pratique à occuper l'espace du
changement de manière à ouvrir une voie au progrès
de la société.
Les candidats du PMLC reprendront les appels qui se font
entendre partout au pays exigeant que les droits de tous soient
garantis. Les slogans qui incarnent les revendications du peuple
retentissent : Oui au secteur manufacturier, non à la
destruction nationale ! Oui au droit public, non au droit de
monopole ! Arrêtez de payer
les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes
sociaux ! Investissons le peuple du pouvoir de décider et
donnons-nous un gouvernement antiguerre ! Organisons-nous pour
donner une nouvelle direction à l'économie, pour
réaliser le renouveau politique et établir une
constitution moderne !

La destruction nationale du gouvernement Harper
Concentration sans précédent du pouvoir
économique
Par les accords de libre-échange et d'autres
arrangements internationaux, les grands monopoles se sont
emparés du contrôle de l'économie des peuples
d'Amérique du Nord, ont éliminé le droit du peuple
de décider et de contrôler la direction de son
économie et de décider la
meilleure utilisation de son travail, de ses machines et de ses
ressources au service de son économie et de ses besoins. Sans le
consentement du peuple, de gigantesques monopoles dictent où et
quand les investissements seront faits. Le sort de secteurs entiers de
l'économie, comme l'acier, l'automobile, l'énergie et
même l'agriculture, est entre les
mains d'un capital financier qui est très éloigné
des communautés touchées et qui échappe au
contrôle, aux demandes et aux besoins du peuple. Des corridors de
transport, de l'énergie et de la sécurité couvrant
de vastes étendues sont construits aux dépens du
bien-être des peuples du Canada, des États-Unis et du
Mexique ainsi qu'aux dépens des
peuples autochtones et sans leur consentement.
Cette intégration économique sert les fins
des propriétaires des monopoles et du gouvernement Harper
à leur service. Ceux-ci promettent la prospérité
mais produisent la ruine. Cela ne mène qu'à une plus
grande concentration de la richesse sociale, du pouvoir et du
contrôle entre les mains d'une poignée de
privilégiés et à des crises récurrentes
qui détruisent les rêves et les espoirs de millions de
personnes et qui souvent laissent l'environnement social et naturel en
ruine.
La direction de l'économie doit être
changée. C'est une demande fondamentale dans cette
élection.
Concentration sans précédent du pouvoir
politique
La direction néolibérale de
l'économie, qui a pour objectif de rendre les monopoles et les
groupes financiers les plus puissants concurrentiels sur les
marchés mondiaux, s'accompagne de la remise du pouvoir politique
directement à ces mêmes monopoles et intérêts
financiers. Une
autorité privée a pris le dessus sur l'autorité
publique. Avec l'intégration continentale sous contrôle
américain, cela a accéléré la destruction
de l'équilibre parlementaire au Canada qui était
basé sur l'existence d'un parti au pouvoir et d'un parti formant
l'opposition comme gouvernement de rechange. Un système de
partis de cartel mafieux, qui
organise des coups électoraux, a usurpé le pouvoir et
impose des arrangements néolibéraux qui ne peuvent
être contestés que par un mouvement de masse pour le
renouveau démocratique.
Il y a aussi un besoin urgent de
s'opposer à
l'intégration du Canada, des États-Unis et du Mexique en
une nouvelle structure étatique, les États-Unis des
Monopoles d'Amérique du Nord, dont les impérialistes
américains se servent pour dominer le monde.
Bellicisme et attaques contre les droits
Les forces armées du Canada ont été
fusionnées à celles des États-Unis et les aident
à imposer leur diktat et contrôle partout dans le monde.
Le gouvernement Harper a envoyé les soldats canadiens combattre
dans les guerres d'agression des États-Unis en Asie de l'Ouest
et en Afrique du
Nord et pour encercler la Russie, notamment en donnant des positions de
pouvoir aux nazis en Ukraine et dans d'autres pays, allant
jusqu'à menacer la Russie d'une guerre nucléaire. Le
gouvernement Harper s'est joint aux sales guerres de
l'impérialisme américain pour forcer un changement de
régime en Syrie, en RPDC et ailleurs et parle des
droits humains et de la démocratie uniquement pour favoriser la
guerre et l'agression. La propagande en faveur de l'usage de la force
dans le règlement des conflits entre nations et de la guerre
ouverte crée une ferveur chauvine dans les médias
monopolisés et au Parlement.
Le travail pour le renouveau démocratique
L'élite au pouvoir essaie
désespérément de créer l'illusion d'un
sauveur qui va surgir du système de partis
cartélisés pour éclipser le défi
réel qui se pose pour le peuple et l'empêcher de
s'investir du pouvoir et de créer un nouvel équilibre au
moyen du renouveau démocratique.
Le vieil équilibre ne peut pas être
rétabli par un parti ou une coalition de partis de
l'élite au pouvoir qui a formé un système de
partis cartélisés pour maintenir le peuple à
l'écart. La classe dirigeante, qui tente
désespérément de faire croire que c'est la
démocratie canadienne qui va choisir le gouvernement dans cette
élection, va appuyer un
remplaçant de Harper dans la mesure où il s'avère
qu'un champion de sa cause est à même de défaire la
machine électorale corrompue des conservateurs. S'il
n'émerge pas de champion, elle va tenter de faire croire que
Harper est « populaire » et inattaquable, tout
cela pour détourner l'attention de la nécessité du
renouveau
démocratique du processus politique.
Déjà la moitié de
l'électorat ne participe pas à cette fraude
électorale et l'autre moitié est divisée en trois
camps et réduite à l'état de spectateur. La
marginalisation de l'électorat crée une situation
toujours plus dangereuse pour le peuple et le pays qui se trouvent pris
dans une descente vers la réaction et la guerre.
L'alternative réside dans le
renouveau
démocratique. En mettant de l'avant la politique
indépendante de la classe ouvrière, on travaille à
défaire le gouvernement Harper d'une façon qui garde
l'initiative dans les mains du peuple et hors de celles de
l'élite au pouvoir. On peut le faire en élaborant les
positions qui défendent les droits de tous.
Cela veut dire prendre audacieusement position en faveur d'une nouvelle
direction prosociale de l'économie, pour le retrait du Canada de
l'OTAN et de NORAD et le retour des troupes au pays.
En occupant l'espace du changement, le peuple est capable d'isoler tous
ceux qui cherchent à préserver le vieux et bloquer le
nouveau.
La dégénérescence de la politique
sous le contrôle d'une petite élite nous force à
exiger le renouveau du processus politique et la création de
nouveaux arrangements qui éliminent le privilège et
reconnaissent les droits de tous en tant qu'êtres humains.
Le peuple doit faire échec à l'assaut de
grande envergure contre les droits que représente la loi C-51.
Il doit rétablir les relations de nation à nation avec
les peuples autochtones. Le droit du Québec à
l'autodétermination doit être affirmé et la
pratique de cibler le Québec, les minorités et les
activistes politiques de façon gratuite comme étant la
source du terrorisme doit cesser. Les droits de citoyenneté et
les droits de tous les résidents doivent être
affirmés sur une base moderne, objective et égale, pour
qu'on mette fin au privilège et à la diffamation.
Il faut aussi s'organiser pour bâtir un
gouvernement antiguerre. Le Canada doit se retirer du Commandement du
Nord intégré et les troupes des États-Unis doivent
se retirer du Canada. Il faut aussi sortir le Canada de l'OTAN et de
NORAD et mettre fin à toute participation du Canada aux forces
militaires agressives des États-Unis et à leurs
agences de torture et d'ingérence dans les affaires souveraines
des peuples du monde.
Il faut doter le Canada d'un nouveau but
Les travailleurs canadiens doivent doter le Canada d'un
but qui favorise leurs intérêts,
ce qui ne peut être fait quand le but est d'être
concurrentiel sur les marchés mondiaux. Avec cet objectif, on
vend les matières premières et toutes les ressources
humaines et naturelles du Canada de la manière la plus
destructrice pour la nation, comme le font les conservateurs de Stephen
Harper.
Chose importante, la classe ouvrière est capable
de diriger le travail du renouveau démocratique.
Numériquement, c'est elle qui constitue la majorité au
sein du corps politique. Elle doit se joindre à
l'électorat tout entier pour faire en sorte que le peuple
s'unisse derrière un seul objectif, celui d'isoler ces forces
qui bloquent le changement qu'il
faut apporter au processus politique. Elle doit joindre ses forces
à celles du peuple dans son ensemble pour créer ces
changements qui vont bénéficier à tous. La classe
ouvrière ne peut avancer sa cause qu'en mettant au premier plan
le bien-être, le progrès et l'avancement de la
société.

Le faux discours de Stephen Harper
au sujet de
l'économie
Le Canada fait face à des problèmes
économiques réels qui exigent des solutions
réelles plutôt que la rhétorique vide de Stephen
Harper ou de quelqu'autre dirigeant économique et politique qui
place des intérêts privés étroits au-dessus
de ceux du public. Les rapports indiquant que l'économie
canadienne est en sérieuse difficulté continuent de
s'empiler. Les problèmes ne proviennent pas de l'effondrement
récent des prix du pétrole, ils sont beaucoup plus
profonds, comme le montre la chute du secteur manufacturier depuis dix
ans.
Les données de Statistique
Canada pour le mois de
mai indiquent une nouvelle contraction mensuelle de l'économie,
la cinquième en autant de mois. Tous les secteurs se sont
contractés sauf la construction et la vente au détail et
, en ce qui concerne la construction, les scandales récents qui
impliquent de la documentation falsifiée en vue
d'obtenir des hypothèques augurent mal. En 2007, des rapports
semblables de fraude hypothécaire ont
précédé de peu l'effondrement du secteur de la
construction aux États-Unis. Un des aspects les plus troublants
du rapport de Statistique Canada est l'énorme chute de
2,4 % de la fabrication de biens durables.
Officiellement, le nombre de Canadiens sans emploi qui
se cherchent activement du travail et ne peuvent en trouver se chiffre
à 1,3 million, soit 6,8 % de la main-d'oeuvre officielle.
Le nombre des travailleurs à temps partiel, dont plusieurs
veulent travailler à temps plein, a atteint les 3,4 millions et
2,7 millions de travailleurs ayant un
emploi sont classés comme étant des travailleurs
indépendants. Les salaires stagnent alors que les prix des
choses de base comme la nourriture et le logement continuent
d'augmenter et que l'on prévoit une forte hausse des prix des
biens de consommation importés à l'automne à cause
de la faiblesse du dollar canadien.
En ce qui concerne le commerce international, le Canada
connaît depuis le début de l'année le plus vaste
déficit commercial de son histoire en dépit de la baisse
de la valeur du dollar canadien par rapport aux autres devises. Selon
les économistes, un dollar faible aurait dû stimuler les
exportations mais elles ont été si faibles que le
gouverneur
de la Banque du Canada Stephen Poloz s'est dit
« troublé » par le phénomène.
Face à cette réalité
économique, le premier ministre Harper n'avait que des
platitudes à la bouche : « L'impact du choc
pétrolier ne va être que temporaire et le pays va
certainement reprendre la tête des performances de croissance du
Groupe des Sept. Loin de représenter un risque, la dette record
à la consommation est un reflet de
la confiance dans les perspectives de l'économie. »
(Bloomberg)
Harper poursuit dans la voie de l'extraction des
ressources, l'économie
d'« extraction/exportation, » et du
libre-échange sous le contrôle des monopoles
internationaux bien que l'expérience ait démontré
que cette voie est plus que problématique. Cette direction fait
en sorte que le Canada est à la merci des autres, en particulier
des
grandes puissances, et n'exerce aucun contrôle souverain sur son
économie. Harper lui même l'a admis quand il a
confié à l'agence Bloomberg que « le rejet
possible du pipeline Keystone XL est l'expression d'une 'politique
particulière' de l'administration Obama qui va
éventuellement être renversée par les futurs
dirigeants ».
Se raccrocher à n'importe quoi dans l'espoir que
d'autres vont faire quelque chose qui va servir nos
intérêts n'est pas une façon de bâtir une
économie stable, solide et qui subvient à ses besoins. On
peut dire la même chose des accords de libre-échange que
propose Harper avec l'Europe et du Partenariat transpacifique (PTP) par
lesquels Harper
veut abandonner nos producteurs laitiers et étendre le pouvoir
des monopoles internationaux de poursuivre le Canada si une
autorité canadienne restreint leur quête de profits,
même si c'est en leur demandant de ne pas polluer et salir notre
environnement ! De la même façon, les subsides aux
entreprises industrielles privées pour qu'elles
investissent dans leurs facilités et leur équipement, si
jamais elles investissent, visent essentiellement à
réduire l'emploi par le biais de la machinerie comme
l'équipement lourd et les camions automatisés dans le
secteur pétrolier ou les robots dans le secteur de l'automobile,
des équipements que le Canada ne produit pas et doit importer
à prix
fort.
La promesse de Harper au sujet de ce qu'il appelle
« un secteur manufacturier qui s'apprête à
rebondir » est démentie non seulement par Statistique
Canada mais pas un rapport interne fuité d'Industrie Canada. On
y lit : « Des emplois manufacturiers ont disparu pour
toujours, l'investissement en équipement est faible
et on a vécu une relance sans emploi même dans les
domaines où le secteur manufacturier a quelque peu
rebondi. » (Tiré d'une analyse secrète de
tendances à long terme dans le secteur manufacturier qui a
été préparée pour le sous-ministre
fédéral. Le réseau de Radio-Canada en a obtenu une
version censurée en vertu de la Loi sur
l'accès à l'information.
« Des industries
hautement sensibles
au taux de change se sont contractées et la baisse significative
du nombre d'établissements indique une perte permanente de la
capacité manufacturière... Les fabricants continuent de
sous-investir dans leur stock de machinerie et d'équipement ce
qui compromet l'avenir de la croissance de la
productivité. Le faible dollar canadien n'aide pas non
plus », affirme le rapport.
Depuis 2004, l'Ontario a connu une perte nette de 212
000 emplois manufacturiers et le Québec en a perdu 97 000. Selon
le rapport, l'emploi
manufacturier n'a pas rebondi du tout depuis la crise qui a
affecté tout le Canada en 2008 pendant laquelle l'emploi
manufacturier est tombé à 1,7 million d'emplois.
Cela contredit la rhétorique du gouvernement
Harper selon laquelle « la croissance remarquable du secteur
manufacturier depuis la récession » explique
« les très bonnes nouvelles du rebondissement des
ventes ». Selon Industrie Canada, le secteur manufacturier
« n'a pas produit de nouveaux emplois ». La
plupart des ventes dont il parle proviennent de biens importés
et non de sa fictive « croissance remarquable du secteur
manufacturier ». La production manufacturière en mai
de cette année est inférieure à celle de
décembre 2011. Curieuse « croissance
remarquable » !
Arrêtons la destruction nationale à
laquelle se livre Harper
La question pour les Canadiens est de comment
débloquer cette situation. L'élite au pouvoir qui est
dirigée par Harper empêche le peuple de participer aux
décisions sur les questions qui les affectent, eux et la
société. Le droit de monopole supplante le droit public
et
l'intérêt public. La seule option qui est admise,
même pour la discussion, ce sont les programmes
d'austérité néolibérale et les mesures de
privatisation et de taxation individuelle. On ne permet à aucune
alternative qui part de la vision prosociale de bâtir une
économie souveraine qui défend le bien public et le
bien-être du peuple d'entrer dans
l'arène du débat national. Il faut que cela change si on
veut que le pays s'attaque aux problèmes et aille de l'avant.
Harper fabrique des accords secrets qui ne peuvent
même pas faire l'objet de discussion, encore moins être
rejetés, tels l'AECG, le PTP et les autres accords de
libre-échange. L'arrangement désastreux conclu avec US
Steel en 2007, en vertu de la Loi sur Investissement Canada,
qui lui a permis de s'emparer puis de détruire Stelco,
est toujours secret. La destruction nationale au moyen d'ententes et
d'intrigues secrètes est devenue sacro-sainte et la norme.
Même le rapport d'Industrie Canada cité plus haut est
secret. Tout ce que fait Harper vise à exclure les Canadiens de
toute participation aux affaires économiques et politiques du
pays et à les priver de tout mot à dire dans la
direction de l'économie bien que cela soit leur droit de le
faire.
Défaire Harper en octobre est un geste que nous
pouvons poser pour ouvrir la voie à une nouvelle direction
économique prosociale où le peuple peut exercer son droit
de décider. Défaire Harper en octobre va créer de
l'espace à la lutte pour un ordre du jour prosocial qui va
résoudre les problèmes économiques du Canada. En
surmontant des
obstacles comme le diktat de Harper, tout un monde
d'opportunités se présente pour une nouvelle direction
qui restreint le droit de monopole et la destruction nationale qui
l'accompagne.
Oui
à la base manufacturière, non à
la destruction nationale !
Oui au droit public ! Non au droit de
monopole !
C'est maintenant qu'il faut fournir une nouvelle
direction prosociale à l'économie !
Travaillons-tous à la défaite de Harper dans cette
élection fédérale !

Douze ans dans la vie de la section
locale 1005
du Syndicat des métallos (2003- 2015)
Une édition spéciale du journal Information Update
Le dernier numéro du
journal de la section locale
1005 du Syndicat des métallos à Hamilton, Information
Update, est consacré à la réception
donnée à l'occasion du départ à la retraite
du président du syndicat Rolf Gerstenberger (2003-2015) et du
vice-président et président du Comité d'action
politique Jake Lombardo. Rolf et Jake
ont pris leur retraite après 42 ans et 38 ans de service
respectivement. Le nouveau président de la section locale, Gary
Howe, a également été salué. (Voir le
reportage dans le numéro du 29 juillet 2015 du Marxiste-Léniniste)
L'édition spéciale de Information
Update contient un reportage-photos intitulé
« Douze années dans la vie de la section locale 1005
du Syndicat des métallos (2003-2015) ». Il donne un
aperçu de ce qu'ont appris et accompli les métallos de
Hamilton durant les douze années de la présidence de Rolf.
On peut obtenir des exemplaires du journal en
écrivant à la section locale 1005 à info@uswa.ca
ou en visitant son site Web : www.uswa1005.ca.

Ce que veut dire être un fier métallo
canadien
- Édition spéciale de
Information Update -
Nous avons appris beaucoup de choses durant les douze
années de la présidence de Rolf Gerstenberger. Une des
leçons les plus importantes est que notre sécurité
se trouve réellement dans la lutte pour les droits de tous. Il y
a la raison évidente : si nous voulons l'appui des autres,
nous devons aussi appuyer les autres. Rolf a souvent dit
que la solidarité n'est pas dans les mots mais dans les actes.
Mais surtout, nous ne le faisons pas pour les autres, ni parce que
c'est la chose correcte à faire. Nous le faisons pour
nous-mêmes, parce c'est de la société qu'il s'agit
et c'est donc notre cause à nous aussi.
Demandez-le à nos
soeurs et frères mohawks
de Caledonia : notre drapeau était à la
clôture à côté du leur et nous étions
là en personne, tout comme eux sont venus se joindre à
nous à plus d'une occasion. Le drapeau coûte tant.
L'essence pour se rendre là coûte tant. Mais être
là du même côté des barricades, ça n'a
pas de prix. La raison
en est que nos destins sont inter-reliés dans la cause de
l'édification nationale. Nous avons tous intérêt
à ce que les arrangements que nous allons créer entre
nous en finissent une fois pour toutes avec le racisme et l'injustice
coloniale. Quand les hommes, femmes, enfants et aînés des
nations autochtones sont maltraités, nous en sommes tous
diminués. C'est seulement quand nous luttons pour les droits de
tous qu'on peut trouver des solutions aux problèmes et qu'on
peut ouvrir la voie au progrès de la société.
Hier, aujourd'hui ou demain, c'est la contribution que nous faisons
à ouvrir la voie au progrès de la société
et notre lutte pour la maintenir ouverte qui garantissent que nos
enfants et petits-enfants pourront s'épanouir et
bénéficier de la richesse que nous produisons.
Il en est ainsi des nombreuses causes contre
l'injustice, le racisme, la guerre et la destruction nationale que nous
avons fait nôtres. Elles sont directement liées à
l'affirmation de nos droits, nous les métallos du local 1005.
Mais quand nous disons que
notre sécurité
est dans la lutte pour les droits de tous, cela signifie autre chose
aussi.
Nous avons toujours appris à penser que notre
sécurité réside dans le contrat, dans nos
conventions collectives négociées de bonne foi, et que
des ententes mutuellement acceptables sont conclues même quand la
négociation est difficile. Ou que les lois du travail nous
protègent, que les gouvernements et les tribunaux nous
protègent, en tout cas
tant qu'il y a une autorité publique. Les gouvernements et les
tribunaux passaient des lois nous obligeant à retourner au
travail et l'État n'a jamais été neutre, mais
avons appris qu'aujourd'hui les monopoles et les gouvernements à
leur service ne veulent plus négocier. Ils nous braquent un
fusil sur la tête et si nous n'acceptons pas de nous
soumettre pour le bien supérieur, on nous criminalise. Nous, les
métallos de Hamilton, avons déclaré que le
chantage doit cesser. C'est une fraude de dire que le diktat arrogant
est une négociation. Ceux qui abusent de leur position de
pouvoir pour obtenir ce qu'ils veulent doivent arrêter, sinon
c'est à nous de les arrêter.
Aujourd'hui les pouvoirs en place ne se soucient pas des
« dommages collatéraux », des
conséquences pour les autres et de ce qui est détruit. De
même, quand les gouvernements et les tribunaux inventent des lois
comme la Loi sur les arrangements avec les créanciers des
compagnies (LACC) pour nous enlever ce qui
nous appartient de droit, les médias disent que c'est tout
à fait raisonnable et que c'est extrémiste de notre part
de vouloir vivre dans la sécurité et de vouloir prendre
notre retraite dans la sécurité. Nous devons accepter
d'être méprisés et humiliés et même
d'être criminalisés. Nous avons dit « Non c'est
non ! Steel, not
Steal ! »
Ces dernières années nous avons dû
réapprendre que personne ne gagne à moins que nous
partagions bonheurs et malheurs et que les travailleurs ne peuvent pas
confier leur sort ou le sort du Canada à personne qui ne soit
pas à leur niveau, qui ne partage pas les mêmes conditions
de vie, de travail et de retraite, aussi sincères que soient les
intentions. Nous devons nous-mêmes délibérer sur
ces questions qui nous touchent, tirer les conclusions qui s'imposent
et défendre une position qui est en notre faveur.
Nous avons appris qu'il est important de défendre
une position basée sur les principes, pas sur les
intérêts du moment, et surtout quand on se retrouve entre
le marteau et l'enclume. C'est ainsi que nous défendons la
dignité du travail. Nous luttons pour ce qui est juste dans
toutes les conditions et en toute circonstance et cela nous donne de la
fierté, à nous, à nos familles et à notre
communauté.
Nos slogans Touchez pas à nos
pensions ! Oui au secteur manufacturier, non à la
destruction nationale ! et Stelco doit continuer de
produire, Hamilton doit continuer de produire, le Canada doit continuer
de produire ! nous ont également gagné beaucoup
d'appui dans la communauté. Ces mots
d'ordre continueront d'être entendus tant que les
problèmes ne seront pas résolus en faveur des
travailleurs, plutôt qu'en faveur des parasites.
D'ici là, comme nous
l'avons
déclaré à la veille de l'élection
fédérale de 2011, il faut ARRÊTER HARPER. Si
c'était le cas en 2011, avant qu'il n'obtienne son gouvernement
majoritaire qui lui a permis d'imposer les positions antisociales les
plus extrémistes, c'est d'autant plus le cas aujourd'hui,
à la veille d'une autre élection fédérale.
Nous
devons surmonter la division du mouvement ouvrier causée par la
politique partisane qui a donné à Harper sa
majorité. Nous devons unir tous ceux qui peuvent être
unis, sur la base de la politique indépendante des travailleurs,
une politique partisane dans la mesure où il s'agit d'apporter
des solutions viables à nos problèmes. Tous ceux qui
voient
la nécessité de donner au Canada une raison d'être
qui soit dans leur intérêt et de nous donner un
gouvernement que nous pouvons tenir responsable de ses agissements
doivent s'unir pour changer la situation en leur faveur !
Nous avons appris que c'est ce que veut dire être
un fier métallo canadien de la section locale 1005 du Syndicat
des métallos. Merci à Rolf. Merci à Jake. Merci
à Gary et à tous les autres qui ont fait partie de cette
lutte. Merci à tous nos membres actifs et à tous nos
retraités et à toute la communauté, vous tous qui
êtes restés à nos côtés à
travers toutes les épreuves. Merci à Smitty et à
tous les autres qui nous ont quittés. Vous êtes avec nous
aujourd'hui.
Notre bataille ne fait que commencer. Apprenons notre
leçon encore une fois : Notre sécurité est
dans la défense des droits de tous !
Les
métallos
de
Hamilton
célèbrent
le
10e anniversaire
des assemblées du jeudi, le 13 juin 2013

Les Jeux panaméricains de Toronto
Vertu et patrie
- Alfonso Nacianceno -
Les athlètes des
pays participants et les
bénévoles envahissent le terrain lors des
cérémonies de clôture des Jeux panaméricains
de Toronto le 26 juillet 2015.
(I. Rupus)
Si la vie dans notre monde troublé se
déroulait dans la paix et l'harmonie qui ont régné
aux 17e Jeux panaméricains, il y aurait moins de guerres, moins
de mal et moins d'ambitions malsaines.
Un événement comme celui-là, au
cours duquel 83 records continentaux ont été
établis, requiert une logistique que seuls ceux pour qui
l'organisation est un art peuvent soutenir du début à la
fin.
Le Canada aujourd'hui est fier parce qu'il a
mobilisé une armée de bénévoles pour
effectuer diverses tâches sur les sites et que 60 000 personnes
ont répondu à l'appel parmi lesquelles il en a choisi 20
000. Ces bénévoles ont fait un effort spécial pour
faire briller leur pays aux yeux des quelque 6000 athlètes
visiteurs. Qu'on pense à cette
femme d'environ 60 ans attendant les passagers à la sortie du
métro sur la rue College à Toronto où elle
était stationnée et leur donnant à voix haute les
directions vers le stade où avait lieu une partie de basketball.
La démonstration de talents ne pouvait à
elle seule satisfaire les attentes des juges. La déroulement de
chaque événement a été suivi avec grande
attention par ce juge implacable qu'est le public. Les hôtes ont
construit plus de dix nouvelles installations et en ont
rénové quinze autres afin d'inspirer les foules qui les
ont remplies. Dans la bataille
pour l'or au volleyball de plage par exemple, les estrades regorgeaient
de soleil et permettaient en même temps aux spectateurs de ne
rien manquer des détails de la finale.
La qualité de l'événement a aussi
été rehaussée par l'enthousiasme et le courage des
athlètes des 41 pays participants. La kayakiste
brésilienne qui a gagné l'or a parlé à la
presse de son dévouement pour son sport bien que cela fasse des
années qu'elle compétitionne avec un seul rein. Que dire
aussi de ce quintuple champion mondial de
taekwondo qui après avoir été blessé
à l'épaule est demeuré dans la compétition
et à force de détermination a remporté le bronze.
Il y a eu tellement de choses encore à mesure que les
compétitions gagnaient en intensité et que la fin
approchait et que les médailles servaient de baromètres
de la santé du sport sur le continent.
Certains pays ont remporté un grand nombre de
médailles, d'autres aucune ou presque. Tous ont donné le
meilleur d'eux-mêmes et fièrement représenté
leur pays, peu importe les coûts qu'il a fallu encourir, et ont
été chaudement applaudis lorsqu'ils ont
défilé à la cérémonie d'ouverture.
Ce soir-là, dans un Centre Rogers plein à craquer, ils
ont
affirmé leur engagement à tout donner pour leur pays.
Aujourd'hui, la marée humaine dans les rues de
Toronto s'est apaisée. Les Jeux panaméricains sont
terminés et ont rejoint l'histoire qui a débuté
à Buenos Aires en 1951. Même sans la flamme qui a
été éteinte dans la soirée du 26 juillet,
cette ville et ses habitants resteront dans la mémoire comme des
hôtes impeccables.
(Granma 27
juillet 2015)

Le blocus de Cuba par les États-Unis affecte
beaucoup le domaine du sport
- Enver Villamizar -
Le 15 juillet, l'entraîneur de l'équipe
cubaine d'aviron aux Jeux panaméricains, Juan Carlos Reyes, a
confirmé que quatre avironneurs cubains ont quitté le
Canada pour les États-Unis. Le Globe and Mail et
d'autres médias se sont précipités sur cette
histoire et ont produit des reportages qui n'éclairent en rien
sa signification.
L'impression est donnée que ceux qui abandonnent leur
équipe sont des « transfuges », un mot qui
est réservé à ceux qui fuient l'oppression et la
persécution. On laisse donc entendre qu'ils ont fui vers la
liberté. Les médias ont spéculé sur le
mobile des avironneurs et cité le
« recruteur » professionnel des États-Unis
Joe
Kehoskie pour assembler une histoire dont la conclusion inspirée
d'une mentalité de Guerre froide est déterminée
à l'avance.
C'est important que les Canadiens comprennent que ce
n'est pas Cuba mais bien les États-Unis qui privent ces
athlètes de liberté. Comment les États-Unis les
privent de leurs droits est une triste histoire qui mérite
d'être connue.
Le Globe and Mail cite le
« recruteur » Kehoskie et affirme qu'il a
« aidé » d'autres athlètes cubains
à « faire défection ». Le journal
écrit que le nombre des « transfuges »
pourrait dépasser la dizaine et suggère donc que
l'équipe cubaine pourrait subir une sorte de siège.[1]
« Rien de plus simple pour ces
gars-là. Tout ce qu'ils ont eu à faire pour faire
défection à partir de St. Catharines c'est de traverser
un des ponts qui mènent aux États-Unis et se
présenter en personne à un poste de contrôle de
l'immigration », a dit Kehoskie ,décrit comme un
« agent qui a aidé plusieurs Cubains à passer
aux
États-Unis ». Le Globe se garde bien de
dire combien le « recruteur » a reçu et de
qui pour son « aide » dans le passé et si
lui-même ou des gens comme lui ont été actifs
pendant les Jeux panaméricains. Il ne se demande pas non plus
comment il se fait que cette activité n'est pas
considérée comme un trafic de personnes, quelque chose
que le gouvernement Harper dit
combattre.
L'article utilise diverses citations qui pourraient
laisser penser que les athlètes se sont sauvés à
cause des conditions qui règnent à Cuba puisqu'il est peu
probable que les avironneurs vont recevoir des stimulants
monétaires ou signer de lucratifs contrats aux
États-Unis. « Personne ne cible des avironneurs, des
cyclistes ou des athlètes à
moins qu'ils puissent rapporter beaucoup d'argent », a dit
Kehoskie. Les médias monopolisés n'ont pas
mentionné que Kehoskie parle des athlètes comme un
marchand d'esclaves parle de la valeur de ses esclaves ou un marchand
de chevaux de celle de ses bêtes.
La trame de fond des reportages médiatiques est
que les Cubains font défection et abandonnent leur équipe
nationale parce que quelque chose ne va pas à Cuba. Cela
empêche les lecteurs d'apprendre que la loi américaine
n'offre les différents davantages aux Cubains qui veulent
émigrer que s'ils demandent un statut de résidence
permanente
aux États-Unis et renoncent à leur pays, ce qui n'est pas
requis des citoyens d'autres pays.
Dans un article
publié sur le site web cubain des
Jeux panaméricains de 2015 (cubapanam2015.ca) intitulé
« Pourquoi nous ne jouons pas dans les ligues
majeures ? », l'auteur Roberto Ramírez explique
que Cuba est la cible des clubs sportifs des États-Unis qui
veulent faire le trafic de ses athlètes et faire de l'argent
avec eux
dans les ligues professionnelles.[2] C'est le cas en particulier en ce
qui concerne le baseball. Pourquoi un journal qui se respecte
donnerait-il une place de choix dans ses pages à un trafiquant
d'êtres humains ?
Les athlètes d'autres pays qui veulent jouer dans
les ligues professionnelles aux États-Unis n'ont pas à
renoncer à leur pays et à accepter, comme condition au
contrat, qu'il ne leur sera pas permis de retourner dans leur pays.
C'est pourtant ainsi que fonctionne le blocus des États-Unis
contre Cuba. Un athlète cubain qui veut jouer dans une
ligue professionnelle aux États-Unis doit se trouver en sol
américain,
déclarer qu'il demande un statut de résident permanent et
qu'il n'a pas l'intention de retourner à Cuba. Autrement dit, on
lui demande de renoncer à qui il est et de participer aux
tentatives du gouvernement des États-Unis d'humilier et
affaiblir le gouvernement et le système politique de son pays.
On donne
l'excuse que c'est le blocus qui le veut ainsi car il interdit les
transactions financières avec les Cubains.
Il s'agit là d'une forme de chantage qui
encourage le trafic scandaleux d'êtres humains et devrait
être interdit dans une société moderne. Que ce soit
ce type de trafic qui est en cause ou non en ce qui concerne les
avironneurs, la raison qui fait que les athlètes sont
placés dans cette situation est que les États-Unis ne
permettent pas de relations
normales entre les deux pays parce qu'ils cherchent à s'attaquer
au droit de Cuba de décider de ses propres affaires
économiques et politiques et de la nature de son système
social. Le blocus est une façon d'imposer cet objectif et il
doit être condamné par quiconque croit que le sport ne
devrait pas servir au chantage impérialiste.
Pendant ce temps-là, on présente les
États-Unis partout dans le monde comme la place où il
faut aller si on veut faire du sport. Il existe un grand exode des
athlètes vers les États-Unis, et cela comprend des
athlètes canadiens.
On sait qu'un grand nombre d'athlètes de toutes
sortes de disciplines cherchent à obtenir des bourses
études-sport dans des universités ou collèges
américains pour y poursuivre leurs études tout en
obtenant un
entraînement de haut niveau.
Les reportages médiatiques comme celui du Globe
and
Mail
détournent aussi l'attention du fait qu'en
dépit du blocus illégal des États-Unis, Cuba a
fait du sport un droit fondamental pour tous les Cubains et a
donné naissance à plusieurs générations
d'excellents athlètes et entraîneurs qui sont aussi des
patriotes.
En plus, Cuba contribue à former des
entraîneurs et des athlètes gratuitement à la
condition qu'ils retournent dans leur pays pour y développer des
programmes sportifs. Les athlètes n'ont pas à renoncer
à qui ils sont. Cuba ne va pas chercher les athlètes des
autres pays et n'en fait pas le trafic. Elle aide les autres pays
à se développer.
De nombreux athlètes qui obtiennent des bourses
sport-études dans un autre pays représentent leur pays
dans des compétitions internationales comme les Jeux olympiques
ou panaméricains. Il existe dans le soccer professionnel un
système de « prêts » de joueurs
entre clubs de pays différents. Certains clubs ont des
règles qui
permettent à leurs joueurs d'évoluer pour l'équipe
nationale de leur pays dans des compétitions internationales
tout en demeurant membres de leur équipe professionnelle
à l'étranger.
Pourquoi des arrangements de la sorte n'existent-ils par
pour les Cubains jouant aux États-Unis ? Pourquoi les
médias n'informent-ils pas les Canadiens de cette situation afin
qu'ils puissent prendre une position de principe qui considère
toutes les nations comme étant égales, promeut les
relations amicales entre les peuples et les pays et
condamne le trafic des êtres humains ? Des Canadiens
informés pourraient alors demander au gouvernement de contribuer
à mettre fin au blocus des États-Unis contre Cuba afin
que les athlètes n'aient pas à renoncer à leur
identité pour se trouver aux États-Unis ou jouer dans ses
grandes ligues. Au lieu de spéculer sur pourquoi des
athlètes cubains
quittent leur pays, ce qui masque le contexte dans lequel ces choses se
produisent et les vrais problèmes qui existent, les
médias pourraient contribuer à mettre en lumière
que c'est le blocus qui crée cet état de choses pour Cuba
et son peuple et qu'il faut le lever immédiatement.
Notes
1. « Four Cuban rowers at Pan Am Games defect
to United States », par Dakshana Bascaramurty, dans le
numéro du 15 juillet 2015 du Globe and Mail
2. « Pourquoi nous ne jouons pas
dans les ligues majeures ? », par Roberto Ramirez, Cuba
Pan Am 2015, 13 juillet 2015

Trafic illégal de joueurs de baseball cubains
Le journaliste cubain vivant aux États-Unis
Edmundo Garcia a écrit en mars 2012 au sujet des joueurs de
baseball cubains qui se font prendre dans les filets de trafiquants
sans scrupules d'êtres humains en République dominicaine.
Le trafic les amène ultimement vers les ligues majeures des
États-Unis. Garcia y citait l'article en page couverture
du numéro du 10 mars 2012 du journal dominicain Listín
Diario
intitulé « Edgar Mercedes
arrêté pour trafic de joueurs de baseball
cubains ».
Le cas en question impliquait des poursuites contre un
gérant et un dépisteur de baseball et d'autres suspects
accusés d'avoir formé un réseau de trafic et de
contrebande d'êtres humains pour amener des joueurs de baseball
cubains en République dominicaine. Le procureur du district
national avait demandé que des poursuites soient
intentées et
le dossier avait été mis dans les mains de la Direction
nationale chargée des poursuites relatives aux infractions
complexes, affiliée au Bureau du procureur général
de la République dominicaine. Il a été
présenté par le procureur adjoint, Milcidades Guzman, qui
a demandé à un juge du district national d'imposer une
caution à l'entraîneur Edgar
Mercedes et à Pedro Delgado Sanchez ainsi qu'une
détention en attente de procès à Manuel Antonio
Azcona, Nilvio Antonio Cruz, Hector Evangelista Ferreira et Ernesto
Vega. Ces individus ont été accusés de contrevenir
à la loi 137-03 sur le trafic humain, qui prévoit des
peines pouvant aller d'une amende à une peine de prison de dix
à quinze
ans.
L'auteur de l'article du Listin Diario
écrivait : « Ces individus sont accusés
d'avoir financé des opérations et d'avoir eu recours
à des tierces personnes pour mener à bien ces
opérations et d'avoir été aux commandes
d'embarcations qui sont entrées au pays clandestinement avec des
athlètes cubains à bord. »
L'objectif de l'opération était de signer
des contrats ou des ententes qui permettent aux individus en question
de réclamer une partie des revenus que les joueurs pourraient
toucher s'ils accédaient aux Ligues majeures.
La poursuite avait fait reposer ses accusations contre
Mercedes, Sanchez et les autres sur des preuves indiquant un trafic
humain, dont une embarcation rapide, des téléphones
satellites, des GPS, les coordonnés des chartes de navigation,
des téléphones cellulaires, des radios ainsi que les
contrats et les passeports des joueurs de baseball.
Garcia citait aussi un reportage sur les
activités criminelles de ce réseau de trafiquants
d'êtres humains fait par l'émission de radio
« El Tapon de Las Cinco » (RD. KW-94,7 FM) en
République dominicaine. Selon le reportage, ces activités
criminelles ont débuté lorsque le Cubain Raime Martinez
Sharon s'est mis à recruter des
joueurs parmi ses compatriotes et à les mettre en contact avec
un certain Manuel Antonio Azcona, le présumé chef du
réseau de trafiquants.
Selon le rapport de 75 pages cité par le
journaliste de KW-94,7 : « Les activités
criminelles de l'accusé (Azcona) ont été
repérées grâce au travail d'un agent double qui a
reçu d'Azcona un montant d'argent comptant. Plus tard, celui-ci
a offert un pot-de-vin à un représentant de Monte Cristi
afin qu'il autorise l'entrée en
République dominicaine de l'embarcation commandée par
Antonio Cruz ».
Malgré ces preuves qui pesaient sur le groupe
détenu au palais de justice, une juge suppléante venue
d'une autre cour, Clara Castillo, avait rejeté la requête
de détention pré-procès en vertu des accusations
de trafic illégal de joueurs de baseball cubains. Elle avait
libéré Edgar Mercedes et Pedro Delgado Sanchez et
imposé une caution de 500
000 pesos à Manuel Antonio Azcona et Nilvio Antonio Cruz.
Héctor Evangelista Ferreira Infante et Ernesto Vega ont
été libérés, mais ont dû se
présenter périodiquement au Bureau du procureur public.
Un des accusés, Edgar Mercedes, avait reçu
le joueur cubain Yoenis Cespedes en République dominicaine en
2011 après que Cespedes ait quitté Cuba
illégalement en yacht avec sept membres de sa famille (sa
mère, ses soeurs, ses tantes et des enfants).
Selon l'article du Listin Diario tout avait
été organisé avant même que Cespedes quitte
Cuba : « Edgar Mercedes a loué une maison pour
Cespedes à Santiago de los Caballeros pour la somme de 1
500 $ et a défrayé toutes ses dépenses
pendant plusieurs mois, y compris les frais liés à
l'obtention de sa résidence
légale en République dominicaine. Il lui aurait aussi
trouvé un visa pour que le joueur puisse entrer aux
États-Unis et participer à une séance
d'entraînement à Oakland en Californie. Cespedes a
joué avec les Aguilas Cibaenas avant de signer un contrat de 36
millions $ pour une durée de 4 ans avec les Athletics
d'Oakland aux États-Unis.
Suite à un premier versement de 6 millions $, Cespedes devait
faire parvenir un paiement à son 'agent ' de la
République dominicaine, mais il ne l'a pas fait. »
Garcia écrit que le reste de l'histoire
« n'a rien à voir avec les lois d'un pays mais tout
à voir avec des règles de mafia ». Le premier
mai 2012, ESPN a rapporté qu'Edgar Mercedes a intenté une
poursuite contre Yoenis Cespedes pour ne pas avoir fait le premier
versement du 17 % de son revenu contractuel total avec les
Athletics d'Oakland qu'il devait rembourser. En entrevue
téléphonique avec ESPN, Mercedes a dit :
« Yoenis n'a pas respecté l'entente ce qui nous force
à recourir à la justice dominicaine pour le forcer
à le faire...Je regrette d'avoir à agir comme ça
mais on doit arrêter ces choses là [...] Depuis que
Cespedes s'est joint aux Athletics,
il ne répond plus à nos appels ou à nos messages
et son conseiller financier, Anthony Fernandez, nous a laissé
savoir qu'il ne prévoit pas faire de paiement en ce
moment ».
Mercedes a dit que la famille du joueur cubain, qui est
restée en République dominicaine, a disparu. Garcia a
écrit : « Mercedes prétend qu'il ne sait
pas où elle est ni même si elle est toujours à
l'intérieur du pays, ce qui veut dire qu'il la cherche. Il a
même accusé les membres de la famille d'être des
voleurs parce qu'ils auraient
quitté la maison avec tous les meubles alors que ceux-ci
faisaient partie du loyer. Mercedes, qui a aussi parrainé le
joueur de baseball cubain Yunesky Maya en République
dominicaine, a déclaré à « La Semana
Deportiva » que tous les joueurs de baseball cubains sont
des ingrats. »

L'exode des muscles vers les États-Unis
Il est paradoxal que le flux constant
d'émigration des athlètes canadiens vers les
États-Unis pour des bourses d'études ou pour y faire une
carrière professionnelle soit présenté comme
« naturel », et même comme une
« opportunité formidable », tandis que les
athlètes cubains qui vont aux États-Unis sont
qualifiés de
« transfuges ». De nombreux Canadiens, souvent
des équipes professionnelles entières, convoitent et
demandent un permis de séjour de longue durée aux
États-Unis ou la nationalité américaine, certains
invoquant la fiscalité canadienne oppressive.
Des milliers d'athlètes provenant de pays
sous-développés, après avoir reçu une
éducation dans leurs pays d'origine qui ont besoin d'eux, sont
recrutés sans le moindre obstacle par les États-Unis, le
pays le plus riche au monde, pour des raisons économiques ou de
carrière. En même temps que cela prive les pays en voie de
développement d'un
personnel compétent et qualifié, une grande partie de
ceux qui ont été recrutés pour venir dans cette
forteresse de l'impérialisme sont formés et
utilisés ultérieurement contre ces pays à toutes
sortes de fins, allant de la subversion culturelle et
idéologique à des actes de terrorisme, de piraterie et
aux invasions militaires.
Ne sont-ils pas des transfuges, comparés aux
athlètes cubains séduits par l'appât du
« rêve américain »?
Alors que les États-Unis sont maintenant le plus
gros importateur d'athlètes étrangers, le Canada est le
plus grand exportateur. Les méthodes de recrutement des sources
de talents athlétiques naturels des grandes universités
américaines, qui sont maintenant de notoriété
publique, témoignent de l'agressivité de
l'impérialisme américain.
Même les
« étudiants-athlètes » qui ont
joué ou participé à des compétitions comme
professionnels sont acceptés comme
« amateurs » par la National Collegiate Athletic
Association (NCAA) des États-Unis afin d'augmenter les revenus
et la compétitivité. Depuis 1993, le nombre de joueurs
étrangers sur les listes de
basketball masculin de la Division 1 de la NCAA a presque triplé
et a surchargé la capacité de la NCAA de les suivre. (La
NCAA est divisée en trois divisions, selon l'importance des
résultats sportifs de chaque collège ou
université. La Division I est la meilleure.)
En 1995-1996, le Canada était le pays d'origine
de 28,4 % (soit environ 2 514) des
étudiants-athlètes étrangers de la NCAA, avec des
bourses d'une valeur estimée à 100 millions $
annuellement.
Les athlètes canadiens se trouvent principalement
dans le hockey, le basketball, la natation, le soccer et
l'athlétisme. Don Wilson, directeur sportif de
l'Université de Calgary, dit que les sports canadiens les plus
durement touchés par « l'exode des
muscles » sont le hockey, l'athlétisme et la plupart
des sports d'équipe féminins.
Selon un livre de l'auteur anglais John Bale, The Brawn
Drain : Foreign Student-Athletes in American Universities
(L'exode des muscles : les étudiants-athlètes
étrangers dans les universités américaines)
(Urbana : University of Illinois Press, 1991), 40 % des
joueurs des quarts de finale du tournoi de hockey
sur glace de 1983 venaient du Canada.

Le lien sportif entre Toronto et la Havane
- Tony Seed -
Les Jeux panaméricains de 2015 nous
ramènent en mémoire les liens
sportifs qui existent entre les villes de Toronto et de La Havane et
remontent à 1954.
Pendant la plus grande partie des années
cinquante, les Sugar Kings
de La Havane et les Maple Leafs de Toronto étaient les deux
franchises
phares de la Ligue internationale de baseball (LI), classée
triple A,
la catégorie juste avant la Ligue majeure de baseball des
États-Unis
(MLB).
De 1954 à 1960, les matchs de baseball à
Toronto entre les
visiteurs, les Sugar Kings, et les Maple Leafs, étaient les
événements
à ne pas manquer au stade Maple Leaf, ce parc depuis longtemps
disparu
qui était situé tout près du Tip Top Tailors aux
coin sud-est de la rue
Bathurst et de la rue Fleet (maintenant le boulevard Lakeshore) dans le
secteur riverain de Toronto. Le stade pouvait recevoir 20 000
spectateurs et avait des loges tout près du terrain ainsi qu'un
véritable abri, un gazon vert et un champ intérieur en
terre dignes des
meilleurs Selon l'historien torontois, William Hunter, c'était
l'endroit recherché par tous.
Le stade des Sugar Kings à domicile était
l'historique El Gran
Estadio del Cerro (maintenant nommé Estadio Latinoamericano et
parfois
Gran Stadium), qui pouvait recevoir 30 000 spectateurs et peut en
accueillir 55 000 depuis 1971. Les Sugar Kings portaient des uniformes
bleu et rouge, les couleurs des principales équipes cubaines de
l'époque, Havana et Almendares. Les matchs des Sugar Kings
étaient
reconnus pour leurs spectacles d'avant-match. Il y avait des concours
de beauté, des spectacles de mode, des clowns et toujours de la
musique
en direct.
Le stade Maple Leaf,
construit en 1926, près de la rue Bathurst à Toronto
Il ne s'agissait pas d'équipes ordinaires de
ligues mineures, et les
Sugar Kings et Toronto étaient les principaux candidats au
championnat
pendant cette période. Les deux équipes attiraient des
foules record.
Les Sugar Kings ont remporté à une reprise, en 1959, la
Coupe du
gouverneur qui est le championnat de la LI. Les Maple Leafs ont
remporté la coupe quatre fois et participé aux
séries de championnats
pas moins de huit fois. Ils ont perdu contre Rochester en 1955 et en
1956, contre Montréal en 1958, et ont remporté le
championnat en
1960.[1]
Les deux équipes appartenaient à des
propriétaires indépendants. Les
Sugar Kings appartenaient à Roberto
« Bobby » Maduro de Miami et la
famille Bacardi, et les Maple Leafs de Toronto, à Jack Kent
Cooke, un
magnat de la radio. Dans les faits, le baseball professionnel dans les
deux villes était comme une filiale qui, à toutes
fins pratiques, agissait comme avant-poste colonial des
États-Unis.
Cette situation a persisté jusqu'en 1959, année du
triomphe de la
révolution cubaine. Les deux équipes étaient
organisées comme une
source de talents et de revenus pour le baseball professionnel aux
États-Unis.
Les Sugar Kings ont débuté en 1946 sous le
nom des Cubains de la
Havane en Floride avant d'être achetés et
déménagés par Maduro en 1954.
Ils étaient affiliés aux Reds de Cincinnati.
Toronto a commencé à jouer en 1896 et était
affilié aux Indians de Cleveland.
Les effectifs des deux équipes étaient
remplis de joueurs,
d'entraîneurs et de gérants étasuniens. Et si les
joueurs canadiens
brillaient par leur absence dans la formation de Toronto, les Sugar
Kings, pour leur part, avaient des joueurs cubains de talent tels Mike
Cuellar, qui a débuté avec les Sugar Kings pour ensuite
remporter 185
matchs et le trophée Cy Young dans les ligues majeures, sans
oublier
Leo
Cardenas, qui a joué 16 saisons dans les ligues majeures
après quelques
années dans l'uniforme des Sugar Kings. (Le jeune Luis Tiant,
gagnant
de 229 matchs dans les ligues majeures, n'a pas été
accepté par
l'équipe.) Rocky Nelson, le joueur à la mâchoire
carrée et un premier
but
capable de frapper et ayant un style bien à lui au marbre, a
brillé
autant avec les Sugar Kings qu'avec les Maple Leafs.
Les années soixante
Mais la franchise de la Havane et
celle de Toronto n'ont pu survivre aux années soixante face au
baseball
professionnel des États-Unis qui les a éliminées
soit directement ou
indirectement.
Le 1er janvier 1959, Cuba a affirmé son droit
à l'autodétermination
en détruisant les fondements du régime néocolonial
qui était maintenu
dans l'île grâce aux États-Unis. À l'automne
de 1959, les Sugar Kings
étaient au sommet de la gloire alors qu'ils avaient
remporté le trophée
de la Ligue internationale. Ils ont ensuite affronté les
champions
de l'Association américaine, les Millers de Minneapolis, dont
l'un des
joueurs était Carl Yastrzemski, dans un championnat dont on
disait
qu'il était la Petite série mondiale. Cette série
a eu lieu à Cuba
puisque le froid sévissait au Minnesota. La série de sept
matchs a été
chaudement disputée et remportée par les Sugar Kings en
présence du
président Fidel Castro.
L'équipe a débuté la saison
suivante à la Havane mais les États-Unis
ont imposé de graves sanctions économiques contre Cuba
dans le but
déclaré de provoquer « la faim, le
désespoir et le renversement du
gouvernement », les mots exacts d'un document officiel du
département
d'État étasunien en date du 6 avril 1960.
Trois mois plus tard, le 8 juillet 1960, le commissaire
de la Ligue
majeure de baseball, Ford Frick, incité par le secrétaire
d'État des
États-Unis, Christian Herter, exigeait que les Sugar Kings
soient
déménagés à Newark, au New Jersey, peu
avant l'invasion tristement
célèbre de la Baie des Cochons. L'ordre fut donné
alors que l'équipe
était en
tournée aux États-Unis. Onze des meilleurs jeunes joueurs
cubains ont
été gardés et placés devant un choix
« qu'ils ne pouvaient refuser ».
Néanmoins, des joueurs comme Asdrubal Baro et Luis Zayas, un
joueur de
deuxième but également entraîneur pour
l'équipe nationale cubaine
jusqu'en 2012, ont choisi de rester à Cuba. Dans une
entrevue avec le New York Times en 2013, Zayas a dit :
« La
porte des ligues majeures m'était grande ouverte et j'ai
dû y renoncer,
ce qui fut extrêmement difficile. Mais je savais que je ne
pourrais
vivre ailleurs qu'à Cuba. » Il a dit que d'avoir
été témoin
personnellement d'un rassemblement du Ku Klux Klan au
cours d'une saison à Savannagh, dans l'état de
Géorgie, a également
joué dans sa décision.
Portant désormais le nom des Jersey Chiefs,
l'équipe a plié bagage
avant la fin de l'année. Le choix de l'État de New Jersey
n'était pas
le fruit du hasard, puisque celui-ci était devenu, contre toute
attente, un Miami du nord, une base de terroristes d'origine cubaine
financée par de riches hommes d'affaires émigrés.
C'est à partir du New
Jersey
par exemple que furent organisés les assassinats d'un diplomate
cubain
aux Nations unies en 1979 et du diplomate chilien Orlando Letelier
à
Washington, DC, ainsi que l'incursion au Canada qui a mené
à un
attentat à la bombe contre le consulat cubain à
Montréal en 1980.
Pour ce qui est de la franchise torontoise, elle a
survécu sept ans.
En tant que propriétaire de l'équipe de baseball des
Maple Leafs, Cooke
a tenté de s'en servir comme levier pour obtenir sa propre
franchise
dans la Ligue majeure de baseball. Il a tenté d'obtenir les
Browns de
St-Louis, les Athletics de Philadelphie et les Tigres de Détroit
lorsque ces équipes étaient à vendre, et en 1959
il est devenu l'un des
propriétaires d'équipe fondateurs de la Ligue
continentale, une
tentative de mettre sur pied une troisième ligue majeure de
baseball
professionnel. Cependant, la ligue a été
démantelée un an plus tard
sans qu'elle n'ait connu un seul match. Quelques semaines après
avoir
essuyé
un refus pour l'obtention de la première licence de
télévision privée à
Toronto, Cooke a traversé la frontière et en peu de temps
est devenu un
citoyen des États-Unis suite à une dérogation de
la période d'attente
de cinq ans approuvée par les deux chambres du Congrès et
par le
président Dwight D. Eisenhower. Il s'est procuré
plusieurs franchises
sportives étasuniennes importantes — Les Wolves de Los Angeles
(Association unie de soccer), les Redskins de Washington (Ligue
nationale de football), les Lakers de Los Angeles (Association
nationale de basketball) et les Kings de Los Angeles (Ligue nationale
de hockey) ainsi que des monopoles de télévision par
câble. Il a aussi
construit le
Forum à Inglewood, en Californie, et le FedExField près
de Landover, au
Maryland.
Il a vendu les Maple Leafs de Toronto en 1964. La
franchise s'est
écroulée en 1967, une année où le nombre
total de spectateurs n'a été
que de 67 000 (832 au dernier match), en raison entre autres de la
présence grandissante du baseball télévisé
aux
États-Unis, de la détérioration
du parc de Toronto et des exigences du grand capital de Toronto et des
médias sportifs qui voulaient un statut de « ligue
majeure ».[2]
Aujourd'hui à La Havane, l'Estadio
Latinoamericano, construit en
1946, abrite l'une des équipes cubaines les plus en vue — Los
Industriales, dix fois gagnants des Séries nationales — ainsi
que le
Temple de la renommée du baseball cubain. Les billets se vendent
au
coût de cinq cents. Si le SkyDome a son vidéotron,
l'équipe de la
Havane, elle,
a un excellent orchestre qui invite à la danse lorsque Los
Industriales
sont au bâton », selon le blogue ballparkdigest.com.
L'Estadio Latinoamericano
est de loin le terrain de balle le plus
imposant de Cuba, avec une capacité de 55 000 spectateurs. Les
gradins
sont couverts sauf au champ extérieur.
Aujourd'hui, les liens et la sincère
amitié entre le peuple de Cuba
et celui du Canada sont plus vivants que jamais dans le domaine du
baseball. Baseball Canada et la Fédération cubaine de
baseball
maintiennent des liens concrets ainsi que des échanges
techniques et
autres. Quelques entraîneurs et joueurs cubains travaillent et
jouent
maintenant
au Canada. Une équipe junior cubaine, le Canada Cuba Goodwill
Tour,
fait présentement une tournée dans les Maritimes dont le
thème est
« l'amitié d'abord ». L'organisateur,
Dennis Woodworth, est allé à Cuba
avec douze équipes provenant de partout au Canada depuis les
deux
dernières années et y en amènera seize en 2016,
dont
des équipes de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du
-Prince-Édouard, de
Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario, du Manitoba, de
l'Alberta et même une équipe des États-Unis cet
hiver.
Tony Seed et Curtis
Coward sont les auteurs de The Kids' Baseball Book (Halifax : New
Media Publications, 1994).
Notes
1. Le succès de Toronto était tel qu'au
cours des années, Mlb.com a
nommé cinq équipes des Maple Leafs de Toronto parmi les
100 équipes des
ligues mineures les plus importantes de tous les temps, soit les
équipes de 1902, 1918, 1920, 1926 et 1960. L'équipe de
1960 avait
remporté 100 matchs.
2. Les Maple Leafs de Toronto jouent toujours à
Pawtucket, à Rhode
Island, en tant que filiale des Red Sox de Boston. Depuis 1969,
l'année
de la disparition des Leafs triple A, une nouvelle équipe des
Maple
Leafs de Toronto a commencé à jouer en tant
qu'équipe amateur
appartenant à la Ligue de baseball inter-comté pour
l'Ontario
seulement. L'équipe continue de jouer jusqu'à ce jour
à la carrière
Christie.

Le baseball et la Guerre froide
- Gabriel Molina -
Même le baseball organisé n'a pu
échapper à la guerre non déclarée que le
gouvernement des États-Unis mène contre Cuba sur tous les
fronts depuis
près d'un demi-siècle.
Washington a utilisé l'incident du 25 juin 1959
au Stade Cerro comme prétexte pour annuler la franchise de
l'île pour les Cuban Sugar Kings, une équipe de niveau
Triple-A dans la Ligue internationale qui était un tremplin pour
les ligues majeures de baseball. Ceci ne s'est pas produit par hasard
ou suite à un simple concours de
circonstances.
Le président Dwight David Eisenhower était
directement impliqué dans les efforts du département
d'État et de la CIA pour empêcher Fidel Castro de mener
à la victoire sa guérilla contre la tyrannie du
général Fulgencia Batista et de mettre de l'avant un
programme révolutionnaire après la prise du pouvoir
d'État. En appelant à une grève
générale pour le 1er janvier 1959, le tenace dirigeant
cubain a fait échouer le plan d'installer une junte
civile-militaire pour maintenir le régime qui avait
été mis en place depuis le début du XXe
siècle par les intérêts financiers
étasuniens liés à la bourgeoisie cubaine, qui
était en essence une bourgeoisie compradore.
Pendant les premiers mois de 1959, les
révolutionnaires triomphants ont essayé de mettre leur
programme en oeuvre sans susciter l'hostilité de Washington ou
se faire les complices des sept années de pouvoir sanglant de
Batista. La tendance conservatrice au gouvernement l'inclinait
cependant à l'inaction politique, économique et sociale.
Malgré cela, les objectifs de la révolution, qui allait
à la fois de la ville vers la campagne et de la campagne vers la
ville, se sont développés principalement à partir
du programme radical de réforme agraire lancé en mai par
le groupe qui avait travaillé de près avec Fidel Castro
depuis le 13 février pour arracher le pouvoir au gouvernement de
José
Miró Cardona, qui avait été premier ministre
jusque là et est passé presque tout de suite à
l'opposition. « La réforme agraire a
été le Rubicon de la révolution. Une
déclaration de mort pour nos relations avec les
États-Unis », a dit le président de la
république Raúl Castro à Sean Penn.

Fidel Castro signe
la Loi de la réforme agraire
en 1959.
|
La loi de la réforme agraire s'est tout de suite
attirée les foudres du gouvernement du général
Eisenhower et a provoqué les premières menaces de la part
de Washington. Déjà cependant, en mars et en avril, le
vice-président Richard Nixon avait convaincu le président
que Fidel Castro constituait un danger pour les États-Unis et
qu'il fallait
entreprendre des actions pour le renverser.
Les choses se sont précipitées à
partir de là. Le 11 décembre 1959, le directeur adjoint
de la CIA, Richard Bissell, a écrit un mémorandum au
directeur Allan Dulles lui demandant « de penser
sérieusement à éliminer Fidel Castro ».
Dulles a fait un changement majeur à la proposition : il a
remplacé le mot
« éliminer », qui évoquait un
assassinat, par « renverser » et lui a
donné le feu vert.[2]
C'est à partir de ce moment que le premier plan
de subversion a été tracé et que la CIA a
commencé à recruter des gens à Cuba et partout
où c'était possible pour saboter la révolution.
C'est alors que commencèrent les désertions, les
explosions et les incursions d'avions étasuniens qui larguaient
des bombes d'un bout à l'autre du pays.
Le 26 juillet 1959, six mois seulement après
l'entrée triomphale à La Havane de l'armée rebelle
dirigée par le commandant Fidel Castro, la commémoration
du 6e anniversaire de l'attaque de la caserne de Moncada
coïncidait avec la tenue d'une partie de baseball au Grand Stade
de La Havane entre les Cuban Sugar Kings et les Red Wings de
Rochester, pour le championnat de la Ligue internationale Triple-A qui
était un tremplin pour les ligues majeures. Afin de
commémorer cette fête nationale récemment
déclarée, on avait invité un grand nombre de
paysans dans la capitale. Comme l'équipe cubaine connaissait des
pertes financières parce que la plupart des Cubains
étaient trop
occupés à participer aux activités
révolutionnaires, Fidel a demandé aux Cubains d'assister
au match afin d'aider l'équipe et il a offert de l'aide à
Bobby Maduro, le président du club de baseball qui portait les
couleurs du pays. Le 24 juillet, les séries se sont
amorcées lors d'un match tenu dans un stade bien rempli. Il y
avait 26 532 personnes dans
le stade. Avant le début du match contre Rochester, que les
Cubains ont gagné 4-3, Fidel a organisé un match amical
dans lequel le premier ministre lui-même, portant l'uniforme des
« Barbudos » [les
« barbus » comme on appelait souvent les soldats
de l'armée rebelle — Note du LML], a lancé tout le
match
de deux manches contre une équipe de la police militaire.
Le jour suivant, le 25 juillet, la veille de la
Fête nationale en honneur de l'assaut contre la caserne de
Moncada, l'armée rebelle a acheté 10 000 billets pour ses
soldats et les paysans qui ont rempli le stade. Au coup de minuit, la
partie était à égalité quatre à
quatre à la onzième manche. Dans l'euphorie de la
célébration, des soldats se sont mis
à tirer en l'air. On croit que dans sa trajectoire descendante
une balle a frappé l'entraîneur au troisième but de
l'équipe de Rochester, Frank Verdi. Plusieurs ont cru dès
ce moment que c'était un autre complot contre la jeune
révolution vieille de six mois à peine car les arbitres
ont tout de suite mis fin à la partie. Le lendemain, les joueurs
des Red
Wings et l'arbitre Fred Guzetta ont refusé de jouer, disant
craindre pour la sécurité des joueurs étasuniens.
Le directeur général de l'équipe,
George Sisler Jr., le fils d'un célèbre joueur de la
Ligue Majeure, a fait un appel précipité à Frank
Horton, le représentant du Parti républicain qui
était le président du club de Rochester et l'avocat de la
Ligue internationale. Horton a ordonné que les joueurs
retournent aux États-Unis.
Quelques jours plus tôt, le 20 juillet, le
quotidien Rochester Democrat and Chronicle avait
déjà joint la campagne contre Cuba dans un
éditorial intitulé « La chute de
Castro » qui disait que les touristes et les hommes
d'affaires des États-Unis prenaient leurs distances face
à Cuba. Le journal affirmait aussi que Bobby
Maduro, le président du club cubain, perdait de l'argent et
essayait de le vendre.
Fidel a appelé Maduro et lui a
réitéré son engagement de deux mois plus tôt
de continuer à soutenir le club de la Ligue, notamment en payant
ses dettes, compte tenu de son importance pour le sport et le loisir
à Cuba. Dans son livre Baseball and the Cold war (Le
baseball et la Guerre froide), l'auteur Howard Senzel fait remarquer
que la presse étasunienne n'a pas parlé de cette attitude
des autorités cubaines vis-à-vis ce sport que les deux
peuples adorent. Au contraire, elle a déclaré que les
autorités essayaient de modifier les préférences
du peuple en faveur du soccer et qu'à cause de cela, les joueurs
des États-Unis devraient cesser d'aller jouer au stade de La
Havane.
« Quand on a affaire à des gens qui ignorent ce que
c'est que le fair play, vous ne pouvez pas vous attendre
à ce qu'ils changent leurs habitudes. »
L'écrivain étasunien a passé de
longues heures à enquêter sur ce qui s'était
passé et s'est convaincu qu'une injustice a été
commise contre l'équipe des Cuban Sugar Kings qu'il fallait
réparer.
Une semaine avant la partie, le 21 juillet, le
journaliste du Rochester Democrat qui couvrait les parties de
l'équipe de la Ligue internationale de la ville, George Beahon,
s'est mis à jouer les oracles : « Le 26 juillet,
l'anniversaire de la révolution, promet d'être enlevant
mais dangereux. Le patron, Fidel Castro, a
demandé à 50 000 citoyens d'envahir La Havane à
partir des provinces et d'amener leurs machettes. Le sentiment
général des Cubains à l'égard des
Américains, qui à leurs yeux sont plus que
sévères envers le gouvernement révolutionnaire,
est tel qu'une poignée de paysans armés de machettes et
saoulés au rhum peuvent causer un incident
international. »[3]
Une campagne médiatique a été
organisée par après qui visait à convaincre
l'opinion publique que c'était dangereux de garder
l'équipe cubaine au sein de la Ligue internationale. Cela
s'accordait bien à l'opération en cours contre Cuba. Le
conflit entre les deux pays s'est intensifié suite aux
activités de la CIA qui ont culminé avec l'invasion de
Playa Giron et Playa Larga dans la Baie des Cochons. Les directions de
six équipes de la Ligue, Toronto, Montréal, Miami,
Richmond, Columbus et Buffalo, ont dit ne plus vouloir jouer à
La Havane. Horton a joué un grand rôle là-dedans.
Le 5 septembre 1959, après que Rochester ait fini
cinquième aux Séries mondiales juniors et que les Sugar
Kings aient remporté la coupe, la direction de l'équipe
de Rochester a annoncé que l'équipe ne reviendrait pas
à Cuba.
La Guerre froide venait de s'emparer du baseball. Le 8
juillet 1960, après avoir consulté le secrétaire
d'État Christian Herter, et le commissaire des Ligues majeures
Ford Frick, le président de la Ligue internationale, Frank
Shaughnessy, a annoncé qu'il transférait la franchise de
La Havane à Jersey City afin de « protéger nos
joueurs
compte tenu de la situation qui règne là-bas ».
Lorsqu'un journaliste a demandé au flamboyant
président à quoi il faisait référence,
celui-ci a répondu : « Vous savez bien, les
choses qu'on dit qui se passent à Cuba. »
Le gouvernement cubain, les journaux, les institutions
civiles, le propriétaire du club ont protesté à
Cuba contre ce que Bobby Maduro a appelé un vol quand on sait
que c'était la présence de Cuba qui donnait à la
Ligue son caractère international. Ce fut en vain. Tout cela
était évidemment le point culminant d'un plan qui plus
tard allait être
scellé par le décret qui interdisait à tout Cubain
de jouer dans le baseball organisé s'il ne répudie pas
son gouvernement, une interdiction qui est toujours en vigueur.
Notes
1. Brett Story & Video Nation, New York ,
Novembre 2008.
2. Howard Senzel. Baseball and the Cold War,
Harcourt Brace Jovanovich, États-Unis, 1977. Page 76
3. Tim Weiner. Legacy of Ashes, The History of the
CIA, gagnant du Prix Pulitzer, Random House Mondadori, Barcelone,
2007. Page 158

Anniversaires importants
Le Nicaragua célèbre 36 années
de
révolution sandiniste
Le 19 juillet, un grand rassemblement s'est tenu
à Managua pour marquer le 36e anniversaire du triomphe de la
révolution sandiniste. L'événement était
présidé par le président Daniel Ortega et la
première dame Rosario Murillo. Étaient aussi
présents sur la scène principale le cardinal Miguel
Obando, des représentants des institutions de l'État,
de la jeunesse sandiniste et le triple champion mondial de boxe
Román » Chocolatito » González.
Parmi les invités spéciaux internationaux,
on comptait le vice-président de la République
bolivarienne du Venezuela, Jorge Arreaza, et son épouse Rosa, la
fille de Hugo Chávez ; la chancelière du Venezuela,
Delcy Rodriguez ; le premier vice-président de Cuba, Miguel
Diaz-Canel, l'ancien président du Guatemala, Marco Vinicio
Cerezo ; l'ancien président du Honduras, Manuel Zelaya et
la lauréate du prix Nobel de la paix, Rigoberta Menchú.
Les Cinq Cubains anti-terroristes y étaient aussi, Fernando
Gonzalez, Rene Gonzalez, Antonio Guerrero, Gerardo Hernandez et Ramon
Labañino. L'Équateur, le Paraguay, le Salvador, le Costa
Rica et Porto Rico faisaient partie
des nations soeurs qui avaient envoyé des
délégations.
Parmi les représentants des institutions
d'État du Nicaragua et des figures notables il y avait : le
vice-président du pays, Omar Halleslevens ; René
Nuñez, le président de l'Assemblée
nationale ; Alba Luz Ramos, la présidente de la Cour
suprême ; Roberto Rivas, le président du Conseil
électoral suprême ; le
commandant Bayardo Arce ; les guérilléras
légendaires Gladys Baez et Doris Tijerino ; le chef de
l'armée, le général Julio Cesar Aviles ; la
chef de la police nationale et première commissaire Aminta
Granera ainsi que des descendants du Général Augusto C.
Sandino et des commandants de la guérilla sandiniste Carlos
Fonseca
and Tomas Borge.
Le Père Miguel D'Escoto, ancien président
de l'Assemblée générale de l'ONU et ancien
ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, le
Père Naguib Eslaquit et des représentants du Front
sandiniste de libération nationale (FSLN) et du corps
diplomatique au Nicaragua étaient aussi présents.

La première
dame Rosario Murillo et le
président Daniel Ortega
|
La célébration a commencé par une
action de grâce du cardinal Obando. La première dame a
ensuite lu deux poèmes du prêtre et combattant de la
guérilla Gaspar Garcia Laviana, qui a donné sa vie en
combattant le régime de Somoza dans le sud du Nicaragua peu
avant la victoire de la révolution.
Dans son discours pour l'occasion, le président
Ortega a souligné la présence des Cinq Cubains, qui, par
la force de leur intégrité, a-t-il dit, ont
émergé victorieux des prisons de l'empire
américain après plusieurs années. Il a aussi
réitéré la solidarité du Nicaragua avec
Oscar López Rivera, le combattant pour l'indépendance
portoricaine qui est
emprisonné par les États-Unis depuis plus de 33
années.
Le président a exprimé son appui tout
aussi ferme à toutes les batailles que mène le
gouvernement vénézuélien sous la direction de
Nicolás Maduro, « Nous sommes convaincus que tout
comme le commandant Hugo Chávez a remporté de grandes
victoires, vous en remporterez de nouvelles cette année dans les
élections en ces temps
nouveaux que connaissent aujourd'hui nos Amériques »,
a-t-il dit.
Le président a expliqué que le triomphe et
les accomplissements de la révolution sandiniste reposent sur un
profond amour social. C'est cet amour social qui inspire le peuple et
lui donne la force de continuer, a-t-il dit.
« Les victoires sont les filles de l'amour.
Les victoires sont le résultat de l'amour et le fruit de cet
amour va demeurer » a dit le président Ortega sous
les applaudissements des centaines de milliers de personnes
présentes.
Il a noté qu'en juin, le gouvernement a soumis
à l'Assemblée nationale un rapport annuel qui fait
état des programmes pour lutter contre la pauvreté,
investir dans les infrastructures et la production, s'adresser aux
urgences et à la défense nationale, et participer dans
les forums internationaux et les organisations d'intégration
régionale.
Le président Ortega a dit que tout ceci est le
résultat des efforts du peuple du Nicaragua. C'est l'effort du
peuple et la force de ses idées qui propulsent ce travail,
a-t-il dit. Il a dit qu'en dépit de la tyrannie du capitalisme
mondial, les plus grandes réalisations dans l'histoire du monde
et celles en particulier des gouvernements progressistes de
l'Amérique latine reposent sur la force supérieure du
peuple. Lorsque les hommes, les femmes et les jeunes sont capables de
mettre en oeuvre les principes de solidarité, de dignité,
de souveraineté et de justice, des victoires sont
remportées.
À cette occasion, le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) transmet ses voeux les plus chaleureux au
peuple révolutionnaire du Nicaragua et à sa direction le
FSLN, qui ont combattu si courageusement pour vaincre les forces
réactionnaires soutenues par l'impérialisme
américain et ont travaillé sans relâche depuis lors
pour investir le
peuple du pouvoir et l'unir derrière un programme prosocial.

Cuba célèbre le Jour de la
Rébellion nationale
Célébrations
du Jour de Moncada 2015 à Santiago de Cuba
Le 26 juillet, le Jour de la Moncada ou le Jour de la
Rébellion nationale, est une des plus importantes dates
célébrées à Cuba. Ce jour là, il y a
62 ans que la jeunesse révolutionnaire dirigée par Fidel
Castro a lancé une attaque contre les casernes Moncada et Carlos
Manuel de Cespedes à Santiago de Cuba et Bayamo respectivement,
deux des
principales garnisons de la dictature réactionnaire de Fulgencio
Batista. La caserne de Moncada en particulier était une
forteresse militaire du régime dans le sud de Cuba, la
deuxième plus grande caserne du pays et un symbole de sa
puissance. L'objectif était de s'emparer des armes, de les
distribuer au peuple et de déclencher un soulèvement
national qui non seulement renverserait la dictature Batista, mais
établirait une Cuba indépendante et souveraine.
Des quelques 120 jeunes qui prirent part à
l'attaque, environ 70 furent tués ou torturés et
exécutés après l'attaque. Les survivants, dont
Fidel Castro, ont été jugés et condamnés
à de lourdes peines de prison. À son procès, Fidel
Castro prononça sa célèbre plaidoirie
« L'histoire m'acquittera » dans laquelle il
énonce les objectifs
nationaux et sociaux du mouvement révolutionnaire qui devait
triompher le 1er janvier 1959.
La plupart des combattants de Moncada, dont Fidel
Castro, ont été libérés lors de l'amnistie
de mai 1955. Cette amnistie fut le résultat de la mobilisation
de masse des Cubains en appui aux objectifs de l'action.
Raúl Castro
(premier à gauche), Fidel
Castro (au centre) et d'autres combattants de l'attaque de Moncada sont
libérés de prison en mai de 1955.
Cette action audacieuse est devenue le cri de ralliement
de la lutte de la jeunesse de Cuba pour se construire un brillant
avenir, elle-mêmee et pour la nation. Elle a
été décisive en ce qu'elle a galvanisé la
lutte du peuple cubain pour affirmer sa souveraineté et a
conduit à la victoire de la révolution en 1959. L'action
a également stimulé
l'esprit révolutionnaire des peuples du monde.
Jusqu'à aujourd'hui, depuis 62 ans, cette action
audacieuse symbolise l'esprit révolutionnaire et l'audace du
peuple cubain. Elle symbolise la reconnaissance de son droit de
décider de son propre avenir, libre de l'ingérence et de
la domination étrangères. Et c'est toujours ce même
esprit qui a obtenu la libération des Cinq patriotes cubains
emprisonnés injustement aux États-Unis pour avoir
protégé leur pays contre des attentats terroristes
lancés à partir des États-Unis. Cette
année, pour la première fois depuis 1998, les Cinq
cubains ont célébré le Jour de la Moncada dans
leur patrie avec leur peuple.
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) transmet ses salutations
révolutionnaires aux dirigeants et au peuple cubains et exprime
sa profonde gratitude pour l'esprit avec lequel Cuba se tient debout la
tête haute. Cet esprit est indomptable, car il défend une
cause juste que le peuple cubain partage d'ailleurs avec les peuples du
monde entier.
Le PCC(M-L) salue les réalisations de la
révolution cubaine et le travail continu du peuple cubain pour
renouveler le socialisme afin de rester fidèle à ses
objectifs dans les conditions actuelles. Il lance l'appel à la
classe ouvrière et au peuple d'intensifier le soutien à
Cuba révolutionnaire qui, avec abnégation, fournit une
aide précieuse aux
peuples du monde. En affirmant le droit de Cuba à poursuivre une
voie indépendante, nous contribuons à l'affirmation de
notre propre droit et du droit des peuples du monde de faire la
même chose.
Des jeunes défilent
en courant devant la caserne
Moncada lors la célébration du Jour de la
Rébellion nationale 2015.
Viva Cuba ! Viva
Fidel ! Viva
Raúl !
Il faut mettre fin au Blocus ! Guantanamo
doit être restituée à Cuba !
Célébrations du Jour de la Moncada
au
Canada
Pour exprimer leur appréciation de la
révolution cubaine et de tout ce qu'elle contribue au
bien-être de l'humanité, des événements pour
souligner le Jour de la Moncada ont eu lieu partout au pays, à
Halifax, Montréal, Toronto et Vancouver.
Montréal
C'est au parc Villeray que les Montréalais ont
célébré le Jour de la Moncada par un BBQ-collecte
de fonds organisé par la Table de concertation de
solidarité Québec-Cuba, le Comité citoyen et
l'Association des Chiliens de Montréal. Dans leurs
interventions, les organisateurs ont salué la
libération des Cinq Cubains
et le rétablissement des relations diplomatiques avec les
États-Unis, et exprimé leur pleine confiance dans la
volonté de Cuba d'aller de l'avant.
Toronto

Le Forum de Toronto sur
Cuba a
tenu une assemblée pour
le Jour de la Moncada au Hall des Métallos sur le rue Cecil.
Parmi les invités d'honneur présents, il y avait Susanna
Malmierca Benítes, consule de la République de Cuba
à Toronto ; Martha Pardo de Marquez, première
consule générale de la République
bolivarienne du Venezuela à Toronto et Aura Suárez
deuxième consule générale ; et Spasoje Mili
evi , consul de la République de Serbie à Toronto.
À cet événement a été
présentée une nouvelle vidéo, produite par Sabrina
Johnson du Forum de Toronto sur Cuba, intitulée :
« Hommage aux travailleurs internationalistes de la
santé et de l'éducation de Cuba ».
L'événement comprenait également des
présentations de poésie, de danse, de musique et un
hommage au regretté Eduardo Galleano.
Vancouver

À Vancouver, le BBQ du Jour de la Moncada a eu lieu
au Trout Lake Park avec un spectacle de musique, des discours et de la
danse salsa. L'événement était organisé par
les Collectivités de Vancouver en solidarité avec Cuba.

Les graines semées par ceux qui sont
tombés
pour voir Cuba libre ont donné leur fruit:
cette
Révolution invincible
- Allocution de José Ramon Machado
Ventura -
LML publie
ci-dessous l'allocution prononcée par
José Ramón Machado Ventura, deuxième
Secrétaire du Comité Central du Parti communiste de Cuba
et vice-président du Conseil d'État et du Conseil des
ministres lors de la commémoration du 62e anniversaire des
assauts des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes le 26
juillet 1953
tenue le 26 juillet 2015, an 57 de la révolution, à
Santiago de Cuba.
***

Camarade Raul,
Camarades de la Moncada et membres de
l'expédition du yacht Granma
Santiagais et Santiagaises,
Compatriotes,
En un jour comme celui-ci,
notre première
pensée est destinée au leader historique de la
Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz (Applaudissements), dont la
vie et l'oeuvre révolutionnaire sont étroitement
liées à cette Ville-Héros.
Nous commémorons le 62e anniversaire de l'attaque
des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, alors que
notre chère Santiago de Cuba fête son 500e anniversaire.
Cette ville héroïque, scène d'une histoire longue et
audacieuse, convoque à la fête et à la
réflexion tous ceux qui sont nés en terre santiagaise, et
dans tout autre lieu de
notre patrie.
Les paroles prononcées hier par le camarade
Eusebio Leal à l'Assemblée solennelle du Pouvoir
populaire de cette ville sur les cinq siècles d'existence de
Santiago de Cuba, me dispensent de donner des détails
historiques.
Cependant, je ne peux manquer de vous exprimer toute mon
émotion en rappelant qu'en ces lieux les aborigènes de
Cuba firent face aux conquistadors espagnols et que, très
tôt, les Africains lancèrent la rébellion des
esclaves du cuivre dans les mines de Santiago del Prado. C'est
pourquoi, ce n'est pas un hasard si l'une des communes de cette
province porte le nom de Guama et si au Cobre s'élève un
monument dédié à l'Esclave rebelle. Des
aborigènes et des Africains ont amorcé dans ces terres
orientales les traditions de révolte qui ont ensuite
été reprises et multipliées par l'Armée de
libération et plus tard par l'Armée rebelle.
Il n'est pas possible non plus de ne pas se souvenir que
cette ville fut le berceau de beaucoup des protagonistes de notre
histoire. Ici reposent les restes glorieux de Mariana Grajales, la
mère des Maceo ; de Carlos Manuel de Céspedes, le
Père de la Patrie ; de José Marti, l'auteur
intellectuel des actions du 26 juillet 1953 ;
d'un groupe nombreux de participants de l'attaque de la caserne Moncada
et du soulèvement du 30 novembre ; de Frank Pais et d'une
pléiade d'hommes et de femmes de différentes
générations qui offrirent leur vie pour atteindre la
liberté et l'indépendance de Cuba, pour défendre
sa souveraineté et pour contribuer généreusement
à
l'émancipation d'autres peuples frères. Des patriotes et
des combattants internationalistes reposent ensemble au
cimetière Sainte Iphigénie.
La province de Santiago est liée à la
mémoire de la digne Protestation de Baragua et avec le lieu
d'où partit l'armée de libération, dirigée
par le général Antonio Maceo, pour porter la guerre
jusqu'aux confins de Pinar del Rio.
Une partie du 2e Front oriental Frank Pais et du 3e
Front Docteur Mario Muñoz fut installée en ce lieu, qui
fut le creuset d'innombrables actions révolutionnaires.
La mémoire historique ne doit pas être
oubliée. En elle, selon Fidel, réside le soutien de nos
valeurs, de notre idéologie et de notre conscience. Oeuvrons
pour que les actuelles et futures générations de Cubains
maintiennent vivant et pour toujours l'héritage glorieux et
digne des grands Hommes de la Patrie, qui sont les paradigmes de la
nation !
Ceux qui ont vu cette ville au lendemain du passage de
l'ouragan Sandy et la voient aujourd'hui, doivent répéter
les paroles du camarade Raul dans son allocution lors de la
clôture de la dernière session de l'Assemblée
nationale — et je cite : « Rien n'est impossible pour
un peuple uni, comme le nôtre » —.
La volonté,
l'énergie, la disposition et
l'habileté des Santiagais et de leurs dirigeants pour faire face
à la dévastation de Santiago de Cuba ne sont possibles
que dans une Révolution comme la nôtre et dans cette
île qui compte des amis dans le monde entier, comme le Venezuela
et l'Équateur, ainsi que de nombreux autres pays qui,
grâce à leur
aide solidaire et désintéressée, ont
contribué à la restauration extraordinaire de cette ville
(Applaudissements). Au nom des Cubains, je renouvelle à tous
notre éternelle reconnaissance pour un geste aussi noble.
Nous avons la conviction d'exprimer le sentiment de
notre peuple, en transmettant en son nom, celui de la direction de
notre Parti et spécialement de Fidel et de Raul, les
félicitations les plus chaleureuses aux Santiagaises et aux
Santiagais, aux dirigeants du Parti, du gouvernement et des
organisations de masse et sociales de la province, sous la
direction du camarade Lazaro Exposito (Applaudissements), dont il est
juste de reconnaître le dévouement dans l'accomplissement
de la mission qui lui a été confiée et sa
contribution aux résultats atteints.
Santiago a démontré que, sans perdre son
hospitalité, elle continue d'être rebelle et
héroïque (Applaudissements). À cela il faut ajouter
qu'elle ne peut pas non plus renoncer à être, comme Raul
l'a demandé — et le camarade Lazaro vient de l'indiquer dans son
allocution —, une ville chaque jour plus belle, hygiénique,
ordonnée et disciplinée
(Applaudissements).
Il y a à peine dix jours prenaient fin la 5e
Période ordinaire de sessions de la 8e Législature de
l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire et le 11e
Plénum du Comité central du Parti, où ont
été abordés des points essentiels de notre
travail, des problèmes et des difficultés auxquels nous
faisons face avec la volonté affirmée de les
résoudre.
Dans ses paroles devant l'Assemblée nationale du
Pouvoir populaire, le général d'armée Raul Castro
Ruz, a fait une brève analyse de la politique extérieure
de notre Révolution au cours de cette année. À ce
qui précède, je dois seulement ajouter que le 20 juillet
dernier, avec le rétablissement des relations diplomatiques
entre Cuba et les
États-Unis, a pris fin la première phase du processus
amorcé le 17 décembre de l'année dernière.
Un chemin long et complexe vers la normalisation des relations
bilatérales commence maintenant qui inclut, entre autres
aspects, la levée du blocus et la restitution de la base navale
de Guantanamo (Applaudissements).
Il y a quelques jours, s'est conclu le 10e
Congrès de l'Union des jeunes communistes, où se sont
conjuguées expériences, méthodes et formes de
travail qui sans doute perfectionneront la tâche de cette
organisation et lui donneront un rôle plus important dans les
principales tâches que réalise notre Révolution.
Nous nous trouvons à seulement neuf mois de la
tenue du 7e Congrès du Parti, un événement qui
nous permettra de faire le bilan de la mise en oeuvre des Orientations
de la politique économique et sociale et des objectifs de la
Première conférence nationale du Parti, et de
prévoir sa tâche, en vue de poursuivre la construction de
notre
socialisme, prospère et durable.
Camarades,
Le 26 Juillet est devenu une date historique dans les
annales de la lutte longue et héroïque de notre patrie pour
sa liberté.
Et celle-ci est historique, non seulement pour les
événements de cette journée, mais aussi parce que
ces actions n'ont pas été vaines. Les graines
semées par ceux qui sont tombés pour voir Cuba libre ont
donné leur fruit : cette Révolution invincible.
C'est pourquoi, Cubains de toutes les
générations, face à la mémoire de nos
morts, soyons toujours loyaux envers la Patrie et envers la
Révolution ! (Applaudissements.)
Que ce 500e anniversaire et ce 26 juillet servent de
confirmation de l'esprit qui porta les premiers combattants,
dirigés par le camarade Fidel, à prendre d'assaut cette
forteresse, aujourd'hui devenue une école, comme ratification de
la volonté d'émancipation qui a accompagné les
combattants et le peuple durant ces 62 années !
Gloire éternelle aux héros et aux martyrs
du 26 Juillet !
Vive la Révolution !
Vive Fidel !
Vive Raul !
Vive Cuba libre !
Nous vaincrons !

Un gala artistique et culturel célèbre
les 500 ans de Santiago de Cuba
Le 24 juillet, Santiago de Cuba a marqué le 500e
anniversaire de sa fondation avec un gala festif intitulé
« Santiago de Cuba, 500 années d'histoire et de
culture ». La célébration de l'anniversaire
s'est tenue dans le cadre du 62e anniversaire de l'attaque contre les
casernes de Moncada à Santiago de Cuba.
Le deuxième secrétaire du Comité
central du Parti communiste de Cuba et vice-président du conseil
d'État, José Ramón Machado Ventura, et le premier
vice-président de Cuba Miguel Diaz-Canel ont
présidé le gala artistique et culturel tenu où les
résidents de Santiago de Cuba sont venus célébrer
son demi-millénaire. Le gala soulignait les
moments historiques importants qui ont contribué à la
victoire de la révolution le 1er janvier 1959.
Les festivités qui se sont tenues au parc
Cespedes, situé en plein centre de la ville, ont
été diffusées en direct sur Cubavisión,
Cubavisión International et Radio Progreso.
Mis à part le prestigieux pianiste Frank
Fernández, qui a rendu hommage à Vilma Espin, et le
poète renommé Waldo Leyva, qui a récité son
poème « Pour une définition de la
ville » en hommage à Santiago, les autres 265
artistes participants étaient des résidents de la ville.
Fátima Patterson et les choeurs Orfeón Santiago et
Madrigalista, le ballet Folklórico de Oriente y Kokoyé,
la compagnie de ballet de Santiago, Los Tambores de Enrique Bonne,
Tumba Francesa La Caridad de Oriente, Típica Tradicional, les
acteurs Agustín Salas, Ana Gloria Bouduén, María
Antonio Fong, Sulema Iglesias et la jeune Claudia Rodríguez ont
tous participé au gala avec d'autres talents
locaux.
Le gala a réuni quelque 4000 personnes. Du parc
Cespedes, tous se sont déplacés vers la nouvelle
promenade pour y assister à un feu d'artifices, le plus grand
jamais tenu à Cuba semble-t-il, et pour porter un toast au
progrès de la ville.
Le matin suivant, une session formelle de
l'assemblée municipale du pouvoir populaire a aussi eu lieu pour
marquer l'anniversaire.

Le monde rend hommage au
comandante Hugo
Chávez
Le 28 juillet 2015, le 61e anniversaire de la naissance
du président vénézuélien Hugo Chávez
a été commémoré dans plusieurs
régions du monde.
À la Cuartel de la
Montaña (la caserne de
montagne), où se trouve le tombeau du chef de la
révolution bolivarienne, un très grand nombre de
Vénézuéliens lui ont rendu hommage, selon les
rapports de Prensa Latina. L'événement était
présidé par le président de l'Assemblée
nationale, Diosdado Cabello, qui a parlé de la
personnalité
remarquable et de l'héritage de Chávez.
Diosdado Cabello a réaffirmé que les
révolutionnaires vénézuéliens continueront
d'avancer sur la voie tracée par l'ancien président de
l'indépendance et de la souveraineté complètes.
L'analyste politique et récipiendaire du Prix
national du journalisme, José Vicente Rangel, était
également présent à la cérémonie et
a fait l'éloge de Chavez, un leader naturel, avec un grand sens
du devoir et des responsabilités. Il a également
invité tous les participants à se rappeler les
événements historiques qui l'ont défini comme un
révolutionnaire, notamment le soulèvement du 4
février 1992 et son courage pendant le coup d'État contre
son gouvernement le 11 avril 2002.
Le président équatorien, Rafael Correa, a
évoqué la mémoire de son ami, le président
Hugo Chavez, sur son compte Twitter où il a exprimé son
affection pour le peuple du Venezuela et a rappelé la lutte de
Chavez pour le développement de la nation sud-américaine.
Au Nicaragua, les médias sandinistes et les
membres des mouvements de jeunesse ont commémoré le 61e
anniversaire de la naissance de Chavez en déposant des couronnes
de fleurs. « Nous commémorons le 61e anniversaire de
la naissance de notre bien-aimé comandante éternel, ce
géant des Amériques », a déclaré
Erick Rios,
coordonnateur de la jeunesse sandiniste.
La dépôt des couronnes a eu lieu
après une brève cérémonie symbolique qui
s'est tenue sur une place centrale de la capitale nicaraguayenne, qui
porte le nom du président vénézuélien. Dans
le cadre des commémorations de l'anniversaire de Chavez, des
activités culturelles et sportives ont eu lieu en coordination
avec l'ambassade du Venezuela
dans ce pays d'Amérique centrale.
Lors d'un autre hommage, l'ambassade du Venezuela en
Pologne a commémoré la naissance du libertador Simon
Bolivar
et
du
comandante Hugo Chavez avec un éventail
d'activités qui a débuté le 25 juillet au Palais
Dernalowiczow dans la ville de Minsk Mazowiecki.
La mission diplomatique du Venezuela en Chine a
commémoré cette date par un événement du
nom de « Sembrando Amor » (Semer l'amour), une
initiative mondiale promue par le Venezuela, qui, selon Prensa Latina,
a
également lieu en Égypte et dans d'autres pays.
En Uruguay, un séminaire intitulé
« La pensée de Hugo Chavez » portant sur
son idéologie politique a eu lieu.
Une cérémonie rituelle autochtone aymara
s'est déroulée à l'ambassade du Venezuela en
Bolivie où d'autres hommages ont été rendus
à Hugo Chavez, notamment l'inauguration d'une exposition
photographique sur sa rencontre avec le président Evo Morales et
sa visite de diverses régions de la Bolivie.
Le comandante, fils d'enseignants ruraux et le
deuxième de sept frères, est né le 28 juillet
1954 à Sabaneta, une ville de Barinas, dans les plaines de
l'Ouest vénézuélien.

La RPDC demande que les États-Unis signent un
traité de paix pour mettre fin à la guerre de
Corée!
Le 27 juillet 2015 est le 62e anniversaire de la
signature de la Convention d'armistice de la Corée (CAC) entre
la République populaire démocratique de Corée
(RPDC) et les États-Unis, convention qui signalait la fin des
hostilités de la guerre de Corée, mieux connue en RPDC
sous le nom de Grande Guerre de libération de la patrie.
La guerre de Corée
fut une guerre d'agression
contre le peuple coréen. Les États-Unis se sont
ingérés dans une guerre civile pour empêcher le
peuple coréen d'établir son État unifié et
indépendant durant la guerre froide et en vertu de sa
stratégie de « contenir le communisme ».
Au cours de la guerre de Corée, les États-Unis se
sont livrés à des bombardements massifs. Ils ont
tué des centaines de milliers de civils dans le nord et dans le
sud de la Corée et ont mené une guerre
bactériologique et chimique et largué des bombes sur des
villes et des infrastructures au nord du 38e parallèle afin de
forcer la RPDC à se soumettre. Des civils ont été
enterrés vivants, démembrés,
brûlés vif ou noyés. On estime que 4,6 millions de
Coréens, la plupart des civils, ont péri.
Mais les Coréens de la RPDC, regroupés
sous la direction du Parti du travail de Corée, furent
mobilisés en appui à l'Armée populaire de
Corée (APC) sous la direction de Kim Il Sung, fondateur et
dirigeant de la RPDC. Après trois ans de combats, ils ont vaincu
les troupes américaines, avec l'aide de l'Armée populaire
des volontaires chinois
venue prêter main forte au peuple coréen lorsque les
forces américaines se sont approchées de la
frontière entre la Corée et la Chine.
Les pourparlers menant à l'armistice ont
débuté le 10 juillet 1951, et au cours des deux
années de négociations les États-Unis ont eu
recours à toutes sortes de tactiques dilatoires dans l'espoir de
mener à terme une victoire strictement militaire. Ils ont
continuellement refusé de se soumettre aux termes de la
Convention de Genève pour ce qui est
du rapatriement des prisonniers et ont repris les combats alors
même que les pourparlers se déroulaient. En bout de ligne,
cependant, les États-Unis ont été forcés de
signer la Convention d'armistice. La pilule a été dure
à avaler pour les États-Unis, eux qui subissaient pour la
première fois au XXe siècle la défaite aux mains
d'un petit pays
asiatique.
Depuis ce temps, mus par un esprit de vengeance et par
le souci de leurs intérêts géopolitiques, les
États-Unis ont refusé de signer le Traité de paix
qui visait à mettre fin à la guerre de Corée en
vertu des conditions de l'accord d'armistice malgré les
nombreuses invitations lancées par la RPDC. Les
États-Unis ont refusé de respecter l'article 60
de la Convention qui déclare :
« Afin d'assurer le règlement
pacifique de la question coréenne, les Commandants des forces
des deux parties recommandent par les présentes aux
Gouvernements des pays et des deux parties intéressées
que, dans un délai de trois (3) mois après la signature
et l'entrée en vigueur de la Convention d'armistice, les
représentants désignés
respectivement par les deux parties se réunissent en une
conférence politique organisée sur un plan
supérieur en vue de résoudre, par voie de
négociation, la question du retrait de Corée de toutes
les forces armées étrangères, le règlement
pacifique de la question coréenne, etc. »
Depuis le 27 juillet 1953,
les États-Unis ont au
contraire tout fait pour maintenir leur présence militaire en
Corée et pour alimenter la guerre de Corée par d'autres
moyens. Le 1er octobre 1953, ils ont conclu un traité de
Défense réciproque avec la Corée du Sud qui a
depuis ce temps été la plateforme de la présence
militaire continue des États-Unis en Corée du Sud,
présence à laquelle s'oppose la vaste majorité des
Coréens. C'est aussi à partir de ce traité que les
États-Unis et les forces de la Corée du Sud mènent
chaque année leurs exercices militaires conjoints — Key
Resolve/Foal Eagle et autres — qui visent ouvertement à envahir
la RPDC et à imposer un changement de régime à ce
pays indépendant et socialiste. Les États-Unis ont aussi
mis en place des sanctions économiques et politiques injustes
contre la RPDC et se sont livrés à un acte hostile
après l'autre, y compris au sein de l'ONU en invoquant de
fausses « violations des droits humains » en RPDC
afin de justifier l'agression.
Aujourd'hui, les États-Unis continuent de
construire des bases militaires en Corée du Sud malgré
l'opposition du peuple coréen et des pays avoisinants. Aussi,
sous la férule des États-Unis, le gouvernement
impopulaire de Park Guen-hye en Corée du Sud achète et
s'approvisionne en armes de toutes sortes et « met à
jour » ses
forces militaires sous prétexte d'un danger
d'« agression venant du Nord ». Selon un
récent article de la United Press International en
février de cette année, le régime de Corée
du Sud s'est récemment procuré 40 aéronefs de
combat F-15 de Lockheed Martin et améliore son système de
défense anti-missile en se procurant
des missiles d'interception PAC-3. Des milliards de dollars
supplémentaires ont été dépensés
pour se procurer des « chars d'assaut et des frégates
de la marine et pour développer de meilleurs systèmes de
surveillance, y compris un approvisionnement en drones
téléguidés et le lancement de satellites
d'espionnage ».
Aujourd'hui, l'objectif des
États-Unis est le
même qu'à cette époque, c'est-à-dire occuper
en entier la péninsule coréenne pour s'en servir comme
tremplin pour dominer l'Asie et ensuite le monde. La justification mise
de l'avant par les États-Unis pour agir ainsi est on ne peut
plus fallacieuse. Les tentatives répétées des
États-Unis d'établir leur
domination de la région — l'occupation de la péninsule
coréenne avec près de 30 000 soldats et des bases
militaires, les efforts sans relâche pour saborder le mouvement
pour la réunification et sa mise en place d'un régime
fantoche après l'autre dans le sud — n'ont pas réussi
à réduire au silence les 70 millions de Coréens
qui exigent d'une seule
voix la réunification pacifique et indépendante de leur
patrie, libre de l'ingérence impérialiste des
États-Unis.
Le rôle criminel des impérialistes en
Corée, de 1945 à aujourd'hui, a été maintes
fois exposé et la lutte résolue du peuple coréen
pour la paix et la justice, l'indépendance et la
réunification est devenue un modèle pour les peuples du
monde.
Aujourd'hui, la principale revendication du peuple
coréen et des peuples épris de paix et de justice dans le
monde est que les États-Unis signent un traité de paix
avec la RPDC en remplacement de la Convention et pour mettre fin
à la guerre de Corée. Il s'agirait d'un premier pas vers
la stabilisation de la situation politique dans la péninsule et
cela contribuerait à désamorcer les tensions qui
pourraient à tout moment provoquer une guerre nucléaire
qui pourrait à son tour enflammer le monde entier. En 2013, le
gouvernement de la RPDC a déclaré qu'en raison de
l'intransigeance et de la perfidie des États-Unis et de son
refus de mettre fin aux exercices de guerre annuels avec la
Corée du
Sud, il est arrivé à la conclusion que la Convention est
« lettre morte ».
Les Canadiens doivent tenir les États-Unis
responsables de leurs crimes dans la péninsule coréenne
avant, pendant et depuis la guerre coréenne et exiger que
ceux-ci signent un traité de paix avec la RPDC qui mettrait fin
à la guerre de Corée. Le Canada pourrait ainsi contribuer
à éviter que n'éclate une nouvelle guerre
coréenne.
Les Canadiens peuvent contribuer de façon
positive à garantir la paix en exigeant que le Canada soutienne
la paix dans la péninsule coréenne et en défaisant
le gouvernement anticommuniste et anti-RPDC de Stephen Harper aux
élections fédérales. Ils doivent exiger que le
prochain gouvernement canadien s'engage sincèrement à
développer
avec la RPDC des relations pacifiques à avantage
réciproque. Cela réglerait une fois pour toutes la
question des relations diplomatiques avec la RPDC qui avaient
débuté en 2001 mais que les gouvernements successifs, en
particulier celui de Harper, ont sabordées. Le prochain
gouvernement du Canada doit également soutenir l'effort des
Coréens
pour réunifier leur pays divisé, ce qui contribuerait
à la paix dans la péninsule coréenne et à
la paix mondiale.
Troupes
étasuniennes, hors de
Corée !
Les États-Unis doivent signer un
traité de paix avec la RPDC maintenant !

Note aux lecteurs
Le prochain numéro du Marxiste-Léniniste
paraîtra le 8 septembre 2015. Nous vous demandons de continuer
d'envoyer vos articles, rapports, photos et commentaires. Entre-temps, Le
Renouveau, le bulletin du Parti marxiste-léniniste du
Canada (nom sous lequel le PCC(M-L) est inscrit auprès
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du Marxiste-Léniniste

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